L’Ordre du wissam alaouite décerné à « un blanc, blancos, white »

Hassan II avait reçu Jean-Marie Le Pen dans les années 90, Mohammed VI fait décerner une décoration à Manuel Valls en 2011.

Pour les incultes, Manuel Valls a:
annulé le 12 mars 2011 un débat public faisant suite à la projection du film « Gaza-strophe » de Samir Abdallah et Khéridine Mabrouk sur la guerre israélienne contre Gaza en 2009;
-déclaré face à une caméra, lors d’une promenade sur le marché d’Evry, ville dont il est le député-maire, confronté à la foule multicolore: «Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos… », phrase qu’il a par la suite affirmé assumer totalement;
soutenu l’idée d’une interdiction du voile islamique là où il y aurait des enfants, et notamment les crèches;
– voulu remettre « du porc et de l’alcool en rayon, et fissa! » dans une épicerie de sa ville passée à l’alimentation halal;
coupé, en février 2010, les subventions de l’association « Evry-Palestine »;
débordé Nicolas Sarkozy sur sa droite tout récemment au sujet des immigrés en provenance de Tunisie;
– a, en matière sécuritaire dont on sait combien elle est ethnicisée en France, « une posture populiste et autoritaire« ;
– une police municipale interdisant la vente de livres sur l’islam lors de brocantes;
exprimé son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’Union européeenne;
dénoncé, en 2011 (deux mille onze), l’influence du marxisme-léninisme au sein de la gauche française (si, si!);
signé une tribune qualifiant le boycott d’Israël d' »indigne« ;

Distinction
Le député socialiste Manuel Valls fait Commandeur du Ouissam alaouite
Le Matin du Sahara Publié le : 16.06.2011 | 17h39

Le député et maire socialiste français d’Evry (région parisienne), Manuel Valls a reçu mercredi soir des mains de l’ambassadeur du Maroc en France, El Mostafa Sahel, les insignes de Commandeur du Ouissam alaouite en reconnaissance de son engagement en faveur de l’amitié franco-marocaine et de son action pour l’intégration de ses administrés marocains.

Ce responsable en vue du Parti socialiste (PS-opposition) et candidat aux primaires pour l’élection présidentielle de 2012, s’est dit «touché et ému par le geste de S.M. le Roi Mohammed VI et très sensible à l’immense honneur que lui fait un pays ami».

Ce catalan d’origine, très attentif à une relation harmonieuse entre les deux rives de la Méditerranée et à la consécration des valeurs de liberté et de démocratie à l’heure du «printemps arabe», a assuré que le Maroc jouait, dans ce contexte, un «rôle tout à fait essentiel».

A ce titre, il a salué «le dynamisme, la croissance économique et l’évolution politique, culturelle et sociétale que S.M. le Roi est en train d’impulser».

«Ce qui se passe en ce moment au Maroc et ce qui se passera après la révision constitutionnelle est un élément très important, en termes d’exemplarité, pour les autres pays» de la région, a estimé Manuel Valls devant une assistance formée de ses camarades, d’élus, d’intellectuels et d’acteurs associatifs de la ville d’Evry, dont notamment le philosophe Marek Halter, le recteur de la grande mosquée d’Evry, le marocain Khalil Merroun et le rabbin de la ville.

Il a redit «l’immense honneur» qu’il ressent face à ce geste de la part d’un «Maroc ancré dans l’histoire et des Marocains qui ont marqué la terre d’où je viens», en référence à sa Catalogne natale et à l’Espagne, mais surtout au modèle de la Cordoue du temps de l’Andalousie en termes de tolérance et de convivialité entre les religions et les cultures qu’il veut promouvoir dans la ville d’Evry.

En faisant l’éloge du récipiendaire, El Mostafa Sahel a rendu justement hommage à l’action de M. Valls et son «engagement connu de tous pour la promotion d’un nouveau +vivre ensemble+ porteur de beaucoup d’espoirs», dans cette ville baptisée «capitale spirituelle» du département de l’Essonne.

Le jeune maire d’Evry est connu pour son combat, «dans une conception ouverte de la laïcité», pour «la cohabitation entre confessions différentes et pour prévenir les risques du communautarisme» dans cette ville où se côtoient la dernière cathédrale bâtie en France, où officie un évêque né à Rabat, une synagogue dont le rabbin est d’origine marocaine, une pagode bouddhiste et la Grande Mosquée dirigée par le marocain Khalil Merroun.

Le Maroc est sensible à cette démarche car il est à son tour «une terre de tolérance, où se côtoient pacifiquement juifs, chrétiens et musulmans, mais aussi une terre où se mélangent harmonieusement plusieurs cultures», a relevé l’ambassadeur avant d’évoquer la grande réforme des institutions lancée par le discours royal du 9 mars en vue de consacrer la démocratie et l’Etat de droit.

Et de souligner que la «consécration de la pluralité de l’identité marocaine occupe une place de choix» dans la révision constitutionnelle.

L’ambassadeur a salué par ailleurs l’esprit d’ouverture et de tolérance de M. Valls et rendu hommage à son action pour «une intégration harmonieuse des populations immigrés» dont notamment la communauté marocaine.
Durant son parcours politique, Manuel Valls a été notamment le très proche collaborateur de plusieurs hommes d’Etat français, notamment les anciens Premiers ministres, Michel Rocard et Lionel Jospin.

Par MAP

Je trouve finalement que Manuel Valls et l’Ordre du wissam alaouite se méritent.

Fraternité maghrébine: Manuel Valls s’est rendu à Alger en 2010 afin de donner une conférence sur « La gestion d’une grande ville de la région parisienne (Evry) : un exemple d’organisation multiculturelle » – sans doute a-t-il appelé à l’exportation de « blancs, whites et blancos » afin de rendre Alger plus multiculturelle. Et j’oubliais la Mauritanie, où il s’est rendu pour y louer la musique mauritanienne.

PS: puisque nous sommes en période de réforme constitutionnelle, je souhaiterais que l’octroi de décorations marocaines à des étrangers soit soumise à approbation parlementaire préalable.

Another extreme right-wing, racist party turns pro-Israel

Just read this on Bartholomew’s indispensable blog: the English Defence League, an islamophobic (they resent that assertion though) tinpot sect adding to the acronyms on the lunatic fringe of the British extreme right wing, is said to have taken part in a pro-Israel demonstration organised by the Zionist Federation of Great Britain and Ireland in front of the Israeli embassy in London on June 2, in support to the Israeli government’s handling of the Gaza flotilla affair:

There were about 2000 of us, including the EDL, JewishEDL set up by the wondrous Joe Bloggs who set up the LGBT EDL. (Juniper in the Desert)

The Jewish Chronicle denies this however:

Rumours that the English Defence League were planning to attend the demonstration appeared to be unfounded. One EDL member was spotted by protesters on the other side of the street but he did not join the throng (…) Israel Connect’s David Cohen expressed his relief that the EDL did not make an appearance, saying: “We wouldn’t have stood for it, and nor would the police or the CST.”(The Jewish Chronicle)

While the EDL’s participation in that particular demonstration is not averred, they otherwise bend over backwards to make public their devotion to Israel – mind you, even the neo-nazi BNP has made vociferous, pro-Israel noises. Their advances have been rejected by the mainstream Jewish organisations, however.

Nothing really new: they’re fond of Israeli flags (oddly enough – not many nationalist movements raise foreign flags) – for instance in Birmingham last September at on the rooftop of the Dudley mosque in April this year

The English Defence League displays its affection for Israel - Birmingham, September 6 2009

Two EDL militants on the Dudley mosque rooftop, April 30, 2010.

Well, if one is to judge by the haircut of their most enthusiastic supporters, some incredulity as to the EDL’s protestation against being labelled a racist and extreme right-wing party might be called for:

The English Defence League, which started in Luton last year, has become the most significant far-right street movement in the UK since the National Front in the 1970s. A Guardian investigation has identified a number of known rightwing extremists who are taking an interest in the movement – from convicted football hooligans to members of violent rightwing splinter groups.

Thousands of people have attended its protests – many of which have descended into violence and racist and Islamophobic chanting. Supporters are split into « divisions » spread across the UK and as many as 3,000 people are attracted to its protests.

The group also appears to be drawing support from the armed forces. Its online armed forces division has 842 members and the EDL says many serving soldiers have attended its demonstrations. A spokeswoman for the EDL, whose husband is a serving soldier, said: « The soldiers are fighting Islamic extremism in Afghanistan and Iraq and the EDL are fighting it here … Not all the armed forces support the English Defence League but a majority do. » (The Guardian)

 

The Guardian’s thorough investigation is damning – a must-read.

This recent phenomenon of extreme right-wing flirtation with Israel is a growing trend in Europe. The first populist and xenophobic right-wing politician to discard any hint of anti-semitism or fascist nostalgia and to openly embrace Israel was probably (1) Netherland’s Pim Fortuyn, who set the tone for the current trend: he was openly gay, secular, paid lip-service to gender equality and limited his xenophobia to Muslim immigrants. He’s been joined now – after his death – by his fellow countryman Geert Wilders and his PVV, Danish Pia Kjaersgaard and her Dansk Folkparti, while Filip Dewinter and his Vlaams Belang (formerly Vlaams Blok) and Jimmie Åkesson and his Sverigedemokraterna have had more trouble distancing themselves from a murkier past.

For these right-wing parties and politicians to embrace Israel – apart from the fact that it might reflect a personal choice – has of course the desirable effect of shielding them from electorally and mediatically lethal comparisons with their garrulous predecessors. Anti-semitism being the most universally rejected form of racism in Western Europe, being linked to the old ways of fascism is a considerable drawback for any party taking electoral competition seriously. France’s Jean-Marie Le Pen might be the odd  (2) here, but even he made a few moves towards Israel and the Jewish community – to the extent that the former chairman of the CRIF, the French Jewish community’s umbrella organisation, Roger Cukierman, hailed Le Pen’s stupendous score at the 2002 presidential elections as a « message » to France’s Muslim community « to keep quiet »

My previous posts on this subject:

Quand l’extrême-droite scandinave soutient Israël (« When the Scandinavian extreme right-wing supports Israel);

Nationale Sozialisten für Israel;

Le Vlaams Belang invité en Israël: “ « Still, Israel is in a crucial struggle and can’t be choosy with allies now” «  (« The Vlaams Beang invited to Israel: « Still, Israel is in a crucial struggle… »);

(1) Norway’s Carl I Hagen and his Fremskrittspartiet could possibly also make that claim, although more conservative than Fortuyn.

(2) Austria and Germany are other obvious exceptions.

