Bi roh, bi dam, nafdik ya Médor

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Je m’en voudrais de vous cacher cette information capitale sur la contribution jordanienne à la résistance contre l’entreprise coloniale israëlienne – par pudeur, les grandes douleurs étant muettes, la page YouTube de la reine Rania n’en souffle mot :

King Abdullah’s dog dies in Israel

After falling seriously ill during IDF offensive in Gaza, Jordanian royal family’s pet secretly rushed to Jewish state for medical treatment at Beit Dagan veterinary hospital. Doctors regretfully fail to save beloved pet’s life

Nurit Felter Published: 03.29.09, 10:05 / Israel News

The Jordanian royal family’s dog was secretly rushed to Israel for treatment in the midst of Operation Cast Lead in Gaza, Yedioth Ahronoth reported Sunday.

Relations between the royal palace in Amman and the Beit Dagan veterinary hospital have been good for many years now.

The Israeli medical team’s expertise has served Jordan a number of times, almost always under a heavy veil of secrecy, as per the royal court’s request.

During the fighting in the Gaza Strip, the Jordanians once again called on the Israeli veterinarians for help. King Abdullah and Queen Rania’s beloved dog had fallen ill.

In a secret operation, the pet was transferred to the hospital in Israel in very poor condition.

A few days later, despite the veterinarians’ dedicated treatment, King Abdullah’s pet passed away.

The dog’s body was returned to Jordan, along with a sincere apology from the hospital’s vets for being unable to save him.

The Beit Dagan veterinary hospital refused to comment on the report.

Le complot chiite se propage vers les Folies de Marrakech

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Nous connaissons tous la perfidie légendaire, atavique et congénitale des chiites, qui se cache derrière l’euphémisme de la taqiya, pratique figurant dans leur dogme perfide et détestable. Mais nul ne pouvait s’attendre à tant de perversité dans l’hypocrisie: après avoir tenté d’attenter à la Commanderie des croyants et à nos enfants, les pervers Perses s’attaquent désormais à nos danseuses de cabaret, et – de manière assez sinistre quand on songe au potentiel terroriste – plus particulièrement à celles de la capitale touristique de la vertu malékite qu’est Marrakech. C’est à la BBC que nous devons ce signal d’alarme, qui devrait mobiliser les démocrates, patriotes et malékites de bonne foi dans la défense de cette tradition multiséculaire du cabaret marocain (et le prosélytisme religieux du propriétaire de ce cabaret ne souffre aucune discussion – "Here I am doing a cabaret in the Muslim style"):

Modest cabaret divides Morocco
By James Copnall, BBC News, Marrakech

(…)
Folies de Marrakech is a giant venue, which seats more than 1,000 people, on the road out of Marrakech. It isn’t always full.

But those who go – a mixture of wealthy Europeans, Gulf Arabs and Moroccans – have positive things to say.

"It’s Western, but it’s also Moroccan, it’s also Persian, it’s a mix. And here in Morocco we love mixing things," points out a young man in a suit and tie.

"You can always find people that will criticise it and say it is un-Islamic, but I don’t think it will be a majority – I really hope not," adds a woman with a smile.

Folies de Marrakech’s ambition is sizeable.

However for all the show tunes and the sparkle, Morocco’s first cabaret still hasn’t proved it can succeed commercially.

But the very fact it is here at all is a sign of how the country is changing.

Qu’attendent les autorités pour purger la vie nocturne marrakchie des instruments de propagation de la doctrine chiite, que je le fasse à leur place? Le délit d’omission n’est pas loin.

