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Un conseiller du Roi préside le "mécanisme de suivi" de la réforme constitutionnelle rédigé par une commission royale…

Bon, alors non seulement la commission royale chargée de rédiger un nouveau projet de constitution est-elle entièrement nommée par le Roi, non seulement son projet final sera-t-il soumis à "la haute appréciation" du Roi qui tranchera seul sur ce qui sera soumis ou non au plébiscite référendaire, mais en plus il y a un "mécanisme politique de suivi de la réforme constitutionnelle" présidé par un conseiller du Roi, le professeur de droit Mohamed Moatassime – la confiance règne.

On y lit par ailleurs dans ce compte-rendu un calendrier flou et allusif des travaux de la commission royale de révision constitutionnelle:

A cet égard, un consensus s’est dégagé sur le planning du travail de la Commission, dont (celui qui) consiste à recueillir des conceptions et des propositions et à organiser des auditions et des séances d’écoute de toutes les instances et les acteurs concernés, et ce à compter du 28 mars courant.

Quant aux partis et syndicats invités par le Palais, le PSU, le PADS et Annahj addimoqrati ont-ils été du nombre? Et sans offense, ce sont les associations qui sont les plus militantes sur la réforme constitutionnelle – quand et comment seront-elles consultées? Quid du collectif du 20 février?

Si avec toutes ces garanties d’indépendance vous n’êtes pas comblés, allez voir à Tindouf, Tel Aviv ou Téhéran si j’y suis.

Najib Akesbi: "Le Maroc n’est pas une exception, nous sommes dans la mêlée. Notre pays partage les conditions objectives qui ont mené aux révolutions dans les autres pays arabes"

Les habitués connaissent mon estime pour Najib Akesbi, le plus brillant économiste marocain, membre dirigeant du PSU – pour les autres, voici pourquoi – un entretien accordé par Akesbi à Ya Biladi Mag - florilège:

Je crois qu’il est illusoire et dérisoire de croire que nous pourrions gagner au malheur de nos voisins. Le Maroc n’est pas une exception, nous sommes dans la mêlée. Notre pays partage les conditions objectives qui ont mené aux révolutions dans les autres pays arabes : l’existence d’une jeunesse marginalisée, frustrée et désœuvrée, la crise économique, la mal gouvernance (autocratie, népotisme, corruption,…).

Les récentes mesures économiques prises par le gouvernement sont-elles une réponse efficace aux difficultés du Maroc ?
C’est le traitement du cancer par l’aspirine ! Ces mesures sont non seulement dérisoires et démagogiques mais elles peuvent même aggraver la situation. Augmenter le budget de la Caisse de Compensation de 15 milliards de dirhams, c’est faramineux quand on sait que ce fonds représente déjà près de 4% du PIB et plus de la moitié des investissements du budget général de l’Etat. C’est consternant quand on sait que pour l’essentiel, les dépenses de cette « caisse » profitent surtout aux riches et très peu aux pauvres qui le méritent vraiment. C’est encore révoltant quand on sait que les impôts qui financent ces dépenses sont à leur tour largement supportés par les couches populaires à travers les multiples taxes à la consommation et l’impôt sur les revenus salariaux.

Je suis économiste mais je suis convaincu que la première réforme économique dont le Maroc ait besoin aujourd’hui est d’ordre politique. Il faut un système politique qui permette l’émergence de programmes économiques négociés avec la population qui obtiennent la légitimité des urnes et soient mis en œuvre par un exécutif comptable devant le peuple.

Par exemple, le Roi a annoncé un renforcement du pouvoir du gouvernement. Très bien, mais quid du Conseil des ministres ? Aujourd’hui aucun projet de loi ne peut aller au parlement sans surmonter le « verrou » du Conseil des ministres, dont la réunion dépend de la seule volonté du Roi et de son agenda. Si ce Conseil reste en l’état, qu’est ce qui aura réellement changé ?

Renforcer l’indépendance de la justice ? Très bien. Concrètement, est ce que le Conseil supérieur de la magistrature va être présidé par un juge élu par ses pairs ou continuera-t-il à être présidé par le Roi ? Par ailleurs, l’élargissement annoncé des libertés individuelles – à commencer par la liberté de culte – doit être inscrit explicitement dans le texte de la Constitution, sans quoi il sera impossible de les protéger dans les faits.

Plus grave, depuis 40 ans les gouvernements n’ont cessé de mobiliser toutes les ressources du pays pour promouvoir un modèle de croissance tiré par les exportations. Ils ont notamment, au cours des quinze dernières années, signé une quantité impressionnante d’accords de libre échange, pour finir aujourd’hui par s’apercevoir que le résultat est catastrophique puisque, au moment où nos partenaires tirent le maximum des concessions que nous leur avons accordées, nous, nous en sommes incapables pour la simple raison que nous n’avons pas grand chose à exporter ! Au bout du compte, le commerce extérieur aujourd’hui plombe la croissance du Maroc au lieu de la promouvoir.

Avec le discours du Roi, les investisseurs marocains vont-ils reprendre leurs activités après cette période de flottement et d’expectative ?
Le message transmis est a priori positif, mais les investisseurs ne se décident pas à partir des discours. L’investissement est un « climat », notamment de confiance, et un climat de confiance ne se décrète pas.

Tiens au fait, je me demande ce qu’Akesbi pense de la revendication de la plate-forme protestataire du 20 février relative à l’embauche des diplômés-chômeurs dans la fonction publique…

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Le Maroc, une monarchie républicaine

Avec feu Hassan II, on a certes perdu Tazmamart et quelques autres désagréments, mais aussi un certain sens de la formule dans le discours officiel:

En 1972, selon certains auteurs, Hassan II aurait déclaré: " je suis décidé à faire du Maroc une monarchie républicaine". (in Mohamed Najib Loubaris, "Du politique et du constitutionnalisme dans la raison islamique", Rabat, 2007, p. 120)

Mais quelle république – la Finlande ou l’Algérie?

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