الضمير العربي

Une assez belle prestation, diffusée le 27 février dernier sur des dizaines de chaînes arabes, et qui réunit le gotha de la chanson arabe, de Cheb Khaled à Lotfi Bouchnaq en passant par Nancy Ajram (je sais, elle ne présente guère de rapport avec la chanson arabe, mais bon…) – mais je n’ai pas relevé d’artiste marocain-e (je n’ai cependant pas fait attention à tous les noms d’artiste) – il est vrai que certaine artiste marockaine préfère célébrer les soixante ans de la nakba en compagnie des admirateurs d’Israël.

On relèvera l’équilibrisme des paroles, dûes à la plume du Palestinien Ahmed Al Aryan, ainsi que des images très efficaces qui les accompagnent et les illustrent – tant Rafiq Hariri que Yasser Arafat et cheikh Ahmed Yassine défilent à l’écran, et les attentats terroristes (Dar es-salaam 1998, NY 2001, Casablanca 2007, Alger 2007) imputables aux groupes jihadistes figurent aux côtés des images violentes de la colonisation israëlienne de la Palestine et de l’agression israëlo-étatsunienne au Liban et en Irak (le Golan syrien semble bizarrement éclipsé, mais c’est peut-être faute d’images, même si la désolation de Quneitra est amplement documentée). Le même équilibrisme vaut pour l’évocation de la religion, et plus particulièrement l’affaire des caricatures danoises: certaines images semblent autant dénoncer les caricatures que certaines protestations excessives contre elles, et les paroles évoquent les trois religions monothéistes en les plaçant toutes les trois sur un pied d’égalité en matière de pacifisme intrinsèque de leur message essentiel. Enfin, le sectarisme sunnites/chiites vivement encouragé par les Etats-Unis et l’Arabie séoudite est catégoriquement condamné.

Certaines images m’ont bouleversé. D’autres colportaient un message implicite – comme l’image d’un Amr Moussa désabusé et celle de dirigeants arabes, dont Boutef’, marchant piteusement sur un tapis rouge. En tout état de cause, un produit et un message très habiles.

J’ai toujours été persuadé que le rapprochement inter-arabe ne serait jamais le fait des gouvernants mais celui des citoyens – que ce soit ceux qui partagent les mêmes idéaux d’indépendance et de refus de la colonisation ou ceux qui se contentent de partager la même culture et la même envie de se débarasser de régimes parasitaires et de pesanteurs archaïques. Bien évidemment, les gouvernants arabes, sans exception, sont farouchement opposés à tout rapprochement entre peuples, même si le poids de l’opinion publique (qui n’existe pas, comme l’a expliqué Bourdieu) les contraints à une vigoureuse hypocrisie en la matière – ceci explique notamment la grande sévérité avec laquelle les pays arabes (la Syrie faisant partiellement exception) traitent les demandes de visa de ressortissants d’autres pays arabes – un Palestinien n’ayant pas la nationalité israëlienne aura ainsi infiniment plus de mal à obtenir un visa pour le Maroc qu’un Israëlien.

Bien évidemment, il coule de source que de grands clivages sociaux, économiques, historiques et culturels partagent les peuples arabes – je ne suis pas particulièrement nostalgique de Michel Aflaq. Et la solidarité arabe n’implique en aucun cas le droit d’opprimer les minorités non-arabes de ces pays. Mais il est amusant de noter la hargne et la rage avec laquelle les gouvernants et leurs porte-voix médiatiques – au Maroc, cela se double bien évidemment du clivage social a coloration linguistique opposant francophones à arabophones, les premiers n’ayant généralement aucun intérêt (1- par manque de maîtrise de l’arabe classique, et donc par souci de valoriser la langue française qu’ils maîtrisent; 2- par souci de se distinguer socialement de leurs compatriotes arabophones) à un quelconque panarabisme, ne fût-il que simplement culturel. Il suffit de lire blogs et médias francophones pour s’en convaincre – la construction européenne y est sans doute souvent plus louangée que ne l’est l’idée d’une solidarité arabe, et pas seulement parce que la première est une réalité politique alors que la seconde n’est qu’un sentiment populaire.

Il faudrait d’ailleurs que l’on m’explique pourquoi certains de ceux qui s’extasient devant la construction européenne, l’Union méditerranéenne ou – plus rarement, sans doute à cause de l’epithète – l’Union du Maghreb arabe sont si souvent réticents à l’idée d’une unité arabe (je ne pense pas nécessairement à une union arabe telle qu’elle a été conçue dans les années 60) – quoi qu’on en dise, le Maroc et l’Irak ont objectivement plus de points communs que la Slovénie et la Finlande ou le Portugal et la Suède…

Pour en revenir à الضمير العربي: ça vaut tout de même mieux que "بكره إسرائيل" de Shaaban Abdel Rahim, non?

Il y avait bien un grain de vérité dans cette chanson, écrite par Islam Khalil, mais enfin, "wa baheb Amr Moussa" – à moins que ce soit du second degré…

Par ailleurs: ce clip n’a pas été diffusé par les médias d’obédience séoudienne – l’Arabie séoudite, véritable chancre cancéreux du monde arabe, présente ainsi la particularité d’avoir nourri intellectuellement sinon matériellement Al Qaïda, et d’être simultanément le partenaire inconditionnel d’Israël et des Etats-Unis dans l’étouffement de toute velléité de résistance contre la domination de ces deux Etats au Moyen-Orient. Afin de contourner la censure séoudienne, je convie ceux qui le souhaitent de diffuser et faire diffuser ce clip, sur leurs blogs ou ailleurs, même si comme moi ils ne partagent pas tout à fait sa ligne.