Stieg Larsson, auteur de Millenium et agent du makhzen chauvin et compradore

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En terminant la trilogie "Millenium" de l’auteur de polars suédois Stieg Larsson, je suis tombé, à la fin du dernier volume de la série ("Luftslottet som sprängdes" en suédois, ça donne "La Reine dans le palais des courants d’air" en français – une traduction bancale car "luftslott" donnerait plutôt "château en Espagne" en français), sur le passage suivant – qui démontre que l’idéologie chauvine du "Grand Maroc" cher à Allal el Fassi et poussée par un makhzen compradore aux abois ne connaît pas de frontières:

Hon gillade Gibraltar. Det var hennes tredje besök på den besynnerliga klippan med en absurt tättbefolkad engelsk stad vid Medelhavet. Gibraltar var en plats som inte riktigt liknade någon annan plats. Staden hade varit isolerad i decennier, en koloni som ståndaktigt vägrade införlivas med Spanien. Spanjorerna protesterade naturligtvis mot ockupationen. (Lisbeth Salander ansåg dock att spanjorerna borde hålla truten så länge de besatte enklaven Ceuta på marockanskt territorium på den andra sidan av Gibraltarsundet). (Stieg Larsson, Luftslottet som sprängdes, Norstedts, Stockholm, 2008, p. 655)

Traduction: Elle aimait Gibraltar. C’était sa troisième visite à ce rocher étrange avec un ville anglaise absurdement surpeuplée au bord de la Méditerannée. Gibraltar était une place qui ne ressemblait à aucune autre. La ville avait été isolée pendant des décennies, une colonie qui refusait résolument d’être annexée à l’Espagne. Les Espagnols protestaient bien sûr contre l’occupation. (Lisbeth Salander estimait cependant que les Espagnols feraient mieux de se la fermer tant qu’ils occupaient l’enclave Sebta en territoire marocain de l’autre côté du détroit de Gibraltar).

Par ailleurs, Stieg Larsson, mort à 50 ans avant la publication de sa trilogie qui a fait un triomphe mondial, était un journaliste engagé – correspondant suédois du légendaire magazine anti-fasciste britannique Searchlight et fondateur de l’excellent magazine anti-raciste et anti-fasciste suédois Expo – ce dernier lui consacre une page d’hommages, dont certains en allemand et en anglais.

Rétroactes:
- "Je suis de retour des territoires occupés"
- "Le chercheur Yves Zurlo sur la récente crise des présides occupés de Sebta et Mlilya"
- "Provocation gratuite"
- "Le séparatisme c’est bon pour les moriscos"

Maroc: la menace juive

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Les juifs mènent au Maroc une propagande pernicieuse. Des étudiants marocains propagent la propagande juive à leur retour d’Israël. Heureusement, des responsables associatifs et politiques manifestent leur aversion pour le judaïsme. Au Maroc, les juifs se réunissent furtivement et en petits groupes, refusent de se mêler aux autres Marocains et l’entrée de leurs réunions, rituelles ou non, est gardée par des malabars. Le judaïsme est une atteinte aux fondamentaux du Royaume, dont son ciment, le rite malékite. Le judaïsme est à la solde des velléités hégémoniques d’Israël. Les autorités suivent l’évolution de l’activisme juif au Maroc. Des parlementaires marocains dénoncent "le danger du judaïsme, qui se situe au niveau de la division qu’il peut créer au sein de la nation". La lutte contre les manoeuvres juives est "le fondement de la sécurité religieuse, élément central de la stabilité du pays, elle-même condition sine qua non de la démocratie", selon un éditorialiste qui n’écrit pas ses propres éditoriaux, par ailleurs président de la Fédération des médias du Maroc. L’activisme juif au Maroc est le fait d’associations socio-culturelles, d’organisations juives non reconnues ou souterraines, ou des particuliers. Au Maroc, les groupuscules juifs, un à deux milliers de personnes selon des sources bien informées, sont financés et appuyés par les services israëliens. En Israël même, le rabbinat n’a d’autre projet que le maintien de son propre pouvoir et des prébendes qui vont avec. Le port du hijab est d’ailleurs un élément des visées juives contre le Maghreb. Des universitaires marocains se rendent à l’évidence: "le judaïsme est la pièce maîtresse du projet israëlien expansionniste". De petites «cellules militantes dormantes» s’activent et donnent naissance à des associations juives. Des éditorialistes éclairés le reconnaissent volontiers: "Israël mène bien une guerre de judaïsation et d’ascendance sur les minorités juives dans le monde. Son action porte en elle la dissension et l’odeur acre des guerres civiles".

Il est donc bon que "les autorités compétentes aient lancé une campagne contre les livres faisant l’apologie du judaïsme". Mais "la purge des outils de propagande juive" concerne tout un chacun:

Le ministère de l’Intérieur est un département qui a la lourde responsabilité de préserver la sécurité du pays et des citoyens sous toutes ses formes. Mais, c’est un département qui est censé être assisté par toutes les autres administrations de l’Etat qui ont l’obligation d’observer, d’étudier, d’analyser, de constater et, ce qui est très important, d’alerter, chacune dans son domaine, contre tout ce qui est susceptible de porter atteinte au pays ou de menacer ses citoyens. Se cantonner dans la position, confortable, du spectateur indifférent et tout mettre sur le dos de l’administration territoriale est une attitude qui est facilement qualifiable de délit d’omission.

Bon c’est pas tout ça, dans le rayon des bonnes nouvelles, veuillez noter que "la diplomatie culturelle marocaine est un outil de promotion du dialogue entre les cultures, les civilisations et les religions, a affirmé l’ambassadeur du Maroc à Hanoi, El Houcine Fardani", lequel a "souligné le rôle du Maroc dans la promotion du dialogue interculturel et interreligieux, mettant en relief le message et les valeurs véhiculés par la diplomatie culturelle marocaine, à savoir la tolérance, le respect de l’autre, la solidarité et la paix", rajoutant:

«Le Maroc, de par sa position géographique et son histoire séculaire, constitue un pont entre les cultures arabo-musulmanes, africaines et européennes»

«La personnalité culturelle marocaine s’est forgée à travers des siècles de métissage culturel»

C’est d’ailleurs une constante de la politique intérieure et extérieure marocaine, selon les propos de la secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Latifa Akherbach:

"La nécessite d’asseoir un dialogue entre les civilisations a été érigé en ligne de conduite, amenant le Maroc à promouvoir, à travers ses politiques intérieure et extérieure, les principes de tolérance, de respect de l’altérité, d’ouverture et de modernité"

Cette démarche reflète

"la capacité du Maroc à privilégier la synthèse et non pas l’exclusion et plus encore, elles sont mises en œuvre à travers une véritable stratégie nationale de promotion de la diversité culturelle et un engagement international contre toutes les formes d’extrémisme et du rejet d’autrui. Parce que l’alliance des civilisations est enracinée dans notre mémoire, dans nos traditions, dans notre système de gouvernance religieuse, le Maroc s’est investi de manière volontariste pour la réussite du dialogue interculturel, seul à même de défaire les logiques univoques que véhiculent souvent les tenants de la thèse du choc des civilisations et de la confrontation entre les religions et les peuples"

La même source ne précise-t-elle d’ailleurs pas que

le dialogue interreligieux est une composante essentielle de la dynamique vertueuse à installer et à promouvoir pour que la fusion des différences continue, comme depuis toujours, à être le moteur du progrès humain

CORRIGENDUM: un lecteur attentif me fait remarquer qu’un bug informatique semble avoir atteint les deux premiers paragraphes de ce post. Il a parfaitement raison: les mots "Israël", "juif", "juive", "juifs", "judaïsme" et "judaïsation" doivent être remplacés par "Iran", "chiite", "chiites", "chiisme" et "chiisation". Mes excuses aux intéressés – mes fidèles lecteurs auront pour leur part rectifié d’eux-mêmes.

