« I prefer Mediterraneanism to Arabism »

Voici ce que dit David Kimche, ancien diplomate et responsable du Mossad:

As an Israeli, I naturally prefer to see some of the Arab countries looking toward the Mediterranean than having them as part of an all-Arab bloc. I prefer Mediterraneanism to Arabism.

Il n’est pas le seul, mais il est sans doute unique dans la candeur de ses aveux: Méditerranée opposée au « monde arabe » (1), ou plutôt au « panarabisme », dont on conçoit fort bien qu’il déplaise fortement à un ancien haut fonctionnaire israëlien. Il y aurait une étude intéressante à faire sur l’idéologie méditerranéenne dans le discours médiatique et politique de certains pays, tels le Maroc, la Tunisie ou la France. Comme l’écrit Anne Ruel:

« Non, la Méditerranée ne va pas de soi, tant il est vrai qu’elle résulte d’une construction de l’esprit, notamment de la part des géographes et des historiens, autant sinon plus que des « données objectives ». Et si la démarche scientifique et rationnelle participe à cette construction, l’imaginaire a eu lui aussi son mot à dire ».

La Méditerranée ne va tellement pas de soi qu’elle est même discutée d’un point de vue inattendu pour le profane, celui de la géographie. Et de fait l’apparition de cette notion, surtout présente dans l’espace linguistique francophone – j’ai quelques livres et brochures des années 30 et 40, datant donc de la période coloniale – ne peut être séparé du contexte de colonisation/décolonisation. Pour citer l’historienne française Anne Volery-Lazghab:

Pour ces Journées d’études je suis sortie en partie de mon sujet de thèse. En fait j’ai interrogé une de mes sources, une revue publiée à Paris entre 1957 et 1963, dans le cadre de ce questionnement sur l’historiographie qui nous réunit ici. Il y a plusieurs façon de poser un questionnement historiographique. Et j’ai voulu m’intéresser, par rapport à cette source que je devais utiliser pour mon travail personnel, à l’influence du contexte sur les écrits. J’ai donc pensé historiographie comme tentative de mettre en évidence des schémas de pensée, des représentations de l’histoire, transparaissant dans des écrits de chercheurs, d’essayistes, de journalistes à une époque donnée. Et j’ai donc pris comme objet cette revue, car une revue peut être représentative d’un certain milieu intellectuel et de son point de vue sur son époque. Dans cette optique, je me suis arrêtée plus particulièrement sur la manière de traiter les décolonisations et le nationalisme arabe dans cette revue s’intitulant Etudes Méditerranéennes, créée en pleine guerre d’Algérie par des intellectuels vivant à Paris originaires des deux rives (français en majorité mais aussi Algériens, Tunisiens ou Egyptiens), et qui, pour certains d’entre eux, se caractérisent par une double appartenance : né au sud de la Méditerranée mais de culture occidentale.

Je vais revenir plus en détail sur le projet éditorial de cette revue et sur les caractéristiques de son comité de rédaction. Je montrerai ensuite comment ce groupe d’intellectuels exprime à travers les articles publiés dans la revue un rapport ambigu aux décolonisations et une gêne certaine vis-à-vis du nationalisme arabe et comment, à travers un projet d’ensemble méditerranéen qu’ils veulent mettre en place, ils essayent de réinventer des liens Nord/Sud sauvegardant une certaine conception des rapports Orient/Occident.

Une citation d’époque, relevée par Anne Volery-Lazghab, illustre assez bien ce discours méditerranéen:

Dernier article que je citerai, sur ce rôle de l’Occident toujours, mais à un autre niveau. Il s’agit d’un texte sur la Tunisie, écrit par un journaliste, Henry de Montety. L’article est précédé de quelques lignes élogieuses de la rédaction sur l’auteur et sur le texte. Or celui-ci tient un discours digne du plus pur orientalisme du 19è siècle et il est très méprisant vis-à-vis de la civilisation arabo-musulmane. L’auteur y explique le brillant avenir qui s’ouvre à la Tunisie indépendante du fait que celle-ci a su entrer dans la modernité occidentale représentant l’évolution de l’humanité : «La Tunisie appartenait à la nappe de civilisation musulmane, rameau de la pensée méditerranéenne, nourri d’une sève très voisine de celle-ci qui a alimenté la civilisation gréco-chrétienne, mais rameau latéral et oriental qui avait cessé de croître et se déssechait, tandis que la pensée gréco-chrétienne poussait les peuples d’Occident à la cime de l’évolution. Par un effort d’ «anastomose» dû à un resserrement de l’humanité dans les temps contemporains (…) la sève occidentale s’est infiltrée dans le monde musulman et nous voyons chacun des peuples qui le compose s’élancer vers l’avenir commun. Dans cette gerbe d’évolution des peuples musulmans, les plus avancés sont ceux qui, par la domination ou par les relations, se sont trouvés le plus pénétrés des conceptions occidentales : Liban-Syrie, Egypte, Turquie – tous baignant dans la Méditerranée. L’Arabie, le Pakistan, la Malaisie, restant engourdis par leur sève orientale» (Etudes Méditerranéennes n°3, «Le jaillissement occidental de la Tunisie», p. 58).

Conclusion de l’historienne:

Le thème de la Méditerranée est omniprésent dans la revue. A travers lui, c’est la question des liens à préserver et à reconstruire entre les deux rives après les décolonisations qui est posée. A la lecture des discussions et des études sur ce projet que publie la revue, on voit peser le poids des représentations que nous venons de voir : c’est bien un ensemble sauvegardant une certaine conception des rapports Orient/Occident qui est mise en avant

Je ne prétends bien évidemment pas que le discours idéaliste voire idéologique sur la Méditerranée aujourd’hui, qui se retrouve chez des personnes d’horizons idéologiques et culturels disparates, est la reproduction pure et simple de cette nostalgie coloniale édulcorée, mais l’implication idéologique de ce discours ne doit pas être ignorée, alors même que l’approche idéologique panarabe ou panislamique est quant à elle explicitement relevée et dénoncée, y compris dans des publications à prétentions académiques. Toutes les idéologies doivent être soumises à critique, et pas seulement celles qui nous déplaisent…

PS: Vous connaissez la célèbre introduction au 18 brumaire de Louis Bonaparte de Marx: « Hegel remarque quelque part que tous les grands faits et les grands personnages de l’histoire universelle adviennent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce« . En songeant à l’Union pour la Méditerranée, et en lisant l’article d’Anne Volery-Lazghab, je me dis que le père Marx n’avait pas toujours tort:

Remise dans un contexte politico-stratégico-économique, la Méditerranée apparaît très nettement comme un enjeu pour les Etats occidentaux. Ainsi un article publié dans le n°4 qui est une table ronde autour de l’idée de «Pacte méditerranéen» lancée par Félix Gaillard, président du Conseil, laisse entrevoir la volonté d’intégrer, par ce pacte, le Maghreb dans un prolongement de l’OTAN pour faire face aux liens entre Nasser et l’URSS. Ce que ne peuvent accepter les pays maghrébins.

Pourquoi tant de pudeur, Pierre Assouline?

CORRIGENDUM: Une brochure légendaire de la LCR mettait en garde contre une vision policière de l’histoire. Effectivement, j’aurais dû voir que les commentaires sous le post d’Assouline étaient scindés en deux, et que le mien y figure toujours. Sans commentaire…

Le critique littéraire beidaoui Pierre Assouline n’aime pas le philosophe rbati Alain Badiou, et réciproquement. Le premier, sur son blog, s’était offusqué de ce que le second avait comparé Son Excellence le Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, à « l’homme aux rats« . Assouline en avait profité pour faire la remarque suivante:

La dernière fois dans ce pays qu’on a ainsi comparé des hommes à des rats, c’était, voyons, en 1942 dans un documentaire de propagande sur le péril juif.

Badiou a eu beau jeu de souligner, dans une tribune du Monde, que « l’homme aux rats« , du nom d’un patient de Freud, était une notion psychologique bien connue, et qu’Assouline avait sans doute voulu utiliser la figure de rhétorique connue sous le nom de reductio ad hitlerum une fois de trop:

Les ennemis de toute politique autre que celle qu’ils nomment très à tort « démocratie », vu qu’elle est, de notoriété publique, le pouvoir d’une maigre oligarchie de dirigeants d’entreprise, de détenteurs de capitaux, de politiciens consensuels et de stars médiatiques, ont inventé depuis quelques années un truc dont ils usent maintenant contre quiconque leur déplaît: insinuer qu’il est antisémite. J’ai l’honneur d’être flanqué de vrais professionnels de cette insinuation.

Badiou poursuit:

Quelqu’un de très modérément cultivé sait aussitôt que j’entrelace ici, non sans une subtilité rhétorique qui mériterait des éloges, la métaphore des rats qui quittent le navire, la légende du joueur de flûte qui entraîne les rats hors de la ville, et le cas, décrit par Freud, de « l’homme aux rats » comme exemple type de l’obsession. M. Assouline est-il cultivé ? Il sait en tout cas où il veut en venir. Depuis la dernière guerre et les nazis (suivez mon regard), proclame-t-il, personne n’a plus traité qui que ce soit de rat.

Assouline a répliqué hier soir sur son blog:

Un certain Alain Badiou me cherche querelle. Le fait qu’il soit natif de Rabat et moi de Casablanca n’en est pas la cause, nous ne sommes pas si sectaires (quoique, à la réflexion, les rbatis ne sont pas des gens comme nous). Rassurez-vous, je ne suis qu’un prétexte, son but à peine dissimulé étant de relancer par une vaine polémique qui n’abusera personne…

Puis il affirme de manière assez difficilement soutenable la chose suivante:

M. Badiou croit que je veux absolument faire de lui un antisémite. Même pas ! On connaissait déjà le juif imaginaire, catégorie brillamment conceptualisé naguère par Alain Finkielkraut. On découvre désormais avec M. Badiou l’antisémite imaginaire. Celui qui aimerait bien en être afin de tenir son rang au club des proscrits, la dernière posture intellectuelle appelée à devenir très tendance ; on peut être assuré qu’elle ne fera qu’ajouter à la confusion des idées s’agissant de ce que M. Badiou désigne comme ”le truc de l’antisémitisme”, expression destinée certainement à connaître une belle fortune.