Hat-tip: Label Ash et l’inégalable Culture & Politiques Arabes.

About these ads

41 Réponses

  1. Salam

    ça fait longtemps que je n’ai pas laissé de commentaires ici. En fait, je n’ai toujours pas compris pourquoi il n’y avait pas d’artistes marocains participant à cette belle chanson. Ils n’étaient pas invités peut être !!

    A bientôt.

  2. Incapable de regarder l’integralité de cette "prestation".
    Trop de douleur, trop de souffrance.
    Je t’aime, monde arabia-islamia.
    Je t’aime pour ta différence.
    Elle m’est étonnement, ravissement, enrichissement.
    Respect.
    Aussi, je souffre, profondément, auprès de toi.

  3. Ce post aurait été plus convaincant s’il avait été rédigé en arabe…Mais les vélléités d’unité panarabe n’en sont pas à une contradiction près….

  4. Naïm: étonnant, en effet…

    hmida: "Ce post aurait été plus convaincant s’il avait été rédigé en arabe…" mon arabe ne me le permet pas!

    "les vélléités d’unité panarabe n’en sont pas à une contradiction près" – quel rapport? L’unité européenne se fait sans unité linguistique…

  5. :) ))))))))))))))))))))))
    Alors ce rire c’est juste parce que la chanson « al 7olm al arrabi » me rappelle une anecdote avec ma sœur et une de ses copines.

    Sinon :
    1- tout comme Naim, je n’ai pas encore compris pourquoi aucun chanteur marocain ne fait partie de cette chanson "al 7olm al arabi" ? C’est parmi les énigmes que je n’ai pas encore réussi à percer :)
    2- depuis le temps que j’observe, et ça m’arrive tjrs et très souvent, la scène politique arabe, je suis arrivée à la conclusion suivante "rassemalena ghire chafawi" en français (notre capital est pour ainsi dire se résume aux blablas !) Je suis ouverte à un changement d’opinion. Je ne demande qu’à ce que cette conclusion soit erronée.
    3- concernant les dirigeants arabes, y a un dicton japonais auquel je pense quand on évoque ce sujet "le poisson pourrit d’abord par la tête" !
    4- et si je continue tjrs dans les dictons les français disent "on a l’élite qu’on mérite"
    5- la combinaison du (3) et (4) m’a fait relire la moqqadima d’Ibn Khaldoun dans laquelle il a dressé un portrait des arabes pas très réjouissant. Avant d’aller plus loin, je précise que Ibn Khaldoun figure dans le panthéon des intellectuels arabes. Qu’on ne compte plus le nombre d’ouvrages écrits sur lui par les arabes sans parler des occidentaux et que lui même est arabe d’origine yeminite ayant vécu dans le Maghreb et le Machereq. Je ferme la parenthèse et attire l’attention sur deux points soulevés dans sa moqqadima :
    Le premier : « al assabiya al 9abaliya » qui est une caractéristique de la culture arabe. Et qu’il avait dénoncé avec force. Quand on s’y intéresse elle éclaire d’un jour nouveau le débat sur cette division qui « transcende » les pays dits arabes. Un autre bouquin qui m’avait bp intéressé est celui de Fereydoun Hoveyda intitulé "que veulent les arabes". L’auteur est un ancien ambassadeur permanent du Shah d’Iran aux NU. Un vrai régal sur les dessous de la politique entre pays arabes. Un tel dirigeant qui n’a pas digéré l’affront fait par le grand père d’un autre dirigeant et qui se venge trois générations après !!!Il faut croire que les rancœurs sont coriaces !
    Le second : la nature de l’histoire arabe est cyclique (un Etat naît, croit, arrive au summum puis décline) De ce point de vue, a- l’exemple des dynasties marocaines est édifiant b-il a théorise avant les marketeurs anglo-saxons le cycle de vie des produits et des entreprises. Je referme cette deuxième parenthèse. Alors pour revenir à l’histoire cyclique, dans d’autres contrées et sous d’autres cieux, l’histoire est une construction de plusieurs étages. Un peu comme en géologie, elle est composée de plusieurs couches qui s’accumulent, communiquent et donc s’enrichissent.
    Ces deux points pourraient éventuellement éclairer le regard qu’on peut porter sur les pays arabes.
    Tu dis « J’ai toujours été persuadé que le rapprochement inter-arabe ne serait jamais le fait des gouvernants mais celui des citoyens – que ce soit ceux qui partagent les mêmes idéaux d’indépendance et de refus de la colonisation ou ceux qui se contentent de partager la même culture et la même envie de se débarasser de régimes parasitaires et de pesanteurs archaïques. »
    Perso, je pense que les dirigeants arabes ne sont que l’arbre qui cache la forêt (Cf. Les deux dictions et leurs suite). Il y a un travail de fond que nous autres arabo-musulmans devrions faire sur nous même, notre rapport à notre culture et notre héritage et par la suite notre rapport aux autres au sens large.
    6- « Il faudrait d’ailleurs que l’on m’explique pourquoi certains de ceux qui s’extasient devant la construction européenne, l’Union méditerranéenne »
    Une piste à explorer : la mégalomanie des dirigeants arabes. Chacun d’entre eux veut être le premier, le plus fort, le plus etc.. etc.. D’ailleurs l’usage des superlatifs (assemae attafedil) fait des ravages chez nous. La plus grande mosquée au monde, le premier athlète arabe, africain et je ne sais quoi d’autres à gagner tel truc ! La compétition en soi c’est bien il faut juste que ça ne vire pas à un délire genre le personnage coco de Gad El Maleh :)
    Quand à l’usage de l’arabe, tu dis « au Maroc, cela se double bien évidemment du clivage social a coloration linguistique opposant francophones à arabophones, les premiers n’ayant généralement aucun intérêt (1- par manque de maîtrise de l’arabe classique, et donc par souci de valoriser la langue française qu’ils maîtrisent; 2- par souci de se distinguer socialement de leurs compatriotes arabophones) »
    Pour le cas marocain (je ne connais pas bien l’histoire des autres pays arabes dans ce domaine) j’ai un avis assez différent. On en avait un p’tit chewiya discuté dans le billet sur « Fès la capitale marocaine de la désorganisation sociale ». Je pense que c’est plus complexe que cela. Quand une PARTIE de l’élite qui vit dans un pays depuis 600 ans et prend part aux décisions qui ont des conséquences LOURDES sur des générations ne se considère pas comme faisant partie de ce pays et on la sent nostalgique et plus rattaché à un passé lointain qu’au présent encore moins penser le futur, il faudra pas s’étonner après des clivages qui peuvent en découler. Que ces clivages soient linguistiques ou sociaux.
    Dernière chose, « Enfin, le sectarisme sunnites/chiites vivement encouragé par les Etats-Unis et l’Arabie séoudite est catégoriquement condamné. »
    Quand on tend un bâton à quelqu’un il ne faut pas s’étonner si il nous bat avec !