La rupture marocaine avec l’Iran, suite

J’ai commis un autre article en anglais chez Maghreb Political Review – "Morocco breaks off with Iran – some background and speculation" - sur les raisons officielles et cachées de la décision marocaine de rupture des relations diplomatiques avec l’Iran. J’y ai notamment fait une chronologie des événements à compter du 11 février, date de la déclaration litigieuse d’Ali Akbar Ategh Nouri sur Bahraïn, jusqu’au 6 mars, date de l’officialisation par le Maroc de cette rupture:

February 11: Nouri makes his comments on Bahrain, causing widespread condemnation – Morocco joins the chorus.

February 20: Iran summons Morocco’s chargé d’affairesin Teheran, Mohamed Darif, over "the stances taken by the Moroccan king". In a message to his Bahraini counterpart, Mohammed VI had describedNouri’s declarations as "abject" as well as "absurd": «Ces déclarations abjectes à l’endroit d’un pays arabe frère et membre actif dans son environnement régional et au sein de la communauté internationale ont suscité notre fort étonnement et notre profonde inquiétude (…) Nous considérons de même que ces déclarations absurdes sont en contradiction flagrante avec les principes et les règles du droit international, ainsi qu’avec les valeurs de coexistence et de bon voisinage auxquelles incite Notre religion islamique tolérante». The Moroccan chargé d’affaires allegedly took a low profile during that meeting, replying that "Morocco is interested in expanding relations with Iran, which he called a regional power with an ancient civilization". A communiqué by the official Iranian press agency IRNA is allegedly published (I haven’t found it though), evoking that call-up and criticising Morocco for its reaction.

February 22: Morocco’s foreign minister, Taïeb Fassi Fihri, travels to Bahrain to convey a personal message from King Mohammed VI to King Hamad Ibn Aissa Al Khalifa, a gesture widely publicised in Moroccan media as well as on the Moroccan foreign ministry’s website.

February 23: Taïeb Fassi Fihri meetswith Bahraini prime minister Sheikh Khalifa Ben Salman Al-Khalifa.

February 25: On his return from Bahrain, Taïeb Fassi Fihri summons Iranian ambassador to Morocco, Vahid Ahmadi, to convey him Morocco’s displeasure at Iran’s call-up of Morocco’s chargé d’affaires and strong rejection of the wording of the IRNA communiqué  mentioned earlier. Morocco’s chargé d’affaires is called back for consultations in Rabat for one week on the same day. 

February 26: Taïeb Fassi Fihri reiteratesMorocco’s astonishment at being allegedly singled out by Iran over its support for Bahrain’s territorial integrity – Morocco’s chargé d’affaires would apparently have been the only foreign head of mission to have been summoned to the Iranian ministry of foreign affairsover the issue, despite the many other Arab and non-Arab countries taking a similar stance – at least if we are to believe Morocco’s MAEC.

March 6: Morocco decides to break off diplomatic relations with Iran - if the diplomatic spat over the Bahrain affair is still mentioned, the sectarian aspect is given much larger proeminence – Iran’s embassy is accused of having meddled in internal Moroccan affairs by proselytising – claims that had never been raised previously on an official level. The spat has continued thereafter, with Iran chiding Morocco over its decision, and Morocco asserting its sovereign right to break off diplomatic relations with whomever it wants.

J’ai également passé en revue les différents motifs de rupture de relations diplomatiques de par le monde ces dernières années pour conclure que les raisons avancées par le Maroc ne tiennent pas debout. Mais j’arrive à une conclusion différente qu’il y a quelques jours: à chaud, j’avais accordé plus de poids au désir marocain de plaire aux Etats-Unis et à Israël que je ne le fais aujourd’hui – après avoir passé en revue les différents motivations possibles – et en écartant bien évidemment les motifs officiels qui frôlent l’irrationalité – je conclus plutôt au poids séoudien et khaliji auprès des du décideurs marocains, ainsi qu’à ce qui, de la part du monarque marocain, a sans doute été perçu comme une atteinte personnelle. Ce dernier point mérite d’être développé:

