Le Maroc à l’assaut de la Silicon Valley

"Le Maroc dispose de toutes les conditions requises pour la création d’une «Silicon Valley», une structure de fertilisation des idées innovatrices de progrès et de développement socio-économique". Daniel Rouach, in Le Reporter du 25 septembre 2008.

Exact. Soyons tout de même objectifs: il faudra tout de même songer à s’occuper sérieusement des ftours qui déboulent et des petits malins.

Addendum: 7didane avait déjà évoqué la question.

Abbas watch: "la démocratie au Maroc en est arrivée à un point de non-retour"

Merci à Najlae, qui m’a fait découvrir un grand moment de philosophie politique, avec l’entretien d’Abbas el Fassi accordé à Jeune Afrique. Passée la difficulté de parodier ce qui est en soi une auto-parodie, voici néanmoins quelques morceaux choisis, outre celui relevé par Najlae:

Pourquoi dès lors a-t-il fallu un mois de tractations et de conciliabules pour former ce gouvernement ?
Il n’y a rien eu de tel. Sa Majesté m’avait dit : « Pas plus de trente ministres. » Au bout de vingt-quatre heures, l’organigramme était prêt. Sans doute a-t-on voulu attendre, pour annoncer le gouvernement, les décisions délibératives des partis de la future coalition et l’ouverture du Parlement. Pour le reste, je le répète : tout est passé par moi. Les instructions du roi en ce sens étaient claires et ceux qui ont voulu me court-circuiter se sont heurtés à un mur.

"Tout est passé par moi" – sauf les ministères dits de souveraineté, concept qui n’a aucune base constitutionnelle:

Un an après votre nomination, ne faites-vous pas le constat quotidien de la singularité – et de la difficulté – d’être le Premier ministre d’un roi qui règne mais qui gouverne aussi ?
Non. Pour une raison très simple. Sa Majesté respecte à la lettre la Constitution, et particulièrement ce qui concerne les prérogatives du Premier ministre, pour lesquelles nous nous sommes battus lorsque nous étions dans l’opposition. Je jouis donc de tous les attributs constitutionnels de ma fonction. Bien entendu, le Maroc n’est pas l’Angleterre. Le roi préside le Conseil des ministres, lequel avalise ou peut émettre des réserves à propos des décisions du Conseil de gouvernement, que je dirige chaque semaine. Je constate avec satisfaction que jamais Sa Majesté n’a renvoyé un seul texte adopté en Conseil de gouvernement, ce qui pourtant entre dans ses prérogatives.
Bien entendu, comme cela se passe en France ou aux États-Unis, par exemple, le souverain a ce que l’on appelle le domaine réservé, plus particulièrement la diplomatie, la défense, la sécurité et les affaires religieuses. Je n’en suis pas tenu à l’écart pour autant. J’y suis associé et demeure toujours informé des grandes décisions.

Toujours informé des grandes décisions, comme chaque lecteur attentif de la presse nationale en somme…

Le hasard faisant bien les choses, Abbas dit n’avoir eu aucune objection à l’encontre des ministres "du Palais", et présente les prérogatives constitutionnelles du Premier quant à la formation de son gouvernement comme une simple courtoisie:

(…) En réalité, même lors du choix des ministres de souveraineté, le roi a eu la courtoisie de me consulter et de recueillir mon avis.

Si vous aviez exprimé une réticence concernant tel ou tel de ces « ministres du Palais », le roi vous aurait-il suivi ?
Je le pense, mais le cas ne s’est pas présenté.

Ca tombe bien, car ses objections contre la composition du gouvernement ont un poids relatif – il n’a ainsi pas pu imposer au Roi la création d’un poste de secrétaire d’Etat à la jeunesse:

Dès le départ pourtant, on a dit : « C’est le roi qui a formé votre gouvernement »…
Faux. La Constitution stipule que le roi nomme les ministres sur proposition du Premier ministre, et c’est exactement ce qui s’est passé. Prenons le cas de mon parti, l’Istiqlal. Sa Majesté a entériné à la fois les portefeuilles et l’identité des détenteurs que nous lui avons proposés. Tous, sauf un. Je souhaitais, pour des raisons d’efficacité politique, la création d’un secrétariat d’État à la Jeunesse rattaché au ministère de la Jeunesse et des Sports, confié à Nawal el-Moutawakil. Cette option n’a pas été retenue.

L’illusioniste est la première victime de ses illusions:

Jouez-vous un rôle dans les affaires extérieures du Maroc ?
Assurément. J’ai représenté Sa Majesté dans divers sommets, et, tout récemment, le souverain m’a chargé de recevoir la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, lors de sa visite à Rabat. Rassurez-vous : je ne me sens nullement marginalisé. Le roi tient à ce que tous les chefs d’État qui viennent au Maroc reçoivent son Premier ministre. Qu’il s’agisse du président Sarkozy, du roi Abdallah II de Jordanie…

S’il n’est pas marginalisé donc, ce n’est pas en raison de son rôle intrinsèque dans la formulation de la politique étrangère marocaine, mais parce que "le Roi tient à ce que tous les chefs d’État qui viennent au Maroc reçoivent son Premier ministre".

Sinon, il est lucide: "Sa Majesté est seule maîtresse de son agenda", y compris lorsque cet agenda touche le Conseil des ministres.

Le Conseil des ministres, présidé par le roi, ne s’est tenu cette année qu’en juillet. Six mois sans décision exécutive, n’est-ce pas gênant ?
Ni le gouvernement ni le Parlement n’ont chômé. Pour le reste, Sa Majesté est seule maîtresse de son agenda. Je pense maintenant que le Parlement aura suffisamment de projets et de propositions de lois pour légiférer pendant les deux prochaines sessions.

Sa lucidité sur le pouvoir royal englobe également la constitution du gouvernement – il donne au passage un certificat de bonne vie et moeurs au PJD:

Autre congrès, réussi celui-là, celui des islamistes du Parti de la justice et du développement [PJD]. C’est aussi votre opinion ?
Oui. Le PJD est un parti démocratique dont l’islam est la référence essentielle, mais non exclusive. C’est devenu un parti comparable aux autres, qui respecte la Constitution et la légalité.

Le PJD peut-il être un parti de gouvernement ?
Je le crois, oui.

Vous ne verriez donc pas d’obstacle à gouverner avec des ministres islamistes ?
Personnellement, je ne vois pas d’obstacle de principe. J’ajoute que Sa Majesté a évidemment le dernier mot tant sur le choix des membres du gouvernement que sur la constitution de la coalition gouvernementale. Et puis, il faudrait aussi une délibération de la Koutla et des autres composantes de la majorité.

