Julius Streicher passe live sur Al Jazeera

Julius Streicher passe actuellement sur Al Jazeera. Il dit qu’aucun pays ne s’est libéré ou a exercé son droit à la résistance en bombardant des écoles ou des hôpitaux. Il vise le Hamas par ces propos. Aucun pays n’a résisté en tuant des enfants, dit-il. Croyez-le ou non, en disant ça il affirme défendre Israël.

Ah non, autant pour moi, il s’appelle en fait Alan Dershowitz et est professeur de droit à Harvard, et supporter de Barack Obama (« I am a strong supporter of Israel. I am also a strong supporter of Barack Obama« ). Harvard, l’université qui a également George Bush dans le registre des anciens élèves. Yale, schmale, Harvard, schmarvard.

Julius Streicher, qui ça? Oh, un directeur de publication allemand, pendu à Nuremberg en 1946 pour conspiration en vue de commettre le crime d’agression, des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, ainsi que pour crimes contre l’humanité – il utilisait sa plume pour soutenir et encourager la persécution des juifs ainsi que les agressions militaires d’Hitler.

Des bombes au phosphore blanc à Gaza

09gitmo_500Le docteur Moussa El Haddad, qui habite au centre de Gaza, proche de la mer, raconte comment les avions F-16 survolent la ville à très basse habitude, larguant leurs bombes ou missiles. Les hélicoptères Apache survolent également la ville. Il indique que des familles entières – parents et enfants – ont été décimées lors des bombardements aujourd’hui. Il dit avoir vu des nuages blancs après des explosions similaires à ceux produits par les bombes au phosphore blanc, qu’Israël a utilisées dans la guerre du Liban en 2006. Ce sont des bombes incendiaires, considérées par certains comme des armes chimiques. Armes chimiques? Vous voulez dire des armes de destruction massive? Non, les armes de destructions massives ne sont que celles détenues par les pays arabes non alignés sur les Etats-Unis.

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Interrogé sur le soutien au Hamas, il répond violemment: « Ca veut dire quoi, soutenir le Hamas? Les Palestiniens soutiennent ceux qui le défendent« .

Miss KHamas, alias Avital Leibovich, la civile en uniforme de major de l’armée israëlienne, tente de convaincre que le sionisme est un humanisme: « toute cible associée au Hamas est légitime, qu’il s’agisse d’une personne ou d’un immeuble« .

Un envoyé d’Al Jazeera raconte que six ouvriers sont coincés dans l’usine Pepsi Cola en flammes – les usines et ateliers de construction sont tout particulièrement visés par les bombardements israëliens. Trois heures après, toujours pas de nouvelles. La bande de Gaza est coupée en deux par l’armée israëlienne, aux portes de Gaza City.

Un père, tenant le cadavre son bébé de 7 mois dans ses bras (les yeux et la bouche ouverts de ce bébé me hantent), raconte comment lui, paysan vivant à l’est de la bande de Gaza, a vu son fils agoniser pendant une journée faute de soins, les bombardements israëliens l’en empêchant. Sa femme et trois autres enfants sont également morts.

Des scènes de détresse devant un hôpital gaziote: un père totalement inconsolable, ayant amené son enfant qu’il sait condamné. Les enfants blessés qu’on apporte. Un enfant, arrivé blessé, est déclaré mort, et l’infirmière relève la couverture sur son visage. Un adolescent qui vient d’être amputé récite la shouhada. Une jeune mère éplorée crie « Qu’avons nous fait? Pourquoi le sang palestinien est-il si bon marché? Où est le monde arabe dont on nous parlait à l’école? Pourquoi nos voisins vivent-ils en paix et nous comme ça?« .

Les réfugiés affluent du nord et de l’est de la bande de Gaza vers Gaza City, où ils sont accueillis de manière rudimentaire dans des écoles. Pas de couvertures, pas de nourriture, des familles entières. Les réfugiés sont enragés contre les leaders arabes. « Ne sommes nous pas tous les enfants de Dieu? Nous voulons aussi la paix » dit un vieil homme. Une jeune fille pleure, pour les enfants de Gaza, forcés de boire de l’eau sale.

La délégation de l’Union européenne n’a obtenu ni cessez-le-feu ni l’autorisation de faire parvenir de l’aide humanitaire de la part de la ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni. A Gaza, les Palestiniens sont écoeurés par l’attitude des Européens – le Conseil de l’Union européenne, à l’unanimité des 27 Etats membres, a accepté le principe d’un statut avancé pour Israël dans son association avec l’Union européenne (mais ça doit passer devant le Parlement européen avant d’entrer en vigueur). Alain Gresh du Monde diplomatique l’avait écrit: l’Union européenne capitule devant Israël.

Pour la dixième journée consécutive, des manifestations ont eu lieu à Ramallah, contre la guerre à Gaza. Quatre morts parmi les manifestants de Ramallah ces derniers jours, tombés sur les balles israëliennes. Selon la correspondante d’Al Jazeera, l’unité entre Palestiniens semble faite; même Pierre Mazen, alias Abou Laval, a invité toutes les tendances de la résistance – FPLP, Jihad islamique, Hamas notamment – à assister aux réunions de l’Autorité palestinienne de Cisjordanie. Des députés de toutes tendances parlent aux manifestants à Ramallah. Même la télévision palestinienne de Ramallah souligne la tendance en consacrant l’intégralité de ses émissions au massacre de Gaza. Abou Mazen aurait demandé à ses fidèles de ne plus attaquer le Hamas – la tactique des premiers jours est donc totalement renversée, résultat sans doute de son échec total auprès du peuple palestinien et surtout auprès de l’opinion arabe. Ceux qui pensent que l’opinion publique n’importe pas pourront le méditer.

Haïdar Eid, professeur universitaire, raconte le bombardement par avions, hélicoptères, artillerie, chars et navires de guerre. Son quartier n’accueille aucun groupende résistants, dit-il. « What more do the Arab governments need to see to act? What more than the corpses of children do they need to see? What more do the international community? Gaza is dying before the eyes of the international community« . Je n’ai pas l’électricité depuis 8 jours, rajoute-t-il. Transmis à la délégation de l’Union européenne et Nicolas Sarkozy – ah, et aussi le cadavre politique qu’est Tony Blair, représentant du dit « quartet » – l’idée que Tony Blair – ou Lord Blair of Kut al Amara comme l’a surnommé Robert Fisk – ait été désigné pour aider la cause de la paix au Moyen-Orient devrait faire rendre leurs plumes à tous les romanciers et fantaisistes: jamais ils ne surpasseront la réalité.

Si je n’avais pas peur de ne pas être grossier, je mentionnerai également ce qui tient lieu de gouvernants au monde arabe. La seule chose de bien à sortir de ce massacre c’est la déroute de la tactique sectaire israëlo-étatsuno-séoudienne, reprise par les dirigeants arabes, tenant à minimiser la menace israëlienne pour les populations arabes de Palestine, du Liban et de Syrie, et à inventer de toutes pièces une menace irano-chiite – je souhaiterais que quelqu’un de censé m’explique comment l’Iran de 2009 (pas celui de 1979) pourrait menacer la Jordanie, l’Egypte ou la Palestine. La déroute de cette tactique criminelle, qui ne peut que germer dans les cerveaux dérangés d’émirs abrutis par le lucre et le fanatisme tribal, est une excellente nouvelle. La propagande séoudienne, qui avait reçu un coup mortel en mai dernier à Beyrouth après la déroute de leur protégé local, a désormais reçu le coup de grâce – les bombes israëliennes s’en sont chargées. Cette propagande sera sans doute resservie pour consommation externe, c’est-à-dire principalement occidentale, mais tous les efforts d’Al Arabiya, de Sharq al awsat et consorts seronts vains au sein du public-cible, le public arabe. Bravo, les artistes. Pas un pour rattraper l’autre. Les hommes sans qualités.

Témoignage et photos des deux chirurgiens norvégiens à Gaza: « Nous pataugeons dans la mort, le sang et les amputations »

Les chirurgiens de l'hôpital Shifa opérent plusieurs patients en même temps. On notera que la stérilisation du bloc opératoire est impossible. Certains patients sont opérés dans les couloirs.

Les chirurgiens de l'hôpital Shifa opérent plusieurs patients en même temps. On notera que la stérilisation du bloc opératoire est impossible. Certains patients sont opérés dans les couloirs.

Les deux chirurgiens bénévoles norvégiens partis il y a une semaine à Gaza pour aider l’hôpital Shifa témoignent dans le quotidien norvégien Aftenposten et le tabloïd social-démocrate suédois Aftonbladet, qui publient également des photos prises par eux.

Le chirurgien norvégien Erik Fosse

Le chirurgien norvégien Erik Fosse

Le chirurgien norvégien Mads Gilbert

Le chirurgien norvégien Mads Gilbert

Sous la rubrique « Presque que des civils sont blessés« , Aftenposten reprend les témoignages des deux chirurgiens norvégiens – les deux seuls volontaires humanitaires ayant été autorisés à entrer à Gaza par Israël depuis le début de la guerre – et reproduit les photos qu’ils ont prises à l’hôpital Shifa de Gaza.

Erik Fosse: « C’est pratiquement indescriptible. Cette matinée il y a eu une attaque contre un marché de légumes. 80 blessés, 20 morts sur le champ. Ici à l’hôpital les blessés civils graves affluent. Beaucoup d’entre eux sont des enfants. Nous opérons plusieurs patients dans la même salle d’opérations. Nous opérons des patients dans les corridors. Nous devons improviser tout le temps. Ce dernier jour il y a eu des attaques violentes contre le marché aux légumes et contre une mosquée à l’heure de la prière« . Il ajoute que dimanche, 150 patients ont été admis, dont 30% de femmes et enfants.

Aftenposten lui demande si ce sont surtout des civils qui sont blessés. « Oui. Ils ont nulle part où aller. Les soldats sont entraînés à ce genre de situations, et savent ou ils peuvent aller se protéger. C’est ce qui fait la plus forte impression sur nous: ce sont surtout des civils qui sont blessés. Il ya beaucoup d’enfants, et des familles. Et on parle ici de blessures graves et importantes, et d’opérations difficiles et demandant du temps. Nous avons ainsi beaucoup d’artères à recoudre« .

Au moment où Aftenposten a interviewé Erik Fosse dimanche, il venait de recevoir deux enfants, frère et soeur, âgés d’entre 10 et 12 ans. Leurs parents leur avait interdit de jouer dehors, et ils jouaient sur le toit de leur maison, ce qui leur a été fatal. « Nous n’avons pas pu sauver l’un deux. L’autre a perdu une jambe. C’est le genre de choses que nous rencontrons tout le temps« .

Le journaliste norvégien l’interroge sur sa propre sécurité: « Nous n’y pensons pas beaucoup. Nous sommes médecins et sommes ici pour aider. Nous nous focalisons sur les blessés. Et les Israëliens savent qui nous sommes et où nous nous trouvons. Si cet hôpital est attaqué, c’est que c’est délibéré« . La conversation téléphonique s’interrompt momentanément en raison du bruit d’un hélicoptère israëlien qui survole l’hôpital. « Ils sont très près de nous« , dit Fosse.

« Ce qui nous marque ici c’est le sentiment d’impuissance. Le plus petit enfant que j’ai opéré a huit mois. Nous avons aussi eu une grand-mère, sa fille et son petit-enfant après l’attaque contre la mosquée. La grand-mère est morte avant que nous ayions pu l’opérer« .

Fosse et Gilbert ne s’attendaient pas à être les seuls occidentaux autorisés à entrer dans la bande de Gaza durant cette guerre, et dès lors les seuls, selon Aftenposten qui oublie ainsi le million et demi de Palestiniens, à rapporter au monde ce qui s’y passe. « C’est très étonnant que le monde accepte qu’aucune aide professionnelle ne soit autorisée à entrer à Gaza et qu’aucun journaliste professionnel ne soit autorisé à rapporter ce qui s’y passe » – mais Fosse oublie Al Jazeera, seul média présent sous les bombes à Gaza. « Nous ne simmes que deux médecins » – sous-entendu médecins occidentaux – « à travailler dans cet hôpital. J’en ai parlé directement avec le ministre norvégien des affaires étrangères Jonas Gahr Støre. La Norvège et le monde doivent faire pression considérable pour demander que du personnel de santé et des journalistes puissent entrer à Gaza« .

Le journaliste lui demandant combien de temps il compte rester à Gaza, Fosse répond « je ne sais pas, mais il m’est impensable de partir d’ici avant que du personnel humanitaire ne soit autorisé à entrer à Gaza ». Mais il y a bien une limite à vos forces? « Nous dormons et mangeons une demie-heure par-ci par-là quand nous en avons l’occasion », dit Fosse avant de courir vers une ambulance qui vient d’arriver avec des blessés.

Dans un autre article, Aftenposten révèle qu’une équipe de chirurgiens militaires et infirmières expérimentés attand à la frontière de Gaza qu’Israël les autorise à venir en aide – l’autorisation est venue, selon Sven Mollekleiv de la Croix Rouge norvégienne, mais les bombardements retardent le passage de la frontière et le trajet vers l’hôpital, devenu trop risqué.

Les mêmes chirurgiens ont également fait des déclarations au journal suédois Aftonbladet, qui les reproduit dans un article intitulé « Nous pataugeons dans le sang« . Le médecin anesthésiste Mads Gilbert déclare: « les gens meurent entre nos mains. Nous avons eu 100 patients aujourdhui. Beaucoup d’entre eux sont des enfants. C’est une situation terrible ici« .

Des corps déchiquetés, des enfants morts et pas de médicaments, voilà le quotidien d’un hôpital de Gaza. « Nous pataugeons dans la mort, du sang et les amputations« , dit Gilbert. Gilbert et Fosse sont venus à Gaza le 31 décembre, quatre jours après le début de la guerre. La situation n’a cessé de s’empirer: « les gens meurent entre nos mains. Nous avons eu 100 patient aujourd’hui, beaucoup d’enfants. Une des femmes était enceinte. C’est une situation terrible ici« . L’hôpital manque de médicaments, d’équipement et de personnel. Gilbert et Fosse ne dorment que quelques heures par nuit. Les fenêtres ont été soufflées par les explosions et l’électricité ne marche que de temps à autre.

« Il y a la queue pour les tables d’opération. Certains sont opérés dans les corridors. Nous avons du faire des amputations sans anesthésie« .

Les autorités israëliennes affirment qu’il n’y a pas de catastrophe humanitaire à Gaza. les deux médecins norvégiens démentent et ont envoyé des vingtaine de photos afin de montrer la réalité dans cet hôpital palestinien, avec pour objectif de faire réagir le monde rapidement. « C’est une des pires catastrophes humanitaires. Le monde doit agir maintenant. Les Palestiniens ont besoin de toute l’aide qu’on peut leur donner« , dit Mads Gilbert.

Deux saints laïcs, si vous voulez mon avis.

Leurs photos (les légendes sont celles d’Aftonbladet):
"Les gens meurent entre nos mains"

Cet adolescent de 17 ans a été amputé d'une jambe et d'un bras

Cet adolescent de 17 ans a été amputé d'une jambe et d'un bras

Les enfants pleurent, terrorisés par les attaques

Les enfants pleurent, terrorisés par les attaques

Al Jazeera, seul média témoin à Gaza

Il est à la mode, chez les Marocains francophones d’une certaine classe sociale, de vomir à pleins seaux sur Al Jazira, trop arabe, trop pan-arabe, trop islamiste, trop algérienne, trop orientale, pas assez royaliste et sans doute, crime suprême et imprescriptible, pas assez francophone. Je doute que la chaîne doive s’inquiéter de ce désamour, car les autres 90% de la population marocaine semblent mieux l’apprécier. C’est en tout cas la seule chaîne à avoir des envoyés spéciaux sur place à Gaza, ce qui se traduit notamment par les reportages qu’on a pu voir hier soir, dimanche, en direct de l’hôpital Shifah de Gaza. La vraie guerre, loin d’Avital Leibovich, de TF1, d’Al Arabiya (ou plutôt Al siouniya) et de la BBC – cette dernière est tombée au niveau de CNN, c’est dire la disgrâce (j’ai définitivement fait une croix sur la BBC au début de la guerre contre Gaza, au deuxième ou troisième jour. Le gouvernement israëlien avait laissé passer quelques camions d’aide par Rafah, et le journaleux de la BBC avait dit quelque chose du genre « Israël a pris des mesures humanitaires« , sans que l’on sache plus très bien si c’étaient les bombes et le missiles qui étaient visées par cet éloge).

Sur Al Jazeera, la guerre contre Gaza est appelée, tenez-vous bien, le choc est rude pour qui est habitué aux euphémismes des MSM, guerre contre Gaza. J’entends rarement le mot incursion, euphémisme qui rappelle insidieusement excursion. Un député du Likoud, Yuval Steinitz, qui parle des habitants du sud d’Israël qui subissent depuis des mois, jour après jour, les tirs de roquette du Hamas, s’entend demander par l’intervieweur si les Palestiniens, qui sont occupés, jour après jour, depuis 41 ans n’ont pas le droit de réagir, ce qui fait perdre la voix à l’honorable parlementaire pendant 5/10 secondes. Le même Steinitz, qui pose Israël en victime, s’entend rétorquer qu’il est difficile pour les observateurs de voir en victime celui qui tue cent fois plus que son prétendu agresseur (il y a eu cinq morts israëliens depuis le début de la guerre contre Gaza). Un « chercheur » israëlien, Jonathan Spyer, se voit rappeler son passé militaire, et s’entend rétorquer par l’intervieweur, alors qu’il sort l’argument selon lequel le Hamas refuserait de reconnaître Israël, que Khaled Meshaal, dirigeant principal du Hamas, lui avait dit tout le contraire lors d’une interview en 2006.

Mais il faut en profiter, car cela ne durera peut-être pas: un éditorialiste israëlien appelle à l’interdiction d’Al Jazeera (certes seulement en Israël pour commencer), disant que ce geste permettrait d’encourager plusieurs pays arabes qui brûlent d’envie à en faire de même:

We must immediately shut down al-Jazeera’s Israel offices and prevent its employees from working for it. Once Israel does it, many other countries will follow suit, particularly in the Middle East, for their own reasons. They are waiting for Israel to put an end to the recklessness of this non-media channel.

Et on pourra sans doute compter après ça pour l’Europe de suivre en si bon chemin, comme ce fût le cas avec Al Manar, interdite de présence sur Eutelsat et dont la réception en Europe est devenue plus difficile (tiens, c’est amusant, la liberté d’expression n’est pas toujours absolue, contrairement à ce que croient quelques caricaturistes danois).

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