L’Economiste Watch – deuxième vague

Merci Ayoub d’avoir lancé le train – un récent éditorial d’Abdelmounaïm Dilami, du très bon Dilami, millésimé, dense, intense, au moins une c… par ligne. Ayoub a republié l’édito chez lui en mettant en gras ce qui lui semblait mériter réflexion, et je me permets de poursuivre ce travail de défrichage intellectuel – tiens, on devrait en faire un relais entre bloggeurs, ou une compét’.

Voici l’édito avec les passages en gras soulignés par Ayoub:

Le Mouvement pour tous les démocrates, le MTD de Fouad Ali El Himma, continue d’intriguer et d’animer, en même temps, la vie politique marocaine.
Le Mouvement intrigue car il sort des normes usuelles des mouvements politiques.
Quoi qu’on en dise, il n’est pas une reproduction du FDIC d’Ahmed Réda Guédira des années 60. Ce dernier avait pour mission de protéger la monarchie des ambitions démesurées qu’avaient à l’époque l’Istiqlal et l’UNFP.
Aujourd’hui, la monarchie jouit d’un consensus incontesté. L’enjeu n’est donc pas sur elle.
Par contre, la société marocaine change très vite. Or la vie politique traditionnelle ainsi que les partis qui la composent ont du mal à assurer l’encadrement. L’énorme masse des abstentions l’a bien prouvé lors des dernières élections. Et comme le montre, tout pareillement, la difficulté qu’ont les partis politiques à préserver leur place au sein de la société. Ce phénomène se produit au moment où les mouvements islamistes sont les plus virulents. Et pourtant, ils sont loin d’être majoritaires dans la société.
Cependant, face à des forces politiques vieillissantes et plus très sûres d’elles-mêmes, l’activisme islamique, paradoxalement, pouvait paraître le seul mouvement du renouveau. En témoignent les inquiétudes préélectorales, lesquelles donnaient d’avance les islamistes victorieux.
Il fallait donc couper la route à cette dérive dangereuse qui pouvait donner le pouvoir à des minoritaires. L’histoire abonde en exemples où une minorité violente et agissante conquiert le pouvoir face à la majorité silencieuse et désemparée.

D’après ce que l’on voit sur le terrain, le pari du MTD est en voie d’être réussi: la Une des journaux n’est plus occupée par les islamistes, mais par El Himma et ses amis.
Dans ce contexte, peu importe que ce soit pour les critiquer ou pour les approuver! L’important pour le Mouvement, c’est de dominer le débat et d’être celui qui donne le ton.

J’aimerai compléter:
– « L’enjeu n’est donc pas sur elle » – l’enjeu sur?
– « l’activisme islamique » – pas islamiste, islamique – comparer avec la confusion juif/sioniste
– « pari du MTD est en voie d’être réussi: la Une des journaux n’est plus occupée par les islamistes, mais par El Himma et ses amis » – j’apprécie énormément le « ses » amis – ça ne devrait pas plutôt être « son » ami?
– « peu importe que ce soit pour les critiquer ou pour les approuver! » – vrai – la critique ou l’approbation n’ont que peu d’importance parce que la trajectoire politique du Mouv’ ne depend pas vraiment de ça…

Il faudrait décidément sortit un top-ten à la Letterman des meilleurs éditos de L’Economiste, entre celui blâmant les 55 ouvriers morts brûlés de Rosamor pour leur sort et la défense acharnée des Père Noël de Casablanca-Anfa.

8 Réponses

  1. Ce bon vieux Dilami, répresentant des journaleux les plus makhzénophiles, n’a jamais cru bon de lever le petit doigt contre les nombreuses atteintes aux libertés de la presse. Je me rapelle aussi de son « analyse » -si vous me permettez l’expression- des résultats électoraux de 2007 sur 2M, des péroraisons de la même veine.
    Des morceux d’anthologie donc, ces éditoriaux plus himmiesque que Ssi Fouad, et qui ont le mérite d’amuser, à défaut d’autre chose…

  2. On ne va pas copier/coller tout l’Economiste sur la blogoma non plus😀

  3. Il faudrait! A titre de health warning.

  4. et la chute :
    L’important pour le Mouvement, c’est de dominer le débat et d’être celui qui donne le ton.

    C’est une merveille … Dominer le débat.

    Même dans un publireportage on fait mieux et plus dicret

  5. Une anthologie est un recueil de morceaux de poèmes choisis en prose ou en vers. Elle n’a d’intérêt que si les différents extraits choisis présentent une certaine cohérence dans le thème développé. Le mot est forgé à partir d’une racine grecque signifiant « fleur ». Il est synonyme de « florilège » et signifie « sélection » ou « pot-pourri ».

    Le pot-pourri est un mélange confus de choses hétéroclites, une littérature composée de différents morceaux assemblés sans ordre, sans liaison. Le pot-pourri se dit aussi d’un ragoût composé de diverses sortes de viandes et de légumes. Mais ce dit aussi et surtout de morceaux de musique légère composé de plusieurs airs connus et encore de mélange de fleurs séchées que l’on réalise à la belle saison pour conserver dans la maison les parfums du plein été. Parfums d’intérieur naturels. Les recettes de pots-pourris sont multiples, des plus sophistiquées aux plus simples; on peut ajouter aux fleurs de la poudre de racine d’iris ou des gouttes d’huiles essentielles pour renforcer le parfum.

    Ce qui m’écœure et certainement dégoûte aussi beaucoup de lecteurs ce n’est pas la langue de bois bien pourrie des politiciens mais bel et bien celle des hypocrites éditorialistes de la presse makhzénienne qui à chaque fois applaudissent n’importe quelle démarche, initiative qui émane des Sherpas du palais,…ils approuvent sans discuter les décisions royales et les manœuvres makhzéniennes…Il trouvent des justifications et des explications à toutes les incohérences du régime, à toutes les sauces de ceux qui sont aux commandes, vraiment à tous ! Apparemment, leur métier de journaliste ça s’appelle la servilité et le lèche-babouches. Absolument que de la servilité et aucun esprit critique rien ou néant même pas un millimètre ou un milligramme !

    Normal ! diront certains parce qu’ils sont financés par le makhzen et les entreprises appartenant à la monarchie, à l’Etat et à ceux qui gravitent dans et autour la galaxie makhzénienne…Mais quand même c’est flagrant…quand on s’adresse à l’intelligence d’un large public. Les éditos de l’Economiste, de la Gazette du Makhzen et d’Aujourd’hui le Makhzen sur le Makhzen et sa politique intérieure sont anthologiques, pires que le Matin du Sahara, lui au moins est bien dans ses babouches ! D’ailleurs je trouve parfois bien audacieux ses éditos et ses articles bien meilleurs que ces canards gavés…

    « le pari du MTD est en voie d’être réussi: la Une des journaux n’est plus occupée par les islamistes, mais par El Himma et ses amis ».

    Ainsi donc d’après « l’analyse » de notre cher juriste Dilami, ce machin est là pour faire barrage à « l’activisme islamique » et surtout occuper le terrain et la scène médiatique et…pour faire diversion et amuser la foule…c’est tout !

  6. On comprend alors pourquoi le mouvement auto-appelé pompeusement « de tous les démocrates » a refusé anti-démocratiquement que 4 pjdistes se joignent au mouvement.

  7. […] Publié le juillet 23, 2008 par ibnkafka Le style éditorial du Matin du Sahara, de l’Economiste fait tache d’huile au sein de la presse marocaine francophone. Dans Le Soir Echos – mieux […]

  8. […] je m’en voudrais de désespérer Gauthier, Racine, Souissi et Californie mais malgré toute l’estime non feinte que j’ai pour L’Economiste en général et Nadia Salah en particulier, je souhaiterais […]

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