Nostalgie coloniale ou cynisme impérial, Henri Guiano ou Henry Kissinger, le métèque est toujours en dehors de l’histoire

Vous vous rappelez le fameux – fumeux – discours de Dakar du président français Sarkozy, discours calamiteux rédigé par son calamiteux conseiller (la première syllabe est amplement suffisante) Henri Guiano, parfait marmiton du brouet de poncifs et lieux communs surannés qui tient lieu d’idéologie dite républicaine en France, dans lequel Sarkozy/Guiano avaient régurgité de fortes paroles et faibles idées (le terme est flatteur) qui n’auraient pas dépareillé dans une fin de banquet d’un mess des officiers des affaires indigènes de n’importe quel cercle militaire des terres méridionales que la France honora de ses bienfaits:

Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.

Jeunes d’Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l’esclavage comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu vous dire que votre déchirure et votre souffrance sont les nôtres et sont donc les miennes.

Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et au-delà de cette souffrance.

Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non d’oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.

Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l’avenir.

Je suis venu, jeunes d’Afrique, regarder en face avec vous notre histoire commune.

L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. On s’est entretué en Afrique au moins autant qu’en Europe. Mais il est vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants.

Ils ont pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils ont coupé vos pères de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l’Afrique.

Ils ont eu tort.

Ils n’ont pas vu la profondeur et la richesse de l’âme africaine. Ils ont cru qu’ils étaient supérieurs, qu’ils étaient plus avancés, qu’ils étaient le progrès, qu’ils étaient la civilisation.

Ils ont eu tort.

Ils ont voulu convertir l’homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu’ils avaient tous les droits, ils ont cru qu’ils étaient tout puissants, plus puissants que les dieux de l’Afrique, plus puissants que l’âmeafricaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la terre d’Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.

Ils ont eu tort.

Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.

Ils ont eu tort.

Ils ont créé une angoisse, un mal de vivre. Ils ont nourri la haine. Ils ont rendu plus difficile l’ouverture aux autres, l’échange, le partage parce que pour s’ouvrir, pour échanger, pour partager, il faut être assuré de son identité, de ses valeurs, de ses convictions. Face au colonisateur, le colonisé avait fini par ne plus avoir confiance en lui, par ne plus savoir qui il était, par se laisser gagner par la peur de l’autre, par la crainte de l’avenir.

Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.

Il a pris mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu féconde des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs.

Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais certains étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l’aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes bien plus lourdes, ils imposaient une servitude plus pesante, car c’étaient les esprits, c’étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l’amour sans voir qu’ils semaient la révolte et la haine.

La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution. (…)

Je suis venu vous dire que vous n’avez pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu’elles ne vous tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu’elles sont un antidote au matérialisme et à l’individualisme qui asservissent l’homme moderne, qu’elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l’aplatissement du monde.

Je suis venu vous dire que l’homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l’homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires.

Je suis venu vous dire que cette déchirure entre ces deux parts de vous-mêmes est votre plus grande force, et votre plus grande faiblesse selon que vous vous efforcerez ou non d’en faire la synthèse. Mais je suis aussi venu vous dire qu’il y a en vous, jeunes d’Afrique, deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l’Afrique et celle de l’Europe.

Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette part européenne de vous-mêmes forment votre identité déchirée.

Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, vous donner des leçons.

Je ne suis pas venu vous faire la morale.

Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne.

Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation et de la justice et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Car elle est l’appel à la raison et à la conscience universelles.

Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.

Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire.

Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé.

Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance.

