Le Maroc exporte de l’eau en Europe

C’est littéralement vrai, en tenant compte tant de l’exportation des agrumes que du tourisme:

Le tourisme exerce une pression croissante sur les ressources en eau des pays méditerranéens
LE MONDE | 25.07.08 | 15h42 • Mis à jour le 25.07.08 | 15h42
En temps normal, environ 150 millions de personnes vivent sur le littoral méditerranéen. En juillet et août, la population explose : quelque 250 millions de visiteurs convergent sur les côtes, faisant de la Méditerranée la première région touristique au monde. Cet afflux constitue une source de revenus indispensable pour les pays concernés, mais exerce une pression de plus en plus forte sur l’environnement, au point qu’écologistes, experts et élus s’en alarment. La surexploitation des ressources en eau les inquiète particulièrement.

Une ressource mal répartie

Malte, la Libye, les territoires palestiniens, Israël, l’Algérie et la Tunisie sont en situation de pénurie, avec moins de 500 m3 d’eau par an et par habitant.

Le Maroc, l’Egypte, Chypre et la Syrie sont considérés comme pauvres en eau, avec une ressource comprise entre 500 et 1 000 m3/an/habitant.

Les autres pays du bassin disposent de plus de 1 000 m3/an/habitant et sont considérés comme riches en eau, ce qui n’exclut pas des tensions localisées dans le temps et l’espace.

De 1995 à 2004, certains pays ont connu des taux de croissance annuels du tourisme très élevés, comme la Croatie (+ 20 % par an), la Syrie (+ 15,7 %), l’Egypte (+ 11,7 %), l’Algérie et la Turquie (+ 10 %). Selon les projections effectuées par le Plan Bleu, organisation dépendante du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) chargée de la Méditerranée, la fréquentation touristique de la région pourrait atteindre 637 millions de personnes en 2025. Pour Paolo Lombardi, directeur du bureau méditerranéen de l’organisation écologiste WWF, le tourisme sera dans les années à venir "le principal facteur de dégradation écologique des côtes méditerranéennes".

Une première conséquence saute déjà aux yeux des visiteurs: 42 % du littoral sont bétonnés. Hôtels, résidences secondaires, commerces et infrastructures se concentrent sur la bande côtière, détruisant des écosystèmes particulièrement riches. Les embouteillages génèrent pollution atmosphérique et gaz à effet de serre. Les ressources halieutiques, trop sollicitées, souffrent. Les déchets, abondants, finissent la plupart du temps en mer.

Les touristes arrivent en été, au moment où l’eau se fait rare, dans des pays où la ressource est déjà limitée. "La concentration des visites, à la fois dans le temps et dans l’espace, aggrave les situations existantes", relève Pierre Icard, du Plan Bleu. Chaque touriste consomme environ 300 litres d’eau par jour, soit le double des populations locales (jusqu’à 880 litres pour le tourisme de luxe). Le remplissage des piscines, l’arrosage des golfs et des espaces verts réclament également beaucoup d’eau.

Dans les Cyclades, en Grèce, la consommation d’eau estivale est de cinq à dix fois plus élevée qu’en hiver. Cette demande, ajoutée à la consommation locale, conduit à une surexploitation des nappes souterraines qui entraîne une salinisation croissante des eaux douces. L’afflux de population contribue également à la pollution de celles-ci, les eaux usées étant souvent rejetées sans traitement dans le milieu naturel.

L’EXEMPLE DU CLUB MED

L’augmentation conjointe de la population locale et de la fréquentation touristique à venir fait craindre des conflits d’usage. Si la demande en eau est stabilisée, voire en baisse sur une partie de la rive nord de la Méditerranée, elle devrait doubler en vingt ans en Turquie, en Syrie, en Libye, au Maroc et en Algérie. La concurrence avec le secteur agricole, principal consommateur d’eau (63 % des volumes), est redoutée. "L’Espagne ou la Tunisie doivent déjà arbitrer entre les différents usages, ce qui sera de plus en plus fréquent, explique Pierre Icard. Les gains liés au tourisme sont évidents, mais on ne calcule pas ce qu’on perd en sécurité alimentaire, par exemple."

