Comment commencer un article

Il y a quelque chose avec la presse anglaise (pas celle de langue anglaise, non, celle d’Angleterre). Le style et l’humour notamment, qui la distinguent de sa pataude consoeur étatsunienne, qui fait figure de bouseuse de province à côté. Par exemple cet article, dans le Daily Telegraph, qui est pourtant à la presse britannique ce que Le Figaro est à la presse française, du moins en termes idéologiques:

A good sex scene is surprisingly hard to find

Compiling a selection of erotic fiction has shown how rare highbrow hanky-panky is today.

Julian Barnes will be talking about sex on Radio Three next Monday evening. I am beside myself with excitement, since I’m forever scouring the schedules (fruitlessly) for a little light titillation amidst the Mozart and Shostakovich.

J’attends de voir Le Point (malgré les chroniques méritoires de Patrick Besson) ou Le Figaro me surprendre (et encore faudrait-il que je les lise).

La coopération stratégique entre le Maroc et Hawaii

Difficile de ne pas être étonné de la place faite à la "semaine de Sa majesté le Roi Mohammed VI" à Honolulu, Hawaii, qui doit tout à la fascination de Driss Guerraoui pour les déplacement officiels tous frais payés à Hawaii (s’il avait le même goût pour les déplacements à Alger, la question du Sahara serait probablement réglée à l’heure où nous parlons). Le Matin du Sahara y a consacré pas moins de neuf articles – en fait des dépêches de la MAP - en première page du 26 au 30 novembre, avec le contenu et le style nord-coréen qui distinguent sa production littéraire:

- "La Semaine de S.M. le Roi Mohammed VI à Hawaii: L’occasion d’explorer de nouveaux domaines de coopération «mutuellement bénéfiques»" (26 novembre);
- "L’État de Hawaï se met aux couleurs du Maroc: Les États-Unis saluent l’action de Sa Majesté le Roi Mohammed VI" (27 novembre);
- "«Semaine de S.M. le Roi à Hawaii»: S.M. le Roi Mohammed VI adresse un message aux participants" (28 novembre);
- "«La Semaine de S.M. le Roi à Hawaii»: Un véritable engouement pour le Maroc moderne" (28 novembre);
- "Accord de jumelage à Honolulu: Coopération bilatérale dans divers domaines" (29 novembre);
- "Artisanat: La diversité marocaine à l’honneur à Hawaii" (29 novembre);
- "Gouverneur de Hawaii: «S.M. le Roi Mohammed VI mérite un grand hommage»" (29 novembre);
- "Semaine de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Hawaï: Le Maroc chemine vers le progrès sous le leadership de S.M. le Roi" (29 novembre);
- "«Réformes mise en œuvre au Maroc»: La Première Dame de Hawaii, «très impressionnée»" (30 novembre)

Comme écrit précédemment, les rapports institutionnels entre le Maroc et l’Etat de Hawaii, un des plus petits de l’Union, sont le résultat de missions officielles à Hawaii menées dans différentes occasions par Driss Guerraoui depuis au moins 1999 – le seul point commun entre les missions officielles marocaines pour cet Etat depuis lors est la présence de Guerraoui. On peut se demander à quel coût pour le contribuable marocain ces missions – à l’apport immédiat inconnu - ont eu lieu, sachant que les délégations officielles ont à chaque fois mobilisé plusieurs dignitaires, sans compter leurs subordonnés, pour des périodes – vu les distances entre le Maroc et Honolulu – plus proches d’une semaine que de deux jours. Tenant compte des billets d’avion, séjours hôteliers et indemnités journalières déboursés à tout ce beau monde, il serait intéressant qu’un parlementaire demande au ministre des finances le coût détaillé des différentes missions officielles que dépêche le Maroc aux quatre coins de la planète.

L’autre point est la couverture médiatique accordée à ce voyage de jumelage rien de plus ordinaire, sinon la destination exotique et le coût disproportionné qu’elle a coûté au contribuable. Je passe sur la quantité – mais que dire du fond? Un gouverneur d’un Etat de Etats-Unis dit deux ou trois amabilités de circonstance sur le Maroc, sa femme de même, et ça nous vaut deux articles à la gloire de la marche du Maroc en avant dans le dialogue civilisationnel et le respect de l’Autre…

Que de mensonges dans ces articles – ce gouverneur, Neil Abercrombie, qualifié de "figure de proue du parti démocrate" (au moins a-t-il l’honnêteté d’avouer, tel un migrant sub-saharien refoulé vers la frontière algérienne, "depuis le moment où j’ai quitté le Maroc, je compte les jours pour y revenir" – encore un qui apprécie la diplomatie pastilla), que de niaiseries – ainsi l’épouse du gouverneur, dont on ignorait qu’elle fût une arabiste, et ses commentaires sur les réformes au Maroc ("Je suis impressionnée par l’approche de réformes mise en oeuvre sous l’égide du Souverain. Il n’y a rien de plus important"). Le bouquet semble cependant atteint dans cet article où le plumitif de la MAP parle d’engouement de la population hawaiienne pour le Maroc et ses réformes royales, oubliant sans doute qu’il n’était pas à Dakhla ou Khouribga (heureusement qu’il n’a pas rajouté foules en liesse ou attachement indéfectible au glorieux trône alaouite, le copier-coller aurait été éventé) mais dans un pays où l’habitant moyen n’arrive pas à placer la Russie ou la Chine sur la carte:

La Semaine de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Hawaii, qui se tient à Honolulu du 28 novembre au 2 décembre, révèle un véritable engouement de la population de cet Etat américain du Pacifique pour le Maroc moderne, ses réformes sous l’impulsion du Souverain, son histoire et sa culture, affirment des acteurs de la société civile et des responsables du gouvernement local de Hawaii.

Plus loin dans le même article on y lit ceci:

Pour sa part, Hakim Ouansafi, directeur du Département de l’Habitat au sein du gouvernement local de Hawaii et homme d’affaires dans le secteur de l’hôtellerie, d’origine marocaine, a relevé que la Semaine de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Hawaii intervient dans le sillage de l’adoption en 2003 par le congrès de Hawaii d’une résolution instituant le 18 septembre de chaque année journée du Royaume du Maroc. Ces deux démarches reflètent la place particulière qu’occupe le Maroc dans le coeur de la population de Hawaii, a-t-il dit.

Pas moins de 100.000 visiteurs sont attendus pour suivre les différentes activités programmées lors de la Semaine de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a poursuivi Ouansafi, établi à Hawaii depuis une quinzaine d’années.

Pour vous expliquer à quel point ce chiffre est invraisemblable, je vous rappelle que la semaine "de SM Mohammed VI" s’étend du 28 novembre au 2 décembre, soit sur cinq jours. Pour attirer 100.000 visiteurs, cela supposerait 20.000 visiteurs par jour, alors que la seule activité publique dont la MAP et Le Matin du Sahara aient parlé consiste en une petite exposition d’objets artisanaux de la région de Rabat. Et 20.000 visiteurs par jour, ce serait quatre fois plus que le nombre de visiteurs lors de la première des expositions Picasso ou Edward Hopper du Grand Palais à Paris…

Maison_Artisan

Cette semaine, le quotidien de propagande – chinois celui-là – s’est fait piteusement pièger par le journal satirique étatsunien The Onion, en prenant au premier degré une galerie de photos dans laquelle The Onion décernait le prix de l’homme le plus sexy du monde au grassouillet satrape nord-coréen Kim Jong Un. Pas de risque au Maroc: nos organes de propagande officielle font eux-mêmes leur propre satire.

La Semaine de S.M. le Roi Mohammed VI à Hawaii: l’oeuvre d’un homme, Driss Guerraoui

Être silencieux ou commenter? Voilà un cruel dilemme auquel je suis souvent confronté en suivant l’actualité marocaine. Un exercice constant d’humilité: qu’est ce que je peux apporter de plus à l’intelligibilité ou à l’interprétation d’une information, d’un fait ou d’une situation? C’est comme avec cet article du Matin du Sahara, sobrement intitulé "La Semaine de S.M. le Roi Mohammed VI à Hawaii: L’occasion d’explorer de nouveaux domaines de coopération «mutuellement bénéfiques»" (la page officielle est ici et, ça ne s’invente pas, cet événement a lieu au Royal Hawaiian Center), dans le style propre de cet organe de… presse.

Une semaine dédiée au Roi à Hawaii? Comment ne pas s’en réjouir? La taille de cet Etat et son rayonnement politique, économique et culturel ne permettent pas, sauf aux esprits les plus rétifs au sens national et à l’amour du drapeau, d’en discuter le choix. Comment nier le caractère stratégique de cette manifestation, alors que ses promoteurs étatsuniens – et néanmoins irréprochables - nous répètent qu’elle s’insert dans le dialogue stratégique Etats-Unis-Maroc? Notre quotidien national (quoique de propriétaire saoudien) se réjouit ainsi, via la MAP, de ce que les importations marocaines en provenance des Etats-Unis ont littéralement explosé – jamais le Maroc n’a autant importé des Etats-Unis, souligne-t-il ainsi fièrement et légitimement, faisant montre de la légendaire tolérance et hospitalité marocaine, heureuse de creuser son déficit commercial si ça peut faire plaisir à un Américain:

Le lancement, le 13 septembre dernier, du Dialogue stratégique Maroc-Etats-Unis intervient à un moment où les relations économiques et commerciales entre les deux pays connaissent un essor sans précédent, à l’image des relations privilégiées et historiques qu’entretiennent Rabat et Washington. En effet, le Royaume a fait son entrée, pour la première fois, au «Top 5 des marchés arabes» les plus importants pour Washington, avec un volume d’importations de produits américains dépassant 2,86 milliards de dollars en 2011, soit une hausse de 47% par rapport à leur niveau de 2010.

Le Maroc se positionne ainsi en quatrième position dans le monde arabe en tant que marché de deahmed hajjistination pour les exportations américaines en 2011, selon un classement établi par la Chambre arabo-américaine du commerce (NUSACC).

Etat de naissance du président Obama, Hawaii présente de fortes similitudes avec le Maroc, comme le savent les ethnologues et le gouverneur démocrate de cet Etat:

La Semaine de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Hawaii, qui se tient du 28 novembre au 2 décembre dans la capitale Honolulu, constitue «un événement très spécial pour Hawaii et sa population», a affirmé le gouverneur démocrate de cet État, Neil Abercrombie, dans un communiqué rendu public à cette occasion. «En tant que gouverneur de l’État d’Hawaii ayant servi dix-neuf années au Congrès des États-Unis, je me réjouis de l’opportunité que j’ai pu avoir pour connaître et aimer le Royaume du Maroc, tout en me félicitant des similitudes et des valeurs que nous avons en partage», a indiqué M. Abercrombie, qui a été élu septième gouverneur de cet État US du Pacifique en décembre 2010. Et de souligner que «la Semaine de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Hawaii constitue un événement très spécial non seulement pour moi, mais aussi pour l’État d’Hawaii dans son ensemble».

Le programme de cette manifestation paraît survolté et surchargé – jugez en – la signature d’un accord de jumelage, création de l’association d’amitié Maroc-Hawaii, signature d’un mémorandum d’entente avec la CGEM:

Un programme riche et varié a été élaboré à l’occasion de cette semaine qui sera marquée notamment par la signature d’un accord de jumelage entre la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer et l’État d’Hawaii, d’un mémorandum d’entente pour la création de l’Association d’amitié Maroc-Hawaii, ainsi que par d’autres accords relatifs, entre autres, à la formation aux métiers des sports de la mer, et à la promotion du partenariat en matière de tourisme.

Il sera également procédé à la signature d’un mémorandum d’entente entre la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et la Chambre de commerce d’Hawaii, et d’un autre relatif à la promotion de la recherche et de l’expertise entre East West Center et l’Association d’études et de recherches pour le développement [AERED].

La Semaine de S.M. le Roi Mohammed VI à Hawaii verra également l’inauguration officielle des expositions d’artisanat et de «la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer : passé, présent et futur», ainsi que la tenue d’un forum sur «les réformes politiques majeures, les droits de la femme et la modernisation économique au Maroc», en plus d’autres événements d’une grande portée symbolique et culturelle.

La présence de l’AERED rassure l’observateur impartial. AERED? me demandez-vous, ignorants que vous êtes. Ben oui, l’AERED, association présidée par Driss Guerraoui, qui se trouve aussi être, homme fort occupé qu’il est, secrétaire-général du Conseil économique et social et président de l’Association arabe pour la prévention sociale - sans compter qu’il prodigue ses multiples bienfaits également à l’international. Ca tombe bien d’ailleurs que cette association ait été présente, puisque les liens de son président avec Hawaii, à défaut d’être multi-séculaires, sont profonds: son CV rapporte ainsi qu’il a obtenu une distinction de la part de l’UNESCO (section de l’Etat de Hawaii) (1) en 2003. Des recherches plus amples nous informent qu’il a inauguré en 2004 "une stèle de la paix offerte par les jeunes de Hawaï" alors qu’il était "coordinateur national du Forum des jeunes marocains du 3-ème millénaire". On apprend par ailleurs que la mémorable deuxième édition du Congrès mondial pour la jeunesse avait eu lieu au Maroc en 2003, alors que la première édition avait eu lieu à Hawaii, l’inoxydable Driss Guerraoui étant par ailleurs déjà coordinateur national de cet événément. Fait considérable, alors que des esprits simples pourraient croire que les liens multiséculaires entre Hawaii et le Maroc dateraient simplement de cette semaine, ils datent en fait au moins de 2004, comme nous l’apprend une dépêche de la MAP de 2004: une "délégation marocaine représentant la Primature et l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT)" s’était alors rendue à Honolulu. La MAP précisait alors:

Cette visite entre dans le cadre d’une coopération qui a pris naissance en 1999 lors de la tenue, à Honolulu, du Millenium des Jeunes, et qui s’est consolidée en 2003 lors du Congrès Mondial de la Jeunesse qui s’est déroulé au Maroc sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI.

Je vous laisse deviner, mais les plus perspicaces d’entre vous auront compris: "La délégation marocaine, (…) était dirigée par M. Driss Guerraoui, Conseiller auprès du Premier Ministre…".

Mais, me demanderez-vous, rassurez-nous, Driss Guerraoui a-t-il également été présent à cette semaine de SM le Roi Mohammed Vi à Hawaii? Rassurez-vous, amis lecteurs: il l’a été, et de belle manière. Son talent de coordinateur, Driss Guerraoui l’a exercé de manière à combler les attentes, pourtant élevées vu la stature du personnage (et de sa pensée – "We have a popular monarchy"), de celui l’ayant nommé à ce poste:

La semaine de SM le Roi Mohammed VI à Hawaii traduit une forme nouvelle de manifestation de l’appui, joint à l’admiration pour ce que le Maroc entreprend sur le plan démocratique, des droits de l’homme, de la modernisation économique, du progrès social et de l’ouverture sur les cultures et les civilisations du monde, a souligné M. Driss Guerraoui, Coordinateur de ce grand évènement organisé, du 28 novembre au 2 décembre à Honolulu.

Cette semaine exprime aussi un degré supérieur du niveau atteint par le partenariat stratégique entre le Maroc et les Etats-Unis, construit par touches successives depuis la reconnaissance par le Maroc en 1777 de l’indépendance des Etats Unis, a ajouté M. Guerraoui, également secrétaire général du Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans un entretien à la MAP. (MAP)

Ce que des esprits superficiels estimeraient être une banale visite de jumelage à laquelle s’ajouterait un séminaire et un atelier d’artisanat, des esprits plus pénétrés du souffle de l’histoire – voire de la phénomènologie de l’esprit – savent en prendre la mesure, tel Hegel avant la bataille de Iéna voyant passer Napoléon Ier (« J’ai vu l’Empereur — cette âme du monde — sortir de la ville pour aller en reconnaissance ») et prévoyant la fin de l’histoire (Fukuyama n’a rien inventé). Sauf qu’avec Driss Guerraoui, ce n’est pas la fin de l’histoire, mais le commencement d’une nouvelle, du moins dans les relations entre Hawaii, la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaer et le Maroc d’un Roi et d’un peuple marchant résolument de l’avant – pensez, le Maroc s’honore désormais d’un consul honoraire le représentant à Honolulu, et d’une association dénommée Friends of Morocco in Hawaii fondée par ledit consul.

C’est à ces moments-là que l’humble observateur de la chose publique que je suis sent que son modeste travail n’a pas été en vain. Quel est le rôle de l’individu dans l’histoire? L’histoire est-elle structurelle ou évenementielle? Des questions déjà balisées par Hegel, Marx, Arnold Toynbee et Fernand Braudel, et à laquelle l’observation de l’oeuvre infatigable de Driss Guerraoui permet dapporter une réponse qu’on espère définitive. Car que seraient les relations Hawaii-Maroc sans son abnégation? Si Hawaii ne s’était pas trouvée sur le chemin de Driss Guerraoui, quid des relations entre Hawaii et le Maroc? Supposons que ce soit la Virginie occidentale et sa classe moyenne ou le Mississippi et son péril noir qui se soient placées sur son chemin, que serait-il advenu des relations Hawaii-Maroc? Combien de délégations officielles marocaines auraient-elles visité la Virginie occidentale ou le Mississippi? Et quid des relations maroco-étatsuniennes, qui ont commencé piteusement par la reconnaissance des Etats-Unis nouvellement indépendants par le Maroc en 1777, pour atteindre l’apothéose de cette historique semaine à Honolulu, selon les dires mêmes – "un degré supérieur du niveau atteint par le partenariat stratégique entre le Maroc et les Etats-Unis, construit par touches successives depuis la reconnaissance par le Maroc en 1777 de l’indépendance des Etats Unis" - de Driss Guerraoui?

Certes, il y bien quelque contribuable aigri pour relever que Driss Guerraoui fut déjà de la mission de jumelage Hawaii – Région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer au mois d’avril de cette année, blog officiel de la chambre des représentants de l’Etat Hawaii faisant foi (2). La délégation officielle marocain d’alors, il y a donc sept mois, était à la hauteur de l’enjeu – outre l’ambassadeur du Maroc aux Etats-Unis, étaient également présents l’ex-secrétaire d’Etat à l’intérieur Saad Hassar et Ahmed Hajji, l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du sud (dont on ignorait que les compétences géographiques recouvraient également Rabat, mais au diable l’avarice lorsqu’il s’agit d’aller à Honolulu défendre une cause nationale). Ne médisons pas: deux voyages par an à Hawaii aux frais de la princesse, ce n’est pas cher payé quand la coopération stratégique avec les Etats-Unis est en jeu. Et est-ce un hasard que quasiment chaque étape de la glorieuse histoire des relations bilatérales entre le Maroc et Hawaii - dont l’histoire chargée est brièvement résumée ici - aie connu la participation discrète mais décisive de Driss Guerraoui? Faisons le compte – en 1999, Driss Guerraoui dirigeait la délégation officielle marocaine au 1er Conrès mondial pour la jeunesse à Hawaii; en 2003, il coordonnait le 2e Congrès mondial se tenant à rabat, reçevant à cette occasion une importante délégation hawaiienne; la visite précitée de 2004; la signature du jumelage Hawaii-Rabat en mars 2012 et enfin cette historique semaine royale à Honolulu.

Napoléon I, pour revenir à lui, à certes créé le Conseil d’Etat, les lycées, le Code civil français, le Code pénal (toujours appliqué en Belgique) et convoqué le Grand Sanhédrin - mais de vous–à-moi, est-il populaire en dehors de Corse? Alors que Driss Guerraoui, sans faire couler de sang ni ruiner les relations extérieures du Royaume, réussit l’exploit – presque à bras nus – à créer des relations profondes entre Hawaii et le Maroc, moyennant quelques billets transatlantiques en première classe, quelques nuitées d’hôtel et quelques indemnités journalières. Mais, comme le dicte la sagesse populaire, on n’a rien sans rien.

Les ennemis de la patrie veillent cependant au grain: stipendiés par Alger, soutenus par Reporters sans Frontières, chiites clandestins ne jeûnant pas pendant le Ramadan et satanistes sionistes invétérés, certains groupuscules ont ourdi une sombre machination contre un policien hawaiien – de Honolulu plus précisément - natif de Casablanca, Michael Tarmoun, dont l’avis de recherche a été diffusé par Interpol. Ce brave garçon, marié, a été traitreusement piégé alors qu’il venait de secourir une prostituée désargentée et de lui offrir le gîte dans l’appartement de sa maîtresse (vous suivez?), allant jusqu’à lui offrir l’honneur de sa virilité ainsi qu’un billet de 5 dollars (une sadaqa sans doute). La prostituée n’ayant que peu apprécié cet honneur, le voilà qui fut condamné, encourant dix ans de prison pour viol. Heureusement, notre jeune héros a trouvé refuge au Maroc natal, et la patrie étant clémente et miséricordieuse, surtout envers les violeurs, il n’y a pas été inquiété par les autorités, d’autant qu’aucun traité d’extradition n’existe entre le Maroc et les Etats-Unis. Et les ennemis de la patrie en ont été pour leurs frais: rien de tout cela n’a entravé l’approfondissement historique des relations maroco-hawaiiennes.

Si toi aussi tu aimes voyager souvent avec tes copains pour Hawaii, fais comme moi, travaille pour le makhzen!

De cette semaine historique à Honolulu, on peut simplement déplorer l’absence remarquée et remarquable de la Fédération royale marocaine de jet-ski et de sport nautique ainsi que celle de Driss Ajbali. Dommage – pour Hawaii surtout, les Marocains ayant déjà le plaisir de mesurer l’étendue leurs compétences respectives.

(1) L’UNESCO est une organisation internationale, lesquelles n’ont pas de sections locales, tout au plus des délégations régionales (recouvrant plusieurs pays) , des bureaux ou missions de représentationauprès d’un Etat, ou des représentations permanentes (auprès d’autres organisations internationales). Il s’agit sans doute d’une section locale de l’association nationale US National Commission for UNESCO, ce qui n’est pas la même chose…

(2) Le site de la chambre des représentants de Hawaii reprend quelques documents à cet égard, dont la savoureuse liste des associations hawaiiennes ayant demandé que soit signé cet accord de jumelage, ainsi que les décisions de jumelage (ici et ici). Le gouverneur de l’Etat en parle ici.

Si toi aussi tu trouves le protocole royal marocain trop irrespectueux envers le monarque…

Depuis l’avènement de Mohammed VI, le baise-main tant décrié n’est plus vraiment obligatoire (à vrai dire, même du temps de son père il ne l’était pour certaines personnalités religieuses ou âgées), mais seuls ceux n’ayant aucun plan de carrière se paient le luxe de ne pas en faire au Roi. Malgré de beaux restes notamment vis-à-vis de Moulay Hassan, tout fout le camp, et il n’est guère étonnant que des gueux prennent les rues pour demander plus – Dieu merci, nos forces de l’ordre sont là pour y mettre le holà.

Je me suis dit que trop de liberté tue la liberté. Peut-être devrions-nous nous inspirer de la Thaïlande, où la monarchie n’est pas un vain mot et où le délit de lèse-majesté est sévèrement puni – non pas de cinq ans maximum comme au Maroc mais jusqu’à quinze ans, et où leurs autorités judiciaires ne craignent pas, contrairement au Maroc, d’enfermer des Occidentaux imprudents qui se seraient laissés aller à quelque nonchalance avec le respect dû au Roi…

Voici donc comment la premier ministre Yingluck Shinawatra, élue au suffrage universel dans un pays traversé par une révolte populaire dite des chemises rouges – pauvres et paysans menés par son frère Thaksin Shinawatra, ex-premier ministre déposé par l’armée – contre les chemises jaunes (proches du Palais), est amenée à exprimer publiquement et officiellement son respect pour son Roi et sa religion – puisse le Maroc en prendre de la graine, au lieu de céder aux sirènes du malheur salafo-chiite!

La Premier ministre thaïlandaise en audience avec le Roi.

Le premier ministre Yingluck Shinawatra, en uniforme, prosternée devant un autel bouddhiste.

La premier ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra accroupie pour parler à un moine bouddhiste.

La premier ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra à une autre cérémonie bouddhiste.

Suite de la même cérémonie que précédemment.

La premier ministre Yingluck Shinawatra, au garde à vous et en uniforme devant le Roi Bhumibol.

Une autre audience royale…

Les images qui suivent méritent quelques explications: le premier ministre Yingluck Shinawatra se prosterne devant un simple portrait royal, à deux occasions – sa nomination et l’obtention d’une décoration royale. Je ne sais pas pourquoi ces cérémonies n’ont pas eu lieu in vivo avec le Roi, si ce n’est qu’il est âgé (84 ans) et malade.

La premier ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra devant un portrait du Roi Bhamibul.

La premier ministre salue le portrait du Roi.

La premier ministre Yingluck Shinawatra se prosternant devant le portrait du Roi de Thaïlande.

La même prosternation que précédemment.

Quand je dis que le premier ministre Yingluck Shinawatra se prosterne, c’est vraiment de cela qu’il s’agit.

Mais la cerise sur le gâteau ce sont les photos suivantes, où le premier ministre Yingluck Shinawatra rend l’hommage protocolaire à la Reine…

La premier ministre thaïlandaise se prosterne devant la Reine Sirikit.

Suite de la prosternation.

Merci à Meurseault pour l’inspiration!

"Je vous invite chez votre voisin"

Dans sa grande générosité, le ministre de la coopération danois Christian Friis Bach du parti social-libéral Radikale Venstre, constatant la sécheresse structurelle frappant le Sahel, a proposé que les populations concernées s’installent ailleurs. Quelle générosité, me diriez-vous, et comme c’est étonnant de voir un ministre d’un pays ayant la législation sur les étrangers la plus rigoureuse d’Europe occidentale s’apprêter à accueillir des millions de réfugiés climatiques d’Afrique sahélienne!

Millioner af mennesker bor et forkert sted. Og måske bidrager vi til at fastholde folk på steder, de burde flytte væk fra. Når de mangler vand og regn, kommer vi og hjælper med at grave en ny brønd. Men de mennesker kommer aldrig til at klare sig selv. Det bedste var i stedet at skabe bedre muligheder inde i byerne (Jyllands-Posten 11/4/2012)

Des millions de gens habitent au mauvais endroit. Et peut-être contribuons-nous à maintenir les gens dans des endroits dont ils devraient déménager. Quand ils manquent d’eau et de pluie, nous arrivons et les aidons à creuser un puits. Mes ces personnes ne s’en sortiront jamais toutes seules. La meilleure chose serait plutôt de créer de meilleures possibilités dans les villes.

Votre étonnement vous honore: l’offre généreuse de venir s’installer ailleurs faite par Friis Bach vaut… pour le Ghana, le Niger et le Burkina Faso.

Hvor skal de så hen? kan man spørge.

- Vi skal sikre, de ikke søger mod Danmark og Europa. Men de kan flytte til mere frugtbare landområder eller hovedstæderne i Niger og Burkina Faso. De kunne også rykke længere sydpå, til Ghana for eksempel, lyder ministerens svar. (Berlingske Tidende 12/4/2012)

Où vont-ils aller, peut-on se demander.

- Nous devons nous assurer qu’ils ne cherchent pas à rejoindre l’Europe ou le Danemark. Mais ils peuvent déménager vers des campagnes plus fertiles ou les capitales du Niger ou du Burkina Faso. Ils peuvent aussi aller plus au Sud, au Ghana par exemple, répond le ministre.

Le ministre social-libéral Friis Bach développe ses considérations humanistes:

- Vi kan ikke bruge tvang. De skal bestemt selv have lov at bestemme, hvor de vil bo. Men vi skal gøre mere ud af at fortælle dem, at der er bedre muligheder andre steder. Og vi skal samtidig sikre, at de kan få et arbejde og et ordentligt liv, for hvis ikke de får det, søger de mod Europa, advarer Christian Friis Bach (R). (Berlingske Tidende 12/4/2012)

- Nous n’allons pas utiliser la contrainte. Ils auront absolument le droit de décider où ils souhaitent habiter. Mais nous allons mieux les informer sur les meilleures possibilités qui leur sont offertes ailleurs. Et nous allons en même temps nous assurer qu’ils puissent avoir un emploi et une vie acceptable, car sinon ils viendront en Europe, avertit Christian Friis Bach du parti social-libéral.

On aura rarement vu une expression aussi sincère du fondement de l’humanisme libéral contemporain: il faut aider autrui parce que sinon, il viendrait vivre dans notre pays.

Moncef Merzouki est foutu, Caroline Fourest n’en veut plus

Un des textes les plus célèbres du célèbre dramaturge allemand Bertolt Brecht, communiste mais néanmoins doté de raison critique vis-à-vis de la dictature est-allemande, est un de mes textes politiques favoris. Face aux émeutes ouvrières à Berlin-est en 1953 il écrivit ainsi un poème, Die Lösung ("La Solution"), devenu célèbre depuis:

Die Lösung

Nach dem Aufstand des 17. Juni

Ließ der Sekretär des Schriftstellerverbands

In der Stalinallee Flugblätter verteilen

Auf denen zu lesen war, daß das Volk

Das Vertrauen der Regierung verscherzt habe

Und es nur durch verdoppelte Arbeit

zurückerobern könne. Wäre es da

Nicht doch einfacher, die Regierung

Löste das Volk auf und

Wählte ein anderes?

Traduction française:

LA SOLUTION
Après l’insurrection du 17 juin,
Le secrétaire de l’Union des Ecrivains
Fit distribuer des tracts dans la Stalinallée.
Le peuple, y lisait-on, a par sa faute
Perdu la confiance du gouvernement
Et ce n’est qu’en redoublant d’efforts
Qu’il peut la regagner.
Ne serait-il pas
Plus simple alors pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d’en élire un autre ?

(traduction Maurice Regnaut)

J’y pense souvent, à ce texte, et la dernière fois date de ce matin, en lisant cette chronique de Caroline Fourest sur le site français de Huffington Post (dirigé par Anne Sinclair, ce qui est une garantie d’empathie pour les victimes de crimes sexuels). Intitulé "Les Promesses (non Tenues) De Moncef Marzouki ", on y sent poindre une certaine impatience agacée avec ce président d’un pays souverain et récemment démocratisé qui s’obstine à ne pas partager les opinions (pour ne pas dire obsessions) de Caroline Fourest. Les chefs d’accusation sont terribles:

  • Moncef Marzouki a publié un livre d’entretiens avec un chercheur français dont Caroline Fourest ne partage la vision de l’islam politique ("toujours en France, il a publié un livre — Dictateurs en sursis — avec Vincent Geisser connu pour sa complaisance envers l’islamisme");
  • il est soutenu par le site français d’actualités et de journalisme d’information Médiapart ("Sur le site Mediapart, qui l’a beaucoup soutenu");
  • il n’est pas internationaliste de la façon que souhaiterait Caroline Fourest ("Il appartient à une gauche particulière, qui se dit "internationaliste" quand il s’agit de rêver à la fusion de la Tunisie et de la Libye, mais pratique volontiers nationaliste à outrance — il dirait "patriote" — quand il s’agit de puiser dans l’identité religieuse et le rejet de l’étranger occidental de quoi forger sa popularité");
  • il manque par ailleurs aux égards dûs à la francophonie par tout bougnoule évolué ("Il feint de défendre la laïcité mais fustige moins les islamistes que les tunisiens attachés à la laïcité, comme étant une "vieille gauche laïcarde et francophone" ", "Il prône aussi un enseignement débarrassée de l’usage de la langue française, qualifié de "cancer linguistique" (1) ");
  • plus grave encore, il ne semble pas célébrer le nouvel an ("Les cérémonies du nouvel an ont été pour lui l’occasion de rappeler que les voeux n’étaient pas dans les traditions arabo-musulmanes").

A la place de Moncef Merzouki, je me méfierais: il n’est pas loin de perdre la confiance de Caroline Fourest, dont chacun a pu mesurer, avant le 14 janvier 2011, l’engagement sans faille contre la dictature de Ben Ali.

(1) Personne qui connaît un tant soit peu Caroline Fourest ne sera étonnée de ce que la citation dont elle fait état – Marzouki qualifiant l’utilisation du français de "cancer linguistique" – soit erronée. Le texte de Marzouki dans laquelle cette expression a été utilisée est disponible dans sa version arabe ici et en traduction française ici, et cette expression fait référence à ce qu’il appelle "le créole franco-arabe", mélange des langues ne respectant la syntaxe d’aucune des deux, et non pas à l’utilisation du français:

Qu’est-ce qui explique donc cette défaillance linguistique, ainsi que notre crainte que "le créole" ne devienne non seulement un simple langage des jeunes de Facebook, mais un cancer linguistique encore plus grave.

La suite de l’article précise que la vision de Marzouki est de tirer la Tunisie du face-à-face linguistique et culturel avec la seule langue française, en introduisant un enseignement bilingue dans d’autres langues que le français – quelle intolérable xénophobie…

D’où la nécessite d’une deuxième "Beit al-Hikma" dont la priorité est de suivre et de traduire toutes le publications parues dans le monde, du Japon au Chili, tout en suivant les avancées de la langue de la technologie, en numérisant toute notre production culturelle écrite, et en procédant naturellement à l’arabisation de l’enseignement supérieur, conformément aux mêmes concepts et méthodologies, du Levant au Ponant.

Il faut qu’on en finisse avec la politique du face à face, où le Maghreb utilise le français, et l’Orient l’anglais, en lui substituant une politique à multiples issues, comme le fait d’avoir en Tunisie des lycées pilotes tuniso-français, tuniso-anglais, tuniso-chinois, tuniso-nippons, tuniso-coréens, tuniso-espagnols, tuniso-portugais ; les générations seront ainsi ouvertes sur différentes cultures, et on se serait ainsi affranchi de toute dépendance culturelle qui nous cantonne dans une seule langue.

L’article le plus *$£%@| de l’année

L’année n’est même pas terminée que je crois pouvoir clore le concours de l’article le plus stupide de l’année: "Le Maroc, moteur du monde arabe post-révolutions ?". Un avant-goût – pour une dégustation complète, voir le lien:

Le Maroc étant précurseur pour avoir entamé il y a longtemps de profondes réformes démocratiques que le printemps arabe vient juste d’imposer sur la scène arabe, constitue un modèle à suivre aux yeux des nouvelles autorités tunisiennes et d’autres dirigeants arabes, surtout que la transition dans le royaume chérifien s’est déroulée dans le calme et sans effusion d’une seule goutte de sang. A ce titre, le Maroc n’est pas seulement considéré comme précurseur en matière de démocratisation dans les pays arabes, mais il est perçu sur le plan géopolitique, comme étant le nerf moteur du monde arabe post-révolutions.

Tiens, pendant que j’y suis, Jillian York a la liste des meilleures critiques de Thomas Friedman, sans doute le journaliste le plus con du monde.

Spéciale dédicace Khalid Naciri

Pour parfaire la culture du camarade-ministre Khalid Naciri et celle de certains nihilistes:

Pierre Kropotkine – Le nihilisme (1898)

A cette époque, un formidable mouvement se développait parmi la jeunesse russe cultivée. Le servage était aboli. Mais pendant les deux cent cinquante ans qu’avait duré le servage, il était né toute une série d’habitudes d’esclavage domestique, de mépris extérieur de la personnalité individuelle, de despotisme de la part des pères et d’hypocrite soumission de la part des femmes, des fils et des filles. Au commencement du siècle, le despotisme domestique régnait partout en Europe à un haut degré comme en témoignent les écrits de Thackeray et de Dickens mais nulle part cette tyrannie n’avait pris un développement aussi considérable qu’en Russie. (…) La loi n’a pas de prise sur ces choses. Un énergique mouvement social était seul capable de réformer les habitudes et les mœurs et la vie journalière en attaquant le mal dans sa racine; et en Russie ce mouvement cette révolte de l’individu prit un caractère beaucoup plus énergique et plus impétueux dans sa critique de l’état de choses existant que dans tout autre pays de l’Europe occidentale ou de l’Amérique. Tourguénev lui donna le nom de « Nihilisme » dans son célèbre roman, « Pères et Fils », et ce nom fut accepté généralement. Ce mouvement a été souvent mal compris dans l’ouest de l’Europe. Dans la presse, par exemple, on a confondu nihilisme et terrorisme. (…) C’est pourtant une erreur. Confondre le nihilisme avec le terrorisme est une méprise aussi grave que d’identifier un mouvement philosophique comme le stoïcisme ou le positivisme avec un mouvement politique, tel, par exemple, que le républicanisme.

Le terrorisme est né de certaines conditions spéciales de la lutte politique, à un moment donné de l’histoire. Il a vécu et a pris fin. Il peut renaître et disparaître encore. Mais le nihilisme a mis son empreinte sur la vie tout entière des classes cultivées de la Russie et cette empreinte persistera pendant de nombreuses années. C’est le nihilisme qui, dépouillé de ce qu’il y a eu en lui d’exagéré – l’exagération était inévitable dans un mouvement de cette sorte provoqué par la jeunesse – donne encore actuellement à la vie d’une grande partie des classes cultivées de la Russie un certain caractère particulier que nous autres Russes regrettons de ne pas trouver dans la vie de l’Europe Occidentale. C’est le nihilisme aussi qui dans ses manifestations variées donne à un grand nombre de nos écrivains cette sincérité remarquable, cette habitude de « penser tout haut », qui étonne les lecteurs occidentaux.

Je vous laisse découvrir la suite ici. C’est tiré de "Mémoires d’un révolutionnaire" de Piotr Kropotkin.

Absents de marque

Je lis dans la presse française ceci – "Sarkozy décore des harkis lors d’une journée nationale d’hommage", mais il doit s’agir d’une coquille car je ne vois aucune trace de Rachida Dati, Malek Boutih ou Fadela Amara lors de cette célébration.

Football as ideology

Lu dans Al Masry Al Youm:

The group began with a Facebook page. This allowed the members, all longtime Zamalek residents, to keep in touch easily and also offered community members opportunities to post their concerns.

The only topics that are not allowed are politics, religion and football,” says Shoukry Boutros, the self-described uncle of the group. “These types of posts are removed by the admins,” he says, because the Guardians do not want their group to be aligned with any particular ideology.

Auraient-ils peur d’être infiltrés par des ahlaouis?

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