J’ai été braqué à la machete en plein Casa cette nuit

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Nous nous étions rencontré, cinq bloggeurs, pour discuter et passer du temps ensemble après le ftour. Après être allé du Casablanca Boulevard Moulay Youssef au café Champs-Elysées rond-point Mers-Sultan, nous avions fini par nous faire éjecter de ce dernier, bien au-delà de la fermeture. N’ayant pas terminé la discussion, nous sommes restés près de dix minutes à papoter devant le café, entourés de marchands et badauds. Ainsi que de cinq ou six salopards armés de machetes, transportés sur deux scooters, qui nous avaient repérés – l’un d’entre nous avait même fait attention à eux.

J’avais ma sacoche avec mon lap-top, et un autre bloggeur un sac-bandoulière où l’on met portefeuille et papiers. C’est nous que les salopards visèrent: l’un d’entre eux, par derrière, tira ma sacoche. Me retournant, je vis un petit type de vingt ans, pantalon et blouson noir, agitant une machete, entouré de comparses, quatre peut-être, deux ou trois avec des machetes. J’ai eu le réflexe de lâcher tout de suite, la sacoche ne contenant que mon laptop, une clé USB et un chargeur pour mon mobile. Rien de bien grave, d’autant que le laptop était un laptop d’appoint ne contenant pas grand chose. En fait, c’est surtout la perte de livre Héros sans gloire de Mehdi Bennouna, que je m’étais enfin décidé à lire, qui m’a énervé.

Le plus amusant dans tout ça c’est justement que j’avais vidé ma sacoche de tout autre contenu juste avant de rejoindre les amis, me disant que Casa n’était pas sûre un soir de ramadan vers 22h. J’avais ainsi enlevé le livret de famille et les extraits d’acte de naissance de mes filles ainsi que leur carnet de santé respectif. Bien évidemment, comme à chaque fois que je sors le soir, je n’avais pas mon portefeuille, mais uniquement un peu de cash et ma carte nationale dans la poche de mon bermuda.

A. a eu moins de chance. Il avait une petite sacoche-bandoulière, avec ses papiers d’identité et son permis de conduire, ainsi qu’un peu d’argent. Il a eu le réflexe diamétralement opposé au mien: il a voulu se débattre, face à trois assaillants armés de machetes – j’avais quant à moi reculé instinctivement, auprès de mes trois autres comparses. Il a été traîné à terre, avant d’être atteint à l’arcade sourcilière par un coup de machete. Heureusement, la blessure semble superficielle mais il a saigné. Toute l’agression a peut être duré vingt secondes, c’est en tout cas allé très vite, et à part le réflexe de remettre la sacoche sans résister à mon agresseur j’ai eu aucune latitude pour réflechir ou agir, étant totalement tétanisé.

Nous avons ensuite tenté de prendre en course ces connards, sans réussite, après deux croisements nous étions largués. Nous sommes alors allés au commissariat central Boulevard Brahim Roudani pour déposer plainte. Cest quelque chose un commissariat de police au Maroc: deux flics en civil derrière un guichet en bois sali, l’un deux derrière une machine à écrire de vingt ans d’âge, des locaux ressemblant à un squat, aucun équipement plus récent que les années 60, sinon les GSM persos des flics. Il prend nos deux dépositions – les trois autres, ceux sans sacoche, n’ayant pas été agressés. En arrivant aux objets volés, plus de papier dans la machine à écrire (je me demande d’ailleurs comment ils se fournissent en ruban, intercalaires en carbone etc – ça se fabrique encore, ces trucs-là?). Le flic continue donc à la main, et finira le PV plus tard, sans nous donner de copie donc. Il nous faudra de toute façon faire une déclaration de perte, qui ne servira strictement à rien en ce qui me concerne, n’ayant perdu aucune pièce administrative ou carte bancaire ou chéquier. Car il est évident que la police ne fera rien -et je serais moi-même asbolument incapable de reconnaître celui qui m’a arraché ma sacoche sous la menace d’une machete.

En y réflechissant, j’ai noté la présence d’aucun uniforme policier lors de notre périple de quelques heures au centre de Casa, et surtout au rond-point Mers-Sultan – peut-être est-ce la fermeture, ramadan oblige, des bars, cabarets et hôtels de passe environnants qui a fait disparaître les rares flics affectés d’office à ces hauts lieux de la vie nocturne casablancaise.

J’ai bien évidemment changé tous les mots de passe sur mes différents comptes – les connards pourraient y avoir accès en allumant l’ordinateur.

Tout compte fait, ce qu’il y a de mieux à dire c’est hamdulillah. Cela aurait pu être pire, y compris pour A.

PS: je me suis défoulé sur Twitter en rentrant à la maison, à 200m de l’agression. Le meilleur réconfort m’est venu de Mohammed Dahlan (eh oui, je suis oecuménique):

@ibnkafka i suggest 2 u some DAHLAN-style justice! i putting my underwear army on 1st plane 2 casablanca. they will bring paper 4 typewriter
about 2 hours ago from web in reply to ibnkafka

Pour comprendre la référence aux sous-vêtements, voir ceci.

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