Quand les islamophobes s’entretuent, il ne faut surtout pas les déranger

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Je suis tombé sur un excellent blog, « Gates of Vienna Vs. The World Vs. LGF – An Ongoing Blogging Soap Opera » (GOVVS), consacré aux hilarantes guerres sectaires entre bloggeurs islamophobes, dont les plus connus sont les blogs Gates of Vienna (qui trouve son nom de la bataille de Vienne lors de laquelle fût stoppée l’avance de l’empire ottoman en 1683) et Little Green Footballs, auprès desquels Caroline Fourest, Alain Finkielkraut ou Philippe Val font figure de dhimmis enturbannés. A l’apogée du bushisme, ces blogs étaient relativement influents, notamment auprès de la blogosphère lobotomisée de droite. Très vite, les tensions se sont fait apparaître entre deux philosophies, que dis-je deux ontologies politiques: ceux qui détestent les musulmans et ceux qui détestent les musulmans mais aussi d’autres métèques – reflètant ainsi la cassure au sein de l’extrême-droite française, traversée par deux profonds courants de pensée: ceux qui détestent les juifs plus que les arabes (Jean-Marie Le Pen) et ceux qui détestent les arabes plus que les juifs (Bruno Mégret et Philippe de Villiers).

Je vous passe les détails palpitants de cette guerre de titans de la pensée humaine, qui n’est pas sans évoquer la rivalité Raymond Aron/Jean-Paul Sartre, et vous renvoie à ce bref état des lieux, en vous laissant suivre les nombreux épisodes et rebondissements de cette étape fondamentale du parachèvement de la philosophie des Lumières, dont les concepts principaux sont Eurabia, dhimmitude et bombe démographique:

The Saga Continues
After a « Counterjihad Summit » held in Brussels and sponsored by an offshoot of the blog Gates of Vienna, the Center for Vigilant Freedom, a War of the Blogs has erupted. Centering on the objections of Little Green Footballs Commander in Chief, Charles Johnson, to the inclusion of Flemish separatist party Vlaams Belang in the Summit, this soap opera of posts, rebuttals, accusations, a rather strange rat, and increasingly unhinged comments continues unabated.

At stake, the « moral high ground » of anti-Islamic blogs, the leadership of the same, and the burning question of who will embarrass themselves the most in this exciting battle of the blogs. We will try to chronicle this here, but we will let the players speak in their own words for the most part. The continuation of the struggle will determine itself, to the amusement of most and the consternation of the few.

The Players:

Charles Johnson
Baron Bodissey

Dymphna
Pamela Geller/Atlas Shrugs
Conservative Swede
Christine

Mais vos lectures seraient incomplètes si vous ne passiez pas par le site Loonwatch – the mooslims! they’re here! lequel, comme son nom l’indique, est consacré à traquer les islamophobes (anglophones) sur Internet:

Loonwatch.com is a blogzine run by a motley group of hate-allergic bloggers to monitor and expose the web’s plethora of anti-Muslim loons, wackos, and conspiracy theorists.

While we find the sheer stupidity and outrageousness of the loons to be a source of invaluable comedy, we also recognize the seriousness of the danger they represent as dedicated hatemongers. And so, while our style reflects our bemusement, our content is fact checked and our sources well vetted making sure loonwatch.com is a reliable educational – if entertaining – resource on the rambunctious underworld of Muslim-bashing.
The folks featured on Loonwatch fit two or more of the following definitions:

Loon noun

1. a worthless lazy fellow
2. a person with confused ideas; incapable of serious thought [syn: addle-head]
3. large somewhat primitive fish-eating diving bird of the northern hemisphere having webbed feet placed far back; related to the grebes
Source: WordNet® 3.0, © 2006 by Princeton University.

And so, grab a cup of coffee and join us, won’t you, as we expose the trials and travails of the hatemongers in our midst: loons in the mist.

Petite sélection:
– « At (Civil) War with the Idiots he Created« ;
– « Anti-Muslim Blogoshpere Runs Amuck: Forced to Eat Crow« ;
– « The Blog Wars: Charles Johnson Takes on Robert Spencer for Associating with Extremists« ;
– « Pamela Geller Watch: Craziest Quotes of the Week« ;
– « Pamela Geller: The Looniest Blogger Ever« ;
– « Debbie Schlussel and the Great Blog Wars« ;
– « Robert Spencer Rejected by Academics: Still Supports Geert Wilders »

Les lecteurs qui endurent la lecture de ce blog depuis quelques temps déjà n’auront pas à regretter leur abnégation, puisque je les avais déjà introduit à la philosophie politique de l’islamophobie cybernétique étatsunienne par le biais d’Atlas shrugs (oui, le pseudo est débile, ce qui n’est guère étonnant puisque tiré d’un roman de la psychopathe libertaire Ayn Rand, plus chiante que Raël mais beaucoup plus étudiée et lue aux Etats-Unis que son confrère ne l’est en France, Michel Houellebecq mis à part). Ceci dit, je ne dirais pas non à sa prochaine activité au Texas: « an intimate evening with Pamela Geller« …
intimate evening with pamela geller

PS: voir aussi LGF Watch – The Original Stalker Site™, premier site à prendre pour cible Little Green Footballs.

Quand la hasbara néo-makhzénienne s’appuie sur un hoax grossier

hoax
Les tenants de la censure au Maroc font feu de tout bois ces derniers jours, de la déchéance de nationalité à l’excommunion en passant par les mille et une astuces de la rhétorique réactionnaire (il faudra y revenir, notamment sur l’imprécation sociale risible à l’encontre des critiques de la censure, trop aisés/éduqués/francophones/étrangers pour être légitimes, comme John Kerry en 2004). Le plus cocasse est de voir des tenants de la dénonciation du complot ourdi par l’étranger – la liste des suspects va de l’Algérie à la France (ennemie farouche du Maroc et de son régime comme chacun sait) – citer à l’appui de leur discours excommunicateur – le premier ministre français, François Fillon (si l’on comprend bien ce qui leur tient lieu de logique, penser la même chose qu’un Français c’est pas bien si cette pensée diffère de la leur, mais ça a valeur d’argument décisif si cette pensée est identique à la leur):

“Notre langue officielle est le français; pas l’Espagnol, le Libanais, l’Arabe, le Chinois, le Japonais, ou n’importe quelle autre langue. Par conséquent, si vous désirez faire partie de notre société, apprenez-en la langue ! La plupart des Francais croient en Dieu. Il ne s’agit pas d’obligation chrétienne, d’influence de la droite ou de pression politique, mais c’est un fait, parce que des hommes et des femmes ont fondé cette nation sur des principes chrétiens, et cela est officiellement enseigné. Il est parfaitement approprié de les afficher sur les murs de nos écoles. Si Dieu vous offense, je vous suggère alors d’envisager une autre partie du monde comme votre pays d’accueil, car Dieu fait partie de notre culture.’ > ‘Nous accepterons vos croyances sans poser de question. Tout ce que nous vous demandons c’est d’accepter les nôtres, et de vivre en harmonie pacifiquement avec nous.’ > ‘Ici c’est NOTRE PAYS, NOTRE TERRE, et NOTRE STYLE DE VIE. Et nous vous offrons l’opportunité de profiter de tout cela. Mais si vous en avez assez de vous plaindre, de vous en prendre à notre drapeau, notre engagement, nos croyances chrétiennes, ou de notre style de vie, je vous encourage fortement à profiter d’une autre grande liberté Francaise, ‘LE DROIT DE PARTIR..’ >

Je rappelle donc que ce discours est invoqué par des Marocain-e-s, souhaitant justifier vis-à-vis d’autres Marocain-e-s, la censure de Tel Quel et Nichane, ou dans certains cas se bornent à une condamnation qui vise moins le principe de la censure que les effets néfastes de celle-ci sur la réputation du régime et qui est alliée à une antipathie personnelle forte contre Ahmed Reda Benchemsi, le directeur de publication des deux hebdomadaires saisis. Ces Marocain-e-s qui invoquent ce discours le font parfois dans la même foulée d’imprécations lancées contre leurs contradicteurs, qui ont le malheur de dénoncer la censure, et qui sont dès lors accusés de ne pas être assez Marocain-e-s.

Ce n’est pas la première contradiction du discours des défenseurs de la censure, qu’on pourra qualifier de néo-makhzéniens pour les différencier des propagandistes d’Ancien régime comme Driss Basri ou Moulay Ahmed Alaoui. Parmi les autres contradictions, on notera qu’ils invoquent à l’encontre de compatriotes discutant d’un sujet de politique intérieure un prétendu discours d’un premier ministre français s’adressant à des étrangers, et plus particulièrement à des étrangers de confession musulmane, dans une tonalité qui n’est pas sans évoquer le « La France, tu l’aimes ou tu la quittes » cher à Le Pen – mais il ne faut pas s’attendre à trop de rigeur logique de la part de ceux qui s’appuient sur la censure pour faire taire leurs contradicteurs.

Mais le clou de cette histoire c’est bien évidemment que ce discours n’a jamais été tenu, du moins par François Fillon: pas besoin d’une équipe de police scientifique pour émettre des doutes sur l’authenticité de ce discours, qui semble avoir été écrit par une personne au front bas. Ainsi, le Libanais n’est pas une langue, la religion chrétienne n’est pas officiellement enseignée en France (hormis dans les départements concordataires d’Alsace-Moselle), et l’on voit mal un premier ministre français invoquer en 2007/2009 Dieu de la sorte – et je passe sur l’absence de source et de date donnés à ce discours. On peut ainsi apprendre sur le site Hoaxbuster que ce même discours a auparavant circulé sur le web en étant attribué à John Howard, l’ancien premier ministre australien, puis à un ministre québecois. D’ailleurs, l’intéressé lui-même a formellement dénoncé, sur son blog et le 2 mai 2009, le hoax malveillant dont il a été la victime:

Je dénonce un « hoax » détestable relayé sur le net
Depuis quelques semaines, la toile relaye des propos inacceptables sur les musulmans qui me sont attribués et qui se propagent sous forme de courrier électronique repris par plusieurs blogs. Je vous confirme qu’il s’agit d’un « hoax », en français un canular, détestable, en l’occurrence une fausse déclaration. Ce courrier circule en réalité dans le monde entier depuis plus d’un an et a déjà attribué ces propos à plusieurs dirigeants ou chefs de gouvernement étrangers. J’invite les internautes qui seraient susceptibles de croiser ce canular à le dénoncer. Le web ne doit pas être l’espace des mensonges et de la haine raciste. Ceux qui me connaissent savent que de tels propos sont aux antipodes de ce que je suis, de ce que je pense, de tout mon engagement politique républicain e humaniste.

François Fillon

Ceci n’est qu’un exemple de ce discours néo-makhzénien dans ce qu’il a de plus intolérant et xénophobe – une xénophobie sans étrangers puisque le débat contradictoire qui a lieu sur le web est quasi-exclusivement entre Marocain-e-s. Je conseille fortement aux chercheurs et enseignants en matière d’analyse du discours politique de répertorier les différents spécimens de rhétorique réactionnaire qui se déploient avec une certaine vigueur sur le web, il y a là une typologie à établir.

Hat-tip: Ayoub, qui m’a informé de ce hoax.

Addendum: Merci à Fhamator et Karim pour le lien vers l’éditorial de Rachid Nini d’Al Masae citant et prenant pour argent comptant ce hoax attribué à François Fillon.

