Va voir à Dien Bien Phu si j’y suis…


C’est ce que j’avais dit une fois, lors de mes études en France dans les 90s, à un étudiant français qui me bassinait avec cette obsession typique de son pays de réhabiliter le passé colonial, après une demie-heure d’échanges stériles – "va voir à Dien Bien Phu si j’y suis". Au Maroc, nous avons eu la bataille d’Anoual, qui fût un désastre militaire franco-espagnol face aux résistants d’Abdelkrim el Khattabi, désastre qui n’aboutit cependant malheureusement pas à une défaite franco-espagnole mais au contraire à la déconfiture de la résistance rifaine et à l’exil au Caire d’Abdelkrim, qui ne se laisse jamais dompter. J’aurais donc dû dire "va voir à Anoual si j’y suis", mais malheureusement cette bataille est beaucoup moins connue aujourd’hui (alors qu’elle eût à l’époque un retentissement mondial), tant au Maroc qu’en France – et il est vrai que Dien Bien Phu, qui fût un éclatant désastre militaire français, fût couronnée par le déguerpissement définitif de l’occupant français – remplacé par son allié étatsunien, mais ça c’est une autre histoire…

En tout cas, en ce 1er novembre – merci à Youssef Boussoumah des Indigènes de la République de m’avoir rappelé cette date – une petite pensée à Giap et Ho Chi Minh, qui ne se contentaient pas – heureusement pour le peuple vietnamien – de parler, et apportèrent au Tiers-monde colonisé cet extraordinaire encouragement – "le Valmy des peuples colonisés" selon l’expression de l’historien français Alain Ruscio, ou "le 14 Juillet de la décolonisation" selon l’ancien officier français d’Indochine Jean Pouget – à se libérer des chaînes de l’asservissement. Bien évidemment, le peuple français, auquel Dien Bien Phu a fourni l’occasion de mettre fin à cette expédition coloniale désespérée et criminelle, peut également y trouver motif à réjouissance, de la même façon que le peuple allemand peut se réjouir de sa défaite militaire en 1945, qui mit fin à la dictature nazie. On relèvera par ailleurs qu’une partie du peuple français, plus particulièrement le PCF, prit fait et cause pour la résistance vietnamienne, tout comme ce parti avait soutenu à fond la résistance marocaine au Rif, même s’il fût hélas loin d’avoir la même lucidité lors des prolégomènes de la guerre d’indépendance algérienne (1). Ce sont là des choses dont je me rappelle lorsque des John Birchers font un spectacle son et lumières avec les crimes – que je nie pas du reste – du communisme – ces crimes sont relatifs, du moins aux yeux d’un Marocain ou d’un Vietnamien.

Il faudrait d’ailleurs un jour que je lise et rende compte de la biographie de M´Hammed Ben Aomar Lahrech, alias Anh Ma, général marocain de l’Armée populaire du Viet Nam (2), rédigée il y a quelques années par Abdallah Saaf, un professeur de sciences politiques très fin, très nuancé et trop méconnu – il est vrai que sa carrière politique, où il fût ministre de l’enseignement supérieur après une scission de l’OADP fomentée par Driss Basri, n’a pas joué en sa faveur. Et il faudrait également que je lise "Poussières d’empire", de la jdidie de naissance Nelcya Delanoë, consacré au sort des Marocains restés en Indochine, puis, pour certains, rentrés au Maroc dans les années 70. Certains d’entre eux se rappellent encore d’Anh Ma:

N’avaient-ils donc jamais entendu parler de Maârouf, ce cadre du Parti communiste marocain envoyé à la demande d’Ho Chi Minh par l’émir du Rif Abdelkrim, à la fin des années 1940, pour monter un réseau de guerre psychologique à destination des troupes nord-africaines du Cefeo ? N’avaient-ils pas rejoint le Vietminh via ses tracts ou ses appels ? Bien sûr, ils en avaient entendu parler, mais il semble que la propagande communiste et/ou anticolonialiste ait eu ses limites – le faible nombre de ralliés suffit à le démontrer. Pour autant, ils ont très bien connu ledit Maârouf, Anh Ma de son nom de guerre vietnamien, mais plus tard, « au camp de Son Tay, dont il était le responsable ». Là, ils bénéficient d’« une véritable éducation ». La plupart apprennent à lire, à écrire, le vietnamien et l’arabe, tous reçoivent une formation politique.

Miloud Ben Salah : « Maârouf était membre de la hiérarchie vietnamienne et de son appareil de guerre, il avait beaucoup d’influence. Après le départ des troupes françaises, il a obtenu que les Nord-Africains soient regroupés à Son Tay, au pied de la montagne de Ba Vi [à une cinquantaine de kilomètres d'Hanoi], pour constituer des cellules de lutte pour l’indépendance de leur pays. Il a choisi une centaine de cadres vietnamiens qui parlaient bien le français pour nous éduquer, nous apprendre ce qu’était le communisme, le colonialisme… »

C’est ainsi que Son Tay se transforme peu à peu en un kolkhoze où les Marocains cultivent la terre, élèvent des vaches… Maârouf, bien que vivant à Hanoi, est responsable de l’organisation du camp. « Comme il était notre intermédiaire auprès des Vietnamiens, il nous a obtenu un tracteur, des camions et… l’autorisation personnelle de Ho Chi Minh de nous marier avec des Vietnamiennes. Il a largement contribué à améliorer nos conditions de vie. »

Ce lien entre Dien Bien Phu n’est pas farfelu – moins de 20% des combattants du corps expéditionnaire français étaient français:

French mainland- 2810 (18.6%)
Foreign Legion- 3931 (26%)
North African- 2637 (17.5%)
West African- 247 (1.6%)
Vietnamese (regular)- 4052 (26.8%)
Vietnamese (auxiliary)- 1428 (9.5%)

Et parmi les légionnaires, de nombreux Allemands, vétérans de la deuxième guerre mondiale…

Toujours est-il que le nombre important d’indigènes (asiatiques, arabes ou africains) dans le corps expéditionnaire sera considéré comme une des causes de l’échec français – foutaises à mon sens, car l’armée française en Algérie, majoritairement française même si avec une importante composante algérienne, ne fût pas victorieuse sur le seul plan où cela compte, le plan militaire.

Quelques liens: le site officiel – ou du moins présenté comme tel, car soutenu moralement par le ministère de la défense français – consacré à cette belle raclée – assez cocasse, et le ton du site me fait penser aux fameux dead-enders et no-hopers dont parlait Bush au sujet de l’Irak l’été 2003, et donne à penser que certains ne savent pas "que Franco est tout à fait mort", comme chantait Jacques Brel – n’espèrez pas y trouver d’introspection sur la justesse supposée du combat du Corps expéditionnaire français en Indochine…

Tiens, à propos de dead-enders, voici le site de l’Association nationale des anciens prisonniers d’Indochine (ANAPI), guère torturé par l’introspection historique ou morale, et qui considère les anciens prisonniers du corps expéditionnaire français – qui ont indubitablement subi des violations des Conventions de Genève, puisque 7.708 prisonniers moururent en captivité, contre 2.293 morts au combat du côté français – exclusivement comme des victimes.

La version officielle du ministère français de la défense. Et aussi la médiathèque de ce même ministère, qui contient de nombreuses photos officielles de Dien Bien Phu, côté français. On ne peut pas dire que l’introspection ou la remise en cause soit à l’ordre du jour…

"La Guerre d’Indochine a-t-elle été un enfant de la guerre froide?", par l’historien norvégien Stein Tønnesson.

Une vidéo sur Dailymotion sur la bataille d’Anoual, avec un survivant rifain.

"LA SIGNIFICATION HISTORIQUE DE DIEN BIEN PHU" par l’historien français Alain Ruscio.

Une analyse militaire de la bataille de Dien Bien Phu par un officier étatsunien, guère complaisant face à la prestation du commandement français – tout le monde s’accorde à dire que les combattants du corps expéditionnaire furent courageux: "At Dien Bien Phu the French violated nearly all of the principles of war at every level of war–strategic, operational, and tactical".

"Dien Bien Phu – a personal memoir", les souvenirs de Frederic Clairmont, membre canadien de la "International Commission for Supervision and Control in Vietnam" (chargée de superviser l’application des accords de Genève de 1954, mettant fin au conflit entre France et Vietnam) – très critique à l’égard des Français.

Un article de Laetitia Grotti pour Jeune Afrique, sur l'"Epopée des Marocains du Viet Minh". Et un entretien fascinant, intitulé "Patiences de la ruse", avec Nelcya Delanöe pour la revue Vacarmes, où il est beaucoup question des Marocains du Vietminh.

Un site sur le documentaire "Gao Rang/Riz grillé" de Claude Grunspan, consacré aux cameramen vietnamiens des deux guerre du Vietnam, celle contre la France puis celle contre les Etats-Unis.

Un post sur Dien Bien Phu d’un fascinant bloggeur étatsuno-vietnamien, Linh Dinh, qui publie ailleurs sur son site la lettre de la CIA lui annonçant, en 1986, qu’il est sélectionné pour passer le stage de recrutement… En général, les bloggeurs sont plus discrets – prenez mon cas, je n’ai jamais fait état de mon dahir de nomination…

Le site de l’armée vietnamienne, avec quelques commentaires sur Dien Bien Phu.

Et puis quelques photos – avant…

Le bureau de poste militaire de Dien Bien Phu à la belle époque...

Le bureau de poste militaire de Dien Bien Phu à la belle époque...

Avant d'être tortionnaire en Algérie, Bigeard fût un soudard en Indochine

Avant d'être tortionnaire en Algérie, Bigeard fût un soudard en Indochine

L'état-major français avant la chute de Dien Bien Phu...

et après…

L'état-major français, fait prisonnier après la chute de Dien Bien Phu

(1) Le livre de l’ancien officier communiste Jean Brugié, en collaboration avec Isabelle Sommier, semble très intéressant.

(2) L’historien Moshe Gershovich l’écrit dans son étude "Collaboration and "Pacification": French Conquest, Moroccan Combatants, and the Transformation of the Middle Atlas":

"Among the means used by the Vietminh to convince North African soldiers to defect was a former World War II veteran and committed member of the Moroccan Communist Party, M’hammed Ben Aomar Lahrech. His instrumental role in the insurgency led to his rising to the rank of general in the revolutionary North Vietnamese army".

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69 Réponses

  1. Par une courageuse réhabilitation de la mémoire, les autorités de l’Hexagone ne parlent pas de cette bataille et du coup les jeunes Français ne savent rien de celle qui fut pourtant un tournant décisif dans les guerres anticoloniales. Et si par hasard elle est évoquée, c’est par le détour du subtil héroïsme français qu’elle est décrite.

    Le slogan français "Ils se sont sacrifiés pour la Patrie" est d’un cynisme pathétique…

  2. Qu’est ce que l’on en apprend en lisant ce blog! Merci encore de tes efforts.

    P.S: Y’a une photo en dup.

  3. Excellent article !

    Le rapprochement Abdelkrim et Oncle Ho, n’est pas fortuit…
    Abdelkrim fut un des modèles de Hô Chi Minh, il ne s’en cachait pas, comme il fut celui de Guevara en matière de guérilla ! Dans les années ’20, installé à Paris, il suivait la guerre du Rif pour l’Huma, dont il connaissait tous les ressorts …

  4. Qu’en est il du rôle de l’URSS dans cette victoire ?

  5. Oncle Ho et la guerre du Rif…:

    http://bougnoulosophe.blogspot.com/2008/11/oncle-ho-et-la-guerre-du-rif.html

  6. en quoi est ce que la défaite de Dien-Bien-Phu, et les milliers de morts qu’elle a fait, y compris les marocains du côté français ou du côté vietminh, constitue une victoire contre le colonialisme ? ce fut “une glorieuse victoire pour le communisme“, et la division immédiate du pays suite aux accords de genève de 1954 ! dans cette boucherie, que les combattants du côté français ont appelé la “Cuvette“; coupés du monde, leur calvaire à duré des mois, le seul ravitaillement se faisait par les avions américains, et même les parachutistes largués de nuit étaient mitraillés avant d’atteindre le sol !

    Dien-Bien-Phu c’est aussi une “victoire“ acquise non sans avoir versé le sang de quelque 40.000 viet minh…commandés par le grl Giap contre environ 10.000 dans les rangs français, et ce n’était que le début car les vietnamiens connaîtront la division, la guerre, et le génocide au nom de la lutte contre le colonialisme par leur propres frères du parti communiste.

    faut-il rappeler aussi que l’administration coloniale au Vietnam était déjà pratiquement démantelée en 1945 apres le passage des japonais, il ne restait que la guerre et quelques colons français qui fuyaient les uns après les autres… jusqu’à Dien Bien phu en 1953.

    en somme, vous nous livrez là un impressionant exercice de récup, de révision, de prétentions et de recyclage nauséabond ! dans cet extraordinaire billet, l’histoire crache le morceau en 10 minutes ! torturée de cette manière, 2 secondes auraient suffit !

    et de grâce, la prochaîne fois, evitez d’associer Abdelkrim el khattabi ou n’importe quel marocain à votre euphorie intellectuelle sanguinaire et révisioniste, car même les resistants ne seraient pas d’accord avec cette lecture jouissive de l’histoire, encore moins les communistes qui ont aussi beaucoup de sang sur les mains.

    que tous ceux qui y a trouvé la mort reposent en paix.

  7. @ Driss: Je n’arrive pas à vous suivre. Les colonisés devaient-ils se retenir car leur lutte pour la liberté allait faire des victimes dans leurs propres rangs que dans ceux du colonisateur? Si votre sympathie pour le "calvaire" des colons s’exprimait aussi à l’adresse des colonisés, votre commentaire jouirait d’un brin de lucidité.
    il est vrai aussi que la nostalgie coloniale a très bien aussi été intégrée par les colonisés de l’esprit..

  8. @ driss – Com 6

    – Sur le fond :

    D’accord avec votre analyse sur toute la ligne

    – Quant à la formulation de votre Com :

    Pas d’accord sur la manière dont formulez votre argumentation, notamment sur les derniers paragraphes, que je trouve excessif et discourtois envers notre hôte !

  9. Pour résumer le propos de Driss, de manière intelligible, c’est un garçon fort confus… :
    1. "la guerre c’est pas bien, même quand on est colonisé…, parce que y a ‘ toujours des morts"… Bigre quel penseur !
    2. "Les communistes, ils sont vilains…". Heureusement, ils ont été remplacés depuis peu par les musulmans, merci Saint Huntington …

    La décolonisation véritable commence par la décolonisation mentale… Pour toi, Driss, ya du boulot et un sacré boulot !

  10. @ moul, il faut laisser l’enseignement de l’histoire aux personnes qui la connaissent et qui sont plus modestes !

    tu as parfaitement le droit de défendre les préjugés et les conclusions sur ce blog nombril du monde…( t’goul hna n’bat ) ! pas étonant qu’il suscite l’admiration et l’enthousiasme de tant de ”résistants” de la dernière heure dans votre genre… pour leur regler leur compte aux colons, et aux marocains et autres légions étrangères qui sont morts comme des chiens et permis cette victoire à Stalline !

    @ alibaba

    discourtois… peut-être, mais il y a des limites à faire de la désinformation ! au point de mettre des liens faciles avec abdelkrim et le colonialisme comme s’il s’agissait des innombrables liens web ”savants” dont l’hôte se sert pour décorer la bibliothèque et impressionner la galerie ! sans rancune !

  11. Qui plus est, et c’est peut-être ça le fond du problème, Driss est un garçon plein d’envie et de ressentiment… On devine à sa « pensée pro coloniale » qu’il aurait voulu être blanc… Rien de bien neuf, hélas : sinon, les symptômes de la haine de soi…

  12. driss: florilège – "en quoi est ce que la défaite de Dien-Bien-Phu (…) constitue une victoire contre le colonialisme", "les vietnamiens connaîtront la division, la guerre, et le génocide au nom de la lutte contre le colonialisme par leur propres frères du parti communiste", "faut-il rappeler aussi que l’administration coloniale au Vietnam était déjà pratiquement démantelée en 1945", "evitez d’associer Abdelkrim el khattabi ou n’importe quel marocain à votre euphorie intellectuelle sanguinaire et révisioniste" – comparer avec "il faut laisser l’enseignement de l’histoire aux personnes qui la connaissent et qui sont plus modestes" et "pour leur regler leur compte aux colons, et aux marocains et autres légions étrangères qui sont morts comme des chiens et permis cette victoire à Stalline" (mort en 1953, soit une année avant Dien Bien Phu) et "des liens faciles avec abdelkrim et le colonialisme comme s’il s’agissait des innombrables liens web ”savants” dont l’hôte se sert pour décorer la bibliothèque".

    I rest my case.

    alibaba: je m’inquiète pour toi que tu partages les opinions de notre agrégé d’histoire, quant à son ton – ma foi, un proverbe suédois dit "tomma tunnor skramlar mest" – les tonneaux vides font le plus de bruit.

    moul, pol pot: la John Birch Society a sa filiale indigène, à moins que ce soit le fan club de Jean-François Revel…

  13. Mao Zedong, Hô Chi Minh, Che, Fidel, Tito…disaient et répétaient eux-mêmes avoir beaucoup appris du leader rifain. En 1971, recevant une délégation du Fatah, Mao Tsé-toung leur déclara : « Vous êtes venus pour que je vous parle de la guerre populaire de libération alors que, dans votre histoire récente, il y a Abdelkrim, qui est une des principales sources desquelles j’ai appris ce qu’est la guerre populaire de libération. » !

    De Tito à Hô Chi Minh, en passant par Mao Tsé-Toung, Abdelkrim imposera le respect et deviendra un exemple à suivre pour se débarrasser des empires coloniaux.

    Abdelkrim, avec ses petits groupes mobiles de combattants courageux qui étaient dans leur environnement qu’est la montagne rifaine comme « des poisons dans l’eau », inventa une technique de guerre qui allait faire le succès de toutes les armés de libérations du vingtième siècle : la guérilla. Reconnaissant la dette qu’ils lui devaient pour son courage et son combat pour la dignité, Hô Chi Minh et Mao Tsé-toung le qualifièrent « notre précurseur ».

    Selon l’écrivain Louis Aragon, « Abdelkrim fut l’idéal qui berça notre jeunesse». Pour le journaliste américain Vincent Shean qui a visité le Rif en 1924 pendant la guerre, Abdelkrim était l’un des deux hommes l’ayant le plus impressionné durant toute sa vie. Le deuxième n’étant que le symbole même de la résistance pacifique : Gandhi !

    Sans exagérer, Abdelkrim est le symbole même de la résistance et de la liberté des petits peuples. A l’instar des figures historiques mondiales entrées dans le Panthéon et les mémoires collectives, Abdelkrim devrait légitimement prétendre à cet honneur dans son pays !

  14. Je me permets un com mi-hors sujet mi-dans sujet.
    Je trouve dommage que "driss" ait présenté ses coms et ses arguments avec des excès dans le propos qui sont allés jusqu’à l’insulte.
    La discussion entre lui et IK aurait été fort intéressante.
    Dommage.

    PS : @ IK, tu vois pourquoi je parlais de cours de philo…

  15. Citoyen: sale coco va! ;-)

    une marocaine: arguments? Are you shitting me? Quelqu’un qui écrit qu’une défaite n’est pas une défaite, qu’un événement en 1954 est la victoire de quelqu’un mort en 1953, qui avance que l’administration coloniale était démantelée à compter de 1945?

  16. @ IK,
    Ben voilà. Dans ta réponse à "driss" en dehors de l "I reste my case"

  17. Pardon c’est parti tout seul plutôt une fausse manip
    Je voulais dire :
    Dans ta réponse à "driss" en dehors de la remarque sur l’année de la mort de Staline ta réponse se résumait à "I rest my case". Mais c’est aussi compréhensible compte tenu de son com.
    Et je disais que c’était dommage de ne pas débattre même si et surtout quand les positions sont divergentes.

  18. Le mort en 1953, victorieux posthume, dont parle I.K. c’est bien sûr Staline, Oncle Jo pour les intimes !

  19. une marocaine: je ne suis pas thérapeute, discuter avec quelqu’un qui croit que Napoléon a gagné à Waterloo ne m’intéresse guère.

    Aïcha Q, tu comprends le peu de goût que j’ai à répondre aux commentaires, ce que je fais malheureusement trop souvent?

  20. @ Driss: je ne suis pas intéressé par une bataille rhétorique avec ta personne. Faudrait surtout mettre à jour ton discours. Les communistes, depuis plus d’une décennie ne font plus partie des méchants. Regarde Benabdellah et Naciri!
    Quant à juger de l’utilité du combat pour la liberté par le nombre de morts qu’il a pu générer ou le régime politique qu’il pourrait enfanter, heureusement que les vietnamiens, Abdelkrim, Zerktouni sans parler de Marrat ou de Robespierre n’ont pas ton infinie sagesse.

