La Gazette du Maroc en flagrant délit de plagiat

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Voici ce que l’on peut lire dans le numéro daté du 24 avril 2009 de l’hebdomadaire casablancais La Gazette du Maroc, dans un article signé pudiquement, modestie oblige, « la rédaction »:

Un blog sur le Maroc juifLa Rédaction
24 Avril 2009
  

 

 

 
 
Celui qui cherche des infos sur le net sur le judaïsme marocain devient vite frustré : entre la débauche de liens et la qualité disparate de l information, la frustration est souvent au rendez-vous. Jusqu’ici, l’excellent site de Rick Gold -Visiting Jewish Morocco- constitue un point de départ incontournable, et on pourrait y rajouter le forum communautaire Dafina, désordonné, foisonnant mais inégal. On pourrait rajouter cette liste de musées -celui du judaïsme marocain de Casablanca, et celui du Centre de la culture judéo-marocaine à Bruxelles. Sans compter les sites excentriques -comme celui consacré à la restauration de la synagogue Attias d’Essaouira. Il y a désormais un blog, Jewish Morocco, animé par Chris Silver – il nous emmène notamment au Guercif cher à Zakaria Boualem & Bravo à son initiateur! Un regret cependant : qu’il n y ait pas de voix de l’intérieur non-institutionnelle – par exemple un blog d’un marocain juif vivant au Maroc, éclairant de l intérieur la culture, l’histoire et le présent de cette partie essentielle du peuple marocain et de son histoire.
 

 

Ca vous rappelle quelque chose? C’est marrant, moi aussi – voici ce que j’avais écrit le 15 avril, soit neuf jours avant la parution de cet article de la Gazette du Maroc:

Un blog sur le Maroc juif

Posted on avril 15, 2009 by ibnkafka | Modifier

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Celui qui cherche des infos sur le net sur le judaïsme marocain devient vite frustré: entre la débauche de liens et la qualité disparate de l’information, la frustration est souvent au rendez-vous. Jusqu’ici, l’excellent site de Rick Gold – Visiting Jewish Morocco – constitue un point de départ incontournable, et on pourrait y rajouter le forum communautaire Dafina, désordonné, foisonnant mais inégal. On pourrait rajouter à cette liste deux musées – celui du judaïsme marocain de Casablanca, et celui du Centre de la culture judéo-marocaine à Bruxelles. Sans compter les sites excentriques – comme celui consacré à la restauration de la synagogue Attias d’Essaouira.

Il y a désormais un blog, Jewish Morocco, animé par un Etatsunien, Chris Silver – il nous emmène notamment au Guercif cher à Zakaria Boualem… Bravo à son initiateur!

Un regret cependant: qu’il n’y ait pas de voix de l’intérieur non-institutionnelle – par exemple un blog d’un Marocain juif vivant au Maroc, éclairant de l’intérieur la culture, l’histoire, la spiritualité et le présent de cette partie essentielle du peuple marocain et de son histoire.

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Pour ceux qui débarqueraient, Kamal Lahlou, le directeur de la publication, est président de la Fédération royale marocaine d’haltérophilie, vice-président du Comité national olympique marocain et surtout président de la Fédération des Médias du Maroc. Ce patriote tal mout avoue ouvertement ne pas écrire lui-même ses éditoriaux:

Et c’est aussi un mythe que vous n’écrivez pas vos éditos ?
Non, ça, c’est vrai. Et ce n’est pas une honte. Il n’y a aucune gêne à avoir. Je donne mes idées et je laisse faire.

Vous commandez vos éditos, donc…
Absolument. Et quand ça ne va pas, je les fais refaire.

Au moins, ça a le mérite de la franchise. Il devrait cependant faire passer le message dans sa rédaction que la sous-traitance n’est pas le plagiat…

Annahj dimoqrati, parti politique le plus influent du Maroc

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J’avais il y a quelques temps injustement ironisé sur un journal algérien qui avait qualifié Annahj adimoqrati – qui regroupe les anciens militants d’Ilal amam demeurés fidèles à leurs convictions socialistes voire marxistes – de principal parti d’opposition marocain. Je présente aujourd’hui mes plus plates excuses, tant au journal algérien en question qu’aux militants d’Annahj adimoqrati.

En effet, Annahj a activement fait campagne pour le boycott de ces élections municipales, comme pour toutes les autres élections qui se sont tenues depuis la légalisation de ce parti (en 1995) – bref, il n’a jamais participé à une seule élection. Cette ligne avait également été celle du PADS, mais ce dernier a renoncé à son boycott en participant aux législatives de 2007, position confirmée à l’occasion de ces dernières élections communales.

Cette campagne pour le boycott, fondée principalement sur le caractère non démocratique des institutions et de la constitution, a mené certains militants d’Annahj adimoqrati – dont son secrétaire-général Abdallah Harif – au poste de police. A en croire Annahj, trois militants auraient été arrêtés par les forces dites de l’ordre le 9 juin à Témara, huit militants le 10 juin à Casablanca, deux autres le même jour à Mohammedia, Abdallah Harif (17 années de détention politique au compteur) ayant en outre été convoqué et retenu dans un commissariat de police rbati pendant quatre heures le 9 juin, où il fût interrogé sur le contenu des communiqués du parti appelant au boycott – et ce sans compter les interdictions de réunions publiques et poursuites judiciaires contre des militants à Midelt et Guercif. Selon Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH et militante par ailleurs d’Annahj, cette hargne du ministère de l’intérieur serait récente, les appels au boycott lancés par Annahj en 2007 n’ayant pas été réprimés de la sorte:

Pire encore, cette fois-ci nous avons enregistré de nouvelles violations de la part des autorités et qui n’ont pas eu lieu lors des élections législatives, à savoir l’interpellation de ceux qui appellent au boycott des élections. C’est le cas du secrétaire général du parti d’Annahj Addimocrati. Il s’agit là vraiment d’une régression.

Cette campagne de répression contre Annahj ne sembla pas avoir porté ses fruits, puisque 48% des masses populaires du corps électoral marocain a choisi de suivre son mot d’ordre en se déplacant pas pour voter vendredi dernier, du moins si l’en en croit les chiffres officiels communiqués par le ministère de l’intérieur. Quel autre parti marocain peut se targuer d’une telle assise? (Just kidding).

Entre parenthèses, on notera que les poursuites judiciaires intentées contre des militants d’Annahj sont faites sur la base de l’article 90 du Code électoral, lequel dispose ceci:

Est puni d’un emprisonnement d’un mois à trois mois et d’une amende de 1.200 à 5.000 dirhams ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque à l’aide de fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manoeuvres frauduleuses, détourne des suffrages ou incite un ou plusieurs électeurs à s’abstenir de voter.

On relèvera le caractère vague de cette disposition pénale, en ce que ses principaux termes donnent une marge d’interpréttion considérable aux juges chargés de l’appliquer: ce n’est pas faire injure à notre magistrature que de l’imaginer capable d’interpréter les arguments politiques et idéologiques d’Annahj en faveur du boycott comme autant de « fausses nouvelles, bruits calomnieux et autres manoeuvres fruaduleuses« …

Un meilleur libellé aurait été:

Est puni d’un emprisonnement d’un à trois mois et d’une amende de 1.200 à 5.000 dirhams quiconque diffuse des informations mensongères sur l’annulation des opérations de vote, la modification de la date ou de l’horaire du scrutin, la modification de l’emplacement des bureaux de vote ou toute autre modalité pratique du vote en vue de détourner des suffrages ou de provoquer l’abstention d’électeurs.

Mais le législateur, en adoptant ce Code électoral rédigé par les services du ministère de l’intérieur, a sans doute agi en connaissance de cause…

Galik, séparation des pouvoirs

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En passant par hasard sur un article de Maroc Hebdo sur les tractations RNI/PAM suite à la création d’un groupe parlementaire commun (mais il s’est déjà disloqué avec le passage du PAM dans « l’opposition »), je suis tombé sur ce passage relatif à l’élection du successeur de Moustapha Oukacha, défunt président RNI du président de la Chambre des Conseillers (probablement l’institution la plus inutile du paysage constitutionnel marocain), dans lequel Mustapha Sehimi de Maroc Hebdo cite Mustapha Mansouri, leader du RNI:

Mustapha Mansouri, lui, ne se prononce pas, déclarant simplement que l’élection du nouveau président de la Chambre des Conseillers ne pouvait se faire alors que le Souverain était à l’étranger. «C’est une question de courtoisie, précise-t-il. J’ai estimé qu’il n’y avait aucune urgence». Quant à ceux qui lui ont reproché d’attendre en fait un signe ou une orientation royale, il réplique que depuis son intronisation en 1999, SM le Roi s’est fixé pour ligne de conduite de n’interférer ni dans la vie des partis ni dans des élections dans des institutions constitutionnelles. De fait n’est-ce pas l’USFP qui, en maintenant sa candidate – contre l’avis du Premier ministre – sollicitait un parrainage royal en sa faveur?

Je ne suis pas sûr que ce soit cela que l’on entend par monarchie parlementaire…

On relèvera au passage que Mansouri revendique 100.000 adhérents, ce qui, par rapport au 447.244 suffrages recueillis par la liste nationale du RNI aux législatives de 2007, signifierait un rapport de un à 4, 5 entre adhérents et électeurs. A l’échelle française, et indépendamment de toute autre comparaison entre la scène partisane marocaine et celle de l’hexagone, ce serait comme si l’UMP revendiquait 2,5 millions d’adhérents en 2007 (l’UMP en revendiquait 256.000 en 2008)…

Le PAM, les éléctions et l’article 5 de la loi sur les partis politiques, ou comment avoir juridiquement raison et politiquement tort

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Si vous croyez que le PAM de Fouad Ali el Himma – et la telenovela des dernières semaines autour de la transhumance des khobzistes attirés par l’odeur du makhzen – marque un changement qualitatif dans l’emprise du makhzen sur la scène politique marocaine, vous vous trompez lourdement: c’est le maintien au gouvernement en décembre dernier d’Abdelouahed Radi, premier secrétaire de l’USFP, qui est de très loin bien plus significatif. Lire la suite

Haïfa, le maire maquereau et la normalisation avec Israël – ou comment les électeurs de Marrakech peuvent faire oeuvre de salubrité publique

Vous vous rappelez sans doute il y a deux ans de la polémique suscitée par l’accord de jumelage signé en 2007 dans le domaine touristique entre les villes de Marseille, Marrakech et Haïfa. Le « maire » (le terme est impropre, le terme officiel est président du conseil municipal) de Marrakech, Omar Jazouli (Union constitutionnelle – UC), en place depuis un quart de siècle, avait en effet signé en grandes pompes un accord de coopération en matière touristique avec ces deux villes. C’était le 22 février 2007 à Marseille:

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Marseille-Haïfa-Marrakech : coopération tripartite hautement symbolique
jeudi 22 février 2007

Au cours de son séjour à Marseille où il est l’invité du dîner annuel du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, le Maire de Haïfa, Yona YAHAV, est reçu en l’Hôtel de Ville par le Maire de Marseille, Jean-Claude GAUDIN.
Par un avenant au Protocole de coopération qui les lie, les deux villes jumelées ont souhaité lui donner un nouvel essor et intensifier leurs échanges dans les domaines de la culture, du tourisme et de l’économie.

Cette rencontre est, pour le Maire de Marseille, l’occasion de rendre publique une initiative inédite et hautement symbolique : proposer une coopération tripartie à deux de ses villes jumelées, Haïfa et Marrakech. Ce Protocole de Coopération décentralisée tripartite est signé en même temps par le Sénateur-Maire de Marrakech, Omar EL JAZOULI, présent à cette rencontre. Il porte sur la formation aux métiers du tourisme et permettra à des jeunes de Marrakech et de Haïfa de venir à Marseille se former à la stratégie de développement touristique d’une ville ou à la qualité des services et prestations touristiques.

Inutile de dire que cette nouvelle fît le bonheur notamment de l’ambassade d’Israël en France et du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Il faut dire qu’Omar Jazouli n’avait pas fait les choses à moitié: il avait ainsi assisté au 12ème dîner annuel du CRIF Marseille-Provence, en présence du maire de Haïfa, Yona Yahav de Kadima, de l’ambassadeur d’Israël en France et du likudnik Roger Cukierman, alors président du CRIF.

On notera le rôle important du sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, connu dans l’hexagone notamment pour son évident parti-pris pro-israëlien, qui a décrit Omar Jazouli comme « son jumeau marocain et son alter ego marrakchi » – déclaration d’ailleurs faite quelques mois après la signature de l’accord tripartite Marrakech-Marseille-Haïfa, lors de la remise par Gaudin à Jazouli de la Légion d’honneur, sans doute en raison des services rendus à la normalisation avec Israël .

L’information ayant été rendue publique, notamment en Israël, la presse marocaine s’en était emparée. Omar Jazouli se rendait alors compte que ce n’était sans doute pas l’initiative la plus populaire auprès de son électorat et nia avoir signé un quelconque accord de coopération avec Haïfa (« Le seul document que j’ai signé est un avenant à l’accord que nous avons avec Marseille et qui porte sur la formation de jeunes en matière de tourisme« ), sans grande crédibilité, le site officiel de la ville de Marseille ayant confirmé la signature d’un accord tripartite entre Haïfa, Marseille et Marrakech.

Le PJD l’avait critiqué (mais pas que lui, puisque l’Istiqlal, qui détient le poste de premier ministre, s’était mis de la partie), et la presse officieuse s’était offusquée de ces critiques:

D’ici là, il faudra bien aménager le justificatif d’accompagnement et, surtout, préparer l’opinion publique à intégrer un acoquinement d’État jusqu’ici perçu comme un tabou intransgressible. Les Marocains restent sensibles au drame palestinien dans toutes ses évolutions et malgré ses contradictions internes. Israël est toujours considéré comme la source du mal originel.

Quelques indices révélateurs abondent dans ce sens. Pas plus tard que le 22 février 2007, Omar Jazouli, président de la commune urbaine de Marrakech, a fait les frais des foudres de la presse islamiste. Son crime inqualifiable, disent ses juges islamo-médiatiques, avoir signé un accord de coopération avec le maire de la ville israélienne de Haïfa, Yona Yahav. Omar Jazouli réfute vigoureusement ces accusations, certifiant que seul un accord de formation touristique a été signé avec le maire de Marseille. (Maroc-Hebdo, « Faut-il normaliser avec Israël?« , 13 juillet 2007)

Aujourd’hui Le Maroc avait parlé d’Intifada de la part du PJD contre Jazouli – une intifada constitué d’un communiqué de la section locale de ce parti – tandis que L’Economiste dénoncait la « médiocre polémique » contre Jazouli:

Face à une telle actualité, la question de la normalisation entre le Maroc et Israël revient toujours au 1er plan. «Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais». La formule pourrait résumer en substance la politique étrangère de Rabat dans ce dossier. Il est toujours politiquement incorrect de parler publiquement d’une quelconque relation avec Tel Aviv. Inutile de rappeler la médiocre polémique déclenchée par les détracteurs du maire de Marrakech, Omar Jazouli, qui aurait signé en France un accord de coopération touristique avec Marseille et Haïfa.

Plus fort dans la dénonciation, Le Détective marocain par le biais d’Abdelkarim Chankou avait bien évidemment soulevé l’antienne rituelle d’antisémitisme contre les détracteurs de Jazouli:

Les choses sen seraient restées là si des opportunistes du panarabisme et des causes perdues n’avaient pas fourrée leurs nez dans cette histoire, sommes toutes banales, en accusant Omar Jazouli de pactiser avec le sionisme.
Quoi de plus ordinaire en fait que trois maires de villes méditerranéennes sœurs qui se rencontrent pour signer un accord de partenariat dans un secteur porteur comme le tourisme. D’autant que Haïfa avec ses 270.000 habitants abrité 8 % d’arabes et plusieurs dizaines de milliers de juifs marocains. Nous avons nous-mêmes, maintes fois, encouragé ce type de coopération sur ce même site (Lire en bas).

Devant la levée de boucliers orchestrée par ces opportunistes des causses perdues, toujours les mêmes, le pauvre Omar Jazouli se défend d’avoir signé un quelconque document dans un cadre tripartite. On le comprend : la horde de charognards réclame sa peau et demande au ministre de l’Intérieur de le révoquer ! Rien que ça ! Nous sommes en fait à quelques mois des élections communales et législatives : ne serait-il pas plus logique d’atteindre le verdict des urnes pour savoir ce que les Marrakechis pensent de leur maire. Non ! ces donneurs de leçons qui hier encore acceptaient des millions de barils de pétrole en cadeau de la part de Saddam Hussein, sont pressés d’en découdre avec le premier des édiles de la cité ocre. Lequel a toujours su échapper aux guets-apens de ses détracteurs, manipulés par des forces occultes, qui veulent faire main basse sur la cité la plus prospère du Maroc. Qu’à Dieu ne plaise ! (Abdelkarim Chankou, « O. Jazouli et les antisémites« , Le Détective marocain, 9 mars 2007)

On peut présumer que ces talking heads de la presse francophone marocaine auront révisé leurs opinions le temps de quelques jours en décembre 2008/janvier 2009.

Ce qui est intéressant dans cette histoire c’est l’aspect juridique: en effet, en vertu de l’article 42 du dahir n° 1-02-297 du 25 rejeb 1423 (3 octobre 2002) portant promulgation de la loi 78-00 portant charte communale, toute convention de jumelage ou de coopération décentralisée doit être approuvée par le conseil communal puis ensuite par l’autorité de tutelle (cf. aussi l’article 69 de la charte communale) – en matière de communes urbaines (Marrakech), la tutelle est exercée par le ministère de l’intérieur ou son délégué – dans les conditions fixées à l’article 73 de la charte. Le ministère de l’intérieur dispose d’un délai de 45 jours pour approuver la décision du conseil communal – en cas de non-réponse dans ce délai, la décision est réputée approuvée. Or, rien n’est indiqué dans les divers articles sur l’approbation de la convention de coopération avec Haïfa par le conseil communal, ni sur son approbation ultérieure par le ministère de l’intérieur. On peut présumer que si l’une de ces deux instances n’avait pas approuvé la convention tripartite litigieuse, la presse en aurait parlé – mais rien ne peut être déterminé avec certitude.

On ne peut pas dire qu’Omar Jazouli n’ait pas fait parler de lui depuis: ce maire, qui avait dénoncé le tourisme sexuel – « Il a finalement trouvé une idée à défendre : « éviter de faire de sa ville une destination de tourisme de masse » et surtout pas « un fief de pédophiles et d’homosexuels ».  » – a été accusé il y a quelques semaines d’être le client d’un prostitué homosexuel marrakchi nommé… Haïfa! Bien évidemment, Jazouli nie en bloc – en dépit de la présomption qui pèse en la matière sur les marrakchis – en dépit d’une véritable campagne de presse. A cet égard, on ne peut pas dire que sa ligne de défense lui attirera la sympathie des défenseurs de la cause gay:

Ce qui a été relaté dans la presse marocaine est incompréhensible pour moi. Je suis connu comme étant un homme intègre et correct et je ne suis pas du tout homosexuel (Aujourd’hui Le Maroc du 15 mai 2009).

Et tout aussi évidemment, Marrakech n’étant pas Tel-Aviv, la combinaison aux yeux de l’électeur marrakchi moyen d’homosexuel partisan de la normalisation avec Israël ne paraît pas être un ticket gagnant, ce qui fait dire aux observateurs qu’il aura du mal à se faire réelire lors des élections communales du 12 juin suivant (même si l’intéressé déclare y croire, peut-être confiant dans le talent de son magicien de fils):

Dans les réunions pré-électorales, certains élus locaux en étaient même venus aux insultes pour en découdre avec leurs adversaires comme c’était le cas dernièrement à Marrakech. C’est aussi dans cette même ville que des bruits ont couru dernièrement sur l’homosexualité du maire de Marrakech. Ils ont été même relayés à la Une, le 13 mai dernier, par deux organes de presse arabophones. D’après ces informations, Omar Jazouli aurait été dénoncé par un prostitué homosexuel. Ce dernier, après avoir été raflé par la police, aurait déclaré qu’il avait des personnalités haut placées à Marrakech parmi ses clients, dont le maire de la ville.

Le principal concerné a tout de suite répliqué, par voie de presse. Omar Jazouli a déclaré qu’il ne s’agit dans cette affaire que d’« une guerre électorale avant l’heure ». « Je suis connu comme étant un homme intègre et correct et je ne suis pas du tout homosexuel », a-t-il martelé.

A l’origine de ce scandale, un certain « Haïfa » que Jazouli considère comme étant « un malade mental » qu’il dit n’avoir jamais connu. « La personne qui a prononcé mon nom dans le PV de police, et qui a relaté des faits nuisant à ma réputation et à celle de ma famille, a été poussée et même payée pour nuire à ma réputation », s’est défendu le maire de Marrakech, sur les colonnes d’ALM. Il a aussi affirmé n’avoir été, à aucun moment, interpellé, dans le cadre de cette affaire, par la police ou le procureur général du Roi. Les péripéties s’arrêteraient-elles alors là ? Pas si sûr. Le maire de Marrakech compte poursuivre les deux organes de presse écrite et un journaliste d’une chaîne radiophonique pour diffamation.

Ce n’est pas la première fois qu’Omar Jazouli se trouve au centre d’un scandale. Il avait même été condamné en 2003, en première instance, à aller en prison suite à son accusation d’utilisation de fonds publics dans sa campagne électorale. Mais ce jugement a été cassé en appel. Plus récemment, il s’était trouvé au cœur d’un autre scandale, relatif également à Haïfa. Mais c’était de la ville israélienne qu’il s’agissait et non d’un prostitué. Ses détracteurs l’avaient accusé d’avoir signé un accord tripartite avec cette ville et Marseille. Là encore, Omar Jazouli avait expliqué que les accusations portées contre lui étaient infondées. Selon lui, il ne s’agissait que d’un document signé entre Marrakech et Marseille devant permettre à des jeunes de la ville ocre de bénéficier de sessions de formation en stratégie de développement touristique ou encore pour ce qui est la qualité des services et prestations touristiques. Tous ces bruits n’empêchent pas Jazouli de se présenter à nouveau sous les couleurs de son parti, l’Union constitutionnelle (UC), pour succéder à lui-même à la tête de la mairie de Marrakech. Il estime que sa candidature se trouvera renforcée par les « coups bas » dont il estime faire l’objet. (Le Reporter, « Les dossiers chauds des élections: transhumance et homosexualité« , 25 mai 2009)

Par ailleurs, sa gestion a été critiquée par des ONG locales et il fait l’objet d’une enquête de police pour une transaction douteuse du conseil communal ayant coûté un montant de 50 millions de dirhams (4.500.000 €) par décision de justice en faveur d’un député, Abdelaziz El Banine (FFD). Et il avait déjà été condamné à de la prison en première instance en 2003 pour avoir utilisé aux fins de sa campagne électorale les ressources de la commune – ce qui ne l’avait pas empêché de prononcer un discours en 2004 lors d’une conférence internationale sur le juge de cassation dans lequel il manifestait toute sa confiance dans la justice de son pays, sans doute motivée par son acquittement en appel:

On peut tout d’abord, et c’est probablement l’essentiel, mettre l’accent sur le sentiment de justice éprouvé par les citoyens du Maroc. Il provient lui-même du sentiment d’une harmonie sociale, l’existence d’un idéal commun dans le respect de chacun.

La justice en tant qu’institution est indépendante et impartiale, comme l’exige notamment la loi qui en est la garante. De ce fait, les juges, de par leurs compétences, deviennent de plus en plus crédibles et accessibles.

En fait, la confiance en la justice est l’ossature d’une nation. Toute société a besoin d’une justice garante des libertés, efficace et impartiale : efficace pour garantir la sécurité des personnes, impartiale pour que vivent le système de valeurs commun et l’instauration d’une démocratie des valeurs indéfectibles de notre pays sous la conduite de Sa Majesté Mohammed VI, Que Dieu le Glorifie.

Excellence, la ville de Marrakech est honorée d’accueillir un tel congrès, ce qui démontre que cette ville est un havre de paix pour des travaux d’une telle ampleur.

Les électeurs marrakchis seront donc inexcusables de ne pas se déplacer pour débarasser la vie politique marocaine de ce modèle-type de l’opportunisme amoral – « Je représente un parti libéral. Gauche ou droite, la gestion d’une ville n’a pas besoin d’une idéologie, mais d’hommes capables d’assurer cette gestion » – il y en a d’autres, mais il faut bien commencer quelque part. Et finalement, partisan de la normalisation avec Israël et maquereau, la combinaison coule de source…

PS: Pour un rapide tour d’horizon sur les partis en lice, voir le billet de Politiquonaute.

La Kabylie, Bengurion Taghine les juifs marocains et Israël – ou comment donner une mauvaise réputation aux théories de la conspiration

Il y aurait de quoi écrire sur la sympathie de certains militants amazighs radicaux – guère représentatifs – pour Israël, sur la base du principe « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » – n’est-ce pas, Ahmed Adghirni (1)? Mais là, ça devient franchement ridicule: un complot – dévoilé par le torchon algérien Ennahar – regroupant Ferhat Mehenni, fondateur du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) – pour lequel je n’ai aucune sympathie, c’est une litote de le dire – la CIA, Israël, les juifs marocains et le judaïsme européen, sous l’ombre tutélaire de la France…

Comme je l’ai écrit chez Maghreb Politics Review, il ne manque que les chiites, Bob Ménard et Moulay Hicham…

Par ailleurs, toujours chez Maghreb Politics Review, le post le plus complet du web sur le psychodrame des parlementaires nomades du PAM de moul traktor, dû à alle.

(1) Cf Tel Quel n° 304 du 29/12/2007:

Adghirni. I love Israël

Le trublion amazigh a brisé le tabou de la normalisation avec Israël, en se rendant à Tel Aviv du 17 au 20 décembre. Ahmed Adghirni était invité par l’Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe en tant que président du Parti démocratique amazigh marocain, une formation non reconnue par le ministère de l’Intérieur. Objet de l’invitation : un séminaire sur “La tolérance et l’antisémitisme”. Adghirni était d’ailleurs accompagné par un de ses camarades au sein de l’association d’amitié entre les juifs et les amazighs. “Nous avons assisté aux débats généraux et n’avons pas eu de contacts privés avec les Israéliens”, nous a déclaré le militant berbère.

« Active mais tacitement consentante: La réponse de l’UE à l’offensive israélienne sur la bande de Gaza »

C’est le titre d’un rapport – en anglais (1) – publié par le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH), qui se trouve être financé par… l’UE.

Le rapport met plus particulièrement l’accent sur les choix diplomatiques fondamentaux qui condamnent toute politique moyen-orientale à l’impuissance:
– soutien aveugle à Israël se manifestant par le refus de toute sanction;
– immixtion dans le conflit interne palestinien;
– isolement du Hamas;

Citons-le:

Le rapport affirme qu’avant l’opération Plomb Durci, et en particulier depuis la victoire du Hamas aux élections du Conseil Législatif Palestinien en 2006, l’UE a agi dans un contexte international favorable à l’escalade récente du conflit.

Plus spécifiquement, les politiques de boycott du Hamas, d’isolement de la bande de Gaza, de financement de la Cisjordanie contrôlée par l’Autorité palestinienne et de soutien inconditionnel à Israël, n’ont permis ni un meilleur respect du droit humanitaire international, ni d’atteindre une solution à deux Etats. Au contraire, ces actions politiques ont rendu l’accomplissement de ces deux objectifs affirmés de l’UE pour un Moyen-Orient pacifique moins probable. L’offensive militaire sur la bande de Gaza est l’illustration tragique de ce fait.

Le degré des divergences entre les Etats membres explique en grande partie l’émergence de trois ambiguïtés dans la politique actuelle de l’UE:
• Tout d’abord, concernant la cause affirmée du conflit : certains Etats membres attribuent clairement la responsabilité du conflit au Hamas, tandis que d’autres prennent de la distance avec ce point de vue.
• Ensuite, concernant les efforts de l’UE en matière de contrôle des frontières de la bande de Gaza : Alors que dans la majorité des cas, les initiatives de l’UE s’inscrivent dans la nécessité de garantir un accès ouvert et de mettre en oeuvre l’Accord sur le Mouvement et l’Accès (AMA), à d’autres occasions, l’accent est mis sur la lutte contre la contrebande d’armes, ce qui pourrait impliquer une fermeture plus grande encore des frontières de la bande de Gaza, en particulier si des actions sont entreprises pour détecter et détruire des tunnels avant même que l’accès ne soit assuré par les points de passage.
• Enfin, le troisième point ambigu concerne la formation d’un gouvernement palestinien d’unité nationale et en particulier si la réconciliation est véritablement encouragée par l’UE sur tout le territoire palestinien occupé, ou si l’UE cherche avant tout à rétablir l’Autorité palestinienne à Gaza, étant donné son incapacité à assurer le contrôle des frontières et à mener à bien sa politique de reconstruction et d’aide sous les conditions actuelles.

Lorsqu’on évalue la réponse de l’UE à l’offensive militaire israélienne sur la bande de Gaza, on reste stupéfait par le fossé qui se creuse entre, d’une part, les objectifs politiques de l’UE et ses obligations légales, et d’autre part l’absence de mesures concrètes pour atteindre ces objectifs et respecter ces obligations.

Le rapport souligne également malgré tout les différences d’appréciation entre Etats membres (cf. pp 64-70), avec trois groupes d’Etats membres: les supporters inconditionnels de la guerre israëlienne contre Gaza (Allemagne, Italie, République tchèque et Pays Bas), les pays à position intermédiaire – en fait proches de la position des précédents, mais prenant en compte le contexte global du conflit israélo-palestinien (France, Espagne, Royaume-Uni), et enfin les pays exprimant nettement leur souci du respect du droit international, y compris le droit international humanitaire (l’Irlande, la Belgique et la Suède).

De manière qui doit sans doute irriter certains de ses bailleurs de fonds, le REMDH consacre régulièrement des rapports à la situation qui prévaut en Palestine occupée – on sait que sinon tant chancelleries que mainstream medias occidentaux (2) aiment à penser, dire et écrire que la Palestine est l’arbre qui cache la forêt arabe et que la préoccupation manifestée ostensiblement pour la cause palestinienne n’est qu’une manoeuvre superficielle des pouvoirs en place, qui diffuseraient cet opium des peuples arabes en vue de leur faire oublier des problèmes plus dignes d’intérêt – du moins aux yeux de ces observateurs étrangers.

Voici en tout cas une liste des ces rapports:
– « Le Quatuor pour le Moyen-Orient: Un rapport sur les progrès accomplis » (2008)
– « Le plan d’action UE/Israël dans le cadre de la politique européenne de voisinage: Quel est l’impact du Plan d’Action UE-Israël sur les droits de l’Homme en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés ? » (2007)
– « Bilan des droits de l’Homme dans les relations UE-Israël 2005-2006 » (2007)
– « Un bilan des droits de l’Homme dans les relations UE-Israël 2004-2005 – Intégration ou extinction sélective des droits de l’Homme? » (2006)
– « La conduite de l’Israël en matière des droits de l’Homme 2004-2005 » (2006)
– « Disengagement with Effective Control » (2005)
– « Lier le geste à la parole: Un Bilan des droits de l’Homme dans les relations UE-Israël » (2004)

Cette liste ne rend pas compte des rapports sur la Palestine présentés par les membres du REMDH à titre individuel – précisons que ces membres sont des ONG de défense des droits de l’homme de la région Euromed.

Parmi les plus récents de ceux-là, on trouve:
Compilation concernant la législation militaire israélienne par Machsom Watch, Nadi El-Asir (the Palestinian Prisoners Club) et le Public Committee Against Torture in Israel (PCATI)- en hébreu et en arabe;
– « Crimes de guerre contre les enfants: Rapport sur les 313 enfants tués dans l’offensive sur Gaza » en anglais, par le Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) ;
– « Environ 70% des prisonniers incarcérés en Israël sont des Arabes« , par Adalah;
– « Accès refusé: Les mesures israéliennes pour refuser aux Palestiniens l’accès aux terres autour des colonies » par Btselem;
– « Rapport: Le droit à la santé de la minorité arabe palestinienne en Israël » par l’Arab Association for Human Rights;
– « Les centres médicaux, ambulances et équipes de sécurité civile pris pour cible pendant l’opération « plomb durci »  » ainsi que « Unlawful Combatants: The Violation of Gazan Detainees’ Rights in Israeli Prisons » par Al Mezan Center for Human Rights;

Bonne lecture…

PS: Vous pouvez vous abonner à la lettre d’information hebdomadaire du REMDH ici.

(1) Le résumé en français est accessible ici.

(2) Voire quelques médias locaux – je pense notamment à Karim Boukhari dans Tel Quel.

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