Seins nus et crânes rasés, où l’histoire ukrainienne des FEMEN

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Rien ne montre mieux la décrépitude des médias mainstream que le fait que ce soit un simple bloggeur, Olivier Pechter, qui fournit en trois billets extrêmement documentés l’histoire ukrainienne des FEMEN, faite d’accointances avec le parti d’extrême-droite ukrainien (et pro-européen) Svoboda, de xénophobie et d’islamophobie (non! quelle surprise!), sur base d’une opération de com’ politico-commerciale – en Russie et en Ukraine, on qualifie ça de « political technology ».

Voici donc:
1- Communistes et rouge-bruns, les premiers alliés. L’histoire cachée des FEMEN (1/3)
2- Immigration, peine de mort, alliés néofascistes… L’histoire cachée des FEMEN (2/3)
3- Islamophobie et réseaux néoconservateurs. L’histoire cachée des FEMEN (3/3) (Màj)

On n’attend que le réveil de la presse vespérale française, qui s’acharnera sans doute (ou pas) à réveler par quel jeu de relations Inna Shevchenko a pu obtenir en temps record le statut de réfugiée politique en France, pourtant refusé à nombre d’Afghans et d’Iraniens…

Bassima Haqqaoui apporte des précisions sur le peu d’intérêt accordé aux femmes lors de la formation du gouvernement

Ce gouvernement compte donc le moins de femmes depuis le gouvernement Youssoufi II (2000-2002) – une seule ministre sur les 31 que compte ce gouvernement, un recul symbolique certain pour l’engagement politique de la femme marocaine. Cette femme ministre est Bassima Haqqaoui du PJD, par ailleurs la première femme voilée à être ministre au Maroc. Elle est en charge des affaires sociales, de la famille et de la femme, est n’est guère connue pour son esprit progressiste sur les questions de société. Aucun des trois autres partis gouvernementaux – PPS, MP et Istiqlal – n’a de représentantes au gouvernement, ni d’ailleurs les six ministres du Palais, dépourvus d’étiquette partisane.

On sait que trois noms de ministres femmes – outre donc Bassima Haqqaoui – avaient circulé les semaines passées – ceux de Gejmoula Bent Abbi (PPS), Kenza Ghali (Istiqlal) ou encore Jamila el Mossali (PJD), ce qui constituait déjà en soi un recul notable par rapport aux sept femmes ministres et secrétaires d’Etat du gouvernement d’Abbas el Fassi de 2007. En théorie, les candidats au gouvernement du PJD devaient franchir le cap de la désignation au bulletin secret de la liste des ministres PJD par les membres du Conseil national. On notera que le Mouvement populaire de Mohand Laenser n’avait aucune compétence féminine à proposer au gouvernement. Les deux noms féminins proposés par le PPS et l’Istiqlal auraient cependant été refusés par le Palais, au nom « du manque de compétence » des intéressées, argument étonnant quand on voit le nom de certains ministres hommes, de ce gouvernement ou des précédents.

Il semblerait cependant, à en croire les propos de Bassima Haqqaoui à Deutsche Welle, que le Palais avait dans la dernière phase des discussions fait pression pour qu’il y ait au moins une femme ministre, et ceci après avoir refusé deux noms proposés par l’Istiqlal et le PPS: « ma désignation est intervenue suite à des pressions exercées sur les partis, et essentiellement au cours de la dernière étape« . Ceci semble difficilement conciliable avec la version officielle de la désignation des ministres PJD par le seul Conseil national du parti – Bassima Haqqaoui semble bien indiquer que sa nomination doit plus aux pressions exercées pour qu’il y ait une présence féminine au moins symbolique au gouvernement qu’au vote des membres du Conseil national du PJD.

Il est vrai que pour entrer au gouvernement, une expérience importante est requise en matière de gestion et d’affaires publiques, mais cette condition ne doit pas être suspensive pour l’attribution d’une responsabilité à une personne donnée. Ainsi, donc, Yasmina Baddou, ministre de la Santé dans le gouvernement précédent, est avocate… et d’autres cas peuvent être cités. La spécialité ne doit donc pas être un critère de choix, surtout qu’il semblerait que cela soit appliqué aux seules femmes.

Je pense donc que le sous-effectif des femmes ministres  revient au manque de temps pour négocier et choisir, sachant qu’il y avait plusieurs noms en lice. (version française Panoramaroc, version arabe Deutsche Welle 7 janvier 2012)

Et c’est à la dernière minute que les deux autres candidates ministres auraient été écartées par le Palais (on rappelera que la Constitution, à son article 47 alinéa 2, dit très précisément que « sur proposition du Chef du gouvernement, [le Roi] nomme les membres du gouvernement » – la formulation choisie garde un certain flou – une formulation plus claire aurait été « le Roi nomme les ministres proposés par le Chef du gouvernement » – une telle formulation, par l’usage de l’impératif, imposerait au Roi la nomination des membres proposés par le Chef du gouvernement):

Peu de temps avant l’annonce du gouvernement, des femmes étaient proposées dans la liste et au dernier moment, deux noms ont été radiés, pour les raisons invoquées plus haut : le manque de temps et l’absence de volonté réelle d’avoir des femmes dans l’Exécutif. Je ne dis donc pas que l’absence de femmes était une chose préméditée et voulue, car les partis ont en effet proposé des noms mais le temps a joué contre les femmes.

S’agissant de ses positions sur le statut de la femme, elle donne quelques gages – elle salue ainsi la rôle des féministes dans le combat pour la parité au Parlement, et se dit opposée à la liste nationale, qu’elle juge péjorative pour les femmes:

Je voudrais d’abord souligner et rendre hommage à l’action du mouvement féministe qui a accompli nombre d’actes et d’actions pour influer sur la classe politique et créer un environnement favorable à la parité. Mais les tout ne s’est pas déroulé comme prévu…

La liste des femmes est réductrice pour les femmes et les place au second rang ; cette liste est devenue un refuge pour les femmes qui en sont demandeuses, au point que certaines refusent même les listes locales qui leur sont proposées. A l’inverse, et pour ces raisons, les hommes ne voient plus tellement la nécessité de présenter les femmes sur les listes locales pour la raison que leur place est assurée dans la liste nationale. (…) Aussi, je serais plutôt favorable à la suppression de la liste nationale des femmes car elle est désormais dépassée du fait de l’adoption d’une constitution qui aspire à atteindre la parité entre hommes et femmes. Des mesures doivent donc être prises pour les femmes qui, elles, en retour, doivent pouvoir s’imposer sur la scène politique pour ne plus en arriver à la situation d’aujourd’hui… c’est-à-dire pas grand-chose !

Mais je vous rassure tout de suite: Bassima Haqqaoui n’est pas devenue un bas bleu  – elle exprime sa réticence sur la levée des réserves décidée par le Maroc en mai 2011 concernant la Convention sur l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW):

D’abord et avant tout, le débat sur cette levée des réserves a été lancé suite aux circonstances « peu claires » dans lesquelles cette levée avait été effectuée. Nous, nous avions demandé à impliquer le parlement dans toute démarche dans ce sens en sa qualité de représentant de la nation. Or, nous avons appris cette levée des réserves par d’autres sources que le ministre lui-même, ce qui a suscité notre étonnement et notre surprise.

Et quant à l’avortement, son enthousiasme est mesuré (ce qui au passage est tout aussi étonnant que de voir le Pape célébrer la messe): « Nous parlerons d’avortement au moment où il le faudra« .

« Dans le cas de Bassima Haqqaoui, elle est certainement la plus hermétique… »

Il ne faut pas se moquer trop légèrement de la presse féminine. Ainsi, le dernier numéro de Femmes du Maroc (janvier 2012) contient-il une série très intéressante de réactions à la victoire électorale du PJD. On y voit ainsi Aïcha Ech-Chenna, Latefa Ahrare, Abdellah Taïa et Mohamed Horani (CGEM) réagir à l’arrivée du PJD à la tête du gouvernement. J’ai trouvé particulièrement intéressante la réaction du professeur Chafik Chraïbi, président de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC):

Non, je n’ai pas peur et je ne suis pas vraiment pessimiste. Le PJD est le premier parti politique avec lequel j’ai eu des contacts car quand j’ai créé l’AMLAC, c’est le parti qui m’a reçu le plus facilement en me permettant de faire une journée d’étude au sein même du parlement et d’ouvrir le débat. Toutefois, un problème de taille réside dans le fait que ses membres sont très divisés sur la question. Ainsi, M El Othmani fait figure d’exception en déclarant de façon claire et puverte être pour la légalisation partielle de l’avortement dans certaines conditions, à savoir le viol, les malformations foetales, et j’étais même étonné d’apprendre qu’il était aussi pour cette pratique dans certaines situations sociales. Mais M. El Othmani ne représente pas le PJD… et c’est bien ce qui m’inquiète. Dans le cas de Bassima Haqqaoui, elle est certainement la plus hermétique et elle s’est montrée, dès le premier jour, d’une virulence et d’une agressivité extrême s’agissant de la question de l’avortement. Quant à M. Brahimi, l’un de leurs députés, il a tout simplement déclaré que l’avortement est anticonstitutionnel car dans la Constitution, il est dit que le droit à la vie doit être préservé. Quand j’ai expliqué que lorsqu’on diagnostique une malformation foetale grave qui entraînera à coup sûr un lourd handicap moteur, il vaut mieux indiquer un avortement thérapeutique, savez-vous ce que l’un d’entre eux m’a répondu? Que légaliser l’avortement dans ce cas de figure revenait donc à autoriser quiconque à sortir dans la rue et à fusiller tous les handicapés moteur croisés sur son chemin…

En conclusion, je dirais donc que tout dépend des forces qui animent ce parti et de l’influence de certains de ses membres. Mais quoique fasse le PJD, les grossesses non désirées existent depuis la nuit des temps, et elles existeront toujours, car quand on ne veut pas d’une grossesse, quoiqu’il arrive, on fait en sorte de l’interrompre. C’est vrai qu’on peut faire plus attention en utilisant un moyen de contraception; mais malgré ces précautions, on peut tomber enceinte. Si ce sont des gens intelligents, ils devraient mettre un point d’honneur à préserver la santé de la mère et à autoriser l’avortement en hôpital dans des conditions sanitaires adéquates. Q’ils montrent leur ouverture d’esprit! Avant, nous avions peur des islamistes, de leur côté strict et sévère, mais s’ils ont gagné aujourd’hui, c’est parce que ils ont affiché un côté modéré. Une chose est sûre: les gens veulent le changement, mais pas l’islamisation totale.

Une petite parenthèse sur le droit à la vie dans la constitution révisée: le député PJD cité pr Chafik Chraïbi n’a hélas pas tout à fait tort. Pour des raisons qui me sont inconnues, l’article 20 pose le droit – « le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit » – mais ne prévoit aucune des exceptions normalement prévues dans les traités internationaux, comme l’article 6 du PIDCP (ratifié par le Maroc et qui contient une dérogation expresse pour la peine de mort) et surtout l’article 2 de la CEDH (inapplicable au Maroc et qui contient une dérogation expresse pour la peine de mort et l’usage de la force dans le cadre du maintien de l’ordre public). Une meilleure rédaction de cet article aurait du être plus explicite: soit en abolissant la peine capitale et l’avortement, soit en abolissant la peine capitale et en autorisant l’avortement sous conditions, soit en autorisant les deux sous conditions – sans compter l’exemption prévue à l’article 2 de la CEDH en faveur de l’usage de la force dans le cadre du maintien de l’ordre public. Ce n’est bien évidemment pas la solution choisie par le pouvoir constituant, c’eût eté trop simple.

Pour en revenir à Bassima Hakkaoui, cette diplômée de 3e cycle en psychologie sociale et députée depuis 2002 sera donc en charge des affaires sociales, portefeuille qui comprend la femme et la famille, où elle succédera à la féministe PPS Nouzha Sqalli – celle qui se plaignait en conseil des ministres du volume de l’appel à la prière – on ne peut pas dire que la transition entre les deux ne se fera pas remarquer…

Hakkaoui sera aménée à des arbitrages – pas seulement en matière de projets de textes réglementaires ou législatifs, mais surtout en termes d’actions et d’initiatives soutenues par le ministère. Espérons que si elle sera bien évidemment, comme il est son droit le plus strict, une ministre appliquant le programme pour lequel elle aura été élue, qu’elle saura se rappeler que ces élections législatives n’étaient pas un référéndum sur telle ou telle question de moeurs, et qu’elle également la ministre de tous les Marocain-e-s…

Quelques autres déclarations de Bassima Hakkaoui:

Mais derrière ces gestes solidaires, le discours sur les droits de la femme demeure bien particulier. Quand les tenantes du féminisme musulman défendent sans ambiguïté l’égalité entre hommes et femmes, Bassima Hakkaoui, députée du Parti de la justice et du développement (PJD) et présidente du Conseil administratif de l’ORCF, explique croire en “leur complémentarité”.

Selon elle, “on ne peut imaginer un monde l’un sans l’autre”. Le féminisme, pour les militantes islamistes, cherche bâtir un univers sans hommes, érigés en ennemis suprêmes, et serait responsable, selon une activiste qui a souhaité garder l’anonymat, des “familles monoparentales, du décrochage scolaire, de la pédophilie”. Bassima Hakkaoui estime, elle, que la femme musulmane ne se centre pas ainsi sur elle-même : “Elle a des devoirs, en tant que citoyenne et mère. Hommes et femmes n’ont pas les mêmes obligations, il y a une particularité féminine, notamment par la structure biologique et physique de la femme. Certains métiers peuvent être dangereux pour sa santé, celle de son bébé”. (…) 

D’ailleurs, là où les nouvelles voix du féminisme musulman acclament la Moudawana réformée, l’ambiance, côté militantes islamistes, est à l’amertume un peu crispée. Selon Bassima Hakkaoui, “certaines choses ont été touchées de façon gratuite, comme l’abandon de la tutelle paternelle pour le mariage. Très peu de femmes se marient sans l’assistance du père, donc ça ne change rien. De plus, l’âge minimal du mariage (18 ans) reste à discuter. Aujourd’hui la moyenne d’âge du mariage est très élevée et les cas exceptionnels de mariages précoces se débrouillent pour qu’ils aient lieu. Je suis contre la dictature de la loi, chaque être humain a le droit de faire ce qu’il veut”. Enfin, presque…

À nouveau, là où les féministes musulmanes font une croix sur la polygamie, Bassima Hakkaoui justifie que “si les femmes refusaient, elle n’existerait pas”. La députée PJD évoque “ces femmes cadres cultivées qui préfèrent un homme déjà marié pour atténuer la présence masculine dans leur vie, pour être soulagées en tant que seconde épouse”. Quant à la question de l’héritage, elle n’est pas même, pour les islamistes, censée souffrir le débat. “C’est clairement dit dans le Coran. Il ne faut pas projeter le système occidental sur le musulman, dans lequel la famille induit beaucoup d’exigences pour l’homme par rapport à la femme, qui est soulagée de nombreuses obligations”. L’héritage avantagerait donc les hommes pour compenser le sacrifice consenti au sein du foyer. On est loin de l’ijtihad moderniste défendu par Amina Wadud et consorts. “Nous n’acceptons pas une lecture moderne, mais une lecture correcte du Coran”, rectifie Bassima Hakkaoui.(Tel Quel, n° 224, 6 mai 2006)

Pour finir, cette citation, pour laquelle j’ai renoncé à fournir une illustration:

À la maison, je suis une épouse qui accomplit parfaitement ses devoirs conjugaux. (Aujourd’hui Le Maroc, 29 décembre 2011)

Contre-rapport de l’ADFM sur la discrimination de la femme au Maroc

On trouve pas mal de rapports intéressants sur le site du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH), y compris sur le Maroc, représenté par l’AMDH, l’OMDH, l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) et l’Espace associatif.

On y trouve notamment un rapport – « Implementation of the CEDAW Convention: Non-Governmental Organisations’ Shadow Report to the Third and the Fourth Periodic Report of the Moroccan Government« , bizarrement disponible qu’en anglais – d’il y a près de huit mois émanant de l’AFDM et consacré à l’état des discriminations des femmes au Maroc – ce rapport vient en contrepoint du rapport officiel présenté par le gouvernement marocain devant le Comité de l’ONU sur l’élimination de toute discrimination à l’égard des femmes.

Si l’ADFM reconnaît certaines avancées ces dernières années (à titre de comparaison, voir le rapport de 2004 de plusieurs ONG féministes marocaines), elle note cependant des points noirs:

However, despite this undeniable progress, Morocco’s legal framework does not fully conform to the provisions of CEDAW, especially article 2, and the recommendations made by the CEDAW Committee following consideration of the country’s 2nd periodic report (2003).2 In fact, the recommendations addressed several critical issues that are still of relevance today. These include:
– Withdrawing reservations and ratifying the Optional Protocol to CEDAW;
– Incorporating the principle of gender equality in the Constitution;
– Including the definition of discrimination against women as set out in article 1 of the Convention in the national legislation;
– Determining the status of international conventions within the national legal framework;
– Incorporating the provisions of the Convention in the national legislation;
– Promoting the political and public representation of women; and
– Changing stereotyped attitudes and discriminatory cultural practices related to the roles of women and men in the family and society

S’agissant des réserves marocaines émises lors de la ratification de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), les voici:

Morocco
Declarations:

1. With regard to article 2:

The Government of the Kingdom of Morocco express its readiness to apply the provisions of this article provided that:

– They are without prejudice to the constitutional requirement that regulate the rules of succession to the throne of the Kingdom of Morocco ;

– They do not conflict with the provisions of the Islamic Shariah. It should be noted that certain of the provisions contained in the Moroccan Code of Personal Status according women rights that differ from the rights conferred on men may not be infringed upon or abrogated because they derive primarily from the Islamic Shariah, which strives, among its other objectives, to strike a balance between the spouses in order to preserve the coherence of family life.

2. With regard to article 15, paragraph 4:

The Government of the Kingdom of Morocco declares that it can only be bound by the provisions of this paragraph, in particular those relating to the right of women to choose their residence and domicile, to the extent that they are not incompatible with articles 34 and 36 of the Moroccan Code of Personal Status.

Reservation:

1. With regard to article 9, paragraph 2:

The Government of the Kingdom of Morocco makes a reservation with regard to this article in view of the fact that the Law of Moroccan Nationality permits a child to bear the nationality of its mother only in the cases where it is born to an unknown father, regardless of place of birth, or to a stateless father, when born in Morocco, and it does so in order to guarantee to each child its right to a nationality. Further, a child born in Morocco of a Moroccan mother and a foreign father may acquire the nationality of its mother by declaring, within two years of reaching the age of majority, its desire to acquire that nationality, provided that, on making such declaration, its customary and regular residence is in Morocco .

2. With regard to article 16:

The Government of the Kingdom of Morocco makes a reservation with regard to the provisions of this article, particularly those relating to the equality of men and women, in respect of rights and responsibilities on entry into and at dissolution of marriage. Equality of this kind is considered incompatible with the Islamic Shariah, which guarantees to each of the spouses rights and responsibilities within a framework of equilibrium and complementary in order to preserve the sacred bond of matrimony.

The provisions of the Islamic Shariah oblige the husband to provide a nuptial gift upon marriage and to support his family, while the wife is not required by law to support the family.

Further, at dissolution of marriage, the husband is obliged to pay maintenance. In contrast, the wife enjoys complete freedom of disposition of her property during the marriage and upon its dissolution without supervision by the husband, the husband having no jurisdiction over his wife’s property.

For these reasons, the Islamic Shariah confers the right of divorce on a woman only by decision of a Shariah judge.

3. With regard to article 29:

The Government of the Kingdom of Morocco does not consider itself bound by the first paragraph of this article, which provides that `Any dispute between two or more States Parties concerning the interpretation or application of the present Convention which is not settled by negotiation shall, at the request of one of them, be submitted to arbitration.

The Government of the Kingdom of Morocco is of the view that any dispute of this kind can only be referred to arbitration by agreement of all the parties to the dispute.

Ces réserves et déclarations, dont certaines ont perdu leur objet – tout particulièrement celle relative à l’article 9.2 de la CEDAW (« Les Etats parties accordent à la femme des droits égaux à ceux de l’homme en ce qui concerne la nationalité de leurs enfants« ), qui n’est pas conforme à l’état actuel du droit marocain depuis la réforme du code de la nationalité, qui permet désormais à la mère marocaine mariée à un étranger de transmettre la nationalité marocaine à ses enfants – voilà belle lurette que le gouvernement marocain a officiellement déclaré vouloir revenir dessus. Guess what? Il n’en a rien fait, tout en répétant encore dernièrement que c’était comme si c’était fait (« Concernant le Maroc,toutes les recommandations faites par la coalition ont été soulevées par le groupe de travail d’UPR. Toutefois, seule la recommandation au sujet de la communication du retrait des réserves au Secrétaire Général de l’ONU apparaît dans les recommandations acceptées par le Maroc (article 9, paragraphe 2, article 16, paragraphe 1 (h), et article 16, paragraphe 2, ainsi que la déclaration sur article 15, paragraphe 4)« ).

Des associations marocaines ont lancé une campagne de sensibilisation à ce sujet, avec notamment un blog – « Egalité sans réserve » – qui y est exclusivement consacré ainsi qu’une pétition. Le collectif « Réforme des lois de la famille dans le monde arabe » s’est joint à ce combat.

Voilà donc une réforme facile – le gros du travail est fait, sur le papier du moins, depuis les réformes législatives du Code de la famille et du Code de la nationalité – pas chère et qui ne nécessiterait qu’un dahir publié au Bulletin officiel. Et pourtant…

Sans doute la faute au réseau Bellliraj, au PNUD, à la presse algérienne, à Jean-Pierre Tuquoi, Bob Ménard, Boubker Jamaï et Rachid Nini.

Your average Hezbollah-supporter looks like this…

Dans mon étude systémique de la scène politique libanaise, et pour me distraire un peu de l’analyse du redécoupage électoral à Beyrouth impliqué par l’accord de Doha, je me dois de vous dévoiler, si ce terme est pertinent, un pan de la réalité militante du Hezbollah:


Avec l’élégance subtile et sobre qui caractérise les tenues de mariée libanaises…


Bon, il est vrai que la situation n’est pas monolithique…

Ma neutralité bien connue en matière libanaise m’oblige cependant à ne pas vous cacher l’existence de tendances identiques dans les autres courants de pensée du Liban d’aujourd’hui:

Le mouvement chiite Amal fait des efforts…


… de même que les autres pro-syriens…


… et les anti-sionistes…


…mais le 14 mars a des ressources…


… indéniables…

Je termine par une spéciale dédicace Aïcha Q & Bint Foucault – enjoy!

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