Another intriguing detail could also explain the violent Moroccan reaction. In his public message to Bahrain’s ruler, Mohammed VI had used very strong and unusual words for messages of such a dignity – "abject" and "absurd" characterising in his words Nouri’s declarations, seen as representing the Iranian leadership’s views. It was at that stage that Iran summoned Morocco’s chargé d’affaires, and issued a communiqué explicitly criticising the King’s "stance". This might be the "inappropriate" language later denounced by the Moroccan foreign ministry. And this perceived personal slight – prompted by the King’s extremely strong language – is probably what carried the day.

En effet, dans la lettre signée de sa main au monarque bahreïni rendue publique le 20 février, le Roi du Maroc avait recouru aux termes "abject" et "absurde" pour qualifier les déclarations litigieuses de Nouri – des termes particulièrement forts. Dans un communiqué de son agence officielle, IRNA, l’Iran aurait explicitement critiqué "les prises de positions" de Mohammed VI. Je n’ai pas pu retrouver trace de ce communiqué, sinon en version très abrégée sur le site du quotidien anglophone officiel Tehran Times:

The director of the North African Affairs Department of the Foreign Ministry also informed the Moroccan diplomat about Iran’s discontent over the stances taken by the Moroccan king.

The diplomat was urged to inform the Moroccan of the Iranian government’s surprise and discontent and ask for the necessary explanations.

On notera que le communiqué iranien se contente d’exprimer le mécontentement du gouvernement iranien avec les propos du Roi – qui avait lui utilisé les termes "abject" et "absurdes", ce qui entre parfaitement dans le cadre du langage diplomatique. Mais ce qui peut paraître impardonnable dans le contexte de cour marocain, c’est sans doute la mise en cause nominative du Roi – là encore, vu le caractère public et officiel de la missive de Mohammed VI à l’émir de Bahreïn, cela n’a rien de choquant eu égard aux usages en vigueur, et l’Iran se contente d’exprimer son mécontentement (sous réserve bien évidemment que l’extrait du Tehran Times rende bien compte de la teneur du communiqué initial). Mais j’ai l’impression que c’est là qu’il faut chercher la vraie raison de cette rupture – un "crime" de lèse-majesté – que l’observateur impartial aura du mal à constater dans les faits tels qu’ils sont connus à ce jour.

Rétroactes:
- "Conspiration? Quelle conspiration?";
- "Le Maroc rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran";
- "Pendant que le Maroc fait du zèle anti-iranien";
- "Maroc, Algérie & Vénezuela: let me get this straight…";
- "Maroc/Venezuela: Honni soit qui mal y pense"
- "Hier l’Iran…";
- "Israel and the “moderate” Arab countries, or with enemies like these who needs friends?";
- "L’Economiste-watch – flashback persan";
- "Malgré la propagande étatsuno-séoudienne, les opinions arabes n’ont pas bougé";
-"Un intéressant sondage iranien";
- "Le sondage Zogby sur l’opinion publique (qui n’existe pas) arabe en 2008"

Can’t help it

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1-4, 1 bloody 4!

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En Asie, paraît-il, il y aurait des chiffres fétiches et des chiffres maléfiques – et en Europe, le chiffre 13 est bien connu des superstitieux. Pour Liverpool, quatre est le chiffre de la semaine.

Il y eût tout d’abord la démolition du Real Madrid, 4-0 à Anfield Road en semaine (les buts sont ici).
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Si ce ne fût pas la plus lourde défaite du Real Madrid en Coupe d’Europe (0-5 contre l’AC Milan en 1989/90), et si Liverpool avait déjà gagné 1-0 à Santiago Bernabeu, le score est là, et fût obtenu avec la manière – selon Reuters, Liverpool aurait pu en mettre le double, tandis que l’Irish Times écrit que les traditionnels maillots blancs du real étaient comme des drapeaux blancs. Rafael Benitez, entraîneur de Liverpool, a entraîné le Real, et Fernando Torres, le génial avant-centre blond de Liverpool, est issu de l’Atletico Madrid et était ravi d’avoir marqué et coulé le Real, qu’il ne porte vraiment pas dans son coeur.
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La presse britannique avait relevé que Benitez, qui n’est pas expansif, avait failli sourire

Puis il y a eu la démonstration tout à l’heure: Manchester United – Liverpool 1-4, à Old Trafford – même les derbies entre Everton et Liverpool n’atteignent le degré de ressentiment des rencontres United-Liverpool. La dernière fois que Liverpool avait marqué 4 buts à Old Trafford, Moulay Hafid était Roi du Maroc (c’était en 1910, bande d’ignares…). La dernière fois que Liverpool a fait un doublé contre United en Premier League (victoire à domicile et à l’extérieur) c’était en 2001. En plus de cent saisons de championnat anglais, United n’a perdu que neuf fois par ce score à domicile. Menés 1-0, Liverpool a non seulement remonté la pente mais joué sur la fin avec United, et aurait dû gagner par 5-1 si Gerrard n’avait manqué une occasion immanquable vers la 90eme minute. Ronaldo a marqué le but de United, et c’est la première fois qu’ils perdent un match à domicile dans lequel il a marqué. On a pu voir Nabil el Zhar, le joueur marocain de Liverpool, jouer quelques minutes sur la fin – son onzième match de championnat de la saison.

Le plus délectable dans cette victoire est le contexte récent de la rivalité United/Liverpool. Début janvier Rafa Benitez avait été cloué au pilori par la presse anglaise pour avoir critiqué Sir Alex Ferguson, le génial et caractériel entraîneur de Man United, connu pour harasser arbitres et officiels lors des matches, dans une diatribe assez soutenue. Ferguson avait ironisé sur Benitez, se demandant si ses nerfs avaient lâché – "to crack up" en anglais. Et comme par hasard, Liverpool a ensuite connu une période de matches nuls à répétition, perdant son avance en championnat et se retrouvant largement devancé maintenant. Puis, quelques jours avant le match, Wayne Rooney – entre parenthèses meilleur joueur de Man United avec Michael Carrick lors de leur déroute d’aujourd’hui – avait avoué haïr Liverpool. Il est vrai que s’il est natif de Liverpool, Wayne Rooney a supporté puis joué pour le rival local de Liverpool, Everton. Alex Ferguson a défendu son joueur, déclarant ne réfréner aucun de ses joueurs

Mission accomplie: le dernier quart d’heure, on entendait plus que les supporters de Liverpool, qui sur la fin ont abandonné "You’ll never walk alone" pour un "Rafa’s cracking up" sardonique (c’était jusque là un chant favori des supporters de Manchester United), tandis que Steven Gerrard déclarait à la fin du match "considering the stick we’ve been taking from United fans over the years, it’s been nice to rub it in a bit" ("compte tenu des moqueries subies de la part des supporters de Manchester United pendant des années, ça fait plaisir de remuer un peu le couteau dans la plaie")…

Ce ressentiment entre clubs est la preuve de la persistance de l’esprit de club – chose qui se perd entre joueurs aujourd’hui dans les pays où les joueurs sont majoritairement étrangers (Espagne, Angleterre, et dans une moindre mesure l’Italie) – la preuve, Fernando Torres le madrilène realophobe et Wayne Rooney le liverpudlien liverpoolophobe, réagissent car ils furent supporters avant d’être joueurs. Ces choses-là ne s’acquièrent pas avec le chèque de fin de mois, mais sont le reflet d’un enracinement local – et c’est cela qui fait la force du foot jusqu’à aujourd’hui, la capacité d’engager au-delà de la simple consommation – puisqu’il s’agit de ça – d’un spectacle. C’est ce qui fait son nerf – l’incapacité des Etatsuniens à comprendre l’esprit de rivalité au sein du foot en est la preuve, eux chez qui les clubs déménagent littéralement de ville en ville à la merci des changements de propriétaires: le Raja pourrait déménager à Laayoune et le Wydad à Ketama selon ce régime purement commercial… 

