Des citoyens marocains viennent en aide à Gaza

Sur Al Jazeera, on apprend que l’Egypte a – enfin, même si le problème de fond n’est pas le manque de médecins, mais l’agression israëlienne – laissé entré onze médecins arabes à Gaza aujourd’hui (seize n’ont pas été autorisés à entrer à Gaza par les autorités égyptiennes, faute de passeport en règle) – neuf Egyptiens, un Yémeni et un Marocain. On peut espérer que c’est de bonne augure pour la collecte « Médicaments pour Gaza » dont Lady Zee s’est amplement faite l’écho.

Mounir se fait l’écho de l’initiative d’ONG marocaines en faveur de Gaza et du peuple palestinien.

L’Etat marocain se contente d’ouvrir à grands flots le robinet d’eau tiède: des gestes humanitaires, qu’on ne peut décemment critiquer justement pour cette raison, comme par exemple l’accueil de 200 blessés palestiniens au Maroc, alors qu’il pourrait faire plus – par exemple, s’abstenir de participer à la pantalonnade séoudo-israëlienne autour de la menace chiito-iranienne contre le monde arabe, et ne pas cautionner l’affaiblissement diplomatique et sémantique du droit du peuple palestinien à résister contre l’occupation et l’agression. Ce n’est certes pas ça qui sauvera la mise aux Palestiniens, mais ça ne pourra pas faire de mal. Bon, ne révons pas.

Phosphore blanc: l’armée israëlienne ne dément pas

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Les caméras d’Al Jazeera filment en direct les bombardements israëliens de la ville de Gaza. Des nuages blancs, ressemblant à ceux dégagés par les bombes au phosphore blanc, la correspondante Shirine Tandros a fait état de cette hypothèse. Elle a par la suite été contactée par l’armée israëlienne, qui n’a pas démenti, mais s’est contentée de dire qu’elle n’utilisait que des armes conformes au droit international (on notera l’évolution – le 4 janvier, l’armée israëlienne démentait l’usage d’armes au phosphore).

Theodore Karasik, expert militaire, est catégorique: des bombes à phosphore blanc sont utilisées à Gaza. Dans une agglomération comme Gaza, l’effet est désastreux, car le phosphore blanc se propage dans l’air et cause des brûlures au troisième degré chez de nombreux civils. Selon lui, cette arme ne devrait pas être utilisée en raison du grand nombre de victimes dites collatérales. Ce n’est pas une arme chimique en soi. Elle a été utilisée à Fallouja et en Afghanistan, rappelle-t-il.

Le quotidien britannique The Times publie une photo d’obus israëliens, prise le 4 janvier à la frontière israëlo-palestinienne comportant des obus portant la dénomination propre aux obus à phosphore blanc.

Les obus de 155mm bleu pâle sont clairement marqués du numéro M825A1, une munition US au phosphore blanc

Les obus de 155mm bleu pâle sont clairement marqués du numéro M825A1, une munition US au phosphore blanc

The Times rapporte également des constations cliniques effectuées par des médecins de Gaza, indiquant clairement l’existence, parmi les blessés, de brûlures dûes au phosphore:

There were indications last night that Palestinian civilians have been injured by the bombs, which burn intensely. Hassan Khalass, a doctor at al-Shifa hospital in Gaza City, told The Times that he had been dealing with patients who he suspected had been burnt by white phosphorus. Muhammad Azayzeh, 28, an emergency medical technician in the city, said: “The burns are very unusual. They don’t look like burns we have normally seen. They are third-level burns that we can’t seem to control.”

Victims with embedded WP particles in their flesh have to have the affected areas flushed with water. Particles that cannot be removed with tweezers are covered with a saline-soaked dressing.

Nafez Abu Shaban, the head of the burns unit at al-Shifa hospital, said: “I am not familiar with phosphorus but many of the patients wounded in the past weeks have strange burns. They are very deep and not like burns we used to see.”

Confrontée aux infos de The Times, une porte-parole de l’armée israëlienne décide de prendre son auditoire pour des demeurés:

Confronted with the latest evidence, an IDF spokeswoman insisted that the M825A1 shell was not a WP type. “This is what we call a quiet shell – it is empty, it has no explosives and no white phosphorus. There is nothing inside it,” she said.

We shoot it to mark the target before we launch a real shell. We launch two or three of the quiet shells which are empty so that the real shells will be accurate. It’s not for killing people,” she said.

Un expert du prestigieuse publication militaire britannique Jane’s Defense Weekly conteste formellement cette version:

Neil Gibson, technical adviser to Jane’s Missiles and Rockets, insisted that the M825A1 was a WP round. “The M825A1 is an improved model. The WP does not fill the shell but is impregnated into 116 felt wedges which, once dispersed [by a high-explosive charge], start to burn within four to five seconds. They then burn for five to ten minutes. The smoke screen produced is extremely effective,” he said.

On peut donc constater, sans craindre se tromper, qu’Israël utilise bel et bien des bombes au phosphore blanc à Gaza.

Les bombes au phosphore sont-elles cependant interdites en droit international humanitaire? Rappelons les effets fumigènes et incendiaires de ces bombes (bonne description ici): les particules de phosphore ne s’arrêtent de brûler qu’à leur disparition totale, et il n’est pas rare qu’une personne atteinte soit brûlée jusqu’aux os – les brûlures provoquées sont du deuxième ou troisième degré, lorsqu’on y survit.

Deux conventions pourraient viser spécifiquement et interdire en tant que telles les bombes au phosphore. La Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction de 1993 interdit de manière absolue non seulement l’emploi des armes chimiques mais également leur mise au point, leur fabrication et leur stockage (article 1). Les armes chimiques sont définies à l’article II de la Convention:

Article II
1. On entend par « armes chimiques » les éléments ci-après, pris ensemble ou séparément :

a) Les produits chimiques toxiques et leurs précurseurs, à l’exception de ceux qui sont destinés à des fins non interdites par la présente Convention, aussi longtemps que les types et quantités en jeu sont compatibles avec de telles fins;

b) Les munitions et dispositifs spécifiquement conçus pour provoquer la mort ou d’autres dommages par l’action toxique des produits chimiques toxiques définis à l’alinéa a), qui seraient libérés du fait de l’emploi de ces munitions et dispositifs;

c) Tout matériel spécifiquement conçu pour être utilisé en liaison directe avec l’emploi des munitions et dispositifs définis à l’alinéa b).

Le phosphore blanc ne figure pas dans les tableaux annexes reprenant les armes chimiques explicitement interdites. Néanmoins, il ressort de l’article II.1.b) lu en liaison avec le point a) de la Convention que les armes au phosphore blanc, qui est incontestablement une substance chimique, sont interdites dès lors qu’elles sont conçues et utilisées afin de provoquer la mort. L’usage militaire normal – et légal – des armes au phosphore blanc est soit déclairer un terrain dans l’obscurité, soit d’enfumer la vue de l’adversaire afin de couvrir l’avance de troupes. Utiliser des armes au phosphore blanc pour tuer ou blesser l’adversaire, et à plus forte raison des populations civiles, est explicitement interdit par l’article II.1.b) précité. Voici ce qu’en disait un porte-parole de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, interrogé au sujet de l’utilisation de bombes au phosphore blanc par l’armée étatsunienne à Falluja:

The debate about WP centres partly though not wholly on whether it is really a chemical weapon. Such weapons are outlawed by the Chemical Weapons Convention (CWC) to which the United States is a party.

The CWC is monitored by the Organisation for the Prohibition of Chemical Weapons, based in The Hague. Its spokesman Peter Kaiser was asked if WP was banned by the CWC and he had this to say:

« No it’s not forbidden by the CWC if it is used within the context of a military application which does not require or does not intend to use the toxic properties of white phosphorus. White phosphorus is normally used to produce smoke, to camouflage movement.

« If that is the purpose for which the white phosphorus is used, then that is considered under the Convention legitimate use.

« If on the other hand the toxic properties of white phosphorus, the caustic properties, are specifically intended to be used as a weapon, that of course is prohibited, because the way the Convention is structured or the way it is in fact applied, any chemicals used against humans or animals that cause harm or death through the toxic properties of the chemical are considered chemical weapons. »

Mais devinez quoi: Israël n’a pas ratifié la Convention – un des dix Etats, dont l’Irak, l’Egypte et la Syrie – et n’est donc pas liée par celle-ci…

Une autre convention pourrait également viser intrinséquement les bombes au phosphore: la Convention de 1980 sur certaines armes classiques. Son troisième protocole sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi des armes incendiaires en interdit l’usage si cet usage comporte des risques pour la population civile – cf. l’article 2:

Article 2 : Protection des civils et des biens de caractère civil
1. Il est interdit en toutes circonstances de faire de la population civile en tant que telle, de civils isolés ou de biens de caractère civil l’objet d’une attaque au moyen d’armes incendiaires.
2. Il est interdit en toutes circonstances de faire d’un objectif militaire situé à l’intérieur d’une concentration de civils l’objet d’une attaque au moyen d’armes incendiaires lancées par aéronef.
3. Il est interdit en outre de faire d’un objectif militaire situé à l’intérieur d’une concentration de civils l’objet d’une attaque au moyen d’armes incendiaires autres que des armes incendiaires lancées par aéronef, sauf quand un tel objectif militaire est nettement à l’écart de la concentration de civils et quand toutes les précautions possibles ont été prises pour limiter les effets incendiaires à l’objectif militaire et pour éviter, et en tout état de cause, minimiser, les pertes accidentelles en vies humaines dans la population civile, les blessures qui pourraient être causées aux civils et les dommages occasionnés aux biens de caractère civil.

Ah, j’oubliais: Israël n’a pas ratifié ce protocole (il a pourtant ratifié le premier et second protocole à la convention de 1980), et n’est donc pas tenu de respecter ses dispositions…

Demeure cependant applicable l’interdiction découlant des Conventions de Genève de 1949 et du droit international humanitaire coutumier d’attaquer militairement des civils ou des combattants hors-combat.

Notons que les bombes au phosphore blanc que l’on a vu être larguées à Gaza l’ont été sur Gaza ville notamment, soit dans une zone civile, et en plain jour. L’intérêt militaire de cette arme – rappelons qu’elle visa soit à éclairer un terrain soit à masquer l’avancée des troupes – n’est pas évident, pour ne pas dire improbable, et en tout cas disproportionné eu égard aux inévitables conséquences pour les nombreux civils. Il paraît plus probable que ces bombes visent à tuer, et larguées dans la ville de Gaza elles ne peuvent éviter de faire des victimes civiles:

However, Charles Heyman, a military expert and former major in the British Army, said: “If white phosphorus was deliberately fired at a crowd of people someone would end up in The Hague. White phosphorus is also a terror weapon. The descending blobs of phosphorus will burn when in contact with skin.”

Rétroactes:
– « Une résolution pour rien, alors qu’Israël bombarde Gaza au phosphore »
– « Des bombes au phosphore blanc à Gaza« 

Une résolution pour rien, alors qu’Israël bombarde Gaza au phosphore blanc en pleine trève

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Pendant que je vois les images en direct d’Al Jazeera des bombardements israëliens de Gaza, avec des bombes au phosphore apparemment – selon les commentateurs – en pleine trève unilatérale apparemment, je trouve enfin le texte de la résolution qui vient d’être votée par le Conseil de sécurité. Par quatorze voix contre zéro et une abstention (Etats-Unis), le Conseil de sécurité des Nations-Unies a adopté la résolution n° 1860. En voici un extrait en anglais (pas de version française pour l’instant) reprenant les paragraphes opérationnels:

Resolution 1860 (2009) Adopted by 14 in Favour, Abstention by United States;
Also Calls for Unimpeded Humanitarian Assistance, Welcomes Egyptian Initiative

(…) 1. Stresses the urgency of and calls for an immediate, durable and fully respected ceasefire, leading to the full withdrawal of Israeli forces from Gaza;

2. Calls for the unimpeded provision and distribution throughout Gaza of humanitarian assistance, including of food, fuel and medical treatment;

3. Welcomes the initiatives aimed at creating and opening humanitarian corridors and other mechanisms for the sustained delivery of humanitarian aid;

4. Calls on Member States to support international efforts to alleviate the humanitarian and economic situation in Gaza, including through urgently needed additional contributions to UNRWA and through the Ad Hoc Liaison Committee;

5. Condemns all violence and hostilities directed against civilians and all acts of terrorism;

6. Calls upon Member States to intensify efforts to provide arrangements and guarantees in Gaza in order to sustain a durable ceasefire and calm, including to prevent illicit trafficking in arms and ammunition and to ensure the sustained re‑opening of the crossing points on the basis of the 2005 Agreement on Movement and Access between the Palestinian Authority and Israel; and in this regard, welcomes the Egyptian initiative, and other regional and international efforts that are under way;

7. Encourages tangible steps towards intra-Palestinian reconciliation including in support of mediation efforts of Egypt and the League of Arab States as expressed in the 26 November 2008 resolution, and consistent with Security Council resolution 1850 (2008) and other relevant resolutions;

8. Calls for renewed and urgent efforts by the parties and the international community to achieve a comprehensive peace based on the vision of a region where two democratic States, Israel and Palestine, live side by side in peace with secure and recognised borders, as envisaged in Security Council resolution 1850 (2008), and recalls also the importance of the Arab Peace Initiative;

9. Welcomes the Quartet’s consideration, in consultation with the parties, of an international meeting in Moscow in 2009

Réaction de Michel Abdel Massih, juriste, interviewé par Al Jazeera: « le mot-clé est l’adjectif immédiat – cessez-le-feu immédiat, qui figure dans le premier paragraphe 1 de la résolution. Israël a déjà violé la résolution 1860 en poursuivant sa guerre. Le paragraphe 5 condamne toute violence de la part de toutes les parties, et ne va pas assez loin car ignore les violations substantielles du droit international humanitaire. Ces violations audraient d’être mentionnées dans la résolution. La résolution peut être appliquée si la volonté politique existe, avec des sanctions à la clé. Cette résolution est contraignante. Mais il faut négocier avec le Hamas pour ne pas que la résolution ne soit percue comme étant partiale. Les roquettes du Hamas, criminelles? Le problème c’est la proportionnalité, leurs actes sont disproportionnés. Le Conseil de sécurité aurait pu saisir la Cour pénale internationale. Le bombardement des écoles de l’UNRWA sont un exemple de crimes internationaux, car une opération militaire résultant dans des morts de nombreux civils est criminelle même si la mort des civiles n’est pas l’objectif visé« .

Mouin Rabbani, de l’Institut d’études palestiniennes à Amman, toujours sur Al Jazeera: « les vues du Hamas n’ont pas été prises en compte. Pas d’appel au retrait immédiat et inconditionnel de Gaza, comme en 1978 et la résolution 425 relative au retrait immédiat des troupes israëliennes du Liban. Il n’y a pas de calendrier, contrairement à la résolution 1701 sur le Liban, pas de sanctions. L’abstention étatsunienne est un signal pour les Israëliens de ne pas y prêter attention et de continuer avec leur offensive. La situation est terrible mais peut empirer – l’attaque peut se poursuivre et viser le centre de Gaza. Cette résolution est difficilement acceptable pour le Hamas, qui n’a pas été consulté. Il aménera une escalade.« . Pendant qu’il dit ça sur Al Jazeera, des images en direct montrent des nuages blancs et noirs après des bombardements israëliens à Gaza, qui ont lieu alors même que la résolution a été adoptée. « L’Autorité palestinienne a été très affaiblié, je ne vois pas comment Abou Mazen pourra tirer profit de la crise. L’initiative égyptienne, en liaison avec l’initiative turque, se fait au moins en contact avec le Hamas« .

Riyad Maliki, ministre des affaires étrangères d’Abou Mazen, est étonné de l’abstention étatsunienne, soulignant que la résolution a été rédigée selon ses orientations.

Du côté israëlien, pas de surprise. L’ambassadeur israëlienne à Bruxelles, Tamar Catarivas-Samash, avait annoncé la couleur:

« Une trêve humanitaire permettrait au Hamas de se ressaisir. De plus, elle n’est pas nécessaire. (…)
– Des ONG jugent pourtant la situation humanitaire catastrophique…
– Cela fait partie de la guerre de propagande menée contre Israël. (…) nous ne laisserons personne, pas même l’ONU, nous arrêter avant d’avoir atteint notre objectif : mettre fin aux attaques terroristes sur le sud d’Israël. Et, dans la foulée, ramener le calme à Gaza, dont les habitants sont, eux aussi, les otages du Hamas ».

On peut pas dire qu’elle va à l’encontre des instructions de sa supérieure, qui a réagi de manière prévisible à l’adoption de la résolution 1860:

« Israel has acted, is acting, and will continue to act only according to its calculations, in the interest of the security of its citizens and its right to self defense »

Le meilleur commentaire est celui du président de l’assemblée générale de l’ONU (qui se réunit en session spéciale consacrée à la situation humanitaire en Palestine occupée sur demande de la Malaisie), Miguel d’Escoto Brockmann, prêtre et ancien ministre des affaires étrangères du Nicaragua, menacé de mort et déclaré persona non grata en Israël après avoir appelé au boycott d’Israël et déclaré l’absence d’existence d’un Etat palestinien le plus grand échec dans l’histoire de l’ONU (pas d’accord: je placerai le génocide rwandais en premier):

« Je ne supporte pas cette impuissance, nous trahissons le monde de la sorte. (…) Israël ne respecte pas les résolutions du Conseil de sécurité, on le sait, mais il pourrait tout de même respecter celles de l’Assemblée générale de l’ONU – après tout, il lui doit son existence, et pas beaucoup d’entre nous peuvent en dire autant« .

Et pendant ce temps, les bombardements continuent.

ADDENDUM: Voici le texte français de la résolution 1860.

« We’d be more than happy », dit Miss KHamas

Miss KHamas, alias Avital Leibovitch, alias la civile en uniforme de major de l’armée israëlienne, déclare sur Al Jazeera au sujet du non-secours de victimes palestiniennes d’un bombardement israëlien par l’armée israëlienne, dénoncé de manière exceptionnellement forte par la Croix Rouge, ce qui suit:

« Nous n’avons pas reçu de plainte officielle du Comité international de la Croix Rouge, je ne comprends pas. Si nous sommes saisis d’une plainte officielle, nous serions plus qu’heureux de l’examiner (« If we get an official complaint, we’d be more than happy to check it ») ».

Le tout dit avec un sourire et le regard pétillant d’Angelina Jolie parlant de son dernier film.

L’Autorité palestinienne participe au combat

Qui a dit que l’Autorité palestinienne d’Abou Mazen était passive face à l’offensive israëlienne?
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A member of the Palestinian security forces (R) kicks a Palestinian stone-thrower, protesting Israel’s offensive in Gaza, in the West Bank town of Bethlehem January 8, 2009.

Killing Arabs is also a spectator sport

On se rappelle des images de jeunes filles israëliennes inscrivant dessins et messages sur les missiles destinés au Liban en 2006:

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On a désormais les spectateurs israëliens de la guerre de Gaza, qui observent, du haut des collines israëliennes surplombant la ville martyre, le spectacle divertissant de civils se faisant bombarder, et commentant ce qui est une guerre, avec son cortège de crimes, comme un match de foot. Même le Wall Street Journal, pourtant guère sensible à une introversion critique excessive s’agissant d’Israël, s’en fait l’écho dans un article récent:

Moti Danino sat Monday in a canvas lawn chair on a sandy hilltop on Gaza’s border, peering through a pair of binoculars at distant plumes of smoke rising from the besieged territory.

An unemployed factory worker, he comes here each morning to watch Israel’s assault on Hamas from what has become the war’s peanut gallery — a string of dusty hilltops close to the border that offer panoramic views across northern Gaza.

He is one of dozens of Israelis who have arrived from all over Israel, some with sack lunches and portable radios tuned to the latest reports of the battle raging in front of them. Some, like Mr. Danino, are here to egg on friends and family members in the fight.

Moti Denino and other residents of Sderot in Israel call themselves the « hill people », watching attacks unfold between Israel and Gaza from a hillside. WSJ’s Sivan Raviv reports.

Others have made the trek, they say, to witness firsthand a military operation — so far, widely popular inside Israel — against Hamas, the militant group that controls the Gaza Strip.

Over the weekend, four teenagers sat on a hill near Mr. Danino’s, oohing and aahing at the airstrikes. Nadav Zebari, who studies Torah in Jerusalem, was eating a cheese sandwich and sipping a Diet Coke.

« I’ve never watched a war before, » he said. A group of police officers nearby took turns snapping pictures of one another with smoking Gaza as a backdrop. « I want to feel a part of the war, » one said, before correcting himself with the official government designation for the assault. « I mean operation. It’s not a war. » (…)

Mr. Danino has a personal link to the fighting. His 20-year-old son, Moshe, is a soldier in an infantry unit fighting somewhere below his hilly perch. From the sidelines, he is here to root for his son the soldier, he says, just as he once sat on the sidelines of soccer fields cheering for his son the high-school athlete.

Jocelyn Znaty, a stout 60-year-old nurse for Magen David Adom, the Israeli counterpart of the Red Cross, can hardly contain her glee at the site of exploding mortars below in Gaza.

« Look at that, » she shouts, clapping her hands as four artillery rounds pound the territory in quick succession. « Bravo! Bravo! » (…)

« It’s weird that we have to take lives in order to save lives, » Ms. Znaty says. « But we were held hostage by Hamas while our government ignored us, and now we fight back. I am sorry, but I am happy. » (…)

Many Israelis see the Gaza offensive as a welcome change. « I come here because our army is finally doing something, showing the world that we are not weak, » says Mr. Danino, the unemployed factory worker. On his hilltop overlooking Gaza, Mr. Danino has taken to quarterbacking the assault from his folding chair.

Having sat here for much of the past week, he now fancies himself something of an expert. He says, for example, that Palestinian militants are fond of firing rockets from the cover of a distant block of greenhouses.

When a plume of smoke — the result of an Israeli attack — rose from what appears to be empty farmland Monday, Mr. Danino shook his head. « No, no, no, » he said. « We should be hitting the greenhouses. »

Ne croyez pas qu’il s’agit là d’un cas isolé – voici par exemple, dans un magazine MSM (Time), d’autres cas:

Below the choppers, a dozen Israeli spectators perched on a hilltop watched with anticipation. A minute went by and the first Apache fired a Hellfire missile, which went rumbling into the Palestinian side of the border. A few seconds later the crowd broke into cheers at the resulting sight: somewhere between the Jibalya refugee camp and the outskirts of Gaza city a ball of heavy black smoke was rising. (…)

Itay Avni, 32, who lives in the nearby Kibbutz of Nir-Am (population 400) is overjoyed at the Israeli assault on Gaza. He was among the crowd watching the Apaches launch their missiles. « Yesterday more then a hundred people from all around were here on this hilltop enjoying to the scene of dozens of aerial raids on Hamas military targets inside the Gaza strip, » he says. « If I had opened an ice-cream stand here I would have made a lot money. » He adds, « Exultation is the word to describe my feelings. At last, after eight years of defense alerts and hundreds of mortar shells, of Qassam rockets fired at our kibbutz and the area, there is finally some retaliation. People are here to see it happening for real. »

Vous je ne sais pas, mais moi ça me fait penser à ces visages hilares assistant, dans le Deep South étatsunien, à des lynchages, ou dans la France de la Libération, au spectacle de femmes tondues. Ceux qui étaient choqués par le spectacle largement diffusé de trois pelés et deux tondus palestiniens se réjouissant au lendemain du 11 septembre 2001, le sont-ils également aujourd’hui, où le spectacle de ces morts-là est-il légitime, lui?

Rétroactes:
– « Le calvaire insupportable des civils israëliens de Sdérot »
– « Atrocity exhibition« 

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