C’est en fait tout ce calamiteux discours (il doit y avoir une stupidité ou incohérence par ligne, à vue de nez), moisi et pourri d’arrogance sentencieuse, d’essentialisme borné et suranné, de nostalgie irréductible et de crétinisme colonial qu’il faudrait citer – même les plus pusillanimes ont du se boucher le nez. L’accueil de la presse sénégalaise de l’époque, fût on s’en doute, guère conforme aux espérances de ce caricatural homme blanc campé par Sarkozy. Et plus le temps va, plus les réactions se sont affermies – fort heureusement. Ainsi, un ancien collaborateur de Léopold Sédar Senghor, Makhily Gassama, guère réputé pour sa francophobie, a-t-il pu parler du « vaste mensonge de la francophonie, cette honteuse escroquerie planétaire« . La réaction la plus remarquable fût celle de l’historien et penseur camerounais Achille Mbembe, aussi illustre dans les milieux universitaires et intellectuels anglo-saxons qu’il est inconnu en France:

Dans tous les rapports où l’une des parties n’est pas assez libre ni égale, le viol souvent commence par le langage – un langage qui, sous prétexte d’amitié, s’exempte de tout et s’auto-immunise tout en faisant porter tout le poids de la cruauté au plus faible.

Mais pour qui n’attend rien de la France, les propos tenus à l’université de Dakar sont fort révélateurs. En effet, le discours rédigé par Henri Guaino (conseiller spécial) et prononcé par Nicolas Sarkozy dans la capitale sénégalaise offre un excellent éclairage sur le pouvoir de nuisance – conscient ou inconscient, passif ou actif – qui, dans les dix prochaines années, pourrait découler du regard paternaliste et éculé que continuent de porter certaines des « nouvelles élites françaises » (de gauche comme de droite) sur un continent qui n’a cessé de faire l’expérience de radicales mutations au cours de la dernière moitié du XXe siècle notamment.

Dans sa « franchise » et sa « sincérité », Nicolas Sarkozy révèle au grand jour ce qui, jusqu’à présent, relevait du non-dit, à savoir qu’aussi bien dans la forme que dans le fond, l’armature intellectuelle qui sous-tend la politique africaine de la France date littéralement de la fin du XIXe siècle. Voici donc une politique qui, pour sa mise en cohérence, dépend d’un héritage intellectuel obsolète, vieux de près d’un siècle, malgré les rafistolages.

Le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar montre comment, enfermé dans une vision frivole et exotique du continent, les « nouvelles élites françaises » prétendent jeter un éclairage sur des réalités dont elles ont fait leur hantise et leur fantasme (la race), mais dont, à la vérité, elles ignorent tout. Ainsi, pour s’adresser à « l’élite de la jeunesse africaine », Henri Guaino se contente de reprendre, presque mot à mot, des passages du chapitre consacré par Hegel à l’Afrique dans son ouvrage La raison dans l’histoire – et dont j’ai fait, récemment encore et après bien d’autres, une longue critique dans mon livre De la postcolonie (pp. 221-230). (…)

J’ai en effet beau faire la part des choses. Dans le long monologue de Dakar, je ne trouve d’invitation à l’échange et au dialogue que rhétorique. Derrière les mots se cachent surtout des injonctions, des prescriptions, des appels au silence, voire à la censure, une insupportable suffisance dont, je l’imagine, on ne peut faire preuve qu’à Dakar et à Libreville, et certainement pas à Pretoria ou à Luanda.

C’est donc moins du ressassement allégué de la colonisation par « les » Africains que témoigne le discours de Dakar, que de la persistance des rapports post-coloniaux entre France et ex-colonies, comme l’écrit Boubacar Boris Diop:

Il est peut-être écrit quelque part qu´entre Paris et ses anciennes colonies d´Afrique noire rien ne doit se passer selon les normes admises par le reste du monde. La brève visite de Nicolas Sarkozy au Sénégal aurait pu passer inaperçue: elle lui a au contraire servi de prétexte à un discours inacceptable, que jamais il n´aurait osé tenir hors du pré-carré, devant le plus insignifiant de ses pairs. En Tunisie et en Algérie, il a bien compris qu´il ne lui serait pas permis de se comporter comme en pays conquis. Il n´a d´ailleurs pas eu droit au Maghreb à l´accueil populaire, folklorique à souhait et dégradant, qui lui a été réservé à Dakar. Dans cette atmosphère rappelant le temps des commandants de cercle, il a prononcé une sorte de discours sur l´état de l´Union… française, sans même qu´on puisse lui reprocher de s´être trompé d´époque. Car il ne faut pas s´y laisser prendre: bien qu’il ait prétendu s´adresser à l´Afrique entière, Sarkozy n´est pas naïf au point de s´imaginer que la voix de son pays porte aussi loin que Johannesburg, Mombasa ou Maputo.