Nationale Sozialisten für Israel

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La réalité dépasse toujours la fiction, et dans la lignée de mes précédents post sur le soutien de l’extrême-droite belge et scandinave à Israël je me suis rappelé, à la lecture d’un commentaire, d’une info que j’avais lue l’année dernière, sur la création d’un site allemande de nazis pour Israël (« Nationale Sozialisten für Israel« ). Certains ont cru – comme on les comprend – à un canular, mais les textes et illustrations postés sur le site semblent authentiques. Pour être honnête, l’ambassade israëlienne à Berlin n’a pas vraiment apprécié:

Ilan Mor of the Israeli Embassy in Berlin was appalled to learn of the story.

« We can handle our enemies just fine, but God save us from friends like these, » he said, calling the group « absolutely preposterous. »

On peut se demander si c’est si étonnant que ça: il y a bien eu des homosexuels homophobes, des femmes misogynes, des noirs et des arabes lepénistes, et des Palestiniens sionistes. S’agissant de nazis et d’Israël, il faut préciser qu’avant la réalisation du génocide juif, les autorités nazies avaient conclu un accord, dit accord de transfert (« transfer agreement » – voir le site du livre que lui a consacré Edwin Black – les trois premiers chapitres sont en ligne) avec les autorités sionistes de Palestine – représentées par l’Agence juive – consistant dans le « transfert » de juifs allemands en Palestine contre la cessation de la campagne de boycott anti-allemande initiée par les organisations juives de par le monde peu après l’élection de Hitler- environ 50.000 juifs allemands émigrèrent en Palestine sous le couvert de cet accord, qui prit fin en 1938. L’émigration de juifs allemands vers la Palestine était alors considérée comme une solution au prétendu « problème juif« . Paradoxalement, c’est l’architecte de la solution finale, Reinhard Heydrich, qui fût l’artisan de cet accord de transfert du côté nazi, quelques années avant de planifier et mettre en oeuvre le génocide (1).

Plus loin encore dans l’absurde, il s’avère qu’Israël a de sérieux problèmes avec des néo-nazis israëliens, presque tous issus de l’immigration russe – nombre des immigrés russes, juifs au sens légal – israëlien – du terme, ne le sont pas au sens sociologique, assimilation soviétique/russe aidant. Citoyens israëliens cependant, il a été évoqué la possibilité de leur retirer leur citoyenneté israëlienne, obtenue sous le couvert de la loi du retour, et de les expulser.

Dans le même ordre d’idées, la guerre contre Gaza a intensifié les efforts du parti d’extrême-droite britannique British National Party de se débarasser de son lourd passé antisémite, en faisant bien sûr de la surenchère sur la défense d’Israël et des actions militaires menées à Gaza, comme le révèle Max Blumenthal, qui souligne par ailleurs que si la communauté juive britannique a pris ses distances, l’ambassade d’Israël garde le silence sur cet embarassant soutien.

Le cas du British National Party est en effet assez exemplaire. Son leader, Nick Griffin, défendait publiquement des thèses négationnistes au sujet du génocide juif. Au lendemain de la guerre contre Gaza, s’il semble se laver les mains de la guerre dans un bout de désert, comme il l’écrit, c’est pour conclure que la surive d’Israël (comme si cette survie était menacée) est dans l’intérêt national de la Grende-Bretagne: « Thus while we would oppose any move to entangle Britain in war on behalf of Israel, it is in our clear national interest that it should survive« .

Il a explicitement assumé sa conversion, et les raison qui l’y ont amené:

« It stands to reason that adopting an ‘Islamophobic’ position that appeals to large numbers of ordinary people – including un-nudged journalists – is going to produce on average much better media coverage than siding with Iran and banging on about ‘Jewish power’, which is guaranteed to raise hackles of virtually every single journalist in the western world. »

Pour être honnête, les pro-palestiniens ont également quelques poux antisémites dans leurs cheveux – on peut penser à Jean-Marie Le Pen, Alain Soral et Dieudonné. Les options du Front National sont assez pragmatiques: le 24 décembre, le Front National « condamne l’agression militaire d’Israël contre le gigantesque camp de concentration qu’est devenu Gaza« ; le 12 janvier, le ton est légèrement différent:

« la manifestation pro-Hamas de Perpignan, soutenue et encadrée par la gauche, les Verts, les communistes et l’extrême-gauche a dégénéré. Le saccage et le pillage de nombreux commerces et l’agression de nombreux clients de ceux-ci démontrent une nouvelle fois que l’exploitation par la gauche radicale et certaines associations communautaristes du conflit israélo-palestinien, conduit à des violences et des menaces dangereuses pour la paix civile »

Le même jour, ces belles paroles:

lundi 12 janvier 2009
Ne pas importer le conflit ?

Communiqué de presse de Jean-Marie LE PEN

« Il ne faut pas laisser importer en France les conflits du Proche-Orient », disent, en une touchante unanimité, de nombreux responsables politiques et gouvernementaux.

Mais il fallait commencer par ne pas importer des millions d’immigrés qui par leur culture et leur religion se sentent solidaires du Hamas, quoi que l’on pense par ailleurs de ce qui se passe à Gaza.

Ce qui est en cause n’est pas l’importation d’un conflit, mais l’importation de populations non assimilables, qui restent étrangères, voire hostiles à la France, comme les manifestations de samedi l’ont rudement montré.

Au lieu de se payer de mots, il faudrait d’abord arrêter cette importation et renverser le flux de l’immigration, qui continue de déferler sur notre sol.

Je disais avant, du temps où Le Pen et Mégret cohabitaient au sein du Front National, que le Front était traversé de deux puissants courants de pensée: ceux qui détestent les juifs plus que les arabes et ceux qui détestent les arabes plus que les juifs. On voit comment, entre le 24 décembre et le 12 janvier, le Front National réussit à faire la synthèse.

(1) Méfiez-vous de ce que vous trouverez via Google sur ce sujet – 90% des liens vont vers des sites négationnistes ou nazis…

Quand l’extrême-droite scandinave soutient Israël

Les personnes les plus fermées aux choses de l’esprit n’ignorent pas les racines historiques et idéologiques de l’extrême-droite européenne. Les dix dernières années offrent cependant le spectacle intéressant d’une profonde évolution: l’antisémitisme s’est mué en sionisme, ou du moins en soutien affirmé à Israël. Cette évolution n’est pas forcément inconnue dans les annales, même si elle s’est parfois faite en sens contraire (voir l’ouvrage de Lenni Brenner, « Zionism in the Age of Dictators« , accessible en version intégrale ici). J’en ai déjà parlé: en Belgique, le Vlaams Belang, successeur du Vlaams Blok créé par un ancien SS flamand, se proclame meilleur allié d’Israël en Belgique. En Italie, le post-fasciste Gianfranco Fini s’est rendu à Yad Vashem, le maire post-fasciste de Rome Gianni Alemanno – de même en Roumanie et au Royaume-Uni.

Nul besoin de PhD en political science pour en comprendre les raisons: l’antisémitisme est désormais très minoritaire dans la grande majorité des pays d’Europe – occidentale du moins. Passez pour antisémite et une mort politique est généralement inévitable (il y a des exceptions, comme Le Pen en France et Haider en Autriche, mais là aussi des tendances se manifestent pour se débarasser des remugles antisémites, et atteindre des nouvelles catégories d’électeurs, rétifs à l’idéologie réactionnaire de l’extrême-droite et son traditionalisme en matière de misogynie, d’homophobie et d’antisémitisme, mais sensibles à des mots d’ordre islamophobes et/ou xénophobes). La xénophobie en général, et l’islamophobie en particulier

La récente guerre israëlienne contre Gaza confirme cette tendance, déjà relevée par d’autres observateurs (voir par exemple l’intéressante étude « Learning to love the Jews: the impact of the War on Terror and the counter-jihad blogosphere on European far right parties » de Toby Archer sur le rapprochement entre bloggeurs islamophobes et pro-israëliens d’une part, et extrême-droite d’autre part): la nouvelle extrême-droite européenne est représentée par des quadras mangeant du suhi, buvant du Sancerre et ayant, comme le vice-président du parti xénophobe suédois Sverigedemokraterna (les Démocrates de Suède) Tony Wiklander, une fille adoptive d’origine indienne ou, comme feu Pim Fortuyn, des moeurs homosexuelles affichées.

Cette démarche, consciente chez ces dirigeants en recherche d’une respectabilité – l’antisémitisme la rend impossiblie, alors que la simple islamophobie n’est pas un obstacle – les amène à montrer patte blanche de la manière la plus efficace qui soit: se montrer pro-israëlien (même Le Pen s’y est essayé, mais chez lui, le naturel a repris le dessus). En Norvège, en Suède et au Danemark, cela s’est vérifié avec la récente guerre d’agression israëlienne contre Gaza.

En Norvège, le parti xénophobe Fremskrittspartiet (Parti du progrès, 22,1% des voix et 38 sièges sur 169 au Storting aux élections de 2005, ce qui en fait le deuxième parti de Norvège), a ainsi voulu manifester, par le biais de sa présidente Siv Jensen, aux côtés des partisans d’Israël à Oslo, mais a dû y renoncer par peur des violences supposées des contre-manifestants – mais on peut également penser que les organisateurs de la manifestation ne souhaitaient pas d’un appui si encombrant alors que l’opinion norvégienne s’est mobilisée comme aucune autre opinion publique européenne, galvanisée par les témoignages des deux chirurgiens norvégiens à Gaza, Mads Gilbert et Erik Fosse (un politologue estime d’ailleurs que Fremskrittspartiet perdra des voix en raison de ce soutien affirmé à Israël).

Au Danemark, le Dansk Folkeparti (Parti populaire danois qui fait 13,8% des voix aux législatives de 2007 et 25 sièges sur 179 au Folketing) parti xénophobe qui fait partie de la majorité parlementaire – mais sans sièger au gouvernement d’Anders Fogh Rasmussen – depuis 2001, a ainsi déclaré, par son député Søren Espersen, qu »Israël a le droit de résister, que Hamas est un groupe terroriste, et que l’armée israëlienne n’a pas réagi de manière disproportionnée« .

En Suède, les Sverigedemokraterna (les Démocrates de Suède, 2,9% aux législatives de 2006, aucun siège au Riksdag – une courte présentation en français est disponible sur leur site) sont également depuis quelques années officiellement et fermement pro-israëliens (du moins aux échelons supérieurs du parti – le secrétaire du parti, Björn Söder, s’affirme ouvertement ami d’Israël sur son blog), une évolution qui a contraint le leadership du parti à se débarasser de membres fondateurs qui ont eu du mal à suivre ce rythme évolutif, principalement mû par des considérations électorales. Leurs leaders semblent ne pas avoir digéré le buffet de Noël, même si leur prise de position ne fait aucun doute – les Sverigedemokraterna avaient soutenu sans état d’âme la guerre d’Israël au Liban de 2006 et célébré les 60 années d’Israël en 1948. Leur revue de presse note l’affirmation d’un professeur israëlien selon laquelle la Suède serait hostile à Israël – les commentaires partagent majoritairement ce constat pour le déplorer. Dans son dernier billet sur son blog, le président du parti, Jimmie Åkesson, s’inquiète des 30 suédo-palestiniens rapatriés de Gaza – qui paie leur retour, ont-ils vécu d’aides sociales suédoises à Gaza, comment ont-ils obtenu la nationalité suédoise, si ce sont des réfugiés comment ont-ils pu alors retourner à Gaza, etc…

Des Sverigedemokrater parmi les partisans d'Israël

Des Sverigedemokrater parmi les partisans d'Israël


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L’artisan de cet effort de rapprochement notable – historiquement, la très marginale extrême-droite suédoise a toujours été sous l’emprise du nazisme, contrairement à d’autres pays européens qui ont connu une extrême-droite moins marquée idéologiquement (comme la Norvège et le Danemark, par exemple) – n’est autre que le lauréat du prix Herzl 2006, Ted Ekeroth (son blog est ici), prix qui lui a été décerné par la World Zionist Organisation – elle a toutefois regretté son geste lorsque son affiliation politique a été rendue publique. Il a créé une association pro-israëlienne, FIDIM (För Israel och Demokrati i Mellanöstern – Pour la Paix est la Démocratie au Moyen-Orient – leur site est ici).

Les extrêmes se rencontrent.

Le Vlaams Belang invité en Israël: « Still, Israel is in a crucial struggle and can’t be choosy with allies now »

Suite à l’amicale pression de commentateurs qui trouvent que je ne parle pas assez de Palestine, je comptais vous rendre rapidement compte de l’invitation d’un député d’extrême-droite Ariyeh Eldad (il représente le parti révisionniste – au sens sioniste du termeMoledet à la Knesset), à l’idéologie proche d’un David Duke ou du bien-nommé Eugène Terre-Blanche, adressée au parti séparatiste et raciste belge (ou plutôt flamand) Vlaams Belang.

Background: le Vlaams Belang est le nouveau nom dont s’est affublé l’ancien Vlaams Blok après qu’un tribunal belge l’ait considéré comme étant anti-démocratique, et donc non-susceptible de recevoir le financement public dû à tous les partis belges représentés au parlement. Afin de pouvoir continuer à toucher le pactole – au passage, ce pactole leur est versé par un Etat dont ils souhaitent la disparition… – le Vlaams Blok se saborda et se reconstitua en Vlaams Belang. Les personnes sont les mêmes et le programme est en substance identique à l’ancien, fondé sur le triptyque indépéndance de la Flandre, xénophobie et islamophobie. Il faut savoir, pour être complet que l’un des fondateurs du Vlaams Blok était l’ancien SS Karel Dillen, resté fidèle à ses « idéaux » de jeunesse jusqu’à sa mort. De fait, l’ancienne génération du séparatisme flamand est marquée par la présence d’un nombre considérable d’anciens collaborateurs pro-nazis durant l’occupation allemande, favorable au nationalisme flamand même si le collaborateur belge le plus célèbre de la période fût le francophone Léon Degrelle. Et ce n’est pas peu dire que la politique du parti s’en ressent encore aujourd’hui

En l’occurence, le flirt entre les séparatistes racistes du Vlaams Belang n’est pas de fraîche date, et son leader actuel, Frank Vanhecke, se décritj’en ai déjà parlé – comme un des plus fermes défenseurs d’Israël. L’invitation en question, pour un sommet « anti-jihad » devant se tenir à Al Qods (Jérusalem), semble être entourée d’incertitude, puisque si le chef spirituel du Vlaams Belang, Filip Dewinter, confirme publiquement son existence, le secrétariat d’Ariyeh Eldad semble embarassé et ne confirme pas l’existence d’une telle invitation – mais l’intention y est:

Eldad said last month he would consider inviting Vlaams Belang to Jerusalem. « Theoretically, I would, » he said when queried. « On paper, Vlaams Belang is so pro-Jewish it should chair the conference, but we’re aware of its problematic aspects, » he added. « Still, Israel is in a crucial struggle and can’t be choosy with allies now. » Eldad said he organized the event due to take place on Sunday because of this urgency.

Effectivement, il ne faut pas faire la fine bouche pour s’allier avec un Filip Dewinter, qui a cependant fait une danse du ventre obstinée et sans ambiguïté:

Indeed, during recent years, Dewinter has made himself into Israel’s « No. 1 Belgian friend » and he is now interested in making an official visit. (…)

« I’m interested in visiting Israel, » Dewinter says in the interview. « First of all, from a geopolitical point of view. We in Western Europe should realize that our allies are not in the Arab or Muslim world, but rather in Israel. This is not just because we have a common civilization and values, but also to balance out the Islamic forces in the Middle East that are getting stronger. The State of Israel is a sort of outpost for our Western society, an outpost of democracy, of freedom of speech, of protecting common values within a hostile environment. You are surrounded by Islamic states, some of them fundamentalist, which are interested in only one thing: to throw the Jews into the sea.

« I also think that Islam is now the No. 1 enemy not only of Europe, but of the entire free world. After communism, the greatest threat to the West is radical fundamentalist Islam. There are already 25-30 million Muslims on Europe’s soil and this becomes a threat. It’s a real Trojan horse. Thus, I think that an alliance is needed between Western Europe and the State of Israel. I think we in Western Europe are too critical of Israel and we should support Israel in its struggle to survive. I think we should support Israel more than we do because its struggle is also very important for us. »

But Dewinter admits that he wants to visit Israel for other reasons. « It’s very important to me as leader of a right-wing national party [he rejects defining the party as « far right » – A.S.] to say that we respect the State of Israel and the Jews. To all of those who regard us as neo-Nazis, we say: `No, we want good relations with the Jews.’ We should distance ourselves from all of those individuals and groups with anti-Semitic tendencies and from Holocaust deniers. I have no connection with these things. Because I am a leader of a right-wing party, some of the Jewish leaders in Antwerp do not believe that I am sincere. They think that this is a pose, that I am doing this to avoid being regarded as a neo-Nazi and that I am afraid they will call me a fascist. I’m interested in visiting Israel to express my affinity, but also to prove that I’m sincere. »

On peut comprendre la perplexité d’observateurs peu au fait de la distinction entre antisionisme et antisémitisme: un parti fondé initialement par un Waffen SS, invité par un membre, juif qui plus est, de la Knesset, voilà de quoi surprendre. C’est oublier qu’aux yeux des gouvernements israëliens, être anti-sémite est un pêché mineur comparé au pêché majeur que constitue la critique de l’Etat d’Israël et de ses politiques, qualifiée d’anti-sionisme. Je ne mentionnerai même pas le cas de l’Arabie séoudite, allié objectif d’Israël au Moyen-Orient aujourd’hui, et dont l’approche du dialogue inter-religieux n’est sans doute pas près d’atteindre les standards posés par le Centre Wiesenthal ou l’Anti-Defamation League. 

En Italie, le post-fasciste Gianfranco Fini, leader d’Alleanza Nazionale, qui avait autrefois qualifié Benito Mussolini de plus grand personnage politique du XXe siècle avant de tourner casaque, a résolument pris un virage susceptible de faciliter sa « normalisation » politique en Italie et à l’étranger, aujourd’hui très largement acquise. Il faut dire qu’il avait fait des efforts louables pour montrer patte blanche, en déclarant récemment que le fait de brûler des drapeaux israëliens était plus grave que le meurtre d’une victime d’un gang néo-nazi, et pouvait se targuer d’avoir été reçu par Sharon. 

L’ancienne députée de son parti, et petite fille du Duce, Alessandra Mussolini, désormais membre du parti berlusconien Il Popolo della Libertà, qui avait dit au sujet de Fini qu’il ferait circoncire les membres de son parti afin de partir en pélérinage en Israël, avait également fini par voir la lumière:

« Not only Gianfranco Fini, but the entire world, including the Vatican and the pope, should beg forgiveness of Israel »

De même, le maire post-fasciste de Rome, Gianni Alemanno, qui décrit le fascisme et la République de Salo en des termes nostalgiques, a réussi a attiré une partie du vote juif romain en raison de son appui sans faille à Israël, et s’est acheté un certificat de virginité en visitant Auschwitz et surtout en déclarant que « défendre Israël c’est défendre l’Occident« .

En Grande-Bretagne, le British National Party, aux racines explicitement fascistes et antisémites, a tenté aussi récemment de redorer son blason en faisant profession de foi pro-israëlienne, notamment lors de la guerre du Liban d’août 2006. Et même l’antisémite chevronné qu’est Le Pen avait tenté de tromper son monde, en affirmant son soutien à Israël, pas plus tard qu’en 2002 (« Israel? An extraordinary challenge in the world history of a people that is trying to reconquer its homeland« ), et en se faisant publiquement adouber par Roger Cukierman, alors président du CRIF: « Le Pen’s triumph: a message to Muslims to keep quiet« .

En Roumanie, le leader du parti d’extrême-droite Romania Mare, Vadim Tudor, a lui aussi entamé un revirement exprès, après s’être fait une spécialité dans des déclarations anti-sémites (« I love Jesus Christ too much not to think every day about those who humiliated Him, those who stoned Him, those who crucified Him and those who hammered nails into Him. The Jews did this. The Jews of 2,000 years ago, the Jews of all times« ). Il a pris un conseiller politique israëlien proche de Likoud et a opéré une volte-face qui réconfortera les incurables optimistes, tout en gardant un arrière-goût très particulier:

What is there in the 2004 model Tudor? First of all, his almost mythic belief in the power of the Jews, the United States and Israel and their influence on the entire world and Romania in particular: « It is clear that no one can do anything in a state like Romania without American or Israeli advice, » he says. « I will relate to what these advisers say. I will appoint a prime minister who will be acceptable to the West, » he promises. « If needed, if I get a hint, if someone’s name is given to me – I will agree to him. Because then I will know that some of the problems that have to do with the international community will be solved immediately upon his appointment. »

The recognition of Israel’s power led him to retract his previous opposition to American involvement in the Persian Gulf. « Israel’s security played a role in the American strategy. You have to recognize this and be proud of this. Those who should fear are those who do not take into account this people, which was really chosen by God, » he affirms. « Look what happened to Hitler. His regime could have lasted for 100 years through an awesome military and propaganda machine. It lasted for only 12 years. God smote him very quickly because he bullied the wrong people. »

Cette tendance, selon laquelle des antisémites réels ou passés recoivent l’absolution en raison de leur soutien au gouvernement israëlien, a déjà été relevée par Arthur Neslen – « When an anti-semite is not an anti-semite« , qui souligne qu’Albert Einstein, Gandhi et Ehoud Olmert pouvaient être considérés comme anti-sémites en appliquant l’aberrante définition retenue par des experts du l’Agence européenne pour les droits fondamentaux (ex-EUMC), mais rejetés par la suite après la levée de boucliers – il était notamment apparu que la définition avait été basée sur une suggestion d’un lobbyiste pro-israëlien, Kenneth S. Stern. Et la presse israëlienne elle-même relève – « It’s no longer the Jews » – que l’extrême-droite européenne, en Autriche, en Italie et ailleurs, ne se nourrit plus tellement d’antisémitisme, mais plutôt de xénophobie – il faudrait y rajouter l’islamophobie – ce constat, qui est une évidence, s’impose également au think-tank pro-israëlien et néo-con Middle East Forum, fondé par l’islamophobe Daniel Pipes.

Mais comme le dit Ariyeh Eldad: you can’t be choosy with allies.

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