Colin Powell and the « f*** crazies »

Pour vous dire à quel point Barack Obama est un candidat révolutionnaire (McCain le traite de socialiste, ce qui aux Etats-Unis est l’équivalent ailleurs dans le monde d’un sataniste cannibale pédophile): Colin Powell, l’ex-chef d’état-major de Bush père lors de la deuxième guerre du Golfe (1) et ex-secrétaire d’Etat de Bush fils lors de la troisième guerre du Golfe (celle qui a commencé en 2003 avec l’invasion illégale de l’Irak) lui a déclaré sa flamme, maintenant que son élection semble être plus que probable (même si elle n’est pas acquise – remember Florida 2000 et Dallas 1963). Si les larmes ne vous viennent pas encore aux yeux, il suffira peut-être de préciser que Barack Obama souhaite le voir dans son staff pour son boulot de dans trois mois, pour paraphraser les Guignols.

Car il faut dire que Colin Powell est un homme d’un courage politique extrême: ayant servi Bush père et fils dans deux guerres contre l’Irak (certes, seule la seconde était illégale), ayant contribué par son image de modéré – je ne sais pas trop ce que ça veut dire: probablement que Powell n’est ni Cheney ni Rumsfeld – à l’élection puis la réélection de Bush fils, et ayant défendu, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 5 février 2003, l’existence de fantomatiques armes de destruction massive (2), le voilà qui accourt au secours de la victoire annoncée du candidat Obama. N’égorgez donc pas vos moutons tout de suite, et ne baptisez pas tous vos fils présents et à venir Colin: ni Guantanamo, ni Bagram, ni Abou Ghraïb n’avaient fait démissioner notre héros, qui fût lourdé comme un chaouch une fois la réélection de Bush acquise.

Le commentateur David Corn de Mother Jones a bien noté que ce choix n’avait rien de téméraire:

By Wilkerson’s explanation, the circumstances are indeed in place for a Powell endorsement this weekend. At this stage–with Obama opening a lead, McCain failing to win the last debate, the economic crisis continuing to dominate the news, and not much time left for a major change of direction in the campaign–such an endorsement would be rather significant but it would also be only 60-percent gutsy.

Granted, les adversaires d’Obama ne sont pas très sympas: comme le résume Kevin Drum, également chez Mother Jones, « Obama is a Black Muslim, Anti-Christian Socialist Plotting with an Evil Jewish Billionaire« . Il ne manque plus qu’une mention de Bob Ménard, Moulay Hicham, Ali Lmrabet et le réseau Belliraj pour qu’un Marocain ne se sente pas dépaysé.

Pas besoin d’être paranoïaque pour craindre le pire – et se rappeler du beau palmarès des années 60: JFK, Malcolm X, Martin Luther King et RFK. Pour être certain que c’est pire de l’autre côté, en dépit des jambes de Sarah Palin, il suffit de voir cet extrait d’Al Jazeera English repris par Lenin’s Tomb:

Pour en revenir à Powell, il ressort d’un livre que je suis en train de terminer – « The accidental American: Blair and the presidency » de James Naughtie – que Powell a fait son sale boulot de secrétaire d’Etat – c’est-à-dire ministre des affaires étrangères – de Bush sans conviction, conformément à la tradition du mercenariat militaire:

Referring to the Cheney-Rumsfeld-Wolfowitz group, Powell did not find it necessary to conceal his irritation and feeling of alienation from their view. He told Straw in one of their conversations that they were « fucking crazies ». (James Naughtie, « The accidental American« , Pan Books, London, 2005, p. 127).

Ce bouquin, consacré à la « special relationship » censée lier le Royaume-Uni aux Etats-Unis, contient une autre citation intéressante, faite par un intime de Blair profondément impliqué dans la formulation de la politique étrangère à 10, Downing Street à l’époque (3):

People speak of the special relationship with the United States. Not only is it misleading as far as Britain is concerned, it misses the truth. There is only one special relationship in Washington. That is with Israel, because it is the only foreign country that can affect domestic politics in America. (id., p. 207)

(1) Nonobstant le nombrilisme étatsunien, la première guerre du Golfe fût celle entre l’Iran et l’Irak entre 1980 et 1988.

(2) Soit dit en passant, pour le volet nucléaire de ces armes de destruction massive, les Etats-Unis sont le seul Etat au monde à en avoir fait usage.

(3) Cette description, donnée par l’auteur, semble correspondre à Sir David Manning.

Memo to young female professionals: things to avoid saying in a work setting

Une de ces conférences internes que les employeurs organisent pour motiver leurs troupes. Tout mon travail y est, des secrétaires aux cadres. Nous sommes répartis en petits groupes, et devons présentement effectuer un travail de groupe ludique en vue, j’imagine, de dégager les mécanismes de répartition des tâches et de direction du travail en groupe. La tâche à accomplir comporte notamment de souffler dans des ballons – je vous épargne les détails.

Dans un groupe voisin, j’entends quelques collègues désignés rechigner contre cette tâche. Une jeune collègue, particulièrement extravertie, les sermonne: « come on you guys! » (eh oui, les participants ne sont pas que du plubopaysdumonde, et la lingua franca universelle était pratiquée). Les réticences demeurent. L’amazone répond alors: « forget about me, I don’t blow balloons, I only blow men« .

Plus tard dans la journée, à la fin de la conférence, et dans le bus qui nous ramène du centre de conférence au bureau, un collègue a mis bien en évidence, sur un porte bagages visible de tout l’arrière du bus, un bag fièrement orné du logo de Viagra.

La politique étrangère du Maroc est désintéressée

Si, si, c’est absolument vrai. Prenez le cas de l’indépendance du Kosovo, province serbe sous administration de l’ONU (et de facto des Etats-Unis et de leurs alliés européens), récemment proclamée par les autorités locales. La liste des pays – 50 seulement – ayant reconnu l’indépendance du Kosovo est parlante: 21 Etats membres de l’OTAN, qui avait illégalement agressé la Serbie en 1999, et plusieurs alliés des Etats-Unis. Bien évidemment, le Kosovo indépendant ne peut adhérer à l’ONU en raison du veto russe (et chinois, sans doute), qui pour différentes raisons n’apprécie quère le séparatisme – du moins lorsque ce séparatisme se manifeste ailleurs qu’en Géorgie, et l’opération semble bien être instrumentalisée par les Etats-Unis et des pays européens

Le Maroc, fidèle à sa tradition, a courageusement ouvert le robinet d’eau tiède. Il a décidé de ne pas se prononcer sur la question. Et pourtant, il n’a pas échappé, même aux personnes les plus fermées aux choses de l’esprit, que la question du séparatisme et de la défense de l’intégrité territoriale semblait revêtir de l’importance aux autorités marocaines. La cohérence aurait dès lors dicté de prendre toutes décisions et positions en vue de faire respecter ce principe, tant s’agissant des provinces du sud que d’autres territoires. Par exemple, contre la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo.

Bien évidemment, cela aurait déplu au parrain étatsunien du Maroc.

Or, il se trouve qu’à l’initiative de la Serbie, l’assemblée générale de l’ONU a décidé de saisir la Cour internationale de justice sise à La Haye sur la légalité de la proclamation d’indépendance unilatérale du Kosovo. Devant cette occasion de marquer sa position de principe pour le principe de l’intégrité territoriale et contre tout séparatisme, le Maroc, n’écoutant que son seul courage, a choisi de s’abstenir, choisissant l’alliance étatsunienne devant l’intérêt national.

Bravo, superbe exemple de désintéressement! Ca rappelle l’internationalisme prolétarien de naguère, ou l’hospitalité bédouine – le Maroc préfère sacrifier ses intérêts plutôt que de peiner un « ami »…

Ceci étant, le voisin de l’Est, fanatique soutien du séparatisme du Polisario au Sahara marocain, au nom du droit à l’autodétermination, a choisi d’ignorer ce dernier, et de rejoindre le camp des pays faisant primer l’intégrité territoriale, au nom de la cohérence sans doute:

The representative of Algeria said he firmly backed the work of the Court, and believed in the primacy of international law in international relations. The draft contained no elements of a political or controversial nature, and it was the prerogative of any State to request an advisory opinion. For that reason, it would vote in favour of the resolution.

Fabuleuse légalité internationale que voilà, qui selon Alger cautionne le séparatisme au Maroc et l’intégrité territoriale en Serbie…

Etudiez la liste des 77 pays ayant soutenu l’initiative serbe de saisine de la Cour internationale de justice – ce sont soit des pays non-alignés ou des pays ayant des problèmes d’intégrité territoriale. La liste de 6 pays ayant voté contre est caricaturale: outre le cas de l’Albanie, dont on comprend fort bien l’attitude, il y a les Etats-Unis, les Iles Marshall, la Micronésie, Nauru et Palau. Les 76 pays s’étant abstenus comprend principalement des pays européens et alliés des Etats-Unis, dont le Maroc, lAfghanistan de Hamid Karzaï et Israël. L’irak, confronté au séparatisme kurde, avait judicieusement choisi d’être absent lors du vote…

Pour le fun, il serait marrant de connaître l’attitude du Polisario sur cette question…

Hat-tip: International Law Observer.

Shoe-fetishism, ou trop is te veel

J’en parlais avec Judith Butler ce matin: les prises de vues des photographes d’agences de presse couvrant la campagne présidentielle étatsunienne sont étonnantes lorsqu’est photographiée Sarah Palin – mais est-ce vraiment le personnage politique Sarah Palin qui est photographié?

Un exemple: voyez cette photo.

plasing the crowds or the photographer?

pleasing the crowds or the photographer?

On y voit au premier plan, certes un peu flou, les jambes de Sarah Palin, sur une tribune surélevée, avec au centre de la photo un membre extatique de l’audience, la main sur le coeur, regardant vers Sarah Palin – ou ses jambes, si on en croit la légende particulièrement équivoque de l’AFP (telle que lue sur yahoo.com):

Pleasing the crowd : A supporter holds his chest as he stares up at vice-presidential candidate Sarah Palin (L) during a rally in Virginia Beach,Virginia.
(AFP/Jim Watson)

Pleasing the crowd all right…

Rajoutez à cela une série impressionnante de prises de vue sur les chaussures à talon de Sarah Palin:

Cette photo est particulièrement intéressante par la légende qui l’accompagne:

Supporters listen to Republican vice presidential running mate, Alaska Gov. Sarah Palin, legs visible, during a rally with Republican presidential candidate, Sen. John McCain, R-Ariz., not visible, in Bethlehem, Pa., Wednesday, Oct. 8, 2008.
(AP Photo/Gerald Herbert)

Et quand ce ne sont pas ses jambes, il y a toujours celles de Cindy Mc Cain:

Pas étonnant que l’on voit se vendre des t-shirts du style de celui-ci, qui est parmi les plus décents:

Je sais que nombre parmi vous sont impatients à l’idée de voir les clichés des chaussures de Joe Biden, le pendant démocrate de la candidate républicaine à la vide-présidence Sarah Palin. Les voici:

Ah, mince, j’oubliais: en cherchant sur le site « photo on Yahoo news« , je n’ai rien trouvé. Etonnant, non?

Ca n’a pas échappé au blog Sarah Palin Sexism Watch, qui n’approuve pas ses positions anti-féministes notamment sur l’avortement et qui appelle à voter pour Obama, mais qui épingle le traitement sexiste de Sarah Palin, ou plutôt de ses jambes. Un autre blog féministe, Shakesville, détaille également les attaques sexistes subies par Palin, tout en rejetant fermement ses opinions. De manière assez ironique, Fox News, guère connu pour ses prises de position féministes, a dénoncé le sexisme dans les prises de vue des photographes fétichistes de Reuters…

L’exploitation commerciale de ce filon a en tout cas déjà commencé. Parmi les produits les moins grossiers, j’aime assez le boxer-short « How dare Obama run for office with two small children at home » :

If the CIA says you’re safe, begin to worry


Mes expériences cinématographiques passées m’ont incité à commencer la biographie du Che par Jorge Castañeda (qui fût par la suite ministre des affaires étrangères du président mexicain Vicente Fox – « Compañero: the life and death of Che Guevara« : autant le dire tout de suite, c’est un chef d’oeuvre du genre biographique. Cette spécialité anglo-saxonne – j’ai des souvenirs de la biographie sur Huey Long de T. Harry Williams, où le moindre fait de l’enfance jusqu’à la mort de ce légendaire gouverneur populiste et progressiste de Lousiane était consigné, reposant sur des entretiens avec des témoins ou des archives d’époque.

Je ne recommande pas la lecture de l’ouvrage de Jorge Castañeda à quiconque souhaite se lancer dans la biographie – il ou elle y renoncerait, faute de ne pouvoir être à la hauteur. Parmi les sources, on trouve le courrier du Che à sa famille, à ses amis, des témoignages de personnes ayant travaillé avec lui, des sources officielles, des sources confidentielles, ainsi que la marée d’articles et d’ouvrages consacrés au Che et à Cuba, en espagnol, en anglais et en français. Certes, l’ouvrage peut être critiqué sur tel ou tel point – sur la mort du Che, Jorge Castañeda semble avoir été dupé par les ignobles mensonges de Régis Debray (1) – mais il est impressionnant de nuance, d’empathie et de sens critique – les passages sur la catastrophique politique économique suivie par le Che lors de son passage au ministère cubain de l’industrie (qui contraste par ailleurs avec sa politique sensée en tant que gouverneur de la banque centrale cubaine) sont sans aucune concession.

Parmi les très nombreux documents confidentiels – dont certains ont depuis été déclassifiés – cités par Jorge Castañeda, on trouve cette fascinante dépêche de la CIA, rédigée et communiquée à Langley un mois avant l’entrée triomphale de Fidel Castro, le Che et Camilo Cienfuegos et leurs partisans à La Havane, le 3 janvier 1959:

Castro has failed to prevent the majority of the Cuban people that his personality and program, in preference to Batista‘s, are worth fighting for. Cuba continues to enjoy relative economic prosperity, and a large part of the population, probably concerned that revolution would jeopardise their well-being, appears to hope that there can be a peaceful transition from authoritarian to constitutional government. (Director of Central Intelligence, Special National Intelligence Estimate, nos 85-58, « The situation in Cuba », November 24, 1958)

On se rappelle également des prévisions de la CIA sur l’avenir politique du Shah d’Iran, et on pourrait également évoquer, dans l’autre sens, leurs prévisions erronées sur le sort de feu Hassan II, donné condamné après les deux coups d’Etat avortés de 1971 et 1972…

(1) Ciro Bustos, compagnon du Che lors de la désastreuse aventure bolivienne, fût fait prisonnier. La postérité du Che, notamment par le biais du mondialement célèbre Régis Debray, prisonnier en même temps, en fît le bouc-émissaire, le traître censé avoir dénoncé la cachette du Che. Cet Argentin, qui obtint l’asile politique en Suède dans les années 70, et qui vit à Malmö, fît l’objet d’une réhabilitation suite au documentaire « Sacrificio » des deux journalistes suédois Tarik Saleh et Erik Gandini.

Le Maroc adresse un signe fort à l’égard des marchés financiers

Le Maroc ne cédera pas aux ftours qui déboulent ou aux petits malins. Farid nous apprend en effet l’inauguration du nouveau siège de la chambre des conseillers, institution dont l’utilité peut être discutée:

Après avoir dévoilé la plaque commémorative et coupé le ruban symbolique, le Souverain a visité les différentes dépendances de ce siège de trois étages, érigé sur une superficie de 13.000 m2.
S.M. le Roi a également visité la salle des séances plénières qui s’étend sur 1.300 m2 avec 800 sièges. Eclairée selon les techniques les plus modernes, et dotée d’équipements audiovisuels des plus sophistiqués, cette salle dispose, en outre, de six caméras permettant une meilleure transmission en direct des séances.

Quelque 40 entreprises marocaines ont contribué à la construction du siège de la Chambre des conseillers, selon des normes architecturales de grande qualité. La Chambre dispose de 13 salles multifonctions, en plus d’espaces dédiés aux journalistes, munis d’outils de traduction simultanée et d’un système informatique élaboré pour l’archivage des activités et travaux de la Chambre.
La Chambre des conseillers fournira tous les services nécessaires aux journalistes particulièrement en matière de traduction et de disponibilité de documents et de données.

9 octobre 1967

Avec un peu de retard, 41 années après son assassinat, un hommage au Che, hommage que je ne m’explique pas réellement n’ayant jamais été communiste:

La version originale est du martyr chilien Victor Jara:

Pour expliquer cet hommage, je trouve que le journaliste et bloggeur sud-africain Tony Karon, a.k.a. The Rootless Cosmopolitan, a trouvé les meilleurs mots dans « The guilty pleasure of Fidel Castro« :

What fascinates me, however, is the guilty pleasure with which so many millions of people around the world revere Fidel Castro — revere him, but wouldn’t dream of emulating his approach to economics or governance. People, in other words, who would not be comfortable actually living in Castro’s Cuba, much as they like the idea of him sticking it the arrogant yanqui, his physical and political survival a sure sign that Washington’s awesome power has limits — and can therefore be challenged.

Nelson Mandela is a perfect example of the guilty pleasure phenomenon: A dyed-in-the-wool democrat with an exaggerated fondness for British institutions, Mandela is nonetheless a warm friend and admirer of the Cuban leader. The same would be true for almost all of the current generation of ANC leaders in South Africa, not only those who jump and prance while singing about machine guns, but also those with impeccable credentials in Washington and on Wall Street. When the guests were being welcomed at Nelson Mandela’s presidential inauguration in 1994, the announcement of Hillary Clinton’s presence, representing her husband’s administration, elicited polite applause. When Fidel Castro was announced, the assembled political class of the new order went into raptures of ecstasy. (…)

But equally important was what Fidel represented to the global south — not a model of governance and economic management (after all, the very ANC leaders who cheered him to the heavens were embarked upon a diametrically different political and economic path to Castro’s — whose revolution, by the way, looked as if it was on its last legs in 1994, having lost the massive Soviet subsidy that had enabled a quality of life for poor people unrivaled in the developing world). No, what Fidel represented to South Africa’s new leaders was a symbol of independence, of casting off colonial and neo-colonial overlords and defending your sovereignty, against Quixotic odds, from an arrogant power.

Take a survey among today’s Latin American leaders on Fidel Castro, and he’ll get a huge popularity rating. For the likes of Venezuela’s Hugo Chavez and Nicaragua’s Daniel Ortega, he has, rather unfortunately, been a role model in every sense; for the more sober and pragmatic social democrats of the Lula-Bachelet-Kirschner variety, Fidel nonetheless represents an inspiration that opened the way for their generation to cut their own path and stand up to the U.S.-backed dictators that imprisoned and tortured their ilk. In Latin America, Castro personifies nothing as much as defiance of the Monroe Doctrine, by which the U.S. had defined the continent as its backyard, reserving the right to veto, by force, anything it didn’t like. Get a Mexican conservative politician drunk in a discreet setting, and you’ll probably discover a closet Castro fan.

Castro appeals not only to socialists, but to nationalists everywhere. And, of course, the Cuban leader himself was a radical nationalist, rather than a communist, when he seized power in 1959, and the U.S. response to his moves to nationalize the sugar industry were part of what drove him to make common cause with the Soviets.

Addendum: le texte de Tony Karon traite de Fidel Castro mais s’applique dans son principe aussi au Ché, même s’il y a des éléments particuliers – sa fin dramatique particulièrement – qui contribuent tout spécialement à la popularité du Che.

Crise financière – quelques pistes concrètes

La première piste, via Lenin’s Tomb:

La deuxième piste offre une méthodologie alternative mais équivalente dans ses effets, via le Comité de salut public:

Ceci sans préjudice du programme d’endiguement du déboulement des ftours et de l’éradication du gang des petits malins.

Vérité à New York, erreur à Caracas

Vous vous rappelez peut-être du référendum constitutionnel spectaculairement perdu l’année dernière au Vénézuela par l’épouvantail de la presse bien-pensante, Hugo Chavez – à la lire, on aurait dit qu’il avait envahi illégalement un Etat membre de l’ONU ou colonisé un autre peuple depuis soixante ans.

Une des réformes constitutionnelles proposée et donc rejetée était le suppression de l’interdiction de mandats successifs à la présidence de la République bolivarienne du Vénezuela. En effet, sur le modèle étatsunien, un président ne peut être élu que deux fois consécutives – le mandat de six ans ne peut donc qu’être renouvelé qu’une seule fois consécutivement (article 230 de la Constitution du Venezuela). Tous les pays n’ont pas ce type de limites: l’Italie l’ignore par exemple, de même que la Suisse.

Bien évidemment, un bonne partie de la presse, aux Etats-Unis et en Europe, voyait dans la proposition de suppression de la limitation des mandats présidentiels un signe avant-coureur du goulag tropical qui attendrait le Vénezuela. Prenons par exemple le New York Times:

Since he took office eight years ago, Venezuela’s president, Hugo Chávez, has grabbed more and more power, exploiting his nation’s oil wealth to buy up popular support. Now there are hopeful signs that his plan to become president for life may be too blatant for the electorate to swallow.

Tomorrow, Venezuelans are scheduled to vote on a package of constitutional reforms proposed by Mr. Chávez that would grant the president control over nearly every major political institution, as well as the option to stand for re-election as many times as he wants.

(…) His favorite provisions, of course, would extend the presidential term from six to seven years and remove presidential term limits.

(…) Now there are signs that more Venezuelans have decided to take a stand and vote no. This referendum is too important to miss. Opponents are calling for a massive “no” vote. For the sake of Venezuela’s battered democracy, voters should heed the call. (NY Times, « Saying No to Chávez« , Dec. 1, 2007)

N’attrapez pas le tournis, mais quelques mois plus tard, le New York Times semblait revenir à une approche plus critique de la limitation des mandats électoraux:

The bedrock of American democracy is the voters’ right to choose. Though well intentioned, New York City’s term limits law severely limits that right, which is why this page has opposed term limits from the outset. The law is particularly unappealing now because it is structured in a way that would deny New Yorkers — at a time when the city’s economy is under great stress — the right to decide for themselves whether an effective and popular mayor should stay in office.

(…) But we would go further and ask the Council to abolish term limits altogether — not to serve any individual’s political career but to serve the larger cause of democracy.

(…) Term limits are seductive, promising relief from mediocre, self-perpetuating incumbents and gridlocked legislatures. They are also profoundly undemocratic, arbitrarily denying voters the ability to choose between good politicians and bad, especially in a city like New York with a strong public campaign-financing system, while automatically removing public servants of proven ability who are at a productive point in their careers.

(…) It is worth repeating: This is a rule that needs to be abolished. If the voters don’t like the result, they can register their views at the polls.

(NY Times, « The Limits of Term Limits« , Sep. 30, 2008

Etonnant, non?

Hat-tip: Ali Esbati & Biology&Politics.

Même la Corée du Nord s’inquiète du krach boursier

Devant les grandes catastrophes qui endeuillent le monde boursier, l’humanité est une et indivisible. Jugez-en:

Ah non, mince, je me suis gouré, c’était les scènes de deuil du regretté Kim Il Sung. Autant pour moi.

Hat-tip: Svenska Dagbladets ledarredaktion (det är inte varje dag…).

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