Pourquoi pas des kibboutz au Maroc, ou quand les c… volent, ils volent en escadrille

Lu dans L’Economiste, journal marockain de révérence:

Terres collectives: Pourquoi pas des kibboutz?

Entretien avec Abderrahim El Bouhmidi, avocat et professeur universitaire, spécialiste du droit rural

(…)

– Quelle solution préconisez-vous pour les terres collectives?
– Dans ces histoires de terrains collectifs, l’Etat et les tribus se mettent en position de rentiers alors que ce sont des occasions inespérées d’opportunités d’emploi, de mise en valeur et de développement humain. La solution au niveau des terrains collectifs ne peut être que celle des kibboutz à partir desquels il doit y avoir un développement humain et socioéconomique intégré autour d’un même projet agricole.

Allez, brisons les tabous comme dirait Sébastien Fontenelle: pourquoi pas des colonies de peuplement?

En tout cas, si jamais le ministère de l’agriculture aurait besoin d’un concert pour populariser cette notion qui pourrait paraître, au premier abord, quelque peu déconcertante pour le Marocain moyen, il sait à qui demander

16 Réponses

  1. je suis pas marocain, et je comprend pas ce que tu entends par « marock » et « marockain ». ça veut dire quoi????

  2. Vous avez oublié que des cultivateurs marocains utilisent déjà des matériels agricoles hi-tech « Made In Israel », notamment pour l’arrosage ou le goutte-à-goutte. Sans parler que Israél a une expertise en agriculture en plein désert. (Note : Je ne fais de l’apologie)
    Ferme collective : c’est plutôt un truc ressemblant au kolkhoze soviétique mais qui continue à marcher. La version sovitique a été un fiasco.

  3. pol: c’est tiré du college movie Marock de Leïla Marrakchi, qui décrit la jeunesse dorée de Casablanca.

  4. IK

    je suis reellement surpris de ne rien voir sur ton blog sur els evenements de Sidi Ifni.

    je te renvoie a ce lien qui montre quelques images et un article de F. beauge du journal « le Monde »

    http://hoggarinfos.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/06/09/sidi-ifni-maroc-redeyef-tunisie-memes-causes-et-memes-effets.html

    Salam

  5. Bonjour Ibn Kafka

    En plus de demander le savoir-faire sioniste en matière de « kibboutz », certains responsables marocains en panne d’inspiration devraient aussi leur demander leur remarquable savoir-faire en matière de murs et comment mater une Intifada.
    Y a pas plus « pragmatique » qu’un mur pour cacher une misère, n’importe laquelle.

    J’invite nos jeunes et talentueux architectes à nous éblouir avec leur mentalité de béton, et pourquoi pas détrôner le mur de la Chine !
    Hubert Lyautey l’a pensé, et à eux de le réaliser !

    Bien à toi

  6. On recule au lieu d’avancer finalement…
    Les kibboutz ne sont plus necessairement aussi efficaces aujourd’hui dans le domaine de l’agriculture qu’ils l’étaient au siècle dernier…
    Bref, une autre copie à l’instar de celle du mur!

  7. Chahid…great minds think alike😉
    J’avais pas vu ton commentaire…

  8. emomo: fermes collectives? Les kibboutz sont différents – déjà, ils ne sont imposés par l’Etat. En Israël, c’est sur une base idéologique (le sionisme) et ethnique (réservé aux juifs, mis à part les jeunes européens et nord-américains invités à y passer leurs vacances en échange de leur travail). Ils sont en déliquescence depuis des lustres, liée notamment à la déliquescence de leur idéologie sioniste.

    Chak: je n’ai pas une rédaction à ma disposition. Si tu veux publier un billet là-dessus, je le publierai volontiers en guest star ici!

    Chahid: Je ne comparerais pas les révoltes au Maghreb avec l’Intifada, c’est trivialiser ce que subissent les Palestiniens.

    Houdac: les kibboutz, il en existe de moins en moins en Israël, les Israëliens d’aujourd’hui étant, comme un peu partout dans le monde, plus intéressés par les loisirs et la consommation personnelle que par le collectivisme hardcore qui caractérise les kibboutz – les enfants plus ou moins séparés des parents, l’argent mis en commun, etc…

  9. L’idée n’est pas forcément mauvaise, sa formulation est certainement malheureuse. Ça me rappelle une anecdote, que l’on dit véridique, datant des années 80. Un jeune Caid fraichement sorti de la fac de droit, et apparement toujourd influencé par ses lectures de Marx, a été nommé dans un coin perdu de l’anti-Atlas. Pour couper court aux sempiternelles querelles des paysans concernant l’irrigation, etc. , il avait imaginé une sorte de collectivisation consistant à vendre la récolte annuelle et partager ensuite les gains proportionnellement à la surface du lopin, de la taille de la famille, etc..Un jour il reçut une convocation du ministère à Rabat. On le fit attendre avant de l’aiguiller directement sur le Cabinet du Ministre. Dès qu’il mit les pieds dans le bureau de Basri, celui-ci bondit de sa chaise et lui dit: »je croyais avoir envoyé un Caid, je me rends compte que j’ai envoyé un Lenine! »..L’histoire ne dit pas ce qu’est devenu le malheureux…

  10. Moul: idée pas forcément mauvaise? De quel point de vue?

    « Les pères fondateurs du kibboutz étaient arrivés essentiellement de Russie vers la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Imbus des idéaux socialistes et de l’esprit d’une époque qui déboucha sur la Révolution russe, ils étaient aussi profondément sionistes, préconisaient le retour au pays d’Israël et l’amendement de ses terres, et partageaient la conviction qu’ils hâteraient par ce moyen la création d’une nouvelle identité juive. Leurs initiatives exprimaient leur visée politique : l’établissement de colonies juives en Palestine. » Source: ministère israëlien des affaires étrangères

  11. je parles de la nécessité de réfléchir à une sorte d’exploitation collective de ces terres qui sont le plus souvent laissée à l’abandon ou sous-exploitée. Le côté idéologique, et la référence aux Kibboutzs avec le substrat colonialiste sous-entendu, sont évidement de trop..

  12. IK, vrai question aussi, hormis la couche sioniste, qu’est qui te dérange en substance dans l’idée de kibbutz?

    A noter qu’il est vrai que les kibbutz sont en déliquescence. C’est moins du fait de leur innefficacité économique ou d’une quelconque déliquescence du sionisme (on aurait aimé) que du succès économique d’Israel. Pour éviter les malentendus, ils ne sont pas spécialement compétitifs, qu’on n’entende pas le contraire. Mais, ils jouent un rôle surtout social, et ça se traduit dans la variation des demandes d’adhésion (i.e. lorsque l’économie ralentit, les kibbutz se remplissent – ou pour être plus correct – se vident moins vite que lorsque l’économie est forte).

    Ce qui est positif dans ce concept de villages collectivistes, c’est le fait qu’il respecte les choix individuels (personne n’est obligé de vivre dans les kibbutz et vice versa) et économiquement, il ne se fait pas (beaucoup moins aujourd’hui en tout cas) au frais de ceux des contribuables qui ne choisissent pas d’y vivre.

    Cela dit, je quelques points d’interrogations sérieux à propos de son applicabilité au Maroc: les kibbutz sont socialistes à l’intérieur, mais aujourd’hui ils dépendent fortement des réseaux commerciaux qui les entourent à l’extérieur et de la main d’oeuvre relativement qualifiée qui les compose pour être rentables – et je vois assez mal une bande de pauvres bougres du rif créer les conditions nécessaires à son succès externe.

  13. Shaheen: à part le non-droit, qu’est ce qui te dérange avec Guantanmo? C’est une boutade, mais on ne peut faire abstraction de l’idéologie sioniste lorsqu’on parle des kibboutz, de même qu’on ne peut faire abstraction du communisme lorsqu’on parle des kolkhozes.

    Tout d’abord, le critère ethnique est déterminant: ce n’est qu’il y a une semaine que le premier non-juif de l’histoire des kibboutz a été admis – une Palestinienne. Les kibboutz étaient perçus dès le départ comme l’instrument du sionisme – créer un Etat juif en Palestine par la terre et le travail – et, accessoirement, un tout petit peu, presque rien en fait, par le glaive…

    Ensuite, cette collectivisation me dérange: certes, elle a lieu sur une base volontaire, mais « collectiviser » les relations familiales me fait froid dans le dos. Ca me rappelle un peut trop 1984…

    Je doute que la collectivisation en général soit dans l’air du temps où que ce soit – l’évolution sociologique lourde au Maroc et ailleurs ces dernières décennies c’est l’individualisation, la société de consommation et de loisirs qui fait suite à la monétarisation de l’économie, et le triomphe de la famille nucléaire. Les kibboutz vont à l’encontre de tout ça, et il faut être un juriste sioniste obtus pour pondre une idée aussi débile.

  14. IK, noté. Cela dit, juste pour précision, je ne sais pas s’il existe encore un kibbutz où les relations familiales sont collectivisées, ils vivent tous en famille comme tout le monde. Ensuite, ils ne manquent pas de loisirs, assez souvent ils vont même avoir leurs propres bibliothèques, musées, cinémas, boite de nuit, etc. De fait, les kibbutz d’aujourd’hui ressemblent beaucoup plus à des « gated communities » de classes moyennes (à cela prêt que la plupart des ressources sont mises en commun) qu’à l’idée originelle des pionners national-socialistes.

  15. Ca a effectivement changé: l’argent peut être gardé et non plus réparti entre tous, chaque famille élève ses propres enfants, et bcp travaillent à l’extérieur. Les kibboutz n’ont pas résisté à la crise du sionisme et à l’évolution vers la société de loisirs et de consommation – la preuve: un kibboutz a même accepté une Arabe…

  16. […] deux sans trois – vive le Marock du dialogue et de la […]

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