  21. quand M. le tonneau plein est à court d’arguments, il cherche à attribuer la fin du communisme à la mort de Staline ! vous avez beau appeler la guerre d’indochine une guerre de libération, mais c’était le premier conflit de guerre froide dans lequel les deux super puissances mondiales finançaient la guerre; les soviétiques et la chine finançaient le Viet Nam; et les etats unis la france !

    oui M. je sais tout ( le tonneau plein ), l’administration française a bel et bien été démantelée en 1945 ( le 9 mars ) suite à un revers des japonais avec qui les français collaboraient… il s’en suivit la proclamation de l’indépendance du Viet Nam le 2 septembre de la même année, et des accords avec la france pour permettre aux troupes françaises de revenir à Hanoi sous commandement Viet Minh. et bien sûr ça n’a pas marché et le 19 décembre 1946, à été le début de la guerre d’indochine jusqu’a la défaite de Dien Bien Phu. qui en passant je n’avais jamais dit que c’était une victoire pour la puissance coloniale qu’était la france !

    pour que le maître des lieux soit content, non seulement il faut abdiquer devant ce billet révisioniste et crapuleux, mais en plus si on se fie à son raisonnement, tous les régiments marocains ayant combattu et sont morts au combat pour la france sont peut être à classer dans la même case que les Harkis algériens; c’est à dire des traîtres ou des collabos ! ce billet qui pue la charogne est à deux doigts de le supposer !

    abdelkrim n’a jamais fait la même guerre qu’ont mené les viet minhs, et les marocains morts au combat même pour la france sont morts en héros. si vous avez de la difficulté avec ça; c’est pas le problème des autres ! et ne vous avisez surtout pas de donner des leçons d’histoire ou de morale anti colonialiste, vous êtes vraiment mal placé pour le faire…, ceci dit rien ne vous empêche de continuer à faire semblant ! c’est le dernier de mes soucis !

  22. Une question absurde et récurrente revient dans les textes d’histoire dictés par l’esprit impérialiste : Comment Abdelkrim peut-il chercher la guerre avec le pays qu’il aime (la France) !?.

    Rappelons qu’à la veille de la guerre du Rif, le Cartel des gauches (de tendance colonialiste) arrive au pouvoir en France. Gaston Doumergue (1924-1931), radical-socialiste, devient le président de la IIIème République, et le ministre de la Guerre était le mathématicien et l’aviateur Paul Painlevé.

    La France entre officiellement en guerre contre la république rifaine, exactement le 9 avril 1925. Car devant les succès d’Abdelkrim sur les Espagnols et surtout sur les positions Françaises à la frontière du Rif, la panique gagna très vite Fès et les villes au pied de la chaîne Rifaine sous le contrôle de la France. L’armée française va prêter main-forte à l’armée espagnole, en mobilisant de grands moyens, des bateaux de guerre et des avions et en procédant à des bombardements, avec usage de bombes toxiques asphyxiantes.

    Les Rifains attaquèrent alors la tribu des Beni Zeroual où le chef de tribu Chérif Derkaoui incitait, à partir de sa Zaouia , ses fidèles à prendre les armes contre Abdelkrim. La bataille dure 2 semaines, fait des milliers de morts et le Chérif, vaincu, se réfugie à Fès. Malgré l’artillerie et l’aviation françaises qui se sont illustrées par leur destruction massive, les troupes rifaines avancèrent et réalisèrent des victoires successives. L’abandon de Taza est sérieusement envisagé et Fès et Meknès se trouvent mise en péril par l’avancée des troupes d’Abdelkrim.

    Totalement soutenu par le ministre de la Guerre Paul Painlevé qui signe un accord avec le dictateur Primo de Rivera (soutenu par le parti africaniste) le 17 juin 1925 à Madrid, le Maréchal Pétain est alors désigné le 13 juillet pour mener la guerre hispano-franco-rifaine. En plus de nombreux bataillons militaires espagnols, le Maréchal a disposé d’un régiment de plus de 100 bataillons sans compter les supplétifs les harkas du Makhzen, plus de 350 000 hommes.

    La nuit du 6 au 7 septembre 1925 commença le débarquement franco-espagnol sur la côte d’Alhucemas (Al-Hoceima) de 16.300 soldats embarqués dans 63 bateaux civils, 33 de la marine espagnole, 8 de la marine française. Ce déploiement militaire est accompagné par un bombardement intensif de la région par environ 88 avions et 12 hydravions, dont plusieurs pilotés par des Américains ; voir l’article : « Des Américains dans la guerre du Rif », de William Dean professeur d’histoire militaire comparée à l’US Air force air Command and Staff college (Alabama) ; mis en ligne le 29 août 2008 dans la Revue historique des armées :

    http://rha.revues.org/index2393.html

    Alors que l’armée d’Abdelkrim était à peine formée de 5000 guerriers. La résistance des tribus rifaines sera longue et difficile…

    Lors de la trêve de l’hiver 1925-1926 une Conférence de paix est organisée à Oujda sous le contrôle français entre les belligérants mais elle s’est soldée par un échec total. A cette époque là, il y avait deux opinions complètement opposées qui s’affrontaient en France : l’opinion des surréalistes et des communistes et celle des socialistes et de la droite.

    Selon les reporters de l’époque, cette conférence entendait offrir la paix aux Rifains…tout en soutenant l’œuvre civilisatrice de la France dans son entreprise coloniale. La France est vue alors, par les colonialistes et les politiciens de droite, comme un pays qui avançait des offrandes idéales : la construction, la civilisation et la paix. La colonisation sera qualifiée comme une action humanitaire.

    Par contre, les surréalistes et les communistes diront de cette conférence de paix : « Ceux qui ne comprennent pas qu’une victoire des rebelles rifains sur les troupes franco-espagnoles est un événement révolutionnaire sont incapables de rien comprendre à la révolution »…

    Le Rifain est dit révolutionnaire, c’est-à-dire doté d’un projet de société libre et égalitaire, et il comprend ce que veut dire la révolution. Que cet anticolonialisme soit manifeste ou flatteur, ce qu’il soulève d’important, c’est que les surréalistes et les communistes n’ont pas adhéré aux arguments colonialistes de l’époque : solidarité, civilisation, progression, pacification, amitié, développement, stabilité…

    L’enseignement de la guerre du Rif est de nous montrer clairement la capacité d’un petit peuple à contenir et vaincre une armée moderne et organisée quand il défend sa patrie, sa liberté et sa dignité avec génie et sacrifice. Les Rifains ont le mérite de donner cette leçon au monde entier.

  23. Maestro Didi, la prochaine fois, relis-toi avant d’écrire plutôt qu’après…

  24. L’analyse de Bloomer peut être complétée (en partie invalidée..) par celle de Douglas Porch – lire ‘The French Secret Services’ (1995) qui note que l’armée française avait un réel – mais caché – objectif stratégique : le contrôle des plantations d’opium. Avant la guerre, le trafic d’opium était (tout à fait légalement) une des principales sources de revenu de l’administration coloniale. Après guerre, il est devenu illégal et les importations de Chine ont cessé mais il a continué (avec l’aide de gangsters) pour financer la guerre coloniale (la métropole étant peu fortunée à l’époque et manquant aussi d’enthousiasme). C’est pourquoi l’armée a poussé à la constitution de ‘maquis’ prétendument anti-communistes mais dont la principale raison d’être était le contrôle de nouvelles plantations au Nord. C’est la raison pour laquelle l’armée s’est trouvée amenée à protéger des régions relativement perdues: si les plantations avaient été dans des régions urbanisées, elles auraient été peu discrètes aussi. Le désir de continuer à disposer de cette source de revenus (et de la refuser à l’adversaire) a été le facteur X qui a faussé le jugement des généraux français.

  25. @ IK – Com 12

    Merci de t’inquiéter pour moi …mais j’estime que l’on attribue à la bataille de Dien Bien Phu "des vertus" qu’elle n’ a pas, en tout cas pas pour nous marocain .

    Car, je te rappelle que, le 16 Août 1953, les marocains de l’Oriental, digne héritiers d’Abdelkrim, ont défié le colonisateur français à Oujda, Berkane et dans tout le Maroc oriental.

    Ce Maroc là n’a donc pas attendu la bataille de Bien Dien Phu (7/05/1954) pour s’insurger contre le colonisateur et engager le combat en vue de "se libérer des chaînes de l’asservissement…."

    Et ces "émeutiers là" (pour employer la terminologie du colonisateur) ne bénéficièrent d’aucune aide extérieur (peut on en dire la même chose du Gal Giap ?)

    Ils ne remportèrent certes pas la bataille ….mais leur courage et leur détermination eut un profond retentissement chez nous et stimula les résistants dans les autres régions du Maroc (et pas Bien Dien Phu).

    De mon point de vue donc , Bien Dien Phu reste d’abord un Waterloo " asiatique" pour les français qui tenteront de laver l’affront de leur armée sur l’Algérie….et ensuite un épisode de la guerre la guerre froide !

    Enfin, associer le non de l’émir Abdelkrim El Khattabi à ceux de Nguyên Giap et à Hô Chi Minh ne me paraît pas d’un bon goût sachant que ceux ci sont célèbres certes pour leurs " faits d’armes" mais également (et peut être surtout) … pour les purges sanglantes qu’ils ont pratiquées dans les rangs des nationalistes non communistes.

  26. @ IK

    Mille excuses : mon commentaire a été émis malencontreusement en double.
    Merci de supprimer le N°25

  27. @ alibaba

    Que l’on veuille ou non, Mohammed Ben Abdelkrim reste le precurseur de la technique de la guerilla contre une armée coloniale régulière.
    C’est une référence absolue pour tous les révolutionnaires et guerilleros, notamment du Sud Est asiatique.
    Mao Tsé toung lui a resevé un long chapitre dns ses "Ecrits militaires", idem pour le General Giap qui connaissait pratiquement tous les récits et techniques de guerre de par le monde y compris l’epopée de notre Héros Marocain Mohammed Ben Abdelkrim.
    Bien qu’il ne soit pas de leur famille idéologique, il a forcé l’admiration des autres commandants militaires qui devraient faire face aux armées coloniales.

    Donc, qu’en se le dise ! Nous sommes fiers de Notre héros National Mohammed ben Abdelkrim Al Khattabi et de tous les guerriers Marocains oubliés, notamment Moha Ou Hammou Zayani, Moha O saïd, al Hiba, Cheikh Ma al Aïnine, Mrebbi Rebbo, et bien d’autres chefs de tribus résitantes arabes ou berbères qui ont fait face de manière héroïque et courageuse à l’armada coloniale.

  28. C’est bien une guerre et non une simple opération de police qui s’est pourtant déroulée dans le Rif, dans laquelle la France a été engagée officiellement à partir d’avril 1925, mais que les Espagnols avaient déclenchée en 1900 sans parvenir à la terminer. En 1909-1910, les Espagnols avaient déjà subi une série d’humiliantes défaites, dont l’onde de choc s’était répercutée sur le continent après la grande défaite le 21 juillet à Anoual, El desastre de Anoual et celle en décembre 1924, lors du désastre de Chefchaouen… Cette guerre coloniale, extrêmement violente, marque pourtant une étape décisive dans l’histoire de l’anticolonialisme, dans l’histoire de la France coloniale et celle de l’Espagne et du Maroc.

