Maroc: la position du missionnaire devient de plus en plus inconfortable

UPDATE: Apparemment, un paragraphe a sauté lors de la sauvegarde. Il était relatif à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme en matière de prosélytisme. J’ai rajouté ce paragraphe sous la section II. J’espère que rien d’autre n’a sauté, mais j’ai la flemme de vérifier.

Un peu comme l’alcoolique ne pouvant s’empêcher de boire toujours un verre de plus, toujours le dernier, le makhzen ne peut s’empêcher de violer les lois qu’il se donne, même quand il a les instruments législatifs à sa disposition qui lui permettraient de mettre en oeuvre ses objectifs politiques, quelle que soit l’opinion que l’on peut par ailleurs porter sur ceux-ci. 

Le dernier exemple en date est celui de l’orphelinat Village of Hope d’Aïn Leuh dans la province d’Ifrane. Il s’agit d’un orphelinat créé en 1951 par deux ressortissantes étatsuniennes, Emmagene Coates et Ellen Doran (pour l’historique, voir ici sur leur site). Cet orphelinat est désormais géré par des chrétiens – plus particulièrement des protestants de type évangéliste – et ce, au sens religieux du terme, qui ont repris cet orphelinat en 1997/99, et obtenu les autorisations requises de la part des autorités. Ces bénévoles ont rassemblé des fonds et ont retapé l’orphelinat, qui accueille 33 enfants. 

Jusque là, rien que de très banal au Maroc. L’Etat marocain ayant en général d’autres chats à fouetter que de prendre en charge l’éducation, la santé ou les orphelins, ces activités marginales et résiduelles sont souvent assurées par des associations caritatives musulmanes, juives, chrétiennes ou laïques. S’agissant des oeuvres caritatives chrétiennes, elles sont le plus souvent catholiques, reflet de l’histoire coloniale marocaine, et nombreux sont les Marocains musulmans ayant été formés dans les écoles des soeurs – ma femme en est une – tout en étant demeurés tout autant croyants et pratiquants que leurs coreligionnaires. 

C’est avec l’intensification du prosélytisme évangéliste (généralement baptistes ou pentecôtistes) envers les pays musulmans en général et le Maroc en particulier que la situation a commencé à changer ici – une note des Renseignements généraux de 2005 fixerait le nombre de missionnaires évangélistes étrangers au Maroc à 800 en 2004, contre 400 en 2002 (le pasteur Jean-Luc Blanc, président de l’Eglise évangélique au Maroc, estime leur nombre à 500, dont seulement 5 pasteurs déclarés à l’Eglise évangélique). Cette entreprise de prosélytisme s’affiche ouvertement sur Internet (voir par exemple le site Love Morocco), via la radio ondes courtes, voire les campus marocains,et elle a connu un net essor sous la double présidence de Bush Jr, avec notamment un concert évangéliste à Marrakech en 2005 (le Friendship Fest, où les seuls artistes étrangers se produisant furent évangélistes – "8-12 well-known Contemporary Christian Music (CCM) bands"), essor qui a sans doute connu son apogée en 2008 décrétée par certains évangélistes "An international year of prayer for Morocco" – au grand dam d’ailleurs de l’Eglise évangélique au Maroc, initialement "filiale" de l’église réformée de France mais de plus en plus ouverte sur l’importante communauté subsaharienne. 

Les évangélistes étant alors en odeur de sainteté à la Maison Blanche, les autorités marocaines ont sagement avalé couleuvre sur couleuvre: on se rappelle du concert évangéliste à Marrakech précité, de l’entretien royal avec des évangélistes étatsuniens et du malaise du ministre des Habous Ahmed Taoufik, interrogé par des parlementaires de l’Istiqlal. Abdelbari Zemzami, l’islamiste favori d’Aujourd’hui Le Maroc et de Maroc Hebdo, avait beau tonner et protester, ses remontrances ne furent guère entendues par le pouvoir, et lui-même fît l’objet de visites d’émissaires du consulat étatsunien de Casablanca l’invitant à modérer ses critiques là-dessus. 

A l’époque, walis et gouverneurs travaillaient main dans la main avec les évangélistes étatsuniens, leur facilitant leur mission au Maroc: 

Three Christian leaders, Creation Fest co-founder, Harry Thomas, National Association of Evangelicals, Reverend Richard Cizik, and the National Clergy Council, Rev. Rob Schenck, have teamed up with Marrakech Wali (Governor) Mohamed Hassad and Regional President Abdelali Doumou to bring the world a highly anticipated cultural exchange between Muslims and Christians. Friendship Fest will take place in Morocco between May 6 to 8, 2005. (…) In late February of 2004, the three Christian leaders, Schenck, Thomas, and Cizik formed an evangelical delegation to research religious freedom and democratic reform in Morocco. A week later they were in Morocco meeting with top government and religious leaders including Prime Minister Driss Jettou. The Governor of Marrakech "hit it off well with Harry" and asked him to present a “Human Rights” award at an event that would be televised throughout Morocco, the Arab world, and even to France, in order to celebrate the achievements of women in front of Morocco elites. (The Christian Post

Both Cizik and Thomas were part of a nine-member delegation that visited Morocco from Feb. 29 to March 8, with hopes put on a Christian music festival, establish humanitarian projects and hold theological conferences in the mostly-Muslim nation. During the visit, the Christian leaders met with the North African prime minister, several Cabinet ministers, regional governors, and top Muslim, Jewish and Roman Catholic authorities. According to Cizik, the Moroccan officials gladly agreed to the series of exchanges, partly because the pro-Western government wants to combat anti-American sentiments among its peoples. (The Christian Post

Rebelote en 2006: 

That night, regional president for the Marrakech area Abdelali Doumou, who first conceived the festival idea, hosted a formal dinner with Moroccan officials welcoming the American delegation to their country. Although the Christian artists will not be directly sharing their faith with the Moroccan crowds, they will all be singing about Jesus. And Doumou had assured them that that wouldn’t be a problem. Friendship Fest was launched last spring in response to a warm invitation of Marrakech to bring American music to Morocco to promote friendship between the people of the United States and the North African nation. Harry Thomas, co-founder of America’s Creation Festivals, Inc., was given the invitation by Wali (Governor) Mohamed Hassad and Doumou. (The Christian Post

L’impunité des évangélistes étatsuniens au Maroc sous la présidence Bush jr est attestée même par le président (français) de l’Eglise évangélique au Maroc: 

Le Maroc, comme son voisin l’Algérie, est touché par le phénomène de la conversion, même si cette poussée inédite du protestantisme de type évangélique est marginale et clandestine. On estime à 500 le nombre de « missionnaires » présents dans le royaume : anglophones et américains en majorité, contre cinq pasteurs protestants enregistrés officiellement à l’historique EEAM. 

Jean-Luc Blanc explique qu’« ils sont disloqués, sans structures, sans interlocuteurs. Les essais de contact par l’EEAM restent infructueux. Pour les missionnaires, il n’y a pas d’Eglise protestante au Maroc. Leurs fondations et associations pullulent avec des responsables payés cher en dollars américains. Ils importent clandestinement des bibles, alors que la Bible est en vente libre au Maroc. Nous sommes souvent en présence de prédicateurs fondamentalistes et de gourous délirants à la tête de sectes de tous bords ». 

Tous ont leurs « églises-maisons ». « Dans un combat quotidien et de longue haleine contre l’islam, leur but est de convertir des musulmans, conclut Jean-Luc Blanc. De temps à autre, un missionnaire est expulsé. Pas les Américains – tous de bons “républicains” : ils sont protégés par leur influente ambassade de Rabat… » (La Réforme

Or voilà que fin 2009 début de 2010, les autorités marocaines se rendent compte qu’Obama est tout à fait président et que Bush et sa cohorte évangéliste sont tout à fait hors circuit ("parce qu’elles ne savent pas que Franco est tout à fait mort", chantait Jacques Brel), et reviennent à leurs anciennes habitudes (une vingtaine de missionnaires nord-américains avaient été expulsés de 1995 à 1999). Ca donne ceci: après l’expulsion de cinq missionnaires européennes en mars 2009 (toutes des femmes), on a eu en décembre l’expulsion de 5 étrangers – dont une famille suisse – et 12 Marocains arrêtés à Saïdia pour participation à «réunion publique non déclarée, conformément à la réglementation en vigueur, qui s’inscrit dans le cadre d’une action visant à propager le credo évangéliste et à recruter des adeptes au sein des nationaux» (certains y ont vu un lien avec le réferendum suisse ayant abouti à l’interdiction des minarets); puis l’interpellation en février de cette année à Amizmiz d’un missionnaire en flagrant délit de prosélytisme (selon Le Monde, un Etatsunien ayant vécu 22 ans au Maroc, ce qui pose des questions sur la légalité de cette expulsion, comme nous le verrons plus tard). 

Pour couronner le tout, lors de ce mois de mars une trentaine de missionnaires étrangers -dont, ce qui est rare, un prêtre catholique –  ont été expulsés du Maroc y compris seize évangélistes occidentaux travaillant bénévolement à l’orphelinat d’Aïn Leuh (certains médias font état de chiffres bien supérieurs,RFI évoquant une cinquantaine de missionnaires expulsés rien que pour les Etats-Unis, alors que le quotidien français Libération évoque notamment 40 Etatsuniens et 7 Néerlandais alors qu’un blog évangéliste cite le chiffre de 70 prosélytes expulsés): 

Des ressortissants étrangers expulsés du Maroc pour actes contraires aux lois en vigueur (communiqué) 

Rabat, 08/03/10 – Les autorités marocaines ont pris, dernièrement, des décisions d’expulsion hors du territoire national, à l’encontre de ressortissants étrangers, de différentes nationalités, qui se sont rendus coupables d’actes contraires aux lois en vigueur.

Parmi les expulsés figurent 16 personnes, entre résidents et dirigeants d’un orphelinat situé dans la commune de Aïn Leuh (province d’Ifrane), indique lundi un communiqué du ministère de l’intérieur, précisant que les intéressés mettaient à profit l’indigence de quelques familles et ciblaient leurs enfants mineurs qu’ils prenaient en charge, en violation des procédures en vigueur en matière de Kafala des enfants abandonnés ou orphelins.  Sous couvert d’actions de bienfaisance, ce groupe s’adonnait également à des activités de prosélytisme visant des enfants en bas âge, n’ayant pas plus de dix ans, ajoute la même source, notant que dans le cadre de l’enquête ordonnée par le parquet général, des centaines de prospectus et de CD de prosélytisme ont été saisis.L’ensemble des mesures prises par les autorités marocaines s’inscrivent dans le cadre de la lutte menée contre les tentatives de propagation du crédo évangéliste, visant à ébranler la foi des musulmans.Le ministère tient, d’autre part, à souligner que les mesures d’expulsion du territoire national ont été prises conformément aux dispositions légales en vigueur, pour la préservation des valeurs religieuses et spirituelles du Royaume.

Dernière modification 08/03/2010 20:21.

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Une source présentée par le quotidien officieux Aujourd’hui Le Maroc comme émanant de l’orphelinat d’Aïn Leuh précise dans le même sens: 

En guise de clarification, une source de l’orphelinat de Aïn Leuh, relevant de l’Entraide nationale, a affirmé à ALM que l’orphelinat en question est géré par des Américains et ne relève nullement de l’Entraide nationale. «L’orphelinat en question à Aïn Leuh s’appelle «Kariat Al-Amal» (Le village de l’espoir). Il s’agit d’un orphelinat géré par des Américains et ne relève surtout pas de l’Entraide nationale. Il a été fondé bien avant l’indépendance. Ce village prenait en charge les enfants abandonnés ou les enfants démunis. Il paraît qu’il leur enseignait le credo évangéliste ce qui constitue une violation de la loi marocaine», précise notre source qui a préféré garder l’anonymat. 

Plus de précisions encore, émanant des autorités, toujours dans Aujourd’hui Le Maroc

Les investigations judiciaires ont montré que le bureau dirigeant de l’orphelinat est composé de cinq membres dont un seul Marocain. Les activités de l’orphelinat sont financées par des organisations hollandaises, américaines et sud-africaines. L’orphelinat comptait 33 enfants, 22 garçons et 11 fillettes. Les missionnaires ciblaient les enfants entre 1 et 10 ans, dont la majorité sont des enfants de mères célibataires. Les dirigeants de l’orphelinat ont reconnu, selon les enquêteurs, qu’ils enseignaient les principes du christianisme aux enfants. Selon les constatations faites par les responsables de l’enquête effectuée sous le contrôle du Parquet, les responsables de l’orphelinat ne permettaient pas aux enfants de rencontrer les membres de leurs familles et ne respectaient pas la condition principale pour qu’une personne puisse adopter un enfant, à savoir qu’elle soit de confession musulmane. D’ailleurs, les dirigeants de l’orphelinat avaient présenté une demande de fondation de leur propre école privée, mais la demande leur a été refusée par l’Académie régionale de Meknès, car elle ne remplissait pas les conditions légales exigées par la loi. 

Les responsables de l’orphelinat se défendent en affirmant que les autorités marocaines étaient parfaitement informées du caractère chrétien de l’établissement, ce qui est certain par ailleurs – il est effectivement impensable que les agents d’autorité aient ignoré l’existence d"un orphelinat géré par seize ressortissants occidentaux affirmant ouvertement leur foi chrétienne dans un petit village de la région d’Ifrane: 

For the past 10 years, the Christian workers have been serving as foster parents to some 33 orphaned or abandoned children. Village of Hope registered with the Moroccan government in 2002 as an official Christian organization. And since then the children’s home has operated with the full knowledge of the Moroccan authorities that the overseas workers are Christian. (The Christian Post

"We were a legal institution," he said. "Right from the start they knew that it was an organization founded by Christians and run by a mixture of Christians and Muslim people working together." Authorities told orphanage officials that they were being deported due to proselytizing but gave no evidence or explanation of who, when, where or how that was supposed to have occurred, according to a Village of Hope statement. The orphanage had been operating for 10 years. Moroccan authorities had never before raised any charges about the care of the children, according to Village of Hope’s website. (Charisma Magazine

« Depuis le début, le Village fonctionnait en accord avec l’État, qui savait que les familles étaient chrétiennes » témoigne Michael Païta, de l’association humanitaire chrétienne La Gerbe, partenaire du projet. (Famille chrétienne

Cette décision a été une véritable surprise pour beaucoup d’ONG chrétiennes. « En s’informant, après coup, on a appris que des actions similaires avaient déjà été menées », explique Michael Païta. Mais « localement, rien de laissait présager cela, les relations avec les forces locales étant très bonnes ce qui fait penser que c’est plus une décision politique ». (Afrik.com

Inutile de préciser que le PJD a applaudi à ces expulsions, par le truchement du parlementaire Me Mustapha Ramid: 

Contacté par ALM, Me Mustapha Ramid, affirme que la décision de l’expulsion des prosélytes de l’orphelinat de Aïn Leuh est conforme à la loi. «Le Code pénal marocain incrimine, dans son article 220, toute personne qui emploie des moyens de séduction dans le but d’ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d’enseignement ou des enseignements. La loi est claire. La décision des autorités compétentes ayant procédé à l’expulsion des prosélytes de l’orphelinat de Aïn Leuh est conforme à la loi. Car ces prosélytes ont exploité un orphelinat pour propager le credo évangéliste», explique Me Ramid. 

De même, Najia Adib, la fondatrice de l’ONG "Touche pas à mes enfants" a également approuvé les mesures contre Village of Hope, ainsi que le président du Centre Marocain des Droits de l’Homme: 

"Tout comme les pays occidentaux protègent la laïcité et la foi chrétienne contre la propagation de l’Islam, le Maroc a le droit de protéger sa religion", a déclaré Khalid Cherkaoui Semouni, président du Centre marocain des droits de l’Homme. "C’est ce qu’affirme la législation marocaine, en interdisant de tenter de convertir les individus. L’Etat a le droit d’appliquer la loi." (Magharebia.com – site de l’armée US) 

Ca n’a rien d’un coup de torchon épisodique, puisque le ministère de l’intérieur affirme avoir démasqué 36 cellules d’évangélisation regroupant 202 missionnaires opérant au Maroc- ce qui, à supposer que ces chiffres ne soient pas fantaisistes, laisse entendre que les sécuritaires aient misé des ressources considérables pour traquer le prosélytisme évangéliste au Maroc (jusqu’ici, à ma connaissance, seul un des missionnaires expulsés n’est pas évangéliste – il s’agit du prêtre catholique égyptien Rami Zaki, d’ailleurs inquiété à son retour en Egypte selon Le Monde): 

La veille installée par les services compétents a permis ainsi de détecter quelque 36 cellules de prosélytisme évangéliste qui tentent de s’activer sur le territoire national composées de 202 missionnaires dont la majorité sont de nationalité américaine, anglaise et française. Ces missionnaires sont soit des prêtres soit des enseignants travaillant dans le cadre des accords de coopération, des ingénieurs travaillant pour le compte de multinationales opérant sur le territoire national, des médecins ou des chefs d’entreprise. Ces cellules sont pour la majorité concentrées dans les régions de Marrakech, Casablanca, Rabat, Fès, Meknès, et Agadir. Le modus operandi de ces cellules correspond à celui que les évangélistes adoptent en général, à savoir la tenue de réunions privées régulières qui visent ce qu’ils appellent «la consolidation de la foi chrétienne», ou l’organisation de sorties groupées pendant lesquelles on tente de diffuser «le message du Christ» ou à travers des séances de formation et des séminaires à l’étranger. Les premiers cibles de ces cellules sont les jeunes chômeurs, selon les investigations menées par les autorités compétentes. Mais, cela ne signifie pas que des jeunes cadres ayant une formation supérieure et une bonne une situation salariale soient à l’abri de ces tentatives. Ainsi, il y aurait près de 363 Marocains qui se seraient convertis au christianisme et qui ont même commencé à vouloir prendre les rênes des réseaux évangélistes sur le territoire national. Ainsi, des informations dont disposent les services compétents indiquent que les Marocains convertis auraient créé une douzaine de cellules locales et qu’ils ont réussi à mettre la main sur 26 parmi 36 agissant au Maroc. (Aujourd’hui Le Maroc

Le journaliste d’El Pais Ignacio Cembrero le souligne – une telle fermeté est inaccoutumée s’agissant de prosélytes occidentaux: 

"There are several things about this that are really striking," says Spanish journalist Ignacio Cembrero, who has written several books about the country. "There have been occasional deportations of people accused of proselytizing before, but never so many at once, and they’ve never expelled a Catholic before. And for the police to enter a church on Sunday, during services, to arrest people? Absolutely unprecedented." (Time.com

Les représentants des cultes reconnus au Maroc, rite malékite excepté, ont été reçus – convoqués? – par le ministre de l’intérieur, et les déclarations des représentants de ces cultes a ensuite été reproduit dans la presse officielle et officieuse – déclarations qui leur ont été reprochées sur des sites évangélistes en raison de leur modération: 

Réactions

L’archevêque catholique Vincent Landel : «Le prosélytisme est un acte condamnable»

Le prosélytisme qui consiste à forcer des personnes vulnérables à changer de religion est un «acte condamnable», a affirmé, mercredi, l’archevêque catholique de la capitale du Royaume, Vincent Landel. Dans une déclaration à la MAP, M. Landel a indiqué que les personnes expulsées dernièrement par les autorités marocaines pour prosélytisme «n’agissent pas selon la loi de l’église catholique (…) et ces évangélistes n’ont strictement rien à voir avec l’archevêché catholique». 

Le Père Dimitriy Orekhov : «Le Maroc est un pays de liberté et d’ouverture religieuse»

Le Maroc est un pays de liberté et d’ouverture religieuse, a affirmé, mercredi à Rabat, le Père Dimitriy Orekhov, représentant de l’Eglise orthodoxe russe au Maroc. «Les chrétiens orthodoxes du Maroc se réjouissent de l’hospitalité et de la sollicitude accordée par Sa Majesté le Roi du Maroc et les autorités marocaines à la liberté religieuse et confessionnelle», a déclaré à la MAP le père Orekhov. «L’Eglise orthodoxe russe du Maroc est contre toute forme de prosélytisme», a-t-il souligné, assurant que le prosélytisme ne s’inscrit pas dans la mission assignée à son église. 

Le Grand Rabbin Joseph Israël : «Le Maroc est un pays de tolérance»

Le Royaume du Maroc est un pays de tolérance où on pratique toutes les religions sans contraintes ni limites, a affirmé, mercredi, le Grand Rabbin Joseph Israël, président de la Chambre rabbinique au tribunal de première instance de Casablanca. «Le Maroc est un pays de tolérance. On y pratique toutes les religions: musulmane, juive et chrétienne, sans contraintes, ni limites», a indiqué M. Israël, précisant «qu’il n’y a pas de place pour la pratique du prosélytisme». Aujourd’hui Le Maroc 12-03-2010 à 08:54 

Les églises institutionnelles, à savoir le diocèse de Rabat et l’Eglise évangélique au Maroc, ont réaffirmé leur rejet de tout prosélytisme  – vis-à-vis du moins des Marocains musulmans, mais pas en ce qui concerne étudiants et migrants subsahariens qui sont la première communauté chrétienne du Maroc. Dans un communiqué commun publié sur le site du diocèse de Rabat, très en retrait par rapport aux citations reprises par la presse offficielle puisqu’évoquant implicitement l’absence de liberté religieuse pour les quelques Marocains convertis au christianisme, les deux églises chrétiennes déclarent ainsi: 

En de telles circonstances, nous tenons à affirmer que nos églises officielles, au cœur de ce pays qui nous accueille, ont toujours voulu être respectueuses des lois de ce pays. Nous avons toujours pu exercer notre responsabilité, dans le cadre de la liberté de culte reconnue aux  étrangers chrétiens. Notre responsabilité est d’aider nos frères chrétiens, à rencontrer leurs frères musulmans, à apprendre à les connaître, les respecter et les aimer, sans aucun souci de prosélytisme. Notre seul but est de participer à la construction d’un Maroc où des musulmans, des juifs et des chrétiens soient heureux de partager leur responsabilité pour la construction d’un pays où puissent se vivre la justice, la paix et la réconciliation. 

Au passage, on notera tout de même que les diocèses catholiques de Rabat et de Tanger ainsi que la préfecture apostolique du Sahara "dépendent de la congrégation pour l’évangélisation des peuples", congrégation dépendant directement de la Curie romaine. Sur son site on peut trouver un "GUIDE DE VIE PASTORALE POUR LES PRÊTRES DIOCÉSAINS DES ÉGLISES QUI DÉPENDENT DE LA CONGRÉGATION POUR L’ÉVANGELISATION DES PEUPLES" qui contient des dispositions sur l’évangélisation des non-chrétiens: "un engagement effectif au service de la première annonce de l’Evangile aux non-chrétiens", "territoires de mission" (point 1 du Guide), "Au ministère de l’Eglise participent les prêtres appelés à prêcher et répandre l’Evangile" (point 3), "l’oeuvre de l’évangélisation des non chrétiens doit être engagée et poursuivie par les prêtres dans un esprit d’obéissance" (point 27). Sans compter  de nombreux passages sans équivoque:

La communion des Eglises particulières avec l’Eglise universelle atteint sa perfection seulement quand elles-mêmes prennent part à l’effort missionnaire en faveur des non chrétiens dans leur propre territoire et aussi en direction des autres peuples. Dans ce dynamisme apostolique, qui appartient à l’essence missionnaire de l’Eglise, les prêtres occupent nécessairement une place particulièrement importante. Cela doit être spécialement évident pour ceux qui travaillent dans les territoires de mission, où se réalise l’évangélisation des non chrétiens. (point 4 du Guide)

Il en résulte que tout prêtre doit avoir une conscience missionnaire très claire, qui le rende apte et prêt à s’engager de façon pratique et avec générosité pour que l’annonce de l’Evangile atteigne ceux qui ne professent pas encore la foi au Christ. Le prêtre est en toute vérité "missionnaire envoyé au monde". 

L’évangélisation des non chrétiens vivant sur le territoire d’un diocèse ou d’une paroisse, est confié, en première responsabilité, à leur pasteur propre, en collaboration avec la communauté chrétienne. Ce devoir apostolique demande que l’Evêque soit essentiellement messager de la foi et que les prêtres s’emploient de toutes leurs forces à prêcher l’Evangile à ceux qui demeurent en dehors de la communauté ecclésiale, qu’ils s’y engagent en personne, avec leurs fidèles, en collaboration avec les missionnaires.

Dans la répartition des charges pastorales, on ne confiera pas en priorité aux prêtres du clergé local les communautés déjà formées et rassemblées, en laissant aux missionnaires celles qui sont en formation ou la responsabilité d’évangéliser de nouveaux secteurs. Les prêtres du pays ont le droit et le devoir d’assumer eux-mêmes la charge de l’évangélisation de leurs propres frères qui ne sont pas encore chrétiens: ils seront ainsi en vérité des apôtres des frontières, n’aspirant pas aux fonctions les plus en vue, aux postes offrant une plus grande sécurité, plus centraux ou mieux rémunérés. (point 4 du Guide)

Evangélisateur infatigable: en priorité, le prêtre a le devoir d’annoncer l’Evangile à ceux qui, sur le territoire qui lui est confié, ne sont pas encore baptisés. (…) Tout prêtre, en vertu de sa fonction prophétique, participant à la responsabilité missionnaire de son Evêque, dans une étroite collaboration avec lui, a le devoir imprescriptible d’annoncer aux hommes "le Dieu vivant et celui qu’il a envoyé pour le salut de tous, Jésus-Christ" (cf. 1 Tess 1, 9-10; 1 Cor 1, 18-21). C’est seulement ainsi que les non chrétiens, "dont l’Esprit Saint ouvre le coeur (cf. At 16,14), se convertiront librement en croyant au Seigneur"(point 7 du Guide)

Ils seront par-dessus tout convaincus que les adeptes des autres religions ont le droit de recevoir la plénitude de la vérité chrétienne – qui fait d’ailleurs partie du patrimoine de l’humanité – de la part de ceux qui ont reçu de l’Eglise catholique mandat de l’annoncer. (point 18 du Guide)

On peut y lire cependant également ceci:

Comme pasteurs, les prêtres seront conscients de leur devoir de favoriser "le plus possible le maintien, parmi les hommes, de la paix et de la concorde fondées sur la justice" . Par leur exemple ils entraînent les fidèles, à observer l’ordre et les lois de l’Etat. (point 31 du Guide)

S’il s’agissait de Tariq Ramadan, on parlerait de double discours, mais contentons-nous seulement de relever que dans les faits, rien n’indique l’existence concrète d’actions de prosélytisme catholique au Maroc.

Quant au nombre de convertis, des chiffres fiables sont bien évidemment difficilement trouvables, en raison de la clandestinité des conversions de Marocains musulmans. Les chiffres ayant circulé dans les médias – des dizaines de milliers – semblent cependant fortement exagérés, à en croire le président de l’Eglise évangélique au Maroc, le pasteur Jean-Luc Blanc (ces propos datent de 2005, mais rien ne laisse entrevoir une croissance exponentielle de leur nombre depuis): 

Là encore, il ne faut pas tout confondre, certains journaux ont annoncé des chiffres exubérants tels que 40 000 convertis par le prosélytisme des fondamentalistes chrétiens. Le nombre réel se situerait plutôt dans une fourchette de 800 et 1 000, soit 0,025% de la population marocaine. Mais il y a dix ans de cela, il n’y en avait que la moitié. Selon mes sources, les missionnaires obtiennent très peu de résultats. (Afrik.com

I – Du point de vue pénal: des dispositions éludées par les autorités 

Un petit rappel juridique s’impose: contrairement à une légende tenace – il est vrai favorisée par l’arbitraire judiciaire qui a effectivement permis dans les années 90 de faire condamner abusivement des convertis, comme le rappelle Meriem Azdem dans son mémoire "Prosélytisme et liberte de religion dans le droit privé marocain" – le prosélytisme non-musulman au Maroc (aucun texte ne vise expressément le prosélytisme musulman) n’est valablement puni que dans le seul cas de figure visé à l’article 220 alinéa 2 du Code pénal

Est puni de la même peine [un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 100 à 500 dirhams], quiconque emploie des moyens dans le but d’ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d’enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats. En cas de condamnation, la fermeture de l’établissement qui a servi à commettre le délit peut être ordonnée, soit définitivement, soit pour une durée qui ne peut excéder trois ans. 

Comme le relève Adolf Ruolt dans "Code pénal annoté" (Ministère de la justice, Rabat, 1990, p. 215), quatre conditions cumulatives doivent donc être remplies pour qu’une personne puisse être condamnée pour prosélytisme au titre de l’article 220 alinéa 2 du Code pénal

Cette disposition tend à réprimer une forme particulièrement odieuse de prosélytisme qui s’appuie sur les besoins et la misère des candidats à la conversion. 

Les éléments constitutifs sont: 

  1. des moyens de séduction;
  2. le fait que ces moyens consistent soit à exploiter la faiblesse ou les besoins de la victime, soit à utiliser des établissements d’enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats;
  3. le but poursuivi: ébranler la foi d’un musulman ou le convertir à une autre religion;
  4. l’intention coupable

Cette disposition est-elle conforme aux conventions internationales souscrites par le Maroc?

L’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques stipule:

Article 18

1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement.

2. Nul ne subira de contrainte pouvant porter atteinte à sa liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix.

3. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet que des seules restrictions prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection de la sécurité, de l’ordre et de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui.

4. Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions.

Il n’est sans doute pas hasardeux d’avancer que la prohibition du prosélytisme au moyen de manoeuvres de séduction visant soit à exploiter la faiblesse ou les besoins de la victime, soit à utiliser des établissements d’enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats, semble à première vue compatible avec les alinéas 3 et 4 de l’article 18, sachant, comme nous le verrons plus tard, que ni Village of Hope ni ses "bénévoles" ne pouvaient être considérés comme tuteurs légaux des enfants abandonnés dont ils s’occupaient, le juge des tutelles étant alors seul compétent.

Entre parenthèses, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme admet les poursuites pénales contre le prosélytisme dans des cas similaires à ceux posés par l’article 220 du Code pénal marocain. Le jugement le plus célèbre en la matière est celui dans l’affaire Kokkinakis contre Grèce (1993), qui concernait un témoin de Jehovah grec poursuivi et condamné pour prosélytisme par un tribunal de son pays:

48.  Il échet d’abord de distinguer le témoignage chrétien du prosélytisme abusif: le premier correspond à la vraie évangélisation qu’un rapport élaboré en 1956, dans le cadre du Conseil oecuménique des Eglises, qualifie de «mission essentielle» et de «responsabilité de chaque chrétien et de chaque église». Le second en représente la corruption ou la déformation. Il peut revêtir la forme d’»activités [offrant] des avantages matériels ou sociaux en vue d’obtenir des rattachements à [une] Eglise ou [exerçant] une pression abusive sur des personnes en situation de détresse ou de besoin», selon le même rapport, voire impliquer le recours à la violence ou au «lavage de cerveau»; plus généralement, il ne s’accorde pas avec le respect dû à la liberté de pensée, de conscience et de religion d’autrui.

La lecture de l’article 4 de la loi n° 1363/1938 révèle que les critères adoptés en la matière par le législateur grec peuvent cadrer avec ce qui précède si et dans la mesure où ils visent à réprimer, sans plus, le prosélytisme abusif, qu’au demeurant la Cour n’a pas à définir in abstracto en l’espèce.

Je tire d’ailleurs à un coup de chapeau à Peter Edge, dont le commentaire de l’arrêt Kokkinakis – intitulé "The Missionary’s Position After Kokkinakis" – a bien évidemment inspiré le titre de ce billet.

Ce qui n’est pas compatible avec le Pacte est la discrimination exprimée par l’article 220 du Code pénal, qui ne réprime que le prosélytisme visant des musulmans, et pas celui visant des non-musulmans, ce qui viole l’article 26 du Pacte:

Article 26

Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi. A cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique et de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Y a-t-il eu prosélytisme illégal dans le cas présent? En l’occurence, selon les dires mêmes d’un responsable de Village of  Hope, voici ce qui s’y passait: 

A l’école gérée par l’orphelinat, les enfants apprenaient l’arabe et étudiaient le Coran comme l’exige la loi marocaine, selon Broadbent. Dans leurs familles d’accueil, ils baignaient en milieu chrétien. «Les enfants n’étaient pas baptisés. Nous leur racontions des histoires de la Bible, mais aussi des histoires séculaires et des histoires du Coran, insiste-t-il. Les autorités savaient tout cela, il n’y avait rien de secret.» (…) Dans le café du village, Adil, 26 ans, plonge le nez dans sa tasse de thé quand on lui demande si l’orphelinat tentait de convertir les Marocains : «Personne ne nous demandait de nous convertir.» Mais il y avait beaucoup de discussions sur les différences entre les religions et un climat favorable à la décision de devenir chrétien, décrit-il. (Libération

Même le président de l’Eglise évangelique au Maroc, le pasteur français Jean-Luc Blanc, a fait part de ses doutes: 

Activisme.«Pourquoi les a-t-on laissés faire pendant dix ans ?» s’interroge, de son côté, Jean-Luc Blanc, chef de l’Eglise protestante au Maroc. Selon lui, il était évident que des enfants élevés par des chrétiens avaient de grandes chances de devenir un jour chrétiens (…) (Libération

On voit donc que le cas des bénévoles ou missionnaires du Village of Hope d’Aïn Leuh semble à première vue ne pas être trop éloigné du cas envisagé par l’article 220 alinéa 2 du Code pénal

A ceci près. A ceci près que dans un Etat de droit, il ne saurait être question de condamner quelqu’un pour un quelconque délit sans avoir fait la preuve de son intention criminelle (mens rea pour les juristes anglo-saxons). En l’occurence, dans le communiqué publié sur le site de Village of Hope d’Aïn Leuh, on peut lire le texte d’une déclaration signée par les bénévoles étrangers (donc évangélistes dans ce cas précis) par laquelle ils s’engagent à ne pas s’adonner à du prosélytisme: 

Proselytism:

During the time at VOH children’s home we must ask you not to proselytize. Proselytism is defined as distributing literature of any kind (this includes bibles and videos as well as tracts) or discussing the gospel with an intention to persuade. We trust that you have not brought any such material with you, for some reason have done so please do not hand it out.  

We encourage you to enjoy having conversations and to build friendships with Moroccans. Official languages are Arabic and French.  Comparatively little English is spoken. You will easily find yourself entering ordinary conversations with Moroccans about families, home communities, etc. Make use of your family photos during these conversations. Should you be asked about your religious beliefs, do not feel inhibited in any way to state that you are a Christian. Most of the people in the community and the Authorities know that we are Christians. 

We want you to be a blessing to the community and we want our lives to shine brightly for the Kingdom. We believe that through our lives and good works people will begin to glorify God. 

PURPOSE AND POLICY OF AGREEMENT

We ask each work team member and visitor to please signify their agreement with each of the following commitments. Please initial each of the statements to signify your agreement. Sign and date the form. Give this to the Director or the Work Team Coordinator after you have signed it

___________________ I understand and agree that my first purpose is to be here to do the physical work I am given. If I am given the opportunity to share my faith it will be as a result of me having been asked to do so.
___________________ I will abide by the policy of not proselytising while at VOH.
___________________ I will not defame the King of Morocco.
___________________ I will not defame Mohammed or Islam.

I understand that if I fail to comply with these commitments that I will be asked to leave Village of Hope premises immediately

_____________________         _____________        __________________________________ 

Signature                                          Date                Print your Surname and First name. 

On notera par ailleurs que les responsables de l’orphelinat Village of Hope d’Aïn Leuh ont très bien compris la hiérarchie des sacralités au Maroc, "I will not defame [the prophet] Mohammed or Islam" venant après "I will not defame the King of Morocco". 

Bien sûr, cette déclaration pourrait ne pas refléter la réalité, et il est possible que du prosélytisme du type interdit par l’article 220 alinéa 2 du Code pénal ait quand même eu lieu. Certaines formules sont équivoques – "If I am given the opportunity to share my faith it will be as a result of me having been asked to do so" et surtout "We believe that through our lives and good works people will begin to glorify God", même si le fait qu’ils espèrent que leur exemple de conduite et de travail au service de la communauté contribuera à ce que le nom de Dieu soit glorifié ne les distingue guère de tous les autres hommes et femmes de foi actifs dans des oeuvres caritatives. 

Plus troublant cependant: le fait que ces bénévoles évangélistes ne semblent pas pratiquer la langue des enfants accueillis dans leur orphelinat – ou du moins pas la parler couramment – ni posséder la formation professionnelle requise dans les métiers de l’enfance – puériculture, enseignement, assistanat social – même s’ils ont affirmé être « venus au Maroc en tant que travailleurs sociaux ». Les 16 évangélistes expulsés sont en fait composés de huit couples évangélistes anglophones. Si des cours de langue arabe et de religion islamique semblent avoir été donnés aux enfants onformément à la législation scolaire, des cours sur la Bible ont également eu lieu, pratique difficilement explicable si ce n’est par la volonté d’évangéliser les enfants – à titre de comparaison, les nombreuses institutions scolaires et/ou caritatives et catholiques  accueillant des enfants musulmans au Maroc ne donnent pas des cours de religion juive ou catholique à ceux-ci: 

"We weren’t teaching Christianity in any formal way," he says. But asked if reading the Bible to Muslim children constitutes proselytizing, he said, "We understood that it wasn’t. And in any case, the authorities have always known that these children were being raised in Christian families." (Time.com

En se penchant sur Village of Hope, on apprend via leur site que les dons à cet orphelinat transitent, aux Etats-Unis, par l’ONG Compassion Corps. Le site de cette ONG ne fait pas expressément mention de visées prosélytes, mais on y trouve tout de même un appel à participer à l’International Day of Prayer for the Persecuted Church (IDOP), avec notamment cette phrase présciente "Pastors who give their lives for their faith, leave behind traumatized children". Le même appel montre une photo de jeunes femmes présentées comme nord-africaines avec la légende "Women of North Africa in earnest prayer for their nations". Compassion Corps a une "task force" présentée comme suit sur son site: "Teaching one another & asking for God’s help".

Mais ce sont là des circonstances factuelles qui, pour autant troublantes qu’elles soient au regard du Code pénal, devraient être discutées de manière contradictoire devant un juge  sur la base de preuves invoquées par l’accusation, sur laquelle repose la charge de la preuve. Cela n’a pas été le cas ici, puisque les prosélytes supposés – tous étrangers – ont été expulsés par l’administration – en l’occurence le ministère de l’intérieur – sur la base de la législation relative aux étrangers, sans faire l’objet de poursuites pénales. En soi, rien n’interdit un tel choix, si ce n’est justement qu’une disposition législative particulièrement mal rédigée semble exiger une condamnation pénale préalable pour expulser des étrangers en situation régulière, du moins s’agissant d’un délit tel que celui de prosélytisme. 

II – La solution de facilité: le recours au droit des étrangers 

Ce n’est pas qu’en France que les autorités recourent au droit des étrangers pour expulser des étrangers indésirables contre lesquels les aléas de la procédure pénale seraient trop incertains: le cas présent montre que le Maroc sait aussi préférer l’arbitraire administratif à la glorieuse incertitude d’un procès pénal – encore que cette incertitude soit largement une chimère au Maroc de 2010. C’est en recourant au dahir n° 1-03-196 du 16 ramadan 1424 (11 novembre 2003) portant promulgation de la loi n° 02-03 relative à l’entrée et au séjour des étrangers au Royaume du Maroc, à l’émigration  et l’immigration irrégulières. 

A en croire la presse, les évangélistes étrangers auraient été en séjour régulier au Maroc – rien n’indique qu’ils aient été en situation irrégulière, ce que les autorités et leurs caisses de résonance médiatiques n’auraient pas manquer de souligner. Que dit alors le droit marocain sur l’expulsion d’étrangers en situation régulière? Les articles 25 à 27 de la loi n° 02-03 précitée réglent la question. Le principe général est posé par l’article 25 de la loi: 

Article 25 :

L’expulsion peut être prononcée par l’administration si la présence d’un étranger sur le territoire marocain constitue une menace grave pour l’ordre public sous réserve des dispositions de l’article 26 ci-dessous. 

La décision d’expulsion peut à tout moment être abrogée ou rapportée. 

L’article 26 indique les cas ou même une menace grave contre l’ordre public ne peut justifier l’expulsion d’un ressortissant étranger du territoire marocain: 

Article 26

Ne peuvent faire l’objet d’une décision d’expulsion :

1 – l’étranger qui justifie par tous moyens qu’il réside au Maroc habituellement depuis qu’il a atteint au plus l’âge de six ans ;

2 – l’étranger qui justifie par tous moyens qu’il réside au Maroc habituellement depuis plus de quinze ans ;

3 – l’étranger qui réside régulièrement sur le territoire marocain depuis dix ans, sauf s’il a été étudiant pendant toute cette période ;

4 – l’étranger, marié depuis au moins un an, avec un conjoint marocain ;

5 – l’étranger qui est père ou mère d’un enfant résidant au Maroc, qui a acquis la nationalité marocaine par le bienfait de la loi, en application des dispositions de l’article 9 du dahir n° 1 – 58-250 du 21 safar 1378 (6 septembre 1958) précité, à condition qu’il exerce effectivement la tutelle légale à l’égard de cet enfant et qu’il subvienne à ses besoins ;

6 – l’étranger résidant régulièrement au Maroc sous couvert de l’un des titres de séjour prévus par la présente loi ou les conventions internationales, qui n’a pas été condamné définitivement à une peine au moins égale à un an d’emprisonnement sans sursis ;

7 – la femme étrangère enceinte ;

8 – l’étranger mineur. 

Aucune durée n’est exigée pour l’expulsion si la condamnation a pour objet une infraction relative à une entreprise en relation avec le terrorisme, aux moeurs ou aux stupéfiants. 

On notera la rédaction maladroite de cet article 26, dont le dernier alinéa aurait plutôt sa place à l’article suivant, qui expose les exceptions à l’article 26. J’évoquerai aussi pour le plaisir de la démonstration les tirets 1°), 2°) et 3°) de l’article 26 –  qui semblent exclure l’expulsion pour les étrangers résidant régulièrement ou non au Maroc depuis l’âge de six ans, les étrangers résidant régulièrement ou non au Maroc depuis plus de 15 ans et enfin les étrangers résidant régulièrement au Maroc depuis plus de dix ans – doivent être interprétés par rapport au tiret 6°) du même article, qui protège de l’expulsion les étrangers ayant été condamnés à une peine de prison ferme de moins d’un an de prison. Prenons le cas d’un étranger résidant au Maroc depuis l’âge de six ans, ou ayant quinze années de résidence habituelle ou dix années de résidence légale au Maroc: supposons qu’il soit condamné à un an et un mois de prison ferme pour un délit quelconque. Si on lit les tirets 1°), 2°) et 3°) de l’article 26, il ne peut être expulsé (sauf les exceptions prévues à l’article 27 que nous verrons plus loin). Par contre, si on applique le tiret 6°), il peut être expulsé. Que choisir, monsieur le législateur? 

L’article 26 énumère donc les cas pour lesquels l’expulsion de l’étranger n’est pas justifiée même en cas de menace grave pour l’ordre public. L’exception à une exception impliquant en toute logique un retour au principe général, l’article 27 énumère donc les cas où l’expulsion d’un étranger peut avoir lieu même pour le cas où il remplirait les conditions de l’article 26: 

Article 27

Lorsque l’expulsion constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat ou pour la sécurité publique, elle peut être prononcée par dérogation à l’article 26 de la présente loi. 

Une meilleure rédaction de cet article 27 aurait fait référence très précisément aux infractions qui permettraient de déroger à l’article 26 et aux cas d’obstacle à l’expulsion d’un étranger – n’oublions pas qu’il faut rajouter les infractions liées au terrorisme, aux stupéfiants ou au moeurs, pour lesquelles la protection accordée aux étrangers par les tirets 1°), 2°), 3°) et 6°) de l’article 26 de la loi n’est pas applicable (cela ne concerne pas le délit de prosélytisme, qui n’est lié à aucune de ces trois catégories d’infractions). 

Les deux notions centrales de l’article 27 peuvent être définies en dépit de l’absence de définition dans la loi n° 02-03 et de leur domaine d’application apparemment assez étendu: la notion de sûreté de l’Etat peut en effet être comprise et délimitée en se référant au Code pénal, chapitre premier du titre premier du livre troisième intitulé "Des crimes et délits contre la sûreté de l’Etat", lequel comprend les articles 163 à 218-9 du Code pénal (on notera entre parenthèses que le prosélytisme n’est pas couvert par cette notion puisque figurant à l’article 220 dudit Code). La notion de sécurité publique est aussi particulièrement vague, surtout dans un pays où la publication d’un communiqué de manifestants sur un blog, la création d’un profil Facebook au nom d’un prince ou la rédaction d’un article sur la santé du chef de l’Etat amène leurs auteurs en prison. On peut cependant, comme pour la notion de "sûreté de l’Etat", se reporter au Code pénal: on constate alors que le chapitre cinquième du titre premier du livre troisième du Code pénal est intitulé "Des crimes et délits contre la sécurité publique", et recouvre les infractions visées aux articles 293 à 333 – notamment "l’association aux malfaiteurs et l’assistance aux criminels", "la rébellion", "les évasions", "l’inobservation de la résidence forcée et des mesures de sûreté" et enfin "la mendicité et le vagabondage". 

Notons d’emblée que l’article 220 du Code pénal n’est pas visé par ce chapitre cinquième. Par ailleurs, puisque l’article 27 est une dispostion dérogatoire, restreignant qui plus est une liberté fondamentale (le droit pour un étranger résidant légalement au Maroc à y demeurer paisiblement). Il faudrait alors donner à cet article 27 une interprétation restrictive qui ne vise par les références à la sûreté de l’Etat et à la sécurité publique que les seuls crimes et délits visés aux articles 163 à 218-9 respectivement 293 à 333 du Code pénal. Ceci exclurait donc le prosélytisme réprimé par l’article 220 du Code pénal de la liste des infractions pour lesquelles la nécessité impérieuse de les prévenir (édictée à l’article 27 de la loi n° 02-03)  autoriserait l’administration à se passer d’une condamnation à une peine d’un an de prison ferme à l’encontre d’un étranger résidant régulièrement au Maroc.  

Enfin, la notion de nécessité impérieuse devrait également limiter l’application de cette disposition aux seuls cas où aucune autre mesure que l’expulsion de l’étranger concerné ne permettrait de faire face à la menace contre la sûreté de l’Etat ou de la sécurité publique. 

Pour être complet, on relèvera que l’article 29 de la loi fixe des cas supplémentaires d’obstacle à l’expulsion, qui ne semblent pas applicables ici, les évangélistes étant originaires de pays occidentaux où ils ne courent pas de risques de menace contre leur vie ou leur liberté: 

Article 29

L’étranger qui fait l’objet d’une décision d’expulsion ou qui doit être reconduit à la frontière, est éloigné : 

a) à destination du pays dont il a la nationalité, sauf si le statut de réfugié lui a été reconnu ou s’il n’a pas encore été statué sur sa demande d’asile ; 

b) à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ; 

c) à destination d’un autre pays, dans lequel il est légalement admissible. 

Aucune femme étrangère enceinte et aucun mineur étranger ne peuvent être éloignés. De même, aucun étranger ne peut être éloigné à destination d’un pays s’il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu’il y est exposé à des traitements inhumains, cruels ou dégradants. 

Revenons-en à nos évangélistes étrangers expulsés: pour pouvoir être expulsés du territoire marocain, il faut que leur présence au Maroc constitue une menace grave pour l’ordre public. La loi n’indique pas ce qui constitue une "menace grave" contre "l’ordre public". La notion de jurisprudence étant chimérique dans le système judiciaire marocain, qui ne comporte pas de vraie cour suprême au sens premier du mot et où la justice est vénale, on ne peut guère espérer d’éclaircissements de ce côté-là. On pourra juste considérer le risque de commission d’un délit punissable d’une peine de prison de six mois à trois ans et figurant au chapitre deuxième intitulé "Des crimes et délits portant atteinte aux libertés et aux droits garantis aux citoyens" du titre premier du livre troisième du Code pénal puisse éventuellement être considéré comme une menace grave contre l’ordre public – mais une autre interprétation de cette très vague disposition serait également possible. 

Supposons donc, par charité pour notre gouvernement, que le risque que les évangélistes étrangers commettent le délit de prosélytisme constitue une menace grave pour l’ordre public justifiant leur expulsion au titre de l’article 25 de la loi n° 02-03 relative à l’entrée et au séjour des étrangers. Reste à voir si ces évangélistes étrangers rentrent dans les cas prévus à l’article 26 de la loi, faisant obstacle à leur expulsion. Je ne connais pas la situation personnelle de ces évangélistes, et il est possible que certains d’entre eux résident légalement au Maroc depuis dix ans (article 26 alinéa 1 3°) de la loi – ce qui semble être le cas de certains des évangélistes d’Aïn Leuh: "Some of the couples had been there 10 years with valid visas") ou qu’il y ait des femmes enceintes dans le lot (article 26 alinéa 1 7°) de la loi), mais il est une disposition qui semble applicable à première vue: 

Article 26

Ne peuvent faire l’objet d’une décision d’expulsion : (…)

6 – l’étranger résidant régulièrement au Maroc sous couvert de l’un des titres de séjour prévus par la présente loi ou les conventions internationales, qui n’a pas été condamné définitivement à une peine au moins égale à un an d’emprisonnement sans sursis ; 

A supposer donc que les évangélistes étrangers aient tous été titulaires de titres de séjour réguliers – rien n’indique le contraire, seule une condamnation définitive – c’est-à-dire ayant acquis autorité de chose jugée – à au moins un an de prison ferme permettrait leur expulsion. Or il est constant qu’aucun d’entre eux n’a été condamné à une telle peine de prison. Dès lors, l’article 26 alinéa 1 6°) de la loi n° 02-03 semble faire obstacle à leur expulsion. Mais pour en avoir le coeur net il faut se reporter à l’article 27 qui, comme je l’ai déjà souligné, comporte une exception aux exceptions énumérées à l’article 26, ce qui implique donc un retour au principe général de l’admissibilité de l’expulsion sur le fondement de l’article 25. 

Et on retombe sur la notion vague – c’était sans aucun doute le but recherché par le législateur – de "nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat ou pour la sécurité publique". Quelle nécessité impérieuse? On peut déjà constater que d’autres mesures auraient pu être prises, moins graves que l’expulsion, auraient pu être prises pour prévenir la commission éventuelle du délit de prosélytisme: les autorités de tutelle – le ministère des affaires sociales via le wali ou le gouverneur – auraient ainsi pu procéder à des inspections sur place à Aïn Leuh, et prendre des mesures intermédiaires – avertissement, rappel à la loi, révision du cahier des charges de l’orphelinat en exigeant la présence de personnel de nationalité marocaine et/ou parlant l’arabe ou le berbère, partenariat exigé avec une association marocaine, etc. En toute logique, ce n’est que si ces mesures intermédiaires avaient été impossibles à prendre qu’une situation de nécessité impérieuse aurait pu valablement être constatée. Ce constat vaut d’autant plus que les activités de l’orphelinat en question, celui de Village of Hope à Aïn Leuh, fonctionnait depuis des années sous une direction et avec du personnel évangéliste, au vu et au su des autorités, selon le responsable du centre: 

« Depuis l’ouverture du centre il y a dix ans, précise Chris Broadbent, ses dirigeants ont toujours été des chrétiens pratiquants et les autorités le savaient » (Radio France Internationale). 

Enfin, s’agissant de la sécurité publique et de la sûreté de l’Etat, j’ai montré plus haut que l’interprétation la plus rationnelle de l’article 27 de la loi n° 02-03 était de reprendre la définition de ces termes découlant du Code pénal, ce qui exclurait le prosélytisme des infractions permettant valablement un recours à cet article. 

CQFD. 

Pour être tout à fait complet, rappelons l’article 13 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le Maroc et ayant de ce fait valeur supérieure à la loi marocaine, selon une jurisprudence bien établie:

Article 13

Un étranger qui se trouve légalement sur le territoire d’un Etat partie au présent Pacte ne peut en être expulsé qu’en exécution d’une décision prise conformément à la loi et, à moins que des raisons impérieuses de sécurité nationale ne s’y opposent, il doit avoir la possibilité de faire valoir les raisons qui militent contre son expulsion et de faire examiner son cas par l’autorité compétente, ou par une ou plusieurs personnes spécialement désignées par ladite autorité, en se faisant représenter à cette fin.

Le point délicat ici – outre l’illégalité apparente de la décision d’expulsion elle-même – est le droit à un recours judiciaire contre une décision d’expulsion – rien n’indique ici qu’un tel recours ait été intenté par les missionnaires expulsés. Si cela était le résultat de leur décision librement prise de ne pas faire recours, pas de problème, mais vu la célérité de leur expulsion, on peut douter qu’ils aient effectivement été en mesure d’intenter un tel recours.

Il est donc probable que l’expulsion des évangélistes étrangers dans le cas qui nous occupe n’a pas de base légale en droit marocain, vu l’absence de condamnation pénale préalable. L’absence de poursuites pénales ne répond certes peut-être pas exclusivement à l’absence de preuves de prosélytisme dans le chef de ces évangélistes, mais également à des considérations diplomatiques: autant les chancelleries des pays occidentaux concernés (comme par exemple les Pays-Bas ou les Etats-Unis) râleront deux jours au sujet d’une expulsion du Maroc de leurs ressortissants évangélistes, autant un procès pénal avec à la clé – pour autant que le délit de prosélytisme soit prouvé – une condamnation à un an de prison ferme ferait beaucoup de mal à la diplomatie pastilla qui est celle du Maroc, comme l’a implicitement reconnu le ministre de la communication Khalid Naciri: 

"La procédure juridique a été écartée, déclare-t-il au Monde, car nous voulions que cela se fasse de la façon la plus "soft" possible : un procès aurait immanquablement débouché sur des emprisonnements." (Le Monde) 

Pour être complet sur la question de l’expulsion, un éclaircissement: on a pu lire au sujet des expulsés que "tous ont été dans l’obligation de quitter le territoire marocain sous quarante-huit heures, et ce, sans avoir été présentés devant un juge". La loi marocaine, comme la plupart des lois nationales de par le monde, met l’expulsion des étrangers entre les mains de l’autorité administrative, avec cependant faculté pour la personne refoulée ou expulsée de faire appel de cette décision devant un tribunal, selon des modalités d’une efficacité variable. 

Au Maroc, en vertu de la loi n° 02-03, un étranger reconduit à la frontière peut faire appel de cette décision devant le tribunal administratif et demander le prononcé d’un sursis à exécution en attendant la décision quant au fond (article 33 de la loi). Il n’y a donc rien d’illégal en soi à ce qu’ils aient été expulsés par voie administrative sans passer par un juge administratif (on peut théoriquement concevoir qu’ils n’aient pas fait appel de leur décision devant le tribunal administratif compétent, en assortissant leur appel d’une demande de sursis à exécution), mais on peut aussi concevoir qu’un éventuel recours judiciaire n’aurait pas été efficace ici, étant donné tant l’absence d’avocats spécialisés dans ces questions au Maroc que le caractère politique marqué de cette affaire- voir aussi le raisonnement plus haut sur l’article 13 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques

III – La réglementation des orphelinats et de la kafala au Maroc 

Tant le site que les communiqués des évangélistes de Village of Hope parlent des bénévoles évangélistes travaillant à l’orphelinat comme de "parents", "familles tutrices" ou "tuteurs": 

On leur a enlevé les seuls parents qu’ils ont connus : imaginez le traumatisme (Libération

This is not an issue of Islam vs Christianity, this is a issue of families torn apart, bewildered and devastated children and heartbroken parents.(…) From the Parents in exile and separated from their beautiful Children. (Village of Hope

Simo with his mother and two sisters immediately after hearing of the expulsion. (Village of Hope)  

Jack Wald, pastor at the Rabat International Church in Rabat, Morocco (…): "These are the only parents they know and the government has ripped them away, traumatizing the children and ripping out the hearts of the parents," said Wald. "We are all stunned." (The Christian Post

Ceci absolument faux, abusif et trompeur: les bénévoles en question n’ont aucun lien de parenté légal avec les orphelins en question. Le Code de la famille marocain ne reconnaît en effet que la filiation légitime (l’article 148 l’énonce explicitement), et rejette expressément l’adoption: 

Article 149

L’adoption (Attabani) est juridiquement nulle et n’entraîne aucun des effets de la filiation parentale légitime. 

L’adoption dite de gratification (Jaza) ou testamentaire (Tanzil), par laquelle une personne est placée au rang d’un héritier de premier degré, n’établit pas la filiation paternelle et suit les règles du testament (Wassiya). 

Le droit marocain de la famille reconnaît cependant la prise en charge des orphelins et enfants abandonnés propre au droit musulman qu’est la kafala, laquelle permet la prise en charge d’orphelins ou d’enfants abandonnés mais sans aucun effet juridique quant à la filiation ou à l’état-civil. Le dahir n° 1-02-172 du 1 rabii Il 1423 portant promulgation de la loi n°15-01 relative à la prise en charge (la kafala) des enfants abandonnés y est ainsi consacré, et son article 2 dispose: 

Article 2 : La prise en charge (la kafala) d’un enfant abandonné, au sens de la présente loi, est l’engagement de prendre en charge la protection, l’éducation et l’entretien d’un enfant abandonné au même titre que le ferait un père pour son enfant. La kafala ne donne pas de droit à la filiation ni à la succession

L’article 9 de cette loi précise les conditions qui doivent être remplies par le kafil (la personne prenant l’enfant en charge): 

Article 9

La kafala des enfants déclarés abandonnés par jugement est confiée aux personnes et aux organismes ci-après désignés :

1 – Les époux musulmans (…);

2 – La femme musulmane (…);.

3 – Les établissements publics chargés de la protection de l’enfance ainsi que les organismes, organisations et associations à caractère social reconnus d’utilité publique et disposant des moyens matériels, des ressources et des compétences humaines aptes à assurer la protection des enfants, à leur donner une bonne éducation et à les élever conformément à l’Islam

Village of Hope, dont on peut supposer qu’il avait le statut d’une association de droit marocain, n’aurait donc pas pu remplir les conditions prévues à cet article, n’étant pas reconnue d’utilité publique et n’ayant raisonnablement pas, en la personne de "bénévoles" évangélistes étrangers, les "compétences humaines aptes à (…) élever [les enfants] conformément à l’islam". 

Précisons au passage que ces dispositions sont conformes à la Convention de 1989 relative aux droits de l’enfant, dont l’article 20 stipule: 

Article 20 

1. Tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial, ou qui dans son propre intérêt ne peut être laissé dans ce milieu, a droit à une protection et une aide spéciales de l’Etat.

2. Les Etats parties prévoient pour cet enfant une protection de remplacement conforme à leur législation nationale.

3. Cette protection de remplacement peut notamment avoir la forme du placement dans une famille, de la kafalah de droit islamique, de l’adoption ou, en cas de nécessité, du placement dans un établissement pour enfants approprié. Dans le choix entre ces solutions, il est dûment tenu compte de la nécessité d’une certaine continuité dans l’éducation de l’enfant, ainsi que de son origine ethnique, religieuse, culturelle et linguistique

On peut très bien concevoir que les liens affectifs entre les bénévoles évangélistes de Village of Hope et les enfants dont ils s’occupaient étaient très étroits (la vidéo rendue publique sur le site de Time.com en témoigne de manière poignante), et que des orphelins de bas âge aient pu les considérer comme leurs parents, mais mais le fait pour l’orphelinat d’invoquer constamment des liens de parenté inexistants – ("Still, the Padillas hold onto hope that maybe they could be reunited with their sons") – est d’une mauvaise foi flagrante. 

Le modus operandi de l’orphelinat semble également avoir favorisé cette perception trompeuse des choses: à en croire les déclarations à la presse du couple étatsunien Padilla, ils avaient en charge deux enfants ("Eddie and Lynn Padilla say their family was torn apart when the Moroccan government deported them and other Christian workers at an orphanage in the Islamic country. Now they worry about the future for little Samir and Mouhcine, the two Moroccan boys they were raising"), ce qui laisserait supposer que chacun des 8 couples évangélistes ait eu en moyenne deux enfants marocains (sur les 33 enfants de l’orphelinat) à charge, un peu comme s’ils constituaient une famille (c’est d’ailleurs la perception des évangélistes eux-mêmes – "their Moroccan children" – et à plus forte raison, on peut l’imaginer, celle des enfants qu’ils ont pris en charge), alors même que ces couples savaient pertinemment ne pas remplir les critères légaux pour la kafala, seul mode de prise en charge légale des enfants au Maroc hors filiation légitime. Les responsables de Hope Village parle ainsi de "set of parents": 

"The parents only want to be reunited with their children," VOH stressed. "Every single set of parents would return to Morocco to continue with the care of the children and continue to live under the law and authority of the State." (Christian Post

The unique model of care offered by VOH means that children have been raised in family units with a Mum and Dad rather than the more traditional dormitory style orphanage set up. (Hope Village

La presse étrangère s’y est spectaculairement emmêlée les pinceaux – par exemple Le Monde

Pour une raison ignorée, les autorités marocaines, encouragées par les discours outranciers de l’imam local, ont décidé, le 8 mars, qu’il ne respectait pas la kafala ("procédure d’adoption"). 

La raison ignorée – de la journaliste du Monde du moins – est sans doute qu’en vertu de l’article de la loi n° 15-01 relative à la kafala - qui n’est en rien une adoption – celle-ci n’est possible que si ceux prenant en charge l’orphelin ou l’enfant abandonné sont musulmans, ce que n’étaient notoirement pas les missionnaires de Hope Village, qui se présentaient cependant comme "familles d’acceuil" ou "familles tutrices". Le respect de la loi était donc effectivement un motif sérieux de s’intéresser aux agissements de Hope Village – mais la réaction des autorités a par la suite été illégale à son tour. 

Mais en dehors de la  loi n° 15-01 relative à la kafala, il faut également citer la loi n° 14-05 relative aux conditions d’ouverture et de gestion des établissements de protection sociale (ainsi que son décret d’application), applicable aux établissements de prise en charge d’enfants abandonnés tels que Village of Hope. Cette loi fait obligation à ces établissements notamment d’obtenir une autorisation préalable (ce qui semble avoir été le cas), à se soumettre à un contrôle et de à respecter tant le Code de la famille que la loi n° 15-01 relative à la kafala (voir sur ces deux derniers points l’article 12 alinéa 3 de la loi n° 14-05). De manière assez intéressante, on y lit à l’article 19 que l’administration dispose de deux outils afin de remettre un établissement sur le droit chemin, à savoir la mise en demeure et l’adminstration provisoire (cette dernière mesure a été appliquée ici). On peut se demander si une mise en demeure accompagnée de mesures pour éliminer tout risque de prosélytisme, visant à assurer une transition moins brutale pour les enfants de Village of Hope, n’aurait pas pu être une mesure plus pertinente. Mais rien n’indique que les autorités aient enfreint cette loi-ci.

IV – Conclusion

Quelques remarques finales:

  • cette décision d’expulser en masse des évangélistes occidentaux remonte au plus haut sommet de l’Etat, comme on dit par euphémisme – les expulsions visent des dizaines de ressortissants occidentaux de différentes provinces et préfectures du pays, et ont été totalement assumées par le gouvernement et ses médias;
  • le pouvoir ne s’est pas laissé intimidé par les timides réactions négatives – seuls des parlementaires néerlandais et l’ambassadeur étatsunien ont apparemment fait part de leur déplaisir;
  • même dans un cas de figure, comme celui de Village of Hope, où ses arguments factuels ne semblaient pas dénués de tout fondement voire même vraisemblables, le pouvoir a été incapable de respecter la – timide – législation qu’il s’est donné – à se demander s’il y a un juriste dans l’avion;
  • si les militants de mouvements sociaux, les islamistes et les séparatistes sont depuis longtemps la butte des abus de pouvoir du makhzen, on peut maintenant rajouter la presse indépendante et les missionnaires étrangers, victimes de campagnes de répression déterminées et soutenues du pouvoir;
  • je n’ai personnellement aucune sympathie particulière pour les missionnaires évangélistes, et ne voit aucune raison de leur donner carte blanche au Maroc; par contre, comme tout un chacun, ils ont – ou devraient avoir – droit à la protection de la loi, ce qui n’a pas été le cas ici, comme je l’ai expliqué plus haut;
  • le pouvoir marocain paie cash ses accointances éphémères avec les évangélistes sous Bush – mais que feront-ils si un nouveau président étatsunien évangéliste ou pro-évangéliste arrivait au pouvoir, ce qui n’a rien d’un scénario de science-fiction? Un nouveau concert à Marrakech? 

Lectures complémentaires: 

- un intéressant mémoire de licence en droit privé de Meriem Azdem surle thème "Prosélytisme et liberté religieuse dans le droit privé";

- un autre mémoire, de DEA celui-là, sur "Le Droit de Propager ses Croyances en Droit International des Droits de l’Homme, à la Lumière de la Jurisprudence de la Cour Europeenne des Droits de l’Homme";

- "La liberté de diffusion des convictions religieuses en droit international des droits de l’Homme" par Moumouni Ibrahim;

- site du Diocèse de Rabat (église catholique du Maroc);

- site du ministère des Habous et des affaires islamiques (en charge du seul culte musulman malékite, le ministère de l’intérieur étant en charge des autres cultes présents au Maroc);

- site personnel de Jean-Luc Blanc, dirigeant de l’Eglise évangélique au Maroc;

- "Interview du Président de l’Eglise Evangélique au Maroc: Je n’ai aucune raison d’intervenir pour ces chrétiens qui ne font pas partie de notre église", Top Chrétien (2010) – cet entretien donné après les expulsions a suscité bien des réactions en milieu chrétien en raison de certaines déclarations démarquant l’Eglise évangélique reconnue des missionnaires évangélistes concernés;

- "Polémique au Maroc : les évangélistes sont-ils une menace ?", entretien avec Jean-Luc Blanc, Afrik.com (2005);

- Mgr Vincent Landel, archevêque de Rabat: "personnellement, après 30 ans de vie au Maroc, je ne connais pas de Marocains chrétiens" (2005);

- "Que faire des évangélistes?", Tel Quel (2006);

- "Jésus en terre marocaine", Le Temps (2010)

- "Saïd Elakhal : «Le prosélytisme évangélique n’entre pas dans le cadre des droits des minorités»", Aujourd’hui Le Maroc (2009) 

- le groupe de soutien à Village of Hope sur Facebook;

- les articles de Global Voices (et ici également), de Tel Quel, du Monde et de Libération (France) sur l’affaire;

- un article intéressant de La Vie Economique sur la kafala;

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43 Réponses

  1. Observations:

    – Tu cites l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, mais tu n’adresses que les alinéas 3 et 4. Tu admets donc que 1 et 2 sont en contradiction avec les lois en vigueur?

    – Quand tu parles "d’enfants musulmans", te rends tu compte de l’ampleur de la bêtise d’une telle formule ou pas?

    – A parent (from Latin: parēns = giving birth) is a caretaker of the offspring in their own species. La citation du Pasteur Wald n’a donc rien de faux ni de trompeur. Il est clair dans le contexte qu’il ne parlait pas d’une perspective strictement légal.

    – Tu penses vraiment que c’est donner "carte blanche" aux missionnaires que d’abroger ces lois sur "l’ébranlement de la foi d’un musulman"?

  2. Ca me manquait ce genre d’article ! j’ai eu ma dose de twitter …

  3. [...] La position du missionnaire devient de plus en plus inconfortable. [...]

  4. lixy:
    1. La structure même de l’article 18 est assez classique en matière de dispositions de traités des droits de l’homme: un ou deux alinéas posant le principe général, et un ou deux alinées énoncant les dérogations autorisées. Donc, une action violant le principe général mais autorisée selon les dérogations justifiées sera conforme au traité. Dès lors, un acte contraire au principe général de liberté religieuse – comme ici – pourra néanmoins être conforme à l’article 18 s’il entre dans les dérogations autorisées aux alinéas 3 et 4 dudit article.

    2. Ils le sont pourtant en droit marocain, applicable en l’occurence.

    3. No offense au pasteur Wald ou à toi, mais je cherche généralement à comprendre les mots selon leur sens commun. Parent signifie donc parent selon l’usage commun de ce mot, et non personnel d’orphelinat.

    4. Ce qui me gène dans l’article 220 c’est fondamentalement la discrimination envers le prosélytisme pouvant viser des enfants ou personnes en situation de faiblesse non-musulmans. Pour le reste, il me paraît bien équilibré.

    H: oui, mais je te dis pas le calvaire pour terminer ce billet, calvaire sans doute partagé par les lecteurs…

  5. Azul cher miss n’Kafka

    tanmirt atas pour ce dossier.

    Les missionnaires sont au plurielle, et aussi étrange qu’il apparait même au seins des missionnaires on a des classes, c’est dire on a «le missionnaire des pauvres» (chiites, laicardisime, évangélistes & co. ) et «le missionnaires des riches» ( l’Église scientologie , baptistes ..etc )
    Ce qu’est intéressant je pense dans ce sujet des missionnaires au Maroc c’est la reponse a la questions suivante :

    ► on a vu la réaction de l’État marocain face aux «missionnaires des pauvres» alors ma question

    ►►si demain débarquent les «missionnaires des riches» (si ils ne sont déjà pas sur place lol )et on se rendent compte que pleusieurs MaroCKAINS(de MaroCK= l’autre maroCK de la bourgeoisie francophilistes des grandes villes )se convertissent a l’Église scientologie , alors comment va reagir l’Etat marocain?
    va -t-il réagir face aux missionnaire des riches de la même manière que comme chez les missionnaires des pauvres?
    surtout si parmi ces missionnaires des riches se trouvent un diplomate ou une personnalité politique, médiatique, intellectuel américaine ????? :-)

    ► l’autre question qui m’intrigue : qu’on est il le cas si on est pas face a un mouvement religieux par mais mouvement politique ? quand la stratégie des missionnaires est plus politique que religieuse ?
    autrement dit : que dit la loi marocaine sur un mouvement politique qui se cache sous le voile de la foi?
    cette question je la pose car la BBC britannique a deja diffusée une enquête brillante d’un chercheur marocain Abde Allah Asri (directeur de centre de la comparaison des religions a rabat) qu’a réussit infiltrée les mouvements évangélistes au Maroc pendants pleusieurs années

    source : http://www.youtube.com/watch?v=yw82gUafULk (a partir 0:55)

    ► autre question qui se pose ici je sais pas si vous avez vue ce que al Jazeera a diffusee sur place sur les parents de ces enfants et surtous les anciennes residants de ce «village of hope», ils sont montrée les temoinages des parents de certains enfants qui disent que ces missionnaires leurs donner de travaile a condition de se reconvertir aux evanglisime,
    un autre résidant qui vecu dans ce village temoigne que on lui interdit de entrer dans le village of hope ,
    autrement dit comment doit l’Etat marocain reagir face a des etrangers ou marocains qu’ont construit une enclave renfermer sur elle et interdisant tout personne a y entre ?

    je fait allusion ici a ces enclaves des sectes américains en Chili et Argentine, Bresil qui se sont terminer par un suicide en groupe ? ( la rôle de la prévention de l’Etat)

    ► finalement je pense qu’il est nécessaire de faire une nouvelle loi clair sur ce sujet afin d éviter tout dérive et discrimination contre les chrétiens qui vivent au Maroc en Paix et tout respect des lois de pays.car la fameuse loi 220 n’est pas suffisante .. car becoups des lois sont copier/coler des gaulois lol sans prendre la spécificité marocaine
    et dans le cas d’une nouvelle loi le Maroc ne serait pas le premier, je vous rappelle que meme les pays considérer les plus démocratique au monde avec une liberte de culte sont entrain de faire face aux sectes comme l’Allemagne qu’est déjà en cours de prendre une initiative historique contre le sectes et prépare une loi contre l Église Scientologie !

    http://www.abendzeitung.de/muenchen/176662

    Amazighement
    Le Riflandais

  6. Azul Riflandais,
    Je ne prendrais pas la CSU comme modèle en matière de libertés publiques. Sinon, si on en croit le président de l’Eglise évangélique au Maroc, ce sont surtout des Marocains de classes moyenne ou aisée qui se convertiraient – chose difficile de toute façon à vérifier objectivement. Les Marockains seraient plutôt à chercher du côté de de la tiédeur de la pratique religieuse, de l’agnosticisme voire plus loin, à mon sens, et ils n’ont pas vraiment besoin de missionnaires pour cela, si ce n’est la mission française… Quant à cette histoire d’enclave, je n’y crois pas – ce qui a pu jouer en faveur de Village of Hope c’est sans doute le fait qu’ils soient occidentaux et qu’ils avaient sans doute plus de moyens que la moyenne des habitants de la région…

  7. Azul cher miss n’kafka

    ►je te l’accord en ce qui concerne CSU, d’ailleurs c’était et serait toujours mon avis sur ce parti conservateur de droit, mais en ce qui concerne ce sujet de cette loi d’interdiction de scientology ca ne vient pas explicitement de CSU mais ca fait une bail que cette revendication vient de tous les partis politiques allemends : SPD, FDP, et voir meme les verts vers la fin des annes 90 suite au grave incident des orphelins scionotolgy a Frankfurt, et ca ne se limite pas a Bayern mais aussi au villes les plus libérales d’Allemagne comme Hambourg ( Amsterdam de l’Allemagne lol ) par exemple :

    Ursula Caberta (SPD, Hamburg ) est la chefin Leiterin der -Hamburger Arbeitsgruppe Scientology, http://de.wikipedia.org/wiki/Ursula_Caberta) est aussi pour une loi d’interdiction de scientology et elle a même écrit un excellent livre sur scientology

    http://www.lichtblick99.de/so-kvpm9.html

    -Udo Nagel (le Innensenator Hamburg, sans partis politique) http://de.wikipedia.org/wiki/Udo_Nagel
    est aussi pour une loi d’interdiction de scientology

    soi CDU/CSU, SPD, et voir meme les librales FDP(les «libralles») ou voir meme une partie des verts etaient et sont tous pour une loi d’interdiction de sciontology depuis deja les annes 90
    voir la chronologie de ce projet de loi :http://www.ingo-heinemann.de/Verbot.htm

    encore meme les verts BÜNDNIS 90/DIE GRÜNEN etaient parmis les premiers
    a faire face a la manipulation des ecoles sciontologistes a Hessen/Frankfurt et ils sont parmis les permiers
    a exiger un controle sevres contre la manipulatin sectaire des enfants dans ces ecoles: Die http://www.pressrelations.de/new/standard/result_main.cfm?r=243165&aktion=jour_pm
    ► pour les Marockains tu a raison, reste que les générations des marockains changent aussi de mission françaises pour rejoindre les autres missions américaines, j’ai rencontree a geneve des marocains maroCKS d’USA qui sont plus séduit par le baptisime que par angosticisme .. autement dit je pense que cela dépends surtout de genre de missions(francais vs. americaine ) mais aussi entourage sociale d’une generations Marocks vs. a une autre ..
    ceux des annes 60 , 70 , 80 leurs idoles c’est plus j.p Sartre, camus et tous la taraka ,
    ceux de 2010 c’est plus Obama pour les oxidentaliser et plus t.ramadan pour les orientaliser (l islam light = hijab fashion ..etc ) donc une mélange entre un tocquevillesime et un ramadenisque :-)

    ► pour l’enclave je n’y etais pas pour pouvoir prononcer sur ce sujet ce que j’ai rapporte c’est juste les témoignages rapporte par le journaliste marocaine Iqabl Ilhami qui travaile pour al jazeera elle s’est rendu sur place
    et elle fait cette enquete ou les parents de certains enfants et deux x-residants de village ont parler de discrimination et l interdiction d acces au village par les missionaires .. vrais ou faux Allah a3lam !

    NB. a propos sciontology :
    d’ailleur le permier film sur le sciontology d’un regisseur allemend qui vient d etre diffuser avant
    deux semains devrais etre garder en secret sa production jusqu’a jour de diffusion par peur d’une pression de sciontology contre les medias..
    "Bis nichts mehr bleibt": Der geheime Scientology-Film der ARD!
    un film d’une histoire vrais d’un temoinage d’un pere qu’a perdu sa femme et sa fille jusuq’a ce genre dans ce secte
    a recommander! excellent film

    http://www.welt.de/fernsehen/article6236507/Der-geheime-Scientology-Film-der-ARD.html

    http://www.bild.de/BILD/unterhaltung/TV/2010/04/01/bis-nichts-mehr-bleibt/ard-film-ueber-scientology-mit-top-quote.html

    Pressekonferenz zum Film "Bis nichts mehr bleibt" ARD : http://www.youtube.com/watch?v=43907QBTwhU

  8. Très intéressante étude. Que penser de cette autre affaire l’école George Washington à Casablanca, exposée avec une foule une foule de documents sur http://www.lesenfantsdumaroc.ma

  9. Cette affaire suscite décidemment beaucoup de passions déraisonnables de la part des Makhzéniens mais aussi de la part de tout le monde, mais puisque maintenant même les soi-disant Oulémas [ littéralement Savants ! ] de la cour arrière viennent à la rescousse des gaffes du Makhzen… puisque maintenant 7000 Oulémas ! [ un chiffre qui fait rire, en tout cas à vérifier ] apportent leur soutien au Makhzen dans sa soi-disant lutte contre le "prosélytisme religieux chrétien" comme rapportée par la Map, puisque maintenant même des théologiens de pacotille se mêlent de la politique makhzénienne, alors j’exprime moi aussi mon opinion là-dessus.

    « Les Oulémas du Maroc expriment leur soutien total aux décisions destinées à contrer les actes de prosélytisme »

    http://www.map.ma/fr/sections/a_la_une/les_oulemas_du_maroc/view

    Et si ces Oulémas joignent l’acte à la parole en faisant un minimum de charité de ce que font ces bienfaiteurs chrétiens expulsés au lieu de divaguer avec le Makhzen !

    Comme ça maintenant le Makhzen défend l’enfance ! Il s’est réveillé un bon matin et s’est dit pourquoi ne pas expulser ces humanitaires à la foi chrétienne très ébranlée qui sont là depuis des années à s’occuper des orphelins… pour protéger l’innocence, la dignité et les droits des enfants marocains !

    Quelle flagrante hypocrisie ! Comme si le Makhzen agit de bon cœur et s’inquiète vraiment pour le sort de la marmaille marocaine ! Et la sournoiserie de ces soi-disant Oulémas ! On ne les a jamais vu, ni entendu dénoncer la prostitution infantile et la pédophilie qui sévissent à grande échelle au pays, qui font des ravages à Marrakech…

    Le Makhzen a abandonné des milliers d’enfants et de mineurs marocains à quelques kilomètres, en Espagne dans des orphelinats gérés par des cathos et il ne veut même pas les reconnaitre en tant qu’enfants marocains tout simplement et cela sans bien sûr les récupérer ! Alors ces enfants abandonnés en territoire étranger sous la souveraineté d’un pays majoritairement à tradition chrétienne ne sont pas une proie facile à tous les prosélytismes et les croyances qui existent, ils ne sont pas une proie facile à tous les endoctrinements et les sectes qui existent, ils ne sont pas une proie facile à toute les pratiques immorales et horribles qui existent de l’abus sexuel jusqu’à la pédophilie ecclésiastique qui fait comme vous savez ces derniers jours la Une de la plupart des médias et de la presse du monde ?!

    Arrêtez de prendre les citoyens de ce monde pour des cons ! Arrêtez de vous moquer de toutes les intelligences de cette planète… que vous ne faites que polluer par vos délires pour justifier vos conneries ! Les gaffeurs du Makhzen n’agissent jamais par la raison mais souvent par l’humeur comme en témoignent les multiples gaffes diplomatiques et à répétition ces dernières années (Affaire Aminatou Haidr, Affaire de l’Ambassade de Venezuela, Affaire de l’Ambassade d’Iran,…)… Cherchez donc les raisons ailleurs ! Et je me demande quel est le but recherché dans cette expulsion lorsque on sait que le Makhzen fait très attention quand il s’agit de ressortissants occidentaux par crainte que ses maîtres s’énervent et lui tirent les oreilles !

    Quant au prétexte du prosélytisme… il faut dire qu’il existe des millions de marocains immigrés installés depuis des années dans les différents pays du monde à majorité chrétienne, est-ce qu’on a entendu que leurs progéniture était victime de prosélytisme ou d’une quelconque persécution morale ou religieuse ? Non !

    Et si demain ces pays comme les Pays-Bas voire l’Europe toute entière s’y prendraient de la même manière aux religieux du Makhzen au prétexte qu’ils endoctrinent les petits enfants néerlandais ou européens de la descendance dite marocaine ?

    Le Makhzen sponsorise et envoie en Europe des centaines de fqihs sous-développés, conservateurs archaïques, analphabètes au sens strict de l’internet et des NTIC, pour encadrer les milliers de ressortissants marocains ou de citoyens européens d’origine marocaine éduqués à l’esprit cartésien, à la vie démocratique et à l’école laïque européenne,… ces imams prêchent un islam moyenâgeux complaisant qui ne fait que de la propagande au régime makhzénien pour justifier sa légitimité religieuse en s’appuyant sur des textes coraniques et prophétiques interprétés complaisamment ! Et si les pays européens où la religion chrétienne est majoritaire, feraient pareil en expulsant tous le imams et les fqihs qui prêchent l’islam makhzénien en ciblant les enfants d’origine marocaine devenus citoyens européens des Etats laïcs ?!

    Ceci pour dire au Makhzen d’arrêter d’user dangereusement de la religion et de la liberté de conscience et de l’innocence des enfants pour justifier sa légitimité et sa politique despotique inspirée des fables mystiques ! Qui a dit que la religion n’est pas l’opium du peuple ?!

    Et que sont devenus maintenant ces enfants abandonnés, puisque comme tout le monde le sait, ils ne peuvent pas compter sur la bienfaisance d’un Etat qui a démissionné socialement depuis longtemps ni sur ces Oulémas de couscous qui ne savent que faire la parlotte ! Enlever l’affection, la tendresse à ces enfants revient à briser non seulement leur enfance mais aussi leur avenir.

    Il faut exiger d’abord la dignité pour ces enfants sur cette planète Terre avant d’espérer un hypothétique paradis sur une autre planète. La dignité sur Terre vaut mille dignités improbables dans l’au-delà !

  10. Cette affaire suscite décidemment beaucoup de passions déraisonnables de la part des Makhzéniens mais aussi de la part de tout le monde, mais puisque maintenant même les soi-disant Oulémas [ littéralement Savants ! ] de la cour arrière viennent à la rescousse des gaffes du Makhzen… puisque maintenant 7000 Oulémas ! [ un chiffre qui fait rire, en tout cas à vérifier ] apportent leur soutien au Makhzen dans sa soi-disant lutte contre le "prosélytisme religieux chrétien" comme rapportée par la Map, puisque maintenant même des théologiens de pacotille se mêlent de la politique makhzénienne, alors j’exprime moi aussi mon opinion là-dessus.

    « Les Oulémas du Maroc expriment leur soutien total aux décisions destinées à contrer les actes de prosélytisme

    Rabat- Le Secrétaire général du Conseil supérieur des ouléma, M. Mohamed Yessef, a adressé à SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, un message signé par 7000 ouléma du Royaume, dans lequel ils réitèrent leur fidélité constante et leur attachement indéfectible au Souverain et au glorieux Trône alaouite, en exprimant leur soutien total et leur grande fierté des positions et décisions historiques pertinentes, prises par les pouvoirs publics pour faire échec au projet sournois d’un groupe de prosélytes chrétiens.

    Ils dénoncent notamment le recours de ces derniers à l’action humanitaire comme paravant [ paravent ] pour tenter de détourner des enfants marocains de leur religion et de leur foi, se jouant ainsi de leur innocence et profitant de leur incapacité à discerner ce qui leur est inculqué.

    En exprimant leur pleine adhésion aux valeurs de liberté dans ses différentes manifestations et en affirmant le caractère non contraignant en matière de religion, quelle qu’en soit la forme, les Oulémas du Maroc considèrent ces agissements inconsidérées comme un viol moral, une forme de terrorisme religieux et une séquestration en secret d’enfants innocents…»
    Dernière modification 10/04/2010 16:14.
    ©MAP-Tous droits réservés
    Et si ces Oulémas joignent l’acte à la parole en faisant un minimum de charité de ce que faisaient ces bienfaiteurs chrétiens expulsés au lieu de divaguer avec le Makhzen !

    Comme ça maintenant le Makhzen défend l’enfance ! Il s’est réveillé un bon matin et s’est dit pourquoi ne pas expulser ces humanitaires à la foi chrétienne très ébranlée qui sont là depuis des années à s’occuper des orphelins… pour protéger l’innocence, la dignité et les droits des enfants marocains !

    Quelle flagrante hypocrisie ! Comme si le Makhzen agit de bon cœur et s’inquiète vraiment pour le sort de la marmaille marocaine ! Et la sournoiserie de ces soi-disant Oulémas ! On ne les a jamais vu, ni entendu dénoncer la prostitution infantile et la pédophilie qui sévissent à grande échelle au pays, qui font des ravages à Marrakech…

    Le Makhzen a abandonné des milliers d’enfants et de mineurs marocains à quelques kilomètres, en Espagne dans des orphelinats gérés par des cathos et il ne veut même pas les reconnaitre en tant qu’enfants marocains tout simplement et cela sans bien sûr les récupérer ! Alors ces enfants abandonnés en territoire étranger sous la souveraineté d’un pays majoritairement à tradition chrétienne ne sont pas une proie facile à tous les prosélytismes et les croyances qui existent, ils ne sont pas une proie facile à tous les endoctrinements et les sectes qui existent, ils ne sont pas une proie facile à toute les pratiques immorales et horribles qui existent de l’abus sexuel jusqu’à la pédophilie ecclésiastique qui fait comme vous savez ces derniers jours la Une de la plupart des médias et de la presse du monde ?!

    Arrêtez de prendre les citoyens de ce monde pour des cons ! Arrêtez de vous moquer de toutes les intelligences de cette planète… que vous ne faites que polluer par vos délires pour justifier vos conneries ! Les gaffeurs du Makhzen n’agissent jamais par la raison mais souvent par l’humeur comme en témoignent les multiples gaffes diplomatiques et à répétition ces dernières années (Affaire Aminatou Haidr, Affaire de l’Ambassade de Venezuela, Affaire de l’Ambassade d’Iran,…)… Cherchez donc les raisons ailleurs ! Et je me demande quel est le but recherché dans cette expulsion lorsque on sait que le Makhzen fait très attention quand il s’agit de ressortissants occidentaux par crainte que ses maîtres s’énervent et lui tirent les oreilles !

    Quant au prétexte du prosélytisme… il faut dire qu’il existe des millions de marocains immigrés installés depuis des années dans les différents pays du monde à majorité chrétienne, est-ce qu’on a entendu que leurs progéniture était victime de prosélytisme ou de quelconque persécution morale ou religieuse ? Non !

    Et si demain ces pays comme les Pays-Bas voire l’Europe toute entière s’y prendraient de la même manière aux religieux du Makhzen au prétexte qu’ils endoctrinent les petits enfants néerlandais ou européens de la descendance dite marocaine ?

    Le Makhzen sponsorise et envoie en Europe des centaines de fqihs sous-développés, conservateurs archaïques, analphabètes au sens strict de l’internet et des NTIC, pour encadrer les milliers de ressortissants marocains ou de citoyens européens d’origine marocaine éduqués à l’esprit cartésien, à la vie démocratique et à l’école laïque européenne,… ces imams prêchent un islam moyenâgeux complaisant qui ne fait que de la propagande au régime makhzénien pour justifier sa légitimité religieuse en s’appuyant sur des textes coraniques et prophétiques interprétés complaisamment ! Et si les pays européens où la religion chrétienne est majoritaire, feraient pareil en expulsant tous le imams et les fqihs qui prêchent l’islam makhzénien en ciblant les enfants d’origine marocaine devenus citoyens européens des Etats laïcs ?!

    Ceci pour dire au Makhzen d’arrêter d’user dangereusement de la religion et de la liberté de conscience et de l’innocence des enfants pour justifier sa légitimité et sa politique despotique inspirée des fables mystiques ! Qui a dit que la religion n’est pas l’opium du peuple ?!

    Et que sont devenus maintenant ces enfants abandonnés, puisque comme tout le monde le sait, ils ne peuvent pas compter sur la bienfaisance d’un Etat qui a démissionné socialement depuis longtemps ni sur ces Oulémas de couscous qui ne savent que faire la parlotte ! Enlever l’affection, la tendresse à ces enfants revient à briser non seulement leur enfance mais aussi leur avenir.

    Il faut exiger d’abord la dignité pour ces enfants sur cette planète Terre avant d’espérer un hypothétique paradis sur une autre planète. La dignité sur Terre vaut mille fois une dignité improbable dans l’au-delà !

  11. Et que sont devenus maintenant ces enfants abandonnés, puisque comme tout le monde le sait, ils ne peuvent pas compter sur la bienfaisance d’un Etat qui a démissionné socialement depuis longtemps ni sur ces Oulémas de couscous qui ne savent que faire la parlotte ! Enlever l’affection, la tendresse à ces enfants revient à briser non seulement leur enfance mais aussi leur avenir.

    Il faut exiger d’abord la dignité pour ces enfants sur cette planète Terre avant d’espérer un hypothétique paradis sur une autre planète. La dignité sur Terre vaut mille fois une dignité improbable dans l’au-delà !

  12. @IK:

    > "1. La structure même de l’article 18 est assez classique en matière de dispositions de traités des droits de l’homme: un ou deux alinéas posant le principe général, et un ou deux alinées énoncant les dérogations autorisées. Donc, une action violant le principe général mais autorisée selon les dérogations justifiées sera conforme au traité. Dès lors, un acte contraire au principe général de liberté religieuse – comme ici – pourra néanmoins être conforme à l’article 18 s’il entre dans les dérogations autorisées aux alinéas 3 et 4 dudit article."

    Vrai.

    > "2. Ils le sont pourtant en droit marocain, applicable en l’occurence."

    Et c’est une aberration. Il faudrait parler d’enfants de Musulmans. Un enfant n’est pas plus Musulman, qu’il n’est néo-con ou Nazi.

    > "3. No offense au pasteur Wald ou à toi, mais je cherche généralement à comprendre les mots selon leur sens commun. Parent signifie donc parent selon l’usage commun de ce mot, et non personnel d’orphelinat."

    No offense to you, mais il te faudrait ouvrir un dictionnaire Anglais.

    "A parent is a caretaker of the offspring in their own species. In humans, a parent is the mother or the father figure of a child"

    > "4. Ce qui me gène dans l’article 220 c’est fondamentalement la discrimination envers le prosélytisme pouvant viser des enfants ou personnes en situation de faiblesse non-musulmans. Pour le reste, il me paraît bien équilibré."

    J’espère que c’est du sarcasme.

  13. Azul,

    voici un témoignage et république très intéressante d’une marocaine concerner par ce sujet sur l’article de Monde de 05-04-2010 (http://www.lemonde.fr/afrique/article/2010/04/05/expulses-pour-proselytisme_1328947_3212.html),

    LEMONDE.FR | 08.04.10 | 18h30
    Expulsion de chrétiens du Maroc : et si l’intolérance n’était pas là où l’on croit ?, par Latéfa Bousdraoui-Lorant

    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/04/08/expulsion-de-chretiens-du-maroc-et-si-l-intolerance-n-etait-pas-la-ou-l-on-croit-par-latefa-bousdraoui-lorant_1330831_3232.html

    Amazighement,
    Le Riflandais

  14. Latéfa Bousdraoui-Lorant avance des choses sans la moindre preuve et ses déclarations sont subjectives. Historienne comme elle se prétend, elle omet de dépersonnaliser son discours et ne pas relater des anecdotes personnelles pour justifier son accusation de secte.

    LBL est peut etre un fake !

  15. lixy: 2. Ben si, tant la Convention relative aux droits de l’enfant que le Pacte international des droits civils et politiques donnent aux parents le droit d’élever leurs enfants selon leurs convictions et historiquement ce principe n’a été contesté que par les régimes les plus totalitaires – URSS sous Staline, Allemagne nazie, Corée du Nord, Albanie. Par ailleurs, l’irreligion ou la non-appartenance religieuse n’est pas idéologiquement neutre et je ne vois pourquoi il serait dans cette perspective moins choquant de considérer l’enfant sans religion qu’avec une religion donnée, celle dans laquelle il est élevé par ses parents. Sauf à vouloir abolir la cellule familiale je ne vois guère d’autre alternative. La prise en compte de l’origine religieuse de l’enfant est d’ailleurs non seulement permise mais obligatoire en matière d’adoption internationale (article 16 de la Convention de 1993 sur les adoptions internationales – http://www.hcch.net/upload/conventions/txt33en.pdf ).

    Quant à ta comparaison fortuite sans aucun doute entre musulman et nazi, laisse ce type de commentaires à tes passages sur des blogs citoyens, merci d’avance.

    3. La présomption est la mère de l’ignorance semble-t-il. Tu cherches à démontrer que le terme parent désigne dans son usage courant également les employés ou bénévoles d’orphelinats ou "caretakers" (j’imagine que le personnel d’une crèche pourrait aussi être considéré comme caretaker et donc parent). Tu montres une citation non sourcée en ce sens. Je ne compte pas faire une étude lexicologique exhaustive de la question pour te montrer que le sens commun de "parent" désigne les père et mère biologiques ou adoptifs, voire les tuteurs légaux, mais pour être convaincu de la supériorité de ta compréhension du terme "parent" en langue anglaise, qui incluerait le personnel d’orphelinats et pourquoi pas de crèches, je te demanderais une étude comparative exhaustive par le biais des dictionnaires généralistes ou spécialisés de langue anglaise. Fair deal I think.

    4. Du tout. Le choix de prohiber l’utilisation de manoeuvres exploitant la faiblesse et le dépendance matérielle de certaines personnes dans le contexte bien délimité par l’article est un choix parfaitement défendable, y compris par rapport aux critères admis en la matière par la Cour européenne des droits de l’homme, qu’on ne peut guère accuser de tropisme religieux. Le point génant dans la rédaction actuelle de l’article 220 du Code pénal c’est la discrimination opérée entre l’islam et les autres religions.

  16. Désolé pour les quelques fautes d’orthographe ici et là dans mes posts…

    Décidément à la place de « décidemment » même si cette orthographe incorrecte donne plus d’accent et de ton à mes propos !
    __________

    Effectivement, il ne faut pas prendre pour argent comptant le témoignage de cette dame historienne pour cautionner la version officielle ou pour avaliser la conduite du Makhzen dans cette affaire… sans un procès équitable…

    Moi-même, j’ai évité de mentionner ma propre expérience avec les services caritatifs chrétiens plutôt catholiques pour ne pas personnifier le sujet… :

    J’étais hospitalisé enfant âgé de 7 ans dans un service pédiatrique d’un hôpital public au nord du pays qui était géré complètement de A à Z par des sœurs [ Monjas, Hermanas ] médecins et infirmières catholiques… et pendant mon séjour qui a duré environ un mois, je n’ai jamais eu l’impression d’avoir été détourné de la foi, de la croyance de ma propre famille ni vu que mes camarades vétérans de ce service étaient détournés de la leur…Au contraire ces Monjas, Hermanas nous traitaient avec humanité et intelligence sans ébranler un gramme de notre foi ni de nos coutumes, elles nous prenaient vraiment comme leurs propres enfants et jusqu’à aujourd’hui j’en garde que de bons souvenirs…

    Et à l’époque toutes les œuvres caritatives et pédiatriques étaient gérées et financées par la mission catholique, de l’orphelinat à la pédiatrie et jusqu’à la Croix Rouge [Cruz Roja]… et d’ailleurs impeccablement !

    Ils ont abrité, élevé, éduqué et formé de nombreux enfants filles et garçons qui sont devenus aujourd’hui de bon citoyens et de bonnes citoyennes. On trouve parmi elles, parmi eux, ceux et celles qui sont devenus médecins, professeurs, ingénieurs…et autres…

    Allez voir maintenant comment sont devenus ces services une fois tombés dans les mains du Makhzen et de ses agents ?!

    La saleté, la gabegie, la misère, … la faillite totale qui sautent aux yeux à première vue, et ne parlons pas de la maltraitance des pensionnaires, malades, enfants…, de la corruption qui sévit honteusement dans ces lieux pour recevoir les moindres soins, pour bénéficier des services pourtant publiques et gratuits,… des détournements endémiques de budgets et de biens de ces services qui vont de l’alimentation et des médicaments jusqu’au matériel et aux instruments de travail !

  17. Effectivement, il ne faut pas prendre pour argent comptant le témoignage de cette dame historienne, pour cautionner la version officielle ou pour avaliser la conduite du Makhzen dans cette affaire… sans un procès équitable…

    Il y a certaines têtes simplistes à l’image du Goebbels du Makhzen, Khalid Naciri, qui ne cherchent qu’à manipuler, manœuvrer grotesquement pour sauver la face; elles mettent en avant que l’expulsion arbitraire des membres de cette association caritative chrétienne sans passer par la procédure judiciaire, a été voulue pour éviter un procès qui aurait débouché inévitablement sur des peines de prison !!!

    Et où sont passés alors l’indépendance de la justice et l’Etat de droit que nous rabâche le Makhzen jour et nuit !

    Ils se mêlent les pinceaux pour justifier la bourde du Makhzen !

    Même si cette procédure administrative d’expulsion existe bel et bien dans certains pays, elle ne concerne que les étrangers qui ne possèdent pas le titre de séjour et elle est exécuté selon une procédure bien déterminée et précise, édictée par des lois claires et sous le contrôle de l’autorité judicaire !

    Franchement leurs bassesses les mènent jusqu’à justifier l’injustifiable : la loi de la jungle !

  18. @IK:

    2: N’étant pas religieux, cette notion d’enfant musulman, bouddhiste ou athée me révolte. C’est tout simplement immonde d’un point de vue éthique.

    Et pourquoi ma comparaison serait est elle fortuite? Une idéologie est une idéologie.

    3: Fair enough. I cited wikipedia because it’s convenient and comprehensive. But if you prefer regular dictionaries, I could just as easily quote the American Heritage Dictionary:

    "Parent: One who begets, gives birth to, or nurtures and raises a child; a father or mother."

    It’s fairly straightforward. Just concede the point and move on. I don’t need to remind you that you’re the one accusing the guy of trickery. You’ve got zero evidence of his lack of good faith, but you resort to unfounded semantics arguments and consider him guilty until proven otherwise. You took the word’s meaning in other languages and extrapolated it to English. That’s not how it works.

    4: Tout est défendable (Mr. le Juriste!) même les lois les plus abjectes.

    Permet moi de t’expliquer ma position sur l’article 220. D’abord, je ne considère pas la conversion (apostasie?) comme un mal. Et le statu social de la personne convertie importe peu. Je me fous bien de ce que la Cour Européenne en pense.

    Ensuite, ce que tu traites de simple "discrimination" est une chose fondamentale de cette loi. Le Maroc est un état musulman (PC for Islamic), et cette discrimination est inhérente a l’Islam et en est indissociable.

    La vérité blesse. Je sais.

  19. ilyass, Citoyen: je vous trouve sévère pour l’historienne marocaine car elle a l’avantage sur nous d’être du village en question et d’avoir des informations complémentaires que nous n’avons pas. Je ne sais pas si on peut parler de comportement sectaire dans le chef de Village of Hope, ce terme étant vague mais elle tape dans le mille avec cette phrase:

    "Les enfants étaient encadrés par des chrétiens évangélistes ayant statut de parents, non de parrains ou d’éducateurs".

    Elle devrait plutôt écrire "se donnant le statut de parents", alors même qu’ils étaient dans l’impossibilité de l’obtenir légalement, ce qui me semble peu conforme avec le comportement habituel dans les orphelinats ou équivalent, dans l’intérêt bien compris des enfants.

    lixy: je ne vois rien d’immonde d’un point de vue éthique sur les enfants soient musulmans, marocains, arabophones ou suédois, laestedianer et parlant le tornedalsfinska parce que leurs parents ou leur environnement le sont également. – l’âge de raison leur donnant toute latitude d’accepter ou de rejeter ces identités. Tu donnes à tes préférences personnelles une qualité abstraite et universelle qu’elles n’ont pas.

    As for the parent issue, you are the one arguing that the definition of parent encompasses employees or volunteers at an orphanage and the use of the word "parent" in the context. I still maintain that parent in the common usage of that word implies a biological/legal link between adult and child. If you can provide proof of a common usage of the term parent as designating nurses or orphanage employees/volunteers, feel free to do so.

    Abjecte? Pour toi, mais peu m’importe cela en fait. Tu moralises tel un prédicateur mais tu es incapable de raisonner ou d’argumenter autrement que par imprécations. Je maintiens quant à moi que l’article 220 du Code pénal, sous réserve de l’aspect discriminatoire bien évidemment, n’a rien de contraire aux principes développés en matière de liberté religieuse ou de protection des droits de l’enfant. Il incrimine ce que l’on appelle en termes du droit de la concurrence un abus de position dominante sur des personnes en situation de faiblesse matérielle ou autre. Certains législateurs l’incriminent, d’autres non, mais c’est un choix législatif qui n’outrepasse pas les limites de l’acceptable en matière de liberté religieuse.

  20. - les liens avec les familles d’Aïn Leuh étant quasiment inexistants.

    il apparaît clairement que ce Home fonctionne comme une secte, le discours sur l’idéal de pure charité chrétienne ne servant qu’à faire illusion.

    >> IK

    On ne peut pas etre d’accord sur les assertions sus-mentionnées car elles sont fausses et diffamatoires et si on se refére au travail de la journaliste d’Akalay de Telquel, on y lit :

    “L’orphelinat était géré par des familles étrangères, installées dans la région depuis longtemps. Tout le monde savait qu’ils étaient chrétiens et ça ne semblait poser aucun problème”, témoigne le président d’une association de la région. Ces familles prenaient en charge des enfants abandonnés, confiés à l’orphelinat soit par leur mère (célibataire), soit par les autorités.

    “Les enfants suivaient le programme d’enseignement du ministère, et avaient donc des cours d’éducation islamique. Les professeurs étaient musulmans. Et quand ils rentraient chez eux, les enfants baignaient dans un environnement chrétien”, explique l’une des éducatrices. Les employés étaient majoritairement musulmans. “Les familles chrétiennes n’ont jamais cherché à nous convertir. Pendant ramadan, elles évitaient même de manger et de boire devant nous par respect”, poursuit l’éducatrice.

    “Tout le monde était bien content que nous prenions soin des enfants abandonnés”, estime Chris Broadbent, l’un des expulsés.

    Depuis ces expulsions, plusieurs sources rapportent que le ministère aurait exercé des pressions sur les représentants des Eglises catholique et protestante du Maroc afin qu’ils émettent un communiqué vantant la tolérance du pays.

    http://www.telquel-online.com/416/actu_maroc1_416.shtml

  21. ilyass: Ce n’est pas faux, on peut simplement constater que l’éducatrice travaillant pour Village of Hope a une meilleure opinion d’eux que la prof d’histoire originaire du village. Et ce n’est certainement pas diffamatoire mais constitutif de différences d’opinions légitimes. Je pourrais aussi te renvoyer aux propos du président de l’Eglise évangélique au Maroc, Jean-Luc Blanc, qui n’avait pas l’air enthousiaste à leur égard.

  22. La question qui se pose est qui est la première personne ou le premier service qui a donné l’ordre pour incriminer ces personnes et exécuter ses expulsions sans procès équitable.

    1- Est ce que le palais royal ?
    2- Est ce que un service sécuritaire ?
    3- Est ce que un petit policier ?
    4- Est ce que un extrémiste caché quelque part dans les archives d’un ministère ?
    5- Est ce que ce gouvernement dirigé par un parti conservateur ?
    6- Est ce le Makhzen ?

    Personnellement je crois en la 4 et la 5.

  23. casazone: ta question est d’une simplicité déconcertante, puisqu’il suffit de se demander qui en dernière instance commande la politique sécuritaire au Maroc et plus particulièrement l’intérieur (Cherkaoui), la justice (Me Naciri) et la communication (l’haj Naciri).

  24. @IK:

    Tu compares l’usage d’une langue ou une nationalité a une religion, et c’est bien le problème. Une langue n’est pas une idéologie. Un passeport non plus. Une religion telle que l’Islam est idéologique jusqu’à l’os. Et d’un point de vue éthique, il est immoral de qualifier un enfant de musulman. Encore plus lorsque la religion en question empêche (violemment) toute conversion du-dit "enfant musulman" vers une autre religion (ou non religion).

    I gave you a quote from an authoritative dictionary for American English that unambiguously shows that the people taking care of the kids in the Atlas qualify as parents. You refuse to accept that it is the way the term is used in English and you still claim it was "absolument faux, abusif et trompeur". There’s clearly no reasoning with you on the issue. You seem prepared to hold on to whatever "common usage" you consider to be the right one even if a dictonary contradicts that. So much for presumption of innocence.

    You shamelessly invoke "les limites de l’acceptable en matière de liberté religieuse" to justify article 220. This is nothing more than lawyer limbo and you know it. Any place with a half-descent legislation surrounding freedom of religion would never tolerate this "ebranlement de la foi" crap law you’re defending.

    But then again, your religion tells you it’s right. So in your mind, it has to be. You start there and work your way around it. Nothing new under the sun.

  25. lixy: tu affirmes toujours, sans démontrer. Il n’est pas plus immoral de dire qu’un enfant est musulman que de dire qu’il est irreligieux.

    As for your authoritative quote, may I remind you that you intended to prove that the term parent applied to volunteers/employees in/of an orphanage. Am I unreasonable if I say that in my humble view, you haven’t discharged your duty to prove your far-reaching assertion? if your definition would be accepted, parent would encompass everything from nannies to daycare attendants… But then I’m not sure to what extent it is meaningful discussing this any further.

    About article 220: surely you mean linguo instead of limbo, which you will be interested to learn has religious overtones. While I’m not sure to what extent you’re interested in a legal reasoning on this, I think I have asserted that criminalising proselytism targeting people in a situation of dependency would fit the bill.

    As for twisting the facts around one’s opinions, that sounds right up your street.

  26. Je considère que l’Islam n’est pas exclusivement sunnite ni typiquement marocain.
    L’Islam de nos jours est devenu une religion universelle(patrimoine universel acquis)de même que tout ,ce qui se rapporte à l’entendement..la foi est une question personnelle.Reconnaitre l’existence de Dieu ou la nier où est le mal que ça pose pour la société marocaine?.C’est l’extremisme unique et l’idéologie unique qui poussent les gens à la haine raciale.Le fachisme le nazisme,l’islamisme radical.Le monde n’en veut plus.
    Et puis les Etats Unis ont droit d’envoyer ses citoyens dans les pays arabes car ils n’ont pas encore oublier ces milliers de morts tues en 2001 par des citoyens opprimés vivant dans des Etats arabes qui ne peuvent pas partager le pouvoir sauf par un coup d’Etat.
    La terre est devenue un village planétaire sans frontières économiques où tous les individus sont considérés comme frères et soeurs partageant le même sort..
    L’Eta marocain n’a aucun alibi à avancer afin d’expulser d’une manière inhumaine des associations huimanitaires qui luttent contre l’analphabétisme galopant dans le pays ,la marginalisatiuon.Ces campagnes du Moyen Atlas qui parlent tamazight et dont la constitution arabophone interdit la reconnaissance de l’amazigh.Un amazighophone a parlé devant un tribunal du royaume dans sa langue maternelle et il a été condamné à trois mois de prison pour outrage à la langue arabe.
    Ce que les Nations Unis doivent retenir c’est que les Marocains vivent dans un Etat d’Aparteid.
    Pourquoi donc la bourgeoisie marocaine qui envoie ses élèves étudier dans l’Occident chrétien n’a pas peur que ses fils soient infestés par la foi chrétienne?
    Les Marocains ont assez de voir la bourgeoisie marocaine se sevir de la religion pour interdire aux démunis de se scolariser et devenir des cadres qualifiés.
    Regardons nos écoles à la campagne c’est catastrophique.Pas d’enseignement préscolaire.Les enseignants tjs absents
    Enfin il est à signalé que la foi musulmane est en général une version de la Bible et des apocryphes.Et j’encourage les Marocains dont la plupart igorants à lire la Bible. Moise Josephe Abraham c’est une photocopie.Adam…..
    Un Marocain dépense un dirham par an pour l’achat de revues et de journaux ,classé dernier quant à la connaissance des ouvrages religieux.

  27. @IK:

    > "Il n’est pas plus immoral de dire qu’un enfant est musulman que de dire qu’il est irreligieux."

    Bien sur que si! Il est infiniment plus immoral d’associer legalement un enfant a l’idéologie de ses parents que de l’en disassocier jusqu’à ce qu’il/elle se prononce sur ses propres convictions.

    Et le contraire de "dire qu’un enfant est musulman" n’est pas "de dire qu’il est irreligieux" mais plutot de "ne pas dire qu’il est musulman". Faut tout t’apprendre?

    > "if your definition would be accepted, parent would encompass everything from nannies to daycare attendants"

    Nope. Daycare attendants are not parents. Kids got a mum and/or a dad.

    You seem utterly ignorant of the subtleties of the English language.

    > "But then I’m not sure to what extent it is meaningful discussing this any further."

    One would expect you to take back your accusation of the pastor’s statement being “absolument faux, abusif et trompeur". Or, at the very least, tone it down. But you probably need to know the meaning of words like "absolument", "abusif" and "trompeur" to do that.

    The guy is a victim in this story. And you have the nerve to accuse him of lies and manipulation, just because you can’t be bothered to crack open a dictionary.

    If you had merely muddied the waters by speculating about the Pastor’s lack of good faith (pun!), I would have shut up. But no…you just had to go on about how outrageous it was (in your own words: “absolument faux, abusif et trompeur")!

    > "While I’m not sure to what extent you’re interested in a legal reasoning on this, I think I have asserted that criminalising proselytism targeting people in a situation of dependency would fit the bill."

    Ok. A child is a textbook "dependency". And if teaching kids about Jesus and the Bible is wrong, then surely it must wrong to teach them about Mohamed and the Quran! And yet, not only do you view the latter as a freedom, but you go as far as pin ideologies on kids. You’re so inconsistent that you removed the fun out of arguing.

  28. lixy: Oh dear. The shallower the arguments, the more strident the tone.

    "Il est infiniment plus immoral d’associer legalement un enfant a l’idéologie de ses parents que de l’en disassocier jusqu’à ce qu’il/elle se prononce sur ses propres convictions"

    Ce n’est pas vraiment comme ça que fonctionnent la plupart des pays, y compris non-musulmans, ni que raisonnent les conventions internationales, comme cité précédemment.

    As for the parent definition: if memory serves, you cited a definition of that term encompassing caretakers, invoking later on one that would include those nurturing a child. Now you’re backtracking and adding a further caveat. Hugely entertaining, but you’re still not answering the fairly simple question whether employees of or volunteers in an orphanage are called "parents" in common parlance.

    Turning to dear pastor Wald: while employees of and volunteers in an orphanage may possibly be termed parent in lixyland, the rest of the world would tend to hold a stricter view on this. As this post was turning on the legal aspects of the case, ruled by Moroccan law, and not on the philosophical musings of any random reader who might come across it, I utterly fail to see how "abusif, faux et trompeur" would be unfounded as an assessment of the claim that the expelled evangelists couldn’t be considered, in any shape or form, as the children’s parents in a legal sense of the word, as developed just after the quote that so incenses you.

    Why you go ballistic in his defense is puzzling: most quotes I cite are from Village of Hope, and they are more damning – "mother", "sisters", "families". Pastor Wald simply is one of several evangelical sources using the same inappropriate term.

    Lastly, you resort to a well-known ploy of school and varsity debates: rebutting an argument that has never been made. Riveting stuff, and as for inconsistency, I will humbly bow to your vast expertise.

  29. il est induscutable que ces missionnaires chretiens veulent
    convertir le maroc au christianisme.

    cela fait partie du nouvel colonialisme.dominer à distance,
    soumettre les pays africains et musulmans,et pour faqciliter cela, ils faut rpandre le christianisme.

    deja, les européens, surtout la france controle le maroc:
    l’economie marociane est dominéee par les francais,
    la culture et langue marocaine est devenue la seconde ,
    langue, destruction de la jeunesse notamment avec
    la prostitution des juenes filles. le maroc est devenue le premier pays exportateur de prostituee.

    le maroc est reduit à rester un etat eclave, soumis aux à la france.

  30. @IK:

    > "Ce n’est pas vraiment comme ça que fonctionnent la plupart des pays, y compris non-musulmans, ni que raisonnent les conventions internationales, comme cité précédemment."

    Ce qui n’en fait pas moins une pratique totalement immorale.

    "Tout le monde le fait" n’est qu’argumentum ad populum. Des siècles plus tôt, tu aurait peut être défendu l’esclavage au nom de la loi et de comment "fonctionnent la plupart des pays".

    > "As for the parent definition: if memory serves, you cited a definition of that term encompassing caretakers"

    I cited more than a definition. And yes, it encompasses caretakers that replace the role traditionally played by the mother/father.

    Don’t forget that you’re the one who accused the pastor of lies and deceit. The burden of proof has been on you all along.

    > "As this post was turning on the legal aspects of the case, ruled by Moroccan law, and not on the philosophical musings of any random reader who might come across it, I utterly fail to see how “abusif, faux et trompeur” would be unfounded as an assessment of the claim that the expelled evangelists couldn’t be considered, in any shape or form, as the children’s parents in a legal sense of the word, as developed just after the quote that so incenses you."

    I nicely explained to you that the pastor’s words shouldn’t be viewed in a legal context. The guy was talking to a journalist, not testifying under oath. Context is everything.

    Not only did you ignore that, but you also accused the man of trickery and lack of good faith. I pointed out, nicely again, that you know nothing of his intentions and that, technically, this guy qualifies for a descriptive such as "parent". That has nothing to do with lixyland. It’s grounded in every American English authoritative source.

    > "Why you go ballistic in his defense is puzzling"

    I went ballistic after you refused to acknowledge your lack of judgement when using the phrase “absolument faux, abusif et trompeur”.

    Kids torn apart from their caretakers because of fairy tales is outrageous. Going after one of the victims in this story and making him into the bad guy because he used a word you don’t fully understand is as low as it gets.

    > "most quotes I cite are from Village of Hope, and they are more damning – “mother“, “sisters“, “families“. Pastor Wald simply is one of several evangelical sources using the same inappropriate term. "

    Irrelevant to our discussion. Bash whoever’s using those "more damning" quotes. I

    Had the pastor said "father", we wouldn’t be having this argument. But he used the term parent, and you accused him on the basis of nothing more than your unwillingness to educate yourself in the subtleties of English.

    > "Lastly, you resort to a well-known ploy of school and varsity debates: rebutting an argument that has never been made."

    You claimed that "proselytism targeting people in a situation of dependency" is a crime in your eyes. I explained that the Moroccan state does just that day-in and day-out. And if it’s a crime to talk to kids about Jesus, then it surely must be a crime to talk to them about Mohamed, Jah, or the flying spaghetti monster.

    You see nothing wrong with teaching kids about Islam (, but get into prosecutor mode when it’s about Christianity. It’s disgraceful and I called you on it.

    Unable to take a clear position on the matter (if the victim had been Muslim, you’d have much less trouble taking sides!), you gloss over the state’s cruelty and try to paint the victim as the bad guy. You hide behind obsolescent laws and try to whitewash the religious labeling of children. Your timid denouncing of the discriminative clause in article 220, misses the point completely. It would appear that you know nothing about the Moroccan religion of the state. Or, more likely, you choose to ignore the discrimination indissociable from the latter.

  31. You leave words and facts twisted like leaves in the autumn wind. Hugely entertaining and fruitful as always. You reject legal context, both national and international, scorn precedents from human rights bodies and arbitrarily sift whatever facts suit your case. You repeatedly duck my straightforward request for precedents where oprhanage employees or volunteers would have been labelled parents. You assign me opinions I haven’t uttered. You mistake opinion for knowledge and ad hominem attacks for argumentation. And all of this is based on your personal sense of moral and ideological priorities, all of which would be very convincing if one gave them the same overwhelming importance that you obviously do. Can’t wait for further insights in your life and opinions.

  32. @I.K: "You leave words and facts twisted like leaves in the autumn wind."

    Oh please…spare me your two bit imagery. Style over substance might work on the people sacralizing a book of poetry, but I see right through your obfuscation and fallacies.

    Rationalize this disgraceful religious persecution with outdated laws all you want. At the end of the day, I’m certain that you realize its immorality, even if you wouldn’t admit it (or remotely touch the topic in the case of Morocco).

  33. lixy: I fear your reaction to this little effrontery of mine, but your supernatural powers must have failed you, however incredible it seems, as I confirm that I do not share your opinions here.

  34. @IK: "I fear your reaction to this little effrontery of mine, but your supernatural powers must have failed you"

    You’re projecting, dear. I don’t believe in the "supernatural". You do!

  35. Certainly not in yours!

  36. Je ne vois pas en quoi Jésus peut constituer un danger pour Mahomet au Maroc.Mon œil
    Tous deux ont vécu leur vie et ont donné leur opinion sur certains problèmes qui se posaient à leur époque.
    Nous sommes au 21siècle et l’État marocain a d’autres chats à fouetter au lieu de poursuivre ces pauvres chrétiens qui ont élu domicile au Maroc.
    A t-on jamais condamné les pilleurs des deniers publics?
    A t-on jamais responsabilisé les agents de répression gendarmes mokhazni policiers qui agissent en toute liberté pour les mascarades qu’ils commettent?
    A-t-on jamais mis fin à la lourdeur de notre administration?
    Pour un simple extrait d’acte de naissance,le citoyen marocain doit miser sur 6mois pour se l’acquérir?
    Et qu’à t-on prévu pour l’amélioration de notre système éducatif qui a misé son enseignement sur l’arabe classique moyenâgeux qui n’est parlé que dans la planète Mars?
    Et nos universités que leur a ton prévu?Elle sont devenues des centres de formation de chômeurs par excellence par manque de matériel didactique sophistiqué,de laboratoires;de recherches scientifiques sur nos rivières et océans polluées;énergie

    renouvelables?
    L’article 18 est clair,chaque individu marocain a droit de penser de contester.Car c’est à travers la critique raisonnée que tout citoyen peut évoluer
    Enfin communiquer c’est connaître la pensée de l’autre l’admettre et non pas la renier.Ahmed hayzoun

  37. eh, we je crois que la france controle l’economie marociane la culture et langue marocaine est devenue la seconde , malheuresement il y a pas gens, je dis bien les marocains (citizens) qui peuvent controler la situation.

  38. Cher Maître,

    J’aimerais vous poser une question au sujet du traitement juridique de la "diffamation des religions" au Maroc. J’ai fouillé le code pénal marocain en arabe et en français (articles 220-223 parmi d’autres) mais je n’ai rien trouvé, même pas au sujet du blasphème, si l’on excepte "l’atteinte à la religion islamique" (المس بالدين الإسلامي) dont parle la loi relative aux partis politiques, celle régissant le droit d’association et le Code de la presse (article 41). Y Y a-t-il peut être quelque chose qui m’échappe? Merci bien.

  39. [...] De manière plus polémique, l’article 220 alinéa 2 du Code pénal punit le fait d’ébranler la foi d’un musulman: est puni de six mois à trois ans d’emprisonnement l’emploi « de moyens de séduction dans le but d’ébranler la foid’un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins,soit en utilisant à ces fins des établissements d’enseignement, de santé, des asiles ou desorphelinats« . Seul le fait d’ébranler la foi d’un musulman est ici punissable – il est donc permis d’ébranler la foi d’un non-musulman par l’emploi de moyens de séduction en exploitant sa faiblesse ou ses besoins. J’en ai très largement parlé précédemment ici. [...]

  40. [...] protection en… on Le jugement vient de tomber: l…Quelle protection en… on Maroc: la position du missionn…aïsha q. on Les délices du droit maltais, …aïsha q. on links for 2011-01-05Abu Ilyás [...]

  41. [...] leur accord à l’organisation d’un concert public évangélique à Marrakech en 2006 pour expulser manu militari des dizaines d’évangélistes en 2010 sous une présidence Obama beaucoup moins prosélyte que celle de son [...]

  42. [...] leur accord à l’organisation d’un concert public évangélique à Marrakech en 2006 pour expulser manu militari des dizaines d’évangélistes en 2010sous une présidence Obama beaucoup moins prosélyte que celle de son prédecesseur. Plus [...]

  43. [...] leur accord à l’organisation d’un concert public évangélique à Marrakech en 2006 pour expulser manu militari des dizaines d’évangélistes en 2010 sous une présidence Obama beaucoup moins prosélyte que celle de son prédecesseur. Plus [...]

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