Par contre, il semble fâché avec les chiffres, en prétendant que l’Istiqlal aurait 270.000 adhérents (à titre comparatif, deux fois plus que le PS français, beaucoup plus que le Labour britannique), soit un ratio d’un adhérent pour deux électeurs (l’Istiqlal a obtenu 494.256 voix dans le scrutin pour les listes locales, et 480.561 dans le scrutin pour la liste nationale), alors que le ratio équivalent pour le PS francçais en 2007 était d’environ un adhérent pour trente/quarante électeurs:

L’Istiqlal, c’est combien de divisions ?
L’Istiqlal est le premier parti du Maroc. Nous avons 270 000 adhérents. Le deuxième parti a 60 000 membres [l’USFP, NDLR].

Et Abbas El Fassi nous fait le récit des masses de militants qui le supplient de se représenter à la tête du parti au prochain congrès alors même que les statuts l’en empêchent:

(…) Certes, je vois que la grande majorité des militants et des différentes instances du parti souhaite que je continue à diriger l’Istiqlal. Mais une chose est sûre : je ne ferai pas campagne.

Que vous disent les militants ?
Ils ont beaucoup de mal à admettre que le secrétaire général qui, pour la première fois depuis cinquante ans, a fait accéder leur parti à la primature ne soit pas réélu sous prétexte que les statuts l’interdisent. À leurs yeux, ce serait une sanction et un désaveu incompréhensibles. C’est leur raisonnement, il n’est pas moins respectable qu’un autre.

Ne pas faire campagne, voilà là le type de promesse qu’on aimerait voir plus souvent dans la bouche des dirigeants de partis…

Mais il revient vite aux fondamentaux de la vie politique marocaine:

Comment qualifier votre relation avec le roi ?
Excellente, fluide, empreinte de respect mutuel. Je fais tout pour être à la hauteur de la confiance royale, comme je fais tout pour être à l’écoute du Parlement. Les échanges téléphoniques entre le roi et moi sont réguliers et il arrive qu’il me reçoive.

Quels conseillers du Palais voyez-vous le plus souvent ?
Abdelaziz Meziane Belfqih, Mohamed Moatassim, Zoulikha Nasri…

Mohammed VI est-il un souverain communicatif ?
Tout à fait. J’ai d’ailleurs toujours en poche un téléphone avec un numéro spécial, qui lui permet de m’appeler à tout moment.

On relèvera là deux circonstances inouïes, inconnues des pays de l’hémisphère nord: il arrive que le chef de l’Etat reçoive le premier ministre, et ce dernier à un téléphone mobile qui permet au premier de l’appeler à tout moment. Si après ça des islamo-gacuhistes prétendent que la démocratie au Maroc en est arrivée à un point de non-retour, c’est à en désespérer de la nature humaine…

Cerise sur le couscous, le dossier social:

Vous avez promis d’être un Premier ministre social. Êtes-vous satisfait de votre bilan en ce domaine ?
Oui. Comment ne pas l’être …

Mais à chaque fois qu’on se croit arrivé au sommet, ba Abbas explose le zénith et défonce le summum:

Vous avez manifestement une relation difficile avec la plupart des médias marocains. Vous l’avez dit vous-même : « Je n’ai pas eu d’état de grâce. » En dehors de la presse istiqlalienne, les journaux ne vous ménagent pas. Pourquoi ?
Je ne sais pas. Je cherche. Peut-être y a-t-il, du côté des organes proches de l’opposition, d’une certaine gauche, une sorte de rancœur historique ou idéologique à l’encontre de mon parti. Peut-être aussi que ma personnalité et ma réussite dérangent ceux qui n’ont pas eu le même parcours que moi.

Et ça continue:

Premier ministre, c’est le couronnement de votre carrière ?
Évidemment. Mais je dois ajouter que je ne l’ai pas cherché. Je ne suis que le produit de la logique démocratique et de la volonté du roi.

Faut-il vous croire ?
Absolument. Tous les postes que j’ai occupés, bâtonnier de l’ordre des avocats de Rabat, ministre, ambassadeur, à nouveau ministre, secrétaire général, Premier ministre, me sont arrivés sans que je les aie demandés : c’est mon destin, et je rends grâce à Dieu.

S’il était logique que le roi choisisse son Premier ministre dans les rangs du parti sorti vainqueur des législatives, il n’était pas obligé de vous choisir vous.
Cette idée selon laquelle un autre Istiqlalien que le secrétaire général pouvait être désigné à la primature n’a existé que dans certains journaux. Je suis travailleur, pour la justice, et certains auraient sans doute préféré quelqu’un d’hésitant et de mollement consensuel. Un journal a même titré : « Tout sauf lui. » Heureusement, ce ne sont pas ces journalistes qui dirigent le Maroc ou nomment les Premiers ministres et les ministres.

Sa carrière, son destin? Le nôtre aussi, hélas…

Et pour clore ce feu d’artifice:

Comment se déroule une journée de travail ordinaire d’Abbas El Fassi ?
Je suis au bureau à 9 h 30. J’y travaille jusqu’à 13 h 30. Je déjeune chez moi, je me repose un peu, puis je retourne à la primature jusqu’à 19 heures. Après le dîner, je signe des parapheurs à la maison, puis je réfléchis sur ce qui va et ne va pas au Maroc. Je note mes pensées sur un petit carnet, tel dossier à ne pas oublier, tel cas à résoudre, et je prépare la journée du lendemain. Je ne me couche pas avant minuit, parfois minuit et demi. En août, j’ai pris cinq jours de vacances sur les dix jours prévus. Vous voyez, je n’arrête pas.

J’ai fait mes comptes: il arrive au boulot à 9.30, rentre bouffer et roupiller à 13.30, repart au boulot sans doute vers 15.00, et rentre chez lui vers 19.00. Ca doit faire en gros 7h30 de travail par jour – allez, disons huit heures si on y inclut sa réflexion et son petit carnet. Je connais des secrétaires à la primature qui ont des journées de travail plus longues…

Mur des lamentations: Après Jamel, Rachida

Les people franco-marocains aiment décidément le Mur des lamentations. Après Jamel, et Sofia qui se contenta du Trocadéro, c’est au tour de la peoplette Rachida de plaire aux Israëliens – qu’ils la gardent!

Les Israéliens sont agréablement surpris de constater qu’un ministre français d’origine arabe leur manifeste sa sympathie, explique Frédéric Encel, maître de conférences à Sciences Po Paris.

On notera également son sens de la mesure et de l’humilité:

«Que les responsables israéliens me consultent, moi, ce n’est pas rien», a- t-elle expliqué, en forme d’encouragement, à la dirigeante d’une organisation non-gouvernementale qui se désespérait de la situation politique.

La sarkozette Rachida a connu un franc succès auprès de la presse israëlienne. Pas étonnant, quand on lit ceci:

"As soon as I was appointed to office, I received an invitation to visit Israel. Now I have the chance," she said, her sympathy toward Israel a sharp contrast to her predecessors’ attitude.

"It’s hard to remain indifferent to Israel," she explained. "It is spiritual, democratic, free. In fact, it has a fine democracy. Nobody restricted my objectives for this visit. I had a sense of freedom."

"I think Israel itself has always been a varied, multicultural society. In Europe, it is reflected only through the conflict. But that’s not what interests me, but rather the human aspect."

Comme l’écrit Marianne, pourtant peu farouche à l’encontre d’Israël:

Bref, notre ministre de la Justice est la Lady Di du conflit israélo-palestinien.

Mais en fait, non. Sa vision du conflit israëlo-palestinien doit plus à Sharon, Barak ou Netanyahou qu’à Lady Di ou Mère Teresa:

"On ne discute pas avec le terrorisme, on le combat", a affirmé dimanche la ministre française de la Justice, Rachida Dati, lors d’une conférence à l’Institut interdisciplinaire d’Herzlya, près de Tel-Aviv.
La ministre, actuellement en tournée dans la région, a ajouté que "les Palestiniens doivent renoncer à la violence".
Devant un auditoire de plus de 200 personnes réunies dans cette université privée, Mme Dati a également souligné qu’"Israël doit traiter le peuple palestinien avec justice".
"Il n’y aura pas de paix au Proche-Orient sans égalité des peuples. La France veut y contribuer. La sécurité du peuple israélien passe par le dialogue avec le peuple palestinien. C’est l’avenir du monde qui est en jeu dans cette région", a conclu la ministre.

Résumons: 1- Le terrorisme (palestinien, car il ne semble pas que Dame Dati reconnaisse le terrorisme d’Etat) doit être combattu sans négociations;
2- les Palestiniens – pas les Israëliens – doivent renoncer à la violence;
3- c’est pour assurer leur propre sécurité, et non au regard du droit des Palestiniens à avoir un Etat, que les Israëliens doivent dialoguer avec Israëlles Palestiniens.

J’ai raté quelque chose, ou Rachida serait en train de dépasser ould Bejaad sur sa droite?

Mais ne soyons pas aveuglés par notre antisionisme – elle a fortement soutenu la cause palestinienne, à sa façon:

Salaheddine Mezouar nominé pour le Prix Nobel d’économie


C’est officiel: Salaheddine Mezouar, ministre des finances, fait partie de la short-list établie par l’Académie royale (suédoise) des sciences. C’est bien évidemment l’ensemble de son oeuvre qui lui vaut ce privilège, mais surtout sa récente théorie sur la baisse boursière au Maroc:

Pour lui, la brutalité de la baisse sur des volumes limités vient des «investisseurs qui se sont fait peur en discutant après le f’tour, en imaginant que la crise mondiale allant aussi débouler au Maroc»

Faites un geste pour la bourse de Casablanca, sautez le ftour! La patrie, le ministère des finances et les actionnaires de la bourse de Casablanca vous en seront reconnaissants.

"Shoot, a fella could have a pretty good week-end in Kandahar with all that stuff!"

Une traduction d’un tract des Talibans, ou de la branche texane du parti républicain, je ne me rappelle plus très bien:

We believe that the practice of homosexuality tears at the fabric of society, contributes to the breakdown of the family unit, and leads to the spread of dangerous, communicable diseases. Homosexual behavior is contrary to the fundamental, unchanging truths that have been ordained by God, recognized by our country’s founders, and shared by the majority of Texans

We urge more stringent legislation to prohibit all pornography including virtual pornography and operation of sexually–oriented businesses

We oppose sale and use of the dangerous “Morning After Pill"

We support raising the age of consent for consensual sex to 18 years

Texas Sodomy Statutes – We oppose the legalization of sodomy. We demand that Congress exercise its authority granted by the U.S. Constitution to withhold jurisdiction from the federal courts from cases involving sodomy.

Sex Education – We recognize parental responsibility and authority regarding sex education. We support policies that mandate parental notification and consent before any sex education program is presented to their child. Parents must be given an opportunity to review the material prior to giving their consent. We oppose any sex education other than abstinence until heterosexual marriage.

School Health Care – We urge legislators to prohibit reproductive health care services, including counseling, referrals, and distribution of condoms and contraception through public schools.

Sexual Assault – Punishment options for rape should include death. Adults convicted of sexual molestation of a minor should receive mandatory prison sentences without probation or parole. We support increasing the penalty for failure to report child sexual assault cases, and we urge vigorous prosecution of such failure. We urge the Legislature to eliminate from the child sexual assault law the “affirmative defense” when there is less than 36 months of age difference.

Addictive Behaviors – We encourage state and federal governments to severely prosecute illegal dealers and manufacturers of addictive substances and pornography. We urge Congress to discourage export of such substances into our country. Faith based rehabilitation programs should be emphasized. We oppose legalization of illegal drugs. We support an effective abstinence-based educational program for children. We oppose any “needle exchange” program. We urge vigorous enforcement of our DUI laws.

Ils n’en ont pas que pour le sexe:

We call for abolition of the U. S.Department of Education

Right To Keep and Bear Arms – We urge the Legislature and Congress to repeal all laws that infringe on the right to bear arms, and to reject any monitoring of gun ownership, and all excessive taxation or regulation of guns and ammunition.

We support school subjects with emphasis on Judeo-Christian principles upon which America was founded and which form the basis of America’s legal, political and economic systems

We support objective teaching and equal treatment of strengths and weaknesses of scientific theories, including Intelligent Design. We believe theories of life origins and environmental theories should be taught as scientific theory, not scientific law

We urge the Legislature and Congress to repeal all laws that infringe on the right to bear arms, and to reject any monitoring of gun ownership

As America is a nation under God founded on Judeo-Christian principles, we affirm the constitutional right of all individuals to worship in the religion of their choice

We affirm that the public acknowledgment of God is undeniable in our history and is vital to our freedom, prosperity and strength. We pledge our influence toward a return to the original intent of the First Amendment and toward dispelling the myth of separation of church and state

Ten Commandments – We oppose any governmental action to restrict, prohibit, or remove public display of the Decalogue or other religious symbols.

Family and Defense of Marriage – We support the definition of marriage as a God ordained, legal and moral commitment only between a natural man and a natural woman, which is the foundational unit of a healthy society, and we oppose the assault on marriage by judicial activists. We call on the President and Congress to take immediate action to defend the sanctity of marriage.

Classroom Discipline –We recommend that local school boards and classroom teachers be given more authority to deal with disciplinary problems. We urge the Legislature, Governor, Commissioner of Education and State Board of Education to remind administrators and school boards that corporal punishment is effective and legal in Texas.

Traditional Principles in Education – We support school subjects with emphasis on Judeo-Christian principles upon which America was founded and which form the basis of America’s legal, political and economic systems.

Religious Freedom in Public Schools – We urge school administrators and officials to inform Texas school students specifically of their First Amendment rights to pray and engage in religious speech, individually or in groups, on school property without government interference. We support and strongly urge Congress to pass a Religious Freedom Amendment, which provides: “Neither the United States nor any State shall prohibit student–sponsored prayer in public schools, nor compose any official student prayer or compel joining therein.” We urge the Legislature to end censorship of discussion of religion in our founding documents, and encourage discussing those documents.

Theories of Origin – We support objective teaching and equal treatment of strengths and weaknesses of scientific theories, including Intelligent Design. We believe theories of life origins and environmental theories should be taught as scientific theory, not scientific law. Teachers and students should be able to discuss the strengths and weaknesses of these theories openly and without fear of retribution or discrimination of any kind.

Federal Tax Reform – Federal tax reform is required and any reform should support free enterprise, economic growth, be simple and fair and support job retention in the United States. The Internal Revenue Service is unacceptable to U. S. taxpayers! We urge that the IRS be abolished and the Sixteenth Amendment to the U.S. Constitution be repealed. We further urge that the personal income tax, alternative minimum tax, inheritance (death) tax, gift tax, capital gains, corporate income tax, and payroll tax be eliminated.

Global Warming – We oppose taxes levied and regulations imposed based on the alleged threat of global warming.

Minimum Wage – We believe the Minimum Wage Law should be repealed.

Legal Immigration – One nation, one flag, one language, one loyalty

America is a country of immigrants, we should insist that any immigrant who comes here in good faith becomes an American and assimilates himself/herself to the United States. He/she shall be treated on an exact equality with everyone else. This is predicated upon the fact that the person is in every facet an American, and nothing but an American. There can be no divided allegiance. Anyone who says he is an American, but something else also, isn’t American at all. We have room but for one flag, the American Flag. We have room for but one language here and that is the English language. We have room for but one sole loyalty and that is loyalty to the American people. (Teddy Roosevelt, 1907)

Illegal Immigration – No amnesty! No how. No way.

Support of Our Armed Forces – We encourage all Americans to support the brave and patriotic men and women of our armed forces. They should be paid a wage sufficient to prevent them from ever needing food stamps and that encourages retention. We strongly recommend that all our armed forces remain commanded only by the Commander-in-Chief and his subordinate commanders; upgrading, modernizing and maintaining the equipment, weapons, and vehicles for the safety, efficiency and effectiveness of our armed forces; the continuation of the all volunteer armed forces, the recruitment and advancement of military personnel based on the needs of the military and the qualifications of the person; disqualification of homosexuals from military service; immediate discharge of HIV positive individuals; separation of men and women in basic training; exclusion of women from ground and submarine combat roles; provision of full military honors for burial of veterans; restoration of all veteran benefits without an offset for disability pay; health and disability benefits equal to active military for national guard and reserves; passage of a “new” G.I Bill that fully funds expanded educational scholarship opportunities for honorably separated Veterans; restoration of full lifetime health benefits to retired military and their families; and assurance that military and civilian voters displaced by their service be afforded full opportunity for their votes to be counted; and the expeditious construction of a Veterans Museum in Texas.

Martin Luther King, my a…:

Washington D.C. – We strongly oppose making the District of Columbia a state. (note d’IK: 55% des habitants de Washington DC – qui n’est pas un Etat et qui ne participe donc pas à l’élection présidentielle ou à celles du Congrès, et qui est soumis à la tutelle du Congrès – sont noirs)

Affirmative Action – Inasmuch as the Civil Rights Movement argued against using race as a factor in American life, affirmative action reintroduces race as a powerful force in American life. The Republican Party of Texas believes in equal opportunity for all American citizens without regard to race or gender. To that end, we oppose affirmative action…

Confederate Widows Plaque – We call for restoration of plaques honoring the Confederate Widow’s Pension Fund contribution that were removed from state buildings.

And what about them foreigners in Eye-rack?

War on Terror – There is no substitute for Victory! We commend and support the Bush Administration’s current policy regarding our military operations fighting the War on Terror and confronting radical Islamist terrorists in Iraq, Afghanistan and other countries around the world. We believe our military forces deployed in Iraq and Afghanistan, in particular, should not be prematurely withdrawn from the conflicts until victory has been secured and both countries are able to sustain peace with limited assistance from the United States. There should be no “time-table” applied to the withdrawal of our forces. We also support keeping Guantanamo Detention Center for terrorist detainees. We oppose any plan to close Guantanamo and to bring detainees into the U.S. for Court trials.

Israel – We believe that the United States and Israel share a special long-standing relationship based on shared values, a mutual commitment to a republican form of government, and a strategic alliance that benefits both nations. Our foreign policy with Israel should reflect the special nature of this relationship through continued military and economic assistance and recognition that Jerusalem is the capital of Israel and should remain an undivided city accessible to people of all faiths. We believe that the US Embassy should be located in Jerusalem. In our diplomatic dealings with Israel, we encourage the continuation of peace talks between Israel and the Palestinians, but oppose pressuring Israel to make concessions it believes would jeopardize its security, including the trading of land for the recognition of its right to exist. We call on the U.S. to cease strong arming Israel through prior agreements with the understanding of delivering equipment to them to defend themselves in exchange for future diplomatic concessions, such as giving up land to the Palestinians on the West Bank. We support the continuation of non-recognition of terrorist nations and organizations. Our policy is based on God’s biblical promise to bless those who bless Israel and curse those who curse Israel and we further invite other nations and organizations to enjoy the benefits of that promise.

Hamas – Palestinians shall not receive American aid as long as Hamas is their elected government. We should withdraw all financial support to Hamas and other elected terrorists. We should not reward terrorism by allowing a Palestinian state carved out of historical Israel.

