Plus haredi que le rabbin Loubavitch…

Je m’amuse pas mal ces derniers temps, après la semaine noire de la politique moyen-orientale étatsunienne, qui a vu:

1-L’annonce officielle de négociations indirectes entre Israël et la Syrie au sujet d’une paix éventuelle incluant le retour du Golan occupé à la Syrie (1), quelques jours après le discours de Bush devant le parlement israëlien condamnant tout dialogue avec « des dictatures et des terroristes« , termes qui désignent dans le langage courant les Etats et les courants politiques qui se distinguent non pas par le seul usage de la violence et de la répression, mais par l’usage de la violence et de la répression dans un sens contraire à celui de la politique étrangère étatsunienne.  

2- L’annonce officielle de négociations entre Israël et le Hamas dans le même laps de temps – là encore, pas d’optimisme débridé.

3- La fessée déculottée du bloc du 14 mars (Hariri, Jumblatt, Ja’ja) au Liban, confirmée par les accords de Doha, laquelle fessée déculottée a placé en position difficile les alliés les plus inconditionnels des Etats-Unis au Liban, déçus que l’armée étatsunienne ne soit pas intervenue contre le Hezbollah – le rôle du gouvernement étatsunien semble effectivement difficile à cerner.

4- Un éditorialiste étatsunien, connu pour sa proximité avec Israël, ancien chroniqueur du Jerusalem Post (journal de tendance Likoud), reconnaît que ça va un peu loin:

The unsentimental analysis of men like Mr. Olmert and Mr. Barak came to mind this week as I spoke to Barack Obama about his views on Israel. He spoke with seemingly genuine feeling about the post-Holocaust necessity of Israel; about his cultural affinity with Jews (he may be the first presidential candidate to confess that his sensibility was shaped in part by the novels of Philip Roth); and about his adamant opposition to the terrorist group Hamas. He offered some mild criticism of the settlement movement (“not helpful”) and promised to be unyielding in his commitment to Israeli security.

There are some Jews who would be made anxious by Mr. Obama even if he changed his first name to Baruch and had his bar mitzvah on Masada. But after speaking with him it struck me that, by the standards of rhetorical correctness maintained by such groups as the Conference of Presidents and the American Israel Public Affairs Committee, or Aipac, Mr. Obama is actually more pro-Israel than either Ehud Olmert or Ehud Barak. (To say nothing of John McCain and President George W. Bush, who spoke to the Knesset last week about external threats to Israel’s safety but made no mention of the country’s missteps.)

This is an existentially unhealthy state of affairs. I am not wishing that the next president be hostile to Israel, God forbid. But what Israel needs is an American president who not only helps defend it against the existential threat posed by Iran and Islamic fundamentalism, but helps it to come to grips with the existential threat from within. A pro-Israel president today would be one who prods the Jewish state — publicly, continuously and vociferously — to create conditions on the West Bank that would allow for the birth of a moderate Palestinian state. Most American Jewish leaders are opposed, not without reason, to negotiations with Hamas, but if the moderates aren’t strengthened, Hamas will be the only party left.

Comment dit-on plus catholique que le pape en hébreu?

(1) Ne révez pas les yeux ouverts cependant: Comme d’habitude, Israël est très peu disposé à la moindre concession sérieuse.

Accord de Doha sur le Liban – cherchez l’erreur…

L’International Herald Tribune, qui n’est pas à proprement parler un brûlot antimpérialiste, titre « Lebanon agreement shifts power to Hezbollah« :

An agreement reached by Lebanese political factions early Wednesday amounted to a significant shift of power in favor of the militant Shiite group Hezbollah and its allies in the opposition, who won the power to veto any cabinet decision.

The sweeping deal to form a new government promised an end to 18 months of crippling political deadlock here, and underscored the rising power of Iran and Syria, which have backed Hezbollah in a proxy battle against the governing coalition and its American and Saudi allies.

Les fins connaisseurs goûteront le ton nouveau de Walid bey, qui tranche quelque peu avec celui qu’il avait il y a quelques semaines:

« We avoided civil war, » said Walid Jumblatt, a key leader of the governing coalition. He added that the agreement calls for a future dialogue on weapons, a clause that he and other government leaders hope will eventually allow them to raise the controversial issue of Hezbollah’s arsenal.

Là où il est permis d’esquisser un sourire c’est quand on lit la réaction de la Médi 1 étatsunienne, à savoir Voice of America, réaction – « US Welcomes Lebanon Agreement » – qui pourrait dérouter de prime abord:

The Doha agreement gives the Lebanese opposition, led by Hezbollah, veto power in a new cabinet and does not call for the Iranian-backed militia to disarm.

But U.S. officials say the deal does end the stalemate over electing a new president, and is far preferable to the possible alternative, a new round of Lebanese civil warfare.

The officials also say that Hezbollah, and by extension its Iranian and Syrian sponsors, sustained political damage in the Arab world when the militant Shiite group attacked government supporters in Beirut earlier this month.

Assistant U.S. Secretary of State for Near Eastern Affairs David Welch told reporters the deal in Qatar is a welcome development, and what he termed a necessary and positive step toward fulfilling the Arab League initiative on Lebanon, starting with the anticipated election Sunday of army chief Michel Suleiman as president.

Comment on dit « shit-eating grin » en arabe?

Pour mémoire, les Etats-Unis ont déclaré Hezbollah organisation terroriste et ont initialement insisté – ce n’est officiellement plus le cas maintenant – pour la mise en oeuvre de la résolution 1559 du Conseil de sécurité appelant au désarmement du Hezbollah. Ils se déclarent maintenant satisfaits d’un accord donnant à ce groupe terroriste un droit de veto au conseil du gouvernement de ses alliés libanais du 14 mars. Yeah, right. On top of it, leur fidèle allié Fouad Siniora, premier ministre libanais en exercice, est quasiment assuré de ne plus être de la partie à compter de l’élection ce dimanche du général Michel Sleimane à la présidence libanaise.