    PS 1 : j’allais faire un billet sur la comparaison entre UE et "monde arabe". Mt, j’ai qu’à faire un lien vers ton billet ;) :)
    PS 2 : j’allais te demander où est ce qu’il est passé le bonhomme très chic avec son chapeau melon qui apparait quand tu commentes. Mais, je l’ai revu aujourd’hui donc exit ma question :)

  6. Qui parle d’unité européenne? Ne comparons pas l’incoparable!

    Les arabes ont-ils d’autres vecteiurs d’unités que la langue?

  7. Dans mon précédent com j’avais oublié de mentionner en parlant du portrait pas très réjouissant dressé par Ibn Khaldoun que celui-ci distingue "al a3erabe" الأعراب de "al 3arabe"العرب . Ce sont les premiers qui écoupent des qualificatifs les plus péjoratifs. C’est le cas aussi dans la référence ultime de nous autres musulmans j’ai nommé le Coran. "al a3erabe" الأعرابsont décrits de façon péjorative voici quelques extraits :
    يقول تعالي : ( قالت الأعراب آمنا قل لم تؤمنوا ولكن قولوا أسلمنا ولما يدخل الإيمان في قلوبكم ) الحجرات
    «الأعراب أشد كفرا و نفاقا و أجدر ألا يعلموا حدود ما أنزل الله على رسوله»

    Reste à définir qui sont exactement qui sont ces a3erabes الأعراب

    @ hmida,
    "Les arabes ont-ils d’autres vecteiurs d’unités que la langue?"
    N’exagérons rien !

  8. Ce qui me gène dans ce clip, ce sont les images. Je pense que ce genre d’images (de sang, d’enfants tués, de femmes qui pleurent, de vieillards maltraités,…) contribuent à créer un climat de frustration généralisée chez les peuples arabes, je me demande si ces images macabres ne sont pas l’une de causes de la paralysie de la rue arabe. Regrader la télé, se lamenter sur le sort des Palestiniens, Irakiens, Libanais etc quelques minutes puis après vaquer à ses occupations quotidiennes comme si de rien n’était. A quoi bon ?

    Ces images ne peuvent provoquer dans le pire des cas que de la colère et Dieu sait que la colère est très mauvaise conseillère.

    Je me demande si les spectateurs arabes ont besoin de cegenre de clip ou plutôt d’outils d’analyse et de reflexion pour trouver des moyens efficaces pour être acteurs de leur histoire.

  9. Il est vrai que la conscience arabe (addamir al aarabi) se conjugue plus au moins dans le passé, il n’a plus place au présent, le futur encore moins
    A la question de la non participation des artistes marocains, je me pose la question s’ils existent vraiment?
    Mais disant je n’en fais pas un drame quand je vois la participation de cheb khaled dans cette mahzala, je doute que ce ne soit pas du sérieux….
    Encore un beau billet comme tu le sais bien faire
    Bravo

    Salut l’artiste

  10. incapable: merci pour ces très belles paroles!

    hmida: ne rien comparer avec rien t’évitera en effet de sortir de tes sentiers battus.

    une marocaine: si tu te régales en lisant Fereydoun Hoveyda, je comprends ta fringale d’auto-flagellation ("Il y a un travail de fond que nous autres arabo-musulmans devrions faire sur nous même, notre rapport à notre culture et notre héritage et par la suite notre rapport aux autres au sens large") – non pas que ce "travail sur soi" (un terme relevant de la psychothérapie dont je ne perçois pas la pertinence, étant réticent à la psychologie sociale) serait à proscrire, mais plutôt parce qu’il implique premièrement une situation où les problèmes seraient psychologiques et non économiques, sociaux et politiques, et deuxièmement une situation où les problèmes seraient du seul fait des "arabo-musulmans", à l’exception de toute autre causalité.

