Vérité à New York, erreur à Caracas

Vous vous rappelez peut-être du référendum constitutionnel spectaculairement perdu l’année dernière au Vénézuela par l’épouvantail de la presse bien-pensante, Hugo Chavez – à la lire, on aurait dit qu’il avait envahi illégalement un Etat membre de l’ONU ou colonisé un autre peuple depuis soixante ans.

Une des réformes constitutionnelles proposée et donc rejetée était le suppression de l’interdiction de mandats successifs à la présidence de la République bolivarienne du Vénezuela. En effet, sur le modèle étatsunien, un président ne peut être élu que deux fois consécutives – le mandat de six ans ne peut donc qu’être renouvelé qu’une seule fois consécutivement (article 230 de la Constitution du Venezuela). Tous les pays n’ont pas ce type de limites: l’Italie l’ignore par exemple, de même que la Suisse.

Bien évidemment, un bonne partie de la presse, aux Etats-Unis et en Europe, voyait dans la proposition de suppression de la limitation des mandats présidentiels un signe avant-coureur du goulag tropical qui attendrait le Vénezuela. Prenons par exemple le New York Times:

Since he took office eight years ago, Venezuela’s president, Hugo Chávez, has grabbed more and more power, exploiting his nation’s oil wealth to buy up popular support. Now there are hopeful signs that his plan to become president for life may be too blatant for the electorate to swallow.

Tomorrow, Venezuelans are scheduled to vote on a package of constitutional reforms proposed by Mr. Chávez that would grant the president control over nearly every major political institution, as well as the option to stand for re-election as many times as he wants.

(…) His favorite provisions, of course, would extend the presidential term from six to seven years and remove presidential term limits.

(…) Now there are signs that more Venezuelans have decided to take a stand and vote no. This referendum is too important to miss. Opponents are calling for a massive “no” vote. For the sake of Venezuela’s battered democracy, voters should heed the call. (NY Times, « Saying No to Chávez« , Dec. 1, 2007)

N’attrapez pas le tournis, mais quelques mois plus tard, le New York Times semblait revenir à une approche plus critique de la limitation des mandats électoraux:

The bedrock of American democracy is the voters’ right to choose. Though well intentioned, New York City’s term limits law severely limits that right, which is why this page has opposed term limits from the outset. The law is particularly unappealing now because it is structured in a way that would deny New Yorkers — at a time when the city’s economy is under great stress — the right to decide for themselves whether an effective and popular mayor should stay in office.

(…) But we would go further and ask the Council to abolish term limits altogether — not to serve any individual’s political career but to serve the larger cause of democracy.

(…) Term limits are seductive, promising relief from mediocre, self-perpetuating incumbents and gridlocked legislatures. They are also profoundly undemocratic, arbitrarily denying voters the ability to choose between good politicians and bad, especially in a city like New York with a strong public campaign-financing system, while automatically removing public servants of proven ability who are at a productive point in their careers.

(…) It is worth repeating: This is a rule that needs to be abolished. If the voters don’t like the result, they can register their views at the polls.

(NY Times, « The Limits of Term Limits« , Sep. 30, 2008

Etonnant, non?

Hat-tip: Ali Esbati & Biology&Politics.

12 Réponses

  1. Deux poids deux mesures? Non ça n’a rien d’étonnant, pourquoi cette question?

  2. Çà c’est du gotcha blogging ou je m’y connais pas!

    Tellement c’est flagrant, que c’est même pas drôle. Le plus énervant, c’est que même avec toute cette montagne de preuve, y’en a qui osent parler de « liberal media ».

  3. Il y a une grande différence !

    Chez gentils alliés ou soumis, le risque d’abus de pouvoir est limité, donc gentil maire peut être réélu infiniment.

    Par contre, les méchants de l’axe du mal doivent gouverner au plus deux fois et en raccourcissant au maximum leurs mandats !

    c’est la démocratie version USA !

  4. j’ai rien pigé dans le texte et dans les commentaires aussi :p

    je pars boire ma dose de caffienne :p

  5. LE JOUR OU TU PONDRAS UN BILLET SANS FAIRE DU « COPIER-COLLER » TU DEVIENDRAS UN BLOGUEUR INTERESSANT.

  6. Remarques : Le président en Italie est honorifique, encore plus en Suisse où le gouvernement est le véritable « président », lorsqu’on s’intéresse aux prérogatives. Les critiques du NY Times concerne les mandats de maire, pas de président. Avoue quand même que le maire a peu de chance de se transformer en despote…

    Ceci dit, il est clair que généralement, la presse US traite de manière plus ou moins biaisée les actus internationales…

  7. Spy Jones: En Suisse, le pouvoir est à chercher dans les cantons. Et plus sérieusement, les postes de chef de gouvernement, où se trouve la réalité du pouvoir sauf au Maroc et en France, ne sont soumis – à ma connaissance – à aucune limite d’aucune espèce. Blair a remporté trois victoire d’affilée, le Suédois Tage Erlander fût premir ministre de 46 à 69, etc.

    Le raisonnement du NY Times est général et sur le plan des principes lorsqu’il évoque les term-limits à NY: ils sont mauvais pas parce que le maire de NY a moins de pouvoir que le président du Venezuela mais intrinsèquement mauvais, car limitant le choix des électeurs. A la bonne heure…

    nadori: ton intérêt pour les choses inintéressantes te perdra…

    sanaa: c’était une question rhétorique

    lixy: le NY Times était pour l’invasion de l’Irak, et ne parlons pas de sa couverture de la Palestine – Richard Falk vient d’y consacrer un livre.

  8. ibn kafka : ze3ma tu fais comme si mon commenatire est absent !!!! a sidi hanya hena mwalfin fe nass ichouffo fina men lfou9 car je suis de petite taille like sarko :p

  9. Actually, I think you might be a bit unfair to the NYT.

  10. Hello, Judith Miller?!!

    You had me there otherwise, must have mixed the NYT with the WaPo.

  11. Maybe, but I’m not too sure about WaPo either. Miller, well, yeah. But editorially speaking.

  12. […] importantly, Hugo Chavez has turned into a political leader that the US and its European leaders – not to speak about the MSM – love to vilify, and the feelings are amply […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :