Corrigendum

Dans un récent post, j’avais évoqué « le syndicaliste USFP Bouazza Ikken« , ce qui a provoqué la surprise polie d’un commentateur, Mohamed Najib. Et il avait raison le bougre: je me suis totalement planté, ayant confondu Akka Ghazi, syndicaliste CDT/CGT et élu USFP aux législatives de 1984 pour la circonscription de… la France septentrionale – eh oui, à l’époque, les fameux et fumeux obstacles techniques au vote des MRE à l’étranger (1) semblaient moindre – et Bouazza Ikken, ex-procureur du Roi et scissioniste du MP pour créer l’Union démocratique en 2001, réintégré au sein du MP depuis la fusion en 2006 des trois partis de la mouvance harakie (MP, MNP et UD, le MDS de Mahmoud Archane étant resté sur la touche).

Mes excuses aux intéressés, et merci à Mohamed Najib!

(1) Les MRE peuvent voter, pourvu de le faire au… Maroc, dans leur commune de rattachement.

La Gazette du Maroc en flagrant délit de plagiat

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Voici ce que l’on peut lire dans le numéro daté du 24 avril 2009 de l’hebdomadaire casablancais La Gazette du Maroc, dans un article signé pudiquement, modestie oblige, « la rédaction »:

Un blog sur le Maroc juifLa Rédaction
24 Avril 2009
  

 

 

 
 
Celui qui cherche des infos sur le net sur le judaïsme marocain devient vite frustré : entre la débauche de liens et la qualité disparate de l information, la frustration est souvent au rendez-vous. Jusqu’ici, l’excellent site de Rick Gold -Visiting Jewish Morocco- constitue un point de départ incontournable, et on pourrait y rajouter le forum communautaire Dafina, désordonné, foisonnant mais inégal. On pourrait rajouter cette liste de musées -celui du judaïsme marocain de Casablanca, et celui du Centre de la culture judéo-marocaine à Bruxelles. Sans compter les sites excentriques -comme celui consacré à la restauration de la synagogue Attias d’Essaouira. Il y a désormais un blog, Jewish Morocco, animé par Chris Silver – il nous emmène notamment au Guercif cher à Zakaria Boualem & Bravo à son initiateur! Un regret cependant : qu’il n y ait pas de voix de l’intérieur non-institutionnelle – par exemple un blog d’un marocain juif vivant au Maroc, éclairant de l intérieur la culture, l’histoire et le présent de cette partie essentielle du peuple marocain et de son histoire.
 

 

Ca vous rappelle quelque chose? C’est marrant, moi aussi – voici ce que j’avais écrit le 15 avril, soit neuf jours avant la parution de cet article de la Gazette du Maroc:

Un blog sur le Maroc juif

Posted on avril 15, 2009 by ibnkafka | Modifier

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Celui qui cherche des infos sur le net sur le judaïsme marocain devient vite frustré: entre la débauche de liens et la qualité disparate de l’information, la frustration est souvent au rendez-vous. Jusqu’ici, l’excellent site de Rick Gold – Visiting Jewish Morocco – constitue un point de départ incontournable, et on pourrait y rajouter le forum communautaire Dafina, désordonné, foisonnant mais inégal. On pourrait rajouter à cette liste deux musées – celui du judaïsme marocain de Casablanca, et celui du Centre de la culture judéo-marocaine à Bruxelles. Sans compter les sites excentriques – comme celui consacré à la restauration de la synagogue Attias d’Essaouira.

Il y a désormais un blog, Jewish Morocco, animé par un Etatsunien, Chris Silver – il nous emmène notamment au Guercif cher à Zakaria Boualem… Bravo à son initiateur!

Un regret cependant: qu’il n’y ait pas de voix de l’intérieur non-institutionnelle – par exemple un blog d’un Marocain juif vivant au Maroc, éclairant de l’intérieur la culture, l’histoire, la spiritualité et le présent de cette partie essentielle du peuple marocain et de son histoire.

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Pour ceux qui débarqueraient, Kamal Lahlou, le directeur de la publication, est président de la Fédération royale marocaine d’haltérophilie, vice-président du Comité national olympique marocain et surtout président de la Fédération des Médias du Maroc. Ce patriote tal mout avoue ouvertement ne pas écrire lui-même ses éditoriaux:

Et c’est aussi un mythe que vous n’écrivez pas vos éditos ?
Non, ça, c’est vrai. Et ce n’est pas une honte. Il n’y a aucune gêne à avoir. Je donne mes idées et je laisse faire.

Vous commandez vos éditos, donc…
Absolument. Et quand ça ne va pas, je les fais refaire.

Au moins, ça a le mérite de la franchise. Il devrait cependant faire passer le message dans sa rédaction que la sous-traitance n’est pas le plagiat…

Annahj dimoqrati, parti politique le plus influent du Maroc

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J’avais il y a quelques temps injustement ironisé sur un journal algérien qui avait qualifié Annahj adimoqrati – qui regroupe les anciens militants d’Ilal amam demeurés fidèles à leurs convictions socialistes voire marxistes – de principal parti d’opposition marocain. Je présente aujourd’hui mes plus plates excuses, tant au journal algérien en question qu’aux militants d’Annahj adimoqrati.

En effet, Annahj a activement fait campagne pour le boycott de ces élections municipales, comme pour toutes les autres élections qui se sont tenues depuis la légalisation de ce parti (en 1995) – bref, il n’a jamais participé à une seule élection. Cette ligne avait également été celle du PADS, mais ce dernier a renoncé à son boycott en participant aux législatives de 2007, position confirmée à l’occasion de ces dernières élections communales.

Cette campagne pour le boycott, fondée principalement sur le caractère non démocratique des institutions et de la constitution, a mené certains militants d’Annahj adimoqrati – dont son secrétaire-général Abdallah Harif – au poste de police. A en croire Annahj, trois militants auraient été arrêtés par les forces dites de l’ordre le 9 juin à Témara, huit militants le 10 juin à Casablanca, deux autres le même jour à Mohammedia, Abdallah Harif (17 années de détention politique au compteur) ayant en outre été convoqué et retenu dans un commissariat de police rbati pendant quatre heures le 9 juin, où il fût interrogé sur le contenu des communiqués du parti appelant au boycott – et ce sans compter les interdictions de réunions publiques et poursuites judiciaires contre des militants à Midelt et Guercif. Selon Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH et militante par ailleurs d’Annahj, cette hargne du ministère de l’intérieur serait récente, les appels au boycott lancés par Annahj en 2007 n’ayant pas été réprimés de la sorte:

Pire encore, cette fois-ci nous avons enregistré de nouvelles violations de la part des autorités et qui n’ont pas eu lieu lors des élections législatives, à savoir l’interpellation de ceux qui appellent au boycott des élections. C’est le cas du secrétaire général du parti d’Annahj Addimocrati. Il s’agit là vraiment d’une régression.

Cette campagne de répression contre Annahj ne sembla pas avoir porté ses fruits, puisque 48% des masses populaires du corps électoral marocain a choisi de suivre son mot d’ordre en se déplacant pas pour voter vendredi dernier, du moins si l’en en croit les chiffres officiels communiqués par le ministère de l’intérieur. Quel autre parti marocain peut se targuer d’une telle assise? (Just kidding).

Entre parenthèses, on notera que les poursuites judiciaires intentées contre des militants d’Annahj sont faites sur la base de l’article 90 du Code électoral, lequel dispose ceci:

Est puni d’un emprisonnement d’un mois à trois mois et d’une amende de 1.200 à 5.000 dirhams ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque à l’aide de fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manoeuvres frauduleuses, détourne des suffrages ou incite un ou plusieurs électeurs à s’abstenir de voter.

On relèvera le caractère vague de cette disposition pénale, en ce que ses principaux termes donnent une marge d’interpréttion considérable aux juges chargés de l’appliquer: ce n’est pas faire injure à notre magistrature que de l’imaginer capable d’interpréter les arguments politiques et idéologiques d’Annahj en faveur du boycott comme autant de « fausses nouvelles, bruits calomnieux et autres manoeuvres fruaduleuses« …

Un meilleur libellé aurait été:

Est puni d’un emprisonnement d’un à trois mois et d’une amende de 1.200 à 5.000 dirhams quiconque diffuse des informations mensongères sur l’annulation des opérations de vote, la modification de la date ou de l’horaire du scrutin, la modification de l’emplacement des bureaux de vote ou toute autre modalité pratique du vote en vue de détourner des suffrages ou de provoquer l’abstention d’électeurs.

Mais le législateur, en adoptant ce Code électoral rédigé par les services du ministère de l’intérieur, a sans doute agi en connaissance de cause…

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