Le Matin du Sahara a du pain sur la planche

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A lire d’autres journaux, Le Matin du Sahara semble parfois être un samizdat chiito-nihiliste. Via The Angry Arab, je suis tombé sur ce morceau d’anthologie issu du Progrès égyptien, et je n’ai pas l’impression qu’il soit au second degré – quelques extraits:

Telle est l’Egypte, tel son grand leader le Président Hosni Moubarak. Telle est l’Egypte, la terre sacrée du Nil et des Pyramides, le berceau des civilisations et la grande histoire. Les événements se suivent, les longues années s’enfilent, mais une seule vérité demeure inébranlable : les grands pays sont le fruit d’une position unique, d’événements titanesques au cours du long fleuve de l’histoire qui coule sans discontinuité. Ici, sur ce sol, dans la vallée du Nil, ce fut la naissance de la première civilisation. Ce fut le premier Etat, le premier gouvernement. Et, pour la première fois, un peuple a su comment bâtir, comment les bâtiments peuvent cristalliser le sens de l’éternité, de la gloire. (…)

Après que la fumée du feu et des combats s’est éteinte à l’issue de l’agression israélienne contre la bande de Gaza, la vérité s’est manifestée claire et nette devant le monde entier. La véracité de la position d’Egypte s’est manifestée aux confins de la terre comme à son voisinage. La position de l’Egypte était aussi luisante qu’un soleil matinal qui rayonne en un jour printanier éternel. C’est la meilleure description pour le jour où s’est tenue la conférence internationale sur la reconstruction de Gaza à Charm El-Cheikh. (…)

En fin de compte, à l’issue des incidents de Gaza, le soleil de la vérité a inondé la planète. Nos frères arabes, nos amis dans le monde se sont assurés de la robustesse et de la justesse de la position de l’Egypte. L’Egypte qui a catégoriquement rejeté l’agression et qui a vertement dénoncé la machine de guerre israélienne qui a perpétré des massacres. Encore une fois, le calibre incontestable de l’Egypte s’est manifesté, mais aussi l’impact de l’Egypte sur les plans régional et mondial. Le peuple égyptien a été persuadé de la position brave de sa direction politique suprême. Et ce avec un sentiment spontané rare. (…)

J’ai les larmes qui coulent… Inutile de dire que seul un effort surhumain de Nadia Salah ou Fahd Yata pourraient faire échapper le prix Thomas Friedman 2009 des mains d’Ahmed el Bardissi du Progrès égyptien.

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Les nominations aux prix Douglas Feith et Thomas Friedman pour 2008 sont ouvertes

Les nominations pour l’année 2008 pour les deux prix distincts que sont le prix Douglas Feith et le prix Thomas Friedman sont ouvertes à tous les lecteurs de ce blog, jusqu’au 31 décembre à minuit. Le vote final pour désigner un vainqueur dans chaque catégorie sera ouvert à compter du 1er janvier. Ceux qui souhaitent proposer d’autres candidats que ceux indiqués ci-dessous peuvent soumettre leurs propositions dans les commentaires de ce billet.

Le prix Douglas Feith est décerné en l’honneur de Douglas Feith, ex-under secretary for defense et néo-con patenté. L’ex-commandant en chef des troupes d’occupation étatsuniennes en Irak, le général Tommy Franks, l’avait décrit comme « the fucking stupidest guy on earth« . Il est bien évidemment entendu que les nominés peuvent être d’autres persuasions politiques, et que la consécration finale est ouverte à tou-te-s sans distinction de sexe, d’ethnie, de nationalité, de religion, d’orientation sexuelle, d’origine sociale ou d’opinions politiques, pourvu que le candidat/la candidate soit dans la lignée de l’appréciation portée par Tommy Franks.