Or, dans son premier post, Pierre Assouline avait bien écrit « la dernière fois dans ce pays qu’on a ainsi comparé des hommes à des rats, c’était, voyons, en 1942 dans un documentaire de propagande sur le péril juif« . Le rbato-beidaoui que je suis doit être définitivement perdu à l’entendement de la langue française, mais il me semble bien que cette phrase sous-entendait une assimilation des propos de Badiou à ceux des pétainistes antisémites sous l’occupation…

Passant par hasard sur le blog de Pierre Assouline, j’ai laissé un commentaire – numéro 9 je crois alors, juste après celui, sarcastique, d’un autre Marocain. Je n’ai malheureusement pas archivé ce que j’avais écrit, et ne le retrouve pas, parce que ce commentaire a été supprimé du blog d’Assouline. De mémoire, et je vous jure sur le fanion du Raja que je n’ai retranché aucune injure ou insulte hypothétique, voici ce que j’écrivais. Je vous laisse juge de savoir si cela méritait la poubelle:

Je suis beidaoui de coeur, mais suis plutôt convaincu par Alain Badiou que par vous, et sans doute parce que vous avez tort. Vous affirmez ainsi: « M. Badiou croit que je veux absolument faire de lui un antisémite. Même pas ! ».

Dans votre post précédent sur Badiou, vous écriviez ceci: « la dernière fois dans ce pays qu’on a ainsi comparé des hommes à des rats, c’était, voyons, en 1942 dans un documentaire de propagande sur le péril juif ». Ces deux assertions étant incompatibles, laquelle des deux récusez-vous?

Ceci donne une certaine saveur à cette polémique…

Barbarie à Naples

Pourriez-vous continuer à vous bronzer et à vous baigner en présence de deux cadavres? Le fait que ces deux cadavres soit d’une ethnie que d’aucuns estiment inférieure – les roms – changerait-il quelque chose à votre réponse?

Jugez-en – les pieds qui dépassent de dessous les serviettes de bain appartiennent à Violetta et Cristina Ebrehmovich, deux jeunes fillettes de 12 et 11 ans, accessoirement d’origine rom, mortes noyées au bord d’une plage de Naples, dans l’indifférence quasi-générale des estivantscertains avaient cependant tenté de les sauver.

La grand-mère des deux fillettes dit fort justement (sur un excellent blog rom hébergé par la Tribune de Genève):

Vous pouviez respecter leur mort et vous ne l’avez pas fait. C’est vous qui êtes malades!

La mère n’est pas en reste:

Violetta se sentait italienne, comme toutes les jeunes de son âge, elle rêvait de devenir une star. Devant son miroir, elle dansait. Elle se sentait italienne, mais elle est morte comme une rom.

L’indifférence n’est bien évidemment pas générale:

C’est cette indifférence que dénonce l’archevêque de Naples, Crescenzio Sepe, dans La Repubblica, qui a publié ces photos terribles, lundi 21 juillet. « Ces images, dit le prélat, font encore plus mal à Naples que celles de ces derniers mois de la crise des déchets. »

Mais on peut se demander qui est le plus barbare, les baigneurs indifférents ou le gouvernement italien, qui, dans une mesure digne de l’apartheid sud-africain ou israëlien, prépare une loi visant le fichage, y compris les empreintes digitales (dans sa délicatesse, le gouvernement a décidé d’en exempter les mineurs), des seuls roms – du moins ceux habitants des campements non-reconnus:

Après ceux de Naples et de Milan, les habitants des camps nomades de Rome vont aussi être fichés. Dans la capitale italienne, ce sont les opérateurs de la Croix-Rouge, avec le soutien de médiateurs culturels, qui sont chargés de faire le recensement. Celui-ci doit débuter dans l’un des 50 camps sauvages de la ville au cours de la semaine.

Touché au vif par les reproches justifiés de mesure raciste sur le recensement des roms et notamment le relevé des empreintes digitales, le gouvernement italien a décidé de généraliser les empreintes digitales à tous les Italiens, les empreintes devant figurer sur la carte d’identité à compter de 2010 (pour rappel, cette mesure existe déjà au Maroc).

Berlusconi et la Lega Nord n’existent pas dans un vide politique – rappelons que Berlusconi a été élu, pour la troisième fois, et donc en pleine connaissance de cause. La xénophobie qui se dégage de son gouvernement, et cet incident estival, ne sont pas fortuits:

Une récente enquête d’opinion nationale a révélé que 68 % des Italiens estiment nécessaire de raser les campements Roms voire d’en expulser ses habitants. 160 000 personnes seraient ainsi reconduites à la frontière, la moitié possédant pourtant un passeport italien. Ces résultats répondent aux récents actes de violence répertoriés à la périphérie de Naples.

Après une tentative d’enlèvement d’un nourrisson par une jeune tzigane, d’intenses incidents ont éclaté dans des campements de Roms à Ponticelli, contraignant les Roms à se réfugier dans le plus grand camp, protégé par la police, pendant que leurs baraques étaient incendiées.

C’est le départ immédiat des Roms que souhaitent les Napolitains qui les accusent de divers délits et d’être ainsi un facteur d’insécurité. Selon le directeur de l’organisation de défense des droits de l’homme Every One, Matteo Pecoraro, «Cette hostilité est le résultat d’un langage enflammé et d’un climat général créé par le nouveau gouvernement, mais aussi par le précédent».

Le Soir Echos Watch – le PJD, « une discipline digne du parti nazi »…

Le style éditorial du Matin du Sahara, de l’Economiste fait tache d’huile au sein de la presse marocaine francophone. Dans Le Soir Echos – mieux inspiré d’habitude – de ce lundi 21 juillet, on a pu lire ceci dans l’article « Choses vues au congrès du PJD« , publié à la page 3 du quotidien:

Plus qu’un congrès, la sixième messe du PJD ressemble surtout à un mégashow à l’américaine… les moyens techniques en moins. La salle couverte est archicomble. Les personnes présentes sont cependant d’une discipline digne du parti nazi.

Pourtant, ni avant, ni après cette allusion au NSDAP, ne figurent cependant dans l’article des déclarations de personnes représentant le PJD ou présentes au congrès appelant à un génocide, à une législation raciale ou à l’aryanisation de l’économie marocaine…

Yahia Yahia – condamné à 15 mois avec sursis – et l’immunité parlementaire à l’étranger


Vous avez sans doute entendu parler de ce parlementaire chamali marocain, Yahya Yahya, du hizbicule Al Ahd, membre de la Chambre des conseillers, et principalement connu pour son engagement louable pour la fin de la souveraineté espagnole sur les présides occupés de Sebta et Mlilya. Lui-même issu d’un couple mixte (sa mère est hollandaise) et marié à une Espagnole (il l’est d’ailleurs lui aussi), il a été arrêté le 26 juin dernier par la police espagnole à Mlilya dans le cadre d’une dispute avec sa femme et des agents de police qui aurait été violente, et qui daterait du 8 octobre 2006. Placé en détention provisoire, il a été relâché le 3 juillet dans l’attente du procès, qui devrait se tenir le 17 juillet. après sept jours de détention, durant lesquels il avait entamé une grève de la faim. Le ministère public espagnol (c.-à.-d. le procureur) a requis une peine de prison ferme de deux années et demie.

Le verdict est tombé aujourd’hui mardi 22 juillet: 15 mois de prison avec sursis, telle est la peine à laquelle a été condamné Yahya Yahya par le tribunal de Mlilya (Melilla) « pour avoir violemment résisté à des policiers espagnols » (bizarrement, selon le Matin du Sahara, Yahya Yahya aurait écopé de quatre mois avec sursis). Plus important sans doute pour lui, il a été relaxé des poursuites pour violences conjugales (la plainte à cet égard n’émanait pas de sa femme, mais de la police, détail qui a sans doute son importance dans le contexte politique très particulier de cette affaire). Le verdict peut sembler modéré – en règle générale, en Espagne ou ailleurs, les plaintes de violences contre agents des forces de l’ordre se terminent toujours mal pour l’accusé – rares sont les juges à accorder égale valeur à la parole d’un policier contre celle de quelqu’un qui ne l’est pas – mais cette modération découle cependant moins du tribunal que de la loi espagnole, qui énonce que toute condamnation à moins de deux ans de prison est automatiquement assortie du sursis si le condamné en est à sa première condamnation.

Yahya Yahya avait cependant bien sûr profité de sa fréquentation des prétoires espagnols pour tenir un discours de rupture, refusant de reconnaître la légitimité du juge espagnol à juger sur le territoire de Mlilya:

« Avec tous mes respects,je ne vous reconnais pas et je ne reconnais pas non plus les autorités coloniales de Sebta et de Mellilia. Je vous demande de partir à votre pays ».

On ne peut en tout cas pas l’accuser d’inconstance: déjà, lors de la visite royale de Juan Carlos dans les présides occupés de l’automne dernier, il avait vivement critiqué celle-ci:

«La population de Ceuta et de Melilla, d’origine marocaine, n’accepte pas d’être dominée par les autorités coloniales espagnoles»

Il avait d’ailleurs déjà fait l’objet de poursuites à cette occasion, en raison de ses déclarations relatives à cette visite:

Le mercredi 7 novembre 2007, au matin, je me suis présenté devant la porte du tribunal pénal de Mellilia, mais je n’y suis pas entré. J’ai refusé de comparaître devant un tribunal que je ne reconnais pas. Comme je renie les autorités espagnoles, qui continuent d’occuper nos deux villes marocaines. Devant plusieurs caméras des plus grandes chaînes de télévision espagnoles, j’ai déchiré la convocation qui m’a été remise par la police espagnole, le mardi 6 novembre 2007, lorsque celle-ci a procédé à mon arrestation.

Et il prétend que ces poursuites-là ne furent pas les premières qu’il a dû subir des autorités policières et judiciaires espagnoles, même s’il n’a apparemment jamais été condamné avant sa condamnation de ce mardi 22 juillet:

Maroc Hebdo International: Est-ce la première fois que vous êtes maltraité par la police espagnole?
-Yahya Yahya: Non, ce n’est pas la première fois. Loin de là. La police espagnole et parfois la Guardia Civil (gendarmerie espagnole) m’ont, à maintes reprises, arrêté, insulté et, dans certains cas, tabassé.

On peut dire que c’est une drôle de coïncidence: voilà donc un pourfendeur infatigable de l’occupation espagnole contre qui les autorités espagnoles ont le plaisir d’invoquer des délits de droit commun – violence conjugale et violences contre la police (un grand classique, celle-là…) apparemment exemptes d’arrière-pensées politiques; et voilà un justiciable poursuivi pour des délits de droit commun qui se pose comme le grand héraut de la résistance à la colonisation espagnole et la victime de machinations politico-judiciaires… Une prudence élémentaire voudrait que l’on observe une certaine circonscpection à l’égard de ces deux versions diamétralement opposées de cette histoire.

Juridiquement, ce cas présente également un certain intérêt: il s’agit d’un binational, arrêté dans un des deux pays dont il a la nationalité, alors qu’il est parlementaire dans son autre pays, donc doté de l’immunité parlementaire dans ce dernier. Cette immunité est-elle invocable dans un pays étranger?

La réponse est non. Chaque pays a des règles différentes, et de contenu d’ailleurs très variable, mais qui découlent exclusivement de son droit interne. Au Maroc, par exemple, c’est l’article 39 de la Constitution qui pose les grandes lignes du régime de l’immunité parlementaire:

ARTICLE 39: Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi ou recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions, hormis le cas où les opinions exprimées mettent en cause le régime monarchique, la religion musulmane ou constituent une atteinte au respect dû au Roi.

Aucun membre du Parlement ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté pour crimes ou délits, autres que ceux indiqués à l’alinéa précédent, qu’avec l’autorisation de la Chambre à laquelle il appartient, sauf dans le cas de flagrant délit.

Aucun membre du Parlement ne peut, hors session, être arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de la Chambre à laquelle il appartient, sauf dans le cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnation définitive.

La détention ou la poursuite d’un membre du Parlement est suspendue si la Chambre à laquelle il appartient le requiert, sauf dans le cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnation définitive.

La loi n° 17-01 relative à l’immunité parlementaire vient compléter ces dispositions constitutionnelles, dont on remarquera qu’elles écartent toute immunité en cas d’atteinte à deux des trois lignes rouges du Royaume, l’islam et la monarchie, la troisième, l’intégrité territoriale, semblant apparemment moins importante aux yeux du pouvoir constituant. Cette loi, promulguée en 2004 après une censure partielle du Conseil constitutionnel, dit ceci:

Dahir n° 1-04-162 du 4 novembre 2004 (21 ramadan 1425) portant promulgation de la loi n° 17-01 relative à l’immunité parlementaire (publié au B.O. n° 5266 du 18 novembre 2004).

(…)

Loi n° 17-01 relative à l’immunité parlementaire

Article premier : La demande d’autorisation des poursuites ou d’arrestation d’un membre de l’une des deux chambres du Parlement pour crimes ou délits ou la demande de suspension des poursuites ou de la détention dudit membre, prises en application de l’article 39 de la Constitution, s’effectuent conformément aux dispositions de la présente loi.

Article 2 : Lorsqu’il s’agit d’un crime ou d’un délit qui peut être imputé à un membre du Parlement, le procureur général du Roi compétent avise oralement l’intéressé de l’objet de la plainte avant de recevoir la déclaration et ce, avant de procéder ou d’ordonner de procéder à l’enquête préliminaire ou à toute autre mesure afin de s’assurer du caractère criminel des faits imputés audit parlementaire.

La perquisition du domicile d’un parlementaire ne peut avoir lieu que sur autorisation et en présence du procureur général du Roi ou de l’un de ses substituts, sous réserve des dispositions de l’article 79 du code de procédure pénale.

Lorsqu’il appert au procureur général du Roi que les faits imputés au parlementaire sont constitutifs d’un crime ou d’un délit, il soumet la demande d’autorisation prévue à l’article 39 de la Constitution au ministre de la justice qui en saisit le président de la chambre concernée.

La demande d’autorisation indique la qualification légale et les mesures envisagées ainsi que les motifs invoqués contenus dans le dossier de l’affaire.

Article 3 : Si au cours d’une procédure judiciaire, en quelque état qu’elle se trouve, ainsi qu’en cas de citation directe, il apparaît des faits susceptibles de mettre en cause la responsabilité pénale d’un parlementaire, l’autorité judiciaire qui les relève en saisit le procureur générale du Roi ou le procureur du Roi compétent aux fins d’appliquer la procédure prévue à l’article précédent.

Article 4 : Si la demande est présentée pendant la durée des sessions du Parlement, la chambre concernée délibère et statue sur la demande au cours de la même session.

Si la session est close sans que la chambre ait statué sur la demande d’arrestation du parlementaire, le bureau de la chambre statue sur ladite demande dans un délai de trente jours à compter de la date de clôture de la session.

Passé ce délai, le président de la chambre concernée notifie au ministre de la justice la décision prise.

L’autorisation donnée par la chambre intéressée ne vaut que pour les faits mentionnés dans la demande d’autorisation.

Article 5 : La résolution par laquelle une chambre du Parlement requiert la suspension de la détention ou des poursuites à l’encontre d’un parlementaire est transmise par le président de la chambre concernée au ministre de la justice qui en saisit immédiatement l’autorité judiciaire compétente en vue de son exécution conformément au quatrième alinéa de l’article 39 de la constitution.

Nul besoin d’un doctorat en droit pour comprendre que les lois et constitutions nationales n’ont en général d’effet que dans le pays par lequel elle sont adoptées (1). Les dispositions constitutionnelles et législatives marocaines relatives à l’immunité des parlementaires n’a d’effet qu’à l’encontre de juridictions et autorités marocaines. Ces dispositions ne sont pas pertinentes devant une juridiction espagnole – et il va de soi qu’à l’inverse, du point de vue juridique, l’immunité parlementaire reconnue par le droit espagnol à un parlementaire de ce pays ne lui sera d’aucun secours en cas de poursuites devant une juridiction marocaine.

Il faut souligner la diversité des régimes de l’immunité parlementaire, et les remises en cause dont ce principe fait l’objet, y compris sur le plan judiciaire (voir par exemple l’affaire A. contre Royaume-Uni, arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 17 décembre 2002 – les juges ont conclu à la compatibilité de principe d’un régime d’immunité parlementaire avec le principe du droit au procès équitable).

D’autre part, le droit international ne règle pas la question de l’immunité parlementaire (2), contrairement à celle de l’immunité diplomatique, régie par des conventions – la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 et Convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires – et le droit coutumier international (voir ainsi l’immunité profitant aux ministres des affaires étrangères en exercice, arrêt du 14 avril 2002 de la Cour internationale de justice dans l’affaire République démocratique du Congo c. Belgique).

C’est donc bien évidemment sur le plan politique qu’est généralement portée la polémique. L’arrestation et la détention de parlementaires étrangers n’est pas le propre de l’Espagne: Israël en a l’habitude, et a ainsi brièvement détenu des parlementaires belges et suédois, venus participer à des manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, en vue de leur expulsion.

Le Maroc ne s’y est pas trompé: il n’a ainsi pas contesté explicitement le droit pour les autorités espagnoles à poursuivre Yahya Yahya, mais a tout aussi explicitement accusé les autorités espagnoles, y compris judiciaires donc, d’arrières-pensées politiques – accusation qui n’est pas étayée de faits spécifiques, mais qui ne paraît pas non plus absolument dénuée de tout fondement quand on lit les rapports divers sur la façon dont sont traités les Marocains et autres métèques aux postes-frontières des présides espagnols.

Le parlement marocain a bien évidemment saisi l’occasion pour défendre mordicus Yahya Yahya:

La Commission des Affaires étrangères du parlement marocain a estimé vendredi soir que l’arrestation par l’Espagne du sénateur Yahya Yahya à Mellila, ville sous administration espagnole revendiquée par le Royaume chérifien, n’a rien de « judicaire ».

L’arrestation vendredi dernier à Mellila du membre de la deuxième chambre du parlement marocain est « une décision politique » visant à « faire taire les Marocains », a estimé la commission en allusion aux positions du parlementaire connu par sa défense de « la marocanité » des deux présides Ceuta et Mellila sous occupation espagnole depuis 1497.

Le conseiller Yahya Yahya renoue donc avec une stratégie judiciaire de la rupture, théorisée par Jacques Vergès, ce qui lui attire la solidarité intéressée du gouvernement marocain, qui trouve là de quoi embarasser l’Espagne, et celle désinteressée de citoyens marocains (je ne vous cache pas pour ma part un brin de sympathie pour ce Don Quijote du nord…), fondée moins sur des arguments juridiques au sens strict, que sur des arguments ou le droit naturel se mélange avec la politique pure (3). On peut ddonc prédire que cette condamnation ne sera pas la dernière fois qu’on entendra parler de ses démêlés avec la justice espagnole…

(1) Il y a un débat palpitant à mener sur l’effet extra-territorial des lois, mais ce n’est pas le moment.

(2) Exception faite pour les parlements supra-nationaux, où l’immunité parlementaire, découlant des traités, vaut à l’égard des autorités judiciaires de tous les pays membres, comme c’est le cas pour le Parlement européen en vertu des articles 9 et 10 du Protocole (no 36) sur les privilèges et immunités des Communautés européennes (1965).

(3) Cf. ce qu’en dit Jacques Vergès:

Quand on mène une plaidoirie de rupture, il s’agit en effet de faire référence à des valeurs plus hautes, mais on reste prisonnier d’un système. Même si on le combat, c’est avec des armes qui doivent être intelligibles, sinon acceptées par l’opinion. Dans la stratégie de rupture, on fait donc référence au droit. Le seul qui fasse exception, c’est Saint-Just, lorsqu’il a demandé la mort de Louis XVI en ces termes : « Louis a régné, donc il est coupable. On ne peut pas régner innocent. La postérité froide s’étonnera un jour qu’au XVIIIe nous soyons moins avancés qu’au temps de César. Là, le tyran fut immolé en plein Sénat, sans autre loi que la liberté de Rome et sans autre formalité que vingt-trois coups de poignard ». Mais c’est exceptionnel ! Pendant la Guerre d’Algérie, nous faisions référence au droit international. Je n’ai jamais eu de clients exécutés. À la fin, ces débats ont été une défaite pour la France, parce qu’on n’y parlait plus des attentats, on n’y parlait que de la torture.

Je me surpris à prononcer la réplique makhzénienne sortie probablement du fin fond de mon inconscient : « revenez Lundi »…

Ca se passe chez Lionne d’Atlas

Fouad Ali el Himma, « un jeune qui a tout abandonné »

Quand les éditorialistes du Matin du Sahara et de L’Economiste font relâche, on peut compter sur la première comédienne du Royaume, Touria Jabrane, accessoirement ministre de la culture, qui éblouit les foules dans Tel Quel d’il y a une semaine:

Mais qui avait proposé votre nom au roi ?
Franchement, je n’en ai pas la moindre idée.

Ce ne serait pas, par hasard, Fouad Ali El Himma, l’ami que vous avez soutenu lors de sa campagne électorale ?
Durant les élections, j’ai soutenu toutes les forces vives qui voulaient travailler pour le pays. J’ai aussi apporté mon soutien à plusieurs candidats de l’USFP, comme Habib El Malki et Latifa Jbabdi. Je me suis aussi affichée avec Nabil Benabdellah et Fouad Ali El Himma. Cela dit, El Himma nous donne l’exemple. C’est un jeune qui avait tout : une grande responsabilité et le pouvoir. Mais il a tout abandonné pour servir une région longtemps marginalisée. J’ai fait des tournées dans les campagnes, je connais les Rhamna aussi bien que Casablanca. La population y vit dans la misère : des patelins sans eau, ni électricité, ni écoles. Rhamna est seulement à 70 kilomètres de Marrakech, mais elle en est à des années-lumière en termes de développement.

Sonnez les matines, sortez le champagne et préparez le mouton: le Serviteur des Lieux Saints a serré la main à un rabbin et y a survécu

Je sais d’avance que votre joie n’aura d’égale que votre fierté: le Serviteur des (Deux) Lieux Saints a serré la main à un rabbin à Madrid en ce jour de grâce du 13 rajab de l’an 1429 de l’hégire, selon Le Figaro.

Lors d’une conférence interreligieuse à Madrid, le souverain saoudien a accepté mercredi de serrer la main à des rabbins. C’est une première.

Seul invité venu d’Israël, le rabbin David Rozen ignorait jusqu’au dernier moment s’il allait être autorisé à serrer la main du roi Abdallah d’Arabie saoudite. À l’issue de la cérémonie d’ouverture d’une conférence interreligieuse hier à Madrid, le gardien des lieux saints de l’islam fit le geste historique devant une nuée de photographes. C’est une première dans l’histoire d’une monarchie ultraconservatrice guidée par le wahhabisme, cette doctrine rigoriste de l’islam sunnite.

Une telle prise de risques avec les lois de la biologie raciale n’a pas toujours été de mise pour la diplomatie séoudienne:

Veteran Saudi Foreign Minister Saud al-Faisal combined his announcement regarding his participation in the meeting with an obligation not to shake hands with any Israeli representative. This has been a Saudi custom for a while now. Its representatives also took part in the 1991 Madrid Peace Conference convened immediately after the American victory in the First Gulf War, and there too they played their games, as if Israel is a leper and must not be touched.

Ma fierté d’être représenté, en tant que musulman, par le Serviteur des Lieux Saints a atteint un point d’incandescence quand j’ai lu ceci:

The role of women in religious leadership – and at the conference – was also raised.

Of the several hundred delegates, only a tiny proportion were women, and some delegates complained that no women were due to speak from the platform during the three-day meeting.

Dr Mekia Nedjar, a female Muslim delegate from Spain, was a late addition to the conference programme, and her inclusion was met with warm applause.

Et c’est presque apoplectique que j’ai appris que ce dialogue civilisationnel des cultures, religions et civilisations avait eu lieu depuis quelques temps déjà:

Rumours of secret meetings between Saudi and Israeli officials have abounded over the past year but Saudi Arabia has said publicly it will not offer Israel « normalisation » of ties before a final peace deal.

Le déluge de bonnes nouvelles est cependant impossible à endiguer:

Jerusalem sources told Haaretz that Israel and Saudi Arabia have been holding covert meetings in a third state. The talks in these meetings are reportedly not about changing the relations between Israel and Saudi Arabia but only about the goings on in the region.

A few weeks ago, the Ilaf Web site, a prominent Saudi news medium, applied to the Government Press Office for accreditation for its foreign correspondent in Israel.

Unlike most of the institutional Arab press, Ilaf publishes interviews with Israelis. Another major Saudi newspaper, the London-based Asharq alawsat, published an interview with Prime Minister Ehud Olmert earlier this month.

The paper published interviews with senior Israeli figures several times over the last 10 years but in the past refrained from mentioning that these were exclusive.

The newspaper’s correspondent in Israel, Nazir Majali, told Haaretz on Thursday that his newspaper reflects a growing tendency of Arab patriots who want to restore Arabism and Islam to a central place in world culture, unlike the direction political Islam has taken.

Part of this trend is a change in the attitude toward Israel.

« Saudi Arabia is fulfilling a central role in this trend, both with the Arab peace initiative and in the interfaith dialogue initiated by King Abdullah. But the trend exists in all the states, from Morocco to Yemen, » he said.

Et déjà ce dialogue civilisationnel entre religions du livre semble prendre un formidable envol:

Ambassadors from Arab countries and the Gulf states were among the guests at a reception yesterday for outgoing United Nations Ambassador Dan Gillerman, who is completing a six-year tour of duty. One veteran UN reporter for an American television network told viewers he could not recall such an impressive Arab turnout for a diplomatic event for a senior Israeli official.

The envoys from Egypt, Jordan, Qatar and Oman were seen at the reception, which took place in the official apartment of the Israeli ambassador in Manhattan.

A particular surprise was the attendance at the party of the Palestinian observer at the UN, Riyad Mansour, the senior Palestinian envoy, who usually eschews Israeli diplomatic events and who embraced Gillerman. At a recent Security Council meeting Gillerman and Mansour exchanged heated remarks.

In his words of thanks at the reception, Gillerman noted his particular appreciation for the Palestinian representative for coming, despite criticism of his doing so.

Also at the party was Nobel Prize laureate Elie Wiesel and media star Barbara Walters.

Comment s’empêcher dès lors de crier, tout comme Muna al Fuzai, notre amour pour le Serviteur des Lieux Saints?

I love King Abdullah
Kuwait Times July 19, 2008
By Muna Al-Fuzai, Staff Columnist

I love Saudi King Abdullah. I love this great leader and respect him for his open mentality, advanced thinking, bravery and transparency. For those of you who wonder why I am saying all these things, here are the reasons: King Abdullah of Saudi Arabia called for a new move away from extremism to a new spirit of reconciliation, stating at the opening speech of an interfaith conference in Spain that, « history’s great conflicts were not caused by religion itself, but by its misinterpretation.

The Arab Human Rights Index

Cela peut sembler comme une contradiction dans les termes, un peu comme ministère belge de la culture (1) ou suisse des pêches maritimes. Toujours est-il que le PNUD a développé une excellente base de données, en arabe et en anglais, sur les droits de l’homme dans les pays arabes – principalement du point de vue des traités des droits de l’homme ratifiés ainsi que des conventions de l’Organisation internationale du travail, des réserves à ces ratifications, des rapports officiels des différents organes des droits de l’homme de l’ONU et surtout d’une liste des principales organisations arabes des droits de l’homme.

Un instrument de référence indispensable en d’autres termes.

(1) Il n’y en a pas, d’ailleurs. Pas pour les raisons que vous croyez, mais simplement parce que la culture n’est pas une compétence fédérale mais plutôt des entités fédérées, les régions (Flandre, Wallonie, Bruxelles) et les communautés (Flandre, communauté française, et communauté germanophone).

« Dati a failli prendre Laporte »

Le prix de la meilleure rubrique de l’année, catégorie presse électronique, va au site desourcesure.com: « Rachida Dati a failli prendre Laporte à cause de l’alcool« .

 

Ceux qui douteraient de l’état d’ébriété de Rachida Dati peuvent se reporter à la dixième seconde du clip. Merci d’indiquer si elle est: a) bourrée b) en train de montrer comment transformer un essai en rugby.

Dame Dati nous gâte ces derniers temps. Les amateurs des tenues transparentes apprécieront ceci, à la tribune de l’Assemblée nationale française.

Et tout ça, en l’espace de quelques jours. Impressionnant, non?

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