links for 2011-03-17

links for 2011-03-16

links for 2011-03-15

The myth of the Egyptian revolution’s US- and Israel-friendliness

You’ve all read in Western – I use this term as a shorthand for « European and North American » – mainstream media how nice the Egyptian revolution was as neither the US nor Israel were at its core. This has always made me laugh – pretending that the popular protest movement would somehow be positively inclined – or indifferent – towards the US and Israel – well, you’d have never to have spoken to a protester to believe that. The youth movement that triggered the Egyptian revolution has its roots in the protest movement against Operation Defensive Shield and the Jenin bloodbath in 2002 as well as the US invasion of Iraq in 2003 – when students, islamists, leftists and liberals coalesced in grassroots protests.

Well, I don’t really know how these talking heads are going to try to gloss over this:

Revolution Youth Coalition refuses to meet Clinton

Ahram Online , Tuesday 15 Mar 2011
The January 25 Revolution Youth Coalition has announced it refuses to meet Hillary Clinton, US Secretary of State, during her visit to Egypt. The Coalition stated that the US administration was a vital supporter and ally of the ousted Mubarak regime.

The coalition, made up of six youth groups, said it did not welcome Clinton’s visit to Egypt and demanded that the US administration make a formal apology to Egypt’s people for its foreign policy towards the country in the past decades. They added that “the Egyptian people are the masters of their own land and destiny and will only accept equal relations of friendship and respect between the people of Egypt and the people of America.”   

The coalition’s declaration added that “the US administration took Egypt’s revolution lightly and supported the old regime while Egyptian blood was being spilled.” It also condemned past American policies towards Egypt and demanded that they be reformulated to achieve a balance between the interests of the Egyptian and American people. 

Clinton’s tour of the Middle East, which starts today in Egypt before taking her to Tunis, is the first cabinet-level visit to the region by the Obama administration since the revolutions in both countries.

And it takes an Egyptian newspaper to notice the unescapable:

Mubarak’s close relationship with Israel drew scorn from Tahrir protesters. Chants encouraging Mubarak to resign in Tahrir Square were frequently tailed with, “Tell him in Hebrew, maybe he doesn’t speak Arabic.”

Don’t tell Thomas Friedman, who surely must have written the stupidest column ever to have been published in the New York Times (Sarah Carr’s satire is quite good as well): he’s convinced the Egyptian revolution was caused by admiration for Obama and Israel…

links for 2011-03-14

links for 2011-03-13

Réforme constitutionnelle: début du dialogue avec la société civile à Casablanca

La propagande des régimes arabes a ses constantes – toute contestation est le fruit d’un complot du Mossad en Egypte (du moins sous Moubarak), d’Al Qaïda en Libye (du moins selon le Guide suprême) ou du hizb frança en Algérie. Le makhzen a au Maroc eu une certaine difficulté à identifier le bouc-émissaire: on se rappelle tous du complot sionisto-khomeiniste qui était derrière les émeutes de 1984 selon feu Hassan II, des subversifs (qualificatif favori de Driss Basri), des nihilistes chers à Khalid Naciri, des agents séparatistes que Moncef Belkhayat voit derrière chaque manifestant du 20 février – et maintenant ce sont les vilains barbus et les vilaines bâchées d’Al adl wal ihsan qui tiennent lieu de grand complot judéo-maçonnique (on dirait islamo-fasciste en France aujourd’hui) version marocaine. Jugez-en:

Casablanca: dispersion d’une marche non-autorisée de la Jamaat Al Adl Wal Ihssan
Casablanca,13/03/11- Quelque cent éléments de la Jamaat Al Adl Wal Ihssan ont tenté d’organiser une marche non-autorisée, dimanche à Casablanca, mais ont été dispersés par les forces de l’ordre, a-t-on constaté sur place.

Les manifestants se sont rassemblés devant la Place de la poste et ont tenté d’entamer leur marche avec violence, en s’en prenant notamment aux forces de l’ordre et en faisant des blessés parmi ces derniers.

Ils ont été dispersés par les forces de l’ordre qui ont procédé également à plusieurs interpellations.

Aucune demande d’autorisation n’a été déposée pour cette marche, indique-t-on auprès des autorités locales.

Dernière modification 13/03/2011 13:21.
©MAP-Tous droits réservés

Mine de rien, cette dépêche est un scoop explosif: Mohamed Bensaïd Aït Idder, légendaire ex-leader de l’OADP, Mohamed Sassi, membre dirigeant unanimement respecté du PSU et Mohamed Moujahid, secrétaire général du même PSU seraient donc des taupes islamistes. Mieux encore: le siège du PSU, sis Cité du Maréchal Ameziane (habitée par des familles de militaires, dont certaines auraient lancé des objets sur les manifestants) à un jet de pierre de Lycée al khansa, avenue Mers-Sultan, là où la répression policière dans toute sa violence s’est déployée, serait donc une madrasa clandestine, véritable pépinière d’égorgeurs salafistes chiites…

Certes, des centres de propagande chiito-sionistes ont bien tenté de faire croire qu’il y aurait eu une dizaine de blessés parmi les manifestants, mais le peuple marocain ne mangera pas de cette propagande-là… 

Voyez donc comment les forces de l’ordre ont dispersé les hordes djihadistes place Mohammed V, près du siège du PSU et du côté du la rue d’Agadir:

Les deux célèbres chioukhs salafistes Mohamed Sassi et Mohamed Hafid lancent un appel au jihad

 

Un policier gifle une journaliste assistant à la manifestation

 

Une autre gifle policère pour cette journaliste...

 

Le cheikh jihadiste Mohamed Bensaïd Aït Idder lance un appel à la lapidation des femmes adultères

 

L'insoutenable violence des manifestants

 

Casablanca, le 13 mars 2011

Hat-tip: @feryate . Source: ici.

links for 2011-03-12

Les vieilles ficelles de la MAP

Classique: après un discours royal ou une initiative gouvernmentale, la MAP réussit toujours à trouvers un sénat latino-américain, un hebdomadaire portugais ou un think-tank étatsunien pour s’extasier sur le Maroc des potentialités et le génie d’un Roi et d’un peuple. Si vous croyiez qu’un discours royal présenté comme opérant une rupture absolue avec le passé allait déstabiliser ces professionnels chevronnés, vous en êtes pour vos frais.

Pour preuve, cette dépêche:

Discours de SM le Roi: un think tank américain met en avant un agenda de réforme politique « sérieux »

Washington, 11/03/11- SM le Roi Mohammed VI a donné un discours « impressionnant » dans lequel Il a annoncé un agenda « sérieux » de réformes politiques, souligne vendredi le Foreign Policy Research Institute (FPRI), un think tank américain basé à Philadelphie.

« Le Souverain marocain a donné un discours impressionnant dans lequel il s’est engagé à mettre en œuvre une batterie de réformes politiques et constitutionnelles profondes et sérieuses (…) tant et si bien que le peuple a qualifié cette démarche de +Révolution du Roi+« , relève cet Institut de recherche, dans un article intitulé « La démocratie marocaine et l’avenir du Sahara« .

A la lumière de la conjoncture particulière que connaissent certains pays du monde arabe, l’approche « novatrice » du Souverain vise ni plus ni moins « une séparation des pouvoirs, la consolidation des libertés individuelles et une distribution plus judicieuse de la gouvernance sur le territoire national« , relève ce think tank.
Une feuille de route qui puise sa crédibilité des reformes déjà mises en œuvre

Soulignant la « forte adhésion » qu’a suscité le discours de SM le Roi, l’auteur de l’article, Ahmed Charai, membre du Conseil d’administration du Centre des études stratégiques internationales (CSIS, basé à Washington), affirme que les différents acteurs de la scène politique marocaine ont salué une feuille de route qui « tient compte de leurs revendications« .

La feuille de route tracée par SM le Roi Mohammed VI puise sa crédibilité dans le vaste programme de réformes déjà mises en oeuvre depuis l’accession du Souverain au Trône, soutient le FPRI. « En effet, depuis 1999 des changements substantiels ont été introduits dans la gestion de la chose publique (…) avec la participation active, entre autres, d’anciens opposants au sein du gouvernement et de l’Institution législative« .
Des reformes qui ne manqueront pas de changer l’essence même des négociations sur le Sahara

Le Souverain « a aussi initié la mise en place d’un réseau national d’institutions de la société civile dans le but d’encourager le leadership des forces vives de la Nation, promouvoir le rôle de la femme et améliorer la situation des plus démunis« , rappelle cet Institut de recherche américain, qui cite aussi la création de l’Instance Equité et Réconciliation (IER), la première du genre dans le monde arabe, qui a pu solder le passif des violations passées des droits de l’Homme.

De telles réalisations ont valu au Maroc des « réactions élogieuses de la part de la communauté internationale et des Organisations des droits de l’Homme qui ont applaudi les efforts du Royaume visant à consolider les libertés individuelles« , souligne-t-on dans ce contexte.

Après avoir mis en exergue le caractère « impressionnant » des réformes annoncées par le Souverain, le FPRI souligne que lesdites réformes ne manqueront pas de « changer l’essence et le contenu mêmes des négociations autour de la question du Sahara » sous l’égide des Nations unies.

En effet, explique l’auteur de l’article, la feuille de route prévoit une nouvelle configuration de gestion des affaires territoriales qui confère aux présidents des Conseils régionaux le pouvoir d’exécution des délibérations desdits Conseils.

Par conséquent, a-t-il fait remarquer, un Conseil élu dans la région du Sahara équivaudra « dans les faits » à une autonomie de cette partie du Royaume, « et ce avec ou sans règlement de la question du Sahara, qui, du reste, demeure tributaire d’un engagement des Etats-Unis et de l’Union européenne« .
 Dernière modification 11/03/2011 16:53.
©MAP-Tous droits réservés

Voilà donc un « think-tank » étatsunien ayant examiné dans ses moindres détails le discours royal et ausculté la réaction de l’opinion marocaine alors?

Bof. Tout d’abord, le FPRI n’est pas, et de loin, parmi les think-tanks les plus connus, généralement basés à Washington DC. Celui-ci se trouve à Philadelphia, et est marquée par un engagement musclé pour les intérêts du gouvernement étatsunien – le célèbre islamophobe Daniel Pipes en a fait l’éloge.

Ensuite, les déclarations citées ne sont pas issues de rapports, mais d’un simple article publié sur leur site, « MOROCCAN DEMOCRACY AND THE FUTURE OF THE SAHARA » (la MAP n’a bien évidemment pas donné le lien vers cet article), encore moins sourcées (pas de notes ou de liens) qu’un post de blog.

Et maintenant l’auteur de cet article: surprise, ce n’est pas Bernard Lewis, Juan Cole ou Marc Lynch, mais… un Marocain, Ahmed Charaï, dont les activités professionnelles sont surtout… au Maroc. Il dirige en effet le site d’actualités marocain très peu critique L’Observateur ainsi que la radio privée Med Radio et la société Maroc Télématique. Certes, il est également « advisory board member of the Center for Security and International Studies (CSIS)« , un think-tank autrement plus connu et établi que le FPRI, mais il ne figure pas parmi la liste d’experts du CSIS.



Voilà donc la boucle bouclée: pour démontrer le soutien international dont bénéficie le discours royal sur la révision constitutionnelle, la MAP cite un article publié sur Internet par un homme de médias marocain associé de manière plutôt périphérique à un think-tank étatsunien de second ordre.

Du beau travail, non?

%d blogueurs aiment cette page :