    A l’époque, la révolution rifaine a bien agité le monde révolutionnaire de France et d’Europe. Abdelkrim, pourtant, n’est pas communiste ; mais il comprend que cette agitation est un levier sur l’opinion française. Il était devenu le héros des gauches françaises et espagnoles et la Confédération générale du travail (CGT) lui avait manifesté sa solidarité en organisant une marche de protestation à Paris en novembre 1925. L’Union soviétique, Staline et le Kominterm lui exprimèrent aussi leur sympathie. Il est incontestable, que l’avènement du bolchevisme a favoriser les thèses de l’anticolonialisme dans les milieux intellectuels . La surenchère communiste contraint d’ailleurs les socialistes à réviser progressivement leur attitude de soutien au Cartel. Les surréalistes prennent parti également pour le Rif. Aux États-Unis, avec une administration particulièrement à gauche, Abdelkrim était considéré comme un brave républicain nationaliste, opposant une résistance héroïque à une domination européenne rétrograde. Mais où l’on retrouve aussi une poignée d’Européens, marginaux fascinés par le personnage ou déserteurs gagnés à sa cause, qui offrent à son armée une expérience et des services à la cause rifaine.

    La guerre du Rif est un enjeu clé de l’histoire espagnole. Elle a porté le dictateur Primo de Rivera au pouvoir, et a constitué pour Francisco Franco la base arrière et le principal réservoir pour sa guerre civile. Elle est à l’origine de l’entente de Philippe Pétain et de la droite traditionaliste et fasciste de la péninsule. Le besoin était urgent que soit porté le coup de grâce à la jeune « République du Rif », qui menaçait l’équilibre des Colonies en Afrique du nord voire au-delà. Le risque d’une contagion qui enflammerait les colonies était évident.

    Sous l’œil attentif du dictateur Primo de Rivera, le maréchal Pétain reçoit en février 1926 à Tolède la médaille militaire des mains du roi Alphonse XIII. Le 14 juillet 1926, sous l’Arc de Triomphe une photo immortalise la coalition des vainqueurs de la guerre du Rif : le gouvernement français représenté par Aristide Briand, Président du Conseil, entouré d’Édouard Herriot, Paul Doumergue et Philippe Pétain, le gouvernement espagnol représenté par le dictateur Primo de Rivera et le Makhzen représenté par le sultan Moulay Youssef.

    Abdelkrim promet l’indépendance pour le Rif d’abord puis pour tout le Maroc ensuite. Déclenchée pour empêcher la soumission du Rif aux Espagnols, la guerre prend au fil du temps une nouvelle dimension : après ses victoires retentissantes contre les troupes espagnoles, il ne peut plus s’agir seulement d’interdire le Rif à l’Espagne, mais de remporter le combat dans la zone sous l’autorité française…Selon Lyautey et ses collaborateurs les objectifs d’Abdelkrim sont devenus clairs : l’indépendance totale du Maroc et la déposition du sultan soumis aux étrangers s’imposent rapidement comme étant les véritables buts d’Abdelkrim dans son offensive vers le sud.

    Pour anéantir la résistance des Rifains, les gaz de combat sont massivement utilisés par les Espagnols, qui se sont dotés d’un arsenal chimique grâce à un programme lancé avec l’aide allemande en 1921. Lyautey, le grand oriental protecteur du Maroc et de son Makhzen, sollicite lui aussi l’utilisation des armes chimiques pour stopper l’offensive rifaine en 1925 sur la zone sous l’autorité française. C’est finalement une armée européenne, formée à l’épreuve de la Grande Guerre, une armada dirigée par Pétain, qui met un terme à la guerre par l’écrasement massif et systématique de la rébellion rifaine En mai 1926, la guerre de grande envergure est terminée. Il est difficile d’évaluer le nombre de victimes chez les Rifains, mais il est incontestablement élevé, tant chez les civils que chez les combattants à cause de l’utilisation des armes chimiques dont les séquelles sont encore présentes et visibles à nos jours…

    Quelques mois plus tard, après l’écrasement de la révolte rifaine et l’exil d’Abdelkrim à l’île de la Réunion, le fondateur avec Jean Jaurès du parti socialiste, Aristide Briand reçoit le prix Nobel de la paix !

    Abdelkrim est envoyé en exil à l’île de la Réunion. Il s’en est sorti vingt ans plus tard, lors d’une escale à Port-Saïd pendant son transfert en métropole. Mais son rêve reste inachevé: « J’ai vu mes idées s’évanouir l’une après l’autre. Comme dans beaucoup de pays d’Orient, l’arrivisme, l’esprit de corruption se sont introduits dans notre cause nationale ». Quel aurait été son Maroc ?

  29. @ al-maghribi

    Tu me confortes dans mon opinion : nos résistants (Abdelkrim en tête) n’ont pas eu besoin de stimulant style bataille de Dien Bien Phu ..pour s’insurger contre le colonisteur.

    Par ailleurs que MAO , GIAP et autre Ho Chi Minh se soient inspirés de "l’art de la guérilla" de l’émir Abdelkrim ..cela nul ne le conteste…
    C’est un motif de fièrté pour tous les marocains.

    Mais le rapprochement entre Abdelkrim et ces révolutionnaires doit s’arrêter là .

  30. @ ali baba

    la propagande communiste a fait bien des ravages au nom de la lutte anti colonialiste; camps de concentration; famines; exécutions; guerres psychologiques… et ça continue. ils ont tout le temps essayé de coopter les Abdelkrim et même les Benbarka, et sont à la base de ces mythes fondateurs du communisme libérateur des peuples…

    Abdelkrim et même Benbarka, même s’ils ont eu des rapports avec le PC français et les autres à travers le monde, ils ont toujours su garder leurs distances pour ne pas tomber justement dans le piège de devenir des agents de Moscou. le problème n’étant pas le communisme en soi, mais les methodes utilisées par la nomenclatura de ces partis…

    bien vu !

  31. Pour compléter le propos de "citoyen", Abdelkrim c’est toujours refusé de retourner au Maroc, malgré les invitations répétées d’ Hassan II… Il a même planifié son enterrement en Égypte lors de sa mort ! Sa dépouille a été subtilisée, après bien des tractations avec les autorités égyptiennes et sa famille, par le pouvoir makhzenien… Alors que les nationalistes à la petite semaine façon Driss et Ali Baba, calme leur ardeur… Un peu de décence que diable !

  32. @ Nobo; ça fait un bout de temps que tu cherche a faire de la provoc ici… je ne sais pas si tu t’en rend compte, mais un nombre incalculable de marocains pensent comme toi, ils utilisent les heros de la résistance sans jamais avoir compris ni qui ils étaient, ni ce qu’ils faisaient ! juste pour faire du grabuge, juste pour dire qu’ils sont révolté… ! il faut pas s’etonner de voir la Zerouata du makhzen sévir de temps à autre… car sinon, le maroc serait pire que la bosnie, le rwanda ou le congo ! Abdelkrim etait pieu, cultivé, et certainement pas un communiste ni un agitateur. il n’a jamais fait de propagande pour qui que ce soit, et même en étant pas d’accord avec le pouvoir au Maroc, il n’a jamais mené de campagne de dénigrement contre son pays, ni appellé les gens à la haine ou à insulter les autres comme les energumènes comme toi !

    médites ça un coup ! le temps des mythes est fini, vous avez assez sali les figures comme abdelkrim en leur attribuant des faits avec lesquels ils n’ont aucun rapport. et sous pretexte de lutte pour la démocratie, utilisez ces hommes surtout lorsqu’il s’agit d’adresser les insultes, la haine et la propagande anti makhzen. ma foi, le makhzen a encore de beaux jours devant lui, avec des gens comme vous !

  33. Driss va promener ton analphabétisme dans d’autres lieux…Tu déshonores le peu d’honneur qu’il reste aux marocains…Tu as été humilié, ici, sans arrêt, ça doit souvent t’arriver vu ton tout petit capital culturel, et tu reviens à la charge, plus ramenard que jamais… Aussi limité que peu instruit, tu suintes la haine et le ressentiment : hargneux envers ses pareils et docile envers ses maitres… Tu es tout ce qui a de plus détestable au Maroc ! Une fantasia du pire à toi tout seul…Tu es une des nombreuse victimes (collatérales ?) du "maghzenisme"… Pauvre de toi et pauvre de nous !

  34. [...] Va voir à Dien Bien Phu si j’y suis… C’est ce que j’avais dit une fois, lors de mes études en France dans les 90s, à un étudiant français [...] [...]

  35. @ Nobo, tu fais bien de parler d’humiliation, car il ne s’agit que de cela dans le subconscient d’un sauvage à l’égo démesuré de ton espèce. il faut chercher les solutions dans l’education et dans la psychologie, la politique ne résoudra jamais ce problème ! autrement dit, l’humiliation que tu subit culturellement parlant dans la vie, trouve son origine dans la mauvaise education que tu as eu, et plus généralement dans les anomalies culturelles d’abord… ensuite sociales. pour t’en affranchir, tu fais porter le chapeau à la politique libérale de ton pays, et tu fais appel à ton imaginaire et aux figures mythiques de la résistance pour te sortir de là ! j’admets que ton cas peut être compréhensible, mais cela ne peut nullement être une excuse pour te laisser sombrer dans la démagogie que tu as hérité de tes pairs… je me considère moi même comme un sympathisant de gauche, et je ne suis pas bien d’accord avec les politiques ultra libérales de mon pays… mais tout de même, je dois bien admettre que mon education me sauve, et mes efforts personnels préservent ma dignité et ma liberté. a bon entendeur…

  36. Bravo driss, par les pouvoirs qui me sont conférés, je te nomme chef d’escadrille!

  37. Beaucoup ici à force de vouloir sanctifier Abdelkrim ignorent,de bonne ou de mauvaise foi qu’il avait un agenda politique historiquement connu et reconnu,savoir,l’indépendance du Rif.Ceux qui ont eu la chance de pouvoir lire l’excellent "la république du Rif" de Germain Ayach-Toujours interdit au Maroc- savent de quoi je parle.Bien évidemment celà n’empèchera pas certains "uncle Tom"bien de chez nous de continuer à nous chanter la ritournelle de l’Histoire de l’éducation nationale et à brandir la mémoire d’Abdelkrim comme étant un défenseur acharné du trône Alaouite et de l’intégrité territoriale du caftan marocain et de la zerbia rbatia…Mais bon il n’y a pas que l’Algérie qui a le monopole des Harkis,la difference c’est que l’Algérie a exporté les siens.

  38. Wydadi: un ouvrage de Germain Ayache, interdit au Maroc, lui l’ancien doyen de la faculté des lettres de Rabat, dont "Les origines de la guerre du Rif" ont été publiées par SMER à Rabat, et dont j’ai acheté il y a quelques années à Casablanca l’ouvrage inachevé, interrompu par sa mort, allah rahmou, "La guerre du Rif"? Ne confonds-tu pas avec l’ouvrage collectif de 1973 sur Abdelkrim et la république du Rif, souvent cité pour la préface d’Abderrahman Youssoufi consacrée au makhzen?