But this is my personal favorite:

United Nations – We believe it is in the best interest of the citizens of the United States that we immediately rescind our membership in, as well as all financial and military contributions to, the United Nations. We will:
1. support legislation similar to “The American Sovereignty Preservation Act”, which would remove the United States entirely from the control of the UN;
2. demand that Congress ratify no more, and rescind any existing treaties that compromise the United States Constitution;
3. support immediate recall of our military forces from UN initiated engagements, and restore them to their traditional mission of defending the liberty and freedom of the people of the United States of America;
4. support an amendment to the United States Constitution stating, “a treaty that conflicts with any provisions of the Constitution shall not be of any force or effect”;
5. urge our Texas Senators to unalterably oppose any agreement or treaty that seeks to establish an International Criminal Court (ICC), make the United States a participatory party to such a court; recognize the jurisdiction of such a court within the United States or upon any native-born or naturalized citizen of the United States; and

We oppose:
1. UN control of any United States land or natural resources;
2. the use of Presidential Executive Orders to implement UN treaties, thereby circumventing our elected Congress;
3. any attempt by the federal government, or the UN, to directly or indirectly tax United States citizens for UN support;
4. a UN resolution that would force the United States to adopt gun control measures by treaty;
5. the placement of the UN flag and emblem on public property or in government facilities;
6. payment of any debt allegedly owed to the UN;
7. Any attempt to grant veto power over the sovereignty of the United States to set national defense priorities, wage effective war, and negotiate peace in terms favorable to our vital interests; and
8. Ratification of the Law of the Sea Treaty (LOST).
We urge Congress to evict the United Nations from the United States and eliminate any further participation.

Fascinating stuff. Il manque simplement une dénonciation de la fluorisation de l’eau et des hélicoptères noirs de l’ONU pour que ce soit complet. Ceux qui ont lu des livres ou brochures de la John Birch Society ou de Jean-François Revel (1) trouveront cependant ce programme quasi-bolchevik.

Le titre de ce post? D’un des meilleurs films de l’histoire du cinéma, "Dr Strangelove or how I learned to stop worrying and love the bomb":

Major T. J. "King" Kong: Survival kit contents check. In them you’ll find: one forty-five caliber automatic; two boxes of ammunition; four days’ concentrated emergency rations; one drug issue containing antibiotics, morphine, vitamin pills, pep pills, sleeping pills, tranquilizer pills; one miniature combination Russian phrase book and Bible; one hundred dollars in rubles; one hundred dollars in gold; nine packs of chewing gum; one issue of prophylactics; three lipsticks; three pair of nylon stockings. Shoot, a fella’ could have a pretty good weekend in Vegas with all that stuff.

A propos de fluorisation de l’eau – les cinéphiles se rappelleront notamment le monologue du général fou Jack D. Ripper – joué par l’immense Sterling Hayden – sur la fluorisation de l’eau et la perte de "precious bodily fluids".

(1) Philosophe de formation, pamphlétaire plutôt marqué à gauche dans les années 50 et 60, Jean-François Revel est devenu un pamphlétaire anti-communiste. Un peu comme certains néo-cons étatsuniens passés du communisme (ou plutôt du trotskysme) au conservatisme anti-communiste (David Horowitz, Irving Kristol, Sidney Hook) ou au néo-conservatisme islamophobe (Christopher Hitchens), Revel a gardé la même passion et le même dogmatisme à défendre successivement des idées diamétralement opposées. J’avais beaucoup apprécié un pamphlet, "Pour l’Italie" (1958), au style brillant, qui m’avait marqué car ce qu’il écrivait sur l’Italie pouvait tout autant s’appliquer au Maroc. Certains de ses autres pamphlets, notamment ceux où il critique le présidentialisme gaullien, sont également intéressants. Sa production depuis sa conversion à l’anti-communisme primaire ne présente aucun intérêt propre, si ce n’est comme illustration de l’idéologie. Je le sais: même lorsque j’étais très à droite et anti-communiste primaire – c’était au lycée et en début de fac, ses livres apocalyptiques – "La tentation totalitaire", "Comment les démocraties finissent", sur la fin irrémediable des démocraties occidentales face à l’URSS me tombaient des mains, d’ennui devant un dogme inlassablement répété. L’anti-totalitarisme professé par Revel s’accomodait d’un tolérance des dictateurs anti-communistes. La fin de son parcours a confirmé tout le mal que j’en pensais: il a sombré dans une islamophobie désormais assumée et proactive (voir l’affaire de Roubaix), bien évidemment tout aussi dépourvue de nuance (pour donner une idée de sa production idéologique à ce sujet, citons "Les Arabes, malades de l’islam", chapitre de son livre "Fin du siècle des ombres") que son anti-communisme ou son américanophilie. Sur la fin, sa production était digne d’un mauvais bloggeur.

La Cour d’appel d’Agadir acquitte le bloggeur Mohamed Erraji

Ca y est: Mohamed Erraji est acquitté – ce sera définitif lorsque le délai de recours en cassation devant la cour suprême sera expiré.

Maroc: un tribunal annule une peine de prison contre un blogueur
AFP 18.09.08 | 14h04

La Cour d’appel d’Agadir, dans le sud du Maroc, a annulé jeudi une peine de deux ans de prison prononcée en première instance contre le blogueur marocain Mohamed Erraji pour "avoir manqué de respect au roi", a-t-il indiqué à l’AFP.

"Je suis très satisfait de la décision de la cour d’appel d’Agadir qui a été équitable", a déclaré à l’AFP Mohamed Erraji, joint par téléphone.

"Dans tous mes écrits, je n’ai jamais cherché à porter atteinte à la personne du roi, ce qui explique le choc que j’avais ressenti en apprenant que que j’étais poursuivi pour manquement de respect au roi", a-t-il ajouté.

"Maintenant, la cour d’appel a réparé l’erreur du tribunal de première instance qui m’avait condamné à deux ans de prison", a-t-il dit.

Mohamed Erraji avait bénéficié il y a une semaine de la liberté provisoire. La Cour d’appel avait estimé que certaines dispositions procédurales de fond prévues par le code de la presse, n’avaient pas été respectées.

Le 8 septembre, le tribunal de première instance d’Agadir avait condamné Mohamed Erraji à deux ans de prison ferme et à 5.000 dirhams (444 euros) d’amende pour avoir diffusé sur le blog "hespress.com" un article où, selon l’accusation, il critiquait le roi Mohammed VI.

Dans ce texte rédigé en arabe, le blogueur avait affirmé que "le roi encourage son peuple à al-ittikal" (attentisme, assistanat ou paresse). Il faisait allusion, en citant des informations de presse, à la distribution de faveurs royales, comme des licences de transport, aux citoyens qui arrivent à approcher le monarque.

Il faudrait sérieusement se pencher sur l’article 41 du Code de la presse en attendant…

ADDENDUM: Selon Smael Sebti, qui cite une dépêche de la MAP, ce n’est pas sur le fond que Mohamed Erraji est acquitté, mais sur la forme, pour vice procédural. Attendons de voir, si tant que l’arrêt de la Cour d’appel soit publié, car la MAP n’est pas fiable comme l’avait souligné Larbi dans un post supprimé depuis – ainsi, le ministère public n’avait pas requis l’irrecevabilité de la plainte, mais avait simplement substitué l’article (hmida en parle cependant ici, en faisant cependant quelques contresens et une erreur).

On notera également avec Larbi que c’est probablement – l’état pitoyable de l’information judiciaire ne permet pas de le savoir avec certitude – la première fois qu’un inculpé est acquitté dans un procès sur la base de l’article 41 du Code de la presse, et plus particulièrement pour outrage au Roi. Je partage par ailleurs les commentaires de Larbi.

Mohamed Erraji livre sa première interview


Mohamed Erraji, en liberté provisoire, et dont l’appel contre la condamnation est mis en délibéré pour jeudi par la Cour d’appel d’Agadir, alors que le ministère public a requis l’irrecevabilité de l’action publique (ce qui devrait en toute logique aboutir à un acquittement en appel de Mohamed Erraji, même si le tribunal n’est pas obligé de suivre les réquisitions du ministère public), a donné une interview au site maghrébin de l’armée des Etats-Unis:

Interview avec le bloggeur marocain Mohammed Erraji
Magharebia.com 2008-09-16

Le bloggeur marocain Mohammed Erraji répond aux accusations portées contre lui et parle de la liberté d’expression au Maroc.
Interview par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 16/09/08

[Naoufel Cherkaoui] Le bloggeur marocain Mohammed Erraji a parlé à Magharebia de sa récente arrestation, des conditions de détention et de l’état de la liberté d’expression au Maroc.

Un jour après avoir publié un article critique envers les faveurs spéciales que le Roi accorde parfois à certains citoyens, le bloggeur marocain Mohammed Erraji a été arrêté vendredi 5 septembre et condamné très rapidement à deux ans de prison. Premier Marocain à être emprisonné pour ses écrits, Erraji a été libéré sous caution moins d’une semaine plus tard, après que la cour d’appel eut démontré que l’audience en première instance avait été entachée d’erreurs. Magharebia a demandé à Erraji de parler de ces récents événements et, plus généralement, de la situation de la liberté de la presse au Maroc.

Magharebia: Comment avez-vous obtenu votre libération conditionnelle ?

Mohammed Erraji: J’ai déposé une requête de mise en liberté provisoire auprès du gardien de la prison vendredi matin, et à midi ce même jour, j’ai été déféré devant le juge du tribunal de première instance, qui m’a dit que ma requête avait été acceptée et que la prochaine audience était prévue le 16 septembre. J’ai ensuite été libéré dans l’attente de cette audience.

Magharebia: Comment l’enquête a-t-elle été conduite ?

Erraji: Un groupe d’officiers des renseignements se sont présentés chez moi mercredi, mais je n’étais pas là à ce moment-là. Ils ont dit aux membres de ma famille que je devais aller les voir. Je me suis rendu jeudi à dix heures du matin au siège de l’unité de recherche scientifique, et n’en suis ressorti qu’à 17 heures. L’enquête a été conduite par les responsables de cette unité dans de bonnes conditions et avec respect. Ils m’ont demandé de me présenter à nouveau le lendemain.

Lorsque je suis revenu vendredi matin, l’enquête a été menée à son terme par la même unité, après près de trois heures. Après quoi, j’ai été emmené auprès de la police judiciaire, où les policiers ont à leur tour repris l’enquête pendant près de cinq heures sur mes affiliations politiques et intellectuelles. J’ai été maintenu en détention, et c’est là où j’ai commencé à souffrir, parce que la cellule dans laquelle j’étais détenu était dans un état pitoyable. L’enquête s’est poursuivie samedi et dimanche.

J’ai ensuite été escorté dimanche matin par des policiers à mon domicile, qu’ils ont fouillé, en s’attachant particulièrement à mon ordinateur et à mes livres. Ils m’ont ensuite ramené au poste de police, où j’ai signé les déclarations qu’ils avaient préparées. J’ai ensuite été menotté et déféré devant le procureur adjoint du Roi au tribunal de première instance, qui m’a interrogé sur les raisons de certaines phrases dans l’article en question. L’audience n’a pas duré plus de quatre minutes. Après avoir attendu pendant plus d’une heure, un policier est venu et m’a dit que j’avais été condamné à deux ans de prison. J’ai alors été conduit en prison.

Ils m’ont ramené lundi matin au tribunal de première instance pour entendre le verdict de la cour, ce qui n’a pas duré plus de quatre minutes. Le juge m’a seulement demandé ma position face aux charges retenues contre moi, c’est-à-dire le manquement au respect dû au Roi. J’ai réfuté avoir jamais eu l’intention d’offenser le Roi. Interrogé sur mon intention de désigner un avocat pour me défendre, je lui ait dit que je ne disposais pas des moyens financiers nécessaires.

Magharebia: Vos articles se caractérisent par une critique sévère des conditions sociales et économiques au Maroc. Quelle en est la raison ?

Erraji: La raison tient à mon enthousiasme pour ce pays, parce que je veux que mon pays avance et atteigne un certain niveau de démocratie et de respect des droits de l’Homme, pour faire en sorte que cela ne reste pas que de l’encre sur du papier. Si j’ai parfois recours au sarcasme et à la sévérité dans l’écriture de mes articles, je n’ai jamais eu l’intention de blesser quiconque, ni le Roi ni personne d’autre.

Magharebia: Votre situation actuelle va-t-elle avoir un effet sur vos prochains articles ?

Erraji: Je n’ai pas encore décidé si j’allais continuer ou non à écrire. Les jours que j’ai passés en prison me font craindre de seulement porter la plume, ce qui équivaut actuellement pour moi à signer une nouvelle condamnation à la prison. Je vais donc étudier la question avec soin avant de décider de continuer ou non à écrire.

Magharebia: Vous n’avez à ce jour publié aucune excuse. Cela veut-il dire que vous vous considérez comme non coupable ?

Erraji: Encore maintenant, j’ai du mal à croire ce qui m’arrive en termes de poursuites judiciaires et d’emprisonnement. Je ne pense pas offenser quiconque, y compris le Roi, par mes articles. J’ai été très surpris d’être convoqué pour une enquête. Si je suis convaincu à l’avenir d’avoir offensé le Roi ou quiconque, je serai prêt à présenter des excuses. Mais pour l’heure, je ne pense pas avoir porté préjudice à quiconque.

Magharebia: Envisagez-vous un pardon royal, comme dans l’affaire de Mourtada ?

Erraji: J’attendais un pardon royal durant les jours que j’ai passés en prison à l’occasion du Ramadan ou de l’Aïid El Fitr, parce que l’état psychologique dans lequel je me suis trouvé durant ces journées a été terrible et insupportable.

Magharebia: Selon vous, quelle est la réalité de la liberté d’expression au Maroc ?

Erraji: Je pense que certaines personnes ne souhaitent pas voir la liberté d’expression évoluer. Je suis triste de voir mon propre pays, que je souhaiterais voir avancer plus rapidement, vivre en retrait en termes de démocratie. Je veux que mon pays embrasse la doctrine de la démocratie une fois pour toutes. De plus, nous ne devrions pas continuer de penser que la liberté d’expression constitue un danger pour le pays ou pour l’institution monarchique.

Je rejette le principe consistant à quitter le Maroc pour le critiquer depuis l’étranger. Je préfère vivre dans mon pays. Je rejette également totalement le fait de recevoir une assistance financière extérieure pour ce faire. La liberté d’expression dans un pays donné montre que ce pays respecte les règles de la démocratie. Si au Maroc la répression de la liberté d’expression se poursuit, cela voudra dire que l’Etat cherche à cacher certains problèmes ; c’est une chose qui conduira les citoyens à remettre en cause l’existence même de la démocratie. Je pense que la seule solution pour faire avancer le Maroc est d’étendre le respect de la liberté d’expression.

Magharebia: A quoi avez-vous pensé pendant ces journées en détention ?

Erraji: La seule chose à laquelle je pensais, c’était la liberté. J’ai été distrait durant ces jours en détention, et ne parlais même pas aux autres prisonniers qui étaient avec moi. Mon esprit était tout occupé à penser à la liberté. Je peux dire aujourd’hui que si cette détention s’était prolongée, je serais certainement devenu fou du fait des conditions insupportables de la détention. Une chose qui m’a fortement pesé a été les charges retenues contre moi. Je respecte le Roi, et je considère que la monarchie est garante de la stabilité du Maroc. Je ne pensais qu’à une seule question : comment pourrais-je passer deux années de ma vie en prison ? Encore maintenant, je ne me suis pas remis du choc qu’a été le fait d’entendre prononcer la sentence envers moi. J’espère que le tribunal prononcera un arrêté d’acquittement.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.

Remarques:
- aucune violence physique n’a été exercée par la police contre Mohamed Erraji, un fait suffisamment rare dans ce type d’affaires pour ne pas être relevé;
- ce sont des officiers des renseignements qui ont les premiers ont cherché à interroger Mohamed Erraji, à son domicile. Quel service? La DST probablement, mais aucune précision n’est indiquée. Ceci signifie soit qu’ils ont été informés des écrits d’Erraji par un informateur, soit qu’ils assurent un veille des différents sites et blogs.
- l’audience a duré moitié moins longtemps qu’indiqué intialement dans les articles de presse – quatre minutes au lieu de dix.
- un policier lui annoncé son verdict à la fin de l’audience, soit la veille du prononcé du verdict…

Blog en grève – pour l’acquittement de Mohamed Erraji

Un certains nombre de citoyens et de blogueurs ont été indignés par le déroulement de l’affaire de Mohamed Erraji et de son procès expéditif. De bonnes volontés se sont constituées en comité de soutien pour venir en aide à Mohamed et à sa famille et pour faire connaitre sa cause.
Plusieurs formes de solidarité seront entamées pour demander la libération du blogueur Marocain.

Ainsi, suite à la condamnation – après un procès arbitraire - à deux ans de prison du bloggeur Mohamed Erraji par le Tribunal de première instance d’Agadir, en raison des opinions politiques exprimées sur son blog (traduction française ici et anglaise ici), nous appelons tous les bloggeurs, marocains et étrangers, qui souhaitent protester contre cette atteinte à la liberté d’expression à faire grève le lundi 15 septembre sur leurs blogs. Ils/elles pourront indiquer le motif de leur grève, notamment en rappelant les faits, et indiquer un lien vers le site ainsi que le blog du comité de soutien de Mohamed Erraji.

Veuillez exprimer votre soutien et signaler votre adhésion au mouvement de grêve de blog par l’envoi du lien de votre post à l’adresse : helperraji@gmail.com .

"La famille royale est une famille comme toutes les familles marocaines"

Lu sous la plume de Khalil Hachimi Idrissi, dans Aujourd’hui Le Maroc. Tout commentaire est superflu.

Ah si: dans ce cas, ne pourrait-on pas abroger l’article 41 du Code de la presse? Aucune autre famille marocaine n’en bénéficie – elles se contentent de l’article 44.

Poudrière marocaine et violences policières d’Ifni

Il est heureux de voir que le cas des étudiants de Marrakech, sauvagement violentés – l’un d’entre eux, Abdelkebir El Bahi, est paralysé à vie suite aux violences policières – par les forces dites de l’ordre, retenir l’attention de la presse étrangère – en l’occurence le Monde Diplomatique - même si le beidaoui Ignacio Ramonet n’est pas si étranger que ça au Maroc, et même si ce n’est pas dans la version papier de ce mensuel mais sur son site. L’article mérite en tout cas d’être repris dans son intégralité:

mardi 9 septembre 2008
Poudrière marocaine
Elle s’appelle Zahra Boudkour, elle est étudiante à l’université de Marrakech, elle a vingt ans. Pour avoir participé à une marche pacifique de protestation, elle a été brutalement frappée par la police, conduite avec des centaines de ses camarades au sinistre commissariat de la Place Jemaa-El-Fna, et sauvagement torturée. Durant plusieurs jours, les policiers l’ont contrainte à demeurer nue, alors qu’elle avait ses règles, devant les autres détenus. Pour dénoncer cet ignoble traitement, Zahra a commencé, en juin dernier, une grève de la faim. Elle est actuellement dans le coma. Sa vie ne tient qu’à un fil (1).