Certaines solutions sont déjà mises en oeuvre. La Tunisie, par exemple, qui accueille 7 millions de touristes par an, veut ramener la consommation de 560 litres par lit occupé et par jour à 300 litres. "Si nous ne maîtrisons pas la consommation, nous aurons des problèmes d’ici une quinzaine d’années", affirme Jean Mehdi Chapoutot, expert en développement touristique dans ce pays.

La modernisation des réseaux de distribution, où les fuites entraînent le gaspillage de 30 % à 40 % de l’eau, est encouragée financièrement par l’Etat. Les eaux issues de 45 des 75 stations de traitement du pays sont réutilisées pour l’arrosage des terrains de golf et des jardins ou la recharge des nappes souterraines. La réutilisation est également très développée en Egypte et en Israël, et elle a commencé à Chypre, en Syrie, à Malte, en Libye et en Espagne.

La généralisation d’appareils économiseurs d’eau pourrait permettre de diminuer de moitié la consommation, selon l’Agence européenne de l’environnement. Relever les tarifs est un autre levier. Mais cela peut conduire les hôteliers à effectuer des forages et à pomper sans contrôle dans les nappes. "Il existe plusieurs niveaux d’action possibles: les Etats, les collectivités, les entreprises, note Pierre Icard. Mais dans un contexte très concurrentiel, où l’on peut changer de destination facilement, le pouvoir des politiques publiques est assez faible."

Pour Paolo Lombardi, du WWF, il revient aux Etats de "fixer un cadre qui permettra de mieux équilibrer les différents usages du territoire, sans oublier la biodiversité". "Mais les entreprises ont un grand rôle à jouer ; certaines avancent", ajoute-t-il.

Le Clud Med, par exemple, dont une trentaine de villages sont implantés en Méditerranée, utilise des économiseurs d’eau, des détecteurs de fuites, et réutilise les eaux usées. Selon Agnès Weil, responsable du développement durable de l’entreprise, la sensibilisation des touristes au respect de l’environnement est importante. "C’est un travail sur le long terme : les statistiques ne vont pas bouger d’un coup, mais c’est un discours que les gens sont prêts à entendre aujourd’hui, et qui est même attendu", affirme-t-elle.

Gaëlle Dupont
Article paru dans l’édition du 26.07.08.

Pour le Maroc, l’évolution des ressources en eau est négative ces dernières années. En se basant sur les données fournies via le Plan Bleu, les ressources en eau étaient autour de 30 km3/an vers 1995/97, et de 20 km3/an vers 2005/2007 – une baisse d’un tiers en dix ans.

Une présentation d’Anne-Marie Harper, experte ayant présenté un rapport au Secrétariat d’Etat marocain à l’eau, brosse un tableau sombre:

􀂓 1960 : 2560 m3/hab./an
􀂓 Actuellement : 1000 m3/hab./an
varie du Nord au Sud de 1850 à -100
􀂓 2020 : 745 m3/hab./an

Pas de miracle: ce stress hydraulique accru et accéléré est lié au réchauffement climatique notable qui sévit au Maroc – voir par exemple ce qu’en disent Ali Agoumi et Abdelhafid Debbarh dans le chapitre intitulé "Ressources en eau et bassins versants du Maroc : 50 ans de développement (1955-2005)" du rapport officiel du bilan du cinquantenaire de l’indépendance du Maroc:

