Les leçons d’un remaniement

Plus ça change, moins ça change : c’est là une constante de la politique intérieure marocaine de ces dix ou quinze dernières années. Le remaniement de ce lundi confirme la règle.

Les faits d’abord. Deux ministères de souveraineté changent de mains : le technocrate (lauréat de MIT) Chakib Benmoussa est chassé du ministère de l’intérieur, dont il avait la charge depuis 2006, où il est remplacé par le magistrat Taïeb Cherkaoui, actuellement premier président de la Cour suprême après en avoir été le procureur général. Le psychologue social et ministre de la justice Abdelouahed Radi, propriétaire terrien féodal de Sidi Slimane et élu à la Chambre des représentants depuis 1963, est renvoyé à la tête de l’USFP, qu’il dirige depuis la fin 2008. Il est remplacé à la tête de ce ministère par l’avocat Me Mohamed Naciri, « célèbre pour défendre les intérêts du palais » (notamment dans l’affaire du détournement de fonds au Palais royal d’Agadir), ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Casablanca, ancien juge du Conseil constitutionnel de 1993 à 1999 et dirigeant du célèbre cabinet d’affaires Naciri et associés, désormais associé au mastodonte français Gide Loyrette Nouel.

Des ministères techniques changent également de mains. La grande nouveauté de ce remaniement réduit est bien évidemment la nomination de Driss Lachgar (bloggeur à ses heures perdues), ancien président du groupe parlementaire de l’USFP, au poste de ministre chargé des relations avec le Parlement, tandis qu’un technocrate inconnu, Yassir Znagui, prend le portefeuille du tourisme du RNI Mohamed Boussaïd, et que l’ancien ministre Mohamed Saad Alami (Istiqlal) évince le RNI Mohammed Abbou à la tête du ministère en charge de la modernisation des secteurs publics.

Quelques commentaires en vrac :

  1. A tout seigneur tout honneur: que savait Abbas el Fassi et quand l’a-t-il su? Aussi incroyable que cela puisse paraître aux personnes vivant en régime parlementaire, la presse fait état d’informations selon lesquelles le chef – nominatif – de gouvernement n’aurait pas été consulté à l’avance. Voici par exemple ce qu’écrit Libération du 5 janvier: « Quel rôle a joué Abbas el Fassi dans le remaniement du lundi 4 janvier? Seul le premier ministre peut répondre à cette interrogation qui agite le landerneau politico-médiatique. Ce lundi en fin de matinée, un leader de la majorité qui n’était absolument pas au courant du remaniement gouvernemental avait bien du mal à cacher sa surprise ». Les Echos de la même date renchérissait: « Selon une source bien informée, « le remaniement est une intiative du Roi et le Premier ministre Abbas el Fassi n’aurait rien vu vnir dans c ette action » « . Si cela devait se confirmer, la déliquescence des prétentions démocratiques du régime marocain serait définitivement achevée , et l’autocratie serait revenue à l’état d’absolutisme qui prévalait dans la période 1965-1977.
  2. Après avoir été éjecté du gouvernement après les législatives de 2007 en raison de son score catastrophique dans la circonscription de Rabat, Driss Lachgar fait un retour par la grande porte. Son évincement lui avait fait redécouvrir les délices de la contestation tribunitienne, et il s’était souvenu qu’il fallait réformer la Constitution et former une alliance avec le PJD afin de renforcer une opposition qu’il souhaitait voir menée par son parti – qui est, faut-il le rappeler, au gouvernement depuis 1998. Son militantisme en faveur d’une entrée dans l’opposition en avait fait le principal contestataire à la direction de l’USFP, et avait ravivé les sempiternels espoirs d’un ressaisissement de la gauche marocaine autour de son leader historique et contre l’actuelle politique de cooptation et de répression menée par le makhzen (pour les besoins du raisonnement, je fais comme si l’USFP ne faisait pas désormais partie intégrante de ce makhzen). Comme me l’a dit une figure respectée de la gauche marocaine avec qui j’en parlais hier soir, le pouvoir est en train de dire : «  Vous contestez le makhzen ? Vous appréciez ceux qui mènent cette contestation ? Eh bien, regardez comment nous les cooptons ». Difficile cependant de parler de coup de grâce à un parti qui ressemble à Glenn Close dans « Fatal attraction« , la victime qui refuse obstinément de mourir, même avec la tête maintenue sous l’eau pendant une ou deux minutes – mais elle finit par succomber après une longue et vaine lutte.
  3. Le cas de l’USFP est intéressant. Radi s’étant fait élire secrétaire général il y a plus d’un an contre la promesse de se retirer de son ministère, on avait assisté à une superbe mise en scène, Radi se maintenant sur instruction royale, et le Roi félicitant l’USFP – je précise pour les jeunes qui me liraient qu’il s’agit là du parti de Mehdi Ben Barka, d’Omar Benjelloun et d’Abderrahim Bouabid – de sa maturité politique à accepter le reniement de sa parole par Radi et l’ingérence royale dans ses affaires internes. Comme évoqué, Driss Lachgar avait depuis ce congrès mené une campagne véhémente pour le retrait de l’USFP du gouvernement, prônant une alliance tactique avec le seul vrai parti d’opposition parlementaire, le PJD, et tirant à boulets rouges sur le parti de l’ami du Roi («Le PAM est un projet qui nuit aux avancées enregistrées par notre pays»). La boucle est bouclée : Radi peut se consacrer tout entier au parti, et Lachgar semble avoir été frappé part la grâce. Si le palais voulait montrer que le ralliement des opposants supposés n’était pas une question de principes mais de prix et d’opportunité, il ne s’y prendrait pas autrement. Et on imagine que ce qui reste d’opposants à la ligne makhzénienne à l’USFP en prendra de la graine, soit pour rejoindre la ligne collaborationniste soit pour quitter le parti.
  4. L’empreinte du PAM semble importante. Chakib Benmoussa, coupable de lèse-majesté par ricochet en ne soutenant pas avec toute l’énergie voulue les ambitions électorales du PAM à Marrakech, aura pris la mesure de l’importance de ne pas froisser l’ami du Roi pour qui vise une carrière ministérielle – le wali de Marrakech, Mounir Chraïbi, en avait déjà pris toute la mesure après son limogeage cet été. Les deux ministres RNI limogés doivent probablement leur départ inattendu à la lutte fratricide au sein du RNI, sur lequel le PAM a eu des visées – la fusion de leurs groupes parlementaires s’avérant sans lendemain. Tant Mohammed Abbou , ministre du tourisme sortant, que Mohamed Boussaïd soutenaient le secrétaire général du RNI, Mustapha Mansouri, rudement contesté dans son parti par le ministre des finances Salahdine Mezouar, dont la proximité avec le PAM n’est un secret pour personne – Mansouri étant par contre réputé hostile au PAM (« Mustapha Mansouri, aujourd’hui cible de toutes les critiques, ne semblait pas vraiment porter la formation de Fouad Ali El Himma dans son cœur« ). Enfin, la cooptation de Lachgar écarte le cauchemar d’une alliance USFP/PJD dans une opposition revigorée, particulièrement pénible à envisager pour un Fouad Ali el Himma aux tendances éradicatrices affirmées et un makhzen aux visées hégémoniques.
  5. La ligne sécuritaire du régime, affirmée dans cet automne marocain marqué par la répression systématique de la presse indépendante, le durcissement vis-à-vis des séparatistes et des condamnations aléatoires plus scandaleuses les unes que les autres, est une autre évidence. A l’intérieur, un technocrate passe la main, et c’est un ancien procureur proche du makhzen sécuritaire et parent de la famille royale qui est désormais aux commandes. A la justice, c’est un homme du palais qui succède à deux ministres USFP successifs, le premier, feu Me Mohamed Bouzoubaa, un avocat quelconque, et le second, Radi, un diplômé de psychologie sociale : si Me Mohamed Naciri est un avocat reconnu par ses pairs, il a surtout été l’avocat attitré du palais depuis les années 90 (même si Libération de ce mardi le présente comme l’avocat de l’Etat marocain – ce qui est faux, l’avocat de l’Etat marocain étant l’Agent judiciaire du Royaume, qui dépend du ministère des finances.
  6. En tant que juriste, même s’il n’y a rien de fondamentalement nouveau à attendre ni de la réforme de la justice sous la forme des 17 projets de loi dans le domaine de la justice adoptées en Conseil des ministres (ce fût d’ailleurs la dernière intervention ministérielle de Radi), ni de ce remaniement, je me réjouis néanmoins qu’un vrai juriste soit à la tête d’un ministère où les compétences techniques ne sont pas suffisantes mais absolument nécessaires si une réforme judiciaire doit voir le jour.
  7.  Bejaad doit être le patelin marocain avec le taux le plus élevé de dignitaires ou ministres par habitant: outre Ould Bejaad, alias le criminel de guerre et ancien ministre israëlien de la défense Amir Peretz, on compte Habib Malki, ex-ministre de l’enseignement, Yassine Mansouri, actuel patron de la DGED et donc Taïeb Cherkaoui. Les parents ambitieux savent ce qui leur reste à faire pour assurer la carrière politique de leur progéniture.

On notera au passage que le nouveau ministre de l’intérieur, Taïeb Cherkaoui semblerait être apparenté à la famille royale – par alliance je présume, peut-être via Mohamed Cherkaoui, mari de Lalla Malika, tante paternelle du Roi Mohammed VI:

Taïeb Cherkaoui [ L’homme du sérail ]: (Premier président de la Cour suprême)
Ce natif de Bejaâd, en 1949, est titulaire d’une licence en droit (Université Mohammed V de Rabat), d’un DEA en sociologie (Université de Bordeaux II) et d’un DES en sciences juridiques (Université Hassan II de Casablanca). Après avoir occupé plusieurs postes au sein de la magistrature, il assume à partir de 1997 la fonction de directeur des Affaires pénales et des grâces au ministère de la Justice. C’est sous cette étiquette qu’il aura à gérer les grâces traditionnellement accordées par le souverain et qui ont souvent prêté le flanc à la polémique, notamment quant au sort des détenus islamistes. Actif au sein de la Ligue arabe et au PNUD, Cherkaoui était, depuis mars 2007, procureur général près la Cour suprême. En accédant à la présidence de cette même institution, il marche dans les pas de Driss Dahhak et voit ainsi sa carrière consacrée. Pas vraiment une surprise pour ce proche du sérail, apparenté à la famille royale. Avec cette nomination, il devient l’homme fort de la Justice… au détriment du ministre socialiste Radi ? (Tel Quel)

Petit détail intéressant: la fille de Taïeb Cherkaoui est mariée au neveu du ministre de l’agriculture Aziz Akhennouch, patron d’Akwa Holding et ami de Fouad Ali el Himma:

C’est ainsi que le neveu du patron d’Akwa Group, Mohamed Akhennouch, a épousé la fille de Moulay Taïeb Cherkaoui, l’omnipotent secrétaire général du ministère de la Justice. (Tel Quel)

Sa carrière judiciaire a principalement été en tant que procureur, à l’exception de l’année passée à la tête de la Cour suprême – une trajectoire atypique, un ancien procureur président rarement une cour suprême (un signe supplémentaire des spécificités du système judiciaire marocain):

Ainsi, Si Cherkaoui a assuré les charges de procureur général-adjoint, près les juridictions de première instance et d’appel de Casablanca, avant de remplir, dans cette dernière, la mission de Procureur général qu’il a aussi exercée près la Cour d’Appel d’El Jadida. Ce plongeon dans les labyrinthes des tribunaux s’est consolidé avec de hautes responsabilités confiées dans l’administration centrale lorsqu’il fut nommé, en 1997, à la tête de la Direction générale des Affaires pénales et des Grâces (DGAPG) du Département gouvernemental de la Justice. (Gazette du Maroc)

Le Journal l’avait désigné en 2006 comme un des 60 qui plombent le Maroc:

Moulay Taïeb Cherkaoui, Le véritable garde des Sceaux
Fort de ses liens avec la famille royale, Moulay Taïeb Cherkaoui est devenu l’œil du Palais au ministère de la Justice. L’ancien procureur près la Cour d’appel de Casablanca est incontournable dans le mécanisme décisionnel de ce département. On prête également à celui qui a remplacé Omar Doumou à la Direction des affaires pénales et des grâces un grand pouvoir. Normal, il a sous ses ordres une armée de procureurs qui ne peuvent pas refuser les instructions de leur patron. On rapporte que Mohamed Bouzoubaâ a été rappelé à l’ordre lorsqu’il a essayé, il y a deux ans, de l’écarter de la Direction des affaires pénales. Des magistrats et avocats qui connaissent bien Moulay Taïeb Cherkaoui le considèrent comme le véritable patron du ministère de la Justice. (Le Journal)

Publicités

L’attaché militaire marocain à Washington assiste aux adieux officiels de l’attaché militaire israëlien

Un bref article du Yedioth Ahronoth nous apprend que l’attaché militaire israëlien aux Etats-Unis – Benny Gantz – vient de quitter ses fonctions pour rejoindre son poste de chef d’état-major adjoint de l’armée israëlienne. Lors de son drink de départ, le chef d’état-major étatsunien, l’amiral Mike Mullen, a ainsi déclaré « the US will always stand by Israel’s side » – « les Etats-Unis seront toujours âux côtés d’Israël« . La cérémonie, qui a eu lieu à la résidence de l’ambassadeur israëlien, a connu la participation des attachés militaires égyptien et marocain (« the military attachés of Egypt and Morocco were also on hand« ), dont le journaliste ne précise s’ils ont applaudi à la déclaration de l’amiral Mullen ou versé des larmes en prenant congé de leur collègue, ami et allié Benny Gantz. Ces émouvants adieux ne doivent pas nous surprendre.

Le Maroc a théoriquement suspendu ses relations diplomatiques avec Israël dès le déclenchement de l’intifada de 2000 – le bureau de liaison israëlien à Rabat a ainsi été fermé, et le chef de ce bureau, l’israëlo-marocain David Dadoun, avec statut de chef de mission diplomatique, est rentré dans sa patrie d’adoption (il est natif de Marrakech).

Récemment, pour une raison totalement inexpliquée, il semblerait que les Etats-Unis – et donc l’Obama idolâtré comme un vulgaire candidat de la Star Ac par beaucoup trop de Marocains et d’Arabes (un peu comme le défunt sénateur ted Kennedy, grand ami d’Israël et du Polisario) (1) – aurait demandé aux pays arabes dits modérés, c’est à dire soumis aux Etats-Unis, de faire un geste envers Israël. Idée brillantissime, qui propose de faire ce que les Arabes avaient fait en 1993, à la signature des accords d’Oslo, à savoir donner à Israël normalisation et reconnaissance en échange de… rien du tout – ou plutôt si, une extension de la colonisation de la Palestine…

Voici donc ce qu’a écrit récemment The Guardian:

Israel, in return for a deal on settlements, is seeking not only a tougher line over Iran but normalisation of relations with Arab states, such as overflight rights for its airline El Al, establishment of trade offices and embassies, and an end to the ban on travellers with Israeli stamps in their passports.

Bahrain, Qatar, the United Arab Emirates and Morocco have so far tentatively agreed. Saudi Arabia has refused, saying Israel has had enough concessions.

The Times dit à peu près la même chose:

The US wants Arab states, such as the UAE, Kuwait, Bahrain, Morocco and Oman, to accept Israel, such as opening up their airspace to Israeli commercial flights.

On notera l’absence de cette liste officieuse de la Tunisie, autre féal de Washington, et de la Mauritanie, qui avait des relations diplomatiques avec Israël – en dépit de la deuxième intifada de 2000 – mais les a rompues en mars 2009, à l’initiative du général putschiste Mohamed ould Abdel Aziz. Mais les sources divergent, et d’autres mentionnent la Mauritanie et la Tunisie, tout en évoquant une visite de Netanyahu au Maroc:

Les autres pays sur lesquels Washington exerce des pressions sont le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie, trois pays qui avaient des relations diplomatiques avec Israël mais qui les ont coupées pour protester contre l’action de Tsahal dans les territoires. Le dernier de ces pays à avoir rompu ses relations avec Israël a été la Mauritanie, là aussi suite à l’opération Plomb durci.

Il y a quelques jours, plusieurs journaux marocains (et blogs) l’affirment: « selon certaines sources israéliennes et arabes, il se fait de plus en plus probable que Benjamin Netanyahu soit le premier officiel israélien à être invité au Maghreb… Plus précisément au Maroc« .

Mais voilà, un petit signe assez amusant de ce que la servilité n’est jamais appréciée à sa juste valeur: Israël estimerait qu’une normalisation avec le Maroc et les pays du Golfe précités (Qatar et Oman notamment) ne serait pas suffisante:

A senior government official said that merely renewing ties with countries such as Qatar, Oman, and Morocco, would not be considered adequate compensation for Israel’s concessions unless the Arab League would cease its embargo and allow Israeli planes to fly over Arab airspace, and allow banking, tourism, and trade with Israel. Israel also demands that the Arab countries take deeper strides in fighting terror, stop incitement, and begin talks without preconditions.

Un analyste égyptien partage cet avis:

Khalil el Anani, an analyst with the Al Ahram Center for Political and Strategic Studies in Cairo, describes improved relations with countries such as Qatar and Morocco as irrelevant to Israel’s regional goals.

« Saudi Arabia is the real prize, » he says. « But I don’t think Saudi Arabia can open the subject with their own people about normalization. »

Qatar hosted a longstanding Israeli trade mission for years and only severed relations in January over Israel’s siege of Gaza. Morocco has long had quietly warm relations with the Jewish state, although never a formal treaty. Then-Israeli Prime Minister Ehud Barak attended the funeral for Morocco’s King Hassan II in 1999.

Déjà, en juillet, dans sa lettre adressée au Roi Mohammed VI, Barack Obama avait demandé ,au Maroc d’assumer un rôle de pionnier dans la normalisation avec Israël (Obama to Morocco: End Israel’s isolation):

In an apparent effort to get the Arab world to make some gestures toward Israel, US President Barack Obama has sent a letter to Morocco’s King Mohammed VI, saying he hoped Rabat would « be a leader in bridging gaps between Israel and the Arab world. »

Etonnamment, dans cette lettre au Roi Mohammed VI, Obama semblait revenir sur l’aval donné par l’administration Bush au plan d’autonomie pour le Sahara marocain, une démarche surprenante lorsqu’en même temps une normalisation avec Israël, extrêmement impopulaire dans l’opinion publique marocaine, est demandée…

Les rapports entre Maroc et Israël ont depuis l’avènement au trône de Hassan II toujours été étroits au niveau gouvernemental: coopération sécuritaire sous Oufkir et militaire sous Dlimi, visite de Shimon Peres à Ifrane en 1986, puis de Itzhak Rabin et Shimon Peres en 1993, présence d’Ehud Barak aux funérailles de Hassan II, échanges commerciaux substantiels à défaut d’être importants (48 millions de dollars d’importations en 2006, et ce uniquement pour les produits en plastique; contrats de sous-traitance et formation d’ingénieurs marocains en Israël), sans compter le tourisme israëlien au Maroc (en dépit de l’alerte terroriste récemment déclarée pour les touristes israëliens au Maroc par les autorités israëliennes, qui a provoqué le courroux des autorités marocaines). Le site du State department US, dans un geste qui montre à quel point il est difficile de distinguer les Etats-Unis d’Israël, évoque ainsi les relations maroco-israëliennes dans sa présentation du Maroc:

Morocco is active in Maghreb, Arab, and African affairs. It supports the search for peace and moderation in the Middle East. In 1986, then-King Hassan II took the daring step of inviting then-Israeli Prime Minister Peres for talks, becoming only the second Arab leader to host an Israeli leader. Following the September 1993 signing of the Israeli-Palestinian Declaration of Principles, Morocco accelerated its economic ties and political contacts with Israel. In September 1994, Morocco and Israel announced the opening of bilateral liaison offices. These offices were closed in 2000 following sustained Israeli-Palestinian violence, but Moroccan-Israeli diplomatic contacts continue.

Il faut dire que le Maroc semble, depuis sa décision de fermer le centre de liaison israëlien à Rabat, amèrement regretter ce geste, tant les autorités brûlent d’envie de renouer enfin officiellement avec Israël, indépendamment de la situation en Palestine:

– « Le roi du Maroc cherche à renouer des relations diplomatiques avec Israël » (2003);
– « Maroc – Israël. Soupçons de normalisation » (2005);
rencontre au Maroc entre le Roi Mohammed VI et le ministre israëlien de la défense Amir Peretz, d’origine marocaine (2006);
Patrouilles communes entre les marines marocaine, algérienne et israëlienne (2006);
– « Normalisation des relations ? Un cambriolage du bureau israélien à Rabat » (2006);
rencontre entre les ministres des affaires étrangères Mohammed Benaïssa et Tzipi Livni (2007)

-« Israel-Maroc: Netanyahu bientôt à Rabat ? » (2009)
participation commune des marines marocaine, algérienne et israëlienne à un exercice anti-terroriste de l’OTAN (2009)

(1) Voici ce qu’écrit The Jewish Journal sur les liens entre Ted Kennedy et Israël:

But, then, there was the Israel-Lover Kennedy.

From his first year in the Senate, 1962, until his last votes, Kennedy was a stalwart Israel supporter. It is likely in this, too, he was living the values of his older brother.
« Israel will endure and flourish« , John F. Kennedy once said. « It can neither be broken by adversity nor demoralized by success. It carries the shield of democracy and it honors the sword of freedom« .

According to one tally, Ted Kennedy voted 100 percent in concert with positions taken by Aipac, the American Israel Public Affairs Committee. Tom Dine, who served as Aipac’s executive director from 1980-93, was a defense and foreign policy advisor to Kennedy.

In the run-up to his tough 1994 Senate campaign against Mitt Romney, Kennedy accumulated some $45,000 from pro-Israel political action committees over the years, according to former Aipac legislative director Doug Bloomfield, « and presumably a lot more from individual pro-Israel donors, considering his long record of support for U.S. taxpayer aid for Israel« .

%d blogueurs aiment cette page :