Le prix Thomas Friedman est quant à lui décerné à un journaliste, chroniqueur ou éditorialiste dont les écrits ou propos s’inscrivent dans la lignée du chroniqueur étatsunien Thomas Friedman, qui sévit au New York Times. Un style boursouflé, des platitudes, des stéréotypes, des erreurs à profusion, des poncifs et des raisonnements approximatifs, voire une bonne pincée de mauvaise foi, chaque lecteur, téléspectateur ou auditeur pourra en relever. Ce qui sera primé ici sera la constance dans l’effort et le talent déployé à atteindre les sommets friedmanesques. Là aussi, il est bien évidemment entendu que les nominés peuvent être d’autres sensibilités politiques ou supports médiatiques, et que la consécration finale est ouverte à tou-te-s sans distinction de sexe, d’ethnie, de nationalité, de religion, d’orientation sexuelle, d’origine sociale ou d’opinions politiques, pourvu que le candidat/la candidate soit dans la lignée de l’oeuvre friedmanesque.

Trois conditions à chaque nomination:

1- Elle doit être fondée sur un écrit ou une déclaration faits durant l’année 2008, de préférence avec un lien ou une référence;

2- Le prix Doug Feith est réservé aux non-journalistes, tandis que le prix Thomas Friedman est réservé aux journalistes voire exceptionnellement à des organes de presse écrite ou audiovisuelle.

3- Les bloggeurs et commentateurs de blogs sont exclus de ces deux compétitions, à grand regret car il y là un gisement de talents inépuisable.

Mes nominés pour le prix Douglas Feith, avec mes regrets pour Rachida Dati, méritoire par la constance de son incompétence et par la carence de son bon sens, mais qui n’a pas réussi à mettre à son palmarès des pics de performance qui lui assureraient une place sur le podium:

1- Abbas El Fassi, premier ministre marocain. Il est presque hors concours. Il mériterait le prix pour l’ensemble de son oeuvre mais encore plus pour son entretien déjà mythique avec Jeune Afrique il y a quelques mois.

2- Salaheddine Mezouar, ministre des finances marocain. Il a raté le prix Nobel d’économie, mais ses déclarations sur la chute de la bourse de Casablanca, dût aux repas de rupture du jeûne resteront dans les annales.

3- John Mc Cain. Il a déclaré en septembre que les fondamentaux de l’économie étatsunienne étaient bons. Sans commentaire.

Mes nominés pour le prix Thomas Friedman:

1- Nadia Salah, rédactrice en chef de L’Economiste: un peu comme pour Abbas El Fassi, c’est le couronnement d’une oeuvre de longue haleine, avec des pics de performance qui forcent l’admiration. C’est aussi un peu injuste: c’est toute l’équipe éditoriale de L’Economiste qui devrait être primée.

2- Khalil Hachmi Idrissi, éditorialiste d’Aujourd’hui Le Maroc, pour la parfaite maîtrise des réalités constitutionnelles marocaines manifestée par le constat que « la famille royale est une famille comme toutes les familles marocaines« .

3- Je me rends compte que la patrie des droits de l’homme est injustement absente de la liste des nominés.  S’agissant du domaine médiatique, c’est sans doute que la concurrence y est trop rude pour distinguer une seule individualité: entre les blocs-notes de BHL, les approximations du Monde, la haine raciale d’Ivan Rioufol dans Le Figaro, l’esprit partisan de Claude Askolovitch et l’insondable abîme de flagornerie qu’on retrouve régulièrement dans les pages des newsmagazines, difficile d’en distinguer un de peur d’en oublier. Mais il faut cependant garder une mention spéciale pour Charlie Hebdo, l’organe de propagande islamophobe de Philippe Val, le plus célèbre lecteur de Spinoza de France. Si les éditoriaux du maître des lieux sont d’une bêtise difficilement égalable, l’incohérence de ses propos en fait un orfèvre de la mauvaise foi journalistique. Mais me rendant compte que ces deux listes de nominés comptent aucune femme, Rachida Dati ayant été recalée in extremis, je me dois de proposer le nom de soeur Caroline Fourest, papesse du clergé laïcard, qui aime les caricatures lorsqu’elles visent le prophète Mohamed mais semble plus circonspecte quand elles visent Philippe Val.