L’écrivain malgache Jean-Luc Rahiramanana a quant à lui fait preuve de plus de modernisme dans sa réflexion que l’officier des affaires indigènes Sarkozy:

Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.
Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?
Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ?

L’auteur – plus au sens pénal du terme qu’au sens intellectuel – de cette régurgitation de complexe colonial, Henri Guiano, a tout récemment confirmé l’ampleur de son insondable bêtise en justifiant tout le mal qu’on pouvait penser de ses idées, si ce terme n’est pas trop fort: il n’a en effet rien trouvé de mieux pour justifier son affligeant texte de Dakar que de citer un écrit d’un penseur catholique français, Emmanuel Mounier, datant de 1947, afin de justifier son préjugé selon lequel l’Africain n’était pas dans l’histoire et donc en dehors de toute idée de progrès, en dehors des bienfaits que la présence – qu’en de termes délicats ces choses-là sont dites – coloniale aura réussi à faire germer dans les cerveaux de ces êtres si proches de la nature:

En 1947, Emmanuel Mounier partait à la rencontre de l’Afrique, et en revenant il écrivit : « Il semble que le temps inférieur de l’Africain soit accordé à un monde sans but, à une durée sans hâte, que son bonheur soit de se laisser couler au fil des jours et non pas de brûler les espaces et les minutes. » Raciste, Mounier ?

Eh bien, oui, raciste le brave Mounier:

« Médina, c’est d’abord, dans la rue, l’odeur du Noir. Vous avez la vôtre, votre odeur de Blancs, vous ne la sentez plus. Les Noirs disent que nous sentons le cadavre. Eux : elle est difficile à définir, cette odeur continentale, mais elle ne vous lâche pas et ce soir, je la retrouverai sur mes mains. Il faut éliminer les odeurs diffuses d’huile de palme et de piment, et l’odeur poivrée des parfums indigènes. Elle se glisse par-dessous, odeur paysanne de terre et de sueur, avec on ne sait quelle très sourde et âcre essence tout au fond. A Médina, il y a en plus, autour d’elle, l’odeur universelle de la misère »

Mais ne croyez pas que seule l’idéologie coloniale, particulièrement celle de la France, a pu produire ce type d’idéologie qui confirme bien la célèbre phrase d’André Gide « moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête« . En feuilletant le très intéressant « The Cold War and the Color Line » de Thomas Borstelmann, consacré aux liens entre l’abolition de l’apartheid aux Etats-Unis (légalement et constitutionnellement acquis en 1964) et la guerre froide (la nécessité ressentie par le gouvernement étatsuniend de combattre l’influence soviétique partout dans le monde, y compris en Afrique et en Asie, rendait soudainement délicate la politique d’apartheid pratiquée principalement mais pas exclusivement dans les Etats du sud des Etats-Unis), je suis tombé, page 233, sur ces fortes pensées du criminel de guerre étatsunien Henry Kissinger, qui aurait donné son nom à des jugements d’un tribunal pénal international s’il était serbe ou rwandais:

The Nixon administration had little interest in the rest of the nonwhite Third World. There an absence of pwer dovetailed with darker skins and different cultures to put off men of Washington. Kissinger was sometimes quite blunt about this lack of interest. He told Foreign Minister Gabriel Valdés of Chile, « Nothing important can come from the South. The axis of history starts in Moscow, goes to Bonn, crosses over to Washington, and then goes to Tokyo« . Valdés interjected, « Mr. Kissinger, you know nothing about the South« . The national security adviser answered: « No, and I don’t care« .

Les grands esprits se rejoignent!

