« Le Caire, 4 juin 2009. Le chat est repenti, il ne chassera plus les souris »

Ca fait belle lurette que Le Carrefour des Livres au Maarif n’est plus que l’ombre de ce qu’il fût sous l’égide de Marie-Louis Belarbi. On y trouve cependant quelques titres intéressants, si comme moi on espace un peu les visites. Cette fois-ci, j’ai été surpris d’y trouver un ouvrage de Mohamed Talbi, « Gaza (27-12-2008/18-1-2009): Barbarie biblique ou de l’extermination sacrée et humanisme coranique« , publié à compte d’auteur à Tunis. Le titre de l’ouvrage est non seulement alambiqué et d’une agressivité certaine, mais j’ai été surpris qu’une telle personnalité, reconnue au Maghreb et généralement publiée en France en tant que symbole de l’Islam libéral (whatever that means), ait été réduite à la publication à compte d’auteur, généralement réservée à d’illustres inconnus ou poètes en herbe – peut-être est-il l’objet d’un boycott des maisons d’éditions tunisiennes, dont on connaît l’attachement fanatique à la liberté d’expression…

Autant le dire tout de suite: je n’aime pas la tonalité polémique de cet ouvrage (mais je n’ai fait que le parcourir), qui tend à présenter le christianisme (j’imagine qu’il s’agit surtout de l’Ancien Testament) et le judaïsme comme intrinséquement bellicistes, et l’Islam comme intrinséquement pacifiste – le relativiste culturel que je suis ne considère aucune religion comme intrinséquement pacifiste ou belliciste, et considère surtout que les événements historiques répondent principalement à d’autres considérations que ce qui figure dans des livres, fussent-ils sacrés.

Mais je dois reconnaître à Mohamed Talbi, qui doit être octogénaire ou nonagénaire à en croire la quatrème de couverture, un certain talent de la formule, notamment à la page 22 de cet ouvrage, où il aborde le fameux discours du Caire du 4 juin 2009 du risible Prix Nobel de la paix Barack Obama:

Le Caire, 4 juin 2009. Le chat est repenti. Il ne chassera plus les souris. Tel est le sens du discours tant attendu du Caire. Obama a recouvré la mémoire. Il se souvient de ses parents musulmans. Il veut la paix au Proche-Orient. Laissez-vous faire, nous vous voulons du bien. Son prédecesseur Bush voulait-il autre chose?

Rien à rajouter ou retrancher.

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