A vous de jouer.

Maintenant je me rappelle pourquoi je ne suis plus abonné à The Economist

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Via The Angry Arab, j’ai lu cette recension d’un livre de deux auteurs sionistes, parue dans The Economist. On aurait pu, en ne connaissant pas la source, que l’article était tiré du Jerusalem post ou du Washington Post, mais non, c’est de The Economist. Il faut que le foreign editor, Peter David, est un farouche – et rusé – partisan d’Israël. Il n’est pas isolé – le talentueux John Micklethwait, ancien US editor devenu editor de cet hebdomadaire, est aussi objectif vis-à-vis de Bush et des néo-cons que Samira Sitaïl, Nadia Salah, Hamid Berrada ou Fahd Yata au sujet des sérieux problèmes démocratiques que connaît le Maroc. Un journaliste de The Economist m’a raconté une soirée de discussion passée avec David à discuter du rapport Peel et de l’immigration en Palestine entre 1936 et 1948 – puis l’avoir rencontré par hasard en couvrant une activité du très néo-con American Enterprise Institute.

Revenons-en à l’article de The Economist:

Jewish and democratic
Oct 23rd 2008
From The Economist print edition

Two Israeli academics offer a robust and timely defence of the Zionist idea
IT IS a little sad that Alexander Yakobson and Amnon Rubinstein felt the need to write this book. Is it really necessary, 60 years after Israel’s birth, to argue the Zionist case all over again? Alas, yes.

(…)
Mr Yakobson and Mr Rubinstein are both Israelis, the former a historian, the latter a professor of law who served in the cabinet of Yitzhak Rabin. In rebutting the arguments of Mr Judt and others, their aim is not to whitewash Israel. They strongly oppose the colonisation of the West Bank and admit that, in practice, Israel’s treatment of its Arab citizens has fallen far short of the standard that should be demanded of a liberal democracy. But however deficient the practice, they say, there is no reason in principle why Israel cannot be both a Jewish state and a democracy whose non-Jewish citizens enjoy full civil equality. On the contrary, they insist, it is those who do not accept the legitimacy of a Jewish state who undermine the principle of equality, by denying to the Jews the right of self-determination they extend to others.

This book is being sold at a silly price. It is not an enjoyable read, and certainly not a light one. Its arguments are dense, dry and legalistic. But it is an important book, whose ideas deserve to be widely heard. By the end the authors have constructed a methodical defence not only of the Zionist idea but also of the two-state solution in Palestine, an idea which—six decades after the UN’s partition resolution of 1947—is losing the support of some intellectuals but is still the most plausible way to reconcile the Jews and Arabs of Palestine.

Et je me souviens comment j’avais appelé le service abonnement de The Economist, en 2002 ou 2003, pour résilier mon abonnement, déclarant, à la question de l’employé à l’autre bout du fil pourquoi j’avais fait ce choix, que la ligne éditoriale du magazine sur la Palestine et l’Irak m’étaient devenus physiquement insupportables. Depuis, je l’achète de temps en temps, me disant que finalement, peut-être, vu la qualité du magazine, qu’il me faudrait reprendre l’abonnement, et c’est alors que je tombe sur une apologie de Bush ou d’Israël, et que je retourne à la case départ (je ne suis pas le seul)… Ces déniaisements répétitifs sont en tout cas utiles.

Diplômés-chômeurs, Nadia Salah et golf – où trouver le fric?

