L’armée israëlienne a attaqué deux convois humanitaires aujourd’hui, et délibérément laissé agoniser douze Palestiniens pendant quatre jours

ph2009010301095
John Holmes, chef des affaires humanitaires à l’ONU, parle sur Al Jazeera. L’aide humanitaire n’entre pas, les mouvements sont contrôlés. 45% des blessés sont des femmes et des enfants (30% pour les seuls enfants). Il y a 758 morts palestiniens. Du côté israëlien, 4 morts civils.

Les crimes de guerre se poursuivent. Un convoi humanitaire de l’ONU – distingué comme tel et dont les coordonnées avaient été communiquées à l’armée israëlienne – se rendant vers le check-point Eretz a été bombardé par un tank israëlien, un chauffeur a été tué, un autre très grièvement blessé et un troisème légèrement blessé. L’armée israëlienne enquêterait sur cet "incident". La compagnie de transport privée qui était en charge des transports et convois vers Gaza a suspendu ses opérations dans l’attente de garanties, on peut présumer de la aprt de l’armée israëlienne.

Un autre convoi de l’ONU, avec trois véhicules transport de troupes blindés de l’ONU, allait récupérer un cadavre d’un membre du personnel de l’ONU à Gaza. Il s’est vu tirer dessus par des armes automatiques, là aussi de la part de l’armée israëlienne. L’UNRWA – l’agence onusienne en charge de l’aide humanitaire aux réfugiés palestiniens en Palestine, au Liban, en Syrie et en Jordanie – ne sait pas si c’était délibéré, mais Christopher Gunness de l’UNRWA dit qu’un des trois véhicules a été touché trois fois.

Troisième incident, le plus atroce celui-là – il confine à la barbarie et au sadisme. Une équipe de la Croix-Rouge a découvert douze cadavres, dont quatre enfants auprès de leurs deux mères, dans la banlieue de Zeïtoun près de Gaza City. Dès le 3 janvier, la Croix Rouge avait demandé la permission de s’y rendre afin de récupérer blessés et cadavres. Autorisation refusée par l’armée israëlienne. Un poste militaire israëlien, à 80 mètres de la maison, était là depuis quatre jours et a essayé de chasser l’équipe de la Croix-Rouge lorsqu’elle s’est présentée pour visiter les maisons bombardées. La scène qui a accueilli l’équipe de la Croix Rouge était la suivante:

Dans une des maisons, l’équipe du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert quatre petits enfants à côté de leurs mères respectives, mortes. Ils étaient trop faibles pour se lever tout seuls. Un homme a également été trouvé en vie, trop faible pour se mettre debout. Au total, au moins 12 corps gisaient sur des matelas.

Dans une autre maison, l’équipe de secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert 15 survivants de l’attaque, dont plusieurs blessés. Dans une troisième maison, l’équipe a trouvé trois autres corps. Des soldats israéliens occupant un poste militaire à 80 mètres de cette maison ont ordonné à l’équipe de secours de quitter la zone, ce qu’elle a refusé de faire. Plusieurs autres postes des Forces de défense israéliennes se trouvaient à proximité, ainsi que deux tanks.

La Croix-Rouge a dénoncé cet incident dans un communiqué de presse, et a ouvertement accusé Israël de violer le droit international humanitaire, ce qui est exceptionnel de sa part:

« Cet incident est choquant », a déclaré Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés. « Les militaires israéliens devaient être au courant de la situation, mais ils n’ont pas porté secours aux blessés. Ils n’ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant-Rouge palestinien puissent leur venir en aide. »

De grands murs de terre construits par l’armée israélienne empêchaient les ambulances de pénétrer dans le quartier. Les enfants et les blessés ont donc dû être transportés vers celles-ci sur une charrette tirée par un âne. Au total, l’équipe de secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a évacué 18 blessés et 12 autres personnes absolument épuisées. Deux dépouilles ont également été évacuées. L’équipe de secours ira chercher les dépouilles restantes jeudi.

