« Peut-on, après cela, parler de liberté d’expression au Maroc? »

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Lu dans Mohammed Abdel Jabri, « Positions – témoignages et mises en lumière (n°4): la démocratie au Maroc« , Centre de Recherche et de Coordination Scientifiques, Tétouan, 2004, pp. 73-83, 104:

La liberté de la presse au Maroc, entre loi édictée et réalité vécue

Dans leurs déclarations et commentaires, les responsables aiment à répéter, non sans fierté, que la presse au Maroc dispose d’une marge de liberté que lui envient de nombreux pays dans le monde. Jetons donc un regard sur le Code de la presse au Maroc, et essayons d’en analyser les données théoriques et retombées pratiques, afin que le lecteur puisse en juger par lui-même. (…)

Du point de vue juridique, la liberté de la presse au Maroc repose sur un dahir fondamental, celui du 18 novembre 1958 (…) [T]out en semblant – de prime abord, du moins – accorder à la presse une large marge de liberté, le dahir de 1958, considéré comme le statut fondamental régissant ce métier, recèle deux éléments susceptibles de permettre l’abrogation pure et simple de toute liberté prétendue.

Le premier de ces éléments est que le dahir (art. 7) (1) délègue au ministre de l’intérieur le pouvoir de sévir contre tout organe de presse ayant publié une matière qui, de l’avis du ministre, peut constituer une atteinte à l’ordre public (2).

Le second est la trop large acception qu’il accorde au terme « diffamation » (3), lui faisant englober, dans la pratique, tous les mots de la langue susceptibles de recevoir plus d’une interprétation, qui peuvent alors tous servir de prétextes à d’éventuelles poursuites judiciaires. Autrement dit, la presse se trouve soumise à deux pouvoirs: celui de l’exécutif, par le truchement du ministre de l’intérieur, et celui du judiciaire, qui ouvre toutes grandes ses portes devant les différentes poursuites en diffamation. (…)

Comme nous le disions, la presse est soumise, en vertu de la loi, aux pouvoirs conjugués du ministre de l’intérieur et de l’appareil judiciaire. Nous venons de voir combien le pouvoir conféré au ministre est arbitraire, ne dépendant que de ses seules volonté et considérations personnelles.

Le pouvoir judiciaire, lui, revêt de plus en plus les allures d’un pouvoir exécutif indirect. En effet, et depuis l’entrée en vigueur du dahir organisant la liberté de presse, les autorités judiciaires n’ont cessé de se révéler un instrument docile aux mains de l’exécutif. pas une fois, la justice n’aura rejeté une accusation lancée par le pouvoir exécutif à l’encontre d’un organe de presse. Pas une fois, elle n’osera donner aux choses des noms autres que ceux que les responsables de l’exécutif leur auront données. Maintes critiques sincères, se voulant constructives, mais jugées calomnieuses par les gouvernants, verront ce jugement confirmé par la justice, au mépris de toutes les opinions des juristes n’y voyant rien d’autre qu’une simple critique. (…)

Avant donc que de s’interroger sur la liberté de la presse au Maroc, il siérait peut-être de se demander d’abord si la justice, dans notre pays, jouit elle-même d’indépendance. (…) Face à cette dépendance de la justice et cette hégémonie du ministre de l’intérieur, la liberté de presse n’est plus qu’un mot creux, dénué de tout sens. Quant aux procès intentés contre les organes de presse, ils ont de plus en plus l’air de mauvaises comédies. (…)

Peut-on, après cela, parler de liberté de presse au Maroc?

Face à l’inadmissible pouvoir conféré au ministre de l’intérieur, lui permettant de saisir et de suspendre les publications; face à la soumission du judiciaire à l’exécutif, et à l’absence de toute institution représentative au sein de laquelle l’opposition aurait pu s’exprimer, peut-on prétendre que la presse dispose au Maroc de la moindre marge de liberté? Comment cela saurait-il être, quand le seul moyen de survie pour la presse consiste à ne jamais déplaire aux gouvernants, c’est à dire à taire tout simplement la voix de l’opposition?

