C’était le temps où des boîtes de conserve et une tente deux places semblaient être un meilleur placement que les banques

Il arrive des fois qu’on tombe sur des journalistes avec le sens de la formule – ici, Andreas Cervenka du quotidien suédois Svenska Dagbladet au sujet de la crise financière qui dure depuis 2008:

Minns ni vintern 2009? Det var då konserver och ett stryktåligt tvåmannatält under några mörka veckor faktiskt framstod som ett bättre placeringsalternativ än de flesta banker. Armageddon kändes nära. Ordet nyemission var för Europas bankchefer en lika självklar del av vardagen som slipsen. Två år senare framstår det mer som en ond dröm än verklighet.

Den som idag sitter och surar i ett fuktigt tält med rester av burkravioli runt munnen känner sig nog rätt dum bredvid grannen som belånade huset och köpte bankaktier för pengarna.

Traduction:

Vous vous rappelez de l’hiver 2009? C’était le temps où, l’espace de quelques semaines, des boîtes de conserve et une tente deux places semblaient être un meilleur placement que les banques. L’Armageddon semblait proche. Les mots « augmentation du capital » faisaient autant partie du quotidien d’un banquier que sa cravate. Deux ans plus tard, ceci apparaît désormais plus comme un cauchemar que comme une réalité.

Celui qui est assis aujourd’hui à faire la gueule dans une tente humide avec des restes de raviolis en conserve autour de la bouche doit se sentir bête à côté du voisin qui a hypothéqué sa maison et qui a acheté des actions dans des banques avec l’argent.

Nicely put!

Le Maroc à l’assaut de la Silicon Valley

« Le Maroc dispose de toutes les conditions requises pour la création d’une «Silicon Valley», une structure de fertilisation des idées innovatrices de progrès et de développement socio-économique« . Daniel Rouach, in Le Reporter du 25 septembre 2008.

Exact. Soyons tout de même objectifs: il faudra tout de même songer à s’occuper sérieusement des ftours qui déboulent et des petits malins.

Addendum: 7didane avait déjà évoqué la question.

L’Economiste-watch: « Jamais, depuis trente ans, je n’ai vu le Maroc courir à une telle vitesse! »

Nos éditorialistes s’exportent – le dernier exemple en est donné avec cette puissante analyse de Nadia Salah, reproduite dans Le Monde:

« Jamais, depuis trente ans, je n’ai vu le Maroc courir à une telle vitesse ! Une classe moyenne est en train d’émerger. Il a été vendu plus de 100 000 voitures neuves l’année dernière, contre 10 000 il y a quinze ans », souligne Nadia Salah, éditorialiste et directrice du quotidien L’Economiste.

Ce doit être une coquille: elle voulait sans doute dire Marock.

Hat-tip: Chakazoulou.

Bon, je m’en voudrais de désespérer Gauthier, Racine, Souissi et Californie mais malgré toute l’estime non feinte que j’ai pour L’Economiste en général et Nadia Salah en particulier, je souhaiterais préciser que si 100.000 voitures neuves ont été vendues en 2007 contre 10.000 vers 1992-93, c’est pas seulement parce que le Maroc est en voie de devenir la Suède du versant sud de la Méditerranée, mais aussi que:
1- Les droits de douane pour les voitures d’occasion ont explosé;
2- Les droits de douane pour les voitures neuves ont baissé.

Et sans être économiste, on pourrait s’interroger sur cette analyse de l’économie marocaine se fondant sur un critère aussi indirect que la vente de véhicules neufs. Le Monde se garde d’ailleurs bien d’entériner l’enthousiasme salahesque.

Pour ceux qui veulent vraiment avoir une petite idée de l’économie marocaine, voici un extrait de l’Ecomist Intelligence Unit:

Economic data
Aug 7th 2008
From the Economist Intelligence Unit
Source: Country Data

Country Data: Morocco

The content on this page is an extract from The Economist Intelligence Unit’s CountryData.

– The political environment is expected to remain broadly stable, but the prospect of widespread social unrest, especially over price rises, or further attacks by radical Islamist militants, cannot be ruled out. The government will continue to try to counter such threats by pushing ahead with reforms aimed at stimulating economic growth and private-sector involvement in order to reduce unemployment. The government will also implement measures to improve the country’s infrastructure and will attempt to promote moderate forms of Islam.

– There are few signs that the king, Mohammed VI, will relinquish any of his considerable constitutional powers before the end of the forecast period. Although the king will remain popular, this cautious approach to reform will continue to attract criticism from some elements of the political opposition.

– There is a risk that the relatively poor showing of the main legally recognised Islamist-leaning party, the Parti de la justice et du developpement, in the 2007 parliamentary election will lead some of the group’s supporters to become disaffected with the parliamentary system, and potentially to move towards more radical (although not necessarily violent) opposition groups.

– The government will make some advances with economic reform, but progress will be slow and held back by limited resources, inefficient bureaucracy and the problems arising from widespread nepotism and corruption.

– Although economic activity will continue to be intermittently hindered by the performance of the agricultural sector, largely owing to periodic droughts, overall annual real GDP growth during the forecast period should be in the range of 5-6%. This represents an improvement over historical growth rates, but is still below the 7-10% levels that are widely regarded as necessary to have a major impact on poverty and unemployment.

– Consumer price inflation will continue to be partly suppressed by extensive government subsidies on basic goods, albeit at a cost to the budget. Nonetheless, the ongoing strength of international oil prices will add to costs in Morocco, a net fuel importer. An expected moderation of international non-oil commodity prices in 2010 should partly mitigate imported inflation, but higher commodity prices or further bad harvests would pose upside risks.

– The government is expected to start to liberalise the exchange rate from 2009, which should boost export competitiveness. Rising exports, remittances and services credits will offset an expected rapid increase in the import bill, and the current account is expected to record surpluses from 2010.

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