A royaume de la Ligue arabe, le Maroc est roi

Je ne le répéterai jamais assez: on n’est jamais déçu à la lecture de la Map. Pas plus tard que tout à l’heure, je suis tombé sur cette dépêche, immortalisant une page glorieuse du combat des martyrs Abdelkrim el Khattabi, Mohamed Zerktouni, Mehdi Ben Barka, Omar Benjelloun, Saïda Menebhi et Abdellatif Zeroual pour l’avénement de la démocratie, des libertés publiques et de l’Etat de droit au Maroc:

Le conseil de la Ligue arabe adopte une proposition marocaine visant la promotion de la culture des droits de l’Homme
Le Caire – Le Conseil de la Ligue arabe a adopté, mercredi au Caire, un projet de plan arabe pour la promotion de la culture des droits de l’Homme, proposé par le Maroc.

L’adoption de ce projet de plan lors de la clôture des travaux de la 133ème session ordinaire du Conseil de la Ligue arabe avec la participation du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, M. Taieb Fassi Fihri, intervient suite à une proposition présentée par le Maroc au secrétariat général de la Ligue arabe, au comité permanent et au Conseil de la Ligue arabe.

Ce plan, élaboré sur la base d’une approche participative impliquant plusieurs experts et représentants des pays arabes membres du comité permanent et de la commission spécialisée de la Ligue arabe chargée des droits de l’Homme, a vu le jour grâce au soutien du bureau régional arabe du haut commissariat aux droits de l’Homme, à travers un atelier organisé les 16 et 17 décembre dernier à Rabat.

Ce plan, qui traduit les grands pas franchis par le Royaume en matière de promotion des droits humains et leur consécration au plan régional, constitue une plateforme arabe commune pour contribuer à la promotion de la culture des droits de l’Homme et en faire une « pratique quotidienne » dans la région.Selon ses dispositions, le plan, qui sera lancé l’année prochaine après son adoption par la réunion au sommet du Conseil de la Ligue arabe, se décline en plusieurs points concernant le cadre général, la vision, les objectifs, les principes, les champs d’intervention, la méthodologie du travail et le programme exécutif. Cette proposition s’assigne comme objectifs la sensibilisation de la société et la vulgarisation des mesures visant la protection des droits de l’Homme, ainsi que la détermination des dispositions juridiques et les priorités de l’action arabe commune en la matière.

Le projet qui s’étale sur la période 2011/15 vise aussi à encourager les pays à respecter leurs engagements vis-à-vis des normes internationales et régionales dans le domaine des droits humains et faire face aux obstacles dressés dans ce sens tels que la pauvreté, la famine, l’analphabétisme, les conflits armés et l’endettement.

Pour réaliser ces objectifs, le plan préconise le renforcement des structures de la culture des droits de l’Homme et la traduction dans les faits la volonté politique des pays membres, ainsi que l’amélioration du rendement des pouvoirs judiciaire, législatif et exécutif et l’encouragement de l’action des Organisations de la société civile.

Il vise également la dynamisation de la culture des droits de l’Homme dans tous les domaines, le renforcement des efforts arabes en matière de consolidation et de préservation des droits humains, la mise en place des indices de respect de Droits de l’Homme tels qu’ils sont reconnus universellement. Le plan insiste de même sur la nécessité de l’adaptation des législations nationales aux conventions internationales en la matière et à la levée des réserves sur les chartes adoptées, la diffusion de la culture des droits de l’Homme.

Le Maroc est représenté par une délégation comprenant aussi MM. Mohamed Azeroual, ambassadeur-inspecteur général au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, Mohamed Faraj Doukkali, ambassadeur du Maroc au Caire, représentant permanent du Royaume auprès de la Ligue arabe, Ahmed Rachid Khattabi, du cabinet du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération et Saïd Hadi, chargé de la Ligue arabe à l’ambassade du Maroc au Caire.

La satire devient un métier impossible.

No comment

Tout commentaire étant superflu, je vous livre ceci en format brut (hat-tip Taha Balafrej):
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SM le Roi décide de ne pas assister personnellement aux sommets arabes de Doha et de Koweït

MAP Fès, 15/01/09 – Sa Majesté le Roi , que Dieu L’assiste, a décidé de n’assister personnellement ni au Sommet arabe extraordinaire proposé à Doha, et censé se pencher exclusivement sur l’agression israélienne contre Gaza, ni au Sommet arabe économique à Koweït, qui est prévu depuis quelque temps et qui est ouvert sur tous les sujets, en particulier la situation en Palestine occupée.

Un communiqué du cabinet royal indique mercredi que la Haute Décision Royale procède de motivations objectives et de considérations regrettables, face à une situation arabe affligeante ayant atteint un stade de dégradation sans précédent dans l’histoire de l’Action arabe commune.

Désormais, le simple fait d’évoquer l’idée de tenir un Sommet arabe extraordinaire suscite moult conflits et surenchères qui dégénèrent parfois en antagonismes entre pays arabes, ajoute le communiqué, soulignant qu’il est navrant que ces différends subsidiaires tendent à reléguer au second plan les causes cruciales de la Nation, notamment et au premier chef, la cause de la Palestine. De même qu’ils occultent le fond du conflit dans la région et servent du même coup les intérêts des vrais ennemis de la Nation.

Selon le communiqué, ce contexte chargé des périls de la discorde donne à l’opinion publique arabe l’impression qu’il règne une atmosphère marquée par des tentatives visant à accaparer le leadership du monde arabe ou à créer des axes ou des zones de polarisation, exercices auxquels le Maroc a toujours refusé de se prêter.

Au lieu que le différend porte sur des stratégies bien définies, il se résume, hélas, comme on le voit aujourd’hui, à des susceptibilités que n’arrivent à transcender que quelques dirigeants sages, connus pour la pondération de leurs prises de position, relève-t-il.

Mieux encore, poursuit le communiqué, certains sont allés jusqu’à réduire les Sommets arabes, malgré leur importance, à l’instant même où se tient la réunion, et au souci de paraître devant les médias, ce qui banalise l’enjeu fondamental d’un Sommet, en le réduisant à une controverse sur le lieu, la date et le thème du Sommet, en le ramenant à une arithmétique formelle concernant la qualité et le niveau de participation, et en l’amenant à s’épuiser dans des échanges d’invectives qui ne font que remuer le couteau dans la plaie.

Voilà qui donne, hélas, aux adversaires de la Nation arabe l’occasion d’affubler les rencontres arabes d’une image peu reluisante d’immaturité, d’irresponsabilité et d’affligeante futilité, image que nous ne saurions admettre pour la Nation arabe, déplore la même source, notant que quelle que soit la réalité objective et douloureuse des graves agressions externes, nous nous devons d’être francs avec nous-mêmes et de reconnaître que le problème réside dans le corps arabe lui-même et que, partant, la solution est à trouver, d’abord, chez les arabes eux-mêmes.

Et d’ajouter que si la Nation arabe ne parvient pas à trouver des solutions aux problèmes interarabes qui épuisent ses énergies, elle ne pourra, à plus forte raison, régler aucun conflit externe. Et c’est bien ce que prouve la réalité amère des positions arabes face à l’agression israélienne contre le peuple palestinien frère.

Pour la Vérité et l’Histoire, affirme le communiqué, le Maroc, qui songe avec une profonde amertume aux tenants et aux aboutissants de cette conjoncture difficile, considère que la cause palestinienne dans ce qu’elle a de sacré, l’ampleur des problèmes arabes et l’intensité des dissensions interarabes, sont autant d’éléments qui exigent que chacun de nous fasse preuve d’un sens élevé du devoir et se hisse à la hauteur de ce moment historique.

Partant, souligne le communiqué, le règlement du conflit israélo-arabe requiert l’élaboration d’une stratégie arabe bien définie, et une action rationnelle et méthodique. Il exige l’expression d’une solidarité concrète, outre la nécessité de parler d’une seule voix et l’impératif de proscrire les velléités de démembrement et de dissension, et de bannir les calculs étriqués.

