Khalid Naciri, ou le post-communisme à la marocaine

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Comme l’a fait remarquer Abmoul, depuis l’alternance, les ministres de la Communication successifs – Nabil Benabdallah de 2002 à 2007 et Khalid Naciri depuis cette date – sont issus du PPS (1), ex-PLS, ex-Parti communiste marocain – un des rares partis communistes au monde à accepter la monarchie, déjà à l’époque de la patrie du socialisme – Ali Yata, son président de 1944 à 1997. Ce parti, créé en 1974 et descendant direct du Parti communiste du Maroc puis du Parti communiste marocain puis enfin du Parti de la libération et du socialisme (PLS), a connu, sous ses différents acronymes, une persécution certaine des pouvoirs en place, français ou marocain: interdit en 1952 par les autorités coloniales, il le fût à nouveau sous le gouvernement Abdallah Ibrahim en 1959 (interdiction prononcée sur la seule base d’un discours radiophonique du Roi Mohammed V) puis lors du début des années de plomb (en 1969).

La presse de ce parti ne fût pas en reste: dans la brochure « Presse démocratique au Maroc: bilan et difficultés » (Editions Al Bayane, Casablanca, 1982), Ali Yata, leader historique du parti sous ses différentes dénominations de 1944 à 1997 (date de sa mort accidentelle), recense ainsi El Watan (paru clandestinement en 1942, sous le régime de Vichy), Egalité (paru clandestinement en 1944), Espoir (interdit en même temps que le PCM en 1952, paru clandestinement de 1945 jusqu’en 1956), Hayet ech-Chaab (interdit de parution mais publié clandestinement de 1945 à 1956, les autorités coloniales ne voulant pas d’une publication communiste arabophone, puis saisi et interdit en 1959 sous le gouvernement Abdallah Ibrahim), Les Nouvelles Marocaines (interdit en 1951), La Nation (suspendue par le PCM pour « raisons politiques« ), Al Jamahir (interdit en 1959 sous le gouvernement d’Abdallah Ibrahim en même temps que fût prononcée la dissolution du PCM), Al Moukafih (interdit en 1960 puis autorisé en 1961, puis saisi et interdit en 1964 sous le gouvernement d’Ahmed Bahnini), Al Kifah al watani (paru en 1965 puis interdit en 1969) et enfin Al Bayane (saisi à de multiples reprises, dont trois fois en 1981, suspendu trois semaines en février 1981 et en juin 1981) – sans compter la censure, devenue « monnaie courante avec l’accentuation des luttes de classe, d’une façon illégale, notamment à partir de 1972 » (Ali Yata, op. cit., p.74).

 ali yata presse démocratique au Maroc

Pour ceux qui découvriraient la scène politique marocaine, le PPS de 2009 a autant à voir avec le PPS de ces années de plomb que l’USFP d’Abdelouahed Radi avec l’USFP/UNFP des Mehdi Ben Barka, Omar Benjelloun ou Abderrahim Bouabid. C’est dire que plus rien aujourd’hui ne relie le PPS (ou l’USFP) persécuté des annnées de plomb à celui persécuteur de cet an de grâce 2009, sinon la trahison et le reniement, ultimes rappels de partis qui militèrent pour la démocratie.

Pour remuer le couteau dans la plaie, on peut citer ce qu’écrivait feu Ali Yata sur la saisie administrative de la presse dans cette brochure:

« En effet, le ministre de l’intérieur peut faire saisir un ou plusieurs numéros de n’importe quel journal, s’il considère que ce ou ces numéros portent atteinte à l’ordre public. Dans ce domaine, le ministre n’a donc à rendre de compte à personne, ni n’est contrôlé par quiconque. Il est libre d’apprécier à sa façon les articles publiés, de les interpréter comme bon lui semblera, de considérer qu’un article déterminé, un paragraphe de celui-ci, voire une simple phrase – quand il ne s’agit pas d’un seul mot! – sont de nature à troubler l’ordre public. (…) Il s’agit donc là d’un pouvoir discrétionnaire d’une portée dangereuse, porteur d’injustices potentielles et qui revêt le caractère d’une atteinte aux libertés d’opinion et d’expression. (…)