    Par ailleurs, le type au chapeau melon c’est le Minister of Silly Walks, bien connu des fans de Monty Python.

    le mythe: pour Cheb Khaled et Nancy Ajram, je me suis dit qu’il fallait bien des noms très grand public pour attirer l’attention des médias – on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre. On notera aussi l’absence de Julia Boutros et Marcel Khalifa, mais ils sont tellement engagés que certaines parties de l’équilibrisme d’al damir al arabi leur seraient inacceptables. Pour l’absence d’artistes marocains, il faut espérer qu’il s’agit d’un problème de calendrier et pas autre chose….

  11. A lire …

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/05/30/d-anciens-soldats-israeliens-racontent-les-derives-de-l-occupation-a-hebron_1051796_3218.html#ens_id=891944

    Sinon, je trouve Tariq Aliryane un peu megalo et le coup des sponsor un peu limite ;)

  12. @ Ibn Kafka,
    "plutôt parce qu’il implique premièrement une situation où les problèmes seraient psychologiques et non économiques, sociaux et politiques, et deuxièmement une situation où les problèmes seraient du seul fait des “arabo-musulmans”, à l’exception de toute autre causalité."
    Après avoir tourné ces sujets liés au "monde arabe" dans tous les sens possibles et imaginables (façon de parler tout comme l’est l’expression un vrai régal ;) :) Je précise aussi que la situation du "monde arabe" ne me réjouit absolument pas bien au contraire elle me révolte au plus profond de moi même) je suis arrivée à la conclusion suivante (que je suis prête à discuter soit dit en passant) :
    Les problèmes économiques et sociaux sont le résultat de notre perception du monde. Cette perception trouve elle même origine dans ce que nous sommes, comment nous nous voyons et nous gérons notre rapport aux autres. Et surtout comment nous imaginons le monde. Je marque une pause pour préciser ma pensée : comment on conçoit le monde se reflète dans notre langage, notre urbanisme, notre littérature etc… etc…
    Deux exemples très rapides pour illustrer mes propos :
    1- les américains sont des pragmatiques y a pas besoin d’être docteur en socio pour s’en rendre compte. Il suffit d’avoir une carte vue aérienne d’une ville américaine.
    2- ils sont tournés vers l’action. Le verbe "to do" chez eux est conjugué à toutes les sauces.
    Et par rapport à tous ces problèmes que tu soulèves, il suffit de faire un p’tit chewiya attention au langage quotidien pour se rendre compte du pourquoi nous nous comportons de certaines manières. C’est pas pour rien que les linguistes disent que le langage structure la pensée.
    Par ailleurs, je n’ai pas dit que le seul lien de causalité était le fait d’être arabo-musulmans. Toutefois, je constate que ces pays là sont traversés par bp de problèmes dans presque tous les domaines. Ca en fait donc un dénominateur commun. On ne va tout de même pas l’exclure de l’équation.
    Dernière chose, si les problèmes étaient économiques et sociaux et basta, le golf arabique serait autre que ce qu’il n’est actuellement. Avec tout l’argent qu’ils ont ils devraient être les premiers de la classe partout, des exemples à suivre pour les autres non seulement arabes et musulmans mais tout le monde. Et à ce sujet, une p’tite pensée aux japonais qui ont réussi sans aucune ressource naturelle à être la deuxième puissance mondiale et ce juste après avoir été anéanti (c’est vraiment le cas de le dire) dans la seconde guerre mondiale. Ca donne matière réfléchir.
    Pour faire simple, les problèmes économiques et sociaux ne sont que les symptômes de causes encore plus profondes qu’il faut creuser. C’est pour cela que j’ai parlé d’introspection et remise en cause. Ce n’est pas de l’auto flagellation. Loin s’en faut. Pour tout te dire, je n’en suis pas fan. C’est juste une étape nécessaire et indispensable qu’il faut qu’on traverse si nous voulons réellement aller de l’avant.
    Bref, personnellement l’approche culturelle m’a permis d’avoir des réponses à des questions qui me taraudaient et m’a donné des pistes pour d’autres qui me taraudent tjrs. Encore une fois je suis prête à les discuter et changer d’angle de vue. C’est ma façon à moi de réduire ma zone d’impossible et d’impensé :)

    PS : merci pour les précisions concernant le chic monsieur au chapeau de melon :)

  13. "Deux exemples très rapides pour illustrer mes propos :
    1- les américains sont des pragmatiques y a pas besoin d’être docteur en socio pour s’en rendre compte. Il suffit d’avoir une carte vue aérienne d’une ville américaine.
    2- ils sont tournés vers l’action. Le verbe “to do” chez eux est conjugué à toutes les sauces."

    C’est tiré de Fereydoun Hoveyda ou de Gad el Maleh?

  14. @ Ibn Kafka,
    Qu’est ce que je suis sensée comprendre ?!!!

  15. J’ai commencé ce billet tristement et voilà que je le termine en commentaires avec le sourire ! :D

  16. une marocaine: il est des choses qu’il est délicat d’expliquer…

  17. @ Ibn Kafka et 7didane

    c’est vrai que les commentaires sont pas mal :D
    Et les réponses d’Ibn Kafka au top!

    Clap clip clap cloup!!

    Ps: merci pour le lien Sofia Essaïdi, "la femme d’aujourd’hui, la femme qui se dévoile"…

  18. @ IK,
    Ah bon !!!

