Un organisme des droits de l’homme qui veut censurer la presse? Bienvenue au Maroc!

Peut-être avez-vous suivi la tragicomédie qui oppose un des symboles ostentatoires de virginité démocratique du régime, le CCDH, successeur de la fameuse Instance équité et réconciliation (IER) (au sujet de laquelle je me remémore un proverbe suédois au sujet de moutons – "mycket skrik och lite ull", en français "beacoup de cris et peu de laine"), et deux journaux arabophones de la place, Al Jarida al Oula et Al Hayat Al Magribia. Tous deux ont été poursuivis au civil pour avoir commencé à publier les procès-verbaux des fameuses réunions confidentielles organisées par l’IER, lors desquelles s’exprimèrent non seulement des victimes de la répression mais également – allez, utilisons également un terme pudique – des "témoins", comme par exemple l’inénarrable Khalli Henna Ould Rachid.

Il faut planter le décor: l’IER fût un formidable espoir, mais depuis la remise officielle de son rapport au Roi, lequel rapport contenait de nombreuses recommandations dont aucune n’a été mise en oeuvre à ce jour (1), la situation a été normalisée, comme souvent au Maroc. En d’autres termes: le pouvoir a continué à "retourner" des anciens détenus ou exilés politiques, dans la lignée de Driss Benzekri – comme par exemple Ahmed Herzenni, président du CCDH ou Driss Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME). Ces personnes, comme tant d’autres avant elles et sans doute tant d’autres après elles, ont moins apporté leurs anciennes convictions personnelles à leurs nouvelles fonctions qu’adopté les convictions découlant de leurs fonctions officielles. Tout comme ce fût le cas avec l’alternance gouvernementale, derrière l’apparence d’ouverture du régime vers une opposition autrefois de principe, on assista plutôt à l’ouverture d’une opposition – autrefois à principes – vers un régime paré de nouveaux habits et du discours qui va avec. Et les anciens dissidents se révélèrent plus anciens que dissidents…

Le pouvoir a continué à tenir un discours tribunitien sur les droits de l’homme, c’est-à-dire un discours ne cherchant pas à décrire la réalité ou à annoncer des décisions devant effectivement intervenir, mais à usage purement idéologique, et à consommation principalement externe. Ce n’est certainement pas sans nier que les libertés publiques ont connu une nette amélioration depuis le tournant de 1991 – eh oui, huit ans avant le nouveau règne… – mais ces changements n’ont pas touché aux fondements essentiels du régime, fondements dont l’absolue suprématie institutionnelle et juridique du chef de l’Etat et la confusion des pouvoirs à son profit sont les traits marquants.

Une des améliorations notables – mais équivoque, irrégulière et à éclipses – des libertés publiques sous le nouveau régime concerne la – très relative - liberté de la presse. Il ne faut en effet pas oublier, en dépit des "jugements" (2) liberticides en rafale depuis le début du nouveau règne (et même depuis ces derniers mois), que ces décisions ont concerné des articles et publications que personne doté d’un instinct de survie n’aurait publié avant le 23 juillet 1999. Entendons-nous cependant sur le terme "amélioration notable": ce n’est que par rapport à une situation antérieure très médiocre que l’amélioration notable s’est produite, et le Maroc est encore à la traîne non seulement par rapport aux démocraties dites occidentales, mais également par rapport à pas mal de pays du tiers-monde, en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Revenons-en à la publication d’extraits des travaux de l’IER par ces deux journaux. La crainte du ridicule n’étouffe pas le CCDH ni son président, dont le manque total d’acuité politique est digne d’admiration. Outre qu’il est paradoxal de voir une institution des droits de l’homme tenter d’étouffer la presse, l’action en justice du CCDH semble paradoxale étant donné que cette institution a elle-même souligné l’importance du maintien des archives publiques et de leur accès par le public. Voici ainsi ce que disait le secrétairegénéral du CCDH, Mahjoub El Hiba, lors d’un séminaire organisé par le CCDH en avril 2006 et consacré au "Droit de la mémoire" (aujourd’hui, c’est plutôt le devoir de l’oubli qui semble animer le CCDH):

L’objectif du séminaire s’inscrit dans le cadre des recommandations de l’IER pour débattre des questions qui concernent les archives, la préservation de la mémoire et impliquer les différents acteurs: les historiens, les archivistes, les responsables des centres de documentation et la société civile. Pour asseoir la base d’une législation des archives dans la perspective de développer des traditions de stockage, de traitement et d’accès aux archives qui ne concernent pas uniquement les droits de l’Homme mais aussi toutes les questions de la démocratie et de l’édification de la citoyenneté dans notre pays.

Quant aux aspects juridiques, ils sont troublants. C’est une action au civil, et pas au pénal, qui a été intentée par le CCDH. En lisant la presse, difficile de se faire une idée sur le fondement juridique des poursuites – on peut cependant présumer qu’il s’agit des articles suivants du dahir du 13 août 1913 formant code des obligations et des contrats (DOC):

Article 77 : Tout fait quelconque de l’homme qui, sans l’autorité de la loi, cause sciemment et volontairement à autrui un dommage matériel ou moral, oblige son auteur à réparer ledit dommage, lorsqu’il est établi que ce fait en est la cause directe.

Toute stipulation contraire est sans effet.

Article 78 :
Chacun est responsable du dommage moral ou matériel qu’il a causé, non seulement par son fait, mais par sa faute, lorsqu’il est établi que cette faute en est la cause directe.

Toute stipulation contraire est sans effet.

La faute consiste, soit à omettre ce qu’on était tenu de faire, soit à faire ce dont on était tenu de s’abstenir, sans intention de causer un dommage.

Les journaux étaient-ils tenus de s’abstenir de publier les extraits litigieux des séances confidentielles de l’IER, sans doutes les séances les plus intéressantes? Non, car aucune disposition du dahir n° 1.04.42 du 19 safar 1425 (10 avril 2004) portant approbation des statuts de l’Instance Equité et Réconciliation n’impose le respect de la confidentialité des travaux ainsi désignés à d’autres qu’aux membres de l’IER – et d’ailleurs, même dans ce cas, ce devoir de confidentialité (figurant à l’article 4) n’est assorti d’aucune sanction, et le principe de confidentialité ne s’applique littéralement qu’aux seules délibérations de l’IER, et non pas aux témoignages recueillis:

Les délibérations de l’Instance sont confidentielles.

Tous les membres sont tenus à la confidentialité absolue des sources d’informations et du déroulement des investigations.

Les deux journaux poursuivis pourraient par ailleurs se défendre en invoquant l’article 94 du DOC:

Article 94 : Il n’y a pas lieu à responsabilité civile, lorsqu’une personne, sans intention de nuire, a fait ce qu’elle avait le droit de faire.

Cependant, lorsque l’exercice de ce droit est de nature à causer un dommage notable à autrui et que ce dommage peut être évité ou supprimé, sans inconvénient grave pour l’ayant droit, il y a lieu à responsabilité civile, si on n’a pas fait ce qu’il fallait pour le prévenir ou pour le faire cesser.

Les deux journaux poursuivis ont en effet fait ce qu’ils avaient le droit de faire: publier des documents d’intérêt général évident. Ceci découle de l’article 1 du Code de la presse et de l’édition:

Les citoyens ont droit à l’ information.

Tous les média ont le droit d’ accéder aux sources d’ information et de se procurer les informations de sources diverses, sauf si lesdites informations sont confidentielles en vertu de la loi.

A supposer que l’on puisse assimiler un dahir à une loi, ont a vu que le dahir relatif au réglement intérieur de l’IER n’imposait la confidentialité que pour les délibérations de ses membres, et non pas pour les témoignages recueillis. Au contraire, puisque l’article 24 du dahir dit ceci:

L’Instance veille, en vue de garantir l’interaction et la participation de tous les secteurs de la société au suivi de ses travaux, à la mise en place d’un plan de communication avec les victimes ou leurs familles et représentants, les moyens d’information audiovisuels, la presse et toutes les composantes de la société civile.

Il n’y a donc aucun texte de loi réprimant la publication des procès-verbaux des séances dites confidentielles de l’IER – le Code de la presse évoque bien, aux articles 54 à 58, des publications interdites, mais il s’agit là de publications relatives à des procédures d’instruction judiciaire ou à des procès en diffamation ou injures, ainsi que des débats de procès en déclaration de paternité, en divorce et en séparation de corps.

Mais faut-il être surpris qu’en l’absence de base légale explicite et directement applicable, Al Jarida al Oula se soit fait condamner, et que Al Hayat al Maghribia soit en passe de subir le même sort? Depuis quand les tribunaux marocains jugent-ils équitablement les procès politiques, comme ceux-là?

On notera que même l’éditorialiste du Matin du Sahara Khadija Ridouane, qu’on peut présumer exempte de toute tendance islamo-nihiliste, s’en est intriguée sur son blog:

Au lieu donc de se concentrer sur sa mission, le patron du CCDH mène la guerre contre un journal qui n’a fait que son travail de rechercher l’information et de la diffuser à son public. Publier les témoignages sur les années de plomb, n’est-ce pas justement ce que l’IER, dont Harzenni était membre, devait faire ? Comment peut-on imaginer la réconciliation si les faits ne sont pas révélés?

C’est un signe que l’absurdité de la "politique" de contrôle des médias du pouvoir et de ses relais va très loin quand même des éditorialistes d’organes de presse peu portés sur la contestation se posent des questions…

(1) Voir par exemple le dernier rapport annuel – 2007 – de l’AMDH, cité par La Vie économique:

Sur le plan politique, l’on notera, entre autres, la question de l’application des recommandations de l’Instance équité et réconciliation : l’AMDH déplore qu’une nouvelle année se soit passée «sans que la plupart des recommandations de l’IER ne soient appliquées».

Par la voix de sa présidente, Khadija Ryadi, elle accuse les autorités de manquer de volonté politique pour les mettre à exécution, puisque le retard touche également les recommandations n’exigeant pas de budget, telles que «l’abrogation de la peine capitale, l’adhésion à la Cour pénale internationale et l’annonce de la vérité dans le dossier Ben Barka et les autres kidnappés».

(2) Ces décisions, émanant de "tribunaux" non indépendants du pouvoir exécutif, ne mériteraient pas ce nom.

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20 Réponses

  1. Un organisme chargé des droits de l’homme qui se contredit en empêchant 2 journaux de publier les entretiens des témoins devant la défunte IER alors qu’il devait mettre toutes les ressources relative à cette commission à la disposition des chercheurs ou des historiens. Demain, le CCDH pourrait porter plainte à quelqu’un qui a rédigé un livre en utilisant ces témoignages alors qu’il avait non seulement le droit de les consulter mais aussi l’obligation de les citer. Le droit au citoyen à l’information, quand on ne sait même pas certaines procédures durant la vie quotidienne…

    On dirait que c’est le ridicule qui tue…

  2. Une énième atteinte à la liberté de la presse au Maroc. Mais quand est-ce que le CCDH s’attellera à l’application des recommandations de l’IER, au lieu de sombrer dans l’inactivité ou pire commettres des sottises nuisant à son image. Il est vrai que tant que cette caste d’ex-marxistes qui ont retourné leur veste et "découvert les bienfaits du Makhzen" (dixit Khalid Jamaï) n’est pas évincée au profit de militants vraiment attachés aux droits de l’homme, on ne pourra rien en espèrer… Finek a ba Driss (Benzekri) ! Il doit se retourne dans sa tombe, cet homme intègre…

    Excellente analyse IK !

  3. Ibn Kafka,

    Je suis d’accord avec toi. Mais c’est tellement gros vois-tu que pour une fois (…) je me dis qu’il y a un truc qui cloche. Et ce "truc" c’est peut-être que tout est trop personnel dans cette affaire.

  4. Ibn kafka@ le smiley ce n’est pas moi!

  5. « Comment peut-on imaginer la réconciliation si les faits ne sont pas révélés? »
    Voilà une phrase qui résume toute la bizarrerie de cette histoire de réconciliation avec les années de plomb. J’ai cessé de m’intéresser à ces instances quand je me suis rendue compte que le message véhiculé était « circulez il n’y a rien à voir » ! On indemnise les familles de victimes et on laisse en paix les bourreaux. [le fameux principe mi-figue mi-raisin est tjrs d’actualité] Certains ont été même promus. De qui se moque-t-on ? On se le demande ?!

    A ta phrase j’aurai ajouté « et les responsables jugés ». Si les victimes ou les familles de victimes choisissent de pardonner c’est leur droit. Mais comment peut-on décider à leur place en décrétant que la page doit être tournée juste parce qu’on les a indemnisés ?!!!

    Quant à ceux qui retournent leurs vestes, t’as raison « Ces personnes, comme tant d’autres avant elles et sans doute tant d’autres après elles, ont moins apporté leurs anciennes convictions personnelles à leurs nouvelles fonctions qu’adopté les convictions découlant de leurs fonctions officielles. »
    Les droits de l’homme je commencerai à y croire dans leplusbeaupaysaumonde le jour où l’école et la famille inculqueront ces valeurs aux gamins. D’ici là je garde en mémoire cette phrase « madometa fil maghreb fala tassetaghereb » (tant que tu es au Maroc ne soit pas étonné (je dirai ou même choqué) » !

    @ amina,
    Ces clins d’oeil se produisent quand t’as un point suivi d’une parenthèse. Ca m’est arrivé dans mes coms pas mal de fois.

  6. Amina: " tout est trop personnel dans cette affaire" – je ne comprends vraiment pas ce qu’il y a de personnel entre Herzenni et ces deux journaux, mais je ne connais absolument le milieu de la presse…

  7. Ibn Kafka@Ce n’est vraiment qu’une impression que je te livrais là: ces dernières semaines le président du CCDH commet des bourdes si grossières et surréalistes que j’en suis arrivée à me demander si le problème ce n’était en fait pas lui, et non pas la publication par deux journaux et bientôt sans doute, légitimement, par d’autres journaux des témoignages de personnalités "publiques" prendant les audiences de l’IER…

  8. Selon une indiscrétion publiée par l’hebdomadaire "nihiliste", cher à Spy Jones et à ton serviteur, le journal Hebdo de cette semaine, Herzenni aurait intenté un procés aux deux publications suite à la requete de Mo3tassim conseiller du Roi. Maintenant elle est où la vérité ?

    [...Ces personnes, comme tant d’autres avant elles et sans doute tant d’autres après elles, ont moins apporté leurs anciennes convictions personnelles à leurs nouvelles fonctions qu’adopté les convictions découlant de leurs fonctions officielles. Tout comme ce fût le cas avec l’alternance gouvernementale, derrière l’apparence d’ouverture du régime vers une opposition autrefois de principe, on assista plutôt à l’ouverture d’une opposition - autrefois à principes - vers un régime paré de nouveaux habits et du discours qui va avec. Et les anciens dissidents se révélèrent plus anciens que dissidents…]

    Bien ressenti et subtilement exprimé.

    NB: le témoignage d’Abdeklhadi Boutaleb concernant El Youssoufi est aussi intéressant.

  9. Amina: ok, je pige et je partage ton sentiment. Come disent les anglophones, he’s outdone his usefulness…

    une marocaine: "Mais comment peut-on décider à leur place en décrétant que la page doit être tournée juste parce qu’on les a indemnisés ?!!! " – en théorie, on peut conçevoir des situations – guerre civile sans vainqueur ni vaincu – où l’amnistie générale peut se concevoir. Sauf qu’au Maroc on est pas dans un tel cas de figure, et aucune loi d’amnistie n’a été adoptée…

    momo: ah tiens, ça m’avait échappé – mais ça confirme ce que je pense du CCDH, simple annexe du makhzen. Herzenni est cependant allé tellement loin qu’il lui a enlevé toute crédibilité. Trop de servilité tue la servilité. Benzekri était bcp plus subtil et intelligent, et donc plus utile pour la façade démocratique du régime.

