C’était le temps où des boîtes de conserve et une tente deux places semblaient être un meilleur placement que les banques

Il arrive des fois qu’on tombe sur des journalistes avec le sens de la formule – ici, Andreas Cervenka du quotidien suédois Svenska Dagbladet au sujet de la crise financière qui dure depuis 2008:

Minns ni vintern 2009? Det var då konserver och ett stryktåligt tvåmannatält under några mörka veckor faktiskt framstod som ett bättre placeringsalternativ än de flesta banker. Armageddon kändes nära. Ordet nyemission var för Europas bankchefer en lika självklar del av vardagen som slipsen. Två år senare framstår det mer som en ond dröm än verklighet.

Den som idag sitter och surar i ett fuktigt tält med rester av burkravioli runt munnen känner sig nog rätt dum bredvid grannen som belånade huset och köpte bankaktier för pengarna.

Traduction:

Vous vous rappelez de l’hiver 2009? C’était le temps où, l’espace de quelques semaines, des boîtes de conserve et une tente deux places semblaient être un meilleur placement que les banques. L’Armageddon semblait proche. Les mots « augmentation du capital » faisaient autant partie du quotidien d’un banquier que sa cravate. Deux ans plus tard, ceci apparaît désormais plus comme un cauchemar que comme une réalité.

Celui qui est assis aujourd’hui à faire la gueule dans une tente humide avec des restes de raviolis en conserve autour de la bouche doit se sentir bête à côté du voisin qui a hypothéqué sa maison et qui a acheté des actions dans des banques avec l’argent.

Nicely put!

Wieviel Dekolleté darf eine Kanzlerin zeigen?

Pour ceux qui ne comprendraient pas la langue de Goethe et de Horst Hrubesch, voici donc la question existentielle qui taraude la presse allemande – et européenne. Le réflexe du bon féministe serait de dire que l’intérêt pour le décolleté de la chancelière Angela Merkel – intérêt aussi bien de l’infect tabloïd Bild au très conservateur quotidien de qualité Die Welt – dénote le machisme de ceux qui en font la remarque. Un commentaire plus juste, de la chroniqueuse Elisabeth Binder du Tagesspiegel est de conclure que « In Deutschland ist nicht nur zum ersten Mal eine Frau Kanzlerin geworden, sondern auch eine Kanzlerin Frau » – « en Allemagne, ce n’est pas seulement la première qu’une femme est devenue chancelière, mais la première fois aussi qu’une chancelière est devenue femme » – soulignant que la chancelière ne s’est pas cachée d’être aussi une femme.

Ce n’est pas la première fois qu’une femme, ministre ou parlementaire, doive s’expliquer sur son décolleté – la ministre britannique de l’intérieur Jacqui Smith et la sénatrice étatsunienne Hillary Rodham Clinton ont récemment suscité des réactions identiques.

Mais l’honnêteté impose de noter que l’habillement de politiciens masculins fait régulièrement l’objet de remarques, même si l’aspect sexuel est rarement présent: des chaussettes trouées de l’ancien ministre socialiste français Pierre Bérégovoy à celles de Paul Wolfowitz visitant une mosquée turque, en passant par les implants capillaires de Silvio Berlusconi, les talonnettes de Nicolas Sarkozy, les vestes vertes de Jack Lang, la combinaison moulante de George Bush ou la tenue trop décontractée de Fredrik Reinfeldt, le premier ministre suédois, en visite officielle à Pékin, les exemples sont nombreux.

Finalement, c’est sans doute moins du machisme que du crétinisme journalistique – mais que dire alors du crétinisme d’un bloggeur qui consacre tout un post à une question aussi débile?

Allez, je vous laisse, je m’en vais rédiger un billet sur le droit hypothécaire letton en guise de pénitence…

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