Sur la base de 1000 ans de données, on peut déduire que le phénomène de sécheresse est structurel pour le climat marocain; des cycles de sécheresses de différentes durées (1, 2, 3, 4 et 5 ans) ont été régulièrement observés. Ainsi il a été conclu que les sécheresses annuelles se présentent une fois tous les 10 ans; les sécheresses de longue durée de 5 ans ont par contre une période de retour de 360 ans.
En plus du caractère structurel de la récurrence des sécheresses, ces dernières deviennent de plus en plus sévères. (…) (p. 9)
Une étude réalisée par la direction de la météorologie nationale a permis de quantifier la différence en précipitations entre ces deux périodes. Elle a estimé que le cumul des précipitations était en baisse de plus de 30 % durant les années 1978-1996 par rapport à la période 1961-1977. (p. 10)
Les trois dernières décennies ont connu une température plus élevée en moyenne annuelle, une évaporation et une évapotranspiration plus fortes et donc des besoins en eau plus importants. Parallèlement les apports pluviométriques ont chuté : d’où une situation critique du secteur eau dans le royaume. (p. 11)
Entre 1950 et 1980, la qualité des eaux était moyenne à excellente indépendamment de l’hydraulicité. Dés 1980 la qualité des eaux s’est dégradée fortement (figure 9) et ce en relation avec les différentes pollutions auxquelles elles sont soumises : domestiques, industrielles et agricoles. (p. 14)

Le principal consommateur d’eau est l’agriculture:

La partie la plus importante des eaux mobilisées est utilisée en agriculture. Toutefois cette dominance tend à s’atténuer avec les années : En 1990 l’irrigation représentait 93 % des usages de l’eau. En 2000 le poids de l’agriculture était moins important avec 86 % seulement. On estime aujourd’hui ce pourcentage à moins de 85 %. En 2020 l’agriculture devrait représenter au niveau des usages aux environs de 76 %. Cette tendance s’explique par la diversification de l’économie nationale et l’augmentation de la demande en eau potable (Tableau 5). (p. 26)

Et certaines zones urbaines, et touristiques, sont en situation critique:

Il est à noter que durant les périodes de sécheresses généralisées, 1980-1985 et 1990-1995 le bilan hydrique était déficitaire dans pratiquement tous les bassins versants du pays.
Plusieurs nappes phréatiques ont été surexploitées durant ces deux dernières décennies en particulier celles du Souss, du Haouz, de la zone littorale Rabat-Safi, de Saiss… La baisse du niveau d’eau dans ces nappes a été continue depuis les années 70 et a atteint des niveaux critiques en 2001 (figure 18). Le problème de la salinisation des eaux souterraines, par intrusion marine, s’est déjà posé dans la zone côtière d’El Oualidia. (p. 37)

Les perspectives d’avenir sont riantes:

Cette évolution probable du climat de la région avec 1o C de réchauffement et 4 % de réduction des précipitations entre 2000 et 2020 aurait, si elle se produisait, un impact énorme et significatif sur le cycle de l’eau et aussi sur la demande en eau dans notre pays. (p. 42)
Il y a donc une convergence entre l’approche capital en eau, et une estimation plus détaillée pour affirmer que 2020, 2025 seraient des années où les besoins en eau au Maroc dépasseraient le potentiel en eaux mobilisables : le Maroc entamerait alors une autre étape de son histoire dans un contexte de pénurie d’eau. Notons que les hypothèses considérées ici n’ont en rien exagéré la situation probable en 2025. En effet, et à titre d’exemple, la dégradation de la qualité des ressources en eau et la diminution qui en résulterait au niveau du potentiel réel en eau mobilisé pouvant être utilisé par les usagers n’ont pas été prises en considération.
De plus, il a été démontré qu’en 2020 six bassins hydrauliques sur les huit bassins existants seraient déficitaires. 35 % des populations du pays disposeraient de moins de 500 m3/hab/an et connaîtraient donc une pénurie critique de l’eau. (p. 44)

A mettre en parallèle avec les récentes déclarations de l’ancien premier ministre Driss Jettou, qui dénotent un désintérêt absolu des problèmes hydrauliques et agricoles:

«Le Maroc n’a pas de problème de foncier, il a un problème de projets» (…)
«Nous ne faisions pas la fine bouche. Tous les projets, marocains ou étrangers, ont été servis pour peu qu’ils aient tenu la route» (…)
«Nous nous disions, c’est une fenêtre qui s’est ouverte, il faut l’exploiter au maximum parce qu’elle peut se refermer à tout moment» (…)
«Il est nécessaire de tirer les enseignements du débat actuel. Le système est forcément perfectible mais l’Etat ne doit en aucun cas faire marche arrière sur sa politique d’encouragement à l’investissement ou de stabilisation des prix. Les terrains n’ont de valeur que par les projets qu’ils abritent et, au Maroc, le foncier, ce n’est pas cela qui manque»

Et alors, quoi de répréhensible dans ces propos me diriez-vous? Pas mal de choses, mais du point de vue de l’eau, surtout ceci, rappelé récemment par La Vie économique:

La scène se passe le 29 novembre 2005, lors d’une réunion de la commission interministérielle des investissements. Dans l’euphorie des projets d’investissements que connaît le pays, Adil Douiri, alors ministre du tourisme, ramène dans son cartable quatre projets touristiques comprenant la construction de 7 parcours de golf dans la région de Marrakech. Alerté, Abdelkébir Zahoud, alors secrétaire d’Etat à l’eau, s’oppose aux projets.

La raison ? Marrakech accuse déjà un déficit de 60 millions de m3 par an et, d’ici 2016, sera en situation de grave pénurie. Las, Driss Jettou, Premier ministre, tranchera en faveur de l’investissement… quitte à brancher la ville ocre au Barrage d’Al Massira s’il le faut.

C’est bien beau les touristes – et les exportations d’agrumes – et les devises qu’ils rapportent à Bank al Maghrib, mais que ferons nous quand nous n’aurons plus d’eau? Et surtout les zones touristiques, qui sont paradoxalement en zones de stress hydraulique: Agadir (également zone du culture agrumicole), Marrakech, Ourzazate…

Et qui en parle?

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15 Réponses

  1. Alors, on pourrait dire que la pénurie en eau ne sera dans la tête des gens que trop tard. D’ailleurs, je ne comprend pas pourquoi on fait des parcours de golf alors qu’il y a pénurie en eau. Encore si on utilisait les eaux usées traitées pour ça.

    Pénurie d’eau, d’électricité qu’on aurait pu éviter il y a quelques années, non recyclage des déchêts car les simples citoyens n’y croient pas et pensent que c’est une caprice… Je deviens pessimiste.

  2. Lorsque l’on aura atteint une vraie situation de pénurie, le coût de la désalinisation de l’eau de mer deviendra alors compétitif. Il restera alors à adapter les réseaux de distribution et instaurer une tarification reportant le gros de la charge du coût sur les gros consommateurs de luxe.
    Je ne vois pas par quoi le Maroc pourrait substituer l’apport économique dans le cadre de son développement.

  3. emomo: le pb c’est que le gros de la consommation émane de l’agriculture et de l’irrigation en particulier…

    philco: la désalinisation? J’imagine qu’elle est consommatrice d’énergie, et si c’est pour alimenter irrigation et hôtels… l’apport économique reste à quantifier, et le coût environnemental est hélas irréversible…

  4. Le coût environnemental de la désalinisation reste très limitée. La consommation d’énergie par osmose inverse est faible.
    As-tu une solution de remplacement à l’industrie hôtelière au Maroc? Sacrifierais-tu le rythme de développement que procure ce secteur à un idéalisme écologique qu’impose psychologiquement des pays qui ont déjà produit leur développement et, somme toute, qui peut être réduit à des proportions tout à fait acceptables si il est bien pensé compte tenu de la nature de l’économie marocaine qui doit s’orienter vers toujours plus de service? Le Maroc ne produit pas la même nuisance que la Chine. De plus, dans les programmes de construction, la nature est prise en compte et jamais la cote marocaine ne ressemblera à la cote espagnole. Un projet important à Tanger a été, par exemple, arrêté pour non respect du degré de forestation du programme.

  5. Si tu ajoute aussi la tomate que tu importes en grains et que tu remplies en eau pour réexporter

  6. http://www.citoyenhmida.org/?s=l%27eau

  7. @Philco : Mauvais exemple. A Tanger, Achakar est en voie de deforestation. ceci dit, ce que tu avances est assez coherent. Par contre, ce qui manque au MAroc, c’est une vision globale en ce qui concerne le developement et l<environnement en integrant ces deux idees ds un meme et seul projet.

  8. @Reda
    Si tu connais le projet de Star Hill, au-dessus d’Achakar, tu verras que l’exemple est authentique. Des villas complètes ont été démolies et le projet est bloqué depuis plus d’un an malgré l’importance du promoteur.
    De toutes façons, il ne s’agit pas d’empêcher tout arrachement d’arbre mais bien d’en préserver la quantité nécessaire à l’équilibre naturel.

  9. "As-tu une solution de remplacement à l’industrie hôtelière au Maroc? " – si j’ai écrit un jour qu’il fallait dynamiter tous les hôtels au Maroc dans les 24 heures, crache moi au visage, mais je pencherai personnellement plutôt, de manière me semble-t-il rationnelle, vers la limitation des projets touristiques en région en situation de stress hydraulique, donc Marrakech et Agadir, avec démantèlement rapide des parcours de golf, réglementation sévère de l’arrosage et des forages de puits, rationnement de l’eau, etc…

    Mais évidemment, c’est à l’irrigation et à la consommation d’eau dans l’agriculture qu’il faut s’attaquer.

    Et tout le développement touristique au monde nous sera d’aucune utilité quand les coupures d’eau à Marrakech seront aussi fréquentes qu’à Alger – à moins que, comme ce qui est prévisible, les autorités décident d’un apartheid en faveur des touristes comme à Cuba et autres dictatures communistes…

  10. Peut-être pourras-tu m’éclairer sur la question suivante: en quoi l’eau puisée dans la nappe pour arroser un golf pourrait-elle être préjudiciable à cette même nappe si elle ne fait… qu’y retourner avec des pertes très minimes en terme d’évaporation?

    "Et tout le développement touristique au monde nous sera d’aucune utilité quand les coupures d’eau à Marrakech seront aussi fréquentes qu’à Alger – à moins que, comme ce qui est prévisible, les autorités décident d’un apartheid en faveur des touristes comme à Cuba et autres dictatures communistes…"
    On est loin de l’une et l’autre solution. Des systèmes d’épuration des rejets d’eau sont maintenant devenus obligatoires dans tous les hôtels et autres complexes touristiques à stocker dans des bâches pour resservir à l’arrosage, par exemple… ce qui revient à recharger la nappe, non?

  11. L’année dernière j’ai fait un tour au sud du Maroc qui m’a mené d’Agadir à Laayoune en passant par Tiznit, Aglou, Mirleft et Sidi Ifini.
    Je suis à 1000% d’accord avec Ibn Kafka.
    A Agadir le contraste est très saisissante quand on passe sur le pont construit sur Oued Souss, pardon les vestiges de Oued Souss !, [il n'y avait aucune goutte d'eau absolument aucune] et le golf d’Agadir verdoyant.
    Des coupures d’eau existent déjà dans cette ville. J’en ai discuté avec un cousin qui m’a dit la même chose que dans ton billet à savoir "le Maroc exporte de l’eau et n’ont pas des argumes". Et je signale, c’est d’ailleurs une chose que j’ai encore du mal à expliquer, que la région de Souss-Massa-Draa est la deuxième région agricole au Maroc !
    A Laayoune, le Oued Sakia Al Hamera était presque sec. Malgré cela, il y avait de l’eau dans les robinets toute la journée grâce au barrage Hassan II.
    Dans certains villages de l’anti-atlas, si tu demandes aux gens un litre de l’huile d’argan ils vous le donnent gratuitement. Mais, si tu demandes un verre d’eau il est probable qu’ils te jettent une pierre !!! J’exagère un peu mais franchement, je me demande comment ils font.
    J’ai appris cette année que même les villes telles Beni Mellal connaissent des coupures d’eau. Pourtant, elles ne se trouvent pas dans ce qu’on peut appeler des zones désertiques. Loin s’en faut.

    Il ne faut pas oublier non plus le rapport que les marocains ont avec l’eau. Un exemple parlant : c’est impressionnant de constater que les marocaines lavent le parterre avec autant d’eau ! J’ai jamais vu cela en Europe où la pluie est abondante et ce abstraction faite de la nature des parterres qu’on peut trouver en Europe (parquet ou autres).
    A titre d’exemple, en France, ils décrètent l’état de sécheresse avec toutes les restrictions que cela engendre dès que les niveaux des nappes phréatiques passent au dessous d’un certain niveau et même si l’année a été pluvieuse.

    Bref, le Maroc a intérêt a bien géré cette ressource précieuse qui devient de plus en plus rare. Les prochaines guerres auront pour cause l’eau. Leur prémisse existe déjà dans des régions telle le PO (les conflits entre la Turiquie, la Syrie Israel et d’autres pays pour le contrôle du fleuve le Jourdan l’attestent déjà).
    A défaut, tous les marocains deviendront des Soussis ! Ben oui ces étiquettes qui leur collent à la peau ont entre autres origines la nature de la région dont ils sont issus.

  12. @ IK & les lecteurs de ce blog,
    Navrée pour les fautes de frappe et d’inattention (pour ce com-ci et les autres aussi). Je ne sais pas pourquoi mais presque à chaque fois que je m’apprête à poster des coms chez toi on me colle un truc ou on m’appelle. Je ne relis presque jamais ms coms.
    Mea culpa :)

  13. Tout le maroc est à vendre, même à brader ,pour peu que les féodeaux rapaces se remplissent les poches.

  14. @ IK

    Tes observations concernant le dessalement de l’eau sont pertinentes et rejoignent les conclusions du CNRS émises il y a quelques années, qui sont toujours d’actualité.

    Selon le CNRS "les deux procédés les plus couramment utilisés pour dessaler l’eau sont la distillation et l’osmose inverse.
    L’inconvénient majeur de ces systèmes est qu’ils sont très coûteux et leurs installation peu rentables :
    Les quantités d’énergie nécessaires au chauffage ou à la compression de l’eau sont trop élevées, et les volumes d’eau produits trop faibles.
    L’utilisation de ces techniques de production d’eau potable reste donc encore très marginale. Seuls certains pays ne disposant que de très faibles ressources en eau mais suffisamment riches, comme le Koweït et l’Arabie Saoudite, utilisent le dessalement de l’eau de mer pour produire l’eau douce destinée à la consommation humaine." (fin de citation)

    Nous n’avons pas les ressources financières de ces pays là ….mais nous avons pris assez tôt conscience de l’importance de l’eau et on ne peut pas nier que feu Hassan II a été "clairvoyant" dans ce domaine avec sa politique des barrages.

    De mon point de vue donc, dans notre pays, la problématique ne réside pas tant dans la rareté de la ressource ou dans l’arbitrage pour son allocation entre les divers secteurs économiques.

    Car la rareté de l’eau n’est pas uniquement liée à un manque physique de la ressource mais elle est également due à un comportement "incivique" de la part de tous consommateurs (particuliers, entreprises, collectivités locales, etc.), à une insuffisance d’investissement dans la campagne (en équipements sanitaires, en stations d’épuration aux normes internationales, en technique du goutte à goutte, etc.),

    Mais surtout, elle est due à l’absence d’une stratégie claire qui maximise la "réutilisation" de l’eau et dans le même temps améliore sa productivité dans tous les secteurs économiques.

    Car, comment expliquer que les "repreneurs privés" (dont une partie d’européens) des exploitations agricoles cédées par la Société Etatique SODEA, réussissent à produire sur ces exploitations bien plus que ne le faisait la SODEA , dans des conditions de rentabilité meilleure ….et en consommant moitié moins d’eau !

    Et j’en parle en connaissance de cause.

  15. [...] “Le Maroc exporte de l’eau en Europe” (29 juillet [...]

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