    "le témoignage d’Abdelhadi Boutaleb" – dans ses mémoires?

  10. Et si ce n’était que du Buzz médiatique controlé ??

    Pourquoi je suis le seul à voir El Himma derrière Al Jarida al Oula ?!

    Cette nouvelle publication finira par prendre la place d’Al Massae.

    7didanac … agitateur de curiosité

  11. 7didane: le buzz médiatique sert généralement un objectif. Qui l’a initié? Le CCDH. Quel intérêt? Strictement aucun: il ser(vai)t de cache-sexe démocratique au régime, mais après sa prestation relativement à l’observations des élections son image a commencé à se dégrader, et les récentes foucades de Herzenni lui ont sans doute durablement ôté toute crédibilité en dehorzs du circuit de la presse officeuse marocaine. Il faut s’en réjouir si on souhaite que la démocratisation du Maroc ne soit pas que de façade, mais le CCFH et Herzenni n’y ont rien gagné – sauf éventuellement Herzenni auprès de Moatassime – et encore – le Palais est excessivement sensible à ce qui se dit de lui à l’étranger, et cette affaire aura sans doute alimenté quelques notes au ministère de quelques chancelleries rbaties…

  12. Il parait que meme au sein du mouvement marxiste Ila Amam Herzenni n’était pas du tout apprécié et qu’on lui avait retiré des responsabilités au clandestin secrétariat général du mouvement.

    Le journal hebdo avait publié un article sur les témoignages "incriminés" et publiés par Al jarida Al oula et en avait cité des passages. Il avait fait référence aux témoignages de Khalli Henna ould Rachid et d’Abdelhadi Boutaleb. Donc ce dernier avait lui aussi été entendu par la défunte I.E.R.

    NB: A.B. avait témoigné qu’El Youssoufi n’avait jamais discuté de ses prégoratives de premier ministre avec Feu Hassan II avant sa prise de fonction et qu’il n’avait jamais juré sur le coran devant le défunt. Il tenait aussi l’ancien monarque pour responsable "moralement" des années de plomb sans l’etre "juridiquement" et que seuls certains de ses collaborateurs directs devaient en répondre devant une juridiction compétente.

  13. 1 – L’Etat n’a pas eu recours à une procédure exceptionnelle pour stopper l’impression : exemple Telquel l’été dernier.

    2 – Le CCDH semble être surpris par la publication. Étrange dans un contexte marocain.

    3 – Al Jarida Al Oula a gagné en crédibilité. Elle se positionne dans la case presse indépendante, et va occuper petit à petit le terrain des publications arabophones : d’autres scoop viendront.

    4 – La procédure de la CCDH reste dans le cadre du bilad al 7a9 wal 9anoun. Y a-t-il pour toi une violation d’une loi dans cette procédure ?

    5 – Dernièrement France3 a demandé à Rue89 de révéler sa source concernant le OFF diffusé de Sarkozy avant l’enregistrement de son interview dans le studio France3. Une comparaison ? Qu’est-ce que peut bien dire les chancelleries rbaties … ?

  14. momo: avant sa makhzenisation définitive, il avait une certaine côte chez certains militants ou ex-militants. Il l’a désormais au palais – il a enfin compris, comme bcp d’autres ex, à plus de 50 ans, ce qui pèse le plus lourd.

    7didane: 1. Vrai. Ewa? Il faut lui en être reconnaissant, peut être, un peu comme Amina Bouayach disant qu’il n’y a pas eu de crimes contre l’humanité à Ifni, mais seulement des tortures?
    2. ????
    3. Possible, mais ce n’est pas Al Jarida al Oula qui a lancé la procédure contre lui-même, tout de même? A moins que tu sois partisan de l’hypothèse d’un vaste complot liant notamment Herzenni, la justice et les deux journaux, les premiers partageant avec les derniers le surplus de recettes publicitaires consécutif à leur nouvelle notoriété… Si c’est le cas, tu mériterais une place dans la cellule de com’ de Chakib "X-Files" Benmoussa…
    4. C’est en lisant des phrases comme celle-là que j’ai envie de tout plaquer… J’avais cru montrer que l’obligation de confidentialité n’était invocable qu’à l’égard des membres de l’IER, qu’il n’y pas faute lorsqu’on fait ce qu’on a le droit de faire (cas des deux journaux) et que le Code de la presse ne contenait aucune disposition applicable à ce cas de figure. Pfff. Grosse fatique tout d’un coup…
    5. La France officielle s’en fout royalement des droits de l’homme au Maroc, et ce n’est pas à elle que je pensais. Je pensais plutôt aux organisations internationales et pays du type Suède, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Canada, Finlande, Norvège etc.

    Et ton exemple est particulièrement foireux: l’équivalent de ce qui s’est passé ici serait plutôt que le Conseil consultatif des droits de l’homme poursuive des journaux français ayant publié des extraits de PV de séances avec des anciens responsables lors des guerres coloniales françaises.

    Le cas que tu cites en exemple, la recherche par les autorités des sources d’un journaliste, est particulier car il ne fait l’objet d’aucun consensus entre démocraties: certaines, notamment la Suède et la Finlande, accordent une protection constitutionnelle quasi-absolue à la protection des sources, d’autres (France) n’en ont qu’une conception très vague et peu protectrice, tandis que certains Etats, pourtant en pointe en matière de liberté de la presse et d’accès aux documents administratifs, ne reconnaissent aucun privilège de ce type aux journalistes (Etats-Unis – rappelle-toi le cas de Judith Miller). Et puis de toutes façons, je ne considère pas la France comme un exemple démocratique indépassable, au contraire appremment de bcp de mes compatriotes.

  15. "Et puis de toutes façons, je ne considère pas la France comme un exemple démocratique indépassable, au contraire appremment de bcp de mes compatriotes."
    Les français eux-mêmes reconnaissent les limites de leur "modèle" démocratique. Si certains marocains font du zèle c’est qu’ils veulent être plus royalistes que le roi !

  16. Moi z’ai le super pouvoir de te faire fermer le blog ?!!
    Je suis super fort ! :D

    1 – iwa s’ils ne l’ont pas fait, c’est qu’ils voulaient laisser faire … une dérapage contrôlé j’ai dit

    2 – Le CCDH, jugé proche du pouvoir, semble dans cette affaire ne pas être au courant des articles qu’après diffusion … Est-il aussi proche du pouvoir, ou le pouvoir voulait laisser faire ?

    3 – "Complot" ??? trop gros mot :D
    J’ai plutôt parlé d’un "Buzz". Y a pas de mort d’hommes non plus dans cette affaire, et y a pas d’intention de faire de révolution non plus. Juste créer une occasion pour ce journal de marquer son territoire.

    4 – Te fatigue surtout pas, on a encore besoin de toi :p
    Il ne s’agit pas de savoir si la position du journal est défendable et que les arguments de la CCDH sont réfutables … mais de constater qu’il n’y a ni torture, ni baston, ni kidnapping … si tous les dossiers devant la justice étaient initié sur de solides bases y aura pas de conflit -> le plaignant aura toujours raison :p

    Re … la procédure de la CCDH est légale. Après le jugement favorable ou défavorable c’est autre chose.

    5 – La particularité de l’exemple est de voir un média demander juridiquement les sources d’un autre média. Mais tu t’es focalisé sur la France. La procédure n’a rien d’illégale, mais un média qui se doit de connaitre par coeur le code de la presse, sait que sa demande en France va être débouter.