Le CICR a été informé que davantage de blessés avaient trouvé refuge dans d’autres maisons détruites du quartier. Il demande à l’armée israélienne de lui permettre immédiatement, ainsi qu’aux ambulances du Croissant-Rouge palestinien, d’accéder en toute sécurité à ces maisons et de chercher d’autres blessés. Les autorités israéliennes n’ont toujours pas confirmé au CICR qu’elles lui autoriseraient l’accès.

Le CICR estime que dans le cas présent, l’armée israélienne n’a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire. Il juge inacceptable le retard avec lequel l’accès a été donné aux services de secours.

Lors de la conférence de presse de la Croix Rouge, les propos étaient tout aussi sévères:

M. Krähenbühl a ensuite décrit la crise sous l’angle de l’accès aux soins médicaux, qui se détériore de jour en jour à Gaza.

« De nombreuses personnes à Gaza ne reçoivent pas les soins médicaux d’urgence que leur état nécessite. Certains meurent même parce que les ambulances ne peuvent parvenir jusqu’à elles à temps, ce qui est effroyable ».

Pour étayer cette remarque, le directeur des opérations a relaté l’histoire d’une habitante de Zeitoun, dans la partie nord de Gaza, qui a donné naissance à un enfant mort-né parce que les ambulances n’avaient pas pu arriver à temps.

Il a déclaré que si la bande de Gaza devait effectivement être coupée en deux ou en trois parties par les attaques israéliennes, il faudrait encore plus de temps pour secourir les personnes ayant besoin de soins.

« Nous demandons aux parties, en particulier à Israël, de faire davantage d’efforts pour permettre au Croissant-Rouge palestinien et aux autres membres du personnel médical de sauver des vies. Nous prions instamment les parties de respecter l’obligation qui leur est faite par le droit international humanitaire d’enlever les blessés, de les évacuer et de les soigner, ainsi que de protéger et de respecter les membres du personnel médical, les hôpitaux et les autres unités médicales, et les ambulances. »

Vous ne le sauriez pas forcément en écoutant et lisant la presse traditionnelle, surtout en France, mais la Croix Rouge insiste: la situation humanitaire était très critique déjà avant la guerre contre Gaza, du fait du blocus israëlien.

Il a insisté sur le fait que les conditions de vie à Gaza étaient déjà extrêmement dures avant la récente escalade. Il y a quelques mois déjà, des collaborateurs du CICR décrivaient la région comme étant « au bord du précipice » à cause du bouclage et des restrictions d’importation imposées par Israël depuis mi-2007.

De son côté, le secrétaire-général de l’ONU "n’a pas pu entrer en contact avec les Israëliens", mais a condamné les trois "incidents" (on peut imaginer que s’ils étaient le fait de l’armée syrienne ou iranienne, les termes choisis seraient autres). La situation humanitaire est encore plus critique qu’avant.

Le nombre de réfugiés internes est passé de 16.000 à 20.000 aujourd’hui. Un grand problème est l’eau, 500.000 personnes sont privées d’au moins un peu d’eau courante. Les égoûts sont débordés, faute de carburant pour les pompes. Aucune activité sanitaire normale ne marche, y compris les accouchements en milieu hospitalier. Les hôpitaux manquent de tout – médicaments, matériel, personnel. Toujours pas d’énergie – le déficit d’électricité est de 61% selon l’ONU.

