Le sort de Gilad Shalit est toujours inconnu, celui de plus de 700 Palestiniens l’est malheureusement plus

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On ne pourra reprocher à Sarkozy de ne pas avoir le sens des proportions et de la cohérence. De passage à Damas pour vendre son plan de cessez-le-feu, il a ainsi demandé des nouvelles du soldat israëlien Gilad Shalit, également de nationalité française, capturé à Gaza depuis deux ans par des combattants palestiniens. Son sort fait l’objet d’intenses efforts israëliens et d’un travail de propagande impressionnant, l’intéressé, qui servait dans une armée d’occupation et sur un territoire occupé, ayant même été comparé à Ingrid Betancourt, une civile et politicienne kidnappée dans le contexte d’une guerre civile.

Voici ce qu’il a dit:

« President Sarkozy used the opportunity to ask Assad for proof that Gilad Shalit is alive, » said the source. « He told the Syrian president that the matter if of personal interest to him. »

Soit: « Le président Sarkozy a saisi l’occasion pour demander à Assad des preuves que Gilad Shalit est en vie, a révélé une source. Il a dit au président syrien que la question présentait un intérêt personnel pour lui« .

Je dois avouer n’avoir aucune preuve que Gilad Shalit soit encore en vie. Mais je connais le sort récent de 700 Palestiniens.

PS: je me demande si Sarkozy a évoqué le cas du franco-palestinien Salah Hammouri lors de son escale israëlienne.

Des snipers israëliens visent les ambulanciers palestiniens

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Al Jazeera montre le film d’une ambulance palestinienne, accompagnée de deux militants espagnol et canadien des droits de l’homme qui ont filmé la scène. Ils se rendent à un endroit où se trouve un blessé, qui est mort entretemps. Alors que deux infirmiers se dirigent vers le cadavre pour le ramener à la morgue, une dizaine de coups de feu claquent, venant de soldats israëliens. Une balle, atteignant le crâne du mort, ricochète et blesse un infirmier à la jambe – le tout filmé par les deux militants étrangers et retransmis sur Al Jazeera.

Selon un médecin gaziote, ving-cinq infirmiers, ambulanciers et para-médicaux ont été tués depuis le début de la guerre. Les bombardements reprennent après la « trève » de trois heures qu’Israël a annoncé pour la première fois en douze jours – en fait, cette trève ne vaut que pour Gaza City et pas pour le reste de a bande de Gaza, qui a continué à être bombardé. Il n’y a plus d’eau courante dans la majeure partie de Gaza. Les habitants boivent l’eau du bain. Des queues immenses se déroulent devant les boulangeries, exceptionnellement ouvertes durant ces derniers douze jours. Les boulangeries desservent des quartiers entiers, des habitants n’ont pu s’y rendre que chaque trois jours en raison de la distance et des bombardements.

Un autre exemple du traitement infligé aux équipes médicales palestiniennes, rapporté toujours sur Al Jazeera. Des immeubles au nord de la bande de Gaza, touchés par des bombardements israëliens il y a quatre jours, recueillaient sous leurs décombres morts et blessés. Des ambulances ont enfin pu s’y rendre aujourd’hui, à la faveur de la trève de trois heures, après autorisation finalement donnée (après quatre jours) par l’armée israëlienne. L’armée israëlienne refusé de laisser les ambulances parvenir jusqu’aux décombres. Elles ont dû s’arrêter à deux kilomètres. Morts et survivants ont du être portés à pied par les ambulanciers. Les Palestiniens meurent sous les décombres, et les sauveteurs sont empêchés de les aider.

Au Caire, un concert fût annulé le réveillon en solidarité avec Gaza. Au Maroc, «S.M. le Roi suit de très prés l’évolution dramatique dans la Bande de Gaza depuis le déclenchement par Israël des opérations militaires». Le grand mufti d’Arabie séoudite a déclaré que les manifestations en faveur de la Palestine détournaient les musulmans de l’accomplissement du rite.

Pendant ce temps, le Vénezuela de Hugo Chavez (ne dites pas du mal de lui en ma présence) a déclaré l’ambassadeur israëlien à Caracas, Shlomo Cohen, persona non grata et lui a donné 72 heures pour fermer l’ambassade israëlienne au Vénézuela – Hugo Chavez a qualifié la guerre contre Gaza d’holocauste (si c’est pour sous-entendre un génocide, il a tort, car ce qui se passe à Gaza, si ça constitue sans aucun doute des crimes de guerre et peut-être dans certains des crimes contre l’humanité, ne constitue pas un génocide selon la définition juridique en vigueur), demandant que Shimon Peres, idole des lecteurs du Nouvel Observateur et des éditorialistes de la presse officieuse marocaine et accessoirement président israëlien, soit traduit devant la Cour pénale internationale à La Haye (ce n’est hélas pas possible – Israël n’est pas partie au statut de Rome ayant fondé la CPI et l’autre alternative, la saisine de la CPI par le Conseil de sécurité de l’ONU, n’est évidemment pas réaliste). Nicolas Maduro, ministre des affaires étrangères vénézuélien, dit que les dirigeants israëliens, par respect pour ce qu’on vécu leurs ancêtres, devraient s’abstenir de commettre un nouvel « holocauste » à Gaza.

L’Equateur accuse quant à lui Israël de crimes contre l’humanité, par le biais de la commission des lois de son Parlement qui a adopté une résolution demandant une commission d’enquête internationale sur les crimes israëliens à Gaza et parlant de « terrorisme d’Etat« .

Sur Al Jazeera, le premier ministre malaisien, Abdallah Badawi, parle de crimes de guerre israëliens. Si le Conseil de sécurité est incapable de mettre fin au massacre, dit-il, il faudra que l’Assemblée générale de l’ONU se saisisse de l’affaire conformément à la résolution n° 377 « Unis pour la paix » de l’Assemblée générale, adoptée en 1950 à l’instigation des Etats-Unis pour permettre de donner un mandat onusien à l’intervention militaire étatsunienne en Corée cette année-là (rappelez-vous, l’URSS existait encore à l’époque, soutenait la Corée du Nord et son veto empêchait toute résolution du Conseil de sécurité telle que la souhaitait les Etats-Unis – cette résolution de l’Assemblée générale servait donc à contourner la paralysie du Conseil de sécurité).

La Turquie, dont l’armée a une relation stratégique avec Israël, n’est pas en reste. Des milliers de spectateurs chantant des slogans anti-israëliens – « Israël assassin« , « nous soutenons Gaza » – ont réussi à interrompre un match de basket entre une équipe turque et une équipe israëlienne – un spectateur a lancé une chaussure sur le terrain, en hommage au geste de Mountadher Zaïdi. De manière moins anecdotique, le premier ministre turc et homme fort du parti post-islamiste AKP, Reccep Tayyep Erdogan a déclaré qu' »Allah punira tôt ou tard ceux qui transgressent les droits des innocents« . Voici ce qu’en rapporte Al Jazeera:

Erdogan condemned Israel’s offensive as « savagery » on Tuesday and said it was a bid by the Israeli leadership to score points ahead of general elections in February.

Referring to the Israeli ministers of defence and foreign affairs, Erdogan said: « I am telling Ehud Barak and (Tzipi) Livni to forget about the elections, because history will judge them for the black stain they are leaving on humanity. »

Israel « has suffered much in history and should know best the sanctity of human life, especially that of women and children… and the importance of the culture of co-existence ».

Il a délibérément évité de visiter Israël lors de sa récente tournée moyen-orientale – mais les accords militaires ne sont pas menacés, montrant ainsi à quel point l’armée turque est un Etat dans l’Etat en Turquie. Israël a dénoncé les propos d’Erdogan comme inacceptables. Le très likudnik Jerusalem Post tire à boulets rouges sur Erdogan accusé d’avoir choisi le Hamas.

Clare Short, ancienne ministre de la coopération de Tony Blair, critique contre l’agression contre l’Irak mais qui commit l’erreur de rester au gouvernement deux mois après l’invasion, se rachète une virginité politique depuis lors en s’engageant contre le blocus de Gaza. Elle prend fermement la défense du Hamas, soulignant qu’ils sont au pouvoir de manière démocratique. Elle répète qu’Israël ignore absolument le droit international, pratique la purification ethnique et agit de manière monstrueuse. Elle rajoute que les USA, l’Union européenne et le Royaume-Uni refusent de défendre le droit international, surtout lorsqu’il s’agit d’Israël. Elle dit avoir honte de son gouvernement. Les fondements du droit international sont ébranlés, dit-elle, partout dans le monde, en raison de cette carence des Etats-Unis, de l’Union européenne et du Royaume-Uni.

Azzam Tamimi, auteur d’un livre de référence sur le Hamas, récuse la question que lui pose un interviewer su Al Jazeera selon laquelle le Hamas serait à blâmer pour les victimes civiles. « Qu’êtes vous censé faire lorsqu’on vous attaque dans votre foyer? Ne pas résister parce quelqu’un risquerait d’être tué?« . La discussion sur civils et non-civils est inacceptable. Il cite le cas des 150 policiers gaziotes massacrés lors des bombardements du premier jour de la guerre de Gaza. Un général israëlien en retraite, Yaakov Amidror, prend alors la défense du Fatah. Azzam Tamimi relève ce « détail » et répète que l’occupation est à la racine de tout ce qui se passe: depuis 1994, des négociations ont eu lieu, sans résultat, mais il y a des prisonniers et internés, des populations isolées, et tout cela a rendu impossible toute paix.

Le rabbin étatsunien Michael Lerner de Tikkun condamne l’attaque israëlienne: « la sécurité d’Israël ne peut venir de l’oppression du peuple Palestinien. La sécurité au XXIeme siècle viendra de la générosité, mais le paradigme dominant dans les médias israëliens et étatsuniens n’y incite pas« . Il veut voir imposer une solution apportant la sécurité à Israël et une solution juste pour les Palestiniens, avec des réparations pour les réfugiés palestiniens. Il comprend l’argument du Hamas selon lequel l’occupation qui dure depuis 42 ans est à la cause du problème. Il demande à Obama d’appeler à un cessez-le-feu maintenant. Il dit que la fin à l’occupation ne mettra pas fin au problème, la Palestine a besoin d’aide économique. Il raconte le clivage entre l’élite de la communauté juive étatsunienne et le juif moyen, pas forcément extrémiste sur la question palestinienne.

Saeed Taji Farouky, auteur du documentaire « Tunnel trade » sur les tunnels clandestins entre Gaza et l’Egypte. Il raconte les détails sur l’économie informelle liée à la construction de ces tunnels. Ils demandent du travail et de l’argent. La région est vaste, certains tunnels aboutissent dans des maisons individuelles. Les forces de sécurité égyptienne ne sont pas incorruptibles. Des gardes-frontières égyptiens sont enfin sympathisants de la cause palestinienne et agissent afin de permettre des biens alimentaires ou médicaux de braver l’embargo. Certains tunnels sont gérés par le Hamas, d’autres par des contrebandiers qui font entrer du fromage, des pièces de rechange, des médicaments voire même des personnes – ainsi une femme qui s’était vu refuser un visa pour entrer à Gaza a pu rejoindre sa famille de cette façon.

La blague de la journée: Dan Gillermann, ancien ambassadeur israëlien à Washington, déclare à Al Jazeera, en réponse aux accusations de crimes de guerre adressées contre Israël, qu' »Israël n’a jamais violé le droit international« . Autre blague: un général israëlien en retraite, Yaakov Amidror, reproche au Hamas de se retrancher dans des zones civiles, disant que c’est contraire à la loi islamique. C’est toujours amusant de voir ces wannabes – cheikh Amidror, I presume? Le général dit que le problème de l’ONU c’est d’avoir 52 Etats-membres musulmans.

Atrocity exhibition

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Je me demande si les spectateurs israëliens qui regardent tout ça de l’autre côté de la frontière ont pu réellement profiter du spectacle (hat-tip The Angry Arab):
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Israelis watch bombardment of Gaza town
By SHASHANK BENGALI
McClatchy Newspapers

A tower of white smoke rose from the northern Gaza town of Beit Hanoun after another Israeli bombardment Monday morning, and a half-dozen Israelis, perched on a dusty hilltop, gazed at the scene like armchair military strategists.

Avi Pilchick took a long swig of Pepsi and propped a foot on the plastic patio chair he had carried up the hillside to watch the fighting. « They are doing good, » Pilchick, 20, said of Israeli forces battling Palestinian militants in Gaza, « but they can do more. »

Certes.

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For entertainment
they watch his body twist (…)
This is the way,
step inside
You’ll see the horrors of a far-away place
Meet the architects of law
face to face
See mass murder on a scale
you’ve never seen
And all the ones who tried hard
to succeed
This is the way, step inside

Atrocity Exhibition, Joy Division

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