Selon le cheikh al islam Shimon Peres, la confrontation entre sunnites et chiites est inévitable

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Dans une récente fatwa, Shimon Peres a tranché – « le conflit entre le Moyen-Orient sunnite et la minorité iranienne qui tente d’en prendre le contrôle est inévitable« :

« The collision between the Middle East, which is Sunni Arab, and the Iranian minority that seeks to take it over, is inevitable » (…)

« Sooner or later, the world will discover that Iran has the aspiration to take over the Middle East and that it posses colonial ambitions »

Toute ressemblance avec un autre pays de la région serait purement fortuite.

Bon, j’ai essayé de poursuivre un peu plus loin dans le persiflage, à la mode d’un Fhamator ou d’un Zakaria Boualem mais je dois avouer mon pitoyable échec en arrivant au passage suivant, devant lequel même le satiriste le plus motivé ne peux que baisser les bras:

Earlier Monday, Peres told Palestinian President Mahmoud Abbas on Monday that Israel hoped every nation in the Middle East would attain freedom.

« The people of Israel want peace, » Peres told the Palestinian leader by phone. « On the eve of the festival of Pesach, we are all praying for peace and freedom for every people in the region, and one must not lose hope on the way to peace. »

Pesach, or Passover, is a Jewish holiday commemorating the Israelites’ escape from enslavement in Egypt; as such, it is also known as the « Festival of Freedom. »

Abbas, who called Peres, said: « I want to wish you and the people of Israel a happy Pesach holiday. »

Il y a eu Elie Semoun et Dieudonné, il y a désormais Shimon et Mahmoud.

Maroc: la menace juive

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Les juifs mènent au Maroc une propagande pernicieuse. Des étudiants marocains propagent la propagande juive à leur retour d’Israël. Heureusement, des responsables associatifs et politiques manifestent leur aversion pour le judaïsme. Au Maroc, les juifs se réunissent furtivement et en petits groupes, refusent de se mêler aux autres Marocains et l’entrée de leurs réunions, rituelles ou non, est gardée par des malabars. Le judaïsme est une atteinte aux fondamentaux du Royaume, dont son ciment, le rite malékite. Le judaïsme est à la solde des velléités hégémoniques d’Israël. Les autorités suivent l’évolution de l’activisme juif au Maroc. Des parlementaires marocains dénoncent « le danger du judaïsme, qui se situe au niveau de la division qu’il peut créer au sein de la nation« . La lutte contre les manoeuvres juives est « le fondement de la sécurité religieuse, élément central de la stabilité du pays, elle-même condition sine qua non de la démocratie« , selon un éditorialiste qui n’écrit pas ses propres éditoriaux, par ailleurs président de la Fédération des médias du Maroc. L’activisme juif au Maroc est le fait d’associations socio-culturelles, d’organisations juives non reconnues ou souterraines, ou des particuliers. Au Maroc, les groupuscules juifs, un à deux milliers de personnes selon des sources bien informées, sont financés et appuyés par les services israëliens. En Israël même, le rabbinat n’a d’autre projet que le maintien de son propre pouvoir et des prébendes qui vont avec. Le port du hijab est d’ailleurs un élément des visées juives contre le Maghreb. Des universitaires marocains se rendent à l’évidence: « le judaïsme est la pièce maîtresse du projet israëlien expansionniste« . De petites «cellules militantes dormantes» s’activent et donnent naissance à des associations juives. Des éditorialistes éclairés le reconnaissent volontiers: « Israël mène bien une guerre de judaïsation et d’ascendance sur les minorités juives dans le monde. Son action porte en elle la dissension et l’odeur acre des guerres civiles« .

Il est donc bon que « les autorités compétentes aient lancé une campagne contre les livres faisant l’apologie du judaïsme« . Mais « la purge des outils de propagande juive » concerne tout un chacun:

Le ministère de l’Intérieur est un département qui a la lourde responsabilité de préserver la sécurité du pays et des citoyens sous toutes ses formes. Mais, c’est un département qui est censé être assisté par toutes les autres administrations de l’Etat qui ont l’obligation d’observer, d’étudier, d’analyser, de constater et, ce qui est très important, d’alerter, chacune dans son domaine, contre tout ce qui est susceptible de porter atteinte au pays ou de menacer ses citoyens. Se cantonner dans la position, confortable, du spectateur indifférent et tout mettre sur le dos de l’administration territoriale est une attitude qui est facilement qualifiable de délit d’omission.

Bon c’est pas tout ça, dans le rayon des bonnes nouvelles, veuillez noter que « la diplomatie culturelle marocaine est un outil de promotion du dialogue entre les cultures, les civilisations et les religions, a affirmé l’ambassadeur du Maroc à Hanoi, El Houcine Fardani », lequel a « souligné le rôle du Maroc dans la promotion du dialogue interculturel et interreligieux, mettant en relief le message et les valeurs véhiculés par la diplomatie culturelle marocaine, à savoir la tolérance, le respect de l’autre, la solidarité et la paix« , rajoutant:

«Le Maroc, de par sa position géographique et son histoire séculaire, constitue un pont entre les cultures arabo-musulmanes, africaines et européennes»

«La personnalité culturelle marocaine s’est forgée à travers des siècles de métissage culturel»