Suite à la véritable avalanche d’opinions favorables à Nadia Salah lors d’un de mes récents billets, dans lequel je tentais follement vainement d’attirer l’attention de certains pinailleurs qui font du mal aux mouches mes aimables lecteurs sur les contradictions internes du discours salahesque, une discussion s’est tenue sur la désirabilité de décapiter les diplômés-chômeurs au sabre, de les brûler vifs, ou de les lâcher par hélicoptère au milieu de l’Atlantique. Si les avis là-dessus sont partagés parmi les contempteurs des fainéants qui veulent être payés à vie à ne rien foutre diplômés-chômeurs réclamant l’intégration dans la fonction publique, une voix isolée, visiblement à la solde du nihilisme, écrivait:

Le budget de l’Etat, c’est l’argent du peuple Marocain
Il faut injecter du social dans la politique de développement. En plus, il faut prendre l’argent là où il est : chez les grands fortunés qui gagnent plein de pognon et qui n’investissent même pas dans des secteurs porteurs et créateurs d’emploi..
Nous avons une bourgeoisie non bourgeoise et paresseuse qui ne prend aucun risque : une lumpen bourgeoisie qui forcément génère un lempen developpement du pays.
Il faut les taxer ! une sorte de contribution généralisée pour la solidarité avec les plus démunis de notre pays.

Vous me connaissez: je m’en voudrais d’encourager une telle déferlante de haine de classe, mais je ne peux m’empêcher de donner un tuyau, chimiquement pur de tout populisme et de toute démagogie, tiré de la loi de finances n° 38-07 pour l’année budgétaire 2008, article 54, tableau E (page 57 du document):

4.2.1.0.0.04.001 ROYAL GOLF DAR ES SALAM 23 000 000

En clair: la dotation budgétaire que le contribuable marocain consacre au Royal Golf Dar Es Salam de Rabat lui coûte 23 millions de dirhams par an. Vous me direz, c’est moins que les indemnités journalières de Roger Lemerre, mais tiens, voilà une autre idée de financement de l’embauche à vie des diplômés-chômeurs…

L’Economiste-watch: quand Nadia Salah se moquait de diplômés-chômeurs…

Le gisement est inépuisable des fulgurances de Nadia Salah. L’une d’entre elles avait fait jaser, à telle enseigne que la version longue du texte salahesque n’est plus disponible sur le site de L’Economiste, mais seulement sur un blog – voici la partie manquante sur le site de L’Economiste (pour bien goûter aus subtilités salahesques je vous conseille cette modeste analyse de texte):

Responsabilité

Ci-dessous, nous publions, tel que nous l’avons reçu, l’appel lancé par des diplômés-chômeurs, qui affirment avoir un «bac+8». Ces jeunes gens et jeunes femmes réclament, parfois avec violence, d’être intégrés dans l’administration à des niveaux élevés. Ils estiment que leurs années d’études leur donnent droit à des postes de responsabilité bien payés. Mais, hélas! la rédaction de leur appel montre bien qu’ils sont totalement décalés par rapport aux exigences de la fonction publique. Même pour des tout-petits postes, il n’est pas certain que ces diplômés-chômeurs aient les compétences minimales: trop de fautes, et une façon de raisonner qui entraînerait automatiquement une forte baisse du niveau de l’administration.
Pourtant, ils sont là, surdiplômés et sous-formés.
La question essentielle est de savoir par quelle aberration, par quelle négligence de tous leurs devoirs, leurs professeurs les ont poussés d’une classe à l’autre sans jamais se soucier de leur niveau scolaire réel? Bien sûr, on peut incriminer la fraude aux examens, mais la fraude ne fonctionne pas pendant toute une scolarité, pendant 15 ans d’affilée! Dans leur cas, il ne peut s’agir que de négligence coupable de la part de toute une série d’enseignants. Comment ces enseignants ont-ils pu à ce point faire preuve d’incivisme?
Car c’est bien de cela dont il s’agit, de l’incivisme à deux niveaux: vis-à-vis du Maroc en mettant sur le marché des jeunes qui seront évidemment si inadaptés au marché du travail et aussi vis-à-vis des jeunes, en leur faisant croire que leur scolarité et leur diplôme auront quelque valeur. Il faudra bien un jour que les écoles et leurs enseignants répondent de la qualité des diplômes qu’ils octroient, tout comme l’enquête sur l’incendie meurtrier de l’atelier Rosamor de Casablanca a recherché et identifié ceux qui ont manqué à leur responsabilité professionnelle.

Nadia SALAH

La version soft est publiée sur le site de L’Economiste:

· Diplômés? Comment est-ce possible!
Voici, sans la moindre retouche, le texte que les diplômés-chômeurs envoient pour attirer l’attention sur leur cause. La bonne question est de savoir comment il a été possible que des personnes d’un niveau aussi bas aient pu accéder… au collège! Où leurs professeurs avaient-ils la tête quand ils ont fait passer ces jeunes, de classe en classe, jusqu’à bac+8! Ils n’auraient jamais dû dépasser la 1re année du secondaire sans travailler très sérieusement pour se mettre à niveau.

monsieurs, madames
d’abord nous vous envoie nos salutations les plus respectieuses.
dans le cadre de nos efforts pour sensibiliser le maximum des gents marocains ; concernant le probleme de chommage des diplomés superieurs; laureats des des universités marocainnes « titulaires des DESA. DESS . Docteurs « manifaistant depuis presque 2 ans ; nous vous envoie les sites web des groupes de ces diplomés pour vous sensibiliser aux souffrances d’une categorie des filles et fils de notre chére pays. nous vous invitons à visiter nos modestes site web; et nous comptons bien au moins sur vos supports morales
voici les sites http://www.quatregroupes.blogspot.com/ « site web des groupes . nasr . moubadarah . hiwar . istihkak » nous excusons si il y a un dérangement et veuillez accepter nos salutations les plus respectieuse merci bien cordialement un diplomé « BAC + 8 « en chommage

J’ai surligné les parties de l’éditorial salahesque qui me paraissent en rapport avec ses considérations persanes

ADENDUM: comme le recommande momo ould jacqueline, rendez vous sur le site de quatre coordinations de diplômés-chômeurs, les photos sont scandaleuses (je précise à l’intention des mal-comprenants que cette dernière remarque n’implique aucunement une prise de position sur le recrutement immédiat avec secrétaire, chauffeur et logement de fonction des diplômés chômeurs).

PS: j’attends vos contributions pour le « top ten » des éditoriaux de L’Economiste…

L’Economiste-watch – flashback persan

Via un commentaire de Citoyen chez Larbi, quelques considérations géopolitiques salahesques, portant sur l’Iran (ça date quand même de 2007, mais le génie est intemporel):

Démagogues

C’est une nouvelle à peine croyable, et pourtant elle est vraie: le quatrième producteur mondial de pétrole, l’Iran, est incapable de fournir à sa population l’essence dont elle a besoin. Ces besoins ne sont pas bien grands puisque le revenu par tête des Iraniens n’est pas très supérieur à celui du Maroc, malgré la manne des pétrodollars. C’est d’ailleurs ce paradoxe, et en dépit de la répression policière, qui a poussé des jeunes à se révolter violemment contre les mesures de restrictions. On comprend leur colère lorsqu’on sait que le taux de couverture énergétique (théorique) de leur pays est de 195%, quand celui du Maroc n’est que de 6%.
Qu’est-ce que le Maroc a à voir avec ces événements, qui sont, somme toute, bien lointains?
D’abord, et toute première leçon: lorsqu’on mélange la religion et la politique, les résultats sont désastreux, pour la population et pour le pays. Qu’on en juge! Ce pays millénaire de 70 millions d’habitants, qui a (avait?) une base industrielle sans commune mesure avec celle du Maroc, n’est pas capable d’offrir ne serait-ce que les instruments d’une communication moderne et confortable à sa population. Il n’y a que 62 téléphones portables pour 1.000 Iraniens. A titre de comparaison, les Marocains en ont 312.
Ensuite, deuxième leçon, quand le pouvoir politique n’autorise aucune liberté d’expression, il empêche en même temps l’autorégulation du pays. Par exemple, quand les journaux marocains s’inquiètent du déficit prévisible en électricité, le gouvernement se dépêche d’agir, ce qui pour le moins limitera les dégâts. Les journaux iraniens, eux, n’ont pas le droit de critiquer ouvertement leurs responsables. Résultat, il n’y a pas de sonnettes d’alarme, pas d’évaluation de l’action publique… jusqu’au jour où il n’y a plus d’essence à la pompe!
Enfin et en période électorale c’est important: méfions-nous des démagogues et des jeteurs d’anathèmes. Ce sont des criminels en puissance

Nadia SALAH

Un véritable feu d’artifice. Permettez-moi de souligner les points suivants:

1- « le revenu par tête des Iraniens n’est pas très supérieur à celui du Maroc » – c’est vrai, selon une fatwa d’un cheikh salafiste de la Banque mondiale le revenu par habitant du Maroc en 2006 était de 3.860 USD, tandis que le chiffre correspondant pour l’Iran était de 9.800 USD, soit en gros 2,5 fois plus par habitant que le Maroc. Mais on n’est pas obligé de prendre pour argent comptant cette odieuse propagande chiito-nihiliste.

2- « en dépit de la répression policière, qui a poussé des jeunes à se révolter violemment contre les mesures de restrictions » – seuls des nihilistes élitistes et étrangers à l’authentique modernité du terroir allégueraient qu’avec Sefrou, Ifni et Marrakech, le Maroc n’aurait rien à voir avec ces phénomènes connus des seuls pays étrangers, les émeutes au Maroc étant toujours ourdis par des marginaux à la solde des séparatistes (1).

3- « lorsqu’on mélange la religion et la politique, les résultats sont désastreux, pour la population et pour le pays » – certains ennemis de l’authenticité moderne propre au génie marocain tentent vainement de diffamer le génie national en évoquant certains passages obscurs d’un texte au demeurant inconnu et inappliqué – « Le Royaume du Maroc, Etat musulman souverain » (préambule), « L’islam est la Religion de l’Etat qui garantit à tous le libre exercice des cultes » (article 6), « La devise du Royaume est DIEU, LA PATRIE, LE ROI » (article 7), « Le Roi, Amir Al Mouminine. Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat, veille au respect de l’Islam » (article 19), « Le Conseil de régence est présidé par le premier président de la Cour Suprême. Il se compose, en outre, du président de la Chambre des Représentants, du président de la Chambre des Conseillers, du Président du Conseil régional des oulémas des villes de Rabat et Salé… » (article 21), « Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi ou recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions, hormis le cas où les opinions exprimées mettent en cause le régime monarchique, la religion musulmane… » (article 39) et enfin « La forme monarchique de l’Etat ainsi que les dispositions relatives à la religion musulmane ne peuvent faire l’objet d’une révision constitutionnelle » (article 106).

4- « Il n’y a que 62 téléphones portables pour 1.000 Iraniens. A titre de comparaison, les Marocains en ont 312 » – cf. « Jamais, depuis trente ans, je n’ai vu le Maroc courir à une telle vitesse ! Une classe moyenne est en train d’émerger. Il a été vendu plus de 100 000 voitures neuves l’année dernière, contre 10 000 il y a quinze ans« .

5- « quand le pouvoir politique n’autorise aucune liberté d’expression, il empêche en même temps l’autorégulation du pays » et « Les journaux iraniens, eux, n’ont pas le droit de critiquer ouvertement leurs responsables » – commentaires superflus, n’est-ce pas Ahmed Benchemsi?

6 – Nadia Salah, sans doute terrassée par l’effort de réflexion, n’a pas évoqué les dangers de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel (2), cause évidente du retard iranien – ces dangers ont pourtant récemment été soulignés par ses collègues éditorialistes du Matin du Sahara.

Etant moi-même terrassé par l’effort, je vous renvoie à la Gâchette du Maroc pour une analyse plus poussée du discours de la méthode salahesque.

(1) Je sais, inutile de le signaler, c’est anachronique, lesdites émeutes ourdies par des cercles séparatistes à l’étranger ayant eu lieu après ladite chronique de Nadia Salah, mais ne me cassez pas la baraque.

(2) Suffrage universel fortement limité dans le cas iranien par le filtre idéologique et institutionnel éliminant tout candidat non-favorable au caractère religieux du régime.

L’Economiste-watch: « Jamais, depuis trente ans, je n’ai vu le Maroc courir à une telle vitesse! »

Nos éditorialistes s’exportent – le dernier exemple en est donné avec cette puissante analyse de Nadia Salah, reproduite dans Le Monde:

« Jamais, depuis trente ans, je n’ai vu le Maroc courir à une telle vitesse ! Une classe moyenne est en train d’émerger. Il a été vendu plus de 100 000 voitures neuves l’année dernière, contre 10 000 il y a quinze ans », souligne Nadia Salah, éditorialiste et directrice du quotidien L’Economiste.

Ce doit être une coquille: elle voulait sans doute dire Marock.

Hat-tip: Chakazoulou.

Bon, je m’en voudrais de désespérer Gauthier, Racine, Souissi et Californie mais malgré toute l’estime non feinte que j’ai pour L’Economiste en général et Nadia Salah en particulier, je souhaiterais préciser que si 100.000 voitures neuves ont été vendues en 2007 contre 10.000 vers 1992-93, c’est pas seulement parce que le Maroc est en voie de devenir la Suède du versant sud de la Méditerranée, mais aussi que:
1- Les droits de douane pour les voitures d’occasion ont explosé;
2- Les droits de douane pour les voitures neuves ont baissé.

Et sans être économiste, on pourrait s’interroger sur cette analyse de l’économie marocaine se fondant sur un critère aussi indirect que la vente de véhicules neufs. Le Monde se garde d’ailleurs bien d’entériner l’enthousiasme salahesque.

Pour ceux qui veulent vraiment avoir une petite idée de l’économie marocaine, voici un extrait de l’Ecomist Intelligence Unit:

Economic data
Aug 7th 2008
From the Economist Intelligence Unit
Source: Country Data

Country Data: Morocco

The content on this page is an extract from The Economist Intelligence Unit’s CountryData.

– The political environment is expected to remain broadly stable, but the prospect of widespread social unrest, especially over price rises, or further attacks by radical Islamist militants, cannot be ruled out. The government will continue to try to counter such threats by pushing ahead with reforms aimed at stimulating economic growth and private-sector involvement in order to reduce unemployment. The government will also implement measures to improve the country’s infrastructure and will attempt to promote moderate forms of Islam.

– There are few signs that the king, Mohammed VI, will relinquish any of his considerable constitutional powers before the end of the forecast period. Although the king will remain popular, this cautious approach to reform will continue to attract criticism from some elements of the political opposition.

– There is a risk that the relatively poor showing of the main legally recognised Islamist-leaning party, the Parti de la justice et du developpement, in the 2007 parliamentary election will lead some of the group’s supporters to become disaffected with the parliamentary system, and potentially to move towards more radical (although not necessarily violent) opposition groups.

– The government will make some advances with economic reform, but progress will be slow and held back by limited resources, inefficient bureaucracy and the problems arising from widespread nepotism and corruption.

– Although economic activity will continue to be intermittently hindered by the performance of the agricultural sector, largely owing to periodic droughts, overall annual real GDP growth during the forecast period should be in the range of 5-6%. This represents an improvement over historical growth rates, but is still below the 7-10% levels that are widely regarded as necessary to have a major impact on poverty and unemployment.

– Consumer price inflation will continue to be partly suppressed by extensive government subsidies on basic goods, albeit at a cost to the budget. Nonetheless, the ongoing strength of international oil prices will add to costs in Morocco, a net fuel importer. An expected moderation of international non-oil commodity prices in 2010 should partly mitigate imported inflation, but higher commodity prices or further bad harvests would pose upside risks.

– The government is expected to start to liberalise the exchange rate from 2009, which should boost export competitiveness. Rising exports, remittances and services credits will offset an expected rapid increase in the import bill, and the current account is expected to record surpluses from 2010.

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