  19. Bonjour Ibn Kafka,
    « J’ai toujours été persuadé que le rapprochement inter-arabe ne serait jamais le fait des gouvernants mais celui des citoyens – que ce soit ceux qui partagent les mêmes idéaux d’indépendance et de refus de la colonisation ou ceux qui se contentent de partager la même culture et la même envie de se débarasser de régimes parasitaires et de pesanteurs archaïques. » écrivez-vous.
    Pourquoi, selon vous, une hypothétique union arabe devrait être le fait des citoyens arabes sachant que toutes les constructions supra nationales ont été le fait des Etats, à commencer par la construction européenne initiée sur des bases économiques? Qu’est-ce qui, concrètement, vous fait croire qu’il existe une telle conscience dans le monde arabe et une telle volonté de solidarité ? Comment se manifeste spécifiquement cette volonté de solidarité ? Sur quels faits objectifs repose votre croyance ?

  20. Bonsoir PHILCO,
    1- Les mots sont importants: je parlais de rapprochement inter-arabe et pas d’union politique arabe.
    2- J’ai subi un lavage de cerveau de la part de mon prof de droit constitutionnel et d’institutions politiques, Jean-Louis Seurin, un aficionado du systémisme d’Easton et Dahl, qui a réussi à me convaincre que l’Etat n’était pas une volonté abstraite mais subissait plutôt les influences de son environnement interne et externe, tout en exercant à son tour une influence sur cet environnement. Bref, les forces sociales, et les individus, font les Etats, et si des Etats européens ont fait la construction européenne, c’est parce qu’il y avait des forces sociales et des individus qui ont pesé sur ces Etats en ce sens.
    3- Une conscience et volonté de solidarité arabe: en dépit de toutes les pressions politiques et médiatiques (certains médias, officiels, occidentaux et séoudiens principalement), il se trouve, à en croire tous les sondages menés ces dernières années, que les sujets politiques principaux qui préoccupent les opinions des différents pays arabes, outre les universels problèmes économiques, sont la Palestine et l’Irak (et récemment la résistance du Hezbollah). J’en ai fait état sur ce blog précédemment. Je tiens à rappeler par exemple que les principales manifestations populaires au Maroc depuis l’indépendance ont concerné la Palestine et l’Irak (en 1991, 2000, 2002 et 2003), regroupant bien plus de monde que la Marche verte, les manifs relatives à la moudawana ou tout autre sujet interne. Ces mouvements de solidarité ne se sont pas manifestés pour la Bosnie, la Tchetchénie ou le Congo, ce qui prouve bien la dimension de solidarité arabe spécifique.
    4- Des faits: dès les préparations de l’invasion étatsunienne de l’Irak, des milliers de volontaires arabes, pas forcément islamistes, se sont rendus en Irak pour combattre l’invasion. Leur sort fût le plus souvent tragique – manque d’entraînement, d’encadrement, d’armement – mais on peut constater que ce mouvement spontané fût le fait exclusif d’Arabes. Autres faits: les campagnes de boycott de produits israëliens ou étatsuniens, les campagnes anti-normalisation, la mention systématique de la situation en Palestine et en Irak lors des manifestations du 1er mai au Maroc, etc. Il va de soi que ces marques de solidarité sont faibles – une véritable solidarité pourrait en effet impliquer des actes violents tant contre les gouvernements arabes que contre les Etats étrangers concernés, ce qui ne serait certes pas souhaitable – mais on doit tenir compte du contexte politique dans lequel elles ont lieu – les gouvernements arabes veillent fermement au grain contre toute mise en cause de leur politique étrangère.

  21. une marocaine: disons que le raisonnement ne me semblait pas absolument linéaire…

  22. Qu’est-ce qui, concrètement, vous fait croire qu’il existe une telle conscience dans le monde arabe et une telle volonté de solidarité ?

    Outre le fait que les pays arabes partagent toutes les charactéristiques sociologiques de ce qu’est une nation, les sondages montrent d’un pays à l’autre que le soutien à une telle idée varie entre 60% et 90% de la population (dans les même proportions variables, les frontières actuelles sont perçues comme étant artificielles, et leur supression est perçue comme servant l’intérêt individiduel des répondants).

    La raison principale pour laquelle cette idée est devenue une source systématique de ridicule est que l’unité arabe contemporaine a toujours été traitée comme une réalité plutôt que comme un projet à construire de zéro. Des promesses, stratégies, actions, politiques, etc., basées sur un fantasme sont non seulement vouées à l’échec, elles discréditent l’aspiration en question. D’où les "knee-jerk" réactions écartant toute idée de rapprochement arabe sur cette page, et ailleurs. Pourtant, ça n’en fait pas moins un choix possible de projet.