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14 Réponses

  1. Une idée farfelue (!) : et si les politiques laissaient l’histoire aux historiens…

  2. Sarko en Afrique = Tintin au Congo !

  3. @une marocaine : je pense que le racisme n’ai pas lié au fait d’être historien ou politicien, c’est une maladie que tout le monde peut attrapé, elle est aussi contagieuse parfois même héréditaire et elle n’a qu’un seule remède : l’ouverture d’esprit !
    je dit ça parce que j’ai ressentit que tu essais de chercher des excuses à cette occident qui a attrapé cette maladie depuis des siècles et qui a du mal à s’en sortir, moi je vis en France depuis juste une année, et ça m’a suffit pour bien connaitre l’étendu du mal!!

  4. Dire que même l’Italie de Don Berlusconi essaie aujourd’hui de se faire pardonner son passé colonial auprès de la Lybie, pour signer un accord historique, avec à la clef 5 milliards de dollars de dédomagement sonnants et trébuchants, en 25 ans.
    A côté, la France de Sarkozy fait piètre figure ; et lui, lui, me donne l’impression d’un petit, mais alors un tout p’tit napoléon, une figure, montée sur pile-électrique, vestige d’un archaïsme survolté.

  5. Il est clair que ce discours prononcé par Monsieur Sarkozy ne peut qu’irriter aussi bien dans sa forme que son contenu.
    Le paternalisme du blanc postcolonial ne peut être toléré.

    Je ne sais pas si vous avez remarqué que le discours sarkozien change d »un pays africain à l’autre. Il ne peut pas prononcer ce genre de discours à partir d’un pays Nord africain. Mais en bon néocolonialiste, il se permet de donner des leçons à son pré carré excolonial de l’afrique de l’Ouest. Il a déjà récidivé auparavant au Mali avec la même tenneur et les mêmes idées.

    Ceci dit, si on prend uniquement le Maghreb comme exemple, les pays qui le composent n’ont pas la même approche lorsqu’il s’agit d’évoquer le passé colonial.

    Le Maroc a déjà réglé le problème et a tourné très vite la page pour avoir des relations normales avec l’ex-colonisateur. Il a aussi fait son bilan de colonisation, bâclé à mon goût. Il y a encore beaucoup de choses à analyser et mettre en lumière pour la période coloniale. Si certains parmi vous qui veulent des références bibliographiques, je peux en fournir.

    L’algérie n’a pas encore fait son bilan. Elle a fait de la violence coloniale et le rejet de l’ex-colonisateur l’un des éléments principaux de l’identité politique algérienne.

    Entretenir ce passé colonial sans l’étudier dans le cas algérien, parait d’une malhonnêteté douteuse. Probablement, les dirigeants algériens, s’accrochent à ce passé colonial pour tenter d’asseoir une certaine légitimité politique et historique qui leur fait défaut.
    La repentance réclamée à la France va aussi dans le même sens d’entretenir ce passé colonial qui devient un fonds de commerce des anciens moujahidine du FLN au pouvoir.

    Quant à la Lybie, et d’après les récentes informations, elle a trouvé un accord avec l’Italie qui est prête à reconnaître les méfaits de la colonisation avec dédomagement en plus.
    En tout cas, ce discours sarkozien montre que la France est irritée par cette période et elle ne veut plus en entendre parler.

    Ps ; je suis d’accord avec une marocaine que l’histoire coloniale est l’affaire des historiens et des spécialistes des siences humaines qui doivent continuer la recherche en dépouillant les énormes archives militaires et diplomatiques Il y a encore beaucoup de choses à dépoussiérer.

  6. @ marocain fier,
    Avant de te répondre sur ce sentiment que tu as eu à mon sujet, j’ai quelques remarques sur ton com :
    1- « elle est aussi contagieuse parfois même héréditaire »
    —> T’es sérieux ? Avancer une telle chose c’est être d’accord avec le déterminisme génétique.
    Si je m’attache à l’approche culturelle c’est justement pour ne pas être pour le déterminisme surtout quand il s’agit de sujets qui ne sont pas encore tranchés par la génétique.
    2- « tu essais de chercher des excuses à cette occident qui a attrapé cette maladie depuis des siècles et qui a du mal à s’en sortir »
    —> parce que tu trouves que c’est une exclusivité ou spécialité occidentale ?!

