Le sexe, ce n’est pas que pour les poules et les coqs


Dans la rubrique fluffy – au sujet des remarques assez ignobles de Souad Abderrahim, poster-girl (non-voilée) d’Ennahda, sur les mères célibataires:

-Tu ne savais pas que tu pouvais tomber enceinte ? Tu n’as pas vu ça dans les cours de sciences en 9ème année de base ?

-Si je l’ai vu mais je pensais que ça concernait uniquement les poules et les coqs.

Les Pakistanais, de grands enfants

Quand l’homme blanc écoute la complainte de l’indigène, y compris avec une certaine sympathie (« The Pakistanis Have a Point« ), c’est pour s’entendre confirmer ce dont il se doutait déjà:

As an American visitor in the power precincts of Pakistan, from the gated enclaves of Islamabad to the manicured lawns of the military garrison in Peshawar, from the luxury fortress of the Serena Hotel to the exclusive apartments of the parliamentary housing blocks, you can expect three time-honored traditions: black tea with milk, obsequious servants and a profound sense of grievance.

Talk to Pakistani politicians, scholars, generals, businessmen, spies and journalists — as I did in October — and before long, you are beyond the realm of politics and diplomacy and into the realm of hurt feelings. Words like “ditch” and “jilt” and “betray” recur. With Americans, they complain, it’s never a commitment, it’s always a transaction. This theme is played to the hilt, for effect, but it is also heartfelt.

The thing about us,” a Pakistani official told me, “is that we are half emotional and half irrational.”

CQFD – nul doute que si l’armée pakistanaise tuait 24 soldats étatsuniens lors d’un bombardement au Nouveau-Mexique le gouvernement étatsunien réagirait avec le rationalisme cartésien qu’on lui connaît.

Les salafistes populaires grâce au foot

Anecdotique, mais cela montre l’importance d’avoir une présence sur le terrain en dehors des seules campagnes électorales – ici, c’est Hizb al nour, le principal parti salafiste égyptien (il est issu de la Da’awa al salafiya, qui contrôlerait 4.000 des 108.000 mosquées d’Egypte), dans la région d’Alexandrie:

Ragab was guiding a group of long bearded men who were packed into his small office on how to fill out membership applications to join Nour.

Then a man in his mid-forties, who I recognised as local former football star, walked into the office, and Ragab jubilantly introduced him to the applicants as the new sports coordinator for the party in the Moharam Bek district.

« We are excited to have you on board in the party. We have just organised a huge football tournament in the district of Abis in the governorate. Out of 38 villages in Abis, we managed to form teams in 34 of the villages and they competed for three months. We provided the winners with awesome prizes. By the way, Nour also did very well in Abis in the first round of the vote, » he explained to the football star who seemed excited to play football for the Salafist party. (Al Ahram Weekly)

Les salafistes: pas seulement le niqab...

Un autre extrait intéressant – le journaliste interroge un militant du Hizb al hourriya wal adala (le parti des Frères musulmans) sur le programme du parti:

So I took some time to pick the brains of Mostafa Mamdouh, the 23-year-old organiser who was running the mini street fair.

Will it be an Islamic state like Saudi Arabia?

« Saudi Arabia is a totalitarian, theocratic regime. They do not even allow women to drive. We believe in equal opportunity for all citizens.

« We, the Egyptian Muslim Brotherhood, on the other hand, have a moderate Islamic programme and seek for Egypt to be a civilian society with Islamic undertones; we want to follow in the footsteps of the great experiences of our Muslim brothers in Turkey and Malaysia. »

Les islamistes ne constituent pas plus un monolithe que « la » gauche – comme le montre le second tour des éléctions pour les candidats individuels à Alexandrie, où le célèbre salafiste Abdelmoneim al Shahat a perdu 47.000 voix entre le premier (191.675 voix) et le second tour (144.296 voix), où il s’est vu battu par un candidat soutenu par les Frères musulmans, Hosni Doweidar, cette déperdition faisant suite à l’intense polémique médiatique sur ses déclarations radicales en matière de moeurs. Cette défaite a ravivé la tension entre salafistes et Frères musulmans, en concurrence sur un créneau idéologique commun mais n’ayant pas forcément la même clientèle électorale, celle des Frères musulmans étant plus proche des classes moyennes et des diplômés de l’enseignement supérieur.

Dans le même sens, un article du New York Times (« Salafis in Egypt have more than just religious appeal« ), qui n’écrit pas que des stupidités en dépit de sa réputation très surfaite, et qui confirme ce que j’ai toujours pensé s’agissant des révolutions arabes: l’aspect « classes », au sens de conflit de classes, a été très largement sous-estimé. Ainsi s’agissant de la concurrence entre Frères musulmans et salafistes en Egypte – mais il pourrait aussi bien s’agir de celle entre le PJD ou Ennahda et les partis se disant laïcs au Maroc (voire même, dans le cas marocain, la concurrence larvée entre le PJD et Al adl wal ihsan) ou en Tunisie: elle est tout autant sociale qu’idéologique.

Voters attending a political rally by ultraconservative Islamist sheiks might expect a pious call for strict religious rule — banning alcohol, restricting women’s dress, cutting off the hands of thieves.

But when a few hundred men gathered last week in a narrow, trash-strewn lot between the low cinderblock buildings of this village near Cairo, what they heard from the sheiks, known as Salafis, was a blistering populist attack on the condescension of the liberal Egyptian elite that resonated against other Islamists as well.

They think that it is them, and only them, who represent and speak for us,” Sheik Shaaban Darwish said through scratchy speakers. “They didn’t come to our streets, didn’t live in our villages, didn’t walk in our hamlets, didn’t wear our clothes, didn’t eat our bread, didn’t drink our polluted water, didn’t live in the sewage we live in and didn’t experience the life of misery and hardship of the people.”

It’s the class divide, stupid!

Quelques liens pour clore là-dessus:
– un excellent site – « Egypt election results and other data » – avec les résultats partiels des législatives égyptiennes (l’Egypte étant divisée en trois zones électorales, seule la première zone électorale a voté récemment), sans compter le site officiel;
– le site « Guide to Egypt’s transition » de la fondation Carnegie;
– le site EgyptSource avec l’excellente Michele Dunne de l’Atlantic Council;
– un article de Arab Media & Society de 2009, « Salafi satellite TV in Egypt« , sur les chaînes de télévision salafistes en Egypte, présentées (sur une base assez fragile) comme étant les plus regardées du pays, ce qui n’est pas prouvé – l’article demeure cependant très intéressant;
– le blog The Arabist d’issandr et Ursula, aussi sur Twitter;
– le blog de Bécassine alias @novinha56 sur Twitter.

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