Quelqu’un, en Europe, a-t-il entendu parler de cette jeune étudiante ? Nos médias ont-ils au moins cité la dramatique situation de Zahra ? Pas un mot. Rien non plus sur un autre étudiant, Abdelkebir El Bahi, jeté par la police du haut d’un troisième étage et cloué désormais, pour le restant de ses jours, à un fauteuil roulant à cause d’une fracture de la colonne vertébrale… Zéro information également à propos de dix-huit autres étudiants de Marrakech, camarades de Zahra, qui, pour dénoncer leurs conditions de détention dans la funeste prison de Boulmharez, sont aussi en grève de la faim depuis plus de deux mois. Certains ont dû être hospitalisés, d’autres ne tiennent plus debout, quelques-uns sont en train de perdre la vue, plusieurs vomissent du sang…

De telles atteintes aux droits de la personne humaine ont lieu dans l’indifférence et le silence général. Seuls les parents ont exprimé leur horreur et leur solidarité — ce qui a été considéré par les autorités comme un inacceptable geste de rébellion. Résultat : eux aussi ont été odieusement bastonnés.

Tout cela ne se produit pas dans un Etat lointain ou mal connu, comme peuvent l’être le Tibet, la Colombie ou l’Ossétie du Sud. Mais à seulement quatorze kilomètres de l’Europe. Dans un pays, le Maroc, que des millions d’Européens visitent chaque année, où nombre d’intellectuels européens de renom résident, et dont le régime bénéficie, dans nos médias et de la part de nos dirigeants politiques, d’étranges prévenances et indulgences.

Depuis un an, le Maroc connaît une flambée de protestations et de violences : révoltes urbaines contre la vie chère et jacqueries paysannes contre toutes sortes d’abus se multiplient. L’émeute la plus meurtrière s’est produite le 7 juin dernier à Sidi Ifni, lorsqu’une paisible manifestation contre le chômage — endémique dans cette ville — a été réprimée avec une excessive férocité. Ce qui a entraîné une véritable insurrection urbaine avec des barricades de rues, des incendies de bâtiments publics et un début de lynchage de certains responsables locaux. En riposte, les forces de l’ordre ont déclenché une hallucinante répression, faisant des dizaines de blessés et de nombreux prisonniers (parmi ceux-ci : Brahim Bara, responsable du comité local d’Attac). En outre, Malika Khabbar, de l’Organisation marocaine des droits de l’homme, a dénoncé « les viols de femmes (2) » ; et, selon la chaîne arabe d’information Al-Jazeera, il y aurait eu « de un à cinq morts ».

Les autorités démentent. Elles ont imposé une « version officielle » sur les « événements d’Ifni », et sanctionnent tout média qui diffuse une information différente. Une Commission parlementaire a certes été constituée, mais ses conclusions ne serviront, comme d’habitude, qu’à enterrer le problème.

Les espérances nées il y a neuf ans, lors de la montée sur le trône du jeune roi Mohammed VI, se sont peu à peu évanouies. Quelques petits changements indispensables ont été apportés pour que tout demeure en l’état : la vieille recette du « tout changer pour que rien ne change ». Quelques couches superficielles de peinture ont modifié l’aspect de l’édifice, mais ses sinistres souterrains et ses passages secrets demeurent identiques.

Les timides avancées en matière de libertés n’ont pas transformé la structure du pouvoir politique : le Maroc reste le royaume de l’arbitraire, une monarchie absolue dans laquelle le souverain est le véritable chef de l’exécutif. Et où le résultat des élections (toujours truquées) est déterminé, en dernière instance, par le souverain, qui, de surcroît, désigne selon son bon vouloir les ministres principaux, dits « ministres de souveraineté ».

La structure de la propriété, pour l’essentiel, n’a pas non plus été modifiée. Le Maroc demeure un pays féodal où quelques dizaines de familles, presque toutes proches du trône, contrôlent — grâce à l’héritage, au népotisme, à la corruption et à la répression — les principales richesses.

Actuellement, l’économie se porte plutôt bien, avec une croissance du PIB prévue pour 2008 de 6,8 % (3), en raison surtout des millions d’émigrés et de leurs envois de devises qui constituent la ressource principale du pays, avec le tourisme et l’exportation des phosphates. Mais les pauvres sont de plus en plus pauvres. Les inégalités n’ont jamais été aussi énormes, le climat de frustration aussi palpable. Et l’explosion de nouvelles révoltes sociales aussi imminente.

Car il existe, aussi, une formidable vitalité au sein de la société civile. Des associations actives et audacieuses qui n’ont pas peur de défendre les droits et les libertés. Nombre de ces associations sont laïques. D’autres sont islamistes. Ces dernières relèvent d’un islamisme très vivace qui se nourrit de la très grande frustration sociale et qui, de fait, constitue la première force politique du pays.

Le mouvement Al-Adl Wal-Ihsane (Justice et Bienfaisance, non reconnu mais toléré), que dirige le cheikh Abdessalam Yassine, ne participe pas aux élections. Avec le Parti de la justice et du développement (PJD), qui a obtenu le plus de suffrages lors des dernières élections législatives de septembre 2007, ces deux formations dominent très largement la carte politique. Mas le pouvoir, soutenu par ses protecteurs européen et américain, ne leur permet pas de gouverner.

Un tel déni de démocratie pousse des groupes minoritaires à choisir la voie de la violence et du terrorisme. Que les autorités combattent par tous les moyens, y compris la torture, couramment pratiquée. Et toujours avec le soutien intéressé de l’Union européenne et des Etats-Unis (4). Cette alliance objective conduit nos dirigeants et nos médias à fermer les yeux devant les violations des droits humains que l’on continue à y pratiquer.

Comme si les chancelleries occidentales disaient aux autorités de Rabat : en échange de votre lutte contre l’islamisme, nous vous pardonnerons tout, y compris votre lutte contre la démocratie.

Ignacio Ramonet
(1) Le Journal hebdomadaire, Casablanca, 26 juillet 2008.

(2) Ibid, 12 juillet 2008.

(3) Le Monde, 10 août 2008.

(4) Washington construit en ce moment une immense base militaire dans la région de Tan-Tan, au nord du Sahara Occidental, pour y installer le siège de l’Africom, le Commandement Afrique de ses forces armées, avec pour mission la surveillance et le contrôle militaire du continent, et en particulier du Sahel. Le récent coup d’Etat en Mauritanie serait lié à ce projet.

On pourrait compléter par les vidéos des violences policières à Ifni publiées sur le site de Bakchich

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