  23. @Ibn Kafka :
    Si demain (on a le droit de rêver… encore que l’on a connu avec Eisenhower une réelle fermeté anti israélienne dans l’affaire de Suez) une élection américaine portait au pouvoir une équipe déterminée à régler le problème israelo palestinien de façon légitime et à modifier la stratégie de politique extérieure américaine afin de la rendre plus conforme avec l’idéal démocratique composant fondamental de cette nation, que resterait-il de cette volonté de solidarité inter arabe ?
    S’il existe un sentiment réel de solidarité arabe face au problème palestinien voire irakien (mais ce n’est pas là une spécificité arabe les opinions publiques et certains gouvernements européens, par exemple, ayant fortement manifesté contre l’intervention en Irak d’une part et, d’autre part, l’engagement de volontaires pour l’Irak me paraît avoir une couleur beaucoup plus religieuse qu’arabe si l’on en juge par l’éventail des nationalités des combattants identifiés), est-ce un motif suffisant pour bâtir une conscience politique arabe allant au-delà de ces simples conjonctures politiques?
    Ce que je veux dire, c’est que, interpréter quelques manifestations motivées par de vraies exactions de la politique israelo américaine, quand ce n’est pas européenne, comme une base suffisante pour construire un vrai rapprochement plus durable et politiquement plus consistant me paraît utopique dans la mesure où rien d’autre ne vient conforter, depuis que le monde arabe a recouvré son indépendance, cette volonté supposée (si l’on excepte le baassisme et son échec final tué par la montée du religieux).
    Pourquoi, par exemple (mais il est vrai que je ne lis pas l’arabe et que si cela existe, vous me le dirai alors), n’existe-t-il aucun mouvement trans national ayant vocation à lutter pour l’instauration de vraies démocraties adaptées à la culture arabe, pour défendre la culture arabe et sa promotion dans le monde du type de celui que vous citez mais à une autre échelle et ne touchant pas que la chanson (combien de festivals existent-ils ayant cette vocation affichée ?) etc…? Une exception peut-être : les jeux pan arabes…
    Ce serait là un projet plus durable (la défense de l’identité arabe sous toutes ses formes) qui cimenterait une solidarité dans un but moins conjoncturel. La vraie question est donc qu’existe-t-il qui aille, ou qui pourrait aller, dans le sens de ce projet dans la société civile?

  24. Les marocains ne sont pas invités à ce genre de chansons car ils sont pas clairs dans leur positions… Depuis la Nakba, et corrigez moi si je fais fausse route, est ce que les marocains ont chanté pour la Palestine? Mis à part Nass El ghiwane bien sur!!!

  25. "Si demain (on a le droit de rêver… encore que l’on a connu avec Eisenhower une réelle fermeté anti israélienne dans l’affaire de Suez) une élection américaine portait au pouvoir une équipe déterminée à régler le problème israelo palestinien de façon légitime et à modifier la stratégie de politique extérieure américaine afin de la rendre plus conforme avec l’idéal démocratique composant fondamental de cette nation, que resterait-il de cette volonté de solidarité inter arabe ?"

    Je veux bien tenter l’expérience. Après ce jour glorieux, on verra bien.

  26. PHILCO: "Si demain (on a le droit de rêver… encore que l’on a connu avec Eisenhower une réelle fermeté anti israélienne dans l’affaire de Suez) une élection américaine portait au pouvoir une équipe déterminée à régler le problème israelo palestinien de façon légitime et à modifier la stratégie de politique extérieure américaine afin de la rendre plus conforme avec l’idéal démocratique composant fondamental de cette nation, que resterait-il de cette volonté de solidarité inter arabe ?"

    Pour citer le nouveau philosophe (à l’époque, on utilisait cependant plutôt le terme humoriste) Pierre Dac, "si ma tante en avait on l’appellerait mon oncle, et si mon oncle en était on l’appellerait ma tante".

    Sur le fond, je ne partage absolument pas votre analyse: le modèle-type de l’union supranationale, l’UE, n’a pas été précédée par un mouvement populaire, mais a été une construction élitiste à laquelle les peuples – du moins ceux d’entre eux qui y ont été appélés par référendum – ont consenti une fois qu’elle s’est mise en place. Ce serait l’inverse que l’on pourrait constater dans le monde arabe.

  27. @Ibn Kafka:
    « Sur le fond, je ne partage absolument pas votre analyse: le modèle-type de l’union supranationale, l’UE, n’a pas été précédée par un mouvement populaire, mais a été une construction élitiste»
    C’est bien ce que j’écrivais dans ma première intervention (« Pourquoi, selon vous, une hypothétique union arabe devrait être le fait des citoyens arabes sachant que toutes les constructions supra nationales ont été le fait des Etats, à commencer par la construction européenne initiée sur des bases économiques? »).

    Je soulignais le manque de signes de la société civile traduisant une volonté de rapprochement pan arabe et concluais AU CONDITIONNEL qu’il s’agirait (sous entendu si ces signes existaient) là d’un témoignage plus solide que les manifestations sporadiques que vous mettez en exergue pour la Palestine ou l’Irak (bien que ces dernières ne sont absolument pas spécifiques au monde arabe et traduisent beaucoup plus une hostilité à la politique anglo américaine qu’une réelle solidarité pan arabe) comme signes de cette volonté populaire (l’engagement de volontaires pour l’Irak ayant des motivations avant tout religieuses). Vus qu’ils n’existent pas, je crains fort que la citation que vous rapportez illustre l’hypothèse que vous défendez.

  28. Philco,
    la société civile est pratiquement absente dans tous les domaines dans le monde arabe. Ça n’est révélateur de rien, si ce n’est que c’est le tiers monde et qu’une culture de société civile n’existe pas dans des sociétés autocratiques qui ne montrent pas de signes de changement significatif.

  29. @ Shaheen
    Selon vous, qui donc a été moteur dans la sortie des dictatures sud américaines ou asiatiques, par exemple si ce n’est cette même société civile dont vous semblez lier l’inactivité à l’autocratie? Ces pays, maintenant, pour un certain nombre d’entre eux, maintenant réellement démocratiques, ne faisaient-ils pas partie intégrante du tiers monde ? Par qui donc le shah d’Iran a-t-il été renversé ? Les mouvements islamistes actuels ne sont-ils pas l’émanation de la société civile ?
    Les sociétés arabes sont aussi actives que les autres mais dans leur propre contexte, avec les propres pesanteurs de leur histoire. Seul l’environnement change. Lorsque les conditions économiques de développement le permettront, elles produiront, adapté à leur culture, ce que les autres ont déjà produit.
    Si je crois les sociétés civiles arabes capables de manifestations de solidarité envers certaines causes comme la cause palestinienne ou irakienne, je n’y vois là aucune spécificité qui serait signe d’un intérêt pour une solidarité arabe globale. Ces manifestations ne sont pas l’apanage des sociétés arabes et mobilisent également les citoyens d’autres pays.