En conclusion, on doit donc dire que la presse libre et démocratique au Maroc rencontre des difficultés d’ordre politique, et ce en fonction de l’évolution générale de la situation politique. C’est pourquoi il convient de poursuivre le combat avec persévérance et fermeté jusqu’à ce que la liberté de publication et d’expression soit pleine et entière, qu’elle soit débarassée de ses entraves, comme le garantit la Constitution et le prévoit la loi » (op.cit., pp. 69-70, 78)

Le tournant ouvertement légaliste du PPS fût acté en 1975, lors du 1er congrès national du PPS, dans le programme du parti « La démocratie nationale, étape historique vers le socialisme« , qui déclarait notamment que « la reconnaissance pleine et entière du libre exercice des libertés par le peuple, afin de lui permettre d’exprimer ses aspirations et ses revendications, est une nécessité impérieuse » (PPS, « La démocratie nationale, étape historique vers le socialisme – Programme du Parti du progrès et du socialisme adopté par le Congrès national des 21, 22 et 23 février 1975 – Casablanca« , Imprimerie Al Maarif, Casablanca, sans date, p.220).

Mais le ver était déjà dans le fruit, dès cette époque: dans la grande tradition stalinienne, le rapport présenté lors de ce congrès national par Ali Yata (« Pour le triomphe de la révolution nationale démocratique et l’ouverture de la voie vers le socialisme« , Imprimerie Al Maarif, Casablanca, sans date), on pouvait lire les passages suivants:

« il en résulte un mécontentement, qui se signale d’abord dans les rangs de la classe ouvrière (…). Ce mécontentement (…) a également favorisé les tendances anarchistes et gauchistes dans les luttes politiques ont aggravé la situation, en affaiblissant les organisations politiques, en perturbant les liens des partis avec les masses populaires et en accroissant l’inquiétude générale et l’incompréhension. Ces tendances ont fait, objectivement, le jeu de l’ennemi impérialiste et néo-colonialiste, le jeu de la réaction » (op.cit., pp. 98-9)

ali yata pour le triomphe de la révolution

Plus loin dans ce même rapport, on retrouve le passage suivant:

« Il convient d’aborder ici un problème un peu particulier, celui du gauchisme. (…) C’est une utopie dangereuse qui flatte démagogiquement certains éléments et tente de les entraîner à sous-estimer l’impérialisme et la réaction. En fait, le gauchisme n’a aucune audience auprès de la classe ouvrière et cela s’exprime aisément, car la classe ouvrière est en confrontation immédiate et quotidienne avec l’impérialisme et peut difficilement se laisser distraire. Mais vis-à-vis des éléments inexpérimentés de la frange de la jeunesse qui n’est pas directement confrontée avec l’impérialisme, ils ont pu acquérir quelqu’audience (…)

Le gauchisme a sa filiation étrangère bien connue: c’est une résurgence de l’anarchisme qui est remis en vogue depuis une vingtaine d ‘années, surtout en Europe occidentale et tout particulièrement en France (…). Le fait est d’importance en ce qui nous concerne, puisqu’une grande partie de nos étudiants vivent en France et qu’ils y sont encouragés à mêler à leurs justes revendications et luttes des propos fracassants et irresponsables, certains allant même jusqu’à se considérer comme des exilés, en exil doré bien sûr.

Le gauchisme n’est pas seulement une resucée de Proudhon ou de Bakounine et d’un éventail éclectique et mal digéré de différents auteurs révolutionnaires et même contemporains, il est aussi alimenté de façon beaucoup plus moderne par des penseurs politiques bourgeois, américains ou d’Europe occidentale, philosophes, économistes ou sociologues d’un pessimisme apocalyptique (…). De la même manière, l’anarchiste Bakounine prétendait, à propos des colonies, qu’il faut faire la révolution sociale avant la révolution nationale et condamnait le patriotisme.

Le gauchisme répond également à certaines particularités historiques du développement du Maroc et exprime à la fois l’impatience et l’impuissance de la petite bourgeoisie, sa crainte de la discipline et de l’ordre, ses difficultés culturelles, sa peur du peuple et sa paralysie face à l’impérialisme, en même temps qu’une volonté d’hégémonie. (…) Il convient cependant de faire une distinction entre, d’une part, les jeunes qui ont été entraînés par leur enthousiasme, par une énergie qui n’a pas trouvé d’autre exuoire, parce que leur inexpérience et leur ignorance ont été abusées, et, d’autre part, les responsables chevronnés, qui nuisent consciemment et délibérément à la cause progressiste pour des motifs inavouables. » (op.cit., pp. 140-2)

Ca vous rappelle quelque chose, vous aussi? Cette jonction rhétorique entre le stalinisme et le discours néo-makhzénien, à 34 années de distance, n’est peut-être pas si étonnante que ça, pour qui connaît le caractère conservateur, moraliste et xénophobe du stalinisme. Mais même le stalinisme, version beldie (la version soviétique originale était autrement plus barbare), avait l’avantage sur la rhétorique néo-makhzénienne d’une certaine décence, apparemment perdue en gravissant les marches du pouvoir:

« Nous sommes et demeurons contre la répression qui s’abat sur les gauchistes persécutés pour leurs idées, tant qu’il s’agit d’idées car si on n’a pas le droit de commettre des actes nuisibles et d’insutler, on peut se tromper et cela ne constitue pas un délit » (op.cit., p. 142)

Hat-tip: Karim pour l’icône.

(1) Pas tout à fait en fait: l’Istiqlalien Mohamed Larbi Messari fût ministre de la communication du gouvernement Youssoufi I (1998-2000), et l’USFP Mohammed Achaari fût titulaire de ce même poste dans le gouvernement Youssoufi II (2000-2002).

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26 Réponses

  1. @Ik, au lieu d’ouvrir un débat sur les partis politiques, et le rôle de première importance qui leur incombe, surtout en ce moment… tu continue sur ta lancée, en ayant recours à tes sacrées méthodes !

    qu’est ce que c’est que ces paragraphes glanés dans textes de publications qui ont 50 ans qui rappelent krouchev aussi bien que feu Yata à une époque qui ne soit en aucun cas comparable à la nôtre ? tu fais fausse route ! les partis politiques ne sont ni morts, ni totalement corrompus, la gauche en particulier ! et ce n’est pas de l’utopie bourgeoise ! peux tu nous expliquer pourquoi alors le PAM à été crée et à raflé  »la mise » en moins d’un an ? pour le le PJD ? tu nous prends pour des bleus ou quoi ?!

    encore un peu, et c’est moi qui va te traiter non pas de néo makhzénien, mais de super makhzénien !

  2. Le PCM a certes été interdit, mais ce n’est pas la responsabilité de A. Ibrahim (qui à l’époque, avait toute les difficultés pour assurer son contrôle sur les différents départements de son gouvernement)

  3. Le PPS ( petit parti de sa majesté) n’est maintenu à la vie que pour servir les carrières politiques de quelques individus ( hier Benabdellah, aujourd’hui Naciri).

    Ce parti a été complètement vidé de sa substance, ou ce qu’il en restait après tout le travail de « makhzénisation » progressif mené par Ali Yata ( à qui on attribue la « lumineuse idée » de faire exiler Abraham Serfaty, pour ses origines brésiliennes).
    Sur le plan électoral, le PPS ne pèse plus rien, et comme on l’a vu lors des dernières élections communales, les sièges remportés par le PPS ont été acquis grâce à des notables venus d’autres partis ou parachutés dans les rangs de l’ancien parti communiste. Lors des élections législatives en 2007, on a vu comment les ténors du PPS n’ont pu gagner aucun siège ( Smail Alaoui, Nabil Benabdellah, Said Saadi…).

    Son cas est similaire à celui de l’USFP, qui s’est complètement déconnectée de sa base politique et de sa « clientèle » naturelle, en confondant compromis avec la monarchie et compromission.

  4. Excellent condensé et d’une haute facture
    Et, comme le souligne Politikor, Moulay A. Ibrahim n’a aucune reponsabilité effective dans l’interdiction du PCM ni dans les événements du Rif. et du Moyen-Atlas, ni dans l’arrestion de perssonalités de la « gauche » et la liquidation de l’armée de libération
    Il était contraint et force de « cohabiter » avec des personnalités ‘pro-makhzeniennes’ . Son gouvernement ne con^rôlait ni la sûeté « national », ni les FAR, ni les nominations des autorités locales: ‘gouverneurs, caïd-s’. Le Palais s’ingéniait à étendre son emprise politique sur la société rurale

  5. Moi je parie qu’au prix d’un exil en Suède (3la 7sabi le Lexomil) Ibn Kafka peut nous écrire une « lettre ouverte à ceux qui sont passé de la Chachia au Royal Nautique Club »; sauf s’il apprécie exclusivent la saveur roturière et virile des Marquises.

  6. Encore une fois, je te tire chapeau l’ami.
    Les « Gauchistes » (neo-gauchistes serait plus correct) ont tres vite oublies les persecutions dont ils etaient victimes du temps des annees de plomb.
    Je plains des ami de la fac qui ont passe bien des annees dans les prisons pour leurs convictions, ils doivent degueuler quand ils voient ce soi-disant « Camarade » Naciri censurer la presse libre marocaine.
    Il est bien beau Khalid Naciri, plus comique que l’autre Naciri, et il ne se force meme pas, il serait irresistible s’il voulait faire un tout petit effort, il sait plus qu’autrui que le ridicule ne tue pas.

  7. @ Ali Aijjou : tu parlais de A. Ibrahim ou de A Youssoufi, drole de coïncidence dans des transitions inachevées :)

    @ Jamal : le but du jeu, c’est de passer en revue la littérature, ce n’est nullement une attaque au PPS, USFP, … ou autre. Quant aux « partis » comme le PAM ou le PJD, c’est une autre histoire, qui devrait s’étaler sur d’autres épisodes.

  8. A Jamal,
    Je ne comprends pas votre réaction. La contribution d’Ibn Kafka permet justement d’ouvrir un débat serein et sans concession sur les élites politiques ( parler de partis reste à discuter) et si notre « juriste » traite du PPS c’est à mon avis parce qu’un membre de son bureau politique assume sans brancher une décision qui le dépasse et de loin. Vous savez pertinemment que M. Naciri est chargé de faire l’exégèse des décisions  » sacrées ». D’ailleurs , il n’est pas le seul. Un Abbès ( Abou Mizane et non Abou Mazine) ne s’en cache pas; il en est même fier.
    La position de Naciri me fait penser à une déclaration récente de Walid Joumblatt au journal libanais Assafir du 07/08/2009. Je vous la donne en arabe pour ne pas trahir sa pensée:  » ما فيه أخطر من اليساريين أو أشباه اليساريين عندما يصبحون مرتدين و أنا واحد منهم للأسف
    Sauf que ni Joumblatt ( seigneur de guerre druze) ni Naciri ( voix de ses maîtres) ne sont de gauche. La gauche qui refuse la servitude volotaire , la gauche d’un Ben Barka, d’un Guévara ou d »un Henri Curiel.

  9. @ tout le monde: do not feed the troll.

    Politikor, Ali: c’est vite dit que d’affirmer qu’Abdallah Ibrahim n’était pour rien dans la dissolution du PCM – le décret de dissolution n° 2-59-1609 du 7 rebia I 1379 (10 septembre 1959) est signé de sa main – cf. BORM n° 2446 du 11 septembre 1959, p. 1529, accessible online ici. Rien ne l’y obligeait si tant est que cette décision heurtait sa conscience. Il faut croire que ce n’était pas le cas.

    hammou: merci de mentionner Henri Curiel!

  10. Le PCM a certes été interdit en 1959 sous le gouvernement UNFP de A. IBRAHIM , mais il ne faut quand même pas oublier que ce parti là n’a pas un « historique » blanc comme neige. En particulier, il s’était clairement prononcé contre l’indépendance du Maroc et contre les nationalistes Marocains condamnant au passage le Manifeste de l’Indépendance du 11/01/1944 .

  11. alibaba: certes, mais à la suite de cette magistrale erreur, qui aboutit à la marocanisation du PCM et au remplacement de Léon Sultan par Ali Yata, le PCM fût clairement dans le camp nationaliste, en dépit de la hargne tenace que lui voua l’Istiqlal. Il participa ensuite les armes à la main à la résistance contre l’occupation coloniale. D’autre part, ce ne fût pas en raison de ses prises de position jusqu’en 1946, date de sa conversion à l’indépendance, que le PCM fût interdit.

  12. @ Kafka : Signé A. Ibrahim ne signifie pas forcément qu’il a eu connaissance du doc (je sais, c’est un peu gros, comme l’arrestation du Che lors de sa visite au Maroc :-D) ?
    je crois qu’il ne voulait pas faire interdire le PCM, il le raconte d’ailleurs dans son bouquin (sanawat assoumoud fi 9alb Ali3ssar). De plus, l’interdiction a été prononcée par le Tribunal de Casa, donc la décision n’émanait pas de lui (il ne contrôlait pas la justice)

    @ Ali Baba : faut pas taper sur l’UNFP ! l’Istiqlal a aussi ses zones d’ombres. Il n’y a pas d’anges parmi la classe politique marocaine après 1956, mais tant que toutes les responsabilité n’auront été désignées, dire que tel ou tel acteur n’est pas complètement exempt de critique n’a pas bcp de sens (et quand je parle d’acteurs, ce sont TOUS les acteurs de l’indépendance : ALM, Istiqlal, PCM, Monarchie, Collabos, Officiers Coloniaux…)

  13. en oubliant le parti de la Choura, et enfin, le bon peuple marocain bien sûr :-)

  14. L’appartenance à une famille politique n’est pas un simple slogan publicitaire, ou une marque déposée : c’est d’abord et avant tout le partage d’une pensée, de principes et d’orientation.

    Bien sûr on évolue, tout le monde évolue, cependant « évolution » est une chose, « reniement » et « retournement de veste » en est une autre. On évolue sur les procédés, les approches et les stratégies, on renie lorsqu’on rejète les principes.

    Tout cela pour dire qu’il ne faut point faire d’amalgame , lorsqu’on passe sur un plan économique d’une vision de gauche vers une autre libérale : c’est bien un retournement de veste que l’on opère et non une « évolution » et lorsqu’on passe de libertaire à liberticide, c’est un reniement complet de ses idées que l’on opère et non pas une simple ‘adaptation avec l’époque’ (d’ailleurs, c’est même contre la tendance de l’époque)

  15. Politkor: c’est clair personne n’est blanc ou noir. S’agissant de l’interdiction du PCM par contre, Abdallah Ibrahim a signé le décret de « suspension » du PCM. Le PCM a ensuite attaqué cette décision devant le tribunal civil de Casablanca, qui avait accueilli favorablement cette demande d’annulation pour excès de pouvoir – mais le ministère public (le procureur du Roi) a fait appel devant la Cour d’appel de Rabat, qui a écarté le jugement de première instance et confirmé la « suspension » du PCM. Donc, s’il y a eu une suite judiciaire, à la base il y eut la décision d’Abdallah Ibrahim.

    Chel7: disons que le reniement explicitement assumé et expliqué peut être acceptable, ce qui n’est pas le cas des Naciri, Radi et cie.

  16. Pourquoi le système perdure ? Les commentaires ci-dessus donnent un début de réponse. A propos de la dissolution du PCM ‘ c’est le gouvernement A. Ibrahim.Les années de plomb c’est le sanguinaire Oufkir , l’horrible Dlimi et le méchant Basri. Dans quelques années, on dira que les dérives liberticides sont l’oeuvre du cabinet Abou Mizane. Ce qui me choque c’est cette tendance chez nos têtes bien pensantes d’occulter les mécanismes du pouvoir, d’oublier que le makhzen est ce monstre froid qui n’a qu’un seul objectif à savoir la pérennité d’un système foncièrement anti-démocratique. Il peut faire appel à un Abderrahmane Youssefi mais simplement pour donner le change et régénérer un sytème à bout de souffle avec la maladie de Hassan II. Le socle du makhzen étant Kaddour Youssefi et non Abderrahman Youssefi. C’est ainsi que l’USFP a été phagocyté.
    Il va de soi que nos élites ont fait et continuent à faire preuve et de couardise et de crétinisme. Un Khalid Naciri en est un échantillon , il sait beaucoup plus que nous qu’il fait de la figuration , il sait beaucoup plus que nous que la  » transition démocratique  » est une illusion d’optique. Un maroquin et quelques miettes valent bien un zeste de servitude.

  17. @Hammou

    Un zest de servitude ??? Je trouve que tu pousses l’euphémisme à son paroxysme.
    Quand je lis sa prose, que j’observe son parcours politique et que je vois ses simagrées à la télévision
    je comprends pourquoi les marocains sont dégoutés de la politique.

  18. […] Forces populaires hervorgegangen ist, der 1974 legalisierten kommunistischen Partei. Ibn Kafka ist nicht wirklich überrascht, dass zur Verteidigung der Monarchie stalinistische Diffamierungskompetenz genutzt […]

  19. Le problème est que ceux là, ils veulent, le beurre et l’argent du beurre, et le sourire de la bergère ! Ils sont toujours parant à réclament l’héritage du parti quant ils ont besoin de se donner une profondeur historique, une épaisseur et un semblant de contenu, mais il y en a plus beaucoup à assumer le poids que cette même Histoire implique.

  20. Khzitt ! Ah ces néo-nihilistes ne respectent plus rien pas même le camarade Yata !

  21. @Ik, troll ! merci, mais je ne vois pas pourquoi est ce que je devrais être impréssioné par de la documentation ou des réfèrences fragmentaires qui te permettent de croire que tu possède des connaissances  »pointues », ou que tu sois en mesure de donner des leçons en matière politique. et surtout lorsqu’on est censé s’incliner devant des énormités du genre à vouloir ridiculiser tout le monde, sans égards ni respect au parcours des uns et des autres, et que tu t’obstine à voir comme des  »élites » à mettre dans un sac poubelle ! pourquoi ? parcequ’ils sont marocains, ont pu accéder à des postes officiels sous le régime de la monarchie, et ont exercé avec plus ou moins de zèle le pouvoir ? dis nous qui de par le monde n’exerce pas le pouvoir sans zèle ni  »compromis » … et sans que ce soit par  »servitude’, ou par corruption ! tu ne serais pas un de ces refuzeniks integristes qui nous demande d’accomoder l’histoire et les réalités à leur goût ? tu connais pourtant un peu l’histoire et ou peuvent mener des idéaux politiques fondamentalistes et intégristes ! pourquoi est ce que tu ne te penche pas plutôt à comparer une transition qu’était celle que voulait mener le gouvernement de abdallah Ibrahim, et qui en échouant, et en le mettant à l’écart, n’a fait que le déterminer à fonder avec Benbarka et d’autres l’UNFP… Abdellah Ibrahim est décedé en 2005, il n’a eu pas eu la vie d’un corrompu ! allah yerehmou… we yerhem walidina ajma3ine !

    I presume when you used the word troll, you expressed your anger, but in the case you’re looking to get rid of my comments once for all, let me know please… I promise, you won’t see me again here !

    @hammou, je ne vois pas l’intérêt de vouloir  »isoler » Naciri ou quiconque qui soit aujourd’hui à un poste officiel au maroc (et d’ailleurs pas qu’au Maroc mais dans l’ensemble des pays du maghreb) et vouloir dissequer l’histoire d’un parti de gauche, pour emmettre des conclusions pour valider des jugements aujourd’hui ! vous voulez appeler cela  »ouvrir un débat serein et sans concession » soit, mais qu’en est-il de la suite à donner à ce genre de débat ? admettons que ce toutes les  »conclusions » avancées ici soient valables, pourquoi est ce que nous devrions nous priver de l’unique réelle liberté qui nous soit possible, celle que personne ne peut nous priver, celle de réfléchir et de contextualiser les choses, afin de nous permettre d’emmettre quelques solutions ! parcequ’il s’agit bien de solutions dont il est question, et non pas d’interminables procès à des hommes qui sont tenu pour responsables des maux du Maroc.

    mon point de vue, est de considérer les déséquilibres institutionnels comme étant identiques au maghreb, en dépit des  »spécificités » du régime en place, et je pousse souvent le raisonnement au point que tant que ce Maghreb dans son ensemble ne connaîtra pas une réelle émancipation de sa jeunesse par le biais de l’education et du savoir, de l’eveil à la citoyenneté, tant qu’aucun pays de ce maghreb ne pourra espérer s’en sortir tout seul et se démarquer sur le plan des institutions. nous avons en commun trop de choses à commencer par une histoire qui se trouve être complètement à la merci de  »découpages » pour ne pas utiliser le terme clivages post coloniaux et d’autres contributions d’ordre idéologique ou politique.

    Benbarka, Ait Ahmed, Benbella ou Boudiaf, et même le libéral Bourguiba, en étaient pleinement conscients, Hassan II était encore trop jeune pour le réaliser… et pourtant ils ont chacun pris des positions alignées sur celle des blocs de la guerre froide, tout en maintenant des alliés politiques suspects dans la métropole française et ailleurs, ne se doutant pas qu’ils étaient entrain de transformer le défi de l’indépendance en un jeu de pouvoir qui allait être fatal aux peuples, à l’exception de la tunisie qui malgré tout ce qu’on peut en dire, à attelé la société aux valeurs modernes, et a profondément marqué cette société en permettant à la femme de s’émmanciper au même titre que les hommes.

    mon point de vue est qu’il soit temps de rompre avec cet position figée que nous avons face au pouvoir ! nous n’avons plus le droit de geler l’initiative, ou l’exercice des libertés d’entreprendre dans son pays… quels leaders auront nous demain si nous continuons comme ça ? il y a un vent qui tourne, saisissons le et disons clairement aux jeunes de vingt ans que leur pays n’est pas foutu, qu’il ne repose pas que sur des espoirs, que tout reste à faire et que personne ne nous ineterdit de nous émanciper, surtout lorsqu’on sait que la liberté que nous n’avions pas hier nous est accessible aujourd’hui, et même s’il est que ça ne soit qu’en partie, ne laissons pas filer cette occasion. on s’en fout que Naciri puisse dire des énormités pareilles comme une vielle mégère colérique et susceptible directement sur les ondes ! et en vérité je le plains ce Naciri de devoir lui aussi perdre ce qui lui restait d’intégrité politique dans un Maroc lynché par ses propres enfants et qui donnent plus de crédit à un harrag en quête d’eldorado européen qu’à n’importe quel politicien qu’il soit en fonction ou entrain de crever de faim dans son coin !
    et désolé d’avoir dévié du sujet… ça en valait la peine pour moi en tous cas !

    une dernière chose IK, j’ose espérer que le respect demeure la devise du blog, quelque soient tes positions ou même tes décisions si tu compte me chasser définitivement… et que je respecterais !

  22. C’est drôle de voir les réactions des camarades quand quelqu’un pointe les reniements des (ex-)gauchos..
    C’est même devenu un classique !
    Pourquoi cet acharnement !? Enfin quoi, vous n’y pouvez rien vous, militants sincères. Et tant mieux si quelqu’un les démasque.
    IbnK n’a rien fait de plus qu’une analyse positive.
    Personne n’a dit que la cause incombe à Marx.

  23. @ jamal
    J’ai beaucoup aimé votre dernier post et particulèrement le rappel des 3 ben (Ben Berka, Ben Bella et Ben Salah). La seule évocation de ces trois grandes figures maghrébines invoquent leur destin et celui de l’Union du Maghreb
    et j’aimerai vous lire à l’avenir avec le même plaisir

  24. ok, j’ai des plaques rouges sur le corps qui me démangent mais I’ll not feed the troll.

    pour le post, malheureusement ça me rappelle une chanson tout ce qu’il y a de plus récente :

    Oh I wish I was a punk rocker with flowers in my hair
    In 77 and 69 revolution was in the air
    ………….
    I was born too late to a world that doesn’t care
    Oh I wish I was a punk rocker with flowers in my hair

    Merci pour le rappel.

  25. […] que la tonalité des déclarations de Khalid Naciri – eh oui, encore à son poste celui-là – telles que reprises par Le Matin du Sahara sont très fermes, et rappellent […]

  26. […] – “Khalid Naciri, ou le post-communisme à la marocaine“, (11 août 2009); – “Question à Khalid Naciri: Sharon Stone, nihiliste sublimée ou […]

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