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3 Réponses

  1. Aux origines du Nihilisme :

    « Dans le sobre bureau qu’il occupe, le ministre de l’intérieur Mohamed Benhima nous affirmait pourtant le contraire avec une déconcertante fermeté : « Ne vous y trompez pas, 80 % de mes compatriotes se désintéressent des affaires politiques. Pour connaître et comprendre ce pays, il faut parler avec ses habitants de toutes conditions. Sauf dans les villes, parmi les intellectuels abonnés à la presse étrangère de gauche, vous ne trouverez personne de favorable à la révolution, comme on dit. Dans les campagnes, et elles rassemblent encore de 65 % à 70 % des populations, les gens veulent d’abord du travail, du pain, puis l’éducation pour leurs enfants. En dehors de cela, rien ne les intéresse – et surtout pas les discours de l’opposition.» »

    Quand Erfoud était aux confins du Maroc actuel (Pas de notion de Lagouira) :

    « La tranquillité des campagnes, comme celle des médinas, explique fort bien ces discordances. Un calme absolu règne, de Tanger jusqu’aux oasis d’Erfoud, en bordure du désert. »

    Il y a 38 ans déjà, l’abus du pouvoir et la corruption…toujours le changement dans la continuité

    « En terre d’islam, le pouvoir transfigure pourtant ses détenteurs, mais pas toujours à leur avantage. A quelque degré qu’elle s’exerce, sa possession octroie d’énormes privilèges et inspire inévitablement la tentation d’en abuser. Depuis le ministre installé dans un confortable bureau jusqu’au petit moqaddem du plus lointain village, un mandat officiel permet toujours d’exploiter la puissance publique à des fins personnelles. A la campagne, un commissaire de police, un caïd, un juge hésitent rarement à convoquer le médecin pour qu’il les soigne sans rémunération. Au long de la hiérarchie administrative, le modeste employé municipal vendra 20 dirhams l’acte de naissance qu’il devrait remettre gratuitement ; son supérieur exigera 4 millions de dirhams pour délivrer un agrément au propriétaire d’un camion. »

    Pourquoi le Maroc doit rester un Royaume… selon les nombreuses chouaffates (voyantes)

    « Avec tous ses défauts, Hassan II incarne encore l’unité nationale, répètent ses compatriotes les moins suspects de complaisance envers le régime. S’il disparaît, elle s’effondre. Bien entendu, un remplaçant surgira. Mais il représentera forcément une région, un parti, un milieu contestés par tous les autres. Il sera l’homme de l’administration contre l’armée, ou des militaires contre les civils, des ruraux contre les citadins, ou des villes contre les campagnes. Cet homme sera peut-être honnête et patriote. Malgré son prestige et ses qualités, il ne pourra jamais devenir l’arbitre incontestable que le roi a longtemps été, parce que cela ne s’est pas encore produit une seule fois dans l’histoire du Maroc. La siba éclatera aussitôt dans les services publics, les régiments, la police. De là, elle gagnera le pays tout entier. Or lorsque le sang coule, chez nous, nul ne sait où s’arrête l’hécatombe. Souvenez-vous de Skhirat ! Et à nous autres, hommes de gauche, on réservera des pendaisons à la soudanaise ! »

    Gilbert Comte a bien cerné la situation politique d’alors.

  2. Sauf qu’à l’époque les nihilistes s’affichaient sans masque !

    « Exactement à la même époque, l’ancien président du conseil, Abdallah Ibrahim, tenait un tout autre langage dans Al-Ittihad Al-Watani, organe en langue arabe de l’Union nationale des forces populaires (UNFP). Il attribuait pour sa part l’« effondrement actuel » du royaume à une « politique générale imposée d’en haut au peuple marocain et reposant sur l’exploitation des masses, le mépris de leurs intérêts vitaux, sur la démagogie, la corruption, la violence ».

    (..)

    Dans les grandes villes, parmi les intellectuels radicaux, les lycéens et les étudiants, tous hostiles au système en place, même et surtout lorsqu’ils appartiennent aux grandes familles privilégiées, la crise emprunte évidemment des formes moins subtiles. Certes, le portrait officiel figure en bonne place dans tous les lieux publics. Lorsqu’ils parlent de lui, les fonctionnaires disent « Sa Majesté », et quelques flagorneurs glissent dans leur voix ce tremblement d’amour si nécessaire aux belles réussites professionnelles. Quelques chefs de l’opposition utilisent parfois eux aussi la formule. »

  3. >> citoyen

    Des hommes de la trempe du regretté Ibrahim ne sont plus et je pense que les progressistes/démocrates (nihilistes pour les courtisans flagorneurs) sont du coté de la socièté civile et surtout au sein d’ONG comme l’AMDH. La classe politique ne récéle plus ce type de personnes à part quelques rares responsables politiques comme Sassi.

    Ce qui me plait dans l’article est surtout ce qui concerne les passages 3 et 4 :

    -Il y a 38 ans déjà, l’abus du pouvoir et la corruption…toujours le changement dans la continuité

    « En terre d’islam, le pouvoir transfigure pourtant ses détenteurs, mais pas toujours à leur avantage. A quelque degré qu’elle s’exerce, sa possession octroie d’énormes privilèges et inspire inévitablement la tentation d’en abuser. Depuis le ministre installé dans un confortable bureau jusqu’au petit moqaddem du plus lointain village, un mandat officiel permet toujours d’exploiter la puissance publique à des fins personnelles. A la campagne, un commissaire de police, un caïd, un juge hésitent rarement à convoquer le médecin pour qu’il les soigne sans rémunération. Au long de la hiérarchie administrative, le modeste employé municipal vendra 20 dirhams l’acte de naissance qu’il devrait remettre gratuitement ; son supérieur exigera 4 millions de dirhams pour délivrer un agrément au propriétaire d’un camion. »

    -Pourquoi le Maroc doit rester un Royaume… selon les nombreuses chouaffates (voyantes)

    « Avec tous ses défauts, Hassan II incarne encore l’unité nationale, répètent ses compatriotes les moins suspects de complaisance envers le régime. S’il disparaît, elle s’effondre. Bien entendu, un remplaçant surgira. Mais il représentera forcément une région, un parti, un milieu contestés par tous les autres. Il sera l’homme de l’administration contre l’armée, ou des militaires contre les civils, des ruraux contre les citadins, ou des villes contre les campagnes. Cet homme sera peut-être honnête et patriote. Malgré son prestige et ses qualités, il ne pourra jamais devenir l’arbitre incontestable que le roi a longtemps été, parce que cela ne s’est pas encore produit une seule fois dans l’histoire du Maroc. La siba éclatera aussitôt dans les services publics, les régiments, la police. De là, elle gagnera le pays tout entier. Or lorsque le sang coule, chez nous, nul ne sait où s’arrête l’hécatombe. Souvenez-vous de Skhirat ! Et à nous autres, hommes de gauche, on réservera des pendaisons à la soudanaise ! »

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