Marwan el Barghouti, jette l’éponge, la relève est là

La militante marockaine de la cause palestienne Sofia Essaïdi a harangué, avec sa combativité habituelle, les militants pro-palestiniens de Racine, Californie et Gautier, dans le samizdat islamo-gauchiste Maroc Hebdo du 30 mai 2008:

Pourquoi avez-vous chanté pour les 60 ans de création d’Israël sur la place Trocadéro à Paris ?

Sofia Essaïdi : J’ai chanté pour la paix comme l’indique le thème choisi pour ce concert et pas pour célébrer Israël. Il y avait des artistes de tous horizons. Tous là pour faire changer les choses et engager le dialogue. Moi, je le rappelle, je ne fais pas de la politique mais de la musique.

En tant qu’arabe et musulmane, n’est-ce pas une prise de risque ?

Sofia Essaïdi : Le Maroc est parmi les premiers pays à avoir reconnu l’Etat d’Israël. C’est un pays ouvert. Si les gens n’ont pas l’intelligence de voir plus loin qu’un concert pour la célébration d’Israël, je n’y peux rien.

Le Maroc n’a jamais reconnu l’Etat d’Israël et n’a jamais normalisé ses relations avec ce pays… Puisque vous ne connaissez pas les sensibilités de ce conflit, pourquoi ne vous êtes vous pas abstenue de participer ?

Sofia Essaïdi : Je ne suis pas engagée politiquement et je ne me suis jamais déclaré pro-israélienne. Je suis juste une artiste qui désire faire les choses qu’elle aime. Et, ce que j’aime par-dessus tout est la scène. Je trouve ridicule et inadmissible que l’on mélange tout.

Pour mémoire, ledit concert, aux convictions postionistes fortement affichées, a été inauguré par les fedayines Nicolas Sarkozy et Tzipi Livni.

Le concert a mêlé musique et politique, selon les termes de la radio Judaïques FM, et a fait l’objet de promotion sur le site de l’ambassade d’Israël en France.

Le concert a été présenté par l’animateur de télé franco-marocain Arthur, militant infatigable du droit au retour des réfugiés palestiniens.

L’organisateur du concert, sur le plan financier, a été l’autre franco-marocain Maurice Lévy, fondateur de Publicis:

Et s’il fallait une raison de plus de célébrer cet anniversaire, je la trouverais dans la nécessité de parler d’un autre Israël. Pas seulement celui de Tsahal ou de la terreur, ou des roquettes qui tombent sur Sderot ou Ashkelon. De cet Israël qui me subjugue par sa volonté de vie, son imagination, sa modernité.(Le Monde, 23 mai 2008)

Sofia Essaïdi a pu chanter en présence d’éminents militants de la cause palestinienne tels que Laurence Parisot (présidente du MEDEF – patronat français), le député nassérien Claude Goasguen (UMP), ainsi que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, sympathisant affiché du FPLP et confident du regretté Georges Habache, qui a annoncé qu’après l’inauguration d’une place Theodor Herzl la ville de Paris allait inaugurer une place David Ben Gourion (les places Slobodan Milosevic et Radovan Karadzic sont cependant toujours en souffrance).

Tiens, au fait: la militante Sofia Essaïdi est inscrite à l’université Paris Dauphine, populaire auprès des étudiants boursiers du lumpen-prolétariat californo-racinien qui ne sont pas assez calés en maths pour faire une école d’ingénieur, mais néanmoins très sélective – ce qui évite trop de désorganisation sociale. Je ne sais pas pourquoi, mais tout ceci me rappelle la fabuleuse campagne de pub de l’université canadienne Lakehead, « Yale, shmale »:

Mais cessons-là ces rêveries: comme le dit si poétiquement le site de l’association France-Israël, « à son attitude à l’égard d’Israël, on peut juger de la valeur spirituelle d’un peuple« . A cette aune, le Marock est en bonne place.

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