    Voici ma réponse à ton sentiment :
    Détrompe-toi. Je ne cherche d’excuses à personne.
    Quand les politiques s’immiscent dans l’histoire ça n’apporte rien de bon. Y a qu’à voir ce que cela à créer en France entre la loi sur la Shoah, celle du génocide arménien, celle sur l’esclavage etc… La guerre des mémoires est ouverte. Chacun réclame sa part de compassion !

    Sinon, « fik ma ye9era » ? Si c’est le cas voici quelques liens où tu peux lire ce que je pense de certaines affaires qui ont alimenté l’actualité française. Ca te donnera une idée PARTIELLE du regard que je porte sur la France.

    com 8 & 11 & 20 & 25 :

    http://www.larbi.org/post/2007/04/09/347-monsieur-le-ministre-azouz-begag#comments

    com 13 & 16 & 31 particluièrement les 40 & 43 & 59 :

    http://www.larbi.org/post/2007/01/03/305-soupe-discriminatoire#comments

    En outre :
    1- je n’ai jamais blairé Sarko avant même son élection et ça n’a fait que se confirmer après celle-ci, pour plusieurs raisons entre autres son arrivisme et sa versatilité flagrante. Un homme politique qui n’a pas de cap n’en est pas un. C’est tout juste si c’est une caricature.
    2- la France a un travail à faire sur son histoire coloniale. A titre de comparaison, Londres compte son musée de la colonisation depuis belle lurette, en France ça ne fait que quelques années qu’il a ouvert ses portes à Paris et dans la douleur et les souffrances ! Si la France a tardé à le faire c’est en GRANDE partie lier 1- à sa politique coloniale différente de celle anglaise différences culturelles obligent (l’approche culturelle en revient encore et tjrs) 2- sa culture qui sur ce sujet précisement (la colonisation) est dogmatique ses fameuses valeurs républicaines « liberté – égalité – fraternité » qui ne sont pas tjrs mises en application.

    Pour finir, je prépare un billet sur justement le rapport de la France à son histoire et sa mémoire. C’est un extrait d’une interview que j’avais lue dans le magazine « marianne » N°591 avec un historien italien (Emilio Gentile) intitulée « le rapport à l’histoire et à la mémoire ». Le temps que je termine de le retranscrire, il sera publié la semaine prochaine tu comprendras mieux pourquoi j’ai écrit dans mon premier com « Et si les politiques laissaient l’histoire aux historiens… »

    Sur ce, bonne nuit.

  7. @al-maghribi

    La Lybie a tourné la page de la colonistation….moyennant 5 milliards de dollars US

  8. @ marocain fier,
    Au delà de ce sujet :
    « La morale non complexe obéit à un code binaire bien/mal, juste/injuste. L’éthique complexe conçoit que le bien puisse contenir un mal, le mal un bien, le juste de l’injuste, l’injuste du juste » Edgar Morin.

    Sinon, pour ce qui est de ton com je t’ai répondu hier, mais apparemment il n’est pas arrivé à bon port. Les voies de l’informatique sont impénétrables !

  9. @une marocaine:
    je m’excuse si tu t’es senti par mon com, et je pense que t’as pas très bien reçue mon message:
    1. quand j’ai parlé de l’aspect héréditaire du racisme c’était à l’échelle de la société et non pas de l’individu, càd que c’est une maladie qui se peut être transmit de génération en génération, et donc pour l’exterminer il faut mettre l’effort pour réformer le système éducatif encadré les Médias…
    quand j’ai parler de ça j’avais à l’esprit les jeunes générations en Europe qui ont voté droite ( il faut plutôt dire d’extrême droite dans une Europe ou la gauche penne à rebondir). c’était donc une métaphore dans le même sens ou j’ai considéré le racisme comme maladie social.
    2. l’occident ne fait pas l’exclusivité ni la spécialité c’était dans le contexte du billet qui parlais de la France en particulier , la France qui appartient à mon avis à un bloc idéologique qui partage les même références et les même intérêts qu’on peut appeler occident. sinon pour moi le racisme fait partie de la nature humaine, chacun de nous peut ressentir ce sentiment, ça fait partie du coté animal de l’homme comme tant d’autres sentiments et comportements. ce que je reproche par contre à l’occident, c’est cette arrogance à l’égard des autres nations, c’est la déformation de l’histoire pour ne garder que le coté pays des lumières de raison et d’humanisme, et qui refuse d’assumer son coté sombre !
    3; je pense aussi que le fait de déformer l’histoire n’ai pas une exclusivité des politiques (fik mate9ray? « Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l’Europe chrétienne » de Sylvain Gouguenheim ), les orientalistes et de les idéologues du pré-impérialiste en est l’exemple.

    j’aime bien ta citation (au-delà du sujet) :
    mais sachez que je ne suis pas un adepte de la théorie du bien et du mal, je sais aussi bien que toi qu’on peut pas mettre tout le monde dans le même panier.
    néanmoins, dans un pays démocratique la politique de l’état reflet généralement l’image de la société. A partir du moment ou on vote le Pen au premier tour, ou Sarko a besoin de remaquiller des idées racistes lepeniste pour gagner les élections, ou en Italie on vote la ligue du nord et on expulse les roms comme des chiens, ou on Espagne on impute les échecs économique sur l’immigration …
    à partir de ce moment on peut dire que le Racisme est un phénomène de société en Europe!

  10. @ marocain fier,
    Autant pour moi. A mon tour de présenter des excuses :)

    Sinon, fiya maye 9era :) J’avais déjà entendu parler de ce livre. Des révisionnistes y en aura tjrs. Mais, ce Sylvain Gouguenheim ne représente pas la tendance générale des universitaires qu’ils soient français ou européens.

    La tendance « droite toute » s’explique plus par des raisons économiques et idéologiques, je parle de la gauche en mal de repères depuis la chute du mur de Berlin. Elle a de plus en plus mal, les degrès diffèrent d’un pays européen à un autre, à proposer une alternative sérieuse au capitalisme triomphant.
    Quand l’économie n’est pas au top le repli sur soi prend place et on pointe du doigt l’étranger comme cause de tous les maux. C’est vieux comme le monde.
    Reste qu’il n’est pas sain voire même dangereux que les politiques s’aventurent là où ils n’ont rien à faire.

    Bon, Ramadan mobarak said besse7a o salama o lehena o matemenawe :)

  11. Le discours pronnocé par Sarkosy n’est ni bon ni mauvais, il ne relève que de la politique politicienne.
    Audela de la demande de répentir ou dédomagement les peuples d’Afrique doivent etre capables de digérer l’histoire et de réagir en conséquence pour sortir de l’immobilisme qui pérdure et se justifie plus que ne le voudraient les mefaits du colonialisme.
    Existe t-il au monde un état qui n’a jamais été colonisé?
    Existe t-il au monde un état qui n’a jamais été colonisateur?
    Alors ou est le problème?

  12. Le problème MG, ce sont des gens qui parlent pour ne rien dire, ou alors n’importe quoi…
    Si j’ai bien compris, détrompez-moi si je me trompe: les peuples d’Afrique ne sont pas capables de digérer l’histoire, de sortir de l’immobilisme…
    Entre parenthèse, les peuples d’Europe ont-ils digérér l’histoire et sorti de l’immobilisme, si ce n’est de la rgéression comme le démontre Sarkozy 1er dans ce discours.
    Sous pretexte que tous les Etats ont colonisé un jour (ce qui reste à démontrer), voilà qu’il faut oublier des decennies de colonialisme (des siècles pour d’autres), précdédés et suivis par des chamboulement de fond.
    Digérer l’histoire, c’est aussi regarder lucidement les choses, et avec le « Blanc » dans le blanc des yeux, pour lui dire : Change de discours.

  13. Tu fais surgir un faux problème Aicha Qandicha, tu mets Sarkosy au centre des problèmes du monde, tu le glorifie de la sorte!

  14. Guaino ne reste qu’un scribe abruti en CDD à l’Elysée.
    Kissinger justifierait à lui seul la création d’un nouveau TPI.

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