    Pour l’indépendance du Rif, je ne connais pas assez la question, mais j’imagine qu’elle ne peut se comprendre que dans le contexte de l’époque (1923-27) où le Palais était un instrument entre les mains de la France. Enfin, question à creuser.

  39. Le livre de Germain Ayache inachevé, interrompu par sa mort en 1990 fait suite à son premier bouquin « Les origines de la guerre du Rif ». Finalement, il a été publié grâce à l’initiative de sa fille, Evelyne Myriam Ayache : «Guerre du Rif », paru en 1996 et réédité en 2000 chez L’Harmattan. Ses bouquins n’ont jamais été interdits au Maroc !

  40. Dans un mémoire intitulé «La situation militaire et politique au Maroc et les mesures qu’elle exige» adressé le 20 décembre 1924 à Edouard Herriot, président du conseil, par le maréchal Lyautey, ce dernier affirmait que : «l’Etat rifain existe dès à présent, avec l’appellation de «République rifaine» avec un chef suprême (…) Abdelkrim est considéré ouvertement comme le seul et unique Sultan depuis Moulay Abdelaziz, vu que Moulay Hafid a vendu son pays à la France par le traité du Protectorat et que Moulay Youssef n’est qu’un fantoche entre mes mains. »

    Mais comme le relève pertinemment Maria Rosa de Madariaga, le maréchal Lyautey précisait bien qu’Abdelkrim est considéré comme Sultan et non pas qu’il se considère comme tel puisqu’il ne s’est jamais réclamé de ce titre.

    Voici le Traité de protectorat signé à Fès, 1912 par le sultan Moulay Abd el Hafid (1908-1912) et le ministre de France résidant à Tanger, Regnault .

    Journal Officiel, 27 juillet 1912, p. 677

    Traité pour l’organisation du Protectorat français dans l’Empire Chérifien, conclu à Fès, le 30 mars 1912 Le Gouvernement de la République française et le gouvernement de Sa Majesté Chérifienne, soucieux d’établir au Maroc un régime régulier, fondé sur l’ordre intérieur et la sécurité générale, qui permette l’introduction des réformes et assure le développement économique du pays, sont convenus des dispositions suivantes :

    Art. 1 – Le Gouvernement de la République française et S.M. le Sultan sont d’accord pour instituer au Maroc un nouveau régime comportant les réformes administratives, judiciaires, scolaires, économiques, financières et militaires que le Gouvernement français jugera utile d’introduire sur le territoire marocain. Ce régime sauvegardera la situation religieuse, le respect et le prestige traditionnel du Sultan, l’exercice de la religion musulmane et des institutions religieuses, notamment de celles des Habous. Il comportera l’organisation d’un makhzen chérifien réformé. Le Gouvernement de la République se concertera avec le gouvernement espagnol au sujet des intérêts que ce gouvernement tient de sa position géographique et de ses possessions territoriales sur la côte marocaine. De même, la ville de Tanger gardera le caractère spécial qui lui a été reconnu et qui déterminera son organisation municipale.

    Art. 2 – S.M. le Sultan admet dès maintenant que le Gouvernement français procède, après avoir prévenu le makhzen, aux occupations militaires du territoire marocain qu’il jugerait nécessaires au maintien de l’ordre et de la sécurité des transactions commerciales et à ce qu’il exerce toute action de police sur terre et dans les eaux marocaines.

    Art. 3 – Le Gouvernement de la République prend l’engagement de prêter un constant appui à Sa Majesté Chérifienne contre tout danger qui menacerait sa personne ou son trône ou qui compromettrait la tranquillité de ses États. Le même appui sera prêté à l’héritier du trône et à ses successeurs.

    Art. 4 – Les mesures que nécessitera le nouveau régime de protectorat seront édictées, sur la proposition du Gouvernement français, par Sa Majesté Chérifienne ou par la autorités auxquelles elle en aura délégué le pouvoir. Il en sera de même des règlements nouveaux et des modifications aux règlements existants.

    Art. 5 – Le gouvernement français sera représenté auprès de Sa Majesté Chérifienne par un commissaire résident général, dépositaire de tous les pouvoirs de la République au Maroc, qui veillera à l’exécution du présent accord. Le commissaire résident général sera la seul intermédiaire du Sultan auprès des représentant étrangers et dans les rapports que ces représentants entretiennent avec le gouvernement marocain. Il sera, notamment, chargé de toutes les questions intéressant les étrangers dans les empire chérifien. Il aura le pouvoir d’approuver et de promulguer, au nom du Gouvernement français, tous les décrets rendus par Sa Majesté Chérifienne.

    Art. 6 – Les agents diplomatiques et consulaires de la France seront chargés de la représentation et de la protection des sujets et des intérêts marocains à l’étranger. S.M. le Sultan s’engage à ne conclure aucun acte ayant un caractère international sans l’assentiment préalable du Gouvernement de la République française.

    Art. 7 – Le Gouvernement de la République française et le gouvernement de Sa Majesté Chérifienne se réservent de fixer d’un commun accord les bases d’une réorganisation financières qui, en respectant les droits conférés aux porteurs des titres des emprunts publics marocains, permette de garantir les engagements du Trésor chérifien et de percevoir régulièrement les revenus de l’empire.

    Art. 8 – Sa Majesté Chérifienne s’interdit de contracter à l’avenir, directement ou indirectement, aucun emprunt public ou privé et d’accorder, sous une forme quelconque, aucune concession sans l’autorisation du Gouvernement français.

    Art. 9 – La présente convention sera soumise à la ratification du Gouvernement de la République française et l’instrument de ladite ratification sera remis à S.M. le Sultan dans le plus bref délai possible. En foi de quoi, les soussignés ont dressé le présent acte et l’ont revêtu de leurs cachets.

    Fait à Fez, le 30 mars 1912(L.S.) signé REGNAULT(L.S.) – MOULAY ABD EL HAFID

    Source : République française, Journal Officiel, 27 juillet 1912, p. 677

  41. Et voici la traduction intégrale de l’espagnol de la lettre adressée par Abdelkrim aux Chefs d’Etat des grandes puissances européennes et à la Société des Nations à Genève le 6 septembre 1922, en plein début de la guerre du Rif. Ce document a été publié par Maria Rosa de Madariaga dans son ouvrage « España y el Rif » :

    « aux nations civilisées

    Nous avons déjà adressé des communications aux ambassadeurs de certaines puissances à Tanger, en leur exprimant nos griefs à l’égard de l’Espagne et nous ignorons si notre correspondance vous est parvenue. Aujourd’hui, nous faisons appel encore une fois à vos sentiments humanitaires et nous vous demandons d’agir pour le bien-être de l’humanité entière indépendamment de toute religion ou de toute croyance. Il est temps que l’Europe, qui a proclamé au XXème siècle sa volonté de défendre la civilisation et d’élever l’humanité, fasse passer ces nobles principes du domaine de la théorie à celui de la pratique ; il est temps qu’elle se dresse pour défendre les humiliés contre les agresseurs et qu’elle défende, face aux puissants, les droits des faibles que leur sens traditionnel de la dignité ne peut mener, sans apport de secours extérieurs, qu’à une seule fin : l’autodestruction.

    Le Rif est actuellement le théâtre d’une guerre, une guerre injustifiée aux yeux du seigneur, qui causera la destruction inutile de beaucoup d’Espagnols et de Rifains.
    Les Espagnols croient que l’Europe les a chargés de réformer et de civiliser le Rif. Mais les Rifains demandent : « Est-ce que la réforme consiste à détruire des maisons en utilisant des armes interdites, est-ce qu’elle consiste à s’ingérer dans la religion d’autrui ou à usurper ses droits ? Ou bien n’est-elle qu’un mot pour désigner l’annexion de la terre des autres sous couvert de protection ? L’objectif de la protection est de préserver les droits et de protéger les sujets en question, et l’Europe peut constater à l’heure actuelle que nous avons besoin de quelqu’un qui nous protège contre l’agression de ce pouvoir qui s’attaque à notre liberté, notre indépendance, notre honneur et nos femmes.

    Le soulèvement du Rif est le résultat de l’oppression et des abus de pouvoir par des jeunes Espagnols placés ici à des postes de commande. Ils ont autorité même sur les grands docteurs Musulmans, les fonctionnaires civils et les troupes indigènes ; c’est ainsi qu’ils ont commencé à prendre possession de la terre et des gens – ce qui nous rappelle les temps de la barbarie -, mais par le simple fait de porter le nom d’Européens, ils prétendent être des gens civilisés, alors qu’en réalité, loin d’être des réformateurs ou des protecteurs, ils ne sont que des conquérants aveugles.

    Le Rif a mené une existence libre et ses hommes sont sacrifiés actuellement dans la défense de leur liberté et de leur religion.

    Le Rif ne s’oppose pas à la civilisation moderne ; il n’est pas non plus opposé aux projets de réforme ni aux échanges commerciaux avec l’Europe. Le Rif aspire à l’établissement d’un gouvernement local : c’est un point fondamental pour la protection de ses propres droits ainsi que des droits des étrangers, conformément aux clauses des accords commerciaux qui lient les puissances européennes aux puissances d’Afrique occidentale. Mais le Rif ne veut pas que les rênes du pouvoir soient aux mains d’hommes qui reçoivent de l’or étranger en paiement de leur autorité et de leur patriotisme, qui livrent la terre et ses habitants à ceux qui leur offrent de l’argent et qui ne se soucient que de veiller à leurs seuls intérêts personnels. Ces hommes, sous le couvert de titres divers qui leur ont été conférés, ne sont à l’heure actuelle que les instruments des intérêts des Espagnols, et n’ont aucun égard pour la loi islamique et pour les coutumes nationales.

    Le Rif est soucieux d’établir un système de gouvernement pour lui seul, qui dépende uniquement de sa propre volonté ; il veut établir ses propres lois et ses traités commerciaux afin d’être le protecteur de ses droits sur le plan intérieur et international. L’Europe ne peut refuser un gouvernement de ce genre, tant qu’il ne s’oppose en aucune façon aux droits des Européens ou aux réformes ou à la civilisation.

    L’Europe entend qu’il existe au Rif un soi-disant «Khalife» avec un «Protectorat espagnol» et des «Protecteurs». Elle peut donc penser que ceux-ci sont établis constitutionnellement et qu’ils gouvernent en toute justice. Il n’en est rien.