Christopher Gunness de l’UNRWA demande des garanties absolues d’Israël, et annonce des discussions intensives avec Israël "à tous les niveaux". Trois membres de l’UNRWA ont été tués jusqu’ici. La décision de l’UNRWA, d’interrompre ses activités, vient "après une litanie d’incidents". L’UNRWA nourrit la moitié des habitants de Gaza et gère écoles et services sociaux – au total, 70% de la population de Gaza est aidée par l’UNRWA en temps normal. Une école de l’UNRWA a été bombardée le 5 janvier, avec trois victimes, puis encore une autre, à Jabaliya (43 morts et 100 blessés), et une troisième enfin – jusqu’ici. L’UNRWA doit prendre en charge 20.000 réfugiés internes, mais dispose de seulement 2.500 couvertures et 500 matelas (à la date du mercredi 7 janvier, chiffres émanant du coordinateur des Nations-Unies pour les affaires humanitaires à Gaza).

John Ging, directeur d’UNRWA à Gaza, toujours sur Al Jazeera – where else? – détaille la crise humanitaire massive qui a lieu à Gaza. "Les parties au conflit doivent donner des garanties; toutes les opérations sont coordonnées avec l’armée israëlienne, mais aujourd’hui un chauffeur a été tué par les Israëliens. La partie avec qui nous nous coordonnons se retourne contre nous une fois l’autorisation donnée et nous tire dessus". Est-ce qu’Israël coopére? "C’est leur problème, nous les informons de nos coordonnées et de nos activités, mais il y a un breakdown de leur côté. Les incidents de ces derniers jours ne peuvent continuer". Faites-vous confiance aux Israëliens? "Non, j’ai perdu confiance. On m’a assuré ces derniers jours que les incidents ne se reproduisent pas, mais je ne peux pas être téméraire avec la vie de mes employés. J’ai perdu confiance, et c’est aux Israëliens, qui nous donnent le feu vert pour nos mouvements et nos activités, de s’arranger pour que l’Etat d’Israël assume ses obligations internationales. Ce n’est pas à moi de les appeler, c’est à eux de régler le problème".

Shirine Tadros, d’Al Jazeera, raconte encore une fois la scène où l’infirmier Arafa, 35 ans, père de cinq garcons, a été assassiné par l’armée israëlienne. Son collègue Abou Jihad est déterminé à continuer son métier: "si on me coupe une jambe, je travaillerai sur l’autre". Pendant le reportage, un missile siffle au-dessus de la journaliste.

About these ads

11 Réponses

  1. Merci IK.

  2. la situation humanitaire était très critique déjà avant la guerre contre Gaza, du fait du blocus israëlien

    Et égyptien. Comme dans "du fait du blocus israëlien" et égyptien.

  3. Tu as 100% raison.

  4. Juste une p’tite précision sur les médias français le seul à ma connaissance qui ne censure pas les images et ne ferme pas les commentaires sur leur site, car je ne sais pas si tu es au courant mais les responsables des médias français ont peur de choquer les français tous des âmes sensibles à les croire !, c’est l’huma. D’ailleurs ils soutiennent ouvertement les palestiniens de Gaza. Compte tenu du contexte français, ils sont courageux de le faire !
    http://www.humanite.fr/
    PS : Besancenot et Marie George Buffet avaient participé à la marche pour Gaza oragnisée le samedi 03/01.

  5. Ils appellent ca un incident !

  6. Pour beaucoup moins que ça, l’Iran est soumise à des sanctions de l’ONU.

  7. plus les évènement tragiques se déroulent , plus le paralléle avec la lente agonie des habitants du ghetto de Varsovie me semble inévitable …
    Honte sur eux … honte sur nos dirigeants …
    Mais surtout colére …
    Comment la victime de crimes de guerre peut elle faire le plus ignoble de criminels de guerre …

  8. Quand on lit cela, il est permis de se poser des questions au sujet des bilans de victimes, ce décompte macabre qui s’ibcrémente de jour en jour. Ne serait-il pas beaucoup plus élevé, avec les victims que l’on cache, et celles qui sont enfouies sous les décombres ?

  9. On s’achemine vers…. Oradour-sur-Glane déjà dépassé quant au nombre de tués !

  10. bonsoir
    une analyse de Danielle Bleitrach qui mérite, à mon sens, d’être lue

    LA VICTOIRE POLITIQUE DE LA RESISTANCE PALESTINIENNE par Danielle Bleitrach sur Changement de Société

    L’ampleur de la réprobation des populations mondiales est en train de percer le mur médiatique, l’inertie des gouvernements de la planète, la complicité des grandes puissances et des pays arabes, la colère monte devant ce qui apparaît bien comme un terrible massacre de civils. Ce qui se passe est abominable, pire encore sans doute que ce que nous imaginons mais il faut saluer l’immense victoire politique qu’est entrain de remporter le peuple héroïque Palestinien. Alors qu’en France, les médias poursuivent leur discours invraisemblable ou tentent de le faire en renvoyant dos à dos Israël et le Hamas, alors que partout la faiblesse des réactions officielles témoigne d’une complicité de fait avec les bourreaux dont on attend qu’ils “terminent le travail”, nous assistons à un véritable retournement. Hier ce sont les organisations officielles de l’ONU, la Croix rouge internationale sur le terrain qui ont dénoncé le crime humanitaire, aujourd’hui c’est le Conseil de Sécurité qui change de position et le blocage systématique des Etats-Unis qui est plus ou moins surmonté. C’est une vitoire politique mais rien n’est résolu et les Palestiniens ont plus que jamais besoin de notre solidarité, non seulement pour que s’arrête le massacre de Gaza, mais pour aboutir à une solution viable et juste. Mais pour cela nous avons plus que jamais besoin de resituer le “problème palestinien” dans un contexte plus large, celui qui place l’humanité devant le choix du “socialisme ou de la barbarie”.

    1)La position du Conseil de sécurité

    Dans le texte de la résolution prise cette nuit de jeudi à vendredi, le Conseil “souligne l’urgence de la situation et appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza.” Il “condamne toute violence et hostilité dirigées contre des civils et tout acte de terrorisme”, sans désigner explicitement les tirs de roquettes du Hamas.

    Le Conseil “appelle à la fourniture sans obstructions” de l’aide humanitaire à Gaza et “salue les initiatives visant à ouvrir des corridors humanitaires”. Il appelle les Etats à favoriser la mise en place à Gaza de dispositifs garantissant que le cessez-le-feu sera durable, notamment en “empêchant la contrebande” d’armes et en “assurant la réouverture des points de passage” vers Gaza. A cet égard, il “salue l’initiative égyptienne et les autres efforts régionaux et internationaux en cours”. Par ailleurs, la résolution 1860 “encourage des mesures tangibles vers une réconciliation interpalestinienne”.

    Enfin, elle “appelle à des efforts renouvelés et urgents des parties et de la communauté internationale pour parvenir à une paix globale basée sur la vision d’une région où deux Etats démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte-à-côte en paix, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues”.

    Il faut se souvenir que recemment encore les Etats-unis ont empêché toute résolution du conseil de sécurité, mais comme nous en avons fait état l’assemblée des nations Unies, le Conseil des droits de l’homme se mobilisaient pour dénoncer le crime contre l’humanité et les criminels israëliens. Si il n’y a pas eu de chefs d’Etat du Tiers monde ou de Russie et de Chine pour adopter la position de Hugo Chavez le président venezuélien, le mouvement des non alignés par exemple a été trés actif pour entraîner une condamnation massive(1).

    La lutte héroïque des Palestiniens est en train de contribuer à une évolution des institutions internationales tant celle-ci ont fait dans cette crise, l’ONU en tête avec un conseil de sécurité dominé par les Etats-unis, la preuve de leur allégeance, de leur partialité et de leur mépris du droit international et du principe de l’égalité des nations. On peut considérer que là encore la pression était telle que le conseil de sécurité a fini par s’incliner, mais le fait en tentant de sauver ce qui peut l’être.

    2)Le plan de paix France-Egypte: ou comment sauver la mise des criminels

    Ce qu’il faut bien mesurer c’est que la résistance palestinienne à Gaza, le martyre subi par les gazaouis est en train de se transformer en victoire politique d’une trés grande ampleur. Et l’opération de Sarkozy et Moubarak est une tentative pour sauver la mise israêlienne pour limiter l’ampleur de cette victoire politique.Cette initiative en trois points a reçu un accueil favorable de la part d’Israël. “Il y a un accord sur les principes, mais il faut les traduire par des actions concrètes”, a déclaré Mark Regev, porte-parole du gouvernement.

    Le premier point consiste en l’instauration d’un cessez-le-feu d’une période limitée pour faciliter l’acheminement de l’aide d’urgence et donner du temps à la diplomatie pour trouver une solution durable. Le deuxième point prévoit de réunir les Palestiniens et les Israéliens pour obtenir “une sécurisation” de la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza, la réouverture des points de passage et la levée du blocus. Le dernier point consiste en l’obtention d’une réconciliation nationale entre l’Autorité palestinienne et le Hamas sous l’égide d’une médiation égyptienne.

    Ce qu’il faut bien mesurer c’est que l’initiative française offre une porte de sortie aux Israêliens qui se heurtent non seulement à l’héroïque résistance d’un peuple martyre et à celle du hamas et des autres forces combattantes, mais également à la montée d’une indignation générale, mondiale, en particulier dans les pays arabes. L’attitude du dirigeant egyptien est caractéristique, il a largement participé au blocus de Gaza et il a sa part dans le crime humanitaire mais la colère de son opinion publique est telle que des forces politiques ont menacé de saboter les conduites de livraison de gaz à Israêl si le gouvernement egyptien prétendait poursuivre ces livraisons. Il faut bien mesurer que la population egyptienne qui vit une crise économique trés dure avec des émeutes pour le pain est au bord de l’explosion et ce qui se passe à Gaza, le rôle de l’Egypte risque de déboucher sur une révolte généralisée.

    3)Massacre de population civile
    Hier l’agence de l’ONU chargée de l’assistance aux réfugiés palestiniens (UNRWA), qui fournit une assistance à 750 000 Gazaouis, a suspendu toutes ses opérations dans la bande de Gaza, “en raison de l’augmentation des actes hostiles contre ses installations et son personnel”. L’UNRWA gérait l’école de Djabalia où plus de 45 personnes ont péri mardi dans des tirs israéliens. Deux manutentionnaires ont par ailleurs été tués jeudi par des tirs de char contre un convoi de l’agence onusienne. Les convois humanitaires ont aussitôt été suspendus vers les points de passage d’Erez et Kerem Shalom.

    trois soldats israéliens dont deux officiers sont morts dans le nord de la bande de Gaza, selon l’armée, portant à 10 le nombre de militaires israéliens tués depuis le début de l’offensive. Ce qui est un prélude à un revirement de l’opinion publique israélienne. parce que comme l’opinion étasunienne celle-ci est entraînée à se réjouir des meurtres massifs commis par son armée , y compris des meurtres de femmes et d’enfants, mais à considérer ses propres soldats comme de la porcelaine fragile. Cela va avec toute une conception de la guerre illustrée par les bombardements, les blocus et qui a culminé avec un Hiroshima qui menace de se renouveler sans cesse.

    Gazea en est l’illustration terrible. Des responsables médicaux palestiniens ont déclaré que le Croissant-Rouge avait découvert 35 nouveaux corps dans des zones de combat du nord et de l’est de la ville de Gaza, ce qui porte à 765 le nombre de Palestiniens tués depuis l’offensive “Plomb durci”, selon le ministère de la santé de l’administration du Hamas. On compte en outre au moins 3 000 blessés. Ce ministère a indiqué, sans que cela soit confirmé de source indépendance, que 34 % des Palestiniens tués étaient des enfants (cela équivaudrait à 250 environ), de même que 35 % des blessés. Les civils, et notamment les enfants qui représentent 56 % de la population de la bande de Gaza, portent le plus lourd fardeau des violences en cours.

    4)Les objectifs d’Israël n’ont pas encore été atteints

    Hier jeudi toujours apparement Israêl loin de renoncer à l’offensive, dont le prétexte officiel est de faire cesser les tirs de rocket sur le sud du pays, mais qui apparaît de plus en plus comme un massacre de civils sans aucune proportion avec les dits tirs à la fois en vue des élections israéliennes, et pour forcer la main aux nouveaux dirigeants étasuniens, pour en finir avec le hamas, et à travers lui toute résistance palestinienne, Israël poursuivait: les obejctifqs n’ayant pas été atteints.
    C’était l’avis de l’Etat Major israêlien et les reponsables des services de renseignement qui ont déclaré mercredi que les milices armées de la bande de Gaza n’avaient pas été suffisamment touchées, car la plupart des combattants se sont réfugiés dans les agglomérations. Ils attendent que l’infanterie pénètre au cœur des villes pour se livrer à une guérilla plutôt que d’affronter l’énorme machine de guerre d’Israël et s’exposer aux bombardements intensifs. “Nous sommes très violents. Nous n’hésitons pas à utiliser toutes les moyens pour éviter des morts dans nos rangs”, a admis le lieutenant colonel Amir, cité par le Haaretz.
    Le cabinet de sécurité israélien a approuvé, mercredi 7 janvier, la poursuite des opérations terrestres dans la bande de Gaza et s’est prononcé en faveur “d’une troisième phase qui élargira l’offensive en pénétrant plus avant dans les zones peuplées”. Les militaires ont estimé qu’en l’état actuel des choses, les objectifs de l’opération “Plomb durci” n’ont toujours pas été atteints.

    Le monde nous apprend que des divergences sont apparues parmi les dirigeants politiques sur la nécessité de poursuivre ce conflit. Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères, est favorable à mettre un terme à l’opération “Plomb durci” maintenant, tandis qu’Ehoud Olmert, le premier ministre, est partisan d’en finir avec la menace que représente le Hamas. Le ministre de la défense, Ehoud Barak, s’est, pour sa part, prononcé en faveur d’une trêve. Aucune décision définitive n’a été prise pour le moment. Elle devrait l’être vers la fin de la semaine lors d’une nouvelle réunion du cabinet de sécurité. En attendant, des milliers de réservistes ont été rappelés sous les drapeaux.

    Parallèlement à cette possible extension du conflit, les autorités israéliennes ont décidé de donner une chance à la diplomatie. Une délégation israélienne était au Caire, jeudi 8 janvier, pour discuter du plan mis au point par les présidents égyptien et français, Hosni Moubarak et Nicolas Sarkozy.

    5) Quel avenir ?

    Personne d’autres que les combattants sur le terrain ne peuvent décider de ce qu’ils vont faire par rapport aux intiatives diplomatiques et en particulier face au “plan de paix ” de Sarkozy et Moubarak. Israël tente de sauver le principe du blocus, la fermeture de la frontière avec l’Egypte, alors que le hamas exige la levée de ce blocus et des garanties qui iraient en ce sens. Ghazi Hamad, conseiller d’Ismaïl Haniyeh, premier ministre du Hamas, a insisté pour qu’il y ait “des garanties”, contrairement à ce qui s’est passé lors de la conclusion de la trêve de six mois, le 19 juin 2007.

    Si l’idée d’un Etat palestinien a avancé, on sait à quel point les Israéliens et les Etats-Unis ont tout fait pour réduire celui-ci à des bantoustans invivables et l’autorité palestiniennes telle qu’elle est aujourd’hui est leur instrument. Ce qui est clair c’est que l’Etat d’israêl vient une fois de plus de faire la preuve que jamais il n’acceptera cette solution.