  30. Philco,

    qui donc a été moteur dans la sortie des dictatures sud américaines ou asiatiques, par exemple si ce n’est cette même société civile dont vous semblez lier l’inactivité à l’autocratie?

    Tu m’as compris à l’envers. C’est bien parce qu’il n’y a pas de société civile qu’il y a (relativement) peu de changements et que ces sociétés arabes restent autocratiques. L’apathie ou les mouvements réactionnaires reignent dans la société pour un paquet de raisons.

    Pour le reste, je reprends les termes d’un cher co-bloggueur: j’ai d’autres choses à faire que de débattre la platitude de la terre. Si tu veux croire qu’il n’y a pas de volonté de rapprochement interarabe dans l’opinion publique, ma foi, be my guest.

  31. @Shaheen

    " C’est bien parce qu’il n’y a pas de société civile qu’il y a (relativement) peu de changements et que ces sociétés arabes restent autocratiques. "
    Tu étaies ta certitude sur la soi disant absence de société civile. Les mouvements islamistes ne prouvent-ils pas, au contraire, l’activité de celle-ci? Donc , celle-ci existant bel et bien, pourquoi n’existe-t-il pas de manifestation ou mouvement pan arabe?

    "Pour le reste, je reprends les termes d’un cher co-bloggueur: j’ai d’autres choses à faire que de débattre la platitude de la terre."
    Rien ne t’oblige à me répondre. Je te rappelle que c’est toi qui a eu l’initiative de participer à l’échange.

  32. On n’est pas dans la géométrie, donc effectivement difficiler d’assèner des preuves absolues. Celui qui est absolument persuadé que la solidarité arabe (pas entre les gouvernements) est une vue de l’esprit, le demeurera, et celui qui croit le contraire, persistera à le croire. Celui qui croit que les relations interpersonnelles et la solidarité entre un Finlandais moyen et un Grec moyen sont les mêmes qu’entre un Marocain moyen et un Irakien moyen, peut continuer à le croire. On peut croire que la solidarité avec la Palestine et l’Irak ne sont qu’épiphénomènes, comme le croyaient ceux qui considéraient la solidarité panarabe avec le Maroc subissant le dahir berbère ou avec l’Algérie de la guerre d’indépendance. Pour ma part, j’ai surtout vu beaucoup de solidarité panarabe, sur le plan personnnel et non politique, à l’étranger, entre Arabes de différents pays (Syrie, Palestine, Jordanie, Tunisie, Liban, Egypte, Maroc, Bahraïn), qui allait au-delà de l’affinité qu’on peut avoir pour n’importe qui, indépendamment des nationalités. J’en vois lorsque je m’intéresse à l’actualité syndicale, artistique et partisane marocaine. Mais j’admets que j’en vois très peu dans d’autres cercles que je fréquente, plus francophones et plus privilégiés – ainsi, le fondateur de l’Institut Amadeo est plutôt solidaire de John Mc Cain.

    Mais je conçois fort bien encore une fois que ceux qui contestent la solidarité arabe dans son existence ne soient pas réceptifs aux signes contraires.

  33. Tiens, par ailleurs, je déteste l’expression société civile, euphémisme pour décrire "associations et groupes qui pensent comme nous" – les maoïstes du Népal, Al adl wal ihsan et le Hezbollah font-ils partie de cette "société civile"?

  34. IK, ça va au delà des convictions personnelles. C’est une question de simple observation. J’ai connu des gens qui en détestaient l’idée mais qui en reconnaissait l’existence. Dans mon expérience, ceux qui niaient l’existence de ces affinités se classaient grossièrement dans deux catégories: ceux qui aimeraient que ça n’existe pas et s’indulgent au whishful thinking, et les pseudo-intellos qui n’ont jamais rencontré d’arabe mais qui savent quand même tout sur tout.

  35. @ Ibn Kafka :
    Mais je ne doute pas une seconde qu’un tel sentiment existe chez certains arabes. Je crois aussi qu’il y a certainement plus d’affinités entre un marocain et un irakien qu’entre un finlandais et un grec. Ils ont en effet un héritage culturel commun beaucoup plus important.
    Pour ce qui est de la solidarité pan arabe contre le fait colonial, je ne doute pas non plus qu’elle ait pu exister. On a vu le soutien que reçut la résistance algérienne d’Egypte ou de Tunisie par exemple (on est même allé jusqu’à intervenir à Suez avec le désastre que l’on connaît), et je ne fais pas partie de ceux qui croient que tout cela n’était qu’instrumentalisation de Moscou. Mais cela a bien disparu depuis avec la fin de ce qui était à l’origine de cette solidarité.
    J’ai aussi constaté le type d’élan que vous dites dans les milieux estudiantins parisiens. Malheureusement, cet élan a disparu une fois rentré au pays (je sais, les cercles francophones…). Ce sentiment n’existerait-il pas entre européens en milieu asiatique (y compris finlandais et grecs) ou entre asiatiques en milieu européen ?
    Je ne doute pas non plus que vous ayez observé cette solidarité dans les milieux syndicaux et artistiques marocains. Mais n’est-ce pas un peu court pour en conclure à une possible généralisation populaire de ce sentiment suffisante pour faire évoluer les rapports inter arabes ? Le fait que ce sentiment soit plutôt en régression par rapport à ce qu’il a pu être dans les années 70 n’est-il pas symptomatique de sa fragilité ?

