Un détraqué sexuel et un criminel de guerre au Mazagan Beach Resort (Maroc)

On peut se demander ce qu’il y a d’arabe dans le Inter-Arab Cambist Association (ICA), et c’est également une question qu’on peut se poser s’agissant du Maroc et de sa politique étrangère. On a appris il ya quelques semaines que l’ex-premier ministre et criminel de guerre britannique Tony Blair ainsi que le détraqué sexuel Dominique Strauss-Kahn allaient honorer le sol marocain de leur présence lors du 37e conférence de l’ICA devant se tenir au Maroc du 15 au 18 novembre, au Mazagan Beach Resort (espérons que le personnel féminin de cet hôtel sera resté à la maison). Pour Tony Blair, il s’agit de retrouvailles – le Maroc honore la solidarité inter-rarabe en déroulant régulièrement le tapis rouge à Blair, déjà venu au Mazagan Beach Resort en 2011. Si l’hospitalité marocaine à l’égard des noirs de peau se manifeste surtout à coup de matraques et d’insultes racistes, le Maroc sait se montrer tolérant, accueillant et respectueux de l’autre quand celui-ce est un ex-potentat occidental (on verra plus bas que les autorités marocaines ne pratiquent aucune exclusive ethnico-religieuse s’agissant de potentats, despotes et autres criminels). Si des militants britanniques suivent à la trace le criminel de guerre Blair en vue de son arrestation, du côté marocain on est surtout occupé à casser du sub-Saharien et à blâmer ces salopards de Palestiniens pour l’outrecuidance qu’ils ont à ne pas tous être tout à fait aussi veules, résignés ou complices que nous, et à nous le rappeler par leur sacrifice.

Bien sûr, la Constitution imitation cuir de 2011 affirme bien, dans son préambule,"protéger et promouvoir les dispositifs des droits de l’Homme et du droit international humanitaire et contribuer à leur développement dans leur indivisibilité et leur universalité". Mais en l’absence d’incrimination spécifique des crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans le Code pénal, cette disposition est sans effet, et nul ne peut être condamné sur la seule base du texte constitutionnel – on notera au passage que diverses ONG nationales et internationales (cf. par exemple la FIDH sans ce rapport de 2007, "Le Statut de la CPI et le droit marocain: Obstacles et solutions à la ratification et la mise en oeuvre du Statut de la CPI par le Maroc") ont réclamé que le Maroc incorpore la répression de ces crimes dans son droit pénal. En effet, le principe de légalité des peines empêche que soit condamné quelqu’un pour un crime non établi – de manière précise et claire – par la loi au moment de sa commission. Cette lacune est d’autant plus significative que le Maroc a pourtant ratifié les Conventions de Genève de 1949 ainsi que leurs deux protocoles additionnels de 1977, ainsi que la Convention de 1948 contre le génocide (pour la liste des différentes conventions de droit international humanitaire ratifiées par le Maroc, voir ici). Cette lacune avait contraint les avocats qui avaient déposé plainte contre Tzipi Livni lors de sa venue aux MEDays de l’Institut Amadeus (de Brahim Fassi Fihri, fils du conseiller du Roi Taëib Fassi Fihri) à se fonder sur l’incrimination de terrorisme.

C’est donc ainsi que le Maroc a pu accueillir Tzipi Livni ou le satrape guinéen Dadis Camara, la première impliquée dans les crimes de guerre en tant que ministre siégeant au cabinet restreint de sécurité du gouvernement israélien lors de la guerre contre Gaza de 2009, le second dans des crimes contre l’humanité en tant que leader de la junte militaire guinéenne qui commit des massacres à Conakry le 28 septembre 2009. Une criminelle de guerre de religion juive et un criminel contre l’humanité sub-saharien (soigné au Maroc de surcroît), sans compter les despotes khalijis certifiés sunnites de souche, qu’on n’accuse pas après ça le gouvernement marocain de ne pas être ouvert sur l’Autre et au dialogue civilisationnel…

Richard Falk: "Un procès de Nuremberg contre les criminels de guerre israëliens? Juridiquement et moralement, pourquoi pas?"

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Richard Falk sur Al Jazeera: "Les actions d’Israël sont suffisantes pour lancer des enquêtes sur l’existence de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, à l’encontre d’individus mêlés à ces actes. Il faut déterminer l’intention criminelle. Le refus de laisser le CICR accéder aux blessés aggrave l’appréciation qu’on fait des actions militaires israëliennes, et constitue un crime en soi. L’utilisation des bombes au phosphore est inhumaine dans le contexte de Gaza".

Faudrait-il tenir un procès de criminels de guerre à Nuremberg? "Juridiquement et moralement, oui. Politiquement, les procès pour crimes de guerre ne visent que les perdants ou les Etats faibles. Ce qui est possible, c’est des tribunaux populaires, à l’initiative de la société civile, comme le tribunal des peuples qui s’est réuni à Istanboul en 2005 autour de la guerre contre l’Irak. Ce qui distingue cette opération israëlienne d’autres opérations du même type, c’est le fait de refuser aux Palestiniens de Gaza la possibilité de devenir des réfugiés et de quitter Gaza. Les politiques israëliennes sont distordues et perverses".

Crime contre l’humanité? "J’espère que ce soit considéré comme tel". Responsabilités du Hamas? "Le Hamas viole le droit international et agit immoralement en tirant des roquettes contre des civils en Israël. Leurs actions sont contre-productives, donnant à Israël le prétexte d’agir comme il le fait. Cependant, les roquettes n’ont causé aucune mort israëlienne jusqu’à la fin de la trève, qui a pris fin le 4 novembre quand Israël a attaqué et tué des militants du Hamas à Gaza. Le Hamas a proposé une trève de dix ans à Israël. Les attaques doivent être vues dans le contexte d’un embargo de 18 mois – même avant l’attaque israëlienne, on considérait que Gaza était au bord de l’effondrement".

La passivité de la communauté internationale? "L’attitude de Washington explique cela, l’adminstration Bush soutient tout ce qu’entreprend Israël. J’ai honte, en tant qu’Américain, de ce comportement de mon gouvernement. L’ONU ne sera efficace que si les Etats-Unis le souhaitent".

Optimiste? "Si on est réaliste, le bien-être tant des Israëliens que des Palestiniens dépend d’une solution négociée. Traiter le Hamas de terroriste ou l’Etat d’Israël de terroriste d’Etat ne résoud rien. Il faut une approche réaliste".

Sur son expulsion d’Israël: "j’ai des regrets sur ma déclaration journalistique, faite avant ma nomination en tant que rapporteur spécial de l’ONU, mais j’étais en détresse au sujet de l’embargo contre la population de Gaza, une punition collective – ça ressemble au nazisme, qui punissait collectivement tous les juifs".

"Les Palestiniens sont en train de gagner la bataille de la légitimité, ce qui est plus important que la bataille militaire, ce par quoi les Américains au Vietnam, les Soviétiques en Afghanistan et le régime d’apartheid d’Afrique du Sud ont perdu".

Richard Falk, rapporteur spécial auprès des Nations-Unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, expulsé d’Israël pour sa critique de la politique israëlienne notamment à Gaza (voir vidéo), sur la guerre de Gaza:
- "Understanding the Gaza Catastrophe";
- "Gaza: Silence is not an option";
- entretien avec Amy Goodman de Democracy Now! suite à son expulsion;
- le dernier rapport de Richard Falk en tant que rapporteur spécial, portant sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés au premier semestre 2008

PS: Je précise à l’intention de crétins qui seraient tentés de faire des commentaires déplacés dans un sens comme dans un autre que Richard Falk est juif. La question de Palestine n’est pas une question de religion ou d’ethnicité (même si ces aspects-là existent), mais de conscience.

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