Extermination: Dalal Abu Aïsha, 13 ans, a perdu parents et ses 4 frères et soeurs

tzipi-laughs2

Sur Al Jazeera, on voit Dalal Abu Aïsha, 13 ans, dont la famille a été littéralement exterminée par Israël: ses parents, ses deux frères et ses deux soeurs sont morts lors du bombardement de l’immeuble où se trouvait leur appartement. C’est grâce à la mort d’un cousin dans un bombardement la veille qu’elle a eu la vie sauve: elle s’était rendue chez sa grand-mère, pour présenter ses condoléances. Seul le chat a survécu. Elle a quelques photos – certains survivants, ayant perdu toute leur famille ou tous leurs enfants, n’ont même plus de photos-souvenirs, leur domicile ayant été rasé.

Je n’ai pas fait le calcul du nombre de familles nucléaires totalement ou quasi-totalement, comme dans le cas de Dalal Abu Aïsha, exterminées par l’armée israëlienne à Gaza.

Maroc, Algérie & Vénezuela: let me get this straight…

Résumons: le 15 janvier, le Maroc a rompu ses relations diplomatiques avec le Vénezuela au motif que "la république bolivarienne n’a pas cessé d’afficher ouvertement [son] hostilité au Maroc, joignant la parole aux actes, au plus haut niveau de l’Etat, portant ainsi un grave préjudice aux relations de bonne entente entre les deux pays", "en réaction à l’hostilité ouvertement affichée par ce pays à l’égard de l’intégrité territoriale du Maroc, compromettant tout effort de développement de la coopération bilatérale".

Des nihilistes, diffusant complaisamment la désinformation issue de complots ourdis à Algerl’étranger, ont avancé que cette décision n’était pas sans lien avec l’expulsion de l’ambassadeur israëlien du Vénezuela intervenue quelques jours auparavant, se basant sur les arguments farfelus que le Vénézuela reconnaît le Polisario depuis 27 ans, qu’Abdelaziz el Marrakchi s’est rendu en visite officielle au Vénezuela en 2004 et qu’un "ambassadeur" du Polisario a présenté ses "lettres de créance" au ministre vénezuelien des affaires étrangères en 2008, soit longtemps avant le 15 janvier. Un site vénezuelien avançait pour sa part que la rupture des relations diplomatiques était dû à un déplacement de l’ambassadeur vénezuelien en Algérie dans la ville algérienne de Tindouf, où le gouvernement algérien accueille, arme et finance le Polisario.

Le 21 janvier, on lit ceci:

Mohammed VI plaide à nouveau pour l’ouverture des frontières avec l’Algérie
21 janvier 2009
Le Roi Mohammed VI a réitéré la demande d’ouverture des frontières entre le Maroc et l’Algérie dans un message adressé ce lundi au participants du sommet arabe aux Koweït sous le thème "la solidarité avec le peuple palestinien à Gaza".

Le Roi a également exprimé ses regrets face aux "piétinements" de l’Union du Maghreb Arabe (UMA).

"En réitérant son attachement à l’ouverture des frontières entre deux peuples frères, le Maroc est loin d’en banaliser l’objectif et de le réduire à quelque avantage étriqué ou à un intérêt exclusif", a souligné Mohammed VI.

Il a dit regretté "les piétinements que connaît l’Union du Maghreb, du fait d’entraves artificielles, y compris la persistance de la fermeture absurde, par une seule partie, des frontières entre deux pays voisins".

Le 16 janvier dernier, un communiqué du cabinet royal indiquait que Mohammed VI avait décidé de n’assister personnellement ni au Sommet arabe extraordinaire proposé à Doha, ni au Sommet arabe économique au Koweït. Le Maroc est représenté au sommet par le Premier ministre, Abbas El Fassi.

Je ne comprends plus: l’Algérie était pourtant présente au niveau du chef de l’Etat à Doha?

Give me five!

MIDEAST ISRAEL PALESTINIANS

2009118212229418621_3

PALESTINIANS-ISRAEL/

MIDEAST-ISRAEL-CONFLICT-GAZA-EU-DIPLOMACY

PALESTINIANS-ISRAEL/

PALESTINIANS-ISRAEL/

MIDEAST-ISRAEL-CONFLICT-GAZA-EU-DIPLOMACY

MIDEAST-ISRAEL-CONFLICT-GAZA-EU-DIPLOMACY

PALESTINIANS-ISRAEL/

JERUSALEM/

MIDEAST-ISRAEL-CONFLICT-GAZA-EU-DIPLOMACY

JERUSALEM/

Précision: ces photos datent toutes du 18 janvier et ont été prises à Al Qods/Jérusalem.

Un vent d’espoir avec Obama

barackobamavisitsisrael-tg7byqvfxnl

Au moins une conséquence positive de la guerre contre Gaza

affichetroca

Le comique franco-marocain Arthur a interrompu un spectacle en raison de la présence d’une poignée de manifestants pro-palestiniens. Pourvu que ça dure. Il y a longtemps, dans un accès de lucidité, il avait lancé sa carrière d’animateur radio avec le slogan "Arthur, l’animateur le plus con de la bande FM".

Il faut lire quelques réactions sur le net français. Par exemple celle-ci, un bijou de stupidité, qui sous-entend qu’Arthur est visé en raison de ses origines juives. Message à transmettre à Claude Raymond, un des manifestants (notons qu’aucune information ne fait par ailleurs état de violences), membre de la célèbre organisation islamiste et antisémite Union juive française pour la paix. Le Jerusalem Post, version française, titre "Arthur victime de ses attaches". Non, de ses opinions.

Pour rappel, Arthur a organisé les festivités des soixante ans de la création d’Israël à Paris en 2008, et a accompagné Sarkozy lors de sa visite officielle en Israël en juin 2008. Il aurait (je n’en ai toutefois pas trouvé de confirmation) participé à des galas de soutien à l’Association pour le bien-être des soldats israëliens (ce n’est pas une blaque, une telle association existe bel et bien), et fait preuve d’opinions fermement pro-israëliennes, au moment de la guerre contre le Liban de 2006:

G.I.N :Quelle est votre analyse sur les derniers événements ?
Arthur : L’escalade de la violence est toujours impressionnante. Quand on est en France, on a du mal à apprécier les événements à leur juste valeur. D’ailleurs je déteste les gens qui commentent à 3 000 km. Je suis simplement très inquiet.

G.I.N :Cette inquiétude ne semble pas vous empêcher de vouloir venir…
Arthur : Je suis inquiet pour les miens, je suis inquiet pour la paix, et pour Israël. Je ne suis pas inquiet pour mon spectacle ! La vie continue en Israël et les assureurs français ne savent tout simplement pas qu’en tout temps Israël a toujours su mener de front des crises et la vie au quotidien.

G.I.N :C’est quand même grave ce qui se passe en ce moment…
Arthur : Oui c’est vrai, mais ce n’est pas parce qu’Israël est en guerre qu’il doit être mis en quarantaine artistique. (…)

G.I.N :Ne pensez-vous pas que la paix est un mythe en Israël ?
Arthur : Non la paix n’est pas un mythe. Il y aura la paix en Israël, je ne sais pas si je vivrais assez vieux pour le constater, mais si ce n’est pas moi, ça sera mes enfants. Pour autant, la paix ne peut se faire à n’importe quel prix.

G.I.N :Que voulez-vous dire exactement ?
Arthur : On ne peut pas négliger la notion de sécurité qui doit être liée à la paix. Et faire la paix, c’est compliqué, ça nécessite de trouver un terrain d’entente et de faire des concessions. Je crois qu’Israël en a fait pas mal d’ailleurs. Je ne veux pas m’exprimer plus longtemps sur la politique d’un pays dans lequel je ne vis pas.

G.I.N :Oui, mais vous êtes très concerné par ce pays.
Arthur : Comme les autres. J’ai beaucoup de mal à supporter l’idée que l’on puisse juger à distance. On peut être concerné mais on n’a pas le droit de juger. Je considère que je suis très mal placé pour donner mon avis. Je vous parle depuis ma maison au bord de la mer, et je suis loin des roquettes.

G.I.N :Un dernier message à l’intention des Israéliens ?
Arthur : Nous sommes avec eux quoi qu’ils arrivent. Qu’ils tiennent bon parce que nous les aimons.

Quand un ancien espion anglais parle de "la résistance palestinienne", les dirigeants arabes parlent tunnels

60-years-of-resistance1

Dans ce drôle de monde de janvier 2009, un ancien du MI6, Alastair Cooke, parle sur Al Jazeera English de la "résistance palestinienne", un mot que peu de dirigeants arabes prononcent.

Alastair Cooke, de Conflicts Forum: "One has to look why the tunnels exist, there was a blockade. What the Europeans are saying looks worryingly like tightening the blockade. They look like re-launching Abou Mazen rather than dealing with reality".

Dan Schueftan, professeur de cette matière de charlatans qu’est la stratégie et ancien conseiller de Rabin et Sharon (petit clin d’oeil à tous ceux qui croient qu’ily a vraiment une différence fondamentale entre Rabin et Sharon, Barak et Netanyahu, Peres et Olmert), qui fait dans du sionisme de comptoir: "If you arm the police, you don’t have to arm murderers and rapists. We are talking about a barbaric organisation, based on the Protocols of the Sages of Zion. But I agree that Israel has been rewarded, everybody else in the world have come to Charm el Cheikh, even the Arab world in its majority. The legitimate government of Palestine is Abou Mazen".

Abdelbari Atwan, fondateur d’Al Qods al Arabi, un des rares quotidiens panarabes à ne pas être inféodé à l’Arabie séoudite: "I am shocked by this propaganda. Who is terrorising the population in Gaza? It seems the israeli and some part of the international community, the Europeans, still believe in a military solution to the conflict. We have to see who is blocking the peace process, who resists full implementation of international law. To deprive Hamas from the right of arming itself is allowing Israel to come back and massacre again".

Dans un reportage, Ziad el Absi, habitant de Rafah, qui a perdu trois fils, et a quatre filles blessées, raconte comment le Palestinien qu’il est ne peut se rendre dans le pays frère voisin, où sa femme est hospitalisée, dans le coma suite aux blessures infligées lors du bombardement israëlien ayant dévasté sa maison. Il parcourt quelques débris à la recherche de souvenirs de ses fils, en vain. Il a perdu ses trois possessions les plus précieuses. Il est effondré à l’idée de ne même plus avoir de photos de ses fils, toute sa maison étant détruite.

Miss Khamas passe quelques secondes après pour dire comment le Hamas est responsable de toutes les morts civiles. Ella oublié l’Iran et Hugo Chavez (contrairement à son compatriote Dan Schueftan, qui a parfaitement retenu la checklist des mots et noms indispensables au bon propagandiste (pro-)israëlien).

Maroc/Venezuela: Honni soit qui mal y pense

Ceux qui me lisent connaissent le peu d’estime que j’ai pour les séparatistes, et quelques uns me le reprochent même régulièrement. Je me sens d’autant plus à l’aise pour vous communiquer les éléments d’information suivants, sous forme de calendrier.

3 août 1982: le Vénézuela reconnaît la "République arabe sahraouie démocratique", qui a une ambassade à Caracas depuis cette date – voir son site (qui ne fait pas très sérieux, mais c’est une autre affaire).

2 septembre 2004: le président vénézuelien Hugo Chavez rencontre officiellement Abdelaziz el Marrakchi, leader des séparatistes, et affirme publiquement le soutien du gouvernement de la république bolivarienne du Vénézuela à la cause séparatiste.
post-10-1094187823

6 juin 2008: un nouvel "ambassadeur" sahraoui est accrédité à Caracas, et est reçu par le ministre vénézuelien des affaires étrangères pour lui remettre ses "lettres de créance".

27 décembre 2008: Israël lance sa guerre d’agression contre Gaza.

6 janvier 2009: le président de la république bolivarienne du Vénézuela, Hugo Chavez, déclare persona non grata l’ambassadeur d’Israël au Vénézuela, qui a 72 heures pour quitter le pays.

15 janvier 2009: un communiqué de la MAP annonce que le Maroc a décidé de rompre les relations diplomatiques avec le Vénézuela "en réaction à l’hostilité ouvertement affichée par ce pays à l’égard de l’intégrité territoriale du Maroc, compromettant tout effort de développement de la coopération bilatérale". Le communiqué rajoute: "La république bolivarienne n’a pas cessé d’afficher ouvertement [son] hostilité au Maroc, joignant la parole aux actes, au plus haut niveau de l’Etat, portant ainsi un grave préjudice aux relations de bonne entente entre les deux pays". Tout ceci est vrai, mais les jalons de cette attitude vénézuelienne vis-à-vis de la question du Sahara ont été posés entre 1982 (date de la reconnaissance de la "RASD" par le Vénézuela) et juin 2008 (date de la dernière accréditation d’un "ambassadeur" de la "RASD" au Vénézuela). Le Maroc réagit donc avec entre 6 mois et 27 ans de retard, selon le critère que l’on pourrait choisir pour déterminer le moment à compter duquel le Vénézuela a "affiché son hostilité à l’intégrité territoriale du Maroc".

A en croire un site vénézuélien anglophone, le prétexte de la rupture aurait la visite à Tindouf de l’ambassadeur vénézuelien à Alger:

Apparently, the Venezuelan ambassador in Algeria, Hector Mujica, recently traveled to some Western Sahara refugee camps in the southeast of Algeria to introduce himself to the leader of Polisario who is also the president of SADR.

In the meeting Mujica reiterated Venezuela’s support for the right to self-determination of the Western Sahari people and the establishment of an independent state.

Selon le même site, le chargé d’affaires vénézuelien à Rabat n’aurait pas été officiellement informé de la décision marocaine, même après qu’elle ait été rendue publique:

However, the Venezuelan charge-de-affairs in Morocco, Jose Clavijo, said his embassy was unaware of the embassy closure in Caracas and no one in the Moroccan government had been in contact with them.

Donc, si je comprends bien, le Maroc ne juge pas que la reconnaissance de la "RASD", la visite officielle d’Abdelaziz el Marrakchi ou l’accréditation d’un "ambassadeur" de la "RASD" constituent un motif de rupture des relations diplomatiques; par contre, une visite à Tindouf d’un ambassadeur si.

Comment voulez-vous avec ça réfuter de manière crédible l’assertion – exprimée ici et , et bien évidemment du côté de l’inénarrable presse officieuse algérienne – selon laquelle le Maroc a rompu les relations diplomatiques avec le Vénézuela suite à la rupture de ce dernier avec Israël? Ou vous empêcher de vous demander, comme le fait ingénument un bloggeur, pourquoi ne pas rompre les relations diplomatiques avec l’Algérie "en réaction à l’hostilité ouvertement affichée par ce pays à l’égard de l’intégrité territoriale du Maroc, compromettant tout effort de développement de la coopération bilatérale"? Bouteflika a pourtant participé au sommet de Doha, ce qui devrait être un motif suffisant (1)…

(1) Merci aux mal-comprenants de noter que les deux dernières phrases se veulent ironiques.

La blogoma et Gaza – vue des Etats-Unis

Je n’ai jamais cru que les blogs étaient représentatifs de l’opinion publique: s’il fallait se fier aux blogs, François Bayrou aurait remporté les présidentielles françaises de 2007 dès le premier tour et le oui l’aurait l’aurait remporté à tous les référendums européens des dernières années. Les blogs peuvent avoir une influence dans la dissémination de l’information, notamment dans une situation où les médias classiques sont tétanisés par la peur de déplaire aux puissants, voire dans la mobilisation (je pourrais citer un ou deux cas en Suède et aux Etats-Unis), mais ils ne reflètent guère l’opinion publique.

Ce n’est cependant pas une raison pour travestir l’opinion des bloggeurs lorsqu’elle est palpable, particulièrement maintenant, au Maroc et dans d’autres pays arabes, au sujet de la guerre d’agression israëlienne contre Gaza. Deux exemples récents.

Tout d’abord, Magharebia.com, site consacré au Maghreb de l’armée US – I kid you not:

About This Site
15/03/2008

The Magharebia web site is sponsored by the United States Africa Command, the military command responsible for supporting and enhancing US efforts to promote stability, co-operation and prosperity in the region.

The Magharebia web site is a central source of news and information about the Maghreb in three languages: Arabic, French and English. The goal of Magharebia is to offer accurate, balanced and forward-looking coverage of developments in the Maghreb.

Six days per week, the site captures the top news from across the region as reported in local and international media. It also features analysis, interviews and commentary by paid Magharebia correspondents in the region.

Magharebia coverage is distinguished by an in-depth knowledge of local issues – the key players, events and sensitivities that can trigger significant developments – tempered by a cross-regional perspective. It identifies trends, solutions and successes that can serve as models for progress throughout the region.

Il ne faut s’étonner de rien, et je ne serais pas étonné que l’armée israëlienne lance un site maghrébin multilingue pour promouvoir la contribution israëlienne à la prospérité de la région en général et des territoires arabes occupés en particulier.