C’est d’ailleurs une constante de la politique intérieure et extérieure marocaine, selon les propos de la secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Latifa Akherbach:

« La nécessite d’asseoir un dialogue entre les civilisations a été érigé en ligne de conduite, amenant le Maroc à promouvoir, à travers ses politiques intérieure et extérieure, les principes de tolérance, de respect de l’altérité, d’ouverture et de modernité »

Cette démarche reflète

« la capacité du Maroc à privilégier la synthèse et non pas l’exclusion et plus encore, elles sont mises en œuvre à travers une véritable stratégie nationale de promotion de la diversité culturelle et un engagement international contre toutes les formes d’extrémisme et du rejet d’autrui. Parce que l’alliance des civilisations est enracinée dans notre mémoire, dans nos traditions, dans notre système de gouvernance religieuse, le Maroc s’est investi de manière volontariste pour la réussite du dialogue interculturel, seul à même de défaire les logiques univoques que véhiculent souvent les tenants de la thèse du choc des civilisations et de la confrontation entre les religions et les peuples »

La même source ne précise-t-elle d’ailleurs pas que

le dialogue interreligieux est une composante essentielle de la dynamique vertueuse à installer et à promouvoir pour que la fusion des différences continue, comme depuis toujours, à être le moteur du progrès humain

CORRIGENDUM: un lecteur attentif me fait remarquer qu’un bug informatique semble avoir atteint les deux premiers paragraphes de ce post. Il a parfaitement raison: les mots « Israël« , « juif« , « juive« , « juifs« , « judaïsme » et « judaïsation » doivent être remplacés par « Iran« , « chiite« , « chiites« , « chiisme » et « chiisation« . Mes excuses aux intéressés – mes fidèles lecteurs auront pour leur part rectifié d’eux-mêmes.

La rupture marocaine avec l’Iran, suite

J’ai commis un autre article en anglais chez Maghreb Political Review – « Morocco breaks off with Iran – some background and speculation » – sur les raisons officielles et cachées de la décision marocaine de rupture des relations diplomatiques avec l’Iran. J’y ai notamment fait une chronologie des événements à compter du 11 février, date de la déclaration litigieuse d’Ali Akbar Ategh Nouri sur Bahraïn, jusqu’au 6 mars, date de l’officialisation par le Maroc de cette rupture:

February 11: Nouri makes his comments on Bahrain, causing widespread condemnation – Morocco joins the chorus.

February 20: Iran summons Morocco’s chargé d’affairesin Teheran, Mohamed Darif, over « the stances taken by the Moroccan king« . In a message to his Bahraini counterpart, Mohammed VI had describedNouri’s declarations as « abject » as well as « absurd« : «Ces déclarations abjectes à l’endroit d’un pays arabe frère et membre actif dans son environnement régional et au sein de la communauté internationale ont suscité notre fort étonnement et notre profonde inquiétude (…) Nous considérons de même que ces déclarations absurdes sont en contradiction flagrante avec les principes et les règles du droit international, ainsi qu’avec les valeurs de coexistence et de bon voisinage auxquelles incite Notre religion islamique tolérante». The Moroccan chargé d’affaires allegedly took a low profile during that meeting, replying that « Morocco is interested in expanding relations with Iran, which he called a regional power with an ancient civilization« . A communiqué by the official Iranian press agency IRNA is allegedly published (I haven’t found it though), evoking that call-up and criticising Morocco for its reaction.

February 22: Morocco’s foreign minister, Taïeb Fassi Fihri, travels to Bahrain to convey a personal message from King Mohammed VI to King Hamad Ibn Aissa Al Khalifa, a gesture widely publicised in Moroccan media as well as on the Moroccan foreign ministry’s website.

February 23: Taïeb Fassi Fihri meetswith Bahraini prime minister Sheikh Khalifa Ben Salman Al-Khalifa.

February 25: On his return from Bahrain, Taïeb Fassi Fihri summons Iranian ambassador to Morocco, Vahid Ahmadi, to convey him Morocco’s displeasure at Iran’s call-up of Morocco’s chargé d’affaires and strong rejection of the wording of the IRNA communiqué  mentioned earlier. Morocco’s chargé d’affaires is called back for consultations in Rabat for one week on the same day. 

February 26: Taïeb Fassi Fihri reiteratesMorocco’s astonishment at being allegedly singled out by Iran over its support for Bahrain’s territorial integrity – Morocco’s chargé d’affaires would apparently have been the only foreign head of mission to have been summoned to the Iranian ministry of foreign affairsover the issue, despite the many other Arab and non-Arab countries taking a similar stance – at least if we are to believe Morocco’s MAEC.

March 6: Morocco decides to break off diplomatic relations with Iran – if the diplomatic spat over the Bahrain affair is still mentioned, the sectarian aspect is given much larger proeminence – Iran’s embassy is accused of having meddled in internal Moroccan affairs by proselytising – claims that had never been raised previously on an official level. The spat has continued thereafter, with Iran chiding Morocco over its decision, and Morocco asserting its sovereign right to break off diplomatic relations with whomever it wants.

