La solution d’AIPAC pour lutter contre la délégitimisation d’Israël: rejoindre l’OCDE et l’OTAN…

Israël encaisse le rapport Goldstone, l’expulsion d’un de ses agents du Mossad diplomates de Londres, le chef du CENTCOM de l’armée US affirme qu’Israël met en danger la vie de soldats étatsuniens et une brouille plus spectaculaire que substantielle avec les Etats-Unis (décrédibilisés dans cette affaire), dans un contexte où la parole sur la Palestine se libère, y compris aux Etats-Unis (voir Stephen Walt, John Mearsheimer et son analyse intéressante, Phil Weiss ou Glenn Greenwald – voire même l’improbable Thomas Friedman dans sa chronique "Driving drunk in Jerusalem") – où un lobby pro-israëlien, J-Street, fait concurrence aux Etats-Unis avec AIPAC mais sur la base de la création d’un Etat palestinien viable.

Mais rassurez-vous: la solution miracle est toute trouvée. Il suffit qu’Israël adhère à l’OCDE, l’OTAN, soit élu (pourquoi pas désigné membre d’office?) au Conseil de sécurité de l’ONU et enfin que les pays arabes cessent leur boycott (quel boycott? Pas le Maroc en tout cas). C’est pas moi qui le suggère, c’est le directeur exécutif d’AIPAC, Howard Kohr:

While the congressional lobbying agenda of AIPAC remains focused on sanctioning Iran, ensuring foreign aid to Israel and strengthening U.S.–Israel relations, the group is also calling for a list of measures aimed at countering de-legitimization efforts against Israel.

The plan, detailed by AIPAC’s executive director on the second day of group’s conference, calls for four steps that would end the isolation of Israel in international bodies. Israel has long been banned from many forums due to Arab refusal, and now AIPAC wishes to change this picture.

The steps include working for Israel’s acceptance to the Organization for Economic Cooperation and Development (OECD); making the Jewish state part of NATO; allowing Israel to hold one of the rotating seats on the United Nations Security Council, and ending the Arab boycott against Israel. (Forward)

Pour ce qui est de l’OCDE, il est vrai qu’Israël y postule  – le vote devrait avoir lieu en mai et le secrétaire-général de cette organisation y est favorable - et comme il n’y a pas de critère relatif au respect des droits de l’homme, rien ne s’oppose en principe à ce que ce pays y adhère au regard du niveau de vie d’une majorité de sa population – Israël en deviendrait cependant le membre le plus pauvre. Cependant, l’interférence avec le politique est probable – car l’unanimité des Etats membres de l’OCDE – Turquie comprise – est requise, et ça pourrait poser problème - surtout que des députés arabes israëliens s’y opposent: "However, MK Ahmed Tibi (United Arab List-Ta’al) called on Gurria yesterday not to allow Israel to join the OECD unless it institutes equality for Arab citizens". Mais même cet organisme, guère connu pour se préoccuper de la fracture sociale ou de la discrimination ethnique, n’a pu s’empêcher d’épingler la marginalisation de la population arabe d’Israël (par quoi il faut entendre les Arabes des territoires occupés en 1948/49) dans deux rapports officiels:

Dans l’ensemble, les niveaux de formation secondaire et supérieure de la population en âge de travailler sont impressionnants, mais les résultats médiocres enregistrés dans les communautés arabe et ultra-orthodoxe contribuent aux faibles taux d’emploi et à la pauvreté. (…) Il faut redoubler d’efforts dans le domaine de l’éducation pour instaurer des règles du jeu plus équitables pour les Arabes israéliens. (Présentation de l’Etude économique d’Israël 2009)

Toutefois, l’histoire inhabituelle d’Israël et sa situation géopolitique font que son économie est atypique à bien des égards. Une part significative de ses ressources financières et humaines est absorbée par des forces armées et des services de sécurité civile importants ; l’aide militaire contribue au solde net considérable des transferts de l’étranger dans la balance des paiements courants ; en outre, les flux d’échanges et d’investissement avec le monde en général sont substantiels, tout en étant relativement limités avec les économies voisines. De plus, la société israélienne est compliquée par les imbrications entre nombre de préoccupations politiques et des considérations ethniques ou religieuses. (Synthèse de l’étude économique d’Israël 2009)

Par ailleurs, le pays accuse certaines pesanteurs et insuffisances. L’OCDE joue un rôle majeur en matière de lutte contre la corruption, or c’est précisément là une des faiblesses de l’économie israélienne : les marchés internationaux concernant l’industrie de défense sont entachés de corruption, et le gouvernement, sous la pression de l’institution militaire, ne fait pas grand-chose pour y remédier.

Dans un rapport publié mercredi 20 janvier, l’OCDE souligne une autre faiblesse : l’aide sociale. Un peu plus de 20 % des foyers israéliens vivent en dessous du seuil de pauvreté (11 % pour la moyenne des pays de l’OCDE). La pauvreté est concentrée chez les Arabes-Israéliens qui représentent 20 % de la population, dont le taux de pauvreté atteint 50 %, ainsi que chez les juifs ultra-orthodoxes (8 % de la population), qui connaissent un taux de pauvreté de 60 %.(Le Monde)

Every fifth Israeli is twice as poor as the average person in OECD member states. Most of the poor come from Arab and ultra-orthodox communities, where poverty rises to 50 percent and 60 percent, respectively.(Haaretz)

Malgré la nécessité d’un régime budgétaire rigoureux, il convient d’accorder aux profonds clivages socioéconomiques existant en Israël la priorité qui leur est due. Un peu plus de 20 % des ménages sont en dessous du seuil de pauvreté, alors que la moyenne est de 11 % dans la zone de l’OCDE. La pauvreté est concentrée parmi les 20 % de la population composés d’Arabes israéliens dont le taux de pauvreté est de l’ordre de 50 % et les 8 % (estimés) composés de Juifs ultra-orthodoxes dont le taux de pauvreté est de 60 % environ. Ces deux groupes vivent et travaillent généralement dans des communautés séparées du reste de la population et sont à l’écart du noyau dur de l’activité économique. Les mêmes causes immédiates de pauvreté sont communes à ces deux groupes – de faibles taux d’emploi et des familles nombreuses – mais le contexte socioéconomique diffère énormément. La pauvreté des Arabes israéliens est alimentée par une éducation médiocre débouchant sur des emplois mal rémunérés pour les hommes et par des normes culturelles limitant l’éducation et le travail des femmes. En outre, l’examen parallèle par l’OCDE des marchés du travail et des politiques sociales en Israël apporte des éléments économétriques de comparaison des salaires et des taux d’emploi qui mettent en évidence une discrimination à l’encontre des Arabes israéliens. En revanche, les conditions de vie matérielles médiocres de la communauté ultra‑orthodoxe fortement « insulaire » découlent plus d’un choix que des circonstances. Cette communauté accorde une grande place à l’enseignement pour les hommes, mais un enseignement en grande partie religieux. De fait, la majorité des hommes adultes consacrent leur vie à des études religieuses à temps plein, ce qui a des conséquences notables sur leur niveau de vie. Quant aux femmes, une forte proportion (plus de 95 %) d’entre elles passe les examens finaux pour les matières non religieuses, même si elles utilisent souvent un système de cours et d’examens différent de celui employé dans l’enseignement ordinaire. (…) les filières d’enseignement des communautés arabes israélienne et Haredi, qui sont distinctes du système d’enseignement du reste de la population, suscitent de vives préoccupations. (…) 

Il convient de redoubler d’efforts pour instaurer une égalité des chances pour la population arabe israélienne.Malgré l’attention qui a été accordée par les pouvoirs publics à cette question, des lacunes substantielles demeurent dans les ressources affectées à l’enseignement, comme en témoignent les fortes disparités des effectifs moyens par classe. Les divers programmes ciblés sur la question devraient être évalués et, si nécessaire réformés. En outre, des réformes plus générales de l’enseignement devraient mettre prioritairement l’accent sur la réduction des inégalités. Des objectifs d’équité en matière d’affectation de ressources et de résultats devraient être adoptés.(Synthèse de l’étude économique d’Israël 2009)

Social divisions go deeper than differences in incomes and employment. Arabs and Haredi generally live in separate communities and their children go to different schools. They do not typically serve in the Israeli Defence Force, which sometimes causes resentment among the majority. It also affects their job prospects because it excludes them from the public employment support provided to ex-servicemen and women. (Synthèse du rapport de l’OCDE "Israel: a divided society")

The Bedouin: connections and inclusion
Within the Arab population, the Bedouin are particularly disadvantaged. The transition from a traditionally tribal and nomadic way of life into modern-day society is difficult for them. It is further complicated by land disputes between the state and Bedouin families. As a result, around half of the Bedouin live in ‘unrecognised’ villages, where basic amenities – electricity, water, sewerage, transport and telecommunications – are not guaranteed.
Education performance of this group is poor and employment rates are low. Coupled with large families, this means that four out of five Bedouin live in poverty.
The Goldberg Commission has come up with a compromise proposal to address the land question. The OECD urges the Israeli government to pursue these proposals and urgently connect Bedouin settlements with utilities, transport and communication networks. Efforts to improve educational opportunities and standards for the Bedouin – including vocational training – should be stepped up. (Synthèse du rapport de l’OCDE "Israel: a divided society")

Working conditions of foreign workers are especially likely to be poor. Once the largest foreign group, Palestinian cross-border workers have declined from about 8% of the workforce in the late 1980s to 2% today. This is primarily a result of security concerns. But workers from elsewhere, particularly Asia, have taken their place. Foreigners made up 7% of the workforce in 2008. (Synthèse du rapport de l’OCDE "Israel: a divided society")

Permanent migration to Israel is generally only possible for Jews and their families. Such immigration is actively encouraged by public agencies that recruit, advise and support immigrants on arrival. This help comprises cash grants, education and training vouchers, customised language training and employment subsidies.

This comprehensive immigration policy is generally successful at integrating migrants into Israeli society and the economy. For example, one million immigrants came from the former Soviet Union during the 1990s. (At the time, the Israeli population was less than five million.) Less than 8% of these had re-emigrated by 2005, revealing the success of integration.

There is no such wide-ranging public intervention to support non-Jews who come to Israel to work temporarily (often supporting families in their home countries through remittance of earnings). (Synthèse du rapport de l’OCDE "Israel: a divided society")

On notera au passage que les chiffres cités tiennent compte des territoires occupés en 1967 en fonction de l’appartenance ethnique des habitants de ces territoires:

Pour des raisons techniques, ces graphiques utilisent des statistiques israéliennes officielles qui comprennent des données concernant les hauteurs du Golan, Jérusalem Est et les implantations israéliennes en Cisjordanie (Synthèse de l’étude économique d’Israël 2009)

L’aspect primordial lié au prestige d’Israël qu’impliquerait une adhésion à l’OCDE est souligné par Stanley Fischer, gouverneur de la banque centrale israëlienne:

Quel est l’enjeu de l’entrée dans l’OCDE pour Israël ?

C’est d’abord une question de prestige international : vous recevez un certificat attestant que vous appartenez au club des pays développés. (Libération)

C’est assez amusant comme raisonnement: la Slovaquie, le Mexique et l’Italie sont membres de l’OCDE sans pour autant que leur prestige international en soit resplendissant, et le fait que les Etats-Unis en soient bien évidemment membres n’a en rien affecté son prestige depuis 2001/2003…

Entre parenthèses – les campagnes de boycott, désinvestissement et de sanctions (BDS) contre Israël ne sont pas sans effet:

En dehors des problèmes liés à la sécurité du pays, la peur des réactions de certains pays arabes ou de mouvements pro-palestiniens appelant au boycott serait l’une des raisons invoquées pour expliquer la modestie de ces échanges. "On ressent ce risque en effet, indique un entrepreneur français installé depuis plus de vingt ans en Israël. J’ai beaucoup de mal à faire venir des entreprises françaises. Et si certaines le souhaitent, parfois elles ne veulent pas apparaître sous leur nom." (Le Monde)

S’agissant de l’OTAN, c’est carrément comique: il est vrai que la perspective hypothétique de voir des soldats israëliens patrouiller avec leurs collègues de l’OTAN en Afghanistan va sans doute dissiper tous les malentendus…

En même temps, rassurez-vous, vous autres Marocains qui me lisez: afin de protéger le monde, les pays arabes et le glorieux trône alaouite contre l’engeance chiite, AIPAC intensifie ses efforts de lobbying contre le programme nucléaire iranien:

At the conference’s opening session Sunday morning, Robert Satloff, director of the Washington Institute for Near East Policy, compared the current diplomatic crisis to the U.S.-Israeli standoff that followed the Israeli invasion of the Sinai Peninsula in 1956. "This isn’t Suez," he said. "I would say it’s more of a five or six on the Richter scale. It’s not eight or nine." But, he added the events of the past two weeks would "leave scars at the highest levels," and perhaps "hasten Iranian efforts to achieve a nuclear weapons capability."

Satloff’s pivot from the peace process to the Iranian threat was made early and often by AIPAC conference speakers. Organizers made clear their belief that Iran’s nuclear program, rather than the state of relations with the Palestinians, should top the agenda of U.S.-Israel relations. Sen. Evan Bayh, an Indiana Democrat, spoke for many when he said, "I do think [the settlements standoff] has been a distraction from the major issue at hand," which he named as the "ticking clock" of Iranian nuclear development.

In his briefing, Aserkoff urged activists to focus their conversations with lawmakers on Iran, saying, "This remains our number one priority." Lobbying talking points distributed to conference delegates were pointed in their recommendations. "[T]he United States needs to lead the international community in imposing crippling sanctions on Iran without delay," they read, urging the adoption of new U.S. measures that would target foreign corporations involved in Iran’s energy sector. Aserkoff was skeptical of President Obama’s effort to get the U.N. Security Council to agree on meaningful new sanctions, noting that "The Chinese are never going to say, ‘Yes, we want to sanction Iran.’ " (Time)

Rassurés, non? Et si je vous dis que la vraie raison de la colère d’Obama contre netanyahu serait que le comportement du gouvernement israëlien rendrait plus difficile l’édification d’une coalition contre l’Iran ("It’s make-or-break time. Iran is the No. 1 priority, it’s the No. 2 priority, and it’s the No. 3 priority. Everything we do needs to be seen through the lens of how to stop Iran from getting nuclear capability. So they need to keep their focus. Why would you want to do anything now to make the president look less strong or effective?") (1), vous me direz qu’on se croirait revenus en 2003…

(1) C’est quand même assez comique: alors qu’Israël ne cesse, depuis environ 1996 et le premier gouvernement Netanyahu, de dire à quel point l’Iran était une menace vitale contre Israël, avertissant la planète entière depuis quinze ans que l’Iran est à deux ou trois ans d’acquérir l’arme nucléaire, voilà que les actions de son gouvernement montrent bien que la menace iranienne n’est guère prise au sérieux et qu’elle pèse en tout cas moins lourd qu’un millier de logements pour juifs à Jérusalem-Est. Par contre, le gouvernement étatsunien, en rien menacé par une arme nucléaire iranienne, considère désormais que l’Iran est la priorité numéro 1, 2 et 3 dans la région, régurgitant ainsi une propagande à laquelle même Israël ne croit pas. Des effets pernicieux de la propagande: à force, certains y croient, alors même que les auteurs de cette propagande n’y croient plus eux-mêmes…

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3 Réponses

  1. AIPAC getting hyped up for full-scale war >

    http://senorcanardo.wordpress.com/2010/03/25/senato-lindsey-graham-any-attack-on-iran-must-be-full-scale/

  2. le semblant de fermeté US et les dernières déclarations "retentissantes" d’obama et de hillary Clinton à l’encontre d’israel par rapport au gel des projets de colonisation servent justement et admirablement de levier pour consolider et rebâtir les alliances avec des gouvernements européens réticents et méfiants à l’égard de la nouvelle stratégie guérrière face à l’iran… et du redéploiement qu’on cherche à imposer dans la région, même si Sarko et Merkel sont fins prêts pour franchir le pas quel qu’en soit le prix politique qu’ils doivent payer dans leurs pays respectifs…

    bon, récapitulons ; les etats unis, la grande bretagne, la france et l’allemagne n’ont jamais été plus conscients qu’à l’heure qu’il est de l’impératif et l’urgence de renverser le régime d’Ahmadinejad, devenu une menace insupportable et hyper dangereuse à leurs intérêts qui se chiffrent en trilliards dans la péninsule arabique, et ce depuis que les monarchies du coin ne cessent de leur reprocher d’avoir laissé emerger une influence chiite considérable et "respectable" en Irak et ailleurs, qui a fini par récupérer en partie la "cause palestinienne" via le Hamas et ses supporters, mais aussi par créer un conflit armé par ces mêmes chiites aux frontières du Yemen… bref, des développements que les alliés de l’envahisseur américain n’ont jamais cru possibles !…

    Israel, quant à elle, elle préfère comme chacun sait ne laisser aucune chance à programme nucléaire civil ou autre Iranien, ni voir un Iran développé lui tenir tête et finir par imposer son leadership… déjà qu’elle se sent cernée par ses alliés directs et indirects de l’iran ayant récemment émmergé… qu’ils soient au liban, en turquie, ou bien sûr en syrie et potentiellement en Irak.

    il devient donc primordial de vendre cette nouvelle étape à ceux à qui on demanderait leur appuis en cas de conflit armé avec cette puissance "maléfique" et "doté de l’arme nucléaire".

    le plus cynique dans tout ça est que le Ahmadinejad et ses mentors ne sont pas réellement conscients des risques qu’ils font encourir à leur pays en n’ayant rien d’autre à aligner sur un champs de bataille que de la chair fraîche de sodats et de civils plus que d’autres choses ! car en ayant choisi l’option de conserver le pouvoir coûte que coûte, et la série bien garnie de propagande qui vient avec, des prétentions aussi à un leadership qu’ils alimentent à coups de causes palestiniennes et autres luttes des minorités persécutées… ils finiront par y arriver !

    pour donner une idée sur les enjeux économiques que les alliés de l’otan craignent perdre dans la région, il faut réaliser tout bêtement que ce qui les tient encore debout face à la chine et autres néo puissances, c’est bien la contribution de cette sacrée péninsule arabique qui recèle de trésors inimiginables…et qui permettent de rêver encore pour les 50 ans à venir…!

    c’est à suivre…même si on a aucune idée de qui s’en sortira vivant ou gagnant !

  3. "Entre parenthèses – les campagnes de boycott, désinvestissement et de sanctions (BDS) contre Israël ne sont pas sans effet"
    Tu l’as bien dit Ibn Kafka, tellement que la France aujourd’hui prend même des mesures "judiciaires" contre… les boycotteurs!!!!
    http://blog.mondediplo.net/2010-03-18-Quand-la-France-laisse-entrer-les-produits-des

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