Srebrenica? Pourquoi Srebrenica?

Dans Le Figaro, Serge Klarsfeld, ex-chasseur de nazis et militant émérite du souvenir du génocide juif, accessoirement père d’Arno, s’exprime sur la déliquescence du camp d’extermination d’Auschwitz, en Pologne. Devenu musée en plein air, les baraques et chambres à gaz menacent ruine, et Klarsfeld réclame une aide financière de l’Union européenne pour financer les travaux de réhabilitation du camp, la Pologne ne pouvant assumer seule cet effort. Jusqu’ici, rien de très exceptionnel, et on aurait du mal à ne pas partager ce souci de maintien en état d’un lieu d’histoire.

Là où j’ai tiqué c’est ce passage suivant:

Ne pensez-vous pas qu’il vaudrait mieux mettre de l’argent ailleurs que dans la restauration de ce lieu de mort ?

Faut-il arrêter de jouer des tragédies pour ne regarder que des comédies ? On n’a qu’à mettre Eschyle, Sophocle et Racine à la poubelle et ne jouer que «Bienvenue chez les Ch’tis» ! On ne peut pas faire des comédies sur tout ! Et l’histoire avance à coups de tragédies. Je suppose qu’à Srebrenica, on ne fait pas du camping sur la fosse commune non plus!

Pourquoi mêler Srebrenica, ce génocide dont les victimes furent exclusivement musulmanes, à cette cause? Et pourquoi le faire d’une façon qui laisserait entendre, vu la question posée (« Ne pensez-vous pas qu’il vaudrait mieux mettre de l’argent ailleurs que dans la restauration de ce lieu de mort ?« ), que Srebrenica serait privilégiée par rapport à Auschwitz? Privilégiée, Srebrenica? Vraiment?

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