J’ai également passé en revue les différents motifs de rupture de relations diplomatiques de par le monde ces dernières années pour conclure que les raisons avancées par le Maroc ne tiennent pas debout. Mais j’arrive à une conclusion différente qu’il y a quelques jours: à chaud, j’avais accordé plus de poids au désir marocain de plaire aux Etats-Unis et à Israël que je ne le fais aujourd’hui – après avoir passé en revue les différents motivations possibles – et en écartant bien évidemment les motifs officiels qui frôlent l’irrationalité – je conclus plutôt au poids séoudien et khaliji auprès des du décideurs marocains, ainsi qu’à ce qui, de la part du monarque marocain, a sans doute été perçu comme une atteinte personnelle. Ce dernier point mérite d’être développé:

Another intriguing detail could also explain the violent Moroccan reaction. In his public message to Bahrain’s ruler, Mohammed VI had used very strong and unusual words for messages of such a dignity – « abject » and « absurd » characterising in his words Nouri’s declarations, seen as representing the Iranian leadership’s views. It was at that stage that Iran summoned Morocco’s chargé d’affaires, and issued a communiqué explicitly criticising the King’s « stance ». This might be the « inappropriate » language later denounced by the Moroccan foreign ministry. And this perceived personal slight – prompted by the King’s extremely strong language – is probably what carried the day.

En effet, dans la lettre signée de sa main au monarque bahreïni rendue publique le 20 février, le Roi du Maroc avait recouru aux termes « abject » et « absurde » pour qualifier les déclarations litigieuses de Nouri – des termes particulièrement forts. Dans un communiqué de son agence officielle, IRNA, l’Iran aurait explicitement critiqué « les prises de positions » de Mohammed VI. Je n’ai pas pu retrouver trace de ce communiqué, sinon en version très abrégée sur le site du quotidien anglophone officiel Tehran Times:

The director of the North African Affairs Department of the Foreign Ministry also informed the Moroccan diplomat about Iran’s discontent over the stances taken by the Moroccan king.

The diplomat was urged to inform the Moroccan of the Iranian government’s surprise and discontent and ask for the necessary explanations.

On notera que le communiqué iranien se contente d’exprimer le mécontentement du gouvernement iranien avec les propos du Roi – qui avait lui utilisé les termes « abject » et « absurdes« , ce qui entre parfaitement dans le cadre du langage diplomatique. Mais ce qui peut paraître impardonnable dans le contexte de cour marocain, c’est sans doute la mise en cause nominative du Roi – là encore, vu le caractère public et officiel de la missive de Mohammed VI à l’émir de Bahreïn, cela n’a rien de choquant eu égard aux usages en vigueur, et l’Iran se contente d’exprimer son mécontentement (sous réserve bien évidemment que l’extrait du Tehran Times rende bien compte de la teneur du communiqué initial). Mais j’ai l’impression que c’est là qu’il faut chercher la vraie raison de cette rupture – un « crime » de lèse-majesté – que l’observateur impartial aura du mal à constater dans les faits tels qu’ils sont connus à ce jour.

Rétroactes:
– « Conspiration? Quelle conspiration?« ;
– « Le Maroc rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran« ;
– « Pendant que le Maroc fait du zèle anti-iranien« ;
– « Maroc, Algérie & Vénezuela: let me get this straight…« ;
– « Maroc/Venezuela: Honni soit qui mal y pense »
– « Hier l’Iran…« ;
– « Israel and the “moderate” Arab countries, or with enemies like these who needs friends?« ;
– « L’Economiste-watch – flashback persan« ;
– « Malgré la propagande étatsuno-séoudienne, les opinions arabes n’ont pas bougé« ;
-« Un intéressant sondage iranien« ;
– « Le sondage Zogby sur l’opinion publique (qui n’existe pas) arabe en 2008« 

Conspiration? Quelle conspiration?

Ca vient de la bouche du cheval, comme on dit en anglais:

Ticking off what he considered to be causes for hope for peace in the Middle East, the 2000 Democratic presidential candidate said the first has been a shift in Middle East geopolitics.

« The rise of Iran, » Kerry said, « has created an unprecedented willingness among moderate Arab nations to work with Israel. »

« This realignment can help lay the groundwork for progress towards peace, » he said.

« There is a new reality, » he said. « Moderate Arab countries and Israel alike are actually more worried about Iran than they are about each other. »

Dans un discours, il a répété cette affirmation:

I believe it because broader trends present an opening to make peace possible. In fact, I see four major causes for hope, which together comprise a case for action.

The first and most important is a tectonic shift in Middle East geopolitics. The rise of Iran has created an unprecedented willingness among the moderate Arab nations to work with Israel. This re-alignment can help lay the groundwork for progress towards peace.

On ne saurait être plus clair: ce qui est bon pour Israël est bon pour la paix, et la fausse discorde sunnites/chiites, qui existe surtout dans la tête de dirigeants arabes alliés des Etats-Unis et d’Israël, est bonne pour Israël car elle permet d’oublier l’occupation actuelle de territoires syriens, libanais (les fermes de Chebaa) et palestiniens par Israêl au profit d’une fantomatique hégémonie iranienne au Moyen-Orient.

C’est une littérature intéressante. Je n’ai pas accès à la base de données Lexis/Nexis, mais il serait utile de compter le nombre d’articles de la presse étatsunienne parlant de l’Iran, d’Israël et des Etats arabes dits modérés (euphémisme pour désigner les alliés d’Israël et des Etats-Unis) à travers les ans. La « menace iranienne » est un terme qui devrait exploser, en termes quantitatifs, depuis 2003. Le rôle de la presse d’obédience séoudienne dans la mise en oeuvre de cette propagande, visant à faire croire aux Arabes, notamment ceux des pays sunnites de la ligne de front (Liban, Syrie, Egypte, Palestine, Jordanie) qu’ils sont plus menacés par l’Iran que par Israël, est vital. Et on voit comment marche la chaîne alimentaire: un éditorialiste d’obédience séoudienne écrit un éditorial sur la fourberie/cruauté/duplicité innée des chiites en général et de l’Iran en particulier, un éditorialiste étatsunien/britannique/israëlien reprend ces propos, et ensuite un ministre européen/israëlien/étatsunien s’exclame « vous voyez bien, c’est l’Iran la vraie menace, pas Israël« . Malheureusement pour les instigateurs de cette hasbara, il faut croire que l’opinion arabe ne lit pas assez le Jerusalem Post ou L’Express.

Un exemple nous est fourni avec le quotidien Sharq al Awsat – par ailleurs imprimé au Maroc – oùon retrouve le rédacteur en chef de Sharq al awsat Tariq Alhomayed, dont les éditoriaux sont assez amusants si on les prend au second degré – par exemple celui-ci « Congratulations Hosni Mubarak » – mais d’autres éditoriaux sont tout aussi édifiants, notamment celui-ci,l’éditorialiste allègue que la société dite civile marocaine appelerait à la création de comités de promotion de la vertu et de prévention du vice… On pourrait citer d’autres exemples, comme cet autre éditorialiste – rappelons que Sharq al awsat est un journal séoudien – qui se plaint du manque de pluralisme que manifesterait Hugo Chavez, élu au suffrage universel – femmes incluses – dans un scrutin libre contrairement aux monarques et présidents arabes (seul le président mauritanien récemment renversé, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, pouvait valablement se réclamer du suffrage universel).

Pour voir comment fonctionne la chaîne de transmission de cette propagande, voici un exemple: le rédacteur en chef de Sharq al awsat écrit un éditorial le 30 janvier, en pleine guerre israëlienne contre Gaza, pour désigner l’Iran comme menace contre la sécurité du Moyen-Orient.

Nasrallah and War on Egypt
Sharq al awsat 30/12/2008
By Tariq Alhomayed
(…) The only advantage to Nasrallah’s speech is that it revealed to the world what we have been saying the whole time: that Iran is a real threat to Arab security, as today it launched a war against Egypt, tomorrow against Saudi Arabia, and then the whole house of cards will collapse.

Ces propos sont ensuite diffusés à travers la planète via une chronique de l’universitaire israëlien Barry Rubin – assez peu porté sur l’introspection critique du projet sioniste – diffusée dans le cadre du Project Syndicate:

JERUSALEM – In Iran, elements from within the regime are reportedly offering a $1 million reward for the assassination of Egyptian President Hosni Mubarak because of his opposition to Hamas in the Gaza Strip. In Lebanon, the leader of Hezbollah, backed by Iran and Syria, merely calls for the Egyptian government’s overthrow.

In response to this, Tariq Alhomayed, a Saudi who is editor-in-chief of the newspaper Al-Sharq al-Awsat , describes Hamas as Iran’s tool, and argues that “Iran is a real threat to Arab security.”

Egypt’s foreign minister, Ahmed Aboul Gheit, agrees – and he is not alone. When Arab states met to discuss the Gaza crisis, Saudi Arabia vetoed any action. Even the Palestinian Authority (PA) blames Hamas for the fighting. Activists in Fatah, Hamas’s nationalist rival which runs the PA, make no secret of their hope that Hamas loses the war.

Le Project Syndicate ne manquant pas de moyens, cette chronique de Barry Rubin est également disponible en français:

JERUSALEM – En Iran, des éléments proches du pouvoir offriraient un million de dollars pour assassiner le président égyptien Hosni Moubarak en raison de son opposition au Hamas dans la bande de Gaza. Au Liban, le dirigeant du Hezbollah qui est soutenu par l’Iran et la Syrie appelle au renversement du gouvernement égyptien.

En réponse, Tariq Alhomayed, un Saoudien rédacteur en chef du journal Al-Sharq al-Awsat, qualifie le Hamas de marionnette de l’Iran et déclare que ce pays est la véritable menace contre la sécurité du monde arabe ».

Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Ahmed Aboul Gheit, est du même avis, et il n’est pas le seul. Lorsque les pays arabes se sont réunis pour discuter de la crise à Gaza, l’Arabie saoudite a opposé son veto à toute action. Même l’Autorité palestinienne estime que le Hamas est responsable des combats. Les militants nationalistes du Fatah à la tête de l’Autorité palestinienne ne cachent pas leur espoir de voir le Hamas, leur rival islamiste, perdre la guerre.

De même en arabe:

باري روبينالقدس ـ ذكرت بعض التقارير أن بعض العناصر من داخل النظام في إيران تعرض مليون دولار أميركي كمكافأة لمن ينجح في اغتيال الرئيس المصري حسني مبارك بسبب معارضته لحركة حماس في قطاع غزة. وفي لبنان يدعو زعيم حزب الله ببساطة، وتسانده في ذلك إيران وسوريا، إلى الإطاحة بالحكومة المصرية.

ورداً على ذلك سارع طارق الحميد ، السعودي ورئيس تحرير جريدة الشرق الأوسط، إلى وصف حماس بأنها أداة تستخدمها إيران، وزعم أن « إيران تشكل تهديداً حقيقياً للأمن العربي ».

ولقد اتفق معه وزير خارجية مصر أحمد أبو الغيط في زعمه، ولم يكن وحده في ذلك. فحين اجتمعت الدول العربية لمناقشة أزمة غزة، اعترضت المملكة العربية السعودية على اتخاذ أي إجراء. وحتى السلطة الفلسطينية تحمل حماس المسؤولية عن القتال الدائر الآن في غزة. وليس سراً أن ناشطين من فتح، وهي المنظمة القومية المنافسة لحماس والتي تدير السلطة الفلسطينية، يتمنون لو تخسر حماس الحرب.

Grâce aux bons efforts du Project SyndicateL’Economiste, Le Matin du Sahara, La Vie économique, Assabah et Assahara al Maghribiya en font partie – des journaux de toute la planète ont repris ces propos: Japan Times, The Australian, The Free Republic, Times of Malta et le The Daily Independent (Bangladesh).

Cette chronique est ensuite citée – par Jim Hoagland du Washington Post notamment, dans un article qui aurait aussi bien pu être signé par Ehud Barak ou Benyamin Netanyahu.

Couronnement du périple, l’édito initial de Tariq Alhomayed figure dans les articles de presse présumés donner la « bonne » perspective sur la guerre de Gaza sur le site de l’ambassade israëlienne aux Etats-Unis…

Ce discours idéologique sert bien évidemment l’objectif étatsuno-israëlien d’éluder le problème israëlo-palestinien – transformé en problème de maintien de l’ordre opposant gentil Fatah allié du « seul Etat démocratique de la région » (ce qui est bien évidemment faux, car jusqu’à plus ample informé Chypre n’est pas impliqué en Palestine) au méchant Hamas, terroriste, antisémite et allié de l’Iran. La Palestine devenue une affaire de simple police, Israël n’est plus un problème, lequel serait plutôt l’Iran, en raison du négationnisme de son président et de son programme nucléaire, civil ou militaire peu importe.

Pour une présentation exemplaire de cette perspective, voir cet officiel cité off the record par Gideon Rachman du Financial Times:

He believes that Iran is currently stirring up trouble in many different areas including Lebanon, the Israeli occupied territories and Iraq. Iraq he believes is becoming the “arena for a regional power struggle”, pitting Sunnis against Shia. The Sunni Arab states see themselves as engaged in an ancient struggle with the Persians for dominance of the region. Syria has become detached from its natural Arab allies and is now firmly in the Iranian camp. But it is also the “weak link” in the Iranian alliance and can expect to come under enormous pressure as a result.

As for the moderate Arab states – the Saudis, the Jordanians and the Egyptians – “they have all told me they expect this to end in war”. They are also much more concerned about Iran than Israel, because “they know that Israel is not really an expansionist power”. Indeed the moderate Arab states would like to form a de facto alliance with Israel to contain Iran – but opinion on the “Arab street” prevents them from doing it.

Ce n’est pas que l’Iran soit un modèle scandinave de coexistence et de pacifisme – on l’a vu avec les récentes déclarations d’un conseiller d’Ali Akbar Khameneï sur Bahraïn, avec lequel l’Iran a un litige frontalier portant sur trois îlots. Mais rien ne le distingue, sur ce point, du Maroc par exemple, qui a un litige frontalier avec l’Algérie, et en a eu avec la Mauritanie, ou de l’Algérie, qui a un litige frontalier avec le Maroc, ou de la Libye, en litige tant avec le Tchad, la Tunisie et Malte qu’au sujet des eaux territoriales du Golfe de Syrte, de même entre l’Egypte et le Soudan – et plusieurs litiges territoriaux existent entre pays du Golfe – entre Qatar et Bahreïn par exemple, entre Arabie séoudite et Yemen et entre Arabie séoudite et Emirats arabes unis.

La rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Iran donnera sans doute l’occasion d’étudier de plus près la hasbara anti-iranienne dans la presse officieuse et officielle marocaine.

Le Maroc rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran

Inutile de faire les choses à moitié: le Maroc vient de rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran.

Le Maroc décide de rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran
Rabat- Le Royaume du Maroc a décidé la rupture, à partir de ce vendredi, des relations diplomatiques avec la République islamique d’Iran, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la coopération.

Le 25 février dernier, le Royaume du Maroc avait rappelé, en consultations pour une semaine, son chargé d’affaires par intérim à Téhéran, rappelle le communiqué.

La même source précise que le Maroc avait également demandé des explications aux autorités iraniennes qui ont cru devoir singulariser le Maroc, dans le cadre d’une démarche inamicale, et publier un communiqué comprenant des expressions inacceptables, à la suite de la solidarité exprimée par le Maroc, à l’instar de très nombreux pays, à l’intégrité territoriale et la souveraineté du Royaume de Bahreïn.

Le délai d’une semaine ayant expiré, le Royaume n’a reçu aucune explication à ces actes, ajoute le communiqué.

Selon le ministère, cette attitude inadmissible, dirigée contre le seul Maroc, est doublée au demeurant, d’un activisme avéré des autorités de ce pays, et notamment de sa représentation diplomatique à Rabat, visant à altérer les fondamentaux religieux du Royaume, à s’attaquer aux fondements de l’identité ancestrale du peuple marocain et à tenter de menacer l’unicité du culte musulman et le Rite Malékite Sunnite au Maroc, dont est le Garant SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine.

Ce type d’actions structurées et soutenues, ajoute le ministère, constituent une ingérence intolérable dans les affaires intérieures du Royaume et sont contraires aux règles et à la déontologie de l’action diplomatique.

Pour l’ensemble de ces considérations, conclut le communiqué, le Royaume du Maroc a décidé la rupture, à partir de ce jour, des relations diplomatiques avec la République islamique d’Iran.

Dernière modification 06/03/2009 17:57.
©MAP

On notera que le communiqué accuse l’ambassade d’Iran à Rabat de prosélytisme en faveur du chiisme au Maroc, ce qui place le discours dans l’orthodoxie séoudienne la plus parfaite. La menace contre le rite malékite sunnite est placé au centre du communiqué – merci pour nos concitoyens juifs – ce sont des juifs malékites?

On notera par ailleurs qu’il y a quelques années, au lendemain des attentats du 16 mais 2003, c’étaient les salafistes et les wahabbiyines qui étaient visés par ce discours sur l’identité religieuse malékite du Maroc. Ce discours sur l’unicité du culte musulman est d’ailleurs absurde du point de vue de la charia, qui admet la liberté de choix des écoles (celle des chiites est le jaafarisme), point de vue d’ailleurs repris par l’ISESCO dont le siège est à Rabat. Et poser le principe de l’exclusivité du rite malékite est contestable en dehors même du cadre de la charia, car cela nie la liberté de conscience de l’individu. Enfin, si l’Iran, avec sa minorité sunnite (9% de la population), s’avisait d’en faire de même?

Il faut relever que cette très brusque rupture vient après un net rapprochement ces dernières années – les relations irano-marocaines après la révolution de 1979 ont repris surtout depuis 1995, avec la signature d’un accord commercial. Ainsi, sur le site du MAEC, on relève les étapes suivantes:

Le 31 mai 2006, le ministre marocain des affaires étrangères, « Mohamed Benaissa a indiqué que « l’Iran est un pays frère et ami du Maroc », soulignant que « Rabat oeuvre à la consolidation de ses relations avec Téhéran » ».

Le 18 juin 2006, lors d’une visite officielle du ministre marocain des affaires étrangères s’est rendu en visite de travail à Téhéran où il a rencontré son homologue iranien. A cette occasion, a été annoncé « accord pour la constitution d’une commission politique mixte pour l’examen des moyens de développer les relations bilatérales« . Le ministre marocain des affaires étrangères « M. Mohamed Benaïssa a mis en exergue les liens historiques et culturels liant le Maroc et l’Iran, émettant l’espoir de voir les relations bilatérales se consolider davantage, à travers l’échange de visites entre les responsables des deux pays« . Un message personnel de Mohammed VI fût remis au président iranien, que Benaïssa rencontra à cette occasion.

Le 9 juillet 2006, lors de la remise des lettres de créance de l’ambassadeur du Maroc au président iranien Mahmoud Ahmedinejad, ce dernier a mis « en exergue « la place particulière » dont jouit le Maroc auprès de la république islamique iranienne« , et a « réitéré son invitation à SM le Roi à effectuer une visite officielle en Iran, estimant que cette visite est de nature à donner une forte impulsion aux relations bilatérales« .

Le 5 février 2007, le ministre des affaires étrangères iranien était en visite officielle au Maroc (perçue du côté marocain comme l’occasion de raffermir la coopération entre les deux pays) où il a signé un mémorandum d’entente:

« Le Maroc et l’Iran ont signé, lundi à Rabat,un mémorandum d’entente portant sur la mise en place d’un mécanisme de consultations politiques entre le ministère des affaires étrangères et de la coopération du royaume du Maroc et le ministère des affaires étrangères de la république islamique d’Iran. Le mémorandum d’entente, signé par le ministre des affaires étrangères et de la coopération, M. Mohamed Benaissa et le ministre iranien des affaires étrangères, M. Manouchehr Mottaki, s’inscrit dans le cadre de «  »l’approfondissement et du renforcement des liens amicaux traditionnels«  ». En vertu de ce mémorandum, les deux parties s’engagent à «  »oeuvrer en leur qualité de pays islamiques et amis pour que leurs relations soient basées sur la fraternité, l’égalité, la coopération, la confiance, le respect mutuel du droit à la souveraineté et la préservation de l’unité territoriale, ainsi que la non-ingérence dans les affaires intérieures des deux pays » ». Dans ce contexte, le mémorandum prévoit la tenue de consultations régulières entre les deux parties afin d' » »évaluer les divers aspects des relations bilatérales et échanger les vues concernant les questions régionales et internationales d’intérêt commun ainsi que sur les développements aux plans régional et international » ». Ces consultations porteront sur plusieurs domaines, en particulier politique outre la coopération économique, commerciale, scientifique, technique et culturelle. »

Ce même jour, toujours le 5 février 2007, le ministre des affaires étrangères iranien a déclaré porter « de la considération à «  »la gestion sage par le Maroc de la question du Sahara et soutient un règlement fondé sur le dialogue et la coopération de tous«  », déclarant soutenir « un règlement de la question du Sahara à travers une solution pacifique basée sur le dialogue et la négociation entre les parties concernées« . Le ministre iranien aura également rencontré le premier ministre marocain (Driss Jettou) – pour discuter l’approfondissement de la coopération économique – et les présidents des deux chambres du Parlement marocain.

Le 25 juillet 2007, le chef de l’autorité judiciaire iranienne, l’ayatollah Mahmud Hashemi Shahrudi, s’est rendu au Maroc pour une visite officielle où il aura rencontré notamment le premier ministre marocain Driss Jettou et le ministre de la justice marocain, Mohamed Bouzoubaa. Lors de cette visite, le dignitaire iranien a exprimé le soutien de son pays pour les efforts marocains en vue de résoudre le conflit du Sahara:

« The Sahara issue is an internal affair of Morocco; for us, we back Moroccan and international efforts regarding this issue »

Du 23 au 26 février 2008, le ministre du Commerce extérieur marocain Abdellatif Maâzouz s’est rendu à Téhéran dans le cadre de la commission mixte entre les deux pays, afin d’explorer les voies pour développer les relations commerciales entre les deux pays.

Le 29 juillet 2008, Taïeb Fassi Fahri, ministre des affaires étrangères, apporte un message au président iranien portant « notamment sur les relations entre le Maroc et l’Iran et sur l’importance d’un dialogue franc et ouvert sur les différentes questions qui concernent l’ensemble de la région« .

Le 29 octobre 2008, la vice-présidente iranienne Fatemeh Faiz Djavadi s’est rendue au Maroc en visite officielle où elle s’est entretenue avec le premier ministre Abbas el Fassi:

Le Premier ministre marocain a défendu et soutenu le ‎programme nucléaire civil iranien. « Tous les pays dont la RII ‎ont le droit de bénéficier du savoir-faire nucléaire à vocation ‎pacifique pour assurer leur progrès. », a estimé le Premier ‎ministre marocain, Abbas el Fassi, lors de sa rencontre avec la ‎vice-Présidente iranienne et présidente de l’Organisation pour la ‎Sauvegarde de l’Environnement, Fatemeh Vaez Javadi.

Le premier ministre a rajouté:

The Prime Minister also underlined Morocco’s constant support to the Islamic Ummah and its tireless efforts to uphold Islamic causes, said a communiqué of the Prime minister’s office.

Le 24 décembre 2008, le ministre marocain des affaires étrangères a reçu Mehdi Mostafavi, conseiller du président de la République Islamique d’Iran et président de la Ligue de la culture et des relations islamiques, à l’occasion de l’organisation de la Semaine culturelle iranienne au Maroc ayant eu lieu à Rabat à compter du 26 décembre: « Cette semaine, a-t-il précisé, permettra de renforcer les relations entre les deux pays et les deux peuples, de même qu’elle traduit une forte volonté politique des deux pays de consolider les relations bilatérales dans les tous les domaines« .

Mieux encore – le 12 février 2009, soit il y a trois semaines, l’ambassadeur iranien au Maroc faisait des déclarations sans ambiguïté sur l’intégrité territoriale marocaine:

L’ambassadeur de la République islamique d’Iran à Rabat, Wahid Al Ahmadi, a réaffirmé jeudi, que son pays maintient le gel de ses relations avec le « polisario », et ce depuis 17 ans.

Dans un entretien accordé à la MAP à l’occasion du 30e anniversaire de la révolution iranienne, M. Al Ahmadi a souligné que cette décision demeure inchangée et que son pays n’entretient aucune relation avec le « polisario ».

« Nous n’entretenons aucune relation ou lien avec le ‘polisario’« , a indiqué le diplomate iranien, ajoutant que cette position constante « émane de notre considération pour le peuple et le gouvernement du Royaume chérifien« .

Moins de deux semaines plus tard, le Maroc rappelait son ambassadeur en Iran, et après une dizaine de jours supplémentaires, le Maroc prenait l’initiative de rompre les relations diplomatiques. On peut être sûr que la position de l’Iran sur le Sahara changera en conséquence (et après vérification, en dépit des déclarations contradictoires de l’ambassadeur iranien à Alger – « M. Abyaneh dira que l’Iran a reconnu la République arabe sahraouie démocratique et reste sur cette position. On espère suite aux résolutions des Nations Unies que les discussions entre le gouvernement marocain et le Polisario vont régler ce problème » – il apparaît effectivement qu’il n’y aavait aucune représentation du Polisario en Iran – voir ici et ici, la page pertinente du site du ministère iranien des affaires étrangères n’étant pas accessible).

Autant souligner aussi que l’explication officielle marocaine de cette rupture brusque des relations diplomatiques avec l’Iran – l’atteinte au rite malékite et au rôle du Commandeur des croyants – n’a aucun commencement de vraisemblance: comment croire que ces éléments auraient brusquement surgi en moins de deux semaines, entre l’entretien officiel à la MAP – qui n’a pas pour habitude de donner la parole à des comploteurs hostiles au rite malékite et à la monarchie – de l’ambassadeur iranien et le rappel de l’ambassadeur marocain à Téhéran? Comment croire que ce « complot » présumé ait eu lieu alors même qu’une débauche d’échanges officiels de haut niveau se soit développée depuis 2005? Nous prendrait-on pour des demeurés? Et comment ne pas croire que le Maroc ait prit sa décision sur la base de critères liés au contexte moyen-oriental, Bahreïn servant de prétexte – car l’Egypte a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran il y a longtemps, et l’Arabie séoudite vient d’appeler il y a quelques jours les pays arabes à un front anti-iranien, et rien n’indique un changement substantiel de politique étatsunienne vis-à-vis de l’Iran. On se rappelle que le développement de la coopération entre Maroc et Iran avait valu au Maroc une volée de bois vert de la part d’opposants iraniens pro-étatsuniens (« Maroc-Iran: liaisons dangereuses » et « Maroc-Iran: suite des laisons dangereuses« ), ainsi qu’une visite du sous-secrétaire d’Etat David Welch:

Les premières réactions des think-tanks de Washington sont bien évidemment positives, et ne font bien évidemment aucune référence au prosélytisme ou au rôle du Commandeur des croyants:

Many Arab states have grown frustrated with Iran’s hard-line leadership in recent years.

Morocco’s move could be « a sign that Arab states are prepared to take a much tougher stand against Iran, » Anthony Cordesman, a Middle-East analyst at the Washington-based Center for International and Strategic Studies, said by telephone. Or at least states « not directly threatened by it. »

While small Mideast states are trying to soothe their relations with Iran because of the country’s traction around the Persian Gulf, Morocco on the Atlantic coast is far from the tensions.

« It’s almost as if we’re seeing a polarization of the Arab world, » Cordesman said.

Moderate states and U.S. allies like Morocco, Egypt or Saudi Arabia are increasingly irked by Iran’s hard-line leadership, and worried by the political clout Tehran is gaining through the successes of the Shia or even Sunni groups it backs in Iraq, Lebanon and the Gaza Strip.

Morocco’s king entertains strong ties with other Arab sovereigns, including Bahrain’s sultan, whose legitimacy was recently questioned by Iran.

Pendant ce temps, la hasbara de la presse officielle ou officieuse marocaine continue: « Le courant chiite menace la stabilité de la société marocaine et met en danger sa cohésion« . Attendez-vous à des torrents de boue ces jours-ci.

PS: le site de l’ambassade du Maroc en Iran – relativement importante, puisqu’elle comptait neuf diplomates marocains – est toujours ouvert, pour l’instant.

Des camps d’entraînement du Hezbollah au Vénézuela, en attendant ceux du Hamas en Norvège…

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La presse mainstream est souvent prévisible. Ainsi cet article, déjà daté, du Los Angeles Times « Fears of a Hezbollah presence in Venezuela« . On y décrit, sur la base exclusive de renseignements de « Western anti-terrorism officials« , « Western government terrorism expert« , « Western anti-terrorism official [speaking] on condition of anonymity« , « U.S. Treasury Department » et « Western security official« , un terrifiant complot terroriste entre Hezbollah, Iran et Vénezuela (lesdits officiels ont oublié la Bolivie et l’Equateur dans leur check-list). Parmi les lourds éléments à charge, l’existence de vols d’IranAir de Téhéran à Caracas et le fait que les douaniers vénezuéliens ne tamponnent pas tous les passeports à l’heure de la sieste. La seule preuve de l’existence de camps d’entraînement du Hezbollah en Amérique Latine est sinon une déclaration de Matthew Levitt, membre du think-tank néo-con (je sais, le terme est passé de mode) et pro-israëlien Washington Institute for Near East Policy (la liste des membres du conseil d’administration de cet institut est édifiante).

Un dossier au moins aussi solide que celui des armes de destruction massive en Irak. Et en attendant des révélations sur les camps d’entraînement du Hamas en Norvège

Les musulmans unis contre le Hamas, selon le Wall Street Journal

Dans ces jours où on est plus proche des larmes que des rires, ça fait du bien de lire des articles comme celui du Wall Street Journal – un éditorial apparemment – intitulé « Muslims Against Hamas « . Lisez-le: Moubarak et un journal étudiant iranien sont jugés représentatifs de l’opinion « musulmane » (je ne sais pas trop ce que ce terme désigne):

The Israeli newspaper Haaretz reported this week that Egyptian President Hosni Mubarak had told a visiting delegation of European foreign ministers that Hamas « must not be allowed to emerge from the fighting with the upper hand. » The comment was later relayed by the Europeans to Israeli foreign minister Tzipi Livni. 

Ce sont les mêmes journalistes/éditorialistes qui s’obstinent à accréditer la thèse d’une menace iranienne contre les pays arabes sunnites, dans une resucée complaisamment orchestrée des guerres de religion qui ne sont apparemment pas toujours condamnables – du moins quand elles profitent à Israël. Il y a quand même un petit problème: ce n’est pas l’armée iranienne qui occupe le Golan, les fermes de Chebaa ou la Palestine.

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