L’amusement de l’observateur va plus loin lorsqu’il lit que le président Bush a reçu le patriarche maronite Nasrallah Sfeïr – « Bush Stresses Support for Army During Talks with Sfeir » – en lui déclarant son soutien à l’armée libanaise, dirigée par le futur président, Michel Sleimane, rangé parmi les pro-syriens, armée qui a globalement été l’alliée objective du Hezbollah lors des quelques jours de guerre civile il y a plus d’une semaine. Le Washington Institute for Near East Policy, un think-tank pro-israëlien, dans une note titrée « Lebanese Crisis Ends: Hizballah Victory or Temporary Truce? », ne s’y trompe pas:

For Washington, these developments should prompt a reevaluation of how it supports the Lebanese government. Since 2005, the administration’s strategy to strengthen Beirut has been primarily to support the LAF: from 2005 to 2008, Washington provided more than $250 million in military assistance to the army, making Lebanon the second largest per capita recipient of U.S. military funding in the world. However, during the crisis, the LAF did nothing to protect the government and national institutions because of the fear that intervention would cause the army to fragment along sectarian lines. Support for the LAF is a long-term project, but will do little in the short run to help U.S. allies in Beirut.

Si on ajoute à cette brillante réussite étatsunienne l’annonce officielle de négociations indirectes syro-israëliennes sur un accord de paix, et celle de négociations avec le Hamas, quelques jours après que Bush ait écarté toute négociation avec la Syrie, le Hamas et le Hezbollah dans un discours devant le parlement israëlien, on peut avancer sans risque excessif de se tromper que cette semaine a été très difficile pour les Etats-Unis et ses alliés arabes – pensons notamment à l’Arabie séoudite, éclipsée par un Qatar qui n’a jamais brûlé les ponts avec l’Iran et la Syrie:

So the March 14th alliance appears to have beaten a diplomatic retreat that, while helping Hizbullah to consecrate its armed presence, is likely to spare Lebanon more immediate trouble. Yet the real losers may not be the loyalist camp, which could, conceivably, win another election, but rather its foreign sponsors, especially the United States and Saudi Arabia, which had pushed hard for Hizbullah to be cornered.

Ceci étant, les négociations Syrie-Israël pourraient réserver des mauvaises surprises pour le Hezbollah, du moins selon des analystes proches des Etats-Unis, qui prennent sans doute leurs voeux pour des réalités…

Un autre qui doit avoir passé une mauvaise semaine, c’est Michel Aoun, allié du Hezbollah, qui sait désormais qu’il ne sera sans doute jamais président du Liban…

Enfin, un bon récapitulatif sur l’accord de Doha est disponible sur le site de RFI:

– Une séance du Parlement doit avoir lieu dans les 24 heures suivant la conclusion de l’accord, afin d’élire un président de la République. Il s’agira de l’actuel chef de l’armée Michel Sleimane.

– Un gouvernement d’union de 30 membres doit être formé. Il comprendra 16 ministres de la majorité et 11 de l’opposition. Les 3 restants seront nommés par le président de la République.

– Les parties s’engagent à ne pas démissionner du gouvernement et à ne pas paralyser son action (c’est la stratégie que l’opposition avait pratiquée fin-2006, lorsque ses ministres avaient quitté le gouvernement)

– Interdiction du recours aux armes à des fins politiques

– Adoption de la loi électorale de 1960 (qui n’était plus en vigueur) pour les législatives de l’an prochain. Avec toutefois des amendements concernant le découpage électoral de Beyrouth (la capitale envoie 19 députés sur un total de 128 au Parlement libanais).

– Le nouveau président conduira un dialogue visant à étendre l’autorité de l’Etat dans tout le pays.

– L’autorité sur les forces de sécurité et forces militaires est entre les mains de l’Etat

– Les dirigeants libanais s’abstiendront d’user d’un langage exacerbant les tensions politiques.

« Should Hizbullah not have entered the streets of Beirut? Of course it shouldn’t have. But what choice was left? « 

Lu dans Al Ahram, version anglophone de l’organe officieux du gouvernement égyptien – quand même des chroniqueurs sunnites égyptiens ont de la sympathie pour le Hezbollah dans sa lutte contre le bloc Hariri, ça en dit long sur le succès très relatif de la politique séoudo-étatsuno-israëlienne de guéguerre confessionnelle sunnites/chiites (en dehors du cas de l’Irak, très particulier, et du Liban, bien sûr):

So, it finally happened. They pushed so hard that they dragged Hizbullah into the streets of Beirut. It’s the sixth day since 7 May.

Everybody’s Beirut turned, overnight, into a Sunni city, « under attack », and later « invaded » by a « Shia/Iranian-backed militia ».

For Hizbullah, the facts do not matter anymore. It did not matter how many times the secretary- general of Hizbullah, Hassan Nasrallah, asserted he did not want an Islamic republic in Lebanon. It did not matter how many times he explained that his party’s sole aim was to have a fair share in the decision-making of the country. He repeated his patience had an end vis-a-vis the government’s decisions that were alienating both the party and its followers. It did not matter how many times he assured his sole raison d’être is fighting Israel, that he cannot endlessly refrain from taking action, that the government was abusing the party’s self-restraint.

Finally, they pushed him into the corner.

Last week, the government issued two decisions, one removing a high ranking Shia lieutenant from his post in the airport. They considered the communication network owned by the party as illegal, and asked to prosecute anyone involved in it in any way.

This network is what dazzled the Israeli army in July 2006, and allowed Hizbullah to push them back.

From the party’s view, one should not read the two decrees from a short sighted, local perspective, trying to prove that what happened is a Sunni-Shia power struggle in Lebanon.

Hizbullah reads it in a different way. For them, it is a struggle between a group that would never give in to Israel, versus another group, one that would do anything to stay in power, no matter what happens to their country and people. And we are not short of such groups in the Arab world.

Had the two government decrees passed without objection, it would not have stopped there. For Hizbullah, moving against the decrees was a matter of life and death.

It had tried demonstrations, sit-ins, threats and endless calls for resumption of dialogue. But this time, the government’s move was of different nature. Now, the threat was too big. The decrees were not a mere trap.

Hassan Nasrallah once said that « our weakness is caused by our strength », meaning that because the party is the « strongest » militarily, their hands are tied. Did not Nasrallah pledge his party’s guns will never be turned against fellow Lebanese?

Well, how do they justify what had happened now?

The answer comes quickly: the act was quick, with the minimum possible losses, and the streets were in the hands of the Lebanese army the next morning.

But mostly, Hizbullah considers that their weapons did not turn against their fellow Lebanese, but against traitors, a la Saad Haddad — Israeli proxies inside Lebanon.

Should Hizbullah not have entered the streets of Beirut? Of course it shouldn’t have. But what choice was left? Even now, after the show of force, the government is still ignoring the calls to start a serious dialogue that would end the political stalemate the country has been stuck in for the last three years.

Did Hizbullah lose popularity in both the Sunni and the Druze streets? Of course it did, but the loss was big before the recent events anyway. Will the wound take ages to heal? Of course, but it was already there.

Here you have a party that, in the summer of 2006, defeated Israel. Yet, it did not abuse that victory to push aside its partners in the nation. For three years, the party has been trying not to act irrationally internally, despite what the other side does: tightening their grip on power, isolating Hizbullah politically, socially and economically, and ignoring its protests.

And how was that possible? Support from the outside. Unbelievable but true.

So true that even after the past four or five days, we are still stuck in the same stalemate.

What now?

Hizbullah would answer: now someone has to convince Saudi Arabia that they should stop trying to replace the lost Sunni influence in Iraq by strengthening Sunni influence in Lebanon. Lebanon will vanish the minute it loses its diversity.

And someone has to convince the US that it cannot keep supporting a group of Lebanese politicians that cannot deliver the way US-backed Iraqi politicians did when the US invaded Iraq. Does the US really want another Iraq?

Today, it has become even clearer to Hizbullah that winning in a war with Israel is a piece of cake compared to avoiding the traps of the streets of Beirut.

Y a-t-il par ailleurs que moi qui détecte les différences sensibles entre membres de la coalition gouvernementale? La semaine dernière, le phalangiste Amin Gemayel demandait simplement une promesse que les armes du Hezbollah ne soient pas dirigées contre d’autres Libanais, soit une exigence très largement en-deça de ce qu’exige la résolution 1559 du Conseil de sécurité:

After it emerged that Hezbollah had gained control over Mount Lebanon and Jumblatt gave the order to lay down arms, Amin Gemayel, a leader of the Christian Phalange Party, came along and stipulated only one condition for holding a national dialogue: that Hezbollah make a commitment never to use weapons against Lebanese in Lebanon. This is the ironclad condition. A mere commitment. Not disarmament and not discussion on the use of weapons.

Mais Gemayel a récemment tourné casaque et très fortement durci sa position, comparant le maintien de ses armes par le Hezbollah à l’accord du Caire de 1969 – on peut se demander ce qui s’est passé ces derniers jours pour que Gemayel durcisse tant sa position (peut-être une tentative de dépasser sur sa droite Samir Ja’ja):

Ex-President Amin Gemayel said the focal point of difference being considered in Doha is Hizbullah weapons.
Gemayel, stressing that the state should have exclusive control over weapons, expressed concern that Lebanon might find itself obliged to reach an agreement with Hizbullah similar to the ill-fated 1969 Cairo Accord with the Palestine Liberation Organization (PLO) that led to the outbreak of civil war in 1975.

De l’autre côté, le ministre de la défense, Elias Murr, s’est félicité du comportement de l’armée – alors qu’il est évident qu’elle s’est plus ou moins alignée sur l’opposition Hezbollah/Aoun:

Defense Minister Elias Murr on Sunday praised Lebanese army troops for avoiding to be lured into « the trap of civil strife » between the opposition and the majority.
« You have not been neutralized, but you did not use the cannon to maintain civic order, » Murr said in a message to the troops.

Et il a également conclu sur un constat qui n’est sans doute pas du goût de tous ses collègues gouvernementaux:

The army, according to Murr, would only fight « the Israeli enemy and terror. »

Ca tombe bien – il se trouve que c’est également la position du général Michel Sleimane, chef d’Etat-major très proche de l’opposition, et candidat consensuel pour le poste de prochain président:

LAF commander General Michel Suleiman, in a tour of Lebanese troop positions in South Lebanon, stressed his belief that « involving the army in internal clashes only serves the interests of Israel. »

Et devinez quoi? Walid bey, le grand zaïm progressiste, s’est brusquement rappelé de l’existence d’Israël:

« Dialogue is the ideal path leading to a defense strategy against the Israeli enemy, » Jumblat wrote.

La propagande séoudienne contre le Hezbollah devient de plus en plus lourde, à mesure sans doute qu’est désespéré le plan fou de l’éliminer militairement: voici une chronique d’Al Hayat comparant sérieusement le Nasrallah de la résistance au Béchir Gemayel, complice de Begin et Sharon, et dont l’assassinat allait causer le massacre génocidaire de Sabra et Chatila. Le chroniqueur reproche notamment à Nasrallah de s’allier avec Michel Aoun, qui fût un moment membre de l’état-major du harki Béchir Gemayel (ce dernier point semble véridique – le livre d’Alain Ménargues, « Les secrets de la guerre du Liban« , mentionne effectivement des réunions de l’état-major de Béchir Gemayel auxquelles aurait participé Michel Aoun, alors officier de l’armée libanaise, qui avait par ailleurs participé à l’assaut des phalangistes des Forces libanaises contre le camp de réfugiés palestinien de Tel al Zaatar en 1976 et rédigé le plan Najem/Aoun de confédération confessionnelle au Liban en 1980. Entre parenthèses, un des compagnons de combat de Michel Aoun à Tel al Zaatar en 1976 était le délicieux Etienne Saqr (1), alias Abou Arz, fondateur des humanistes Horas al Arz (Gardiens du cèdre), déçu par la mollesse des Israëliens au Sud Liban.

Le chroniqueur séoudien a partiellement raison – le Hezbollah, le mouvement Moustaqbal de Hariri et Solange Gemayel, la veuve de Bachir Gemayel (Forces libanaises de Ja’ja) avaient fait une alliance électorale à Beyrouth en 2005. Mais Hariri est allié, comme cul et chemise, avec le tueur Samir Ja’ja, qui a personnellement participé ou supervisé les massacres de la famille de Tony Frangié en 1976 et de Dany Chamoun en 1990, et dont les sympathies pour Israël et les Etats-Unis sont des faits notoires.

Pour vous faire une idée sinon du degré de ressemblance entre Hassan Nasrallah et Béchir Gemayel, la citation qui suit tirée du site du parti maronite qu’il créa, Forces libanaises, actuellement dirigé par le soudard Samir Ja’ja:

To Bashir, as to other non-Moslems and even some Moslems, Israel was a good example of a modern, democratic state and a potential ally for those who were working for free, democratic. western-style states in the Middle East. Toward that end, Bashir initiated communication with the leaders of the state of Israel. This relationship soon became systematic and permanent. And in spite of the unequal partnership–Israel being a strong state and Bashir Gemayel the leader of a Lebanese community only–Bashir always made the effort to work with Israel as an equal. He succeeded in nurturing a good relationship between an independent and free people and an independent and free state.

After Basher’s election to the Presidency, the special relationship he developed became more evident. he was the only leader in Lebanon and the Middle East who could talk about and build upon the relationship between Israel and Lebanon without prejudice. To him, Israel was a fact and any Lebanese regional policy needed to accept Israeli’s existence as a state and consider its historical importance and weight in regional politics. He believed that Lebanon could live in peace with Israel and that such a peace could benefit both states and even help pave the way for a general Middle East peace.

Gemayel saw the 1982 Israeli « Operation Peace for Galilee » as an important development for Lebanon which would not only equilibrate Syrian influence on Lebanese politics, but could also generate a new political dynamic, which, if properly used, could lead to the simultaneous withdrawal of Syrian and Israeli troops from Lebanon. By the summer of 1982, the equilibrium of forces in Lebanon had changed and the Lebanese, he believed, finally had the opportunity to act in their best interest and invest in that change.

Histoire de rigoler encore plus, cette autre citation, de la même page de ce site:

Gemayel praised the efforts deployed by Saudi Arabia and Kuwait in helping Lebanon, and he called for stronger relations with these two countries. « The Lebanese people, » he declared, « will reserve a special friendship for the Saudis and their Arab friends. »

Cela paraîtra difficile à croire pour tous ceux qui sont persuadés que l’Arabie séoudite est au centre d’un complot salafiste visant à égorger les infidèles – maronites ou autres – en direct sur Al Jazira, mais l’Arabie séoudite fût, pendant la guerre civile libanaise, résolument du côté des « christiano-réactionnaires » (2), avant de trouver un cheval gagnant sunnite sur lequel miser.

(1) La pensée de cet humaniste est par ailleurs appréciée dans les forums du bloc Hariri.

(2) Par opposition à la coalition dite « islamo-progressiste » dirigée par Kamal Jumblatt jusqu’à sa mort en 1977, coalition qui vola én éclats très rapidement, Amal se spécialisant ainsi dans le pilonnage de camps palestiniens. Un des éléments qui rend la guerre civile libanaise – ainsi que la crise actuelle – imperméable au prisme huntingtono-mandjrien de guerre des civilisations c’est justement l’absence de logique apparente des alliances, si par logique on entend un alignement des parties en présence sur les oppositions factices chrétiens/musulmans, progressistes/réactionnaires, etc…

Spécial dédicace pour les auditeurs de Médi 1, lecteurs de blogs marocains et quelques autres personnes

Lu dans Financial Times à l’instant:

Hizbollah, the Shia group backed by Iran and Syria, received a significant concession – a blocking minority in a new cabinet – but was also seeking an electoral law that could secure a better performance for its Christian allies in Beirut in next year’s parliamentary elections. (…)

The dispute over the division of electoral districts in Beirut – in effect, over a few seats – might appear a detail but it could prove decisive in the elections in which the opposition is hoping to reverse the governing ­coalition’s parliamentary majority.

Opposition officials have complained that the coalition was intent on thwarting any chance of real electoral competition in Beirut. Government loyalists, meanwhile, have charged that the opposition was seeking to control Beirut, a stronghold of the Sunni community that leads the coalition.

Hizbollah’s allies insisted that they would not leave Doha without a deal and negotiations were continuing.

Le Hezbollah se battrait-il à Doha pour défendre les intérêts électoraux de ses alliés chrétiens? Nous aurait-on menti à l’insu de notre plein gré?

Logique en fait: le Hezbollah cherche à renforcer le poids électoral de son allié maronite, l’ex-général Michel Aoun, dans la circonscription de Beyrouth, fief du bloc Hariri. Je tiens d’ailleurs à préciser que lors des dernières élections législatives de 2005, une des trois circonscriptions beyrouthines avait une liste commune composée de, accrochez-vous, la veuve de Bachir Gemayel, le Hezbollah et le Tayyar al Moustaqbal de Hariri. Amis des idées simples, intéressez-vous à autre chose que la politique libanaise…

Je dédie ce post aux personnes précitées, qui lisent, écoutent estiment et répètent que le Hezbollah est un parti fanatique, islamo-fasciste, antisémite, terroriste, putschiste, qui cherche à imposer un Etat islamique au Liban, qui ne tolère aucune dissidence politique ou religieuse, et qui prépare déjà le statut de dhimmi qu’il imposera aux autres confessions non-musulmanes du Liban. Je le dédie aussi à ceux qui croient qu’au Liban, il s’agit d’une confrontation entre Occident et Orient, islam et chretienté, dar al harb contre dar al islam, Lumières contre fanatisme, ceux qui aiment la vie et ceux qui souhaitent la mort, guerre contre paix, ying contre yang et Raja contre Wydad. Enfin, je souhaite rappeler aux débiles mentaux fidèles lecteurs de la presse mainstream qui par extraordinaire liraient ce post que je ne prétends pas que le Hezbollah est sans faute et sans reproche ou une réincarnation de la démocratie-chrétienne norvégienne ou de la social-démocratie finlandaise.

PS: il semblerait cependant, à en croire les premières infos sur l’accord de Doha, que l’opposition Hezbollah/Amal/Tayyar (Aoun) ait lâché du lest sur ses revendications électorales à Beyrouth… mauvaise journée pour Michel Aoun, qui ne sera sans doute jamais président (le général Michel Sleimane est le candidat consensuel désigné à Doha) et qui n’a pas pleinement obtenu gain de cause à Doha sur les circonscriptions électorales de Beyrouth:

Also agreed upon at Doha is the adoption of the Qada (Lebanese administrative District)-based 1960 electoral law with Beirut divided into three constituencies:

* The first electoral district comprises Ashrafiye, Rmeil and Saifi with five seats: Two Armenians, one Maronite, one Orthodox and one Catholic;

* The second electoral district comprising Bashoura, Medawwar and Marfa’ with four seats: One Sunni, one Shiite and two Armenians;

* The third electoral district comprising Mazraa, Msaytbe, Ras Beirut, Mina el Hosn, Zaqa el Blat and Dar el Mrayseh with ten seats: Five Sunnis, one Shiite, one Druze, one Orthodox, one Evangelical and one for the minorities.

This arrangement is actually pretty fair to both sides for now given the current circumstances and the fact that there has been no census since 1932. Saad Hariri got most of what the Future Movement wanted in order to preserve his electoral base in West Beirut.

PPS: Comme le souligne lixy dans un commentaire, cette tirade anti-MSM est fondée sur un extrait du Financial Times de Rupert Murdoch. Ceci n’affecte bien évidemment pas mon infaillibilité suprême.

« Vous savez, Colonel, que je suis socialiste ? »

Lu dans le mémoire de DEA de Jean Bury, « Les Casques Blancs: le détachement des observateurs français à Beyrouth 1984-1986« , p. 32:

Le Parti Socialiste Progressiste est minoritaire mais très bien organisé. Il se défend d’être un parti druze, mais il est druze à 90% : il comprend de surcroît des « soldats perdus » organisés en commandos de choc, recrutant chez les Kurdes, les Palestiniens, etc. : ces commandos sont en fait de la chair à canon, souvent droguée préalablement à l’envoi en mission. Le P.S.P. est en fait, sous une appellation moderne à l’occidentale, un clan féodal. Walid Joumblatt a repris la structure du P.S.P. à la suite de son père Kamal, qui l’a créé, afin de recueillir l’héritage socialiste qui confère une image rayonnante au mouvement, mais sa sincérité est plus que douteuse. Le général Bury raconte l’apostrophe que lui lance Walid Joumblatt à leur première rencontre : « Vous savez, Colonel, que je suis socialiste ? » – ce avant d’éclater de rire.

D’autres remarques pertinentes émaillent ce mémoire, qui ne s’arrête cependant qu’à la période 1984/1986:

Les Observateurs se sont parfois trouvés décontenancés, à leur arrivée, par l’inextricable imbroglio de la situation libanaise. Le colonel Leplomb explique comment ils durent apprendre que ce qu’on croyait acquis la veille pouvait aussi bien être remis en cause le lendemain, et qu’à l’inverse des problèmes réputés insurmontables (démantèlement des barricades, par exemple) pouvaient trouver leur solution en une nuit. (p. 21)

Plus ça change…

PS: L’auteur du mémoire n’est pas insensible à la « cause » des Gemayel – voici ce qu’il a à dire sur le massacre de Sabra et Chatila:

Le 15 septembre, l’armée israélienne envahit Beyrouth Ouest et, sous sa responsabilité directe, des miliciens essentiellement phalangistes entrent dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila pour le « nettoyer ». Plusieurs centaines de Palestiniens y perdront la vie (23). L’événement remue l’opinion mondiale – qui reste plus indifférente aux massacres de chrétiens perpétrés par le P.S.P. dans le Chouf pour créer, par épuration, le canton druze.

(23) Loin des 3 500 à 5 000 victimes fantaisistement annoncées par Le Monde du 3 juillet 1987, Jean-Pierre Alem recense 1 300 morts. Le rapport du procureur militaire libanais Assad Germanos dénombre 328 corps et fait état de 991 disparus qui ont pu être faits prisonniers.

Le massacre de Halba, un massacre sans aucune importance


Je vais vous parler d’une atrocité qui a eu lieu récemment au Liban. Mais je vais devoir déçevoir les partisans de la liberté, du progrès, de la modernité, de la démocratie, de l’avenir, du respect de la constitution et des institution, de la paix, de la pilule du lendemain, du vaccin contre le sida, de la fête des mères et même de la vie au Liban: cette atrocité est en effet dûe aux forces de l’avenir.

Vous en avez sans doute pas entendu parler, à moins que vous soyiez à l’affût de l’information sur les blogs libanais ou si vous suivez certaines chaînes satellitaires arabes – car la presse occidentale, et ses ersatz marocains, n’en a pas pipé mot. Il s’agit du massacre barbare de douze militants du PSNS (Parti social national syrien), parti multi-confessionnel (même si ses militants sont généralement et hâtivement perçus comme étant des chrétiens non-maronites – des grecs orthodoxes pour faire bref) pro-syrien avec un drôle de symbole.

Ce petit hizbicule est bien évidemment membre à part entière de l’opposition au gouvernement Siniora, regroupée autour du Hezbollah et d’Amal (chiites) et du Tayyar d’Aoun (maronite) (1), ainsi que le parti Baath libanais, El Merada du zaïm maronite de Zghorta Sleiman Frangié, les partisans druzes du zaïm (minoritaire dans sa communauté) Talal Arslane, un parti arménien (le Tashnag), ainsi que d’autres hizbicules et personnalités que j’oublie peut-être. Comme pour toutes les formations politiques libanaises, la sinuosité de son parcours est remarquable: avec une inspiration fasciste à l’origine, tout comme la Kataëb (phalange) des Gemayel, ce parti tenta en 1958 un coup d’Etat contre le président-général (maronite of course) Fouad Chehab, sans doute le président le plus progressiste qu’ait eu le Liban, et qui tenta en 1958 un politique étrangère équilibrée, rompant avec l’alignement aveuglee sur les Etats-Unis et la France décidée par son prédecesseur, Kamil Cham’oun. Cet politique équilibrée fût décriée par la majorité de l’opinion maronite comme étant nassérienne – la guerre civile de 1958, ayant entraîné un débarquement de l’US Marine Corps, avait été le fait des nassériens, chiites et sunnites – et le coup d’Etat avorté du PSNS fût applaudi par les irréductibles maronites, partisans du réduit phénicien, avant-garde de l’Occident dans l’océan arabe du Moyen-Orient.

Plus tard, le PSNS allait évoluer à 180°, rejoignant la coalition islamo-progressistes (on ne disait pas encore islamo-gauchiste) autour de Kamal Jumblatt dans les années 70, et se mettant au service de l’occupant syrien, et devenant de fait l’épouvantail des mêmes irréducitbles maronites, puis, après l’assassinat de Rafiq Hariri, celui des sunnites. Lors de la mainmise syrienne sur le Liban, le PSNS allait bien évidemment être un allié fidèle de Damas, s’alliant, sur le modèle des partis communistes du Komintern, avec ceux que son parrain souhaitait.

Revenons-en au massacre de Halba: il a eu lieu la nuit du 9 au 10 mai à Halba, au Nord Liban, dans le qadha d’Akkar. Les mosquées sunnites de ce patelin appelèrent apparemment – s’il faut en croire un partisan du PSNS, rescapé du massacre – à une « manifestation » des partisans de Hariri devant le siège local du PSNS – qui avait déjà fait l’objet d’une « manifestation » similaire en 2007, lors de laquelle les « manifestants » haririens et militants du PSNS échangèrent leurs points de vue à coup d’armes automatiques. Très vite, le siège local du PSNS fût encerclé par des militants futuristes armés. L’armée libanaise avait cependant, par ses barrages, désarmé une cinquantaine de combattants de Hariri. Ayant épuisé leurs munitions vers 5 heures matin le samedi, les militants du PSNS acceptèrent la médiation d’un cheikh sunnite, en présence de soldats de l’armée (supposée être favorable à l’opposition hezbollahie/aounie dont fait partie le PSNS). Ils acceptèrent d’évacuer leurs locaux et de les remettre à l’armée. L’armée prit possession des locaux mais fût débordée – ou plutôt resta passive – par les miliciens de Hariri, qui exécuta sommairement douze membres du PSNS capturés sur les lieux, dont certains après les avoir suppliciés. Leurs corps furent ensuite mutilés à la hache.

Un milicien haririste eut la bonne idée de filmer cet exploit, qui est désormais accessible un peu partout sur le web – ici (je recommande d’ailleurs ce blog, Lebanese Chess), ici, ici, ici, ici,ici et ici (ce sont les mêmes vidéos). Personnellement, je ne les ai pas regardées – il m’a suffi des premières secondes sur l’une d’entre elles pour ne pas pouvoir aller plus loin, et ne pas regretter mon choix de ne pas opter pour la médécine légale.

Les victimes sont listées sur le blog d’un des survivants du massacre du côté du PSNS, qui a publié puis retiré une liste nominative des attaquants du courant du Futur haririen – c’est une guerre civile, et dans les guerres civiles, les voisins tuent les voisins et les cousins les cousins. Le déroulement des événements est également tiré de son blog (en attendant qu’un des auteurs du massacre en parle sur son blog…).

Je vous laisse juges: si le Hezbollah ou un de ses alliés s’était rendu coupable d’une telle atrocité, que croyez-vous aurait été la couverture de ce massacre dans le New York Times, Asharq al Awsat, Al Arabiya, Newsweek, Le Monde, TF1 ou CNN? Croyez-vous qu’aucune chancellerie occidentale ou arabe n’aurait réagi?

Dans les faits, mis à part quelques médias arabes indépendants, ainsi que des journaux australiens (une des victimes du massacre était un binational libano-australien). Comme l’écrit Nidal sur son blog Loubnan ya Loubnan:

C’est là une situation exemplaire. Vraiment exemplaire.

Le gars du PSNS pense que «le monde entier est témoin de l’horreur [du] massacre [de Halba]». Il n’a pas de raison de douter que ce soit le cas: depuis quelques jours, les images (insoutenables) de ce massacre circulent sur Youtube et ont été diffusées par Al-Manar (la chaîne de Hezbollah).

(…)
Et là où c’est particulièrement sidérant, c’est que si chacun dans le monde arabe a entendu parler de cette image et que le PSNS croit pouvoir annoncer que «le monde entier est témoin de l’horreur de ce massacre», aucun média occidental n’a évoqué cette affaire. Non, vraiment, non. Ce genre de sujet c’est pour les Arabes; dans la presse libre du monde libre, ça n’intéresse personne. Dans la presse libre du monde libre, il y a des milliers de journaux, des centaines de milliers de journalistes, et aucun ne juge intéressant de faire une brève là-dessus; ni pour évoquer le massacre, ni même indirectement pour évoquer le scandale qu’il provoque.

(…)

Réponse donc au gars du PSNS: non, le monde entier n’est pas témoin de ce massacre. Le monde entier n’a rien vu. Les journalistes du monde entier ont autre chose à faire.

Petite précision par ailleurs: dans le contexte libanais, il est intéressant de noter que onze des douze victimes seraient – le conditionnel s’impose – sunnites – le PSNS, qui réfute le confessionnalisme, n’en fait pas état, mais c’est une information glanée sur plusieurs forums.

PS: Juste après avoir terminé ce post, je me rends sur le site de The Independent, et tombe sur cet article de Robert Fisk:

But I brought up the tiny matter of the little massacre in northern Lebanon in which 10 or 12 militiamen were captured and then murdered before being handed over to the Lebanese army. Their bodies were – I fear this is correct – mutilated after death.

« They deserved it, » the elegant woman on my left said. I was appalled, overwhelmed, disgusted, deeply saddened. How could she say such a thing? But this is Lebanon and a huge number of people – 62 by my count – have been killed in the past few days and all the monsters buried in the mass graves of the civil war have been dug up.

(1) En disant que le Tayyar est maronite, ou que le Hezbollah est chiite, on simplifie un peu (mais pas exagérément). En raison du système électoral libanais, où chaque mandat de député est réservé à une confession, un parti comme le Hezbollah a compté des députés chrétiens – lors des élections de 2005, le maronite Pierre Serhal a ainsi été élu sous les couleurs du Hezbollah à Jezzine. Le clientélisme local joue également un rôle: les chrétiens, minoritaires au Liban Sud mais fortement présents dans certains villages, ont tout intérêt à voter pour le Hezbollah en vue d’obtenir le soutien économique et politique de ce dernier pour leurs projets locaux.

« Siniora is so much an instrument of US and Saudi policy that he should be provided a federal judgeship to retire to… »

Ce n’est pas un islamo-gauchiste marocain accro à Al Jazira, Tariq Ramadan et Rachid Nini qui écrit ça mais un colonel de l’US Marine Corps et du Defense Intelligence Agency, le bloggeur Pat Lang de Sic Semper Tyrannis, qui réagit à une chronique du New York Times:

It is increasingly clear that David Brooks is not an editorial columnist. He is a propagandist for the hard right in this country and in Israel. « Implacable enemies? » « ..an armed assault on the democratic government of Lebanon? » Brooks is not a stupid man. He knows very well that the various Lebanese factions are engaged in a struggle over re-alignment of power in the government that has been in progress for most of a year. He knows that Hizbullah, Amal, the Aounis and others all hold seats in the parliament and are for that reason, in fact, part of the « government of Lebanon » that he writes of just as members of Congress are part of the government here. He knows exceedingly well that todays’s « terrorists » are often tomorrow’s rulers, (Kenyatta, Begin, Shamir, etc) He knows very well that his factional allies in the Bush Administration and in Israel favor the Siniora Cabinet in Beirut because they are supremely biddable and useful tools. Siniora is so much an instrument of US and Saudi policy that he should be provided a federal judgeship to retire to when when he is finally ejected from office. (Maybe Guam would be a good place. That was suggested for Thieu long ago)

« Implacable terrorist. » I suppose that is what the British called Menachem Begin and Begin’s hero Michael Collins before they became heads of government.

La ministre israëlienne des affaires étrangères a apporté son soutien au gouvernement Siniora:

Vice Prime Minister and Minister of Foreign Affairs Tzipi Livni said that « Lebanon exemplifies a country where the moderates are growing weaker as Iran attempts to gain control with the aid of an armed militia, and to destabilize the region at the same time. Israel expects all countries of the world who share its values to demonstrate decisiveness in their opposition to extremism ».

La presse israëlienne fait la comparaison entre Fouad Siniora et Abou Mazen, qui n’est sans doute pas flatteuse pour le premier:

Throughout the week it was possible to hear the wails of the losers, among them Prime Minister Fuad Siniora who, in lacerative rhetoric, described Hezbollah as « insurrectionists, » exactly the same word Palestinian President Mahmoud Abbas uses to describe Hamas. « They have stabbed democracy in the back »

Car rappelez-vous la révélationtardive certes – de Vanity Fair, preuves à l’appui:

After failing to anticipate Hamas’s victory over Fatah in the 2006 Palestinian election, the White House cooked up yet another scandalously covert and self-defeating Middle East debacle: part Iran-contra, part Bay of Pigs. With confidential documents, corroborated by outraged former and current U.S. officials, David Rose reveals how President Bush, Condoleezza Rice, and Deputy National-Security Adviser Elliott Abrams backed an armed force under Fatah strongman Muhammad Dahlan, touching off a bloody civil war in Gaza and leaving Hamas stronger than ever.

Ce stratagème étatsunien, rappelant la Baie des Cochons, a choqué même un néo-con pro-israëlien (redondance!) de l’administration Bush, David Wurmser, qui a démissionné pour cette raison:

Within the Bush administration, the Palestinian policy set off a furious debate. One of its critics is David Wurmser, the avowed neoconservative, who resigned as Vice President Dick Cheney’s chief Middle East adviser in July 2007, a month after the Gaza coup.

Wurmser accuses the Bush administration of “engaging in a dirty war in an effort to provide a corrupt dictatorship [led by Abbas] with victory.” He believes that Hamas had no intention of taking Gaza until Fatah forced its hand. “It looks to me that what happened wasn’t so much a coup by Hamas but an attempted coup by Fatah that was pre-empted before it could happen,” Wurmser says.

The botched plan has rendered the dream of Middle East peace more remote than ever, but what really galls neocons such as Wurmser is the hypocrisy it exposed. “There is a stunning disconnect between the president’s call for Middle East democracy and this policy,” he says. “It directly contradicts it.”

Mohamed Dahlan, l’homme fort du régime d’Abou Mazen – fidèle allié d’Israël et des Etats-Unis – ne nie pas farouchement l’imputation d’être proche des services étatsuniens:

Dahlan worked closely with the F.B.I. and the C.I.A., and he developed a warm relationship with Director of Central Intelligence George Tenet, a Clinton appointee who stayed on under Bush until July 2004. “He’s simply a great and fair man,” Dahlan says. “I’m still in touch with him from time to time.”

Soyons honnêtes tout de même: si Dahlan n’est pas insensible aux souhaits des services étatsuniens, le président palestinien Abou Mazen ne l’est guère plus:

Washington reacted with dismay when Abbas began holding talks with Hamas in the hope of establishing a “unity government.” On October 4, 2006, Rice traveled to Ramallah to see Abbas. They met at the Muqata, the new presidential headquarters that rose from the ruins of Arafat’s compound, which Israel had destroyed in 2002.

America’s leverage in Palestinian affairs was much stronger than it had been in Arafat’s time. Abbas had never had a strong, independent base, and he desperately needed to restore the flow of foreign aid—and, with it, his power of patronage. He also knew that he could not stand up to Hamas without Washington’s help.

At their joint press conference, Rice smiled as she expressed her nation’s “great admiration” for Abbas’s leadership. Behind closed doors, however, Rice’s tone was sharper, say officials who witnessed their meeting. Isolating Hamas just wasn’t working, she reportedly told Abbas, and America expected him to dissolve the Haniyeh government as soon as possible and hold fresh elections.

Abbas, one official says, agreed to take action within two weeks. It happened to be Ramadan, the month when Muslims fast during daylight hours. With dusk approaching, Abbas asked Rice to join him for iftar—a snack to break the fast.

Afterward, according to the official, Rice underlined her position: “So we’re agreed? You’ll dissolve the government within two weeks?”

“Maybe not two weeks. Give me a month. Let’s wait until after the Eid,” he said, referring to the three-day celebration that marks the end of Ramadan. (Abbas’s spokesman said via e-mail: “According to our records, this is incorrect.”)

Et l’alignement d’Abou Mazen n’est pas que platonique, comme le révèle dans un autre article la journaliste Helena Cobban:

Throughout late 2006 and 2007, the Hamas leaders had to deal with the growing military challenge that Fateh was posing, with Washington’s encouragement, to their strongholds in Gaza. In April 2007 a Jordanian paper leaked details of a plan whereby hundreds of U.S.-armed and U.S.-trained Fateh units who had been sent to Gaza under the guise of “upgrading the Palestinian security forces” would seize control. Hamas pre-empted the plan’s implementation. In five days of brutal fighting, Hamas fighters routed the newly deployed Fateh forces from the Strip. Many Fateh fighters defected to Hamas. Some were killed. The Israelis finally allowed the battered Fateh remnants to transit Israel and regroup in the West Bank. In Ramallah a badly piqued President Abbas announced the dissolution of the Hamas-led government and its replacement with a “technocratic” government led by long-time U.S. ally Fayyad.

La Maison Blanche n’était pas en mesure de nier les allégations spécifiques contenues dans le reportage de David Rose publié par Vanity Fair, se contentant de dénégations générales et abstraites.

Et le Liban dans tout ça? Figurez-vous que le reporter vétéran Seymour Hersh, du New Yorker, avait lui révélé en 2007 déjà le soutien officiel et clandestin de l’administration Bush pour le gouvernement Siniora:

The focus of the U.S.-Saudi relationship, after Iran, is Lebanon, where the Saudis have been deeply involved in efforts by the Administration to support the Lebanese government. Prime Minister Fouad Siniora is struggling to stay in power against a persistent opposition led by Hezbollah, the Shiite organization, and its leader, Sheikh Hassan Nasrallah. (…)

The Bush Administration has publicly pledged the Siniora government a billion dollars in aid since last summer. A donors’ conference in Paris, in January, which the U.S. helped organize, yielded pledges of almost eight billion more, including a promise of more than a billion from the Saudis. The American pledge includes more than two hundred million dollars in military aid, and forty million dollars for internal security.

The United States has also given clandestine support to the Siniora government, according to the former senior intelligence official and the U.S. government consultant. “We are in a program to enhance the Sunni capability to resist Shiite influence, and we’re spreading the money around as much as we can,” the former senior intelligence official said. The problem was that such money “always gets in more pockets than you think it will,” he said. “In this process, we’re financing a lot of bad guys with some serious potential unintended consequences. We don’t have the ability to determine and get pay vouchers signed by the people we like and avoid the people we don’t like. It’s a very high-risk venture.”

American, European, and Arab officials I spoke to told me that the Siniora government and its allies had allowed some aid to end up in the hands of emerging Sunni radical groups in northern Lebanon, the Bekaa Valley, and around Palestinian refugee camps in the south. These groups, though small, are seen as a buffer to Hezbollah; at the same time, their ideological ties are with Al Qaeda. (…)

Alastair Crooke, who spent nearly thirty years in MI6, the British intelligence service, and now works for Conflicts Forum, a think tank in Beirut, told me, “The Lebanese government is opening space for these people to come in. It could be very dangerous.” Crooke said that one Sunni extremist group, Fatah al-Islam, had splintered from its pro-Syrian parent group, Fatah al-Intifada, in the Nahr al-Bared refugee camp, in northern Lebanon. Its membership at the time was less than two hundred. “I was told that within twenty-four hours they were being offered weapons and money by people presenting themselves as representatives of the Lebanese government’s interests—presumably to take on Hezbollah,” Crooke said.

A part ça, les événéments récents au Liban concernaient la rebéllion d’extrémistes islamistes armés contre un gouvernement légitime démocratiquement élu…

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