Selon Bakchich, le TGV du plubopaysdumonde est en passe de dérailler

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Un bel éléphant blanc en perspective, que ce TGV que le Maroc n’a pas les moyens de se payer. Bakchich le révèle avec des détails qui augurent très mal:
– la SNCF, qui doit réaliser les études préalables indispensables à la réalisation du projet, pour un montant de 75 millions d’euros correspondant à un don français, a gonflé son devis – guère étonnant, puisque ce marché d’études a été attribué, tout comme le marché global du TGV, en gré-à-gré et donc sans appel d’offres, c’est-à-dire sans appel à la concurrence, la France n’étant tout de même pas le seul constructeurs de trains rapides;
– la France va tant bien que mal trouver environ 825 millions d’euros de prêt – aux conditions très avantageuses (prêt sur 60 ans, dont 20 ans de moratoire de remboursement, à taux bonifié) pour financer le projet, estimé de manière exagérément optimiste à 1,875 milliards d’euros – le premier rail n’a pas encore été posé que le coût est déjà majoré de 25%, pour un montant global révisé de 2,3/2,4 milliards d’euros;
– la banque européenne d’investissement aurait été sollicitée pour un prêt d’un montant de 500 millions d’euros;
– il resterait donc environ 1 milliard d’euros à trouver pour l’Etat marocain, en étant excessivement optimiste sur l’absence de surcoût des travaux et équipements à la livraison, ce qui confine à du déni de réalité

C’est comme si c’était fait.

Ah, j’entends des nihilistes qui s’interrogent sur le coût du billet de TGV Tanger-Casa (a clue: pour Paris-Bruxelles a/r, ça tourne autour de 150 euros) et se demandent le pour mille de la population marocaine qui pourra se le payer.

Quoiqu’il en soit, les Marocains seront sans doute heureux d’apprendre que les milliards que le régime de Mohamed VI veut dépenser dans le rail s’adressent surtout aux nantis, aux business man et aux touristes, clientèle visée par le TGV. Pour convaincre les 27, le régime a tenu à glisser dans le dossier la carte d’un réseau à grande vitesse rêvé. Avec un tunnel, les villes espagnoles et marocaines ne seraient qu’à quelques heures de TGV. Même un proche du dossier souligne « l’aberration économique du projet de grande vitesse ferroviaire marocaine. Etant donné que le niveau de vie privera le gros de la population de l’accès à un TGV, on voit mal comment la seule clientèle des riches et des touristes arrivera à rentabiliser le premier tronçon Tanger Kenitra ». Au risque de jeter de l’huile sur le feu, un observateur espagnol estime que l’Algérie s’y prend mieux en modernisant le réseau ferroviaire existant pour porter sa vitesse à 200 km/h.

D’autres esprits chagrins, à la solde de Bob Ménard, Moulay Hicham et du réseau Belliraj, se demandent également ce qu’il adviendra du frêt, généralement non prévu sur le TGV français que les décideurs marocains ont décidé de s’offrir, et s’interrogent sur les projets pharaoniques prévus pour relier Tanger à Agadir par TGV:

Fin mars, les autorités marocaines ont même remis un petit coup de pression. Le directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF), Rabie Khlie, a détaillé les projets pharaoniques que prévoit le Maroc pour ses sujets. Casablanca et Tanger relié à 300 km/h au plus tard en 2014 après 1,7 milliards d’euros de travaux. Puis en 2030, Tanger relié à Agadir à coup de 9 milliards supplémentaires.

Des prêcheurs de haine se demandent enfin si le TGV n’a pas été acheté pour impressionner Jodie Foster, permettre aux ministres et ambassadeurs itinérants du plubopaysdumonde de dire que « le Maroc est le premier pays arabo-islamo-africain à avoir le TGV« , ou enfin de narguer Dubaï.

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