    Le Rif a déjà fait appel à l’aide de ceux qui en Europe ont un sens de la justice, il a adressé une communication aux représentants des puissances, et il se trouve encore en armes pour chasser les destructeurs, dans l’attente d’une réponse des nations civilisées. Si celles-ci interviennent, et règlent le problème d’une manière satisfaisante pour le Rif et protègent les droits des deux parties, le Rif aurait alors la certitude que ces réclamations en faveur de l’humanité et de la civilisation étaient bien fondées; mais si elles se tiennent à l’écart et ne convoquent pas une conférence à laquelle les chefs du Rif seraient invités pour établir le bien-fondé de leurs déclarations et se charger d’exécuter tout accord conclu, il sera clair que l’Europe ne cherche qu’à lutter contre tout le monde Musulman avec n’importe quelles armes et par n’importe quel moyen.

    Cependant, nous ne pouvons pas penser que la conscience de ceux qui tiennent les rênes politiques du monde civilisé, qu’ils soient Présidents ou Princes, puisse accepter avec sérénité une telle ignominie ; nous entendons ici particulièrement les pays que des liens solides unissent au monde de l’Islam. C’est le temps lui-même qui comblera ou détruira nos espoirs et l’opinion des justes estimant le moment venu nos espoirs à leur vraie valeur.

    Quel était le but de l’Europe en réunissant la conférence d’Algésiras ?
    Cherchait-elle à établir la loi et l’ordre, à promouvoir le bien public et garantir la prospérité économique ? Si le motif était bon et exempt de toute convoitise ou de toute visée politique ou militaire (comme nous croyons qu’il le fut sans aucun doute), il répond exactement aux vœux du Rif. Le Rif n’a aucune objection d’aucune sorte à ces conditions. Tout ce qu’il veut est de se débarrasser de l’oppression espagnole, de l’agression militaire et établir son propre gouvernement local, avec une administration qu’il contrôlera lui-même.

    Est-ce que l’Europe trouve dans ce souhait quoi que ce soit de nuisible à ses intérêts ou une atteinte aux droits de ses communautés ? Y a-t-il quelque préjugé racial ou national qui l’oblige à fermer les portes de ses cercles politiques à ceux qui souffrent sous le joug espagnol ? Si l’Europe n’est pas prête à entendre les doléances du Rif et si elle considère que celles-ci sont loin de la vérité, laissons-la découvrir la vérité par la bouche des Espagnols mêmes, par ceux qui ont déclaré à leur parlement qu’il était nécessaire de se retirer à cause de leur échec et des outrages commis par les soldats et d’autres éléments, qui ne leur ont pas permis d’apaiser l’indignation et la colère du Rif.

    Voici les doléances que nous vous adressons ouvertement, ô, nations civilisées de l’Europe ! Que la paix soit sur vous !

    Signé : Mohamed Abdelkrim
    le 6 septembre 1922 »

  42. L’action historique d’Abdelkrim pose le problème de la réalité du nationalisme marocain à cette époque à propos duquel nous avions déjà échangé sur l’ancienne version du blog de notre hôte.

    « Mais le Rif ne veut pas que les rênes du pouvoir soient aux mains d’hommes qui reçoivent de l’or étranger en paiement de leur autorité et de leur patriotisme, qui livrent la terre et ses habitants à ceux qui leur offrent de l’argent et qui ne se soucient que de veiller à leurs seuls intérêts personnels. Ces hommes, sous le couvert de titres divers qui leur ont été conférés, ne sont à l’heure actuelle que les instruments des intérêts des Espagnols, et n’ont aucun égard pour la loi islamique et pour les coutumes nationales. »
    Confirmant ce que dit IK, « Pour l’indépendance du Rif, je ne connais pas assez la question, mais j’imagine qu’elle ne peut se comprendre que dans le contexte de l’époque (1923-27) où le Palais était un instrument entre les mains de la France », la lettre d’Abdelkrim se poursuit donc: « Le Rif est soucieux d’établir un système de gouvernement pour lui seul, qui dépende uniquement de sa propre volonté ; il veut établir ses propres lois et ses traités commerciaux afin d’être le protecteur de ses droits sur le plan intérieur et international ».
    Il s’agit donc d’une volonté séparatiste clairement affichée pour les raisons clairement affichées. Ma question est la suivante : pourquoi ce mouvement indépendantiste ne s’est circonscris que dans le Rif ? Pourquoi n’a-t-il pas fait tâche d’huile et n’a-t-il pas été relayé dans d’autres régions du Maroc ? Y avait-il alors d’autres résistants à la colonisation et quelle fût leur attitude ?
    Merci Citoyen pour tous ces documents fort intéressants que vous nous avez offerts.

  43. @ citoyen

    Tu es une mine d’or !

  44. Mea culpa c’est IK qui a raison,en fait je voulais parler de "Abdelkrim et la république du Rif,acte du colloque international"-édition F.Maspero- colloque qui eut lieu du 18 au 20 janvier 1973 sous la présidence de Charles-André Julien et auquel ont participé entre autres des noms aussi prestigieux que Jacques Berque et Vincent Monteil.
    Tout celà n’enlève rien au fond de mon propos et qui a été confirmé par la lettre posté par citoyen:

    "Le Rif est soucieux d’établir un système de gouvernement pour lui seul, qui dépende uniquement de sa propre volonté ; il veut établir ses propres lois et ses traités commerciaux afin d’être le protecteur de ses droits sur le plan intérieur et international. L’Europe ne peut refuser un gouvernement de ce genre, tant qu’il ne s’oppose en aucune façon aux droits des Européens ou aux réformes ou à la civilisation."

    Je voudrai juste ajouter pour ceux qui l’ignorent que Abdelkrim avait désigné un gouvernement moderne avec ministre des affaires étrangères,minitre des finances et toute la panoplie.L’une des devises qu’il aimait répéter était "d’Ajdir à Agadir".

  45. bienvenu dans le club du révisionnisme du grand frustré IK qui il faut bien se l’avouer à inauguré la formule de manière magistrale dans ce billet… il leur fallait aussi peu aux diseurs de bonne aventure qui l’on suivi pour se retrouver dans ce chaos idéologique ! d’abord, IK dans un élan guevarriste et une psychologie souffrant du trouble obsessionnel compulsif , nous apprend que Abdelkrim c’est le prophète des communistes qui font la guerilla au colonialisme et remportent des victoires écrasantes ! ensuite, les youyous fusent de toute part suite à cette épopée jihadiste qu’était Dien-Bien-Phu… par la suite on comprendra que Dien-Bien-Phu n’était qu’un pretexte pour aborder les choses sérieuses… comme le voulait IK. ! et voilà que Citoyen, en bon samaritain, débarque dans le processus de la “révélation “ et met l’accent sur la terre promise du Rif , sans oublier de citer la pensée “éclairée“ du grl Lyautey sur le “véritable sultan du Maroc à l’époque “… ! le wydad alors s’en mêle, distribue quelques “gratifications“ avant de se lancer sur le ton de la nostalgie et même de la culpabilité de ne pas avoir eu le passé qu’on aurait dû avoir…! enfin, c’est Philco ( spécialiste de pièces détachées electriques… en passant ) qui achève la conclusion.

    Dans ce salon prestigieux et raffiné conçu par des universitaires comme ik, les convives ne cessent d’échanger des civilités et des marques de respect, on a l’impression que maïtre IK docteur honoris causa, confortablement installé dans son fauteuil chesterfield, un single malt à la main, veille à ce que ses convives ne manquent de rien pour continuer cette introspection historique…

    je ne me suis jamais autant éclaté ! ce billet devrait faire l’objet d’une adaptation au cinéma, et pourquoi pas un Oscar pour la connerie monumentale !
    que Dieu bénisse le Maroc, et lui donne les moyens de former plus de psychologues, on en a réellement besoin !

  46. wydadi:le makhzen avait déjà depuis belle lurette un ministre des finances – wazir al beyt al mal – et un ministre des AE – wazir al bhar, rien de bien transcendant là-dedans.

    "L’une des devises qu’il aimait répéter était “d’Ajdir à Agadir” – ceci montre le caractère contingent de son séparatisme allégué, dont one trouve pas trace par ailleurs lors de son long exil, bien au contraire – il était animé par le panmaghrébisme et le panarabisme – ce dernier point devrait d’ailleurs donner une crise d’apoplexie à Ahmed Adgharni et consorts…

    driss: "que Dieu bénisse le Maroc, et lui donne les moyens de former plus de psychologues, on en a réellement besoin !" – ainsi que tes commentaires en fournissent l’imparable illustration…

    PHILCO: la résistance armée contre l’occupation étrangère franco-espagnole a été quasiment continue – dans la zone française, les dernières tribus résistantes ont rendu les armes en 1934 ou 37, je ne me souviens plus de la date exacte, et la résistance armée reprit en 1952 si je ne me trompe. Dans la zone espagnole, des zones comme Ifni ne furent jamais réellement contrôlées. L’occupation pacifique du Maroc fût donc très limitée dans le temps – une quinzaine d’années en zone française, et peut-être moins que ça encore en zone espagnole. Le fait que le Rif ait été un foyer de résistance se comprend pour quiconque y a mis les pieds – la topologie s’y prête, et de plus l’occupant espagnol était moins puissant et moins riche que l’occupant français – c’est d’ailleurs avec l’intervention française que la défaite d’Abdelrkim advint.

  47. « Le fait que le Rif ait été un foyer de résistance se comprend pour quiconque y a mis les pieds – la topologie s’y prête, et de plus l’occupant espagnol était moins puissant et moins riche que l’occupant français – c’est d’ailleurs avec l’intervention française que la défaite d’Abdelrkim advint. »

    La topographie ou la géomorphologie n’est pas la seule raison, malgré son importance…Il faut puiser les explications et les raisons dans l’Histoire particulière de cette région…Car même à l’époque Ottomane où l’Empire occupait et s’étendait sur presque la totalité des terres Sud de le méditerranée, seul le Rif lui échappait !

    Au contraire, à l’époque l’Espagne était en bonne santé, militairement parlant elle était intacte. Car, par sa position de neutralité, elle a été épargnée par la Première Guerre Mondiale…Et stratégiquement et géographiquement (l’Espagne est située à vol d’oiseau du Rif) elle était mieux placée que la France (c’est vrai que celle-ci occupait déjà l’Algérie depuis 1830…) car elle avait déjà sur place dans le Rif plusieurs bases militaires ou garnisons permanentes puisqu’elle occupait depuis le 15ème siècle certaines villes (Ceuta et Melilla) et la plupart des îles le long de la côte rifaine (Peñón de Alhucemas ou Nekor, Peñón de Vélez de la Gomera ou Badis, situées à quelques mètres de la côte; ces îles sont situées non loin des points d’atterrissage utilisés par la France et l’Espagne en 1925 pendant le débarquement d’Alhucemas et possédaient des garnisons permanentes depuis le règne du Charles II, roi d’Espagne, 1670) Isla Alboran (île de corsaire ottoman Al Borani située à 50 km de la cote rifaine) et Islas Chafarinas depuis le XIX situées à 3,5 km de la cote…)…

    C’est avec l’usage des bombardements chimiques massifs et aveugles et à une grande armada (environ 500.000 soldats) d’une grande coalition composée de la France, de l’Espagne et du Makhzen et c’est grâce en grande partie à l’aviation qui déversa les bombes toxiques (l’ypérite) sur tout ce qui bouge qu’ils ont pu anéantir la résistance rifaine…Le général de l’aviation espagnole Hidalgo de Cisneros fut le premier à larguer une bombe de 100 kilogrammes de « gaz moutarde » sur le Rif depuis son Farman F60 Goliath au cours de l’été 1924 (In autobiographie de Hidalgo de Cisneros : Cambio de Rumbo )…

    A partir de 1925, Abdelkrim combattait les forces françaises dirigées par Philippe Pétain à la tête de 200 000 hommes et une armée espagnole commandée personnellement par Miguel Primo de Rivera, soit au total 450 000 soldats…Il faut dire que le combat intense dura plus d’une année malgré tout ! Abdelkrim s’est plaint à la Société des Nations de l’utilisation par l’aviation française et espagnole de « gaz moutarde » sur les dschars et les villages rifains, mais les nations civilisées ont fait la sourde oreille. Finalement, après des négociations, Abdelkrim s’est rendu à l’armée française, demandant à ce que les civils soient épargnés. Il n’en sera rien même après l’arrêt des combats de grande envergure, des avions munis de « gaz moutarde » ont continué à bombarder des villages entiers. On estime à plus de 150 000 le nombre de morts civils durant les années 1925-1926…

  48. L’Espagne, en position de force? Pas si sûr: le meilleur spécialiste marocain de la colonisation espagnole, Abdelmajid Benjelloun, cite la formule de l’historien espagnol Victor Morales Lezcano sur le "colonialisme suppléant", et poursuit:

    "Ne disposant pas à proprement parler des attributs, nous dirions modernes ou contemporains, du colonialisme, pour n’avoir pas engagé son pays dans le capitalisme industriel triomphant, l’Espagne aura à souffrir durant toute l’histoire de son protectorat au Maroc, d’inhibitions congénitales assez graves. (…) C’est dire que l’Espagne ne disposait pas des moyens, notamment économiques, de sa politique de puissance au Maroc. Ayant extrêmement peiné dans son implantation militaire dans le pays, davantage que la France, toutes proportions gardées, l’Espagne dût de surcroît y mener une politique coloniale sui generis" (in "Spécificités du mouvement nationaliste marocain dans l’ancienne zone d’influence espagnole au Maroc", Abhath, n° 2-3, 1988, p. 67).

  49. Quand j’ai avancé dans le précédent post qu’il faut puiser les explications de cette ferme résistance du peuple rifain à ces deux grandes puissances européennes de l’époque (Espagne et France) alimentées par les indigènes en plus des forces supplétives du Makhzen…c’est qu’il existe des preuves historiques tangibles à mes dires et des antécédents à cette révolte rifaine face au colonialisme:

    Très loin dans l’Histoire (de la guerre du Rif) au VIIIème siècle et plus exactement en 710 sous l’Empire Omeyyade une grande révolte berbère (amazighe) éclata dans la région du Rif contestant d’une manière générale le pouvoir arabe au Maghreb et plus particulièrement la légitimité de ceux qui se réclament de la descendance du prophète mais sans remise en cause de l’Islam. Cette révolte est connue dans les annales de l’Histoire par « Kharéjisme berbère »…Et un Emirat berbère autonome voit le jour dans ce même Rif et régna sur la région jusqu’en 1019. Les vestiges archéologiques de la ville Nekor et de sa cité-port Mazamma sur la cote de la baie d’Al-Hoceima sont situés non loin d’Ajdir, la capitale d’Abdelkrim.

    Fondée par un Imam, Said Ibn Idris Ibn Salin Ibn Mansour, qui prêchait la religion rigoureuse au sein des tribus berbères fraîchement converties à l’islam. Fatigués par les restrictions rigoureuses de la religion qu’il prêchait, les Rifains le chassèrent en intronisant à sa place une autre personnalité d’origine rifaine connue sous le nom d’az-Zaydi de la tribu berbère de Nafza ou Nefza (dans un document historique de la BNF, Nefza est une confédération composée de Kebdana, de Gzannaya, de Mernissa, d’Ouriaghel, de Mastassa, de Soumata, de Ghassassa…).

    La principauté Nekor subsista plus de 4 siècles sous cette souveraineté jusqu’à ce que l’émir Azdâji Ya’la ibn Futuh l’ait conquise en 1019. Durant le Xe siècle, ce territoire joua le rôle d’État tampon entre le Califat omeyyade de Cordoue et le Califat fatimide d’Ifriqiya. Les textes et les études archéologiques sont unanimes sur l’importance urbaine, politique, militaire et économique que revêtait cette principauté pendant l’époque médiévale.

    Les Berbères habitués à un système communautaire ancestral et supportant mal la domination arabe, trouvaient dans le kharidjisme (doctrine kharidjite « kharidjisme ou kharéjisme» ) un cadre idéologique à leur révolte, dont la philosophie politique est plus proche d’une forme de pouvoir démocratique. Pour ses adeptes, le Califat, l’Imamat, la Commanderie ou le Gouvernorat doit revenir au meilleur « sans distinction entre les lignées et les races» et choisi par la volonté du peuple, et non pas forcément un descendant du prophète (ce que réclame le chiisme), ou un Chérif désigné par les sages (selon le sunnisme).

    Cette doctrine est une pratique puritaine de l’islam; elle prône la morale rigoriste et condamnant tout luxe. La foi n’a de valeur que si elle est justifiée par les œuvres. De ce point de vue, les Califes doivent mener une vie exemplaire et doivent être choisis par voie élective et non par voie testamentaire parmi les meilleurs musulmans sans distinction de race et de tribu. Pour les Kharidjites, tous les hommes sont égaux et donc les privilèges de l’aristocratie Quraychite instaurés par la dynastie Omeyyade sont condamnables. Le chef de la communauté des croyants (Chef de la Umma) doit être le plus pieux et le plus digne des musulmans, quelles que soient son origine et son ascendance. Par cette doctrine, les Kharidjites s’opposent radicalement au principe du sunnisme, selon lequel le chef de la communauté doit appartenir à la tribu des Quraychites (celle de Mahomet) ; et ils divergent plus encore avec le principe chiite, qui insiste sur le fait que le chef de la communauté doit être un descendant d’Ali, le cousin et gendre de Mahomet.

    En effet, le mouvement kharidjite trouve un grand écho en Afrique du Nord, où les Berbères récemment islamisés y voient une forme de résistance à l’arabisation des pouvoirs temporel et spirituel. En fait, le Kharijisme Berbère, dit modéré de point de vue de la pratique religieuse, était en Afrique du Nord un genre d’opposition aux dynasties arabes (Omeyades, Abbassides et Fatimides).

    Cette révolte a eu de grave conséquence au Maghreb et au Machrek : A part l’Emirat de Nekor, le reste du Maghreb se trouva dans une anarchie totale et en Orient les Omeyyades ont été renversés par les Abbassides qui prennent le pouvoir à Damas en 750. Suite à la chute des Omeyyades de Syrie, l’Ouest (Maghreb) de l’Empire échappa presque complètement au pouvoir central. L’Andalousie revint aux émirs omeyyades de Cordoue et le Maghreb éclata en plusieurs petits états (émirats) indépendants.

    Le Rif a toujours été autonome et le seul territoire côtier au sud la méditerranée à échapper à la domination de l’Empire Ottoman. Il n’a jamais été sous occupation directe que depuis 1927 et sous l’autorité du Makhzen que depuis 1959. Les tribus berbères qui habitent le Rif ont sans cesse résisté aux multiples invasions étrangères au cours de leur Histoire. Et le Rif a toujours été la région par excellence des opposants et de l’insoumission au Makhzen et refusant même de lui payer l’impôt.

  50. Le Maroc dans sa globalité est le seul pays arabe, avec le Yemen peut-être (?) – à n’avoir jamais fait partie de l’empire ottoman, pas seulement la régiondu Rif. Je ne suis d’ailleurs pas sûr que le Rif constituait une entité politique unitaire, d’où la difficulté à en parler de manière anachronique comme s’il constituait une telle entité.

  51. Tu es vraiment têtu Maître…ou cela est dû à ton nationalisme chauvin !

    Pour compléter ta connaissance historique, il faut savoir que l’Empire Ottoman n’a jamais été au-delà de la côte méditerranéenne…La domination turque était limitée géographiquement aux régions littorales et aux villes portuaires. Elle n’a jamais été à l’intérieur des terres…C’est pour ça ce que tu appelles « le Maroc dans sa globalité », le seul pays au sud de la Méditerranée n’ayant jamais fait partie de l’Empire ottoman…puisque la côte rifaine lui a échappé ! Sinon comment les turques pourraient occuper le Maroc sans occuper le Rif ?!!!

  52. Tiens, vérifie par toi-même la Carte de l’Empire ottoman si tu veux être + rassuré :

    Chez les historiens, le Rif au Moyen Âge correspondait à la Principauté de Nekor. Le Rif en tant qu’entité géographique tel qu’il existait avant la colonisation, à savoir un territoire délimité par des frontières (la notion des frontières est relativement récente) allant de Larache-Tanger à l’Oued de la Moulouya et au Sud vers Taza jusqu’à Fès. Il correspond plus ou moins au territoire sous protectorat espagnol de 1926 à 1956. Le Rif historique ne correspond pas seulement à ce qu’on considère comme étant le cœur du Rif, la région autour de la baie d’Al-Hoceima , de Nador et Melilla (le Rif Central et Oriental)…

  53. Je ne comprends pas très bien ton animosité: j’ai simplement écrit que le Maroc dans sa globalité n’avait jamais fait partie de l’empire ottoman, et que cela incluait donc le Rif, et je ne t’ai pas lancé des noms d’oiseau.

    Par ailleurs, pour compléter ta connaissance géographico-historique, le Rif ne couvre qu’une partie de la côte méditerranéenne marocaine, à moins de considérer Saïdia et Tanger comme des villes rifaines.

    Sur le statut unifié du Rif, et son extension au-delà de son acception géographique usuelle, je te demanderais des précisions sourcées.

  54. Il n’y a pas d’animosité de ma part cher ami…ce ne sont que des vérités historiques vérifiables par des outils objectifs… scientifiques, archéologiques, toponymiques (Tétouan= Tétaouine en rifain= les yeux) …

    Parce que selon toi, le Maroc, dans ses frontières actuelles, existait à l’époque ottomane ?!

    Pour ton Atlas géographique, la chaîne rifaine (dite géologiquement alpine. Le domaine rifain en géologie structurale constitue, avec la cordière Bétique, l’extrémité occidentale de la chaîne alpine d’où la Chaine Bético- Rifaine) s’étend sur une longueur de 400 km environ de l’Atlantique à la frontière algérienne (territoire de la tribu rifaine Kebdana), donc Tanger et Saidia sont incluses !

  55. [...] aurait également fallu citer, dans le cas du Maroc, Abdelkrim el Khattabi, dont je suis en train d’achever la passionnante biographie que lui a consacré la [...]

  56. Ho Chi Minh et Giap ont mis une bonne raclée au colonialistes français, et c’est ça qui compte.

    Après la bataille, ils n’ont pas fait fusiller les prisoniers ce qui est tout à fait généreux de leur part, vu le comportement des Français qui ont enrôlé des anciens SS pour continuer leurs crimes là-bas.

    Dans le contexte de l’époque, comparé à la brutalité des colonialistes de part le monde, il faut pas attendre que les Vietminh soient des saints non plus. Même à l’heure actuelle, quand on lit sur les forfaits commis par des Occidentaux depuis le 19sièce, en Asie comme en Afrique du Nord, j’ai encore envie de les étrangler.

  57. A propos de Driss
    Ce type a dû bouffer de la propagande coloniale ou il s’est pris pour un Français. Les Marocains morts au Viet Nam étaient des victimes des "slds" colonialistes Français qui emmènent les gens d’un pays combattre des innocents d’un autre pays. Quelle politique cynique.
    Le communisme n’est peut-être pas au niveau d’une société capitaliste moderne, mais dans le contexte de l’époque, où les armées anglaise et française ont forcé la porte de la Chine pour vendre de l’opium, il n’y avait beaucoup de choix. Remarquez que depuis l’avènement de l’URSS, les peuples colonisés ont commencé à mettre en déroute les envahisseurs. Avant, plusieurs tentatives ont échoué, y compris au Maroc.
    De plus, la supériorité du capitalisme n’est plus très sûr en période de crise actuelle.

    Le Viet Nam est un pays ancien ayant une tradition forte, plus vieux que la France. Les Français s’étaient vraiment trompé en le prenant pour une colonie arriérée. L’écrasement de l’armée française à Dien Bien Phu (et aussi la défaite des Américains plus tard) sont dus non seulement à la volonté d’indépendance des Vietnamiens mais également à leurs compétences technlogiques. Entre 1945 et 1954, le Viet Minh a fabriqué lui-même quantité de bazooka et autres munitions à partir de matériels de récupération pour mettre en échec les Français équipé du matériel américain de dernier cri.

  58. ENCULE et menteur

  59. Enchanté, moi c’est Ibn Kafka.

  60. .

    C’est à cause de la grande liberté, après le "colonialisme" qu’il y a eu les boats people ?….

  61. En signalant les collections de l’ECPAD, vous écrivez :"La version officielle du ministère français de la défense. Et aussi la médiathèque de ce même ministère, qui contient de nombreuses photos officielles de Dien Bien Phu, côté français. On ne peut pas dire que l’introspection ou la remise en cause soit à l’ordre du jour…"
    Les collections de photographies de l’ECPAD sur la guerre d’Indochine sont des documents historiques précieux et servent souvent à illustrer les ouvrages sur le sujet, quelque soit l’interprétation des auteurs. Que souhaitez vous donc ? Que l’ECPAD détruise ces clichés, les enferme dans un placard, refuse de les mettre à disposition du public ?
    Ce n’est pas le rôle de la médiathèque de la Défense de proposer une interprétation de cette guerre. Elle fait oeuvre de préservation et de transmission, un point c’est tout.
    Je ne travaille pas pour l’ECPAD mais je suis bibliothécaire, c’est pourquoi je vous adresse ces remarques auxquelles j’espère que vous prêterez attention.

  62. Il est navrant qu’un Marocain puise autant de haine envers la France qui accueille une grande partie de sa population dans l’hexagone en 2012 !
    Ayant fréquenté de pars mes activité nombre d’aigris de son espèce – je me souviens encore de propos d’un Iman Marocain parlant à un Algérien : Notre indépendance n’ayant pas été obtenue de pars le sang versé par les Français elle n’a que peu de valeur… et bah mon c….. ! .. Quand je pense que c’est un Marocain qui à assassine Massoud en Afghanistan … !
    La triste histoire c’est aussi de constater que DBP est encore d’actualité dans de nombreux domaines économiques et politiques de la France d’aujourd’hui ! Cela est d’autant plus visible que je réside au Vietnam depuis plus de vingt ans !

  63. Une vidéo sur Dailymotion sur la bataille d’Anoual, avec un "survivant" rifain.

    Gregor,est-ce que vous savez que le village etait rebaptiser par le Makhzen apres "l’independance"? Anoual est devenu "Taghzirt",aucune plaque commémorative,ou meme le nom du village est afficher quelquepart…effacer de la mémoire collective par tes semblables,les arabo/nationalistes Istiqlaliens.

    Instruit,juriste en plus,mais décidément la difference entre survivant et ancien combattant vous echappe…

    Ce honorable monsieur n’est pas un survivant,il est un ANCIEN COMBATTANT !!!

  64. Salir les mort , n’a jamais blanchis les vivants.

    Monsieur vous êtes un minables.

  65. Honte à vous ! Vous qui osez traiter le Général Bigeard de tortionnaire !
    L’Armée Française et couverte de gloire et ce n’est pas vous qui allez l’en défaire. Il y a eu torture en Algérie du coté français c’est une incontestable véritée, c’est vrais, mais Marcel Bigeard n’a jamais torturé, il a d’ailleur eu la réputation de respecter l’ennemi.

    Vous êtes trés mal renseigné ! Et vos commentaires sur l’histoire sont médiocres ! On ne réecrit pas l’histoire avec ses opinions politiques.

    Vous n’étes qu’un menteur et un salaud ! Vous insultez ceux qui sont morts pour leur pays . C’est le genre de type comme vous qu’il faudrait voir sur un champ de bataille, ferez vous toujours autant de politique dans de telles circonstances.

    Pour ce qui est du communisme, je n’ai jamais cru au grand soir rouge !

    A dien bien phu ces hommes ce sont battus jusqu’au sang, ces hommes etait légionnaires, artilleurs, parachutistes, du soldat volontaire à l’officier issu de saint-cyr en passant par le sous-officier décoré et chevroné ; ces hommes était des hommes !! des combattants !! Il avait une âme de lave et un corps d’acier. Leur mental était dur comme de la pierre, quand ils sont sortis des camps viets ils était toujours les combattants qu’ils étaits.

    Je cite l’histoire : Camp de prisonniers français tenu par les viets :

    Commisaire politique : Vous êtes des mercenaires vous vous battez pour l’argent tandit que nous, nous nous battont pour l’honneur !

    L’officier français : Vous avez raison , chacun de nous se bat pour ce qu’il n’a pas !

    Aussi quand vous dites que " les jeunes français ne savent rien de dien bien phu", j’ai 12 ans et je pense connaître ce moment sanglant. J’ai passé des heures et des heures d’études à étudier les témoignages autant du coté français que vietnamien.

    Mon arrière grand pére officier du BEP tué à dien bien phu. 8 croix de guerre et 5 blessures.
    Son frére griévement blessé en indo.
    Son autre frére tué en 1944 dans les Ardennes.
    Son pére trés griévement blessé à Verdun en 1916.

    Mon autre arrière grand pére tué dans l’ouarsenis en 1958 en algérie à la tête de son bataillon, il n’a jamais pu rencontrer son fils.

    Il ne se battait pas pour faire régner un impérialisme ou le colonialisme français , il se battait car ils aimait leur pays , leur armée , leur camarades, et parsqu’il était des hommes, des vrais !!

    Je pense que les combattants de l’armée Française n’ont rien à voir avec les combattants Viet pour qui le seul honneur était de se jeter sous les balles sans se battre.

    Ils avait le nombre mais nous avions la qualité d’une race de combattant.

    Nous sommes perdant de ces deux guerres, c’est normal , il en était assez du colonialisme et de profiter des richesses des autres , mais vous ne pouvez pas cracher et insulter des hommes qui sont irréprochables par l’attitude qu’il ont eu aux portes de l’enfer.

    Je méprise le colonialisme, le profit des richesses des autres et de leur pays, le viol de leur libertés, mais je suis fier de ce que l’armée française en indo et en AFN, et il faut le dire militairement nos combattants sont les meilleurs , ils sont les héritiers d’une armée vieille de plusieurs siécles.

    Je le répete vos propos sont honteux, c’est de la part d’un petit français qui est tombé par hassard sur son blog et qui a été blessé par ses propos.

    signé le jeune français qui n’est censez rien connaitre sur dien bien phu.

    vive la France ! Chic a cyr !

  66. Menteur !

  67. [...] Récents .25 on Va voir à Dien Bien Phu si j…SBE on Va voir à Dien Bien Phu si j…bencherif on Du policier au ministre, la [...]

  68. je suis fier de lire tes propos. Le général Bigeard était un homme valeureux et qui respectait ses adversaires. Ceux-ci après leur "glorieuse" victoire face au meilleurs troupes de choc française du paras légionnaires, troupes coloniales, BPVN ( bataillon parachutiste vietnamien) bataillons thaïs. c’est sur 15.000 contre 45.000 avec supériorité logistique, appuie canon et DCA c’est facile mais on a tenu jusqu’au martyre. alors bandes de néo-communistes allaient dans les goulags de staline voir les juifs et intellectuels, allaient dans les camps vietminh voir les cadavres de 7000 français morts a cause des tortures et privations fait souvent par des fils de chienne "patriotes" communistes français ayant désertés les leurs pour le vietminh.alors pour leurs souvenirs 3.300 vietnamiens français mort pour la France exécutés après la bataille par le vietminh en représailles de leur courage et dévouement pour la terre de France, pour les survivants c’est la marche de la mort vers les camps où 7.000 avec leur HONNEUR et FIDÉLITÉ sont mort seulement 3.000 rescapés rentreront en vivants avec de profonds traumatismes physiques et psychiques rejetés de la société lâche qui les avaient envoyés se battre sans moyens militaires adéquates. Alors bandes de merdes philosophes arrêtaient de les insultaient et aussi des photos de propagandes au niveau du et après 2 et 3 sont des reconstitutions vietminh puisque le cinéaste russe chargé de la propagande a pris toutes les photos et films français lors de la capture. Je suis Français et fier de l’être. et l’autre coco qui c’est nommé pol pot tu fais parti de la pire sous race qui existe ce monstre a fait assassiner des millions de cambodgiens après c’était un communiste il prend exemple sur Staline et son goulag.

    reposer en paix mes frères, car nous nous restons fiers de vous Dien Bien Phu !!!!

  69. je parlais des propos de SBE

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