Ibn Kafka in English

J’ai publié mon premier post sur le blog collectif anglophone consacré au Maghreb, « Maghreb in English« . Ce blog est l’excellente initiative de Kal de The Moor Next Door.

Ma première contribution est intitulée « Morocco out of touch with the emerging left-wing Latin America« .

La blogoma et Gaza – vue des Etats-Unis

Je n’ai jamais cru que les blogs étaient représentatifs de l’opinion publique: s’il fallait se fier aux blogs, François Bayrou aurait remporté les présidentielles françaises de 2007 dès le premier tour et le oui l’aurait l’aurait remporté à tous les référendums européens des dernières années. Les blogs peuvent avoir une influence dans la dissémination de l’information, notamment dans une situation où les médias classiques sont tétanisés par la peur de déplaire aux puissants, voire dans la mobilisation (je pourrais citer un ou deux cas en Suède et aux Etats-Unis), mais ils ne reflètent guère l’opinion publique.

Ce n’est cependant pas une raison pour travestir l’opinion des bloggeurs lorsqu’elle est palpable, particulièrement maintenant, au Maroc et dans d’autres pays arabes, au sujet de la guerre d’agression israëlienne contre Gaza. Deux exemples récents.

Tout d’abord, Magharebia.com, site consacré au Maghreb de l’armée US – I kid you not:

About This Site
15/03/2008

The Magharebia web site is sponsored by the United States Africa Command, the military command responsible for supporting and enhancing US efforts to promote stability, co-operation and prosperity in the region.

The Magharebia web site is a central source of news and information about the Maghreb in three languages: Arabic, French and English. The goal of Magharebia is to offer accurate, balanced and forward-looking coverage of developments in the Maghreb.

Six days per week, the site captures the top news from across the region as reported in local and international media. It also features analysis, interviews and commentary by paid Magharebia correspondents in the region.

Magharebia coverage is distinguished by an in-depth knowledge of local issues – the key players, events and sensitivities that can trigger significant developments – tempered by a cross-regional perspective. It identifies trends, solutions and successes that can serve as models for progress throughout the region.

Il ne faut s’étonner de rien, et je ne serais pas étonné que l’armée israëlienne lance un site maghrébin multilingue pour promouvoir la contribution israëlienne à la prospérité de la région en général et des territoires arabes occupés en particulier.

Toujours est-il que sur ce site, on a pu lire un article de propagande qui ne dépareillerait pas dans Le Matin du Sahara, El Watan, le New York Times ou la Pravda, intitulé « Les bloggeurs parlent de Gaza et de liberté« . Une bloggeuse marocaine est citée, et deux Tunisiens. Ils sont soit critiques du Hamas, soit d’Al Jazeera (l’un des deux bloggeurs tunisiens semble n’avoir aucun avis concret sur Gaza). On le voit, la représentativité de la réaction des bloggeurs maghrébins en général et marocains en particulier est pleinement assurée. J’ai quant à moi été plus frappé par l’évolution inverse de certains bloggeurs marocains, qui en temps normal seraient les premiers à tomber à bras raccourcis sur le Hamas ou le Hezbollah ou à afficher de l’indifférence et qui là ont été d’une virulence dans la dénonciation d’Israël qui m’a étonné.

Le deuxième cas est à peine moins caricatural, et n’est sans doute pas de mauvaise foi: il s’agit de Global Voices qui a publié un post intitulé, de manière très excessive, « Morocco: a country divided over Gaza« , traduit en français sous le titre « Maroc: Un pays divisé sur Gaza« . Le titre laisserait entendre que le Maroc serait partagé entre partisans de l’agression israëlienne et partisans de la résistance palestinienne…

Il m’est arrivé d’être journaliste dans une vie antérieure et la première chose qu’on m’a appris c’est que toute affirmation dans une rubrique devait trouver son fondement dans le corps de l’article – « voix discordantes parmi les bloggeurs marocains » eût été une meilleure rubrique, encore que l’article n’en fait état que d’une seule sur la question de Gaza, mais enfin chacun son boulot. L’article de Global Voices entame en fait sur le communiqué royal annoncant la non-participation royale au sommet de Doha, cite un commentaire sur ce blog m’accusant de lèse-majesté (et accessoirement d’antisémitisme) mais fait l’impasse sur le fait que la critique même non injurieuse d’une déclaration royale est une ligne rouge au Maroc du point de vue pénal…

Il est bien évidemment toujours plus intéressant d’avoir une histoire « homme-mord-chien » – ce qui correspondrait dans le contexte de Gaza à « bloggeurs marocains divisés dans leur condamnation d’Israël » – mais enfin, il ne faut pas non plus tordre les bras à la réalité: les bloggeurs marocains, au-delà de leurs différences d’appréciation parfois substantielles, et même s’ils ne représentent qu’eux-mêmes, ne sont guère divisés, pour ceux qui se sont exprimés là-dessus, sur la condamnation radicale de la guerre israëlienne et des crimes, voire même le rejet d’Israël, et la solidarité avec le peuple palestinien…

Maroc Blog Awards 2009: merci, mais non merci

Je remercie ceux qui m’apprécient et m’ont nominé pour le Maroc Blog Awards 2009 dans la catégorie meilleur blog politique marocain. Je félicite les organisateurs de cette compétition pour leur engagement, leur générosité et leur dynamisme, qui font honneur à la blogosphère marocaine. Leur initiative stimule la blogosphère marocaine et attire sur elle une attention méritée. J’espère qu’elle stimulera l’émulation et la participation accrue des bloggeurs marocains ou s’intéressant au Maroc.

Pour ma part, je refuse humblement et respectueusement toute nomination et toute élection. Je ne cherche aucune reconnaissance. Je ne souhaite en aucune façon participer à ce concours, pour lequel j’ai le plus grand respect et la plus grande estime. Ce n’est pas seulement parce que les circonstances actuelles ne s’y prêtent pas. Je ne participerai pas à la soirée du 31 janvier, à laquelle je souhaite le plus grand succès et la plus grande participation – les échos de la précédente soirée permettent d’augurer d’un succès renouvelé et fort mérité.

Je m’excuse auprès des organisateurs pour les désagréments que cette décision pourrait leur causer. Peut-être aurais-je dû laisser les choses suivre leur cours, sachant que rien ne dit que j’aurais remporté la compétition dans cette catégorie-là. Mais le risque purement théorique m’oblige à annoncer cette décision de cette façon.

Je m’en excuse encore auprès des organisateurs. Je souhaite bon vent aux autres candidats nominés et tout particulièrement, dans la catégorie politique, à Mounir de Moi dans tous mes états, un militant qui démontre que tout n’est pas pourri dans l’USFP chère au souvenir des Marocains. Je demande à ceux qui m’ont nominé ou qui souhaiteraient voter pour moi de bien vouloir respecter mon choix.

Enquête sur la blogoma

Rassurez-vous, ce n’est pas une enquête de police, et elle n’est pas sponsorisée par l’US Central Command. Elle est l’oeuvre de la jeune universitaire étatsunienne Rebecca. L’enquête est ici. Merci de donner un coup de main à Rebbecca en y participant!

Amnesty on Erraji: « it’s completely barmy! »

Le blog d’Amnesty UK – voir aussi le site d’Amnesty Protect the human – consacre un long billet au sort du prisonnier d’opinion Mohamed Erraji:

Now, I don’t know about you, but I reckon that if most countries started jailing their bloggers for exhibiting signs of disrespect toward their country’s leaders – you’d have bulging prisons and social (and Internet) anarchy in a matter of weeks. Imagine bloggers getting sent down for stretches in Wormwood Scrubs for daring to mock Wills and Harry.

As blogger eatbees says, it’s straightforwardly a case of someone being jailed for having an opinion. To use Sun-speak – and sometimes it’s the only way! – ”It’s completely barmy!”

Tout comme l’a fait Reda, ils font le rapport avec l’offensive thaïlandaise contre les sites et les bloggeurs, même étrangers, coupables d’aoutrage à leur roi.

Amnesty a par ailleurs diffusé un communiqué critiquant l’emprisonnement du bloggeur Mohamed Erraji.

C’est fait: un bloggeur marocain prisonnier d’opinion


On avait eu un facebooker marocain prisonnier d’opinion, le tour est désormais venu au bloggeur gadiri Mohamed Erraji, emprisonné pour deux ans pour avoir porté atteinte aux sacralités – en fait, à la principale d’entre elles:

Maroc: deux ans de prison pour un blogueur manquant de respect au roi
AFP 08.09.08 | 20h55
Un blogueur marocain a été condamné lundi par un tribunal d’Agadir (sud) à deux ans de prison pour « manquement au respect dû au roi », a-t-on appris auprès de sa famille.

Arrêté vendredi par la police, Mohamed Erraji est d’accusé d’avoir diffamé le roi dans un article intitulé « le roi encourage le peuple à la paresse », publié sur le journal électronique marocain Hespress, selon sa famille.

Dans ce texte, Mohamed Erraji critique le roi Mohammed VI qui, selon lui, « encourage son peuple à la paresse » en distribuant des faveurs notamment des licences de transport aux citoyens qui arrivent à l’approcher.

« Mohamed Erraji a été incarcéré à la prison d’Inzeggane après avoir été condamné par le tribunal de première instance à deux ans de prison ainsi qu’à une amende de 5.000 dirhams » (430 euros), a déclaré à l’AFP son frère Hussein.

La famille du prévenu a indiqué qu’elle solliciterait de l’aide auprès d’une organisation de défense des droits de l’Homme, en prévision d’un procès en appel.

Vous trouverez l’objet du délit en version arabe ici, en version anglaise ici, et en version française ici.

Il a été condamné à deux années de prison sur le fondement de l’article 41 du Code de la presse:

Article 41 : Est punie d’un emprisonnement de 3 à 5 ans et d’une amende de 10.000 à 100.000 dirhams toute offense, par l’un des moyens prévus à l’article 38, envers Sa Majesté le Roi, les princes et princesses Royaux. (…)

Cet article est rendu applicable aux écrits diffusés sur Internet par le biais de l’article 38, qui duit ceci:

Article 38 : Sont punis comme complices d’une action qualifiée crime ou délit ceux qui, soit par discours, cris ou menaces proférés dans les lieux ou réunions publics, soit par des écrits, des imprimés vendus, distribués, mis en vente ou exposés dans les lieux ou réunions publics, soit par des placards ou affiches exposés aux regards du public, soit par les différents moyens d’information audiovisuelle et électronique, auront directement provoqué le ou les auteurs à commettre ladite action si la provocation a été suivie d’effet. Cette disposition sera également applicable lorsque la provocation n’aura été suivie que d’une tentative de crime.

Les moyens de diffusion électronique évoqués ici incluent bien évidemment Internet. On notera cependant que Mohammed Erraji a bénéficié de la mansuétude légendaire de la justice marocaine, puisqu’il n’a été condamné qu’à deux années d’emprisonnement, alors que le minimum encouru pour cette infraction est trois ans et le maximum cinq ans. Cela signifie en théorie – en pratique les juges font ce qu’il leur chante – que des circonstances atténuantes lui ont été accordées – lesquelles?

Le site Help Erraji vient d’être constitué pour sa défense.

Plusieurs bloggeurs en ont parlé: adilski, zalamite, cabalamuse (je ne crois pas cependant qu’Erraji ait été interrogé sur ses liens supposés avec les services algériens), mounir (ici et ici), Larbi (ici, ici et ici), Jillian York, Reda par deux fois, une marocaine, Rachid Jankari (qui est catégorique: Internet est mort au Maroc), bunix, stupeur, Laurent Bervas, et même Citoyen Hmida est critique.

Laila Lalami fait une observation très juste au sujet de ce bloggeur arabophone:

The arrest marks the first time anyone has been arrested for a blog post in Morocco, and, given the Moroccan government’s touchiness, I can guarantee it is not the last time. But I would like to make one small point: Erraji’s criticism is quite mild compared with what one can read in such French-language Moroccan magazines as Tel Quel or Le Journal. But these publications enjoy the support of many international groups (such as Reporters Without Borders) and so the government often has to think twice before arresting one of their journalists or editors. But because Erraji writes in Arabic, and because he writes for Hespress, a website whose quality is quite questionable (it’s very populist and sometimes inaccurate), and because he is not part of the connected elite, his right to freedom of expression has simply been denied and his case has been even more bungled than usual.

Adilski fait également une autre comparaison judicieuse:

While the Court of First Instance of Rabat has been postponing the case of Nadia Yassine, the Islamist activist who expressed her support for a republic instead of a monarchy, since 2005, a court in Agadir took only 4 days to throw blogger Raji in prison for 2 years and fine him around $600. Now, whose offense is more significant and deserves an immediate verdict.

Astrubal a fait une revue assez complète de la blogoma là-dessus.

Le Committee to protect bloggers a également évoqué l’affaire.

Basta nous rappelle, sans évoquer cette affaire cependant, que cette énième atteinte à la liberté d’expression n’a pas lieu dans le vide. On rappellera ainsi que l’épée de Damoclès plane toujours au-dessus de la tête d’Ahmed Benchemsi, de Tel Quel.

Une série de liens sur la liberté d’expression au Maroc:
la page « Morocco » de l’International freedom of expression exchange (IFEX);
– le rapport 2008 de RSF, la partie consacrée au Maroc et la page Maroc de RSF;
– le dossier de Human Rights Watch sur la presse indépendante au Maroc (2006);
un rapport de l’Islamic Human Rights Commission (islamiste) sur les violations de la liberté d’expression de militants d’Al adl wal ihsane;
– un article académique d’Andrew R. Smith et Fadoua Loudyi, publié dans Human Rights Quarterly, sur les lignes rouges au Maroc;
la page Maroc de la FIDH;
– « Offenser, choquer, déranger : un droit inhérent à la liberté de la presse?« , intervention d’Ali Amar, rédacteur en chef du Journal, lors d’une table ronde de 2008 en Suède;
– un bref rapport de mission – « Courts, press law undermine Moroccan press freedoms » – du Committee to Protect Journalists (CPJ) de 2007, suivi d’un rapport nettement plus étoffé et très critique – « The Moroccan facade: politicized court cases, media law, harassment undermine a nation’s press gains » – ainsi que la page Maroc pour 2008 de cette même ONG;
– la Déclaration de Marrakech de 2004 sur la liberté d’expression et d’opinion dans la société de l’information;
– un article – « Le statut de iournaliste professionnel au Maroc » – qui date un peu du point de vue strictement juridique – il date d’avant la réforme du Code de la presse de 2002 – mais qui demeure pertinent, hélas.

Page 123, cinquième ligne

Suite aux convocations de moul, Larbi et Mounir, voici la cinquième ligne de la page 123 de « Droit international privé comparé: traité de législation comparée avec référence spéciale au droit égyptien et musulman« , d’Etienne de Szaszy, Librairie Judiciaire, Alexandrie, 1940:

Il repose sur une conception juridique partout reconnue en droit international: l’application absolue d’une loi étrangère peut être refusée par le droit national d’un Etat quand cette loi est incompatible avec les principes de ce droit national.

Pour les pervers curieux, « il » fait référence au principe de l’ordre public tel que conçu en droit international privé (conflit des lois).

Je passe la main – il s’agit de recopier la cinquième ligne de la page 123 d’un livre qu’on est en train de lire – à Lionne d’Atlas, Faridoléon, Bint Foucault, l’équipe de Hijab & the city, Ayoub et 7didane.

Pourquoi tant de pudeur, Pierre Assouline?

CORRIGENDUM: Une brochure légendaire de la LCR mettait en garde contre une vision policière de l’histoire. Effectivement, j’aurais dû voir que les commentaires sous le post d’Assouline étaient scindés en deux, et que le mien y figure toujours. Sans commentaire…

Le critique littéraire beidaoui Pierre Assouline n’aime pas le philosophe rbati Alain Badiou, et réciproquement. Le premier, sur son blog, s’était offusqué de ce que le second avait comparé Son Excellence le Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, à « l’homme aux rats« . Assouline en avait profité pour faire la remarque suivante:

La dernière fois dans ce pays qu’on a ainsi comparé des hommes à des rats, c’était, voyons, en 1942 dans un documentaire de propagande sur le péril juif.

Badiou a eu beau jeu de souligner, dans une tribune du Monde, que « l’homme aux rats« , du nom d’un patient de Freud, était une notion psychologique bien connue, et qu’Assouline avait sans doute voulu utiliser la figure de rhétorique connue sous le nom de reductio ad hitlerum une fois de trop:

Les ennemis de toute politique autre que celle qu’ils nomment très à tort « démocratie », vu qu’elle est, de notoriété publique, le pouvoir d’une maigre oligarchie de dirigeants d’entreprise, de détenteurs de capitaux, de politiciens consensuels et de stars médiatiques, ont inventé depuis quelques années un truc dont ils usent maintenant contre quiconque leur déplaît: insinuer qu’il est antisémite. J’ai l’honneur d’être flanqué de vrais professionnels de cette insinuation.

Badiou poursuit:

Quelqu’un de très modérément cultivé sait aussitôt que j’entrelace ici, non sans une subtilité rhétorique qui mériterait des éloges, la métaphore des rats qui quittent le navire, la légende du joueur de flûte qui entraîne les rats hors de la ville, et le cas, décrit par Freud, de « l’homme aux rats » comme exemple type de l’obsession. M. Assouline est-il cultivé ? Il sait en tout cas où il veut en venir. Depuis la dernière guerre et les nazis (suivez mon regard), proclame-t-il, personne n’a plus traité qui que ce soit de rat.

Assouline a répliqué hier soir sur son blog:

Un certain Alain Badiou me cherche querelle. Le fait qu’il soit natif de Rabat et moi de Casablanca n’en est pas la cause, nous ne sommes pas si sectaires (quoique, à la réflexion, les rbatis ne sont pas des gens comme nous). Rassurez-vous, je ne suis qu’un prétexte, son but à peine dissimulé étant de relancer par une vaine polémique qui n’abusera personne…

Puis il affirme de manière assez difficilement soutenable la chose suivante:

M. Badiou croit que je veux absolument faire de lui un antisémite. Même pas ! On connaissait déjà le juif imaginaire, catégorie brillamment conceptualisé naguère par Alain Finkielkraut. On découvre désormais avec M. Badiou l’antisémite imaginaire. Celui qui aimerait bien en être afin de tenir son rang au club des proscrits, la dernière posture intellectuelle appelée à devenir très tendance ; on peut être assuré qu’elle ne fera qu’ajouter à la confusion des idées s’agissant de ce que M. Badiou désigne comme ”le truc de l’antisémitisme”, expression destinée certainement à connaître une belle fortune.

Or, dans son premier post, Pierre Assouline avait bien écrit « la dernière fois dans ce pays qu’on a ainsi comparé des hommes à des rats, c’était, voyons, en 1942 dans un documentaire de propagande sur le péril juif« . Le rbato-beidaoui que je suis doit être définitivement perdu à l’entendement de la langue française, mais il me semble bien que cette phrase sous-entendait une assimilation des propos de Badiou à ceux des pétainistes antisémites sous l’occupation…

Passant par hasard sur le blog de Pierre Assouline, j’ai laissé un commentaire – numéro 9 je crois alors, juste après celui, sarcastique, d’un autre Marocain. Je n’ai malheureusement pas archivé ce que j’avais écrit, et ne le retrouve pas, parce que ce commentaire a été supprimé du blog d’Assouline. De mémoire, et je vous jure sur le fanion du Raja que je n’ai retranché aucune injure ou insulte hypothétique, voici ce que j’écrivais. Je vous laisse juge de savoir si cela méritait la poubelle:

Je suis beidaoui de coeur, mais suis plutôt convaincu par Alain Badiou que par vous, et sans doute parce que vous avez tort. Vous affirmez ainsi: « M. Badiou croit que je veux absolument faire de lui un antisémite. Même pas ! ».

Dans votre post précédent sur Badiou, vous écriviez ceci: « la dernière fois dans ce pays qu’on a ainsi comparé des hommes à des rats, c’était, voyons, en 1942 dans un documentaire de propagande sur le péril juif ». Ces deux assertions étant incompatibles, laquelle des deux récusez-vous?

Ceci donne une certaine saveur à cette polémique…

Les blogs, une audience de masse? Non, simplement des badauds curieux…

Le bloggeur (en fait ils sont quelques uns) britannique Lenin’s Tomb est un de mes blogs favoris – je le visite quotidiennement. Outre qu’il nous a appris récemment des choses que l’on ne savait pas sur l’opinion publique iranienne, il vient de consacrer un billet rafraîchissant sur les statistiques des blogs, équivalent adulte des concours de b… du collège. Sa conclusion est head on spot:

Does that mean I have a « mass audience »? Obviously not. Fox News has a mass audience. Pop Idol has a mass audience. Al-Manar TV has a mass audience. The circle-jerking quora of Britblogs has curious onlookers.

Traduction libre:

Cela veut-il dire que j’ai une audience de masse? Certainement pas. Fox News a une audience de masse. L’émission de télé-réalité Pop Idol a une audience de masse. Al Manar a une audience de masse. Le groupe de branleurs collectifs des blogs britanniques n’a que des badauds curieux.

Hear, hear!

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