Du nationalisme szlonzokien au discours sur la démocratie dans la jurisprudence chiite

L’Institut universitaire européen de Florence, financé par l’Union européenne, est une véritable mine d’or pour les geeks  de droit, d’économie, d’histoire, de sciences politiques et de sciences sociales – sans compter les fétichistes de la construction européenne. Des centaines de « working papers » sont en effet publiés en format pdf, dans des domaines des plus divers allant

On y trouve des working papers sur le Maghreb et le monde arabe. Ainsi, « Co-optation, Repression and Authoritarian Regime’s Survival: The Case of the Islamist MSP-Hamas in Algeria » de Noura Hamladji, chercheuse algérienne qui a également rédigé « Do politicial dynamics travel? – Political liberalization in the Arab world« . Dans le domaine historique, on trouve « Le statut des musulmans en Algérie coloniale: Une nationalité française dénaturée » de Patrick Weil, sociologue français proche du PS qui fût un des conseillers de Lionel Jospin en matière d’immigration.

La question migratoire au Maroc fait l’objet de trois études: « La gestion des frontières au Maroc » de la professeur de droit Khadija Elmadmad, spécialiste du droit de l’émigration, « The general profile of the migrant in Morocco » de Fatima Sadiqi et surtout « Le traitement institutionnel de la relation entre les Marocains résidant à l’étranger et le Maroc » du professeur Abdelkrim Belguendouz, le plus grand spécialiste marocain de la politique migratoire, et défenseur acharné des droits des migrants tant vis-à-vis des autorités marocaines que celles des pays d’immigration.

Le colonialisme est également abordé: les fonctionnaires coloniaux « indigènes » à Chypre, le recueil d’études sur le colonialisme « Colonialism and Imperialism: Between Ideologies and Practices » et la thèse de Devrim Karahasan « Métissage in New France: Frenchification, Mixed Marriages and Métis as Shaped by Social and Political Agents and Institutions 1508-1886« .

Pas mal de droit: je citerais notamment un papier du célèbre professeur français de droit international public Pierre-Marie Dupuy, « Crime sans châtiment ou mission accomplie?« , sur le jugement de la Cour internationale de justice (CIJ) dans l’affaire Application de la convention pour la répression et la prévention du crime de génocide  (Bosnie Herzégovine contre Serbie et Monténegro), affaire dont j’aurais voulu vous parler car elle est intéressante – également auteur de « Fragmentation du droit international ou des perceptions qu’on en a? » et d’une étude qui intéressera Lionne d’Atlas, « Le droit à l’eau, un droit international?« .

Pour le droit français des langues, voir « Le droit français de la langue, entre les mythes d’une tradition interventionniste et la réalité de nouvelles angoisses » du professeur de droit français Jacques Ziller.

Le droit européen figure bien évidemment en place d’honneur: « The extra-territoralisation of EU migration policies and the rule of law » de Jorrit Rijpma et Marise Cremona – voilà une étude très intéressante sur ce que l’on appelle l’externalisation de la politique migratoire, qui consiste pour les Etats membres de l’UE à faire appliquer  les contrôles migratoires en dehors du territoire de l’UE, c’est-à-dire déjà dans les pays tiers d’émigration ou de transit – comme par exemple à la frontière maroco-espagnole le long des présides occupés de Sebta et Melilla, cas extrême d’externalisation. Dans la meime veine, Ségolène Barbou des Places « Le dispositif Dublin 2 ou les tribulations de la politique communautaire d’asile« . En procédure pénale, on trouve « Presumptions and burdens of proof » de Henry Prakken et Giovanni Sartor, et en droit pénal international « Selected issues in international criminal law« .

Certaines études rappellent les aventures de Tintin – ainsi, le WP sur le nationalisme szlonzokien – ou traitent de sujets pointus – comme l’art de vendre des journaux de SDF. Outre de très nombreuses études économiques, de nombreuses études de questions minoritaires – « Islamic finance in Europe » de Rodney Wilson, et « The political economy of immigrants’ naturalization » de Fabio Mariani – et inévitablement de l’islam politique – « The spectre of islamism: a historian’s reading » de l’historienne française Lucette Valensi à « Islam and secular modernity under Western eyes: a genealogy of a constitutive relationship » de Sarah Bracke et Nadia Fadil jusqu’à « The discourse of democracy in Shi’i Islamic jurisprudence: the two cases of Mantazeri and Sistani » de Babak Rahimi.

Ne vous laissez pas intimider par les titres ronflants – il y a là une véritable mine d’or, gratuite qui plus est…

%d blogueurs aiment cette page :