Telle est la voie que le Maroc s’est constamment attaché à suivre, en se plaçant toujours à l’avant-garde de ceux qui, en toute sincérité et avec toute la sagesse et l’engagement requis, défendent la cause palestinienne et toutes les autres causes arabes justes, que ce soit du temps de feu Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu perpétue sa mémoire, ou sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, souligne la même source, précisant que le Maroc, à travers son Roi, son gouvernement et son peuple, continuera à apporter son soutien à la cause palestinienne, qu’il hisse, en termes de sacralité, au rang de la cause de son intégrité territoriale.

Dans ces circonstances critiques, relève-t-il, la situation dramatique qui prévaut dans la bande de Gaza, interpelle les consciences au sein de la Nation arabe et, au-delà, à l’échelle de l’humanité tout entière.

A cet égard, note le communiqué, le peuple marocain, mu par un sens de l’honneur et une fierté jamais démentis, continuera à apporter son soutien tangible à nos frères palestiniens, victimes de l’agression israélienne injuste. C’est ainsi que sur Hautes Instructions Royales, une assistance continue et multiforme est assurée via un pont aérien mis en place pour acheminer des aides humanitaires urgentes, outre l’assistance matérielle de l’Etat marocain, et les donations et autres formes de solidarité consenties volontairement par tous les Marocains.

Avec le même esprit d’engagement et de solidarité, affirme le communiqué, le Maroc poursuivra, sous la direction de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods, tous les efforts et toutes les démarches qu’il déploie à tous les niveaux, dans toutes les enceintes et sur tous les fronts, bilatéraux, régionaux et internationaux, pour parvenir à un règlement juste, durable et global du conflit israélo-arabe, et ce règlement passe nécessairement par la création d’un Etat palestinien indépendant, avec Al-Qods Al-Charif pour capitale, sur la base de l’initiative de paix arabe, et dans le cadre des résolutions de la légalité internationale qui stipulent la coexistence, dans la sécurité et la paix, des deux Etats palestinien et israélien.

Et de conclure qu’eu égard à ces considérations de base, aussi franches que sincères, le Maroc se joint à tous ses frères animés de bonne volonté, pour réitérer son adhésion forte et constante à toute action arabe commune, à tous les niveaux et dans tous les domaines.

Partant, le Royaume du Maroc participera aux travaux du Sommet arabe dont la tenue, dans l’Etat du Koweït frère, est imminente.

Une question cependant: qui sont les « vrais ennemis de la Nation« ?

Et tiens, une autre question, « des tentatives visant à accaparer le leadership du monde arabe ou à créer des axes ou des zones de polarisation, exercices auxquels le Maroc a toujours refusé de se prêter » – cela inclut-il la réunion du 9 novembre 2008, où des ministres des affaires étrangères de pays arabes inféodés aux Etats-Unis, dont bien évidemment le Maroc, ont tenté de ressusciter le spectre iranien?

Et une dernière: quels sont les contours exacts de l’“initiative ferme et résolue de la communauté internationale pour stopper la violence au Moyen-Orient« , demandée par le Roi?

Petit rappel: les articles 38 et 41 du Code de la presse sont toujours en vigueur.

La machine à remonter le temps

Les mêmes noms qui étaient autour de Yassir Arafat au début des années 90, avec les négociations de Madrid, en passant par le calamiteux processus d’Oslo, sont toujours là aujourd’hui autour du Quisling palestinien, Abou Mazen. Je viens de voir Nabil Shaath se faire interviewer sur Al Jazeera, et ai vu récemment que Abou Alaa (alias Ahmed Qurei) était toujours présent, et Saëb Erakat n’est jamais loin. On ne change pas une équipe qui gagne. Nabil Shaath commencait à botter en touche, parlant de l’épouvantail Bush (comme si la CIA et le Pentagone ne financaient pas, n’armaient pas et ne formaient pas les milices de Fatah), implorant la Ligue arabe de se mettre d’accord (un moment d’humour un jour aussi sombre). La journaliste d’Al Jazeera ne l’a pas laisser ouvrir son robinet d’eau tiède.

Nabil Shaath n'a pas toujours nourri des sentiments ambivalents vis-à-vis de l'administration Bush

Nabil Shaath n'a pas toujours nourri des sentiments ambivalents vis-à-vis de l'administration Bush

Un autre moment de comédie a été quand Nabil Shaath a déclaré que Hamas n’étaient pas les seuls à résister et qu’Abou Mazen résistait lui aussi.

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