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It is a joke that Naguib Mahfouz won that silly Nobel Prize. He is our greatest living writer of Arabic, but he is not Egyptian and did not like the Egyptian-Israeli peace treaty.

Angry Arab au sujet de Mahmoud Darwish.

Vous noterez comme le souligne l’Arabe en colère que les médias ne soulignent pas sa détention et son assignation à résidence par les Israëliens en raison de ses poèmes. Vous noterez aussi, comme le souligne Mondoweiss, que si Israël était un Etat de tous ses citoyens au lieu d’un Etat juif, il serait considéré comme un poète israëlien. On notera ensuite, avec Yves Gonzalez-Quijano, les points suivants:

1- Mahmoud Darwish ne sera pas enterré dans sa terre natale, à Haïfa, en raison du refus des autorités d’occupation israëliennes;

2- Contrairement à ce qu’écrit Pierre Assouline, Mahmoud Darwish ne s’est pas exilé en 1970 mais a été exilé par les autorités israëliennes, après avoir été incarcéré et placé en résidence surveillée;

3- S’il était dans « son » pays à Ramallah en 2002, comme l’écrit encore Pierre Assouline, faut-il considérer qu’il ne l’était pas à Al Birweh (1) en 1941? A Al Birweh en 1948? Ou à Al Birweh en 2008? Même mort?

4- Il fût déchu de sa « nationalité » israëlienne;

5- Les éloges sur l’humanisme et le lyrisme de Darwish masquent très maladroitement l’enracinement palestinien, et donc anti-sioniste et anti-colonialiste, de son oeuvre, tout comme les louanges posthumes sur Youssef Chahine passaient sous silence les propos très durs de ce dernier sur Israël ou la politique occidentale au Moyen-Orient:

Mahmoud Darwich n’a cessé de réclamer son besoin d’être entendu comme poète et non pas seulement comme « représentant du peuple-palestinien-opprimé ». L’écho soulevé par sa disparition montre que le versant poétique de l’oeuvre du poète aura donc fini par exister. Reste la part « politique » de cette vie qui s’achève bien avant tout espoir de dénouement pour les Palestiniens, une réalité que trop d’éloges sur « l’universalité », « l’humanisme » et « le lyrisme » de cette création ne ne doivent pas faire oublier (2).

On soulignera qu’Israël ne voulait pas de sa poésie vivant, ni de son corps mort.

On peut également penser comme Mounir que Mahmoud Darwish n’est pas mort.

Le mot de la fin est de Juliette Prétière:

Lui rendre hommage, c’est le lire, ou le relire. Simplement. En tentant de le comprendre par ses textes et leur contexte.

Les vrais poètes ne meurent jamais.

* Une traduction française de ce poème figure ici.

(1) En Galilée, territoire occupé en 1948:

Je suis fier d’être de Galilée, de cette région où foisonnent les signes de la mythologie, de l’histoire et de la civilisation; je suis profondément fier que la Galilée soit en Palestine.

(2) Voici ce qu’écrit Pierre Assouline:

Il s’était retrouvé un peu malgré lui à se faire le porte-voix de la cause palestinienne, notoriété et prestige obligent. Militant quand il lui eût paru indigne de ne pas l’être, il n’avait de cesse de reconquérir sa liberté d’artiste.

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