Toujours est-il que sur ce site, on a pu lire un article de propagande qui ne dépareillerait pas dans Le Matin du Sahara, El Watan, le New York Times ou la Pravda, intitulé "Les bloggeurs parlent de Gaza et de liberté". Une bloggeuse marocaine est citée, et deux Tunisiens. Ils sont soit critiques du Hamas, soit d’Al Jazeera (l’un des deux bloggeurs tunisiens semble n’avoir aucun avis concret sur Gaza). On le voit, la représentativité de la réaction des bloggeurs maghrébins en général et marocains en particulier est pleinement assurée. J’ai quant à moi été plus frappé par l’évolution inverse de certains bloggeurs marocains, qui en temps normal seraient les premiers à tomber à bras raccourcis sur le Hamas ou le Hezbollah ou à afficher de l’indifférence et qui là ont été d’une virulence dans la dénonciation d’Israël qui m’a étonné.

Le deuxième cas est à peine moins caricatural, et n’est sans doute pas de mauvaise foi: il s’agit de Global Voices qui a publié un post intitulé, de manière très excessive, "Morocco: a country divided over Gaza", traduit en français sous le titre "Maroc: Un pays divisé sur Gaza". Le titre laisserait entendre que le Maroc serait partagé entre partisans de l’agression israëlienne et partisans de la résistance palestinienne…

Il m’est arrivé d’être journaliste dans une vie antérieure et la première chose qu’on m’a appris c’est que toute affirmation dans une rubrique devait trouver son fondement dans le corps de l’article – "voix discordantes parmi les bloggeurs marocains" eût été une meilleure rubrique, encore que l’article n’en fait état que d’une seule sur la question de Gaza, mais enfin chacun son boulot. L’article de Global Voices entame en fait sur le communiqué royal annoncant la non-participation royale au sommet de Doha, cite un commentaire sur ce blog m’accusant de lèse-majesté (et accessoirement d’antisémitisme) mais fait l’impasse sur le fait que la critique même non injurieuse d’une déclaration royale est une ligne rouge au Maroc du point de vue pénal…

Il est bien évidemment toujours plus intéressant d’avoir une histoire "homme-mord-chien" – ce qui correspondrait dans le contexte de Gaza à "bloggeurs marocains divisés dans leur condamnation d’Israël" – mais enfin, il ne faut pas non plus tordre les bras à la réalité: les bloggeurs marocains, au-delà de leurs différences d’appréciation parfois substantielles, et même s’ils ne représentent qu’eux-mêmes, ne sont guère divisés, pour ceux qui se sont exprimés là-dessus, sur la condamnation radicale de la guerre israëlienne et des crimes, voire même le rejet d’Israël, et la solidarité avec le peuple palestinien…

Le gouvernement réprime une manifestation de soutien aux victimes de Gaza…

à Téhéran – au motif apparemment que les manifestants, un groupe appelé "Mères pour la paix", est indépendant du pouvoir iranien, pourtant ferme soutien de la lutte du peuple palestinien contre la colonisation et l’occupation. Les différences entre les gouvernements alliés à Israël et ceux qui soutiennent le droit à la résistance du peuple palestinien sont des différences de degré, pas de nature.

Des camps d’entraînement du Hezbollah au Vénézuela, en attendant ceux du Hamas en Norvège…

0217fec5d43c51128538f55d9befb3ac
La presse mainstream est souvent prévisible. Ainsi cet article, déjà daté, du Los Angeles Times "Fears of a Hezbollah presence in Venezuela". On y décrit, sur la base exclusive de renseignements de "Western anti-terrorism officials", "Western government terrorism expert", "Western anti-terrorism official [speaking] on condition of anonymity", "U.S. Treasury Department" et "Western security official", un terrifiant complot terroriste entre Hezbollah, Iran et Vénezuela (lesdits officiels ont oublié la Bolivie et l’Equateur dans leur check-list). Parmi les lourds éléments à charge, l’existence de vols d’IranAir de Téhéran à Caracas et le fait que les douaniers vénezuéliens ne tamponnent pas tous les passeports à l’heure de la sieste. La seule preuve de l’existence de camps d’entraînement du Hezbollah en Amérique Latine est sinon une déclaration de Matthew Levitt, membre du think-tank néo-con (je sais, le terme est passé de mode) et pro-israëlien Washington Institute for Near East Policy (la liste des membres du conseil d’administration de cet institut est édifiante).

Un dossier au moins aussi solide que celui des armes de destruction massive en Irak. Et en attendant des révélations sur les camps d’entraînement du Hamas en Norvège

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 108 autres abonnés

%d bloggers like this: