Wieviel Dekolleté darf eine Kanzlerin zeigen?

Pour ceux qui ne comprendraient pas la langue de Goethe et de Horst Hrubesch, voici donc la question existentielle qui taraude la presse allemande – et européenne. Le réflexe du bon féministe serait de dire que l’intérêt pour le décolleté de la chancelière Angela Merkel – intérêt aussi bien de l’infect tabloïd Bild au très conservateur quotidien de qualité Die Welt – dénote le machisme de ceux qui en font la remarque. Un commentaire plus juste, de la chroniqueuse Elisabeth Binder du Tagesspiegel est de conclure que « In Deutschland ist nicht nur zum ersten Mal eine Frau Kanzlerin geworden, sondern auch eine Kanzlerin Frau » – « en Allemagne, ce n’est pas seulement la première qu’une femme est devenue chancelière, mais la première fois aussi qu’une chancelière est devenue femme » – soulignant que la chancelière ne s’est pas cachée d’être aussi une femme.

Ce n’est pas la première fois qu’une femme, ministre ou parlementaire, doive s’expliquer sur son décolleté – la ministre britannique de l’intérieur Jacqui Smith et la sénatrice étatsunienne Hillary Rodham Clinton ont récemment suscité des réactions identiques.

Mais l’honnêteté impose de noter que l’habillement de politiciens masculins fait régulièrement l’objet de remarques, même si l’aspect sexuel est rarement présent: des chaussettes trouées de l’ancien ministre socialiste français Pierre Bérégovoy à celles de Paul Wolfowitz visitant une mosquée turque, en passant par les implants capillaires de Silvio Berlusconi, les talonnettes de Nicolas Sarkozy, les vestes vertes de Jack Lang, la combinaison moulante de George Bush ou la tenue trop décontractée de Fredrik Reinfeldt, le premier ministre suédois, en visite officielle à Pékin, les exemples sont nombreux.

Finalement, c’est sans doute moins du machisme que du crétinisme journalistique – mais que dire alors du crétinisme d’un bloggeur qui consacre tout un post à une question aussi débile?

Allez, je vous laisse, je m’en vais rédiger un billet sur le droit hypothécaire letton en guise de pénitence…

Brice de Nietzsche

Bizarre, je me rappelais de cette excellente formule de Patrick Besson, le critique littéraire français le plus rosse (n’oublions quand même pas Didier Jacob du Nouvel Observateur) depuis Angelo Rinaldi (avant toutefois que ce dernier n’ait vendu sa plume pour des amabilités académiques), guère porté aux sujets consensuels, à la galanterie bien-pensante ni aux échanges de bons procédés, mais avec un indéniable sens de la formule (sur la responsable d’extrême-gauche Clémentine Autain: « L’ambition de Clémentine : devenir mandarine« , ou sur le pamphlétaire fanatiquement anti-communiste Jean-François Revel).

Dans une de ses chroniques hebdomadaires dans Marianne, souvent féroces, il avait assimilé Philippe Sollers à « Brice de Nietzsche » – et moi qui croyais mordicus que c’était Bernard-Henri Lévy, tête de turc habituelle et méritée de Besson (je vous avais dit que ce garçon était sympathique), qui avait mérité de ce surnom à sa mesure. Mais on ne prête qu’aux riches, et c’était donc l’affligeant pape du Paris littéraire Philippe Sollers, parrain de l’obsédé islamophobe Michel Houellebecq, qui avait été visé? C’était sans doute un téléscopage dans mon esprit, Angelo Rinaldi ayant sans doute formulé la remarque la plus célèbre contre Lévy – « le plus beau décolleté de Paris« …

Quant au vrai Brice

Pendant que j’y suis, voilà une autre video qui déchire sa race – via l’inégalable Arrêts de jeu:

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