Malheureusement, Liverpool semble cette saison ne se mobiliser que contre les grandes équipes, et a perdu des points de manière stupide contre des équipes de la valeur de Stoke, Wigan et Middlesbrough. Après avoir dominé le classement jusqu’au début janvier, Liverpool est désormais quatre points après United avec un match en plus, soit potentiellement sept points de retard avec neuf journées à jouer. C’est d’ailleurs structurel: depuis 1990, Liverpool n’a plus remporté de championnat, mais seulement des coupes – dont l’inoubliable finale de Ligue des Champions de 2005 – comme le rappelle l’ancien joueur Steve Mac Manaman:

"In knockout games home and away, Liverpool know how to get results but it’s sustaining that and getting them over 38 games in the Premier League where they have faltered," he said.

Mais peu importe finalement, car la victoire finale n’est pas tout: cette semaine restera dans la légende, comme cette fameuse CAN 2004 où les supporters marocains ont (presque) oublié la défaite en finale contre la Tunisie (1-2) mais pas la victoire 3-1 contre l’Algérie, où j’ai littéralement failli m’évanouir de joie lors de l’égalisation de Chemakh aux arrêts de jeu. 

Une petite anecdote: je ne peux m’empêcher de sourire à chaque fois que je vois à Rabat une certaine voiture de l’ambassade d’Algérie avec la plaque jaune diplomatique et le numéro 3-1 – une provocation de la part d’un fonctionnaire de la direction du protocole du ministère des affaires étrangères, sans doute…

Texte intégral de l’entretien avec Abdallah Laroui (Economia octobre 2008)

Voici la version intégrale de l’entretien avec Abdallah Laroui réalisé pour le compte de la revue Economia (numéo octobre 2008/janvier 2009) par Driss Ksikes et Fadma Aït Mous. Abdallah Laroui est le type d’intellectuel que l’on respecte même si on ne partage pas ses opinions – qu’on pourrait qualifier de libérales au sens européen du terme, du moins sur le plan politique et religieux – sur l’enseignement payant, par exemple, ou sur le hijab, où ses propos pourraient être tenus par n’importe quel chauffeur de taxi parisien. Globalement, c’est un historien-philosophe qui ne semble guère aux prises avec la sociologie, ou avec la critique post-moderne de l’idéologie des Lumières. Les sciences humaines s’arrêtent à Max Weber, semble-t-il.

Mais il suffit de lire l’extrait suivant pour se réconcilier avec le bonhomme:

Le recul des institutions au Maroc aujourd’hui, je l’appelerai plutôt recul des espérances institutionnelles. J’ai toujours exprimé le souhait de voir le pays se diriger, lentement mais sûrement, vers un régime de monarchie véritablement constitutionnelle et parlementaire, où le Roi règne, guide, conseille, influe, mais ne se mêle pas dans la direction des affaires courantes, même pas par le biais de l’action caritative, car celle-ci laisse croire qu’il dispose d’un trésor inépuisable. Tout cela pour sauvegarder son autorité morale. Il doit avoir tous les moyens pour être et rester le Roi du Maroc et des Marocains. Mais ceci est mon souhait: il ne compte pour rien.

Vous trouverez quelques textes de et sur Laroui dans mes liens del.icio.us.

Voici le document:
entretien-abdallah-laroui-revue-economia-20081

Nous sommes où, en France?

Vous connaissez mon peu de goût pour l’hystérie laïcarde française, manifestée notamment par la scélérate loi d’interdiction du voile à l’école publique (dans un pays où l’Etat finance des écoles confessionnelles et dont le président est chanoine au Vatican). C’est un des contrecoups du 11 septembre – les néo-cons, les laïcards français et Israël lui doivent une fière chandelle – mais ce type d’hostilité de principe vis-à-vis du voile s’étend de plus en plus, y compris dans des pays jusque là chimiquement purs de toute dérive laïcarde. Ainsi, une cliente voilée d’une banque du Maryland a-t-elle été priée de quitter une agence bancaire en raison de la politique de cette banque de ne pas tolérer les couvre-chefs ou lunettes de soleil dans ses locaux – probablement afin d’éviter (?) les hold-ups.

Au-delà de ce cas, dont on peut discuter, j’ai apprécié le commentaire laissé par le bloggeur britannique Abu Muqawama. ce n’est pas un islamo-gauchiste ayant étudié au séminaire de l’ayatollah Khalkhali à Qom – c’est un ex-officier britannique étatsunien vétéran de l’Irak et de l’Afghanistan spécialisé dans la lutte anti-insurrectionnelle. Voici en tout cas son post:

Tuesday, March 10, 2009
Lunacy in Mayland
What are we, France?

A Muslim woman was asked to leave her place in line at a credit union in Southern Maryland and be served in a back room because the head scarf she wore for religious reasons violated the institution’s "no hats, hoods or sunglasses" policy, the woman said yesterday.

Posted by Abu Muqawama at 11:07 AM

Et après ça certains me demandent pourquoi je suis anglophile…

Le Matin du Sahara a du pain sur la planche

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A lire d’autres journaux, Le Matin du Sahara semble parfois être un samizdat chiito-nihiliste. Via The Angry Arab, je suis tombé sur ce morceau d’anthologie issu du Progrès égyptien, et je n’ai pas l’impression qu’il soit au second degré – quelques extraits:

Telle est l’Egypte, tel son grand leader le Président Hosni Moubarak. Telle est l’Egypte, la terre sacrée du Nil et des Pyramides, le berceau des civilisations et la grande histoire. Les événements se suivent, les longues années s’enfilent, mais une seule vérité demeure inébranlable : les grands pays sont le fruit d’une position unique, d’événements titanesques au cours du long fleuve de l’histoire qui coule sans discontinuité. Ici, sur ce sol, dans la vallée du Nil, ce fut la naissance de la première civilisation. Ce fut le premier Etat, le premier gouvernement. Et, pour la première fois, un peuple a su comment bâtir, comment les bâtiments peuvent cristalliser le sens de l’éternité, de la gloire. (…)

Après que la fumée du feu et des combats s’est éteinte à l’issue de l’agression israélienne contre la bande de Gaza, la vérité s’est manifestée claire et nette devant le monde entier. La véracité de la position d’Egypte s’est manifestée aux confins de la terre comme à son voisinage. La position de l’Egypte était aussi luisante qu’un soleil matinal qui rayonne en un jour printanier éternel. C’est la meilleure description pour le jour où s’est tenue la conférence internationale sur la reconstruction de Gaza à Charm El-Cheikh. (…)

En fin de compte, à l’issue des incidents de Gaza, le soleil de la vérité a inondé la planète. Nos frères arabes, nos amis dans le monde se sont assurés de la robustesse et de la justesse de la position de l’Egypte. L’Egypte qui a catégoriquement rejeté l’agression et qui a vertement dénoncé la machine de guerre israélienne qui a perpétré des massacres. Encore une fois, le calibre incontestable de l’Egypte s’est manifesté, mais aussi l’impact de l’Egypte sur les plans régional et mondial. Le peuple égyptien a été persuadé de la position brave de sa direction politique suprême. Et ce avec un sentiment spontané rare. (…)

J’ai les larmes qui coulent… Inutile de dire que seul un effort surhumain de Nadia Salah ou Fahd Yata pourraient faire échapper le prix Thomas Friedman 2009 des mains d’Ahmed el Bardissi du Progrès égyptien.

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