    Pour ce qui est de ma conception de la société civile, je souscris à celle-ci : « "L’ensemble des rapports interindividuels, des structures familiales, sociales, économiques, culturelles, religieuses, qui se déploient dans une société donnée, en dehors du cadre et de l’intervention de l’État." (J-L. Quermonne) » Encyclopédie de l’Agora. Je vous laisse répondre à la question que vous posez à partir de cette définition.

    @Shaheen:
    La qualité de ta réponse m’oblige à vous laisser entre vrais intellectuels.

    Dommage et désolé pour le dérangement.

  36. Le problème de cette discussion est qu’elle porte sur le futur, qui par définition ne s’est pas encore produit. L’un peut proclamer qu’il n’y a pas de germes d’un panarabisme à venir, l’autre les décèle. La seule preuve ne peut venir que de l’avènement futur (ou l’abndon complet) de ce panarabisme. Bref, c’est une discussion qui n’a d’intérêt que si on ne cherche pas à avoir raison à tout prix, vu que la preuve nous échappe par définition.

    Comme l’a remarqué Laroui à propos du développement récent de certaines nations asiatiques, c’est seulement après qu’il se soit produit que les observateurs ont analysé leur passé pour y voir les germes de ce développement. Lorsque le panarabisme existera, ce sera lorsque les sociétés en question se seront suffisamment développées pour avoir besoin d’une idéologie séculariste forte. Alors, on verra que les germes étaient là, dans la solidarité avec la Palestine et l’Irak par exemple. BTW, l’idée que les occidentaux (les Français en particulier) manifestent une solidarité avec la Palestine aussi profonde et viscérale que les Arabes est une plaisanterie.

    Pour parler du Maroc, les islamistes ne rejettent pas l’idée de solidarité panarabe, ils cherchent au contraire à s’approprier cette idée pour leur propre gain. L’élite francophone est objectivement anti-arabe ET anti-développement, puisque l’absence de développement assure sa position. Evidemement ce sont les plus visibles à l’étranger, et toute vision étrangère du Maroc est biaisée par leur médiation. Ironiquement, le début de développement qui se produit depuis quelques années existe grâce aux capitaux arabes. Ils ne venaient pas jusque-là car l’économie marocaine n’était pas assez développée pour justifier l’investissement. Bref, il ne faut pas oublier les fondements économiques et sociaux de toutes ces discussions sur l’idéologie.

  37. Sanaa,
    ça n’est pas une juste question de futur.

    Comme je l’indiquais plus haut, concrètement, il n’y a aucune forme d’unité aujourd’hui. Ça pourrait être un projet, tout au plus. Cela dit, écartant les constats personnels, en termes d’opinion, au présent:, les sondages sont invariablement dans la tranche 60% à 90%, selon les pays, les confessions, les circonstances, en faveur d’une élimination complète de ces frontières (et pas juste d’une union à l’UE)… On peut faire partie des 10% à 40% qui sont contre ou pour une autre forme de rapprochement, ou de ceux qui trouvent que l’idée est irréaliste ou ridicule, my point was, c’est de la délusion de faire comme si ce terrain fertile n’existait pas (tout comme c’est de la délusion de faire comme si l’unité existait parce que la majorité voudrait que ce soit le cas).

  38. Shaheen: tout à fait d’accord.

    Ibn Kafka: en revoyant la video, j’ai constaté que le Golan est bel et bien mentionné dans les paroles de la chanson.

  39. On eu chanter, scande rdes slogans… tout cela ce sont des paroles. A t-on jamais entendu un chanteur europeen faie une chanson su l’Europe?

    La culture arabe est tres vocale, alors on scande toujours: "avec notre ame, notre sang, nous allons te venger O Martyr" et apres plus rien.

    Alors cessons d’etre des sentmentaux et voyons les choses de maniere beaucoup plus concrete, retroussons nos manches et soyons de vrais nationaistes arabes!

    Cordialement

  40. @ IK,
    C’est un sujet qui me passionne depuis tjrs. Il est complexe et l’idée que je m’en fais ne peut être claire et limpide en quelques commentaires aussi longs soient-ils.

    Je constate que depuis quelques jours le hasard n’arrête pas de bien faire les choses. Je m’explique, vendredi dernier, j’ai fait un saut à la fnac parmi les bouquins que j’ai achetés il y a "origines" d’Amin Maalouf que j’avais parcouru auparavant à sa sortie.
    Actuellement, je suis en train de le lire à tête reposée. Et il m’arrive presque de méditer à chaque page une ou deux phrases parfois des citations entières.
    Pour ne pas encombrer ton espace, je compte faire un billet là dessus prochainement.

  41. je sui profandement triste que ce lui qui provoque les massacre qui son inocant et qui ce fait tirer comme des la pins non pas de coeur car il ce tout pérmi , on’ai tous des etr humain le chonson et tres bien réussi de toute les sens voi et chent et tout les payer arab concerner et non pas de force que dieu vien en aide de pui qu’il existe les juifs sur terre il cré desconflis meme avec moisse alayhi assalam et aprés le cristes et aprés les musulemen il veul tout sur laterre le plus puisson voila mon comentere surle monde actuel merci

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 108 autres abonnés

%d bloggers like this: