Supplique à Zlatan Ibrahimovic…

Ce but d’égalisation cinq minutes avant la fin avait été marqué lors de Suède-Italie, match de poule lors de l’Euro 2004. C’est le geste d’un artiste – un mélange de talonnade et d’aile de pigeon, le dos au but. Je ne me rappelle pas avoir vu un tel but – encore moins à cinq minutes de la fin d’un match capital, par un joueur de l’équipe menée au score. Il faut du génie pour l’alliance de la technique et du courage à tenter, et donc éventuellement à rater, un tel geste à 0-1 à la 85eme minute. Le génie d’un grand – Zlatan Ibrahimovic. On pourrait rapprocher de ce but celui de Mustafa Hadji contre l’Egypte (CAN 1998), 1-0 à une minute de la fin.

On peut certes espérer de nouveaux miracles des pieds de Zlatan Ibrahimovic, mais il faut se rendre à l’évidence: même les supporters suédois ne croient pas en leur équipe, ce qui se comprend, Zlatan n’ayant pas marqué – contrairement à ce qu’il fait chaque week-end avec l’Inter – en séléction depuis 2005.

Difficile de pronostiquer: si l’Italie et l’Allemagne sont mes grands favoris de l’Euro 2008, France, Portugal et Pays-Bas ne sont pas trop loin derrière. J’ajouterais pour ma part la Russie et la Tchéquie, sans oublier les tenants du titre grecs, très solides en éliminatoires, et sans doute encore sous-estimés malgré leur titre (voir notamment les bookmakers britanniques). Si je devais miser sur une équipe, ce serait l’Italie. Mais si Zlatan joue en maillot jaune et bleu comme il joue à l’Inter…

« F… you, Barack Obama »

Titre tiré du site de Norman Finkelstein.

Le satiriste étatsunien Jon Stewart le dit d’une autre façon:

 

[redlasso id= »d3cd627c-2d5f-4ee9-9ecc-d6e7e990450d »]

Considérez ceci:

1- Indépendamment du fait de savoir s’il a assisté à un dîner en compagnie d’Edward Said et de Rashid Khalidi il y a quinze ans, Barack Obama a, de manière répétée, donné dans la surenchère pro-israëlienne depuis le début de la campagne des primaires, virant à droite pour le coup. Normal, me direz-vous: quel candidat sérieux à un mandat électoral d’importance peut se permettre des accusations de lèse-sionisme? Aucun, j’en conviens. Mais d’un autre côté, si Barack Obama se comporte comme n’importe quel candidat lors de la campagne, quelle garantie ont ses admirateurs pour qu’il ne se comporte pas comme n’importe quel président des Etats-Unis une fois élu (et c’est probable qu’il le sera)?

Déjà en 2007, toujours devant AIPAC, il annoncait la couleur:

But in the end, we also know that we should never seek to dictate what is best for the Israelis and their security interests. No Israeli Prime Minister should ever feel dragged to or blocked from the negotiating table by the United States.

Tout récemment, il a cru devoir aller plus loin dans l’alignement total sur toute politique du gouvernement israëlien, lors de son discours à la conférence 2008 d’AIPAC – ce lobby qu’il qualifie d’ami:

I want you to know that today I’ll be speaking from my heart and as a true friend of Israel.

And I know–and I know that when I visit AIPAC I’m among friends–good friends, friends who share my strong commitment to make sure that the bond between the United States and Israel is unbreakable today, unbreakable tomorrow–unbreakable forever.

(…) We know that the establishment of Israel was just and necessary, rooted in centuries of struggle and decades of patient work, but 60 years later we know that we cannot relent, we cannot yield, and as President I will never compromise when it comes to Israel’s security.

And please give me a break: ne me parlez pas de William Clinton – ce n’est pas parce qu’il a mangé du couscous avec la main lors de l’enterrement de Hassan II que William Clinton est devenu un disciple d’Edward Said – de la même façon que ce n’est pas parce Chirac a remonté les bretelles à un garde du corps israëlien qu’il était l’héritier spirituel de Salahdin ou de Gamal Abdel Nasser. Son soutien à Israël fût inconditionnel lors des désastreuses négociations de Camp David en juillet 2000, lors desquelles il fit un ultimatum inacceptable à Arafat.

2- Supposons néanmoins que l’attitude d’Obama vis-à-vis de la Palestine ne soit que le fruit du cynisme électoral – montrer patte blanche, si j’ose dire, afin de se faire élire, au prix d’étouffer ses convictions supposées sur le fardeau pesant sur le peuple palestinien. Qu’est ce qui indique dans un tel cas de figure qu’il soit amené à infléchir ses discours de campagne et à mener une politique équilibrée, et donc favorable à la partie opprimée, au Moyen-Orient? Petit rappel: deux ans après les présidentielles, un éventuel président Obama aura à faire face à des élections législatives (renouvellement de la Chambre des représentants et renouvellement d’un tiers du Sénat). Il sera sans doute également tenté, comme l’ont été tous les présidents depuis Roosevelt (à la seule exception de Lyndon B Johnson en 1968 ) de se représenter pour un second mandat en 2012. Dès lors, si le poids électoral d’AIPAC l’empêcherait d’exprimer ses vraies opinions lors de la présente campagne, ses admirateurs pourraient-ils m’expliquer en quoi ce poids électoral d’AIPAC s’évaporerait après le 4 novembre 2008?

3- Comme vous le savez, les Etats-Unis ignorent – que Dieu les prenne en pitié – les concepts de monarchie exécutive ou de nouveau concept de l’autorité. Cela signifie que le Président ne peut tout faire et qu’il doit en particulirer composer avec le Congrès, qui ne lui est pas forcément inféodé même s’il partage la même étiquette partisane – et il semble probable à ce stade que les Démocrates s’acheminenent vers une majorité accrue dans les deux chambres du Congrès. Quelles que soient les convictions personnelles du président Obama sur la Palestine – je pars de l’hypothèse non vérifiée qu’il aurait des convictions personnelles équilibrées sur la question, donc diamétralement opposées à la politique des présidents étatsuniens depuis Eisenhower (1) ainsi qu’aux déclarations officielles du candidat Obama – le Congrès, confronté aux électeurs chaque deux ans et instruit du précédent Cynthia Mc Kinney, sera lui tenu à mesurer avec plus d’acuité l’intérêt de bonnes relations avec AIPAC et Israël.

4- Quelqu’un parmi les admirateurs de Barack Obama pourrait-il m’expliquer la différence entre:

« I’ll do everything in my power to prevent Iran from obtaining a nuclear weapon. Everything »

(discours de Barack Obama devant le congrès annuel d’AIPAC, le 4 juin 2008)

« We must stop the Iranian threat by all possible means »

(discours d’Ehoud Olmert devant le congrès annuel d’AIPAC, le 4 juin 2008)

« I want the Iranians to know that if I’m the president, we will attack Iran »

« In the next 10 years, during which they might foolishly consider launching an attack on Israel, we would be able to totally obliterate them. »

(discours de campagne de Hillary Clinton, le 22 mars 2008 – Barack Obama n’a critiqué cette déclaration que timidement)

« Israel will not tolerate a nuclear Iran; and I’d like to believe that the rest of the world will not allow it to happen. All is fair in the efforts to make sure it doesn’t’ happen. »

(discours à Yale le 30 avril 2008 de Shaul Mofaz, ministre israëlien des transports et ancien chef d’état-major de l’armée israëlienne)

Bref: que ceux qui s’attendent à un président étatsunien réformiste au Moyen-Orient se préparent à la même désillusion que les réformistes iraniens qui voyaient en Mohamed Khatami, président iranien de 1997 à 2005, un espoir de changement réel.

 

(1) Une mention particulière cependant pour James Carter, qui obtint le retrait total du Sinaï par Israël en échange d’un accord de paix avec l’Egypte, et pour George Bush sr., qui, avec l’aide de James Baker, imposa un gel des garanties financières octroyées par les Etats-Unis à Israël, d’une valeur de 10 milliards de dollars, en raison de la colonisation continue des territoires occupés en 1967 (c’était bien évidemment dans le contexte de la première guerre contre l’Irak, en 1991).

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