    Personnellement, c’est l’opinion d’un simple observateur engagé, je crois que ce massacre prouve qu’Israêl est incapable de choisir la voie de la raison et qu’il ira de tragédies en tragédies jusqu’à l’extermination de sa propre population, après avoir lui-même massacré d’un manière ignoble. Israël est une création artificielle dans laquelle le prétexte a été la shoa, l’extermination nazie des juifs poursuivant des millénaires d’oppression de l’Europe chrétienne, une création artificielle infligé dans un contexte colonial à un peuple palestinien qui n’y était pour rien. Cette création se situe dans des temps historiques trés précis, d’abord ceux de la guerre froide au sortir de la seconde guerre mondiale. Obligées à la décolonisation, les puissances colonisatrices européennes ont choisi de poursuivre un néocolonialisme pour continuer à piller les ressources, pour cela elles se sont mises dans le sillage des Etats-Unis. Ceux-ci ont adoptés une politique visant à utiliser les bourgeoisies des pays néo-colonisés pour poursuivre leur pillage, et ils ont mené derrière leurs multinationales une stratégie de dévellopement mêlant haute finance et complexe industrialo-militaire, en dirigeant les institutions internationales.La création de l’Etat d’israël faisait partie de cette stratégie de domination du moyen orient pétrolier, Israël était une tête de pont militarié à outrance, et l’alliance avec l’Arabie saoudite et d’autres pays arabes la complétaient. La chute de l’Union soviétique a paru entériner la domination sans partage de ce système.

    Mais le contexte actuel, celui de l’écroulement comme un château de carte à la fois du système financier, le refus de plus en plus manifeste de l’exploitation et du pillage, l’apparition d’un monde multipolaire, les armées d’un puissance inouïes incapables de rétablir l’odre au profit de l’hégémonie impérialiste, tout cela montre à quel point le monde doit changer.

    Le sionisme qui n’a de sens que dans ce contexte historique apparaît bien comme une monstruosité, mais il faut bien mesurer qu’avec lui c’est l’Etat d’israêl tel qu’il est qui fait partie de ce monde ancien qui conduit l’humanité à sa perte, et il ne s’agit pas que des Palestiniens, la population israëlienne a été largement prise au piège de cette manipulation impérialiste. Les gens d’origine juive ont été elles-mêmes prises en otage. Il est temps de dénoncer cette situation pour sauver toutes les victimes.

    Ce qui apparaît dans cette crise est trés important et dans la nuit terrible des massacres de Gaza, il surgit une espérance sur le sens de nos luttes, celle en défense de l’humanité. Ce sera ou le socialisme ou la barbarie.

    Et il me vient l’idée de parodier la phrase célébre de Brecht:”lMoscou la rouge a vaincu les armées nazies au nom de tous les peuples y compris celui que l’on nomme allemand.”On pourrait dire aujourd’hui “Gaza la palestinienne par son martyre est en train de vaincre l’armée fasciste d’Israël flanquée de l’aide des USA, au nom de tous les peuples y compris de celui que l’on nomme juif, si peuple juif il y a”.

    danielle Bleitrach

    (1) Beaucoup de gens se sont étonné du fait que les Cubains qui ont adopté des positions justes n’aient pas joué une rôle de pointe dans cette affaire. Les Cubains, il suffisait de voir l’intense ballet diplomatique ont joué un rôle dans le mouvement des non alignés et en particulier dans la pression à l’ONU, comme le président Chavez.

  11. L’armée israélienne enferme des Palestiniens dans une maison, et les bombarde : plus de trente morts

    Publié le 9-01-2009

    Une nouvelle tuerie en masse de civils palestiniens de la bande de Gaza a été dénoncée vendredi par une agence des Nations-Unies ainsi que par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

    Le crime a été rendu public par l’ONU, qui publie, vendredi 9 janvier, les témoignages des survivants. Pour l’Office de l’organisation pour la coordination humanitaire (OCHA) il s’agit de "l’un des plus graves incidents depuis le début des opérations" israéliennes dans la bande de Gaza.

    Les faits se sont produits le dimanche 4 janvier, premier jour des forces terrestres de l’armée israélienne sont entrées dans la bande de Gaza.

    "Selon plusieurs témoignages, le 4 janvier, des soldats ont évacué environ 110 Palestiniens vers une seule maison à Zeitoun (dont la moitié était des enfants) en leur ordonnant de rester à l’intérieur", a précisé l’OCHA. "Vingt-quatre heures plus tard, les forces israéliennes ont bombardé à plusieurs reprises cette maison, tuant environ 30 personnes", ajoute le communiqué. "Ce qui ont survécu et ont réussi à le faire ont marché deux kilomètres vers la route de Salaheddine avant d’être transportés vers un hôpital dans des véhicules civils. Trois enfants, le plus jeune étant âgé de cinq mois, sont morts à leur arrivée", a ajouté l’OCHA. Le 5 janvier, des équipes médicales palestiniennes avaient annoncé avoir découvert les cadavres de douze membres d’une même famille dans une maison frappée par des obus israéliens. Le bilan s’était ensuite aggravé à 30 morts après la découverte de nouveaux corps sous les décombres. "J’AI ENTENDU DES CRIS ET DES PLEURS" L’organisation de défense des droits de l’homme B’Tselem a recueilli un témoignage corroborant les déclarations de l’ONU mais a affirmé qu’il était très difficile d’avoir une image complète des évènements en raison de problèmes de communications à Gaza et des combats empêchant les déplacements. Meysa Fawzi al-Samouni, 19 ans, une habitante de Zeitoun, a affirmé à B’Tselem que des soldats l’avaient emmenée avec sa fille de neuf mois et environ 30 autres membres de sa famille au domicile d’un autre proche. "Les soldats (…) nous ont ordonné de les accompagner à la maison de Waël al-Samouni, 40 ans. Sa maison est un hangar en béton d’environ 200 mètres carrés (…) On était déjà trente, puis soixante-dix au total. Nous sommes restés jusqu’au lendemain sans eau ni nourriture", a-t-elle raconté. Le Guardian rapportait également mardi le témoignage de Wael al-Samouni, qui recoupe ces informations.

    Le lendemain matin, aux alentours de six heures l’armée israélienne a tiré sur des personnes qui tentaient de quitter les lieux pour aller chercher d’autres proches. Quelques instant plus tard, un obus s’abattait sur la maison, selon Meysa al-Samouni. "Quand l’obus s’est abattu, je me suis jetée à terre sur ma fille. C’était plein de fumée et de poussière, j’ai entendu des cris et des pleurs. Quand la fumée s’est dissipée un peu, j’ai regardé autour de moi et j’ai vu 20 à 30 personnes tuées et environ une vingtaine de blessés", a-t-elle ajouté. Meysa Samouni n’a été que légèrement blessée mais elle dit avoir perdu son mari, son beau-père, sa belle-mère et sept personnes de sa famille proche. Sa fille de neuf mois a eu trois doigts sectionnés.

    Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), l’armée israélienne a empêché les ambulances d’accéder au quartier de Zeitoun jusqu’à ce qu’ils puissent le faire mercredi à la faveur d’une première suspension temporaire en douze jours des bombardements israéliens. Le CICR a précisé que les ambulanciers avaient porté secours à 18 blessés dans le quartier et récupéré 12 corps dans une des maisons, sans préciser s’il s’agissait de celle que l’armée aurait bombardée. Le CICR a jugé jeudi "intolérable le retard dans l’autorisation d’accès donnée aux services de secours" par Israël et qualifié "l’incident de choquant".

    CAPJPO-EuroPalestine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 108 autres abonnés

%d bloggers like this: