Le rapport de la Fondation Bouabid sur la stratégie économique du Maroc

Daté de juin 2010, et diffusé auprès de la presse marocaine en juillet, le rapport « Le Maroc a-t-il une stratégie de développement économique ? » de la Fondation Abderrahim Bouabid n’a toujours pas été jugé utile d’être diffusé à l’opinion publique marocaine via leur site. En attendant que cela soit fait, voici ici une version pdf de ce rapport:

Rapport fondation Bouabid sur la stratégie économique du Maroc

Je ne compte pas le commenter outre mesure, n’ayant pas eu le temps de le lire, et peux vous renvoyer aux posts de Mounir Bensalah et d’Omar Elhayani (un des membres du cercle d’analyse économique ayant rédigé le rapport) à ce sujet. Je noterais simplement une référence au nihilisme dans leur introduction, idéologie qui semble s’être désormais installée dans le paysage politique marocain:

Par ailleurs, le parti pris de cette contribution est de refuser toute vision manichéenne en rejetant le faux dilemme présenté aux citoyens sincèrement intéressés par la chose publique : applaudir sans réserve ou se retrouver accusés de  » nihilisme « . Autrement dit, nous sommes convaincus que la critique constructive et le débat d’idées sur la base d’une évaluation sans complaisance de la réalité sont essentiels à la mise en oeuvre d’une stratégie de développement efficace.

Je me contenterais de citer quelques phrases-choc de l’introduction:

Si le dynamisme du tourisme est à encourager et l’investissement raisonné dans des infrastructures utiles à développer, il n’en demeure pas moins qu’aucun argument économique sérieux ne justifie d’en faire l’alpha et l’oméga de la croissance économique. Quant au secteur de l’immobilier résidentiel, il s’agit là d’un secteur ne générant pas d’externalités économiques globalement positives. (p. 5)

Depuis le début des années 2000, nous n’avons pas réalisé de performances particulièrement exceptionnelles. Nous avons bénéficié, comme beaucoup, d’une conjoncture internationale favorable et en avons profité, mais pas mieux que nos concurrents, loin s’en faut. Le chemin à parcourir reste long : notre croissance demeure beaucoup trop faible, et nos indicateurs de développement humain insuffisants. (p. 5)

La première méta-contrainte est celle de l’économie politique du pays. Il convient tout d’abord de reconnaître qu’il n’y pas de relation empirique entre démocratie/autocratie et croissance. Pour le Maroc, après analyse, nous concluons que l’organisation politique est considérablement défavorable au développement économique car le pays est bloqué dans un équilibre politique stable de bas niveau qui ne permet de bénéficier pleinement ni des avantages économiques de la démocratie, ni de ceux de l’autocratie (dans la mesure où l’autocratie peut avoir des avantages économiques) :

(a) Le système électoral marocain favorise des coalitions hétéroclites au détriment de la cohérence.
(b) L’architecture gouvernementale est inadéquate. Elle semble régie par deux contraintes : (i) le mimétisme français et (ii) les impératifs de répartition des postes gouvernementaux.
(c) La multiplicité d’acteurs publics non gouvernementaux aux prérogatives étendues et échappant au contrôle gouvernemental et parlementaire.

Comment donc lever cette méta-contrainte d’économie politique ? A notre sens, seule une marche accélérée vers une démocratisation complète peut apporter un début de solution (en effet, nous excluons un retour en arrière autocratique pour des raisons philosophiques et morales qui paraissent par ailleurs faire l’objet d’un large consensus au Maroc). Bien entendu nous ne pensons pas qu’une démocratisation complète serait suffisante en soi pour transformer le pays en tigre nord africain. Notre raisonnement est simplement le suivant : il faut un système de gouvernance économique qui permette l’agrégation des préférences (quelles doivent être nos priorités ?), l’arbitrage entre des intérêts économiques parfois divergents (subventionner un producteur agricole ou un consommateur) et qui donne une légitimité claire à l’action publique surtout lorsque cela implique des transformations structurelles fortes et la lutte contre l’économie de rente. C’est là tout l’intérêt économique d’un système démocratique qui permet d’atteindre ces objectifs de manière pérenne et durable. (pp. 5-6)

La seconde méta-contrainte identifiée est celle que nous définissions sous le vocable générique (et quelque peu provocateur) d’analphabétisme économique. Celui-ci se caractérise par :
a) Une déconsidération des apports de la science économique : au Maroc, celle-ci n’est pas considérée à sa juste valeur. On note par exemple que la plupart des rares documents disponibles concernant les politiques publiques mises en oeuvre n’intègrent pas les concepts économiques les plus éprouvés tels que l’analyse du rapport  » coût-bénéfice « , l’évaluation rigoureuse des externalités (positives comme négatives) et des coûts d’opportunité, le calcul des taux de retours économiques des projets proposés, ou encore l’identification et l’analyse des options alternatives.
b) L’ignorance des leçons du passé : en l’absence d’instances et de programmes rigoureux d’évaluation des politiques publiques mises en oeuvre, nous manquons d’outils de décision et d’indicateurs nécessaires pour éviter la répétition des erreurs du passé. (p. 6)

La principale raison pour laquelle nous pouvons être optimistes est qu’il est tout à fait possible de lever les deux méta-contraintes que nous identifions comme la cause profonde de nos maux en deuxième partie de cette contribution.
A minima pour commencer, il serait possible :
a) D’exiger la transparence sur toutes les politiques publiques mises en oeuvre.
b) D’envisager que les responsables gouvernementaux exercent complètement leurs prérogatives.
c) D’imaginer un processus formel permettant d’organiser des débats sur les grandes
orientations économiques avant qu’elles ne soient figées dans un contrat programme signé devant le roi.
d) D’exiger surtout des dirigeants économiques d’inclure des indicateurs d’impact appropriés et des outils d’évaluation rigoureux de leurs politiques publiques… (p.7)

Pour conclure, une anecdote significative. Un haut responsable du ministère des finances se serait exclamé en souriant, à la lecture de ce rapport: « vous avez été timides sur la partie relative à la gouvernance économique« … Il n’y a de pire nihilistes que ceux du ministère des finances…

PS: Difficile de passer sous silence la prose makhzénienne de la Nouvelle Tribune, joujou de Fahd Yata, au sujet de ce rapport, dans un article intitulé « Le Maroc a-t-il une intelligentsia responsable ?« , dans lequel le journaliste semble confondre titre d’un rapport et postulat de base de ce qui est présenté comme « un pamphlet contre les politiques publiques et la voie de développement choisie par le Maroc » (on frôle l’atteinte aux sacralités):

Le rapport s’intitule « Le Maroc a-t-il une stratégie de développement économique ? ». Or, poser la question de cette manière revient à établir que ce n’est pas le cas. Pour les sceptiques, le sous-titre de l’étude est rédigé de la manière suivante : « Quelques éléments de réflexion pour un véritable décollage économique et social ». L’adjectif « véritable » reflète encore une fois un postulat de départ présenté à tort comme objectif. En un mot, pourquoi faire un rapport lorsqu’on a posé le problème comme insoluble ? Il y a clairement une question de démarche intellectuelle quant à la rédaction de ce pamphlet contre les politiques publiques et la voie de développement choisie par le Maroc. Car, s’il est clair que notre pays est loin de satisfaire à tous les critères d’un développement économique uniforme, constant et pérenne, on peut se demander pourquoi le rapport de la Fondation Bouabid se pare d’un ton moralisateur et négatif pour nous en faire prendre conscience.

L’auteur de l’article, Zouhair Yata, argumente en faveur de l’impossibilité de comparer les pays du point de vue économique, chaque pays étant unique:

A titre d’exemple, l’utilisation comme point de référence de la décennie 90 serait peu exigeante, celle-ci ayant « marqué le point bas de la croissance marocaine », les auteurs insistent sur le fait que la comparaison devrait être faite avec les pays concurrents du Maroc comme l’Egypte et la Tunisie qui ont réalisé de meilleures performances sur la même période. Un tel argument relève du travail de sape car il revient à affirmer que le fait que le Maroc se soit développé en comparaison aux performances réalisées dans le passé n’est pas recevable. Or, que les rédacteurs du rapport le reconnaissent ou pas, le fait est que le Maroc s’est considérablement développé depuis l’avènement de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en 1999 et cela grâce à des politiques publiques réfléchies et basées sur une vision de développement clairement établie. L’Egypte et la Tunisie, dont le développement économique peut être salué, ne partent pas du même point que le Maroc et s’il est nécessaire d’effectuer des benchmarks avec ces pays sur des indicateurs économiques pointus, il relève du bon sens que reconnaitre l’unicité des cas de développement économique de chacun des pays.

La première méta-contrainte identifiée est celle de « l’économie politique du pays » et on apprend que « le pays est bloqué dans un équilibre politique stable de niveau bas qui ne permet pas de bénéficier pleinement ni des avantages économiques de la démocratie, ni de ceux de l’autocratie ». L’argument parle de lui-même, mais il est intéressant de relever la position des auteurs du rapport sur ce point. Quel pays en développement est-il une démocratie établie à ce jour ? La démocratie n’est-elle pas également un idéal à atteindre tout comme le plein développement économique ? La vie politique marocaine en est à ses balbutiements non pas à cause de la forme du régime, mais, diraient d’aucuns, à cause de l’immaturité de la classe politique dont font partie certains membres de la Fondation Bouabid.

L’auteur de cet article termine sur une note de patriotisme assez symptomatique de la pensée makhzénienne:

Aussi, pour ce qui est de la sanction des politiques publiques marocaines, on continuera à se fier aux rapports des instances internationales telles que la Banque mondiale, le FMI ou la Commission européenne qui saluent, malgré certaines mises en garde et bémols, les performances d’un pays résolument tourné vers l’avenir, et qui s’active, quotidiennement, à préparer ces « lendemains qui chantent » que les auteurs du rapport se contentent d’attendre.

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12 Réponses

  1. AzUL cher miss n’kafka

    je te cite : «et peux vous renvoyer aux posts de Mounir Bensalah et d’Omar Elhyani (un des membres du cercle d’analyse économique ayant rédigé le rapport) à ce sujet.»

    ► ni bensalah ni El hayani ne sont dans la liste des membres du dit «Cercle d’Analyse Économique» dont voici le site :

    Les membres du Cercle d’Analyse Économique
    Fouad Abdelmoumni
    Najib Akesbi
    Omar Balafrej
    Ali Bouabid
    Amine Bouabid
    Yasser Charafi
    Khalid Elhariry
    Kamal El Mesbahi
    Najib Guedira
    Driss Rachidi
    Omar Rharbaoui
    Karim Tazi

    retour au sujet :

    ► sincèrement je ne vois pas vraiment un rapport avec des nouveaux self-index méthodologie scientifiquement sérieux .. c’est plus un power point plein de généralité sémantique qui essaient de ressemblent certains donnes par ici et par la ( certains sur donnée de la banque mondiale que je connais très bien sa mythologie de travaille sur le Maroc et la Tunisie ! ) puis les commenter avec des generalites qui vient de la littérature de l’école économique classique (voir leur bibilographie Akerlof George, 1970, The Market for Lemons : Quality Uncertainty and the Market Mechanism, Quarterly Journal of Economics !!)

    mais une analyse académique profonde d’expertises qui décrypte les pseudostrategies de l’Économie marocains surtous de gouvernement marocains (Jetto-Abibbas al fassi) avec tous sincérité et respect de leurs travaille je ne vois pas dans ces ca. 83 pages !

    Bref : je vais etre direct c’est vide ! que de text gaulois ! parler de tous et de rien ! cela me rappelle de pseudorapport millénaire de feu Maziyan Belfqih (Allah irhmo) aussi vide qui ne rapport rien que certains chiffres inexacte et des commentaires plus politiques, littéraire que scientifiquement analytique

    ► finalement un rapport d’expertise est souvent suivis par des recommandations avec des termes de références avec un langage simple :
    des propositions pour des solutions possible ! ce qu’est pratiquement absent dans ce document ..

    et le passage le plus pertinent de ce rapport reconnait cette impuissance de dénicher des solutions innovatrice ..

    ce passage on le trouve i dans ce pseudo-rapport je lis dans la page 83 , point 114 :

    je cite : «114. En conclusion de ce travail, nous souhaitons terminer sur une note optimiste et proposer quelques pistes de réflexion pour prolonger le débat. Mais précisons d’emblée que nous n’avons pas de recettes toutes faites à donner, et ce pour une raison quasiment philosophique : loin de
    la tentation technocratique, nous partons d’un principe de modestie bien établi maintenant en économie du développement. Le développement est un processus d’apprentissage et de construction institutionnelle. Personne aujourd’hui ne peut prétendre détenir la clé du développement économique du Maroc, car cette clé est détenue collectivement par les Marocains, leur classe politique, et leurs dirigeants économiques et administratifs.»

    pardent ! mais je ne vois pas sincèrement et avec tous le respect de team de ce rapport
    mais expliquez moi svp :

    qu est ce que vient ici faire cette « une raison quasiment philosophique» dans un rapport conçus pour faire l’évaluation de la stratégie de l’économie marocaine? c’est pas sérieux comme même c’est plus un text philosophique politiques que des textes compact qui décrit la situation et la solution.. Allah yarda alikom ! :-)

    ►sinon pour tous ceux et celles qui s’intéressent a un petit résume des bugs de l’économie marocains voici un dossier que je juge personnellement simple, incomplet mais très clair et tres bien fait que tout le monde peut comprendre même ceux qui n’ont jamais met les mains de la patte de ce sujet :

    le dossier et de la vie Eco : Les fragilités de l’économie marocaine

    ce que manque a ce dossier surtout c’est le sujet de Dihram (qui plus un piece de métallique ou un papier sans valeur réale que une devise sérieuse avec une valeur reconnue internationalement ) je ne sais pas pourquoi la Vie Eco n’a pas traite ce sujet tres important qui constitue plus que une fragilité c’est l’un des plus grandes problème patrimoine de l’économie marocaine !!

    vivement a conseillée : Les fragilités de l’économie marocaine

    http://www.lavieeco.com/economie/17322-les-fragilites-de-l-economie-marocaine.html

    une fois on connais ces fragilités de l’économie marocaine on peut facilement après grâce au chiffres et des nouvelles mythologies d’indexing a réaliser des études pour évaluer la stratégie économique de Abbas al fassi et avant lui jettou ! :-)

    ce n’est pas le problème de rapport qui manque sur le Maroc, mais de proposition de nouvelles solutions innovatrice originale exclusivement adepte pour une nouvelle stratégie économique marocaine, ou lieux de coper/coler des solutions -Jacques Attali – classique importes d’ailleurs qui sont plus pour résoudre les problèmes de l’économie française ! (voir Inde, Malaisie, Turquie Singapour , Sud afrique, bresile chaqu’un de ces pays a démontrer qu’il la capacité de développer des nouvelles stratégie économiques pour résoudre leurs problème contrairement a ce que fait le Maroc actuellement coper/coler de France)

    Amazighement,
    Le Riflandais

  2. Tu as absolument raison, Omar elHyani n’est pas membre de ce comité, je rectifie de suite.

    Pour le reste, encore une fois, je n’ai lu que l’introduction. Tu semble cependant plus sévère avec les auteurs du rapport qu’avec la situation économique marocaine…

  3. Element de débat supplémentaire sur ce rapport :

    http://www.telquel-online.com/434/edito_434.shtml

  4. AzUL cher Miss n’kafka,

    «Tu as absolument raison, Omar elHyani n’est pas membre de ce comité, je rectifie de suite.»

    ► Merci ! :-)

    «Pour le reste, encore une fois, je n’ai lu que l’introduction.»

    ► c’est pas grave ! parfois faute de temps j’avoue aussi que je ne lit que le «abstract» des publications et la conclusion

    « Tu semble cependant plus sévère avec les auteurs du rapport qu’avec la situation économique marocaine…»

    ► je ne pense pas que je suis sévère avec les auteurs, mais je suis peut être plus direct et moins diplomatique envers , je me suis concentrer sur le contenu et la méthodologie de ce rapport et j’essaie d’être le plus scientifique que possible mais sans s’intéresser au auteurs que sincèrement je ne les connais pas et j’ai tout le respect pour eux autant que personnes !

    pour la situation économique marocaine je n’e me suis pas de tous prononcer mon avis sur ce sujet car le sujet je pensais que c’était le rapport en sois et non pas la situation economique marocaine ,

    pour la situation économique marocaine mon constat qui ne date pas d’aujourd’hui mais des fin des années 90, et après gouvernement Jettou et actuellement Abas al fassi , je suis beaucoup plus pessimiste (plus réaliste ) dans mon constat sur l’économie marocaine que les auteurs de ce rapport !

    L’exploit au Maroc c’est l’élaboration des stratégies(pour décrocher des fonds/crédit/aides financieres internationales ) et non leurs mise en œuvre !

    Bref : les stratégies gouvernementales marocaine sont des utopies présenter avec des grandes titres emballer dans des très beaux design (infographiste font de bon boulot ) et avec une projection de durée de réalisation très loin (2013-2030-2050) afin d’éviter tout forme de juste-in-time contrôle, évaluation, et suivis des réussite /échecs de cette stratégies!

    ex. : stratégie 100.000 ingénieur ( upps on est déjà en 2010 ;-) ),
    stratégie 10 million de touristes (upps on est déjà en 2010 ;-) ),
    stratégie Plan ou Maroc Vert ( Maroc OGM —-2030 ! on dirait une stratégie agriculture de cccp = x-urss :D ) on se vera inchAllah dans 30 ans !

    aucune de ces stratégies n’a réussit et ne va réussir!

    si l’agriculture le premier secteur économique marocaine attends 2030 pour que le gouvernement termine son plan de stratégie Maroc-OGM dans ce secteur donc on a un très grande problème dans l’économie marocaine !

    je vais donner un exemple très simple mais qui illustre la situation alarmiste que se trouve l’économie marocaine :

    voici un graphe tjr de liens que j’ai donnée plus haut on vois clairement le déficit dans le balance dans l’exportation des biens(voir en rouge -36.8 milliards de DH !)

    http://www.lavieeco.com/economie/17324-les-fragilites-de-l-economie-marocaine-2.html

    voici la solution logique mais utopique que propose l’equipe de la Vie Eco
    je cite : Solution : améliorer les exportations de biens agricoles à forte valeur ajoutée.. Mais à quel horizon ces plans donneront-ils leurs fruits ? fin de citation

    or il faut attendre 2030 date de voir les fruits et le résultat de stratégie Maroc-Vert (maroc-ogm) !! ouuuf ghir balati ghir balati (doucement on a de temps !) :D !!

    voila juste des petits exemples qui montre non seulement la fragilité de l’Économie marocaine mais la fragilité de tous un système économique basée sur des stratégies projeter dans le future lointaine et non pas le présent et continue dans son idéologique sous le slogan :

    wa golo al 3am Zine !

    Amazighement,
    Le Riflandais

  5. Depuis le début du XIXe siècle le Maroc est sous la tutelle économique de la France. En clair, l’économie marocaine est sous la tutelle des firmes et des grands groupes financiers français ! Le Makhzen est constamment poussé par ces groupes français à la recherche de dettes pour satisfaire leurs carnets de commande… Et la suite on la connait : l’intervention du FMI et de la BM pour lui imposer des plans de rigueur dits d’ajustements structurels avec toujours les mêmes objectifs : réduire les dépenses publiques au détriment du développement socio-économique afin de dégager des ressources en devises pour satisfaire au service de la dette extérieure. Aujourd’hui celle-ci dépasse 65 % du PIB !!!

    La nature non-démocratique du régime makhzénien, autoritaire et corrompu, en recherche constante d’une hypothétique stabilité sociale et la mainmise de l’ancienne puissance coloniale ont constamment poussé le pays à l’extrême pour s’endetter : l’économie marocaine est ainsi devenue une affaire hautement rentable pour les vautours créanciers étrangers et hautement profitable pour les vampires privilégiés du régime makhzénien, mais elle s’avère incapable de réaliser des investissements suffisants pour le marché intérieur et de satisfaire les besoins de base d’une population en constante augmentation…

  6. Pour faire rire le monde entier y compris les néophytes comme les experts, le Makhzen réitère sa meilleure blague préférée :

    « Le Maroc réitère ses critiques à des indicateurs de développement du PNUD

    Le Maroc a critiqué vendredi le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour avoir « validé des études » sur l’indice de développement qui, dit-il, ont négligé les « efforts » du royaume en matière de développement humain.

    « Le Maroc constate que la validation par le PNUD des études comparatives de l’indice de développement humain (en 2010, ndrl), dénote d’un manque de rigueur et de professionnalisme », a déclaré le ministère marocain des Affaires étrangères dans un communiqué.

    Le Maroc avait déjà dénoncé en 2009 un rapport du PNUD dont des indicateurs l’avait placé à la 132ème place en matière de développement humain.

    En juin, le PNUD a toutefois déclaré qu’il ne changerait pas sa méthode de classement malgré les critiques du Maroc.

    « Le gouvernement marocain s’étonne, une fois de plus, de l’exploitation erronée de certains indicateurs censés mesurer les niveaux de développement humain à l’échelle mondiale tels qu’établis par des centres en relation avec le PNUD », a ajouté le communiqué sans préciser la nature de ces centres.

    Selon le ministère marocain, le PNUD a récemment approuvé « un indice multidimensionnel de pauvreté pour 2010 qui se base sur des indicateurs datant de 2004, soit une année avant le lancement au Maroc de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) ».

    « Comment le PNUD peut-il ignorer les sauts qualitatifs et quantitatifs indéniables et appréciables réalisés au Maroc depuis, justement dans les domaines pris en charge par ce nouvel indice comme l’accès à l’électricité, à l’eau potable, à l’éducation et à la santé ou encore à d’autres services et biens de base? », s’est demandé le ministère.

    Dans le rapport 2009 du PNUD sur le développement humain, le Maroc avait été classé en 130e position sur 182 pays membres de l’ONU, perdant trois places par rapport à 2008.

    AFP
    Dernière mise à jour : 20.08.2010 à 09:22 »

    Vraiment le Makhzen prend la grosse tête ! Dans ce cas il n’a qu’à refuser les dons et d’arrêter de quémander les multiples aides au développement ! Car c’est sur la base de ces données et de ces études du PNUD et d’autres organisations spécialisées de l’ONU que sont octroyées les aides au développement !

    Le Makhzen a rendu le Maroc la risée du monde !

  7. Malgré que le bilan dressé est tellement pauvre, visible à l’œil nu, le Makhzen veut s’afficher en héros ! Il a vraiment le culot de contester les classements et les données du PNUD… En tout cas du jamais vu ! C’est une première !

    A ma connaissance, il n’y a jamais eu auparavant de contestation de ces classement du PNUD de la part d’un quelconque pays tiers…!

    Il est difficile de masquer ses tares, ses multiples échecs, sa dure réalité à l’ère de la mondialisation et d’Internet ! Il suffit d’aller sur la toile et de cliquer sur n’importe quelle Organisation des nations unies et autres organisations indépendantes pour constater que le makhzen a profondément enfoncé le pays dans le sous-développement…

    Le développement est avant tout un état d’esprit qui refuse la triche ! Mensonges et manipulations sont les règles dans le fonctionnement des administrations publiques, aucune réelle transparence n’existe au pays… Et le Makhzen veut que cela soit pareil pour ces organisations qui sont transparentes et impartiales de nature !

    Le sous-développement est vraiment enraciné à tous les échelons de la structure du Makhzen et de la société ! Parmi les caractéristiques les plus récurrentes : analphabétisme chronique qui broie presque la moitié de la population, corruption à tous les niveaux hiérarchiques du système et de la société, détournements endémiques des deniers publics…

  8. @ Citoyen

    Spontanément, je ne peux qu’approuver chaudement tout ce que tu écris. C’est pitoyable de critiquer le concept même d’IDH juste parce que le Maroc n’arrive pas à être bien classé. L’image que ça renvoie de nous est à pleurer…

    Cela dit, je suis quand même troublé par deux arguments du ministère des AE :

    1. « Comment le PNUD peut-il objectivement endosser une comparaison internationale lorsqu’en 2010 on publie un  » indice multidimensionnel de pauvreté » sur la base de données établies en 2004 ?

    2. « Comment le PNUD peut-il prétendre cautionner un classement lorsque pour de nombreux autres pays, les données datent quand à elles de 2008 ? »

    … Elles ont beau être noyées dans un communiqué horripilant de démagogie et de mauvaise foi, ces 2 questions sont quand même pertinentes.

    … à moins que les données qu’elles présentent comme acquises (chiffres 2004 et 2008) soient tout simplement fausses, et que notre cher Makhzen ajoute la désinformation à la propagande. ça ne m’étonnerait pas tant que ça…

  9. Bonjour IbnKafka,

    Merci d’avoir pris la peine de lire mon article, mais vous auriez pu en faire autant pour le rapport de la fondation Bouabid. Par ailleurs, s’il est « Difficile de passer sous silence la prose makhzénienne de la Nouvelle Tribune, joujou de Fahd Yata » c’est aussi parce que nous sommes les seuls à avoir écrit un article de fond, après lecture du rapport. Je vous renvoie à cet égard aux articles du Matin du Sahara et de l’Economiste qui ne sont pas particulièrement reconnus pour leur position anti-makhzen. Enfin, je note avec amusement tout de même, qu’au Maroc lorsqu’on n’adhères pas au postulat selon lequel notre régime et notre système politiques sont des handicaps majeurs au développement de notre pays, on est taxé de « patriotisme assez symptomatique de la pensée makhzénienne ».
    Outre ses remarques, je tiens à vous préciser que j’apprécie votre démarche, car le développement du Maroc ne pourra se faire sans débat démocratique.
    Néanmoins, les remarques assassines de type « joujou de Fahd Yata » sont à proscrire pour maintenir une certaine illusion de sérieux. M. Fahd Yata, qui est journaliste depuis plusieurs dizaines années, est issu d’une tradition journalistique qu’il serait idiot de nier et dont très peu de journalistes peuvent se targuer.

    Cordialement

    Zouhair Yata

  10. Je n’ai effectivement jamais fait partie du Cercle d’Analyse Economique, ou participé à la rédaction du rapport!

  11. Bsr,
    Exemple de l’économie de rente que dénonce le rapport de la Fondation Bouabid: le secteur de la presse.
    Les ventes de l’hebdo La Nouvelle Tribune ne dépassent pas les 500 exemplaires en kiosques, alors que ce support profite de la manne publicitaire, venant surtout des entreprises publiques (RAM, ONCF, Crédit Agricole, etc..). LNTribune fait partie des voix bénies du makhzen avec ALM, MHI et Le Matin, etc…
    D’un autre côté on a des entreprises médiatiques qui ne sont pas en odeur de sainteté avec le Makhzen comme Al Hayat, le Journal, Al Jarida al oula et qui subissent un boycott publicitaire à cause de leur ligne éditoriale.

    @ Riflandais
    Tu trouves que le rapport n’est pas sérieux et manque de profondeur. Je ne partage pas ton point de vue. J’ai lu l’intro et l’intérêt de ce document me semble qu’il met doigt sur la gestion politique de l’éco marocaine.
    Pour une fois, des économistes ne nous affligent pas des tonnes de chiffres, on est loin de la dictature des chiffres et proche d’une réflexion sur le modèle dev que nous voulons.
    Une économie de rente basée sur deux béquilles tourisme et immobilier et de nombreux plans sectorielles qui feront du Maroc une grande Zone de libre échange ou bien un autre modèle?

  12. AzUL

    @citoyen :tu a bien fait de parler de PNUD vs. Maroc !

    et toujours a propos de PNUD vs. Maroc, les années que les rapports régionale de PNUD sur le Maroc n’étais pas critiquer par le Makhzen c était depuis 2003 jusqu’à a 2006..

    anecdote dans cette histoire en 2003-2006 le chef de PNUD régionale pour la région dit Arabe , c’est un poste politique et non pas expertise c’est dire le candidat est élu en Égypte dans les élections inter-arabes au Caire ..

    devez qui était alors le chef de PNUD régionale pour la region dit arabe dont le Maroc fait partie? ..

    une marocaine Najat Rochdi( parti socialiste marocain et fonctionaire de l’État marocaine ) c est elle qu’était élu comme marocaine en Caire dans ce poste de Regional Coordinator for the UNDP in the Arab Region pendant cette période !!

    aucun rapport négative de PNUD sur le Maroc pendant toute cette période !

    cherchez l’erreur ! ;-)

    Amazighement,
    Le Riflandais

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