    Bref, tout ça pour dire qu’il ne s’agit ni plus ni moins d’un Buzz pour le profit d’Al Jarida Al Oula.

  17. 7didane: t’es super fort dans une discipline que t’as piquée fhamator…

    Tes remarques quant aux aspects juridiques de l’affaire ne valent pas qu’on s’y attarde – ça m’apprendra à te répondre sérieusement…

    Sur le plan non-juridique: donc, le CCDH va lancer des procédures judiciaires qui le décrédibilisent gravement pour lancer un buzz afin de faire plaisir à un journal quelconque? Et Roger Lemerre dans tout ça? Il se tait sur instructions de Bob Ménard et Moulay Hicham?

  18. MDR !!

    Tu me fait trop d’honneur et je t’en remercie :D

    Je ne suis qu’agitateur de curiosité j’ai dit. Je ne garantis jamais la pertinence de mes potions magique. J’agite la marmitte, mais je ne donne pas ma main à couper pour le gout final. Des fois y a des explositions incontrôlées :p

    Quelle mission à le CCDH après l’IER pour avoir tant peur d’être décrédibilisé ??

    PS : ne me réponds surtout pas :D

  19. Bonjour,

    Je n’en crois pas mes yeux. Je suis tellment loin du Maroc et je n’ y vais que rarement pour ne plus rien comprendre.

    - L’IER a fait un travail dont la seule coinsequence perceptible est l’indemnistaion, ce qui n’est pas mal, mais ce n’est pas tout.

    - Comment peut -on faire un travail de memoire si on ne publie pas les temoignages?

    En comparaion avec la TRC sud africaine, notre IER semble ni plus ni moins qu’un faire valoir destine a couvrir d’une chappe de plomb enveloppee de velours les exactions des annees de plomb, et ce avec la complicite des ex detenus recuperes par le systeme.

    Je ne crois qu’il existe dans le monde un systeme aussi recuperateur que le regime marocain. Tout le monde ou presque a ete recupere, a l’exception de Abdellah El Harrif. Meme Serfaty a ete recupere dans une certaine mesure en acceptant le poste de cosneiller en Energie. Les islamistes aussi… Tout le monde finit par se fondre dans le systeme. L’USFP depuis le Sahara n’a rate aucune occasion pour se faire recuperer au meme titre que le 23 Mars ex OADP; le PPS a ete le mparti soit -disant communiste assis a la gauche du regime….

    Je crois aussi que memes les actuels opposants -s’il en reste- n’attendent que leur tour pour manger les miettes sur les tables du pouvoir.

    Le regime de Hassan II et celui de Mohamed VI ne sont en fait que des machines de recuperation. Cela me rappelle le recyclage des dechets. Avec des vieux opposants, on fait de nouveaux serviteurs de l’Etat. Cela merite une these en sociologie politique.

    Vive l’ecologie politique!

    Salam

  20. Je réagis un peu tardivement à cette discussion, mais puisque j’ai été citée nommément, il me semblait juste d’apporter certaines clarifications à l’auteur. Khadija Ridouane, que je suis, a quitté le Matin il y a 2 ans, donc je ne suis plus "éditorialiste" de ce support d’information pour lequel j’ai du respect puisque j’y ai travaillé pendant une decennie. Analyste politique à l’Economiste puis rédactrice en chef d’Atlantic radio est une partie de ma carrière qui a écahppé à notre Kafka .national. Pour rappel c’est ce que j’ai fait en quittant le Matin.
    Je suis, par ailleurs, étonnée de lire des affirmations toutes faites de gens qui ne prennent pas la peine de vérifier leur information. L’auteur connaît-il la personne en question? Je suis sûre que non et ne présume pas comme il le fait avec mes convictions personnelles. Je précise que ma plume a toujours été libre indépendemment des organes de persse pour lesquels j’ai travaillé, car ma motivation a toujours été et le restera professionnelle. Mon blog est dans la continuité de ce que j’ai toujours été. Une journaliste libre.
    Sans rancune

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