Télégramme de félicitations de Rabat à Alger

L’Iran convoque le chargé d’affaires marocain à Téhéran au sujet – pour faire court – de l’intégrité territoriale de Bahrein. Résultat des courses: le Maroc rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran.

Le Maroc accuse l’Algérie d’avoir fomenté une violation du cessez-le-feu, en vigueur depuis 1991, à proximité du mur de défense au Sahara marocain et à la date du 10 avril (retenez bien cette date):

Sahara :L’entrée de personnes armées dans une zone démilitarisée n’est pas une manifestation pacifique (ministre)
MAP 13/04/2009
Rabat – L’entrée de 1.400 personnes, dont des étrangers, encadrés par des éléments militaires du Polisario, munis d’armes individuelles, dans la zone démilitarisée, à l’Est de la ligne de défense, n’est pas une manifestation pacifique, a déclaré M. Khalid Naciri, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement à la radio londonienne BBC.

« Il est évident que ce groupe armé, entré dans cette zone à bord de 90 jeeps, 10 camions et un autobus, n’est pas venu faire une expédition « touristique au Sahara« , a-t-il ajouté dans une déclaration diffusée lundi par la Radio.

Vendredi dernier, le Maroc avait saisi le Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer ce « nouvel acte inacceptable, violation flagrante, grave et supplémentaire du cessez-le-feu, établi depuis 1991« .

Le Metternich de la diplomatie maghrébine qu’est Taieb Fassi Fihri évoque la « responsabilité directe » de l’Algérie dans ces « procédés provocateurs et dangereux« :

Sahara: Le Maroc appelle l’ONU à assumer ses responsabilités à la suite de la violation du cessez-le-feu
MAP 13/04/2009

New York (Nations Unies)- Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Taib Fassi Fihri, a adressé, vendredi sur Hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI, une lettre au président du Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur du Mexique, M. Claude Heller, appelant les Nations Unies à « assumer leurs responsabilités et à prendre les mesures qui s’imposent » à la suite de la violation grave et flagrante de l’accord de cessez-le-feu conclu en 1991.

Le Maroc appelle « les Nations Unies à assumer leurs responsabilités et à prendre les dispositions qui s’imposent pour asseoir leur autorité dans la zone située entre le dispositif de défense et les territoires algérien et mauritanien où, conformément aux accords militaires de 1991, aucun fait accompli ou changement de statu quo n’est permis au demeurant, quelque soit l’artifice« , souligne M. Fassi Fihri dans cette lettre condamnant avec « vigueur de tels procédés provocateurs et dangereux« .

Le Royaume « continuera à veiller au respect de son intégrité territoriale et de son unité nationale. Il se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à de tels agissements, préserver sa sécurité nationale et assurer la quiétude de sa population« , ajoute-t-il dans cette lettre dont copie est parvenue à la MAP.

« De plus, cette action, initiée et opérée directement à partir du territoire algérien, confirme la responsabilité directe de ce pays dans sa préparation et son exécution« , affirme le ministre.

M. Fassi Fihri rappelle que « ce grave incident survient au moment où le Conseil de sécurité est sur le point d’examiner le rapport du Secrétaire général et d’apporter son appui à la reprise des négociations, sur la base de la résolution 1813« .

Il relève également que cet incident « rejoint, dans sa logique, d’autres tentatives répétées de l’Algérie et du polisario visant à saper les efforts des Nations Unies tendant à relancer la dynamique des négociations« .

L’ensemble de « ces actions révèlent la volonté des autres parties de ne reculer devant rien pour entraver la recherche d’une solution politique réaliste au différend régional sur le Sahara« , écrit en outre le ministre, soulignant que « pour sa part, le Royaume du Maroc continuera, dans la sérénité, de coopérer avec le Conseil de sécurité, le Secrétaire général et son nouvel Envoyé personnel, pour avancer sur la voie de la solution politique fortement encouragée« .

M. Fassi Fihri affirme, par ailleurs, que « l’attitude passive de la Minurso vis-à-vis de telles actions est interprétée par les autres parties comme un encouragement à poursuivre ces actes« , relevant qu' »une étape supplémentaire vient d’être franchie aujourd’hui dans cette escalade, en mettant en péril la vie de personnes civiles« .

Pourtant, écrit-il, « le Royaume du Maroc n’a pas cessé d’attirer l’attention du Conseil de sécurité, du Secrétaire général et de la Minurso sur les dangers que représentent de telles actions provocatrices et prétendument civiles et de dénoncer leur caractère répétitif, en demandant aux Nations Unies d’assumer leurs responsabilités dans la zone située à l’Est du dispositif de défense« .

Revenant sur ce grave incident, le ministre rappelle, par ailleurs, dans cette lettre, que « le 10 avril, un groupe de 1400 personnes, dont des étrangers, encadrés par des éléments militaires du polisario munis d’armes, s’est approché jusqu’à 100 mètres du point d’appui M. 18 du dispositif national du sous-secteur Mahbes, à la frontière avec l’Algérie« .

« Ce groupe a été acheminé sur le territoire algérien à bord de 90 jeeps, 10 camions et un bus, étalés sur un front de 600 mètres« , précise-t-il, indiquant que « certains éléments du polisario, dotés d’armes individuelles et de détecteurs de mines, encadrant les manifestants, ont arraché des fils barbelés, enlevé des mines du dispositif de défense et procédé également à des tirs en l’air« , alors que « suite à un saut de mine, quelques manifestants ont été blessés« .

Il est ainsi prouvé, écrit M. Fassi Fihri, que cette opération, encadrée par des éléments armés et impliquant l’utilisation d’armes à feu, constitue une violation manifeste de l’accord de cessez-le-feu, perpétrée « au vu et au su des observateurs de la Minurso« .

Résultat des courses: le même jour, le 10 avril, un télégramme officiel de félicitations est adressé par le Maroc au chef de l’Etat du pays « directement responsable (…) de procédés provocateurs et dangereux » à l’occasion des triomphantes élections lui ayant offert – le terme n’est pas fortuit – son troisième mandat.

Quoi? Ah oui. OK, je sors.

Selon le cheikh al islam Shimon Peres, la confrontation entre sunnites et chiites est inévitable

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Dans une récente fatwa, Shimon Peres a tranché – « le conflit entre le Moyen-Orient sunnite et la minorité iranienne qui tente d’en prendre le contrôle est inévitable« :

« The collision between the Middle East, which is Sunni Arab, and the Iranian minority that seeks to take it over, is inevitable » (…)

« Sooner or later, the world will discover that Iran has the aspiration to take over the Middle East and that it posses colonial ambitions »

Toute ressemblance avec un autre pays de la région serait purement fortuite.

Bon, j’ai essayé de poursuivre un peu plus loin dans le persiflage, à la mode d’un Fhamator ou d’un Zakaria Boualem mais je dois avouer mon pitoyable échec en arrivant au passage suivant, devant lequel même le satiriste le plus motivé ne peux que baisser les bras:

Earlier Monday, Peres told Palestinian President Mahmoud Abbas on Monday that Israel hoped every nation in the Middle East would attain freedom.

« The people of Israel want peace, » Peres told the Palestinian leader by phone. « On the eve of the festival of Pesach, we are all praying for peace and freedom for every people in the region, and one must not lose hope on the way to peace. »

Pesach, or Passover, is a Jewish holiday commemorating the Israelites’ escape from enslavement in Egypt; as such, it is also known as the « Festival of Freedom. »

Abbas, who called Peres, said: « I want to wish you and the people of Israel a happy Pesach holiday. »

Il y a eu Elie Semoun et Dieudonné, il y a désormais Shimon et Mahmoud.

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