Une application partiale de la loi

Par ailleurs, le Code de la presse ne s’applique qu’aux journaux s’exprimant au nom de l’opposition. Jamais le pouvoir exécutif ne poursuivra en justice aucun de ses propres organes, même quand il leur arrivera de publier une matière qui aurait certainement valu à At-tahrir (4) un procès retentissant. (…) La liberté de presse au Maroc est donc et restera un mythe, tant qu’aucune réalité tangible ne viendra confirmer le contraire.

Mais peut-on vraiment parle de liberté d’expression dans notre pays? La réponse est bien évidemment par la négative, étant donné que la loi régissant le métier du journalisme n’offre acune protection à cette liberté. Le ministre de l’intérieur n’a-t-il pas, en effet,, le pouvoir de faire saisir, suspendre ou même interdire n’importe quelle publication, sans avoir pour cela à recourir aux tribunaux ni à aucune autre instance? La loi, elle, en ouvrant la voie aux procès en diffamation, facilite d’autant les poursuites contre les organes de presse. Selon cette loi, toute critique ayant déplu aux gouvernants est susceptible d’être interprétée comme une diffamation, conduisant inluctablement à un procès contre le journal sur les pages duquel est parue la critique. (…) Nous avions déjà établi (…) que notre pays ne jouit d’aucune sorte de liberté d’expression, et que le Code de la presse n’offre aucune protection à cette liberté. De plus, même si la liberté d’expression est garantie par un dahir promulgué par le Chef de l’Etat, cette garantie reste insuffisante, vu que l’abrogation de ce dahir ne dépend que d’une signature du Chef de l’Etat lui-même. La liberté d’expression, si tant qu’il en existe dans notre pays, ne dépend donc, dans le meilleur des cas, que de la volonté d’un seul individu, le tenant du pouvoir personnel

Voici donc ce qu’écrivait le philosophe Mohamed Abdel-Jabri, alors journaliste à At-tahrir, sur la répression contre la presse marocaine des années 1960-62. A l’époque, la répression ne trouvait pas comme prétexte la diffamation alléguée d’un chef d’Etat étranger – Kadhafi – ayant reconnu un mouvement séparatiste marocain, ou une caricature ambigüe, ou l’information subversive selon laquelle le Roi suivrait un traitement à la cortizone, ou le fait de qualifier de consultant mercenaire un consultant franco-belge se réclamant ouvertement de ses liens avec des services de renseignement étrangers, ou un facebooker ayant ouvert un compte FB au nom d’un Prince royal ou enfin la chronique d’un bloggeur critiquant l’octroi arbitraire d’agréments de transport – et je passe sur les très dangereux pique-niqueurs de Mohammedia. A l’époque, existait une opposition résolue, ferme et populaire, ne mâchant pas ses mots:

« Le comité central de l’Union nationale des forces populaires (UNFP), réuni le 14 novembre 1962 à Casablanca; Après avoir analysé la situation créée par le pouvoir absolu de soumettre au référendum une Constitution préfabriquée dans le secret avec la collaboration des techniciens étrangers au service de l’impérialisme et du néo-colonialisme, (…) souligne que l’opération dite du réferendum, dans le contexte du régime du pouvoir personnel et fédoal instauré depuis 1960, est de toute évidence une procédure antidémocratique et une forme d’escroquerie politique; (…) le comité central de l’Union nationale des forces populaires (UNFP) affirme quee le recours à l’opération réferendum, dans les conditions précitées, tend en réalité à faire avaliser une Constitution qui n’est que la codification d’un pouvoir personnel et réactionnaire. (…) Décide de mobiliser tous les militants et les cadres des masses ouvrières et paysannes, afin d’organiser le boycott de réferendum projeté et de soustraire ainsi les masses populaires au chantage auquel les agents du régime entendent les soumettre; fait appel au sentiment de patriotisme et de dignité de tous les citoyens pour opposer un front national au réferendum constitutionnel qui n’est qu’une manoeuvre de mystification et une procédure de fraude politique (cité par André Valentino, « Le réferendum marocain du 7 décembre 1962« , in « Sociologie électorale en Afrique du Nord« ,  Presses Universitaires de France, Paris, 1966, pp. 177-8)

Le Conseil national du même parti n’était pas en reste:

« Le Conseil national de l’Union nationale des forces populaires a tenu une session extraordinaire le 25 novembre 1962 à Casablanca. Le Conseil national a d’abord procédé à l’étude de la Constitution imposée au pays. Il est arrivé à la conclusion que cette Constitution n’est que la codification du régime du pouvoir féodal, absolu et archaïque et une tentative de consolidation des structures pourries existantes (ibid, p. 178) »

Le Conseil national de l’Union marocaine du travail (UMT), réuni le 21 novembre 1962 à Casablanca n’était pas non plus mesuré dans ses propos:

« Le Conseil national (…) déclare que le projet de Constitution n’est que la consécration des structures féodales, à maintes reprises dénoncées par le peuple et la légalisation de la mainmise totale de l’absolutisme sur notre pays. Outre l’équivoque et la duperie, dont le pouvoir entoure son entreprise, il n’a pas hésité à utiliser la pression morale et matérielle, l’intimidation et la menace pour imposer « sa » Constitution aux citoyens. Le Conseil national de l’UMT considère que cette Constitution, qui ne diffère en rien des projets élaborés par le colonialisme et que le protectorat avait vainement essayé d’imposer au peuple marocain, n’est que l’expression du mépris du pouvoir envers la conscience nationale et les masses populaires (…). Cette Constitution qu’on impose au peuple, après sept ans d’atermoiements, au cours desquels la corruption s’est généralisée, l’absolutisme, la collusion avec le colonialisme et le pouvoir personnel ont été érigés en système de gouvernement au Maroc, renforce les fondements de la féodalité, de la réaction et du colonialisme. Aussi, le Conseil national de l’UMT (…) fait appel à la classe ouvrière, avant-garde d ela lutte pour la libération et la démocratie pour qu’elle mette en échec à la fois les tentatives d’intimidation, de pression, de corruption et de charlatanisme, et la manoeuvre pour laquelle on désire enchaîner le peuple marocain et le réduire à l’esclavage (ibid., p. 180) »

Le cheikh al islam Mohamed Ben Larbi Alaoui dénonça quant à lui « le crime ignoble perpétré contre la religion islamique par les promoteurs du projet constitutionnel » (ibid., p. 117).

Dans son livre cité au début, Mohamed Abdeljabri parle d’ »autocratie absolue » (p. 54), « pouvoir personnel absolu » (pp. 57, 60, 61), « des régimes corrompus que seules leurs connivences avec le colonialisme protègent de la colère de leurs peuples » (p. 57), « le régime bâti sur le pouvoir personnel a, de tous temps, été un mal, un régime corrompu » (p. 59), « au nom du Roi, maître absolu du pays » (p. 60), « une forme de pouvoir encore plus personnelle et plus réactionnaire que celle instaurée sous Mohammed V » (pp. 67-8), « une démocratie factice, destinée à servir de moyen pour mieux exploiter le peuple et mieux l’abrutir, afin d’en faire une monture docile aux mains des seigneurs féodaux, des idoles et des demi-dieux » (p. 85), « les suppôts du féodalisme, les réactionnaires et les chasseurs de postes » (p. 85), « la démocratie est incompatible avec leur réalité et leur façon de gouverner, ainsi qu’avec leurs considérables – et combien nombreux! – intérêts personnels » (p. 90), « la seule liberté d’expression au Maroc est celle accordée aux commentateurs de la radio de couvrir d’injures le peuple et ses représentants authentiques » (p. 100), « une loi servant toujours les intérêts de ceux qui la promulguent, elle servira le Roi et ses sbires si ce sont eux qui l’auront faite, et servira le peuple si c’est lui, à travers ses représentants élus, qui l’aura élaborée et entérinée » (p. 102), etc.

Voilà donc ce pour quoi étaient saisis et poursuivis militants et journalistes marocains il y a près de cinquante ans, et voici pourquoi d’autres journalistes et militants marocains sont poursuivis aujourd’hui.

(1) Note d’Ibn Kafka: il s’agit en fait de l’article 77 depuis la réforme législative de 2002.

(2) L’article 77 dispose ce qui suit:

Le Ministre de l’Intérieur pourra ordonner par arrêté motivé la saisie administrative de tout numéro d’un journal ou écrit périodique dont la publication porte atteinte à l’ordre public, ou comporte les faits visés à l’article 41 ci-dessus. (…)

L’article 41 réprime quant à lui « d’un emprisonnement de 3 à 5 ans et d’une amende de 10.000 à 100.000 dirhams toute offense, par l’un des moyens prévus à l’article 38, envers Sa Majesté le Roi , les princes et princesses Royaux. La même peine est applicable lorsque la publication d’un journal ou écrit porte atteinte à la religion islamique , au régime monarchique ou à l’intégrité territoriale.« 

(3) Il faudrait plutôt également par là le terme « offense » visé à l’article 41 du Code de la presse, ainsi que le concept « porter atteinte à » du même article.

(4) At-tahrir fut un quotidien arabophone de l’UNFP, ancêtre de l’USFP.

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23 Réponses

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  4. Nos journalistes immatures se moquent des lois regissant leur profession; ils n’obeissent qu’a leur mauvais caractere, a leur mauvaise volonte et a leur machiavelisme.
    Ils sont les seuls a blamer pour ce qui leur arrive./.

  5. Tout le mal de ce pays vient de ces partis de gauche à savoir: le PI, l’USFP et le PPS.

    Ils nous parlent des années de plomb mais ils cachent les années de sang. Et après plus de 50 ans de sabotage du progrès du Maroc par leurs idéologies qui sont mises à nu après l’alternance de 1998 à ce jour, car il est devenu claire et net que ce sont des vrais mauvais gestionnaires. ils cherchent à tromper encore les marocains, en inventant ce qu’ils appellent « Al manhajia Addemocratia ». Cette phrase qu’ils utilisent pour dire au Roi qu’ils restent à l’écart et les laisser abuser encore du peuple alors que seulement un pourcentage inférieur à 10% de la population votent pour eux.
    Ils continuent encore et toujours à simuler un simple policier, un petit moqqaddam ou un soldat qui les protègent et qui touchent un salaire de misère comme un fantôme Makhzen, alors que leurs ministres, leurs présidents de communes s’enrichissent exponentiellement et illégalement.

  6. T’as d’étranges visiteurs! Les deux commentaires qui précédent sont la quintescence du  »comment noyer le poisson » ou le résumé de notre cher dicton  »si tu n’as pas honte, dis ce que tu veux! ». Un discours bien à la mode ces jours-ci qui consiste à blâmer les victimes pour la répression qu’elles subissent, le peuple pour sa propre oppression, comme s’il n’y avait pas de dominants et de dominés. C’est la logique du violeur qui blâme l’agressivité du code vestimentaire de sa victime, sa reluctance à consentir à ses avances, etc. Ça me rappelle aussi une ancdote narrée par un (méchant) communiste ayant séjourné dans les prisons de Nasser. Il y avait sur ces sinistres lieux un tortionnaire zélés et particuliérement craint qui un jour, devant l’ampleur de sa tâche et la résistance de ses victimes à avouer leurs  »crimes », péta un plomb et commença à les injurier :  »fils de chiens qui n’avez aucune pitié.. »

  7. La liberté d’expression est soumise à des régles de respect de la dignité des personnes et de déontologie.
    Dans aucun pays du monde, on ne peut traverstir le drapeau national en y plaçant un signe d’un Etat raciste et fachsite ; dans aucune « démocratie » occidentale, on ne peut faire faire à un être humain un salut hitlérien sans y laisser des plumes (damandez à Dieudonné!!!) ; dans aucun pays du monde, on ne peut propager des informations dfiffamatoires sur l’etat de santé du chef de l’Etat avec tous les remous que cela suscite, surtout lorsqu’on sait que le journaleux a pompé ses fausses infos d’un site web douteux.
    Le moindre que l’on puisse dire, c’est que la presse au Maroc n’est pas à la hauteur des espérances des Marocains, au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes, au lieu de s’affranchir de ses corrupteurs pour devenir réellement indépendante, elle fait du Roi et de sa famille (pourtant loin de la politique comme c’est le cas pour My Slimane) son fonds de commerce.
    Cela ne disculpe en rien les autorités dont les réactions musclées gagneraient à être plus réfléchies, cela ne signifie pas non plus que tout est pour le mieux dans le plus beau pays du monde (justive pourrie, népotisme, corruption, misère…) mais chacun doit assumer ses responsabilités et arrêter de verser de l’huile sur le feu, car comme je l’ai dit chez Larbi, en empruntant cette phrase au théâtre de l’absurde : Prenez un cercle, caressez-le, il finira par devenir vicieux!

  8. A propos du rapport « Goldstone » sur l’opération « plomb durci » menée par Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza, le chef du gouvernement israélien a déploré :
    « qu’au lieu de condamner le terrorisme et ses commanditaires, il y a à l’Onu des gens qui accusent les victimes, et c’est précisément ce que fait ce dernier rapport sur Gaza ! »

    On savait Israel « digne » de ce genre d’argumentaire fallacieux, ignoble et indécent et ne souffrant aucun scrupules à délester la victime de sa souffrance s’en accaparer et en faire son propre fond de commerce pour assassiner une deuxième fois cette même victime.Seulement voilà il semblerait que cette technique est entrain de faire des émules notamment parmi certains « mokhaznis-bloggueurs » qui a l’instar de Goebbels quand ils entendent le mot culture sortent leur revolver.

  9. INCOHERENCE
    Il y a souvent des victimes qui sont des abuseurs et des coupables .
    Il y a aussi des moralistes qui n’ont aucun principe moral.
    Il y a d’autres positions differentes sur ce sujet et aucun lecteur ne doit accepter d’etre influence’ par les points de vue contraires a ceux que lui inspire sa propre conscience. Nous ne sommes pas des clones ou des robots programmes pour reagir de la meme facon sur un sujet donne’.
    Ceux qui DENONCENT & CENSURENT les auteurs « ehonte’s » des commentaires opposes aux leurs PARUS CI- CESSUS non conformes A leur VISION DES CHOSES , que font-ils de ma propre liberte d’expression…Ne paraissent -ils pas etre inconscients de leurs actions en pietinant le droit de ces commentateurs a la liberte de penser et a celle de l’expression? Ils sont inattentifs qu’ils sont entrain de defendre CES MEMES DROITS des journalistes qu’ils jugent victimes de la tyrannie du pouvoir – WAKE UP BROS M & W, SOUB7AANA LLAAH! Regardez-vous un peu dans votre propre miroir et mettez un peu d’ordre dans vos idees avant d’ouvrir la bouche pour eviter le ridicule.
    Si vous avez quelque chose de constructif a dire , dites-le sans pointer du doigt ceux qui ne sont pas d’accord avec vos idees et qui voient les choses sous un autre aspect different du votre. C’est grossier, c’est impoli, c’est rude!

  10. [...] “Peut-on, après cela, parler de liberté d’expression au Maroc?” par Ibn Kafka [...]

  11. Le délire continue

    « Ceux qui dénoncent et censurent les auteurs éhontés
    des commentaires opposés aux leurs… »

    « sabhan allah sifna oulla chetoua ou reja3 fasl erbi3 fel bouldan khrif »comme dirait les nass el ghiwane d’antan, c’est maintenant moul et moi qui sommes de méchants censeurs et de dangeureux liberticides,GIVE ME A BREAK BRO,ce que nous avons dénoncé c’est « le droit » que tu t’octroies de censurer les autres et accessoirement de les enfoncer délibérément un peu plus encore.C’est cette attitude de procureur auto-proclamée et d’inquisiteur qui m’horripile et que je dénonce parce que,corrige-moi si je me trompe c’est bien toi qu’a tiré la première salve, moi j’ai seulement réagi à cette attitude devenu mondaine et tellement commode de mépriser les journalistes et de jouir de leurs malheurs.
    Ensuite affirmer sans rougir « qu’ils sont les seuls à blamer pour ce qui leur arrive » tout en connaissant parfaitement les turpitudes d’un système judiciaire féodal et corrompu confine au minimum à de la mauvaise foi voire à du cynisme ou mieux encore à du sadisme.Si ridicule est le contraire est le contraire de toutes ces tares alors oui je veux bien être ridicule.

  12. Juste une petite correction fils de Kafka. Son nom est Abed (et non Abdel)..

  13. To whom it may concern,

    Bigot!

  14. @aisha q:
    Et comment donc devrait-on prendre nos responsabilités ? Faut-il vraiment se garder d’évoquer tous les sujets qui fâchent en espérant qu’ils disparaîtront d’eux-mêmes ?

    Faut-il vraiment d’arrêter de jeter de l’huile sur le feu, lorsque le feu nous prévient du danger ?

    La critique, même outrancière, n’a-t-elle pas un rôle de progrès ? « Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la verité restera dehors »

    Personnellement je préfère une presse même amateure, même populiste, qui serait sanctionnée par ses lecteurs (ou son absence de lecteurs) et ses confrères, qu’une presse muselée par l’Etat, que pas de presse du tout.

  15. Il y a un truc dans la caricature du prince :

    L’étoile n’est pas complète. On peut imaginer ce qu’on veut, le dessinateur n’a pas dessiné l’étoile de David.

    Dans le dessin,le prince lève une main. C’est tout. Il n’y a pas de bulles où le dessinateur fait dire au dessin du prince un Heil ou je ne sais quoi.

    On peut penser ce qu’on veut du dessin… c’est un procès d’intention. Il n’y a absolument rien de tangible.

  16. la problématique de la tutelle journalistique après celle de la minorité communiste!

    vouloir prendre le peuple marocain en otage, déclarer son incapacité jurique et se prévaloir le droit de sa tutelle pour parler à sa place, telles les revendiacation d’un journalisme en mal de professionalisme, en mal de son hadicape de mise à niveau.

    pas en mon nom et pas au nom de tous les miens!

    liberté d’expression soit et la mienne???? quand je suis diffamé, quand ma photo fait la première page, quand le mensonge prime et la vérité crucifiée sur la croix des colognes d’un ancre sale à toucher!

    liberté d’expression soit, et celle de l’autre????

    égalité? devant la loi? responsabilité?

    journalisme? quel journalisme au Maroc? y’en a pas!

    des vendus qui vendent le malheur des autres au nom de la liberté d’expression dans le top de l’illégalité!

    c’est quoi vos diplômes? c’est quoi vos formations? c’est quoi votre vision ( à part l’argent)? c’est quoi votre visibilité par rapport à votre environnement socio-économico-culturel ???????

    NADA ! dépourvus de l’essentiel : le cerveau !

    quand le fond n’existe pas, on discute pas la forme!

    des journalistes à l’image des partis politiques !

  17. hind: pour ton information, ce ne sont pas les journalistes qui détiennent le pouvoir au Maroc.

  18. hind: pour ton information, ce ne sont pas les partis politiques qui détiennent le pouvoir au Maroc.

  19. Ibn Kafka, avec ce post tu mets le doigt sur un point très intéressant de l’histoire politico-médiatique du Maroc de ces dernières décennies. Ca a l’immense honneur de remettre les choses un peu en perspective.
    Mais je ne suis pas d’accord avec ton raccourci à la fin. Je m’explique.

    La « violence » des mots employés à l’époque (que tu as d’ailleurs mis en gras) à l’encontre du régime est tout simplement impensable aujourd’hui dans les médias marocains : leurs auteurs seraient immédiatement arrêtés, accusés d’agir à la solde « de puissances étrangères », de vouloir « déstabiliser le royaume », etc..

    Cependant, je trouve que ton raccourci final qui consiste à dire : « et voici pourquoi d’autres journalistes et militants marocains sont poursuivis aujourd’hui » n’est pas très pertinent.

    En effet je pense qu’il faut bien faire la différence aujourd’hui entre journalistes et militants politiques. Les militants d’Annaj, par exemple, tiennent toujours le même discours, aussi virulent. Mais ils n’ont AUCUN ACCES MEDIATIQUE (à part une brève occasionnelle de deux lignes quand ils boycottent les élections et/ou quand ils sont arrêtés par la police).

    Mais l’opposition politique, les « grands partis historiques », on le sait, à été réduite à néant par le pouvoir. A l’époque, ils s’attaquaient de front à la monarchie, aujourd’hui, ils baissent leurs pantalons et tendent leur croupe. Les journaux – organes officiels de partis, de tous bords, ne font que suivre cette ligne. Le « journalisme politique » comme à l’époque de At-tahrir n’existe donc plus.

    Aujourd’hui, c’est la presse dite indépendante qui est en ligne de mire. Affiliés à aucun parti, ces titres ne devraient pas avoir ce rôle « d’opposants » politiques. Ce n’est pas leur combat. Ils s’indignent et parlent des nombreux atteintes/dysfonctionnement qui touchent notre pays, notamment au niveau des libertés, car c’est ça le rôle d’une presse libre moderne.

    Alors je trouve un peu facile de dire : regardez aujourd’hui ces tocards qui se font arrêter alors qu’il ne font même pas un dixième de ce que faisait la presse politique d’opposition à l’époque. Tu me suis ?

    Quoiqu’il en soit, c’est quand même triste (et surtout rageant) de voir que la liberté de ton à l’encontre du pouvoir était plus grande dans les années 60 qu’en 2009… Mais une fois encore, le sort réservé à ces opposants n’était pas le même non plus…

  20. @ Ibn Kafka

    aucun rapport avec ce post, mais voici un com’ que j’ai laissé sur le blog de Mounir Bensalah et qui t’es également adressé, concernant son post « Tamek : quand tu choisis l’option militaire tu n’es plus dans les droits humains » :

    @ Mounir & Ibn Kafka

    Cette affaire, qui déchaine les passions dans les deux camps, est extrêmement compliquée à appréhender d’un point de vue OBJECTIF. Vous qui êtes, si je ne m’abuse, d’ardents défenseurs du DROIT, permettez moi de vous soumettre mon point de vue (sincèrement, j’aimerai en débattre avec vous en toute objectivité) :

    - Premier point. L’arrestation d’Ali Salem TAMEK et de ses six compagnons à l’aéroport de Casablanca était-elle justifiée sur le plan légal ? Je veux dire par là, est-ce que le fait, pour un ressortissant marocain, de se rendre dans les camps de Tindouf et d’y afficher son soutien au Polisario (vu que c’est à priori POUR CES FAITS qu’ils ont été arrêtés cette fois-ci), peut être légalement considéré comme un crime de « haute trahison » ? D’après Ibn Kafka, la réponse est évidente : oui, parce que le Maroc est encore en « guerre », seul le cessez-le-feu signé entre les deux parties en 91 a mis fin aux affrontements armés. Là, j’ai une question : qu’est ce qui définit la notion de « guerre », et sa fin, au niveau du droit marocain et international ?
    Comme dit plus haut, il n’y a plus d’affrontements armés entre l’armée marocaine et le Polisario depuis des années. Il n’y a pas d’attentats au Maroc commis par des séparatistes sahraouis (Dieu merci !), et les deux parties se sont engagées, sous l’égide de l’ONU, à trouver une solution pacifique, juste et durable à ce conflit.
    Tamek a appelé dans un passé récent (je ne sais plus quelle année) à reprendre les armes contre le Maroc, mais, à priori, ce n’est pas pour ces déclarations qu’il a été arrêté à l’aéroport et qu’il sera jugé par un tribunal militaire.

    - Deuxième point. Je ne rentrerai pas dans la polémique « Tamek veut-il ou mérite-t-il son passeport marocain », ce n’est pas le point (d’ailleurs, toutes les interprétations à ce sujet, même les plus opposées, ont chacune une part de bon sens). Disons qu’il est un ressortissant marocain, point barre.
    Si « l’intégrité territoriale » est inscrite dans la constitution marocaine (comme dans la plupart des pays du monde), est ce qu’il est pour autant illégal pour un Marocain de se prononcer publiquement pour l’indépendance d’une partie du pays ? Je veux dire par là : en France par exemple, la constitution dit que la France est « une et indivisible »; pour autant, les indépendantistes corses ont des discoursz violents mais ne sont pas arrêtés tant qu’ils ne commettent pas de crimes ou délits.
    Là, les discours passés de Tamek appelant à « prendre les armes » peuvent (et auraient du ?) être considérés comme un appel à la violence et au trouble de l’ordre public; Mais encore une fois, ce n’est pas pour ça qu’il a été arrêté.

    Ce point soulève en outre une autre question : s’agissant du Sahara occidental, reconnu par l’ONU comme « territoire non-autonome » simplement ADMINISTRE par le Maroc, les lois marocaines peuvent-elles s’y appliquer comme à l’ensemble du royaume ? Le droit international(que le Maroc, signataire de diverses conventions, se doit de respecter), l’autorise-t-il ?

    Comme vous pouvez le voir (j’ai essayé de ne pas être trop barbant), j’essaye d’analyser ce problème sur les seules et uniques bases de droit, et les questions juridiques posées par ces arrestations sont nombreuses (à noter également l’interrogation d’Ibn Kafka : le tribunal militaire est-il compétent ?).

    Vous qui nous habituez à des posts intelligents, sensés, basés sur la logique et le respect du droit, ce serait sympa d’avoir un débat sur ces questions de droit, ça changerai des « coups de sang », des commentaires « à l’affectif », dans les deux camps, que ce sujet entraine inévitablement mais qui N APPORTENT RIEN AU DEBAT.

    merci

  21. @hassan:

    Le droit international permet à l’Algérie d’accueillir des réfugiés de guerre séparatiste mais ne lui permet pas de laisser ces réfugiés mener des attaques contre un pays voisin.

    et quelle serait la réaction de la France ou l’Espagne vis-à-vis de l’Algérie si cette dernière accueille des séparatistes corses ou basques chez lui comme réfugiés et les laisse mener des attaques armées contre la France ou l’Espagne ??

    Que dirait encore le droit international si l’arabie saoudite ou l’iran par exemple accueille les séparatistes actuels du yamen et les laisse mener des attaques armées contre le yamen?

  22. @ cazazone

    y a-t-il actuellement des attaques armées contre le Maroc ? tu peux me dire où et quand précisemment ?

  23. [...] But at that time, the articles and opinions that led to repression were indeed subversive as I have noted earlier: the régime itself was bluntly